samedi 29 mars 2008

Une page d'histoire et autres nouvelles


Romain Gary est un de mes auteurs bien aimés. Pourtant, les nouvelles qui composent ce recueil ne m'ont pas convaincue outre mesure. Elles sont au nombre de cinq :

Le luth où un ambassadeur vieillissant se découvre une nouvelle passion. Certainement l'une des plus sympa du recueil.
Le faux où un riche collectionneur et self made man découvre que son Van Gogh est un faux. Est-ce la seule œuvre truquée de sa collection ? Ma préférée.
Noblesse et grandeur en Roumanie, la guerre est un prétexte pour régler ses comptes. Voilà qui m'a laissée plus que sceptique. Sur ce sujet, Une éducation européenne est beaucoup plus chouette.
Une page d'histoire sur les condamnations à mort et les organisations rebelles qui se recréent au paradis. Pour vaincre à nouveau la resistance, il faut un chef ! Un peu fou et cynique.
Les habitants de la terre où un vieillard naïf et confiant voyage avec une jeune fille aveugle dans l'Allemagne d'après guerre. Un peu de cynisme, un regard un peu désespéré...

Un conseil, commencez plutôt par un de ses romans car ces nouvelles ne donnent pas vraiment envie de mieux découvrir cet auteur.

Caligula

Hier, j'assistais à une soirée magnifique dont la première partie était un étrange ballet moderne, Caligula. Sur la musique de Vivaldi et des thèmes éléctro évoluaient des danseurs virtuoses. L'empereur était particulièrement impressionnant ! Bien sûr, on ne comprend pas tout (que représentaient les petits hommes en blancs ? Les avis divergent !) mais on goute le plaisir d'un spectacle à la fois très contemporain et très classique... et puis Vivaldi... c'est toujours une valeur sûre !
Je dirais bien qu'il faut aller y jeter un œil et se laisser déranger... mais c'était la dernière. Quant à la suite de la soirée : magique !

mercredi 26 mars 2008

Ce que disent les morts


C'est la première fois que je lisais Philip Kindred Dick et je ne suis pas déçue, j'ai simplement trouvé cela trop court. Dans cette nouvelle, il crée un monde assez proche du notre mais pourtant différent. L'enterrement est devenu une obscénité et l'on conserve les morts que l'on ranime pour des semi-vies. Louis Sarapis, puissant industriel, introduit dans tous les milieux économiques et politiques, a confié cette tache à son homme de confiance, Johnny Barefoot. Or, quand vient le moment d'éveiller son patron, le système, bien rodé, échoue. Echec ? Pas sûr. Une voix perceptible par les satellites, transmise par le téléphone, la télévision, la radio ressemble étrangement à celle de Sarapis. Sa petite fille et héritière, Kathy, ses associés, son candidat à la présidentielle suivent ses paroles qui, bizarrement, arrivent toujours à point nommé, ne permettant pas de soupçonner un enregistrement avant sa mort... Mais comment a-t-il pu mettre au point une telle stratégie pour dominer les médias ? Est-il vraiment mort ?

mardi 25 mars 2008

La colo de Kneller

Voilà le petit livre qui m'a fait de l'œil au salon du livre. Plutôt que de rencontrer les auteurs (je suis une grande timide et je suis sûre de bégayer, l'esprit vide, en arrivant devant eux) j'avais envie de voir ce qu'était la littérature d'Israël. J'ignore si c'est très représentatif mais j'ai acheté ce court livre de Keret pour sa quatrième de couverture et sa couverture, que je trouve très jolie.
Le texte est composé de courts chapitres introduits par de petites phrases d'annonce comme je les aime. Le thème pouvait être traité de façon glauque et triste mais l'auteur s'en sort avec humour. En effet, il invente un genre de nouveau purgatoire pour les suicidés, un monde finalement très semblable au notre, assez loin des images dantesques. Hayim est le jeune narrateur, adolescent à la recherche de celle qu'il aime, Erga. Livreur de pizzas le jour, errant dans les pubs ("la mort subite" est son repère favori) le soir, il rencontre d'autres suicidés comme le célèbre Kurt qui pleurniche ses chansons ou Ari, dont la famille entière s'est tuée. Avec Ari, Hayim part à la découverte de ce nouveau monde et espère bien retrouver Erga. En chemin, il croisera la belle Lihi, l'étrange Kneller, un nouveau prophète, un chien (qui apprend à parler). Pour lier tout cela, une narration sur un mode autobiographique, parfois un peu adolescente mais pas déplaisante. Du burlesque et de l'émotion pour le lecteur !

