dimanche 31 août 2008

Paradis conjugal


Me voilà de retour ! Je n'ai pas encore eu le temps de passer vous saluer mais ça ne va pas tarder :) Difficile de choisir quel livre mettre à l'honneur aujourd'hui, l'été fut assez fécond en la matière. J'ai choisi un de mes derniers achats et un récent plaisir.
L’héroïne de ce roman, dernier né d’Alice Ferney, est une danseuse. Elsa Platte est mère de quatre enfants et épouse d’Alexandre Platte. Depuis plusieurs semaines, cette femme regarde chaque soir le même film : Chaînes conjugales. Seulement, ce soir n’est pas comme les autres. Son mari, lassé de cette attitude, lui a dit la veille qu’il ne rentrerait plus. Pendant tout le film, Elsa s’interroge. Rentrera-t-il ? Où sont les torts ? Qui est responsable de cette situation ? En même temps que trois personnages hollywoodiens, la valse amoureuse, ses temps et contretemps, défilent. Et les narrations se mêlent : film et réalité s’interpellent et se répondent. L’intrigue du film ? Trois amies partent une journée en mer. Elles ont reçu une lettre annonçant le départ d’Addie, la femme fatale de leur club, avec l’un de leurs époux. Chacune fait son examen de conscience et s’imagine être l’abandonnée.
J’ai dévoré ce dernier roman avec une joie et un plaisir féroce, regrettant toutefois le changement d’éditeur… Pourquoi être partie chez Albin Michel ? Personnellement, le papier et le format d’Actes sud me plaisaient mille fois plus. Mais passons... Ici, le thème de l’amour, de la lassitude, de l’usure des sentiments, de leur réveil parfois brutal, parfois trop tard. Des thèmes universels renouvelés par cette narration peu banale. Alice Ferney m’a offert dans ce livre un double plaisir, celui du scénario hollywoodien avec ses actrices à la beauté parfaite et celui du roman. Merci !

vendredi 15 août 2008

Vingt quatre heures de la vie d’une femme sensible


Un livre que j’ai beaucoup vu sur la blogosphère. Qui donc m’a donné le plus envie de découvrir Constance de Salm, je ne saurai le dire. Toujours est-il que j’ai bien fait de suivre cet engouement.

Notre héroïne est amoureuse d’un jeune homme. Elle l’a vu partir avec une autre, ce qui la trouble profondément, l’inquiète, l’empêche de dormir, la pousse à écrire. Le démon de la jalousie la saisit et la relâche pendant quarante-six lettres de longueur variable, destinées à cet amant... Ce roman épistolaire est véritablement un plongeon dans le cœur épris de cette jeune femme et dans ses actes décousus voire proches du délire. Très joli modèle de ce type, ce roman se dévore en une heure. Les introduction et post-face sont assez intéressants aussi (on découvre les fréquentations de la dame, comme Stendhal ou Houdon, chic comme salon, non ?).

C'est avec ce petit post, publié bien tardivement que je vous souhaite de bonnes vacances :)

samedi 9 août 2008

Sabbat Samba


Dernier tome du quadrille des assassins, ce livre d’Hervé Jubert voit le dénouement des aventures de la flamboyante Roberta Morgenstern, sorcière experte ès feux. La dame et son cher et tendre, Grégoire Rosemonde, enlèvent Lilith, la fille du diable, créée de toutes pièces par Carmilla Banshee. Cette sorcière, adepte de la magie noire, veut invoquer le diable et rétablir le règne de la sorcellerie. Pour cela, elle doit convaincre les gardiens des différents sanctuaires de se prononcer pour son projet. Roberta et Grégoire tentent de contrer ses plans et de sauver la très fragile Lilith dont les forces diminuent de jour en jour. Ils rencontrent alors les gardiennes des éléments à tour de rôle afin de guérir l’enfant. Quant au fringuant Martineau, il est ici plus discret mais aussi plus mûr. Il apprend à maitriser ses pouvoirs, ne fonctionne plus seulement à l’orgueil et se rallie à la juste cause. Parmi les protagonistes, les livres et le club des lunatiques (incarnation de monstres homériques ou de saints guerriers, prière de faire attention aux pages tournées), les pirates, les cloches de Pâques, des vampires, des morts-vivants et même un loup-garou… Attention, un épisode qui déménage. Et bien sûr, l’ultime révélation : l’identité du diable.

