mercredi 30 janvier 2008

Dojoji

Ah, Mishima... J'ai découvert cet écrivain génial il y a quelques années et j'avais alors dévoré la mer de la fertilité, oeuvre sublime, à lire absolument ! J'ai aussi lu quelques pièces de théâtre, d'autres romans et des nouvelles. C'est donc sans crainte que j'avais mis ce titre sur ma liste du challenge. En effet, ces quatre nouvelles sont vraiment sympathiques, on y retrouve bien la personnalité de Mishima, ses contes doux amers, précis et prenants.
Dojoji : Un antiquaire fait l'article à ses clients "belle armoire, décor sublime etc" mais une superbe jeune fille annonce qu'un crime y a été commis, faisant ainsi fuir les acheteurs. Son amant a vécu et est mort dans ce meuble qu'elle souhaite acheter, mais avant, elle veut se défigurer.
Les sept ponts : Trois amies vont franchir sept ponts, de nuit, en priant pour que leur souhait le plus cher se réalise : l'une veut de l'argent, l'autre un protecteur, la dernière l'amour d'une star. Une servante les accompagne. Que veut-elle ?
Patriotisme : Un couple se suicide. L'homme est un soldat partagé entre son devoir et son affection, la femme le suit dans la mort. Leur mariage et leurs derniers instants ou l'héroïsme selon Mishima (qui s'est suicidé de la même façon que son héros).
La perle : Anniversaire d'une femme. Sa perle glisse hors des griffes de la bague et tombe près du gâteau. Confondue avec les décorations et avalée par un des convives ? Volée ? La perte de ce bijou crée bien des quiproquos !

La peur qui rôde

J'aime beaucoup Lovecraft mais je trouvais ses nouvelles moins terrifiantes que celles de Poe qui ont marqué ma jeunesse. Avec ce recueil, j'ai découvert qu'il savait aussi installer une ambiance très glauque et faire grandir le suspense.
Ces trois nouvelles tournent autour du surnaturel, de l'événement fantastique, inexplicable rationnellement, et souvent d'une force diabolique. Ces monstruosités sont attachées à des lieux : deux maisons et un marais.
Le narrateur est appelé comme spécialiste et cherche à chasser un être malfaisant et anthropophage, qui se manifeste les soirs orageux, dans la peur qui rôde.
La maison maudite
voit un conteur curieux et son oncle s'installer dans une atmosphère délétère voire mortelle, porteuse de cauchemars et de crimes.
La dernière histoire se déroule dans un domaine irlandais, le propriétaire veut faire assécher un marais mais les paysans refusent, alléguant de vieilles légendes. Il emploie donc des travailleurs étrangers, que notre témoin voit en proie à de curieux fantômes dans la tourbière hantée.
Un auteur à ne pas lire trop tardivement si vous voulez profiter d'une nuit sans rêves.

mardi 29 janvier 2008

Des femmes remarquables

J'ai entendu parler de Barbara Pym lors des diners livres échanges mais je ne la connaissais pas. On me l'avait vanté comme la Jane Austen du vingtième siècle. J'ai donc eu envie de me faire ma petite opinion.
Années 40, Mildred est une trentenaire pratiquante et bénévole. Elle s'inquiète de savoir qui va désormais partager son immeuble. Un jeune couple s'installe ; elle est anthropologue, il est officier dans la marine. Tous deux sympathiques et agréables à vivre. Près de Mildred, Julian, le pasteur, et sa soeur, Winifred (ne cherchez pas, ils ont tous des noms affreux). Sans compter les bigotes, les autres anthropologues et amis qui comptent pour Mildred. Bref, cette demoiselle est un peu le réceptacle des confidences des uns et des autres, cherche à réconcilier les fâchés et à tout ordonner pour le mieux. Toujours prête à dégainer sa théière et ses tasses et à écouter les malheurs de son entourage. Elle souhaite aussi se marier avec un garçon, pieux de préférence. Bref, il ne se passe pas grand chose dans ce livre : des cancans, des bons mots, quelques péripéties mais rien de grave.
J'ai apprécié cette lecture mais je n'ai pas adoré non plus... Et je préfère Jane Austen !

dimanche 27 janvier 2008

Windows on the world

Emprunté hier sur un coup de tête à la bibliothèque, fini ce matin. Autant vous le dire tout de suite, je n'avais pas apprécié mes précédentes lectures de Beigbeder. Là, j'ai lu son récit du 9.11 par curiosité et je me sens mal, un peu voyeuse, un peu coupable.