La maison du chat qui pelote, Le bal de Sceaux, La Vendetta, La Bourse


Heureusement qu'il y a Balzac pour apporter un peu de plaisir à son lecteur, luttant pour s'intéresser aux histoires de Denis Sérignac.

J'ai commencé ce recueil de quatre courts romans de Balzac pour ne pas trimbaler Giroud et pour me changer les idées. Bien m'en a pris !
La maison du chat qui pelote conte les amours d'un jeune peintre et d'une fille de drapier. De façon assez légère, Balzac narre la naissance de la passion du jeune peintre pour une beauté, le mariage précipité : la demoiselle s'est amourachée du peintre depuis qu'il a réalisé et exposé son portrait tandis que le peintre ne s'attache qu'à la pureté du beau et à la passion, puis la passion retombe et les différences se creusent entre les deux amants.

Le bal de Sceaux présente la famille Fontaine qui profite de la Restauration pour faire de beaux mariages, forte de sa fidélité à la monarchie. Seule la cadette n'est pas mariée. Belle et brillante, l'orgueilleuse Emilie attend qu'un homme tel qu'elle le rêve se présente. En attendant, elle joue avec ses soupirants. Quand le prince charmant arrivera près d'elle, saura-t-elle le reconnaître ?

La Vendetta commence sur une scène sombre : une famille corse, les Piombo, vient demander de l'aide à son vieil ami Bonaparte après avoir mené une vendetta contre les Porta. Leur fille, Ginevra devient une séduisante et talentueuse jeune femme au caractère bien affirmé. Elle peint dans l'atelier de Servin où elle rencontre un officier blessé et caché après Waterloo.

La Bourse se passe aussi après d'un peintre, Hippolyte, qui tombe amoureux de sa voisine, la belle Adélaïde. Celle-ci vit avec sa mère dans un étage miteux. De quoi vivent-elles ? Sont-elles si vertueuses qu'elles en ont l'air ?

Des femmes bien différentes, entre l'Empire et la Restauration, des caractères et des milieux divers qui n'en font pas moins des images fascinantes.

lundi 24 mars 2008

Les taches du léopard


Reçu lors d'un dîner livre échange et lu pour le challenge le nom de la rose, ce bouquin de Giroud ne me tentait pas du tout... et ne m'a toujours pas convaincue.
A vingt ans, Denis Sérignac peut mordre la vie à pleines dents. Il a des parents adorables, une amoureuse charmante, Marie, et des études qui lui plaisent. Sauf que son monde perd tous ses repères lorsqu'il apprend qu'il est en réalité né sous X. Marie retrouve la véritable mère, Sarah, qui a abandonné son enfant afin qu'il ne souffre pas de sa judéité. Traumatisée par la shoah, pendant laquelle elle a perdu toute sa famille, Sarah est une grande angoissée. Apprivoisée peu à peu par son fils lorsqu'il revient d'un exil volontaire aux Etats-Unis, elle vient vivre à Londres avec lui. Denis s'intéresse aux traditions juives, cherche son identité et se construit une superbe galerie d'art. Il rencontre aussi Bess, narratrice alcoolique. Il continue à voir ses parents adoptifs lors de ses passages en France et se découvre père d'un petit Denis, fils de Marie. Un livre sur le fait d'être juif, de naître juif comme une lourde fatalité et l'antisémitisme qui court encore les rues... Le tout dans un style peu original et attrayant.