vendredi 8 août 2008

A Solenn


J’ai lu PPDA sur Solenn. Je viens de lire son épouse. Véronique Poivre d’Arvor évoque Solenn à partir de témoignages de proches et d’amis, de lettres et de journaux intimes. Elle fait un portrait très vivant de sa fille et de sa maladie. Bien plus touchante que Patrick, peut-être parce que plus simple, plus proche, plus mère enfin, elle parle d’anorexie, d’hôpitaux, de sonde et de repas, de balances et de boulimie, de maigreur et de kilos honnis. Mais elle raconte aussi sa fille et sa joie de vivre, son étonnante blondeur, sa vie de patachons et ses idéaux de pureté, ses contradictions, ses paradoxes, ce qui en faisait un être à part et pas seulement un nom pour cette Maison des adolescents. Un livre qui, comme tout ce qui touche à l’anorexie, renvoie en miroir nos souffrances et celles de Lili-Belle. Un livre qui risque de tirer des larmes à Maman et Marie…

jeudi 7 août 2008

Aventures de Lydéric


Alexandre Dumas a écrit des romans se déroulant sous Richelieu. Mais on connait peut-être moins ses romans médiévaux. Enfant, le jeune Lydéric est abandonné dans une forêt par ses parents prisonniers du prince de Buck. Un ermite et sa biche l’élèvent et le nourissent. Une fois grand, Lydéric quitte les bois et rejoint des régions plus civilisées. Sa première étape est une forge où il se forme et dépasse vite en force et en précision tous les compagnons. Il en repart avec son épée, Balmung, et accomplit son premier exploit : il délivre la contrée d’un énorme dragon, se plonge dans son sang afin d’obtenir ainsi une cuirasse encaissant tous les chocs. Puis, il découvre sa parenté et sauve sa mère des griffes de son ravisseur. Poursuivant son chemin, il réalise d’autres travaux herculéens (pas mal d'inspiration mythologiques dans ce livre, Atalante entre autres), croise des personnages étonnants voire merveilleux et conquiert une princesse de haute lutte. Un joli conte pseudo-historique, un peu féérique et très agréable à découvrir. Il est suivi d’un second récit : Les deux frères. Toujours cette ambiance moyenâgeuse, ces forêts, ces exploits guerriers de deux braves et la récompense qui leur échoit. Le tout est porté par un style vif, amusant, qui s’efforce de faire médiéval et transporte le lecteur dans un imaginaire coloré. A noter également : une belle couverture et une édition très agréable.

mercredi 6 août 2008

Peter Doig


Au musée d’art moderne de la ville de Paris se tient actuellement une exposition de ce peintre figuratif. Ce contemporain se plait dans les grands formats où la trace de l’homme est souvent présente mais insignifiante au regard de la nature. Des œuvres apaisantes ou angoissantes aux grandes qualités esthétiques, des couleurs qui interpellent, un trait souvent précis sur lequel Doig laisse intervenir des éléments extérieurs… Une bonne surprise !

mardi 5 août 2008

J’abandonne aux chiens l’exploit de nous juger


Second livre offert par Paul Marchand. Second sujet difficile voire fou : la relation incestueuse entre un père et sa fille. Sarah est née de père inconnu. En réalité, sa mère a décidé de garder le fruit d’une amourette d’une semaine avec un jeune homme de passage. Vers seize ans, la jeune Sarah décide de retrouver et de rencontrer son géniteur. Grace à sa tante, elle parvient à avoir ses coordonnées et le joint à Londres. Etonné mais heureux, Benoit accueille sa nouvelle fille avec enthousiasme et timidité. Sarah et Benoit fixent des rendez-vous à Paris ou à Londres, déjeunent souvent ensemble et finalement tombent amoureux… Enfin, Sarah éprouve des sentiments et nous raconte que Benoit en a également. Mais comme c’est Sarah qui nous narre l’affaire, c’est un peu difficile à savoir. Surtout que Benoit s’est donné la mort, vaincu par sa morale mise à mal. Une histoire originale, dont l’héroïne est parfois agaçante et réagit comme une adolescente. Mais un petit livre qui se dévore très vite. Et le titre étrange ? un couplet de Brel.

lundi 4 août 2008

La sèvre et le givre


J'avais découvert Léa Silhol avec les Contes de la tisseuse, un superbe recueil de nouvelles. Je poursuis avec un roman qui est tout aussi beau.
A une époque indéfinie, peut être le Moyen-âge, dans des contrées celtes, vivent des êtres féériques.
Finstern est roi d'une cour d'Ombre, séduisant au possible, mystérieux, immortel... Trois Parques qui ont connu ses bras lui prédisent un destin d'amour fou et de reniement. L'instrument de cette fatalité, la charmante Angharad, nait et grandit dans les royaumes des fées. Maitresse du propre fils de Finstern, elle est initiée par ses soins. Un roman d'amour, d'aventure et de destiné, sur fond de forets froides et enneigées, de cour d'Ombre, de Lumière ou de Crépuscule aux peuples nombreux et divers, sous la domination d'hommes ou de femmes exceptionnels. Encore une fois, un style pur et magnifique tisse les fibres du roman... Si Chimère lui reproche une grande froideur, je ne peux qu'apprécier sa précision. Bonne lecture !