Dans ma courte vie, il s'agit certainement de l'événement le plus marquant. Les générations des années 80-90 n'auront elles comme point commun que cet horrible attentat ? Qui ne se rappelle précisément ce qu'il faisait ce jour là ? (Moi, je sortais d'un cours de grec pour rejoindre l'étude et j'ai cru à une blague de mauvais gout). Les images en boucle, je ne les ai pas vraiment vues en boucle, seulement au journal de vingt heure (stricte la pension). Et si on y pense, on considérait une destruction matérielle, on ne voyait pas l'horreur de la fournaise, la souffrance physique des gens bloqués. Beigdeder essaie de nous la montrer, de faire un compte rendu minute par minute de ce qu'il se passe dans la tour, depuis le petit déjeuner du père de famille et de ses deux fils jusqu'au grand saut. Emaillé de considérations sur sa propre existence, son rapport à New York, la vie des bobos, ce petit livre agace et émeut. Il ne laisse pas indifférent mais je ne peux l'aimer (retourne bosser, toujours traumatisée).

La femme sans ombre


... est un opéra de Strauss qui affiche complet à Bastille. Heureusement qu'Ikastor achète des places en double ;) . Ceci dit, je comprends mal l'engouement pour ce spectacle (ne cherchez pas des places à un prix correct, ça n'existe plus dixit en plus malpoli le monsieur des billets mal luné et très odieux qui est d'habitude charmant). Mise en scène minimaliste et japonisante, OK, pourquoi pas ? Superbe orchestre (fosse archi blindée) et musique assez sympa (plein de violoncelles partout !!), chanteurs ça allait à peu près. Mais alors scénario et histoire complétement pas terrible. Des adages très gentils sur les rôles respectifs de l'homme et de la femme ("fais des bébés et la popote") alors que je vous signale qu'on est début XXe, une impératrice maudite parce qu'elle n'a pas d'ombre, tente d'en piquer une chez les humains avant que son chéri ne soit changé en pierre, laisse l'ombre à sa propriétaire parce que c'est pas gentil gentil de voler. Mais, ouf, le sacrifice est toujours récompensé... Un peu gnangnan, quoi. Le prochain, Cardillac, sera-t-il meilleur ?


samedi 26 janvier 2008

Neige

J'ai dû croiser des critiques de ce livre de Maxence Fermine car il ne m'était pas inconnu quand il m'est tombé dans les mains (n'hésitez pas à vous signaler en dessous).
Ce petit livre très court est un poème, il est léger et doux, il se savoure doucement, loin du métro, dans un petit nuage cotonneux. Le héros est un rebelle, il écrit des haïkus plutôt que de combattre ou de prier. Son sujet de prédilection ? La neige, sa blancheur, sa pureté. Pour donner des couleurs à ses mots, il va rejoindre Sosêki et devenir son élève. Là, il apprend à manier l'arc en ciel et découvre une histoire d'équilibre et de mesure, une femme si belle, un avenir de lumière et de modestie.
Petit roman d'initiation très simple, sans fioriture, une langue précise comme un haïku. A lire !


jeudi 24 janvier 2008

La demoiselle aux yeux verts


...est une aventure du merveilleux héros de Leblanc, le magnifique gentleman cambrioleur, le chevalier servant et sauveur de ces dames, le prince de la logique et du raisonnement, l'insaisissable... Arsène Lupin, bien sûr !
J'ai lu un bon nombre de ses aventures à mes heures perdues de collégienne (entre deux classiques) mais voilà bien longtemps que je n'en avais croisées. C'est mon amie Clémence qui, en plus d'une tonne de mangas, m'a prêté quelques exemplaires de policiers. Parmi eux, ces petits Lupin ! Le problème de cette "série", c'est que je n'ai plus vraiment en tête les titres que j'ai lus et ceux qui me restent à découvrir. Je suis seulement certaine d'avoir lu l'Aiguille creuse, les dents du tigre, 813... Et pour le reste, terrible mémoire gruyère, tous les titres me disent plus ou moins quelque chose. J'étais donc agréablement surprise de voir que celui-ci m'était inconnu.
Raoul de Limézy (notre cher Arsène) suit une jeune femme blonde aux superbes yeux bleus jusque dans un salon de thé où il découvre... une charmante blonde aux yeux verts. Suivant son instinct, il prend la première en filature mais ne tarde pas à revoir la seconde. Un crime est commis. Des personnages apparaissent, disparaissent, se déguisent, se poursuivent dans tout le sud de la France et à Paris. Arsène poursuit et sauve la mystérieuse demoiselle aux yeux verts, s'en éprend follement. Héritage, meurtres et cambriolages, voilà bien des crimes et des secrets que notre héros va avoir à coeur d'élucider pour gagner sa belle dulcinée.
Entre polar et roman d'aventure, les histoires du charmant Lupin me plaisent toujours autant. Le personnage est fascinant et l'auteur découvre des trésors improbables dans tous les coins de France et de Navarre !