dimanche 23 mars 2008

La Tisseuse : contes de fées, contes de failles


Dernier emprunt à la bibliothèque, ce recueil est un véritable coup de cœur. Vous aviez déjà entendu parler de Léa Silhol chez Fashion ou chez Chiffonnette qui ont beaucoup aimé la sèvre et le givre. Pour ma part, c'est avec ces nouvelles aquatiques que je la découvre.
Son recueil est divisé en saisons qui comportent chacune trois nouvelles... et une longue saison : l'éternité. Chaque opus est plus ou moins long mais plonge irrémédiablement le lecteur dans un monde féérique ou mythologique. Beaucoup de femmes, de dryades, de naïades, de déesses ou de monstres dans ce livre, des femmes si belles, si pures, en prise au destin et à leurs révoltes ...et pour porter leur histoire, une langue pure et précise, ciselée comme un cristal de roche. Il y a le monde entier, les légendes celtiques, les superstitions médiévales, la Grèce mythique, l'univers peu après le chaos originel, les forets ou les déserts plus ou moins contemporains... Il y a des dieux envoutants et rusés, beaux comme Solal, et immortels... Et le temps qui s'écoule différemment selon les peuples, les rencontres improbables, mortelles ou délétères. Et mon édition était illustrée, ce qui rend l'ouvrage encore plus onirique.
Je ne résumerai pas chaque nouvelle car mon compte rendu ne sera jamais à la hauteur de la plume qui les a créées. Sachez simplement qu'après cette lecture, vous ne rêverez plus que d'une chose, retrouver l'univers de Léa Silhol.

lundi 17 mars 2008

Irish Books : Le prince heureux et Salomé

Oscar Wilde est un auteur que j'ai dévoré en seconde. Après une petite pause, je le relis avec plaisir... pour le challenge ABC et la saint Patrick avec le club des théières !
D'abord, j'ai lu quelques contes, construits comme des fables avec une morale plus ou moins explicitée. Courts mais agréables, parfois pleins de cynisme. Très peu connus mais à découvrir !

Le prince Heureux est une jolie statue qui orne le centre de la cité. Un oiseau qui rejoint ses amis migrateurs s'y installe pour une nuit. Là, il découvre que le prince voit toujours ce qui se passe dans sa ville. L'oiseau devient alors son émissaire, distribuant aux malheureux joyaux ou feuilles d'or qui recouvrent la statue. Une histoire sur le temps, l'amitié...
Le rossignol et la rose est un beau sacrifice. Une vie pour un amour. Mais le cynisme y revient au galop !
Le géant égoïste a un très beau jardin où les enfants jouent en son absence. A son retour, les plantes se fanent et sa maison est balayée par les vents et la grêle d'un éternel hiver. Un conte christique.
L'ami dévoué ou comment tuer celui que l'on proclame son ami.
L'insigne pétard est une fable à la Pérette où les orgueilleux sont punis.

Salomé est une pièce de théâtre très courte. Ce personnage me fascine : si belle et si haïssable, si perverse et si douce. L'histoire reprend la tradition biblique : Salomé, fille d'Hérodias et belle-fille d'Hérode, tombe amoureuse de Ioakanaan, le prophète prisonnier. Un climat lourd plane sur la scène, les hommes ont peur mais ignorent pourquoi. Certes, la lune est étrange, des cris résonnent, il fait chaud, il gèle... Et Hérode regarde Salomé. Et Hérodias le prie de n'en rien faire. Salomé aime, Salomé danse. Meurtre. Perversité. Amour ou haine. Une pièce poétique, magnifique.

Taguée !

Miss Erzébeth me propose un petit questionnaire... très indiscret ! Vous allez tout savoir sur mon humble personne.
1. Le trait principal de mon caractère : l'investissement. J'aime faire les choses à fond.
2. La qualité que je désire chez les hommes : Formulation qui m'étonne toujours... leur façon de raisonner, si différente et complémentaire de la notre.
3. La qualité que je préfère chez les femmes : la douceur.
4. Mon principal défaut : intransigeante.
5. Ma principale qualité : perfectionniste.
6. Mon occupation préférée : hum... faut-il vraiment répondre ? lire of course !
7. Un plat qui me met l'eau à la bouche : quelque chose à base de chocolat noir...
8. Mes mots favoris : je dis souvent "finalement", tic de langage. J'aime les mots qui font voyager, aux sonorités agréables : Palmyre, benjoin, volupté, tendresse, ivresse, primesautier...
9. Ce que je déteste par dessus tout : l'hypocrisie.
10. Un rêve : le voyage, l'aventure, une façon de me réaliser, de trouver une voie qui me plaira, être libre...