dimanche 3 août 2008

César

Exposée actuellement à la fondation Cartier, l'oeuvre de César est disposée dans de grands espaces bétonnés et dans le jardin. La présentation ne brille pas par son originalité : un espace pour les compressions au sous-sol, un autre pour les expansions, un dernier pour les empreinte et, cachés au milieu, les petits animaux de fer. Le minimalisme règne, les cartels sont cachés au fond de la salle... Est-ce la patte de Jean Nouvel, dont le nom est quasi aussi grand que celui de César sur l'affiche ?
Une exposition qui a le mérite d'être courte... Non, je suis sévère, il y a quelques jolies expansions.

samedi 2 août 2008

Le temps d'une chute


Tout d'abord, grand merci à Fashion qui fait voyager ce livre !
Ensuite, contrairement à d'autres, j'ai été assez enchantée par ce livre de Claire Wolniewicz (encore une nuit au sommeil tronqué, je n'ose vous dire l'état de mes yeux cernés). Certes, le début et la fin sont de trop selon moi. La chute n'était pas indispensable, on dirait un prétexte pour rendre cette biographie fictive originale... Or, le thème de la vie qui défile, si ce n'est pas un topos... Et les mots de la fin, dans le genre cliché, on ne fait pas mieux. Mais si l'on ôte les trois pages du début et les trois de la fin, on trouve un roman sympathique sur la vie bien remplie de Madelaine.
Très jeune, la demoiselle est abandonnée chez les dominicaines. A partir de ce moment, plus aucune nouvelle de ses frères et soeurs, ce sont ses amitiés qui prennent le dessus. Amitié avec Hélène au couvent, puis avec Léonarde et Paulette chez une couturière de Limoges. C'est là qu'elle découvre sa passion pour la couture, pour les taffetas, les satins, les organzas... ces tissus qui font briller les yeux des femmes et attirent le regard des hommes. Elle dévore les magazines de mode du début du siècle, s'imprègne des modèles, des coloris puis crée ses propres vêtements. Remarquée, la jeune femme monte à Paris et développe sa créativité. La guerre freine un peu les ventes mais qu'à cela ne tienne, le roman saute d'une période à l'autre, insouciant, rapide, entraînant. On suit Madelaine, ses différentes collections, ses amants, puis son grand amour, leur enfant... Tout cela au rythme des saisons, des autres couturiers parisiens, des innovations de la mode. J'avoue que les descriptions m'ont fait pétiller les yeux, que ce monde de la création me fascine. Cela explique peut être mon goût pour ce livre car Madelaine n'est pas vraiment attachante, elle reste froide, distante, travailleuse. Bref, ce n'est pas une héroïne qui fait rêver. Et pourtant.

Rien à voir mais ça ne vous gène pas Madelaine avec un a ?!

vendredi 1 août 2008

La maison du sommeil


Je sais, vous vous demandez tous quand je viendrai à bout d'Ulysse. Pour être franche, moi aussi. Il passe ses journées sur mon bureau et en rentrant du stage, des tas d'autres livres me supplient de les dévorer. Faible est la chair, je cède.
C'est donc Jonathan Coe qui est passé à la casserole. Le pauvre... Je l'avais noté sur ma PAL depuis un bout de temps, sur le conseil de Je-ne-sais-plus-qui-que-je-ne-fréquente-pas-souvent. Eh bien, il ne me reste plus qu'à remercier cette bonne âme car j'ai vraiment apprécié ce livre.
Dans les années quatre vingt, Ashdown comporte une grande maison, résidence universitaire. Dans les années quatre vingt dix, c'est une clinique spécialisée dans les troubles du sommeil. Chaque chapitre alterne entre ces deux périodes, la vie étudiante puis professionnelle des personnages. Parmi eux, Sarah, jeune femme très sensible, narcoleptique et amoureuse ; son ami Gregory, qui l'utilise comme cobaye pour ses recherches psychanalytiques ; Véronica, la féministe convaincue ; Robert, l'amoureux transi ; Terry, le cinéphile aux multiples conquêtes. Tout ce petit monde se croise dans la résidence, des intrigues se nouent, des rêves restent inexpliqués... En parallèle, ces mêmes personnes se retrouvent ou se croisent quelques années plus tard, sans se reconnaître ou au cours d'étonnantes retrouvailles.
Un roman prenant, aux caractères attachants, à l'ambiance étrange et qui se divise en différents stades de sommeil.