Un remède à la mélancolie

Ce recueil de nouvelles m'a permis de renouer avec Bradbury, découvert il y a quelques années avec Chroniques martiennes et Fahrenheit 451.

Je connaissais donc l'auteur de SF, moins le conteur qui sommeillait en lui. A travers une vingtaine de nouvelles, Bradbury décrit des situations improbables, de nouveaux espaces à habiter, des populations différentes ; il oscille entre situations presques réalistes, fantastiques ou imaginaires. Sans entrer dans le détail de chaque nouvelle, voilà ma petite sélection :
Le dragon où deux chevaliers attendent, angoissés, l'arrivée d'un monstre.
Le costume glace à la vanille est acheté par six amis, il passe entre chaque main et, porté, réalise les rêves.
Le rêve de fièvre raconte la conquête d'un corps humain.
Ils avaient la peau brune et les yeux dorés montre que le colonisateur est aussi colonisé.
Et l'été ne dura qu'un jour insiste sur le miracle qu'est le soleil sur Vénus et combien certains enfants l'attendent patiemment.

Une belle façon de renouer avec cet auteur, merci le challenge !!

samedi 19 janvier 2008

Dans les coulisses du musée


Ruby Lennox est bien bavarde ! Pensez-vous qu'à peine conçue, la voilà prenant la parole et nous racontant avec une folle lucidité ce qui compose sa vie. Née dans une famille du Yorkshire, petite dernière d'une famille banale mais pas facile à vivre, Ruby tente de faire entendre sa voix. Autour d'elle, une mère malheureuse, un père qui oscille entre tromperies et alcoolisme, et deux soeurs...
Et des ancêtres dont l'histoire nous apparait un chapitre sur deux, évoqués par un petit objet, un souvenir, une photographie. Construction plaisante, personnages décrits avec humour, parfois un ton cynique, cette aventure m'a emballée dans ses premiers moments puis vite lassée. Certes, une part de mystère nous tient en haleine mais la petite Ruby tend à nous agacer (à moins qu'il ne s'agisse de sa famille ?).

Désolée de ne pas être très présente en ce moment. J'accumule les retards dans mes billets...
A venir : Une aventure d'Arsène Lupin et un recueil de nouvelles !

mardi 15 janvier 2008

Si par une nuit d'hiver un voyageur

...est mon dernier livre lu pour la réunion du Club des théières. Le thème de cette rencontre était l'Italie et Tamara et moi avions choisi Calvino pour coller au sujet. Nos deux dissertations furent dithyrambiques et nous avons hésité entre mention très bien et félicitations du jury pour cet auteur.

lectrice

Ce livre n'est pas ordinaire. C'est un livre qui interpelle son lecteur : "Tu vas commencer le nouveau roman d'Italo Calvino, Si par une nuit d'hiver un voyageur. Détends-toi. Concentre-toi. Écarte de toi tout autre pensée. Laisse le monde qui t'entoure s'estomper dans le vague." Et puis c'est un livre aux multiples facettes : pas moins de dix romans (en fait onze ou plus) en un seul. Je ne suis pas claire ? Attendez, je m'explique. Le Lecteur, protagoniste de ce roman, vient d'acheter un livre. Or, après la page 32, il trouve la page 17. Erreur d'impression, tout le livre est un aller-retour entre ces pages. Furieux, il retourne à la librairie où il rencontre la lectrice, Ludmilla et se retrouve avec un roman qu'on lui a donné pour le même mais qui s'avère complètement différent. Et Calvino s'amuse à passer de livre en livre, à croiser l'éditeur, le traducteur, l'auteur, bref à balader son Lecteur dans les arcanes du livre. Il finit par le faire voyager jusqu'aux pays où l'on censure les livres, à faire de son roman un manifeste sur la lecture et un roman d'aventure. La scène finale se place dans une bibliothèque où les lecteurs partagent ce qui les touche dans les livres et c'est un peu moi (nous ?) dans chacun. Je ne résiste pas à un autre extrait : "Le moment le plus important, à mes yeux, est celui qui précède la lecture. Parfois le titre suffit pour allumer en moi le désir d'un livre qui n'existe peut-être pas. Parfois c'est l'incipit du livre, ses premières phrases... En somme : s'il vous suffit de peu pour mettre en route votre imagination, moi, il m'en faut encore moins : rien que la promesse d'une lecture".