Delphine, Loutarwen, Caro[line], InFolio, Emeraude et Val, à votre tour, rendez vos copies !

dimanche 16 mars 2008

Des nouvelles de l'au-delà


Petit livre chinois de Ji Yun qui comporte des nouvelles souvent très courtes. Des fantômes, des pendus, des esprits, des voleurs, des moines... Il y a toute la société chinoise du XVIIIe dans ce recueil de cinquante anecdotes (pour 135 pages, c'est effectivement du condensé).

Souvent assez humoristique, parfois sceptique, qu'il rapporte ces historiettes sous forme de témoignage ou de conte, l'auteur se plait à inscrire se personnages dans la réalité. Pas d'effroi réel, un petit coté moral, cela tient aussi parfois de la fable. Un moment agréable, le temps de deux voyages en RER.

Les promenades de la semaine


Comme toujours, je hante les allées du Louvre, c'est mon petit coté Belphégor... ou étudiante à l'école du Louvre. Alors, cette semaine nous avions : Babylone qui fait pétiller mon regard depuis qu'elle est annoncée. Et qui se révèle, hélas, un peu décevante. Il s'agit d'une exposition en deux-trois parties : les objets archéologiques et les empires qui se succèdent dans la ville ; l'image rêvée de l'Orient, la tour de Babel, les jardins suspendus... et la redécouverte de Babylone au XIXe. Dans un premier temps, beaucoup d'objets du Louvre et mille tablettes recouvertes d'écriture cunéiforme. Peu d'objets de Berlin finalement (et hélas, car ce sont quand même les allemands qui ont fouillé la ville). Le deuxième sujet est plus plaisant (enfin, je l'ai préféré), il y a de superbes manuscrits... et en plus, la belle esquisse de Delacroix que je vous présentais plus bas est accrochée, youpi !!!
Toujours au Louvre, les dessins de Gabriel de Saint-Aubin, toute petite expo sur un peintre "raté" ou plutôt jamais reçu à l'académie, mais dessinateur hors pair. C'est simple, il avait toujours un crayon à la main à tel point que Greuze lui prête une étrange maladie "un priapisme de dessin". Ambiance fêtes galantes et Paris XVIIIe, assez agréable.

Et enfin, tour rapide au salon du livre ce samedi... grouillant de monde et de livres. Sympa pour découvrir de petites éditions, de jolis livres édités dans diverses régions, mais c'est comme les expos trop longues ou les supermarchés trop grands, je sature très vite (3 heures sur place et byebye) et j'en viens à ressortir sans rien (enfin si, un petit livre, quelques catalogues pour les raretés et de jolis marque-ta-page). Crevée...

vendredi 14 mars 2008

Mémoires sur Louis XV et Madame de Pompadour


Madame du Hausset, Nicolle de son prénom, était une suivante de la Pompadour. Autant dire que la Cour de Louis XV n'avait pas de secrets pour elle puisqu'elle assistait à tous les entretiens de la marquise et, si elle n'était pas conviée, elle écoutait aux portes. C'est très pratique, ça permet d'apprendre des petites choses sur tous les grands et de s'en resservir au moment opportun.
En vrai, qu'apprend-on ? Louis XV est un coureur mais pas forcément un homme très viril, il aime particulièrement les dames sans titre. Le grand passe temps de Madame de Pompadour est d'abord d'écarter ses rivales puis de donner des conseils au roi en favorisant sa fortune. Dans les appartements de la favorite défilent tous les personnages du royaume (heureusement qu'il y a des notes, malheureusement, elles sont reportées à la fin, c'est un livre à lire avec deux marque-ta-page) et pas mal de sous. Le plus épatant est le Comte de Saint-Germain qui raconte des histoires folles. C'est amusant, ce livre fourmille de petites anecdotes, plus ou moins croustillantes... Les hommes (et les femmes) ne s'ennuyaient pas à Versailles (ou ils trouvaient de bons expédients pour chasser l'ennui) ! Bref, un petit regard contemporain sur les moeurs de la Cour de Louis XV, c'est toujours intéressant et, ma foi, pas mal écrit.

mardi 11 mars 2008

La grosse


Ce livre voyageur de Françoise Lefèvre m'a été prété par Florinette que je remercie beaucoup !

La grosse, c'est Céline, garde barrière dans un petit village bourguignon. Céline qui s'attend à voir Roland de Roncevaux, son preux chevalier, apparaitre à chaque coup de corne... mais ne sait-elle pas que la corne, c'est la mort de Roland ? Elle l'attend parce qu'il a promis qu'il reviendrait, elle l'attend parce que c'est le seul qu'elle peut espérer embrasser après la mort de leur enfant.
Mais Céline a changé depuis leur dernière rencontre. La brillante hôtesse de l'air est devenue une grosse femme, méprisée et haïe des habitants. Ses seuls amis sont Anatolis, son voisin cancéreux et deux enfants qu'elle garde. Toujours plus seule, toujours plus démunie, notre Marie-Madeleine moderne a soif d'amour. Mais c'est encore trop demander.
Un petit livre agréable à lire, une écriture poétique et entrainante malgré une noirceur toujours plus forte.

lundi 10 mars 2008

Ecrits sur l'art


Avant d'être poète, Baudelaire a testé sa plume comme critique d'art. Maniant le stylet de façon plus ou moins acerbe, il donne des compte-rendus des Salons et des ventes pour améliorer son ordinaire.

Si ses premiers écrits sont très scolaires (Baudelaire commente tous les peintres et tableaux qui retiennent son attention), notre poète élabore ensuite une véritable pensée critique sur ce qui fait la valeur de l'art. Fasciné par Delacroix et les Romantiques (dont je vous présente la belle esquisse du Sardanapale, moins connue que le tableau mais si belle), sévère avec Ingres, ami de Courbet et des Impressionnistes, Baudelaire prône un art qui puise à l'imaginaire. Comme en littérature, il choisit la sensation, l'étonnement pour déterminer le poids d'une peinture et son retentissement. Un recueil assez vaste de textes et d'articles qui manque un peu d'illustrations (si beaucoup des tableaux évoqués sont célèbres, d'autres sont totalement oubliés).

Idéal pour saisir les grands débats artistiques du XIXe siècle et l'élaboration du concept de "beauté" pour ce cher Charles !

samedi 8 mars 2008

En cas de bonheur


Jean-Jacques et Claire sont mari et femme depuis sept ans. Si chez Beigbeder l'amour dure trois ans, il n'est guère plus éternel chez Foenkinos. Sept ans... cela crée des habitudes, un doux ronron, un ennui insidieux. Alors Jean-Jacques prend une maitresse, comme ça, parce que la façon qu'a Sonia d'entrer à demi dans une pièce dégage une invitation à l'érotisme. Peu discret, il est immédiatement démasqué par Claire qui engage un timide détective privé afin de découvrir qui est la jeune maitresse. Chassé-croisé du couple, ruptures et nouvelles amours, rendez-vous et nuits en larmes, c'est somme toute un petit manège très banal que nous décrit Foenkinos. Il pimente un peu la sauce avec les parents de Claire, qui contractent d'étonnantes maladies. Bref, un petit roman qui détend, sympathique, avec quelques trouvailles originales. Mais je ne crie pas au super auteur chouchou non plus !

vendredi 7 mars 2008

The Rake's progress

... est un opéra à aller voir et applaudir. Après les déceptions de Cardillac et de la femme sans ombre, voilà de quoi se réconcilier avec la programmation de cette saison. Un petit Stravinsky, ça change ! Inspiré par les gravures terribles d'Hogarth, Stravinsky met en scène un jeune imbécile qui tombe de débauche en péché et de crime en folie. Héritant d'un petit pactole, Tom Rakewell, le bien nommé, dilapide son argent, sa jeunesse et sa morale dans les pires coins de Londres accompagné d'un esprit malin, Shadow. Sa belle, Anna, tente de le sauver de lui même. Anna avait une voix divine et les deux rôles masculins se défendaient vraiment très bien. Passé la première surprise d'écouter un opéra en anglais, on savoure un très beau moment musical et une mise en scène plus qu'hallucinante (à déconseiller aux enfants). Allez-y !

mercredi 5 mars 2008

Passer l'hiver


Recueil de nouvelles reçu lors du dernier diner livre échange, ce livre m'a permis de découvrir l'écriture d'Olivier Adam dont il avait beaucoup été question sur certains blogs avec Je vais bien, ne t'en fais pas.