Le fil rouge ? L'histoire du lecteur... et de la lectrice, celle qui se laisse porter par les mots et par l'imaginaire, qui ne crée pas une analyse sémantique de chaque chapitre mais lit de façon totale. L'autre lectrice, Lotaria, découpe les livres, les offre à un ordinateur pour en extraire le sens, comptabilise chaque terme et l'interprète. 

Personnages multiples, jeu sur le faux, Calvino s'amuse dans ce texte à contrainte à faire découvrir de nombreux incipit de romans (polar, aventure, érotique...). Hélas, cela est particulièrement frustrant car chaque livre entamé n'est jamais terminé. Seul le fil rouge aboutit quelque part. Un jeu particulièrement brillant même si la répétition du principe peut lasser au milieu du livre. L'auteur sait, fort heureusement, donner un second souffle à son roman et se sort de l'exercice de façon émérite.

Marilyn dernières séances
















Difficile de résumer ce livre de Schneider. Fini depuis une bonne semaine, je repousse l'exercice. Les moments de ma lecture : un soir, une journée de voiture, un matin. L'impression : une tristesse prenante, une envie de solitude... et maintenant ? Je clame que j'ai adoré ! Avant ? J'avais vu Marilyn dans quelques films et je chantonnais avec mon ipod My heart belongs to daddy ou Diamonds are a girl's best friends. Depuis ? J'ai regardé Seven year itch, je l'ai trouvée belle, drole, touchante. Elle ne remplace pas Audrey dans mon coeur mais l'accompagne.

Ce livre est un roman mais il ressemble à un film : très courts chapitres, flashbacks, quelques paroles percutantes. Ce serait un film en noir et blanc, lent, sans action mais avec une star magnifique, fascinante mais désespérément seule. Une star presque schizophrène, entre la poupée voluptueuse qui cultive le faux et l'intello qui se néglige. Et puis, un personnage secondaire prendrait peu à peu le pas sur elle, un homme de l'ombre qui briguerait la faveur des projecteurs, un homme qui saurait se montrer irremplaçable... son psychanalyste. Liens étranges, presque amoureux ou filiaux unissent Marilyn et Greenson, reine et cavalier sur le même échiquier. Tous deux partagent un faux nom, une fausse indépendance.
Ce n'est pas vraiment une enquête sur la mort de Marilyn, ce n'est pas non plus un compte rendu des séances de psychanalyse, c'est un peu des deux et rien de tout ça. C'est l'ambiance d'un Hollywood aux étoiles qui s'éteignent, perdent leurs repères... Un superbe roman, une histoire de la solitude, une fausse enquête, une fausse biographie qui néglige les paillettes et cherche la femme derrière l'écran.

Seul reproche, cette phrase : "Mais Hollywood avait une autre conception de l'héroïne du roman et opta pour la brune, sage et aucunement sensuelle Audrey Hepburn" concernant le choix de cette actrice pour le tournage du roman de Capote, Breakfast at Tiffany's. Audrey peut être sensuelle, non mais !

Il n'empêche que j'ai beaucoup aimé ce livre, que la femme m'interesse et me touche, que je vais regarder de plus près sa filmographie et ses biographies romancées. Des conseils ? Des incontournables ?

mercredi 9 janvier 2008

Un second challenge

Tout est bon pour faire baisser la PAL ! Importé par Grominou, voici un nouveau challenge, plus court et accessible que le challenge ABC. N'est-ce-pas les récalcitrants ?! ;)
Et puis il porte un joli nom, celui de mon premier choix ! Trève de commentaires, voici ma liste.






1. Un livre avec une couleur dans le titre : Le nom de la rose de Eco

2. Un livre avec un nom d'animal dans le titre : Les taches du léopard de Giroud

3. Un livre avec un prénom dans le titre : Dominique de Fromentin

4. Un livre avec un nom de lieu géographique dans le titre : Route des Indes de Forster

5. Un livre avec un phénomène météorologique dans le titre (vent, nuage, ouragan, etc) : La tempête de Prada

6. Un livre avec un nom de plante dans le titre : La harpe d'herbes de Capote

Challenge ABC 2008

Ma liste est publiée depuis deux semaines sur le blog du challenge mais j'avais omi de vous la présenter chez moi... quelle tête en l'air ! Cette année, je fais baisser ma PAL de recueils de nouvelles et de textes courts. Je compléterai les trous avec des romans de ma PAL et j'aménagerai l'alphabet s'il le faut.