Soyons clairs, je n'ai pas été particulièrement emballée. Ces neuf nouvelles traitent de sujets quotidiens, souvent tristes, un peu déprimants par ces temps froids. Les personnages sont des ratés, des comme-tout-le-monde, des gens malheureux, avec un passé difficile, un avenir grisâtre et un présent qui les désespère. Quelques petites touches de soleil par-ci, par-là, l'espoir de tout changer, de se changer, illumine un peu ces morceaux de vie.

Dans Pialat est mort, Antoine s'occupe tant bien que mal de ses filles, un verre à la main. Claire travaille de nuit à l'hopital dans A l'usure. La nuit d'un taxi dans Cendres. Le boulot dans une station essence au Nouvel an. Paul et Anna n'arrivent pas à dormir dans Bouche cousue. Lucas est de retour chez lui après trois ans. Dans Lacanau, une maman travaille trop tard le soir de Noel. En douce est une fuite. Sous la neige est la dernière nuit d'un homme.

Pas remarquable, un livre qui ne laisse pas de traces.

mardi 4 mars 2008

L'enfer de la BNF


Je ne vais pas seulement travailler à la BNF, parfois je vais jeter un œil aux expos. La dernière en date est plutôt sympathique. L'enfer de la bibliothèque, entre textes graveleux et illustrations coquines (enfin plutôt choquantes pour la chaste jeune fille que je suis), est présenté dans un grand boudoir rouge et rose, aux formes évocatrices et aux recoins multiples. Du texte à l'image, en passant par des écoutes et des extraits de films, tout nous parle de censure sexuelle. En cette période où les murs de Paris ruissellent de femmes nues, cela peut il encore nous choquer ? Existe-t-il encore une censure pornographique ? Retraçant à la fois l'élaboration d'un département secret et son contenu, cette visite nous fait passer d'un texte égrillard à l'autre, d'un anonyme ou pseudonyme à un marquis de Sade, d'une maquerelle à une religieuse bien peu catholique... Fantasmes et érotisme au rendez-vous.

Très drôle ce sérieux inimitable du parisien qui n'ose rire et fait sa visite, impassible...

samedi 1 mars 2008

Je, François Villon


Jean Teulé avait été une découverte de l'an dernier : son magasin des suicides m'avait bien plu. C'est avec joie que j'avais découvert le vote final pour cette biographie car j'ignorais tout à fait comment il pouvait traiter ce type de sujets. Et puis les poèmes de Villon ont un bon goût de Lagarde et Michard et de vieux françois, tout pour me plaire !
Cette biographie romancée est traitée de façon assez peu originale, de la naissance à la mort (apothéose ?) du poète. Peu de flashback, de sauts en avant, tout est très linéaire mais après tout, c'est encore le plus simple pour ne pas s'y perdre. François Villon survit. Son destin semble être de résister à toutes les condamnations, les coupe-gorges et tortures. Il faut dire que son temps, marqué par l'ombre du gibet, parle de mort, de cruauté et de crudité ; il y a du Rabelais pas loin mais sans Thélèmes et ses douceurs. Villon vit dans la boue, le sang et la puanteur. C'est un aventurier, un petit malin, un amuseur, un ivrogne, un épicurien, un pécheur, un traître, un voleur, un tueur. C'est un personnage qui malgré ses horreurs nous attache et nous traîne sur les chemins écoeurants où ses chausses le mènent. Il a des amis fidèles : Robin, Tabarie et Dimanche... il a des amis cruels, coquillards et autres voyous. Il aime, il brûle ce qu'il adore. Parisien avant tout, il conquiert les cours des princes par sa plume insolente, sa langue sans pareille, étonnante et vivante.
Prince, aux dames parisiennes
De bien parler donnez le prix ;
Quoi que l'on die d'Italiennes,
Il n'est bon bec que de Paris.

Insérées dans le texte, quelques images marquantes mais surtout ses poèmes comme autant de naissances, de refrains, de chapitres dans sa vie palpitante. Une réussite !