A Adam Passer l'hiver
B Bradbury Un remède à la mélancolie
C Cervantès Nouvelles exemplaires
D Dick Ce que disent les morts
E Eco Six promenades dans les bois du roman et d'ailleurs
F Fitzgerald La sorcière rousse
G Gary Une page d'histoire
H Hawthorne The scarlet letter and other tales
I Saga Islandaise (une ou deux, on verra)
J Ji Yun Des nouvelles de l'au-delà
K Kierkegaard Le journal du seducteur
L Lovecraft La peur qui rode ET/OU Le Clézio Mondo et autres histoires
M Mishima Dojoji
N Navarre L'Heptameron
O Ormesson Odeur du temps
P Perkins Gilman The yellow wallpaper
Q Quiroga Contes d'amour, de folie et de mort
R Riel La vierge froide et autres racontards ET/OU Roth L'habit ne fait pas le moine
S Simmons Les orphelins de l'hélice
T Tanizaki Le meurtre d'O-Tsuya
U Pas de U dans ma PAL, alors on verra si j'en croise sinon je lirai un auteur mystère
V Vargas Dans les bois éternels (ou un autre)
W Wilde Le prince heureux et autres contes
X Xi La rêveuse et la dragueuse
Y Yourcenar Nouvelles orientales
Z Zweig Nouvelles

Terre des oublis

Ce livre de Duong Thu Huong m'a accompagnée pendant une partie de mon voyage et de mon séjour montagneux. A la lecture de ce pavé, j'ai oscillé entre lassitude et désir d'en savoir plus. En effet, comment ne pas soupirer devant les tentatives de Bôn pour reconquérir sa femme, comment ne pas regretter que celle-ci, Bien, nous demeure si secrète ?
Avec un scénario assez banal, l'auteur nous fait découvrir trois personnages superbes dans ce Vietnam d'après guerre. Bien a épousé Hoan en secondes noces, plusieurs années après que son mari a été déclaré mort. Lorsque celui-ci revient, la communauté silencieuse la pousse à revenir vers lui et à abandonner Hoan et son fils. Bien retourne vivre avec Bôn, dans une maison misérable, très différente du confort auquel elle était habituée et surtout sans autre sentiment que le dégout. L'homme qu'elle avait épousé si jeune ne représente plus rien pour elle, toute à son amour pour Hoan. Derrière la détresse de Bôn qui veut dominer et soumettre sa femme par tous les moyens (surtout en lui faisant un fils), celle de Bien qui remplit son devoir en martyre et celle de Hoan qui tente d'oublier son amour entre ses affaires et les femmes de la ville, il y a aussi l'histoire personnelle de chacun qui se dessine : les combats de Bôn, la première femme de Hoan... On regrette simplement que Bien soit toute abnégation et que ses passions nous demeurent vraiment scellées.
Un très beau livre sur l'amour, le devoir et la guerre.

lundi 7 janvier 2008

La vierge froide et autres racontars

Dans le cadre du club de lecture des blogueuses, nous lisions ce mois ci un livre de Riel sur le thème de l'hiver. Il était constitué de dix petits récits, dix racontars ou courtes nouvelles comme on préfère les appeler. L'action se déroule au Groenland, dans les glaces et le froid. Quelques hommes vivent seuls dans ces contrées désertiques, balayées par les vents et peuplées d'ours. Ces hommes se croisent et deviennent tour à tour personnages principaux ou secondaires de petites intrigues. La vie décrite est dure et il faut se réconforter à coups d'alcool et d'histoires plus ou moins folles ! On adopte des animaux, on rend visite aux copains, on disserte sur l'art, on clame son pacifisme, bref, on agit pour ne pas laisser le froid engourdir les membres et la tête. Souvent burlesque et amusant.
Personnellement, j'ai eu du mal à accrocher à ce bouquin. Je l'ai lu rapidement dans un train (en retard, forcément) avec plus ou moins de plaisir. Alexandre et Entrer dans l'histoire m'ont le plus touchée mais je ne retiens pas grand chose de cet auteur. Ah si , j'ai beaucoup aimé les petites introductions à chaque histoire qui ne manquaient pas d'humour et constituaient presque un second titre à la nouvelle. Sympathique mais sans plus.