vendredi 27 février 2009

The titan's curse


Est le troisième tome de l'histoire de Percy Jackson par Riordan. Et comme les précédents, il est super bien !
Annabeth, Percy et Grover reprennent du service, accompagnés par l'impétueuse fille de Zeus, Thalia. Grover a repéré deux demi-dieux, Nico et Bianca. Pour les intégrer au camp, il faut déjà réussir à éviter les flèches des manticores. Heureusement, la meilleure archère de l'olympe est à proximité avec ses compagnes. Ce qui n'empêche pas la disparition d'Annabeth. Artémis pressent un complot plus vaste qu'un simple déchaînement de monstres. Elle se dirige vers l'ouest et abandonne les chasseresses au camp pour débusquer une bête inconnue, quête dangereuse dont elle ne dévoile le détail à personne.
Percy retourne au camp, culpabilise pour Annabeth et se voit écarté de la nouvelle quête. En effet, Zoé, chasseresse en chef en l'absence d'Artémis, a rêvé que sa patronne courrait de graves dangers. Elle souhaite partir à la rescousse. L'oracle annonce que cinq partiront, un mourra, un disparaîtra... En entendant ça, vous seriez vous précipité sur cette aventure ? Pas forcément ? Eh bien, Percy ne regrette qu'une chose, ne pas avoir été retenu. Heureusement, il parle aux chevaux. Et aux chevaux ailés. Pratique pour suivre un groupe incognito !
Dans cet épisode, dont les divinités principales sont Artémis et Apollon, vous croiserez aussi Aphrodite (attention au choc) et des ennemis toujours plus forts et nombreux. La figure tutélaire qui se dessine derrière Percy est ici Hercule.
Je regrette un peu l'aspect surprenant des premiers tomes, je n'ai pas eu de grosses surprises. Mais j'ai bien ri. Riordan a toujours autant d'humour. J'ai hâte de poursuivre avec le prochain tome ! J'espère le trouver ce WE :)

jeudi 26 février 2009

Slumdog Milionaire


Il me fallait bien ça samedi dernier. Sortie d'un DS à 19h après avoir trimé toute la semaine, je voulais me détendre. Alors voir qui veut gagner des millions en Inde, why not ? Par contre, je ne m'attendais pas à cette violence, cette dureté, j'étais pétrifiée sur mon siège au début : torture, violences religieuses, mendicité, prostitution... Ce n'est pas le film bollywood léger auquel je m'attendais. Mais pour tout dire, je ne regrette pas du tout !
Le scénario est connu de tous, surtout après les oscars du week-end, mais bon pour le plaisir : Jamal joue à qui veut gagner des millions. Contre toute attente, il les gagne. Il est soupçonné de triche : comment un petit mendiant des bidonvilles peut-il coiffer au poteau les participants précédents ? Alors, il passe une journée au commissariat. Et il en bave. Mais il raconte son histoire, comment chaque moment de sa vie lui a permis de répondre aux questions posées. Le flash back perpétuel ne lasse pas. La vie des deux frères est absolument effrayante et l'Inde n'est pas un pays de club méd... Mais ça ne m'ôte toujours pas l'envie d'y aller.

mercredi 25 février 2009

Contes de la folie ordinaire


Maintenant je peux le dire : "j'ai lu Bukowski". Et j'ajoute : ce n'est pas pour moi et je ne pense pas en lire d'autres. Pour une fois, pas de sommaire, mais l'ambiance générale qui pourrait se résumer en sexe, alcool et... sexe (ou alcool). Alors, je suis certainement puritaine et bien pensante parce que je ne crie pas au chef-d'œuvre. Mais tant pis.

Dans ces nouvelles, Bukowski ou un personnage assimilé, souvent laid, inactif et grand buveur, rencontre (généralement dans un bar) une nénette ou deux, quelques poivrots, beaucoup de bière. C'est, en gros, le scénario de base. Souvent, le personnage est un écrivain maudit mais meilleur écrivain de LA, bonhomme scandaleux aux vers scabreux. Souvent, il passe du temps à dormir et à cuver sa bière. Parfois, il se retrouve en prison pour outrage aux bonnes moeurs. C'est vulgaire, cru et cruel. Le conte est finalement inexistant, c'est le réel et l'ordinaire qui surnage. Et pour tout dire, c'est pas joli joli. Quelques idées folles et saugrenues m'ont bien plu comme "le petit ramoneur" (une sorcière rétrécit les hommes, oui, madame, monsieur, c'est possible!) ou "La machine à baiser" (une créature de plaisir, techniquement parfaite) mais l'ensemble me laisse froide. Le style ne m'a pas transportée, et les thèmes... je l'ai déjà dit.

Ce qui m'a permis d'aller jusqu'au bout du recueil ? La curiosité. Certains scénarii improbables et ce ton provoc' me donnaient envie de voir jusqu'où il allait. Curiosité ou voyeurisme ? Et l'horreur de laisser un livre de coté, sans avoir vérifié si la dernière page ne rachetait pas tout. Idiot, je sais bien.

mardi 24 février 2009

Seule Venise


C'est Lune de pluie qui m'a donné envie de lire ce livre de Claude Gallay. Et je la remercie car ce fut une magnifique découverte.
Notre narratrice est dans le train pour Venise. Seule. Elle a décidé de partir pour le premier endroit venu plutôt que de rester encore dans son appartement à ressasser une rupture, un abandon. Les jours après la blessure sont là, durs, invivables, survécus. Elle ignore combien de temps elle restera sur la lagune mais elle a fait ce pas : une valise, un billet, une pension... La voilà à Venise, c'est l'hiver, c'est humide, c'est glacial. Elle commence par se perdre avant de trouver la maison de Luigi où elle va passer quelques temps. Là elle rencontre le prince, un illustre prince russe exilé de sa terre natale par la révolution, fou amoureux de l'exactitude et d'une prolétaire. Il y a aussi Clara, la jeune danseuse qui coule des jours heureux avec son amant. Heureux jusqu'à la première faille. On peut se quitter pour un ourlet à Venise. Luigi attend sa fille, elle doit venir pour Noël.
Au milieu, notre héroïne bien ordinaire tente de se reconstruire. Elle se promène. Elle raconte ses journées au prince et ses chocolats au Florian. Elle découvre aussi une belle librairie, petite échoppe gardée par une marionnette et son propriétaire, discret, amical, retenu. Venise est elle une ville de guérison ? C'est une ville de renaissance, de temps perdu, de livres lus et finalement d'expériences sans compte à rendre, sans jugements, une ville de solitude. C'est un moment où l'on se reconstruit en pensant aux autres, en oubliant de penser à soi, histoire de faire taire la douleur.
Ce livre se déguste, il n'est pas joyeux mais il est poétique, sensible. A découvrir !

lundi 23 février 2009

Princesses d'ivoire et d'ivresse


C'est Nibelheim qui m'a fait découvrir Jean Lorrain et ses étranges contes. Avouez qu'avec un titre pareil, je ne pouvais que craquer. L'atmosphère est fantastique, délicieusement archaïsante. On pense à Moreau en peinture, à Huysmans en littérature. Il y a du Baudelaire, il y a du XIXe finissant, se perdant dans des rêves antiques ou médiévaux, dont l'atmosphère délétère exhale ses derniers relents. Voici les titres des nouvelles en questions et les thèmes récurrents :

La princesse aux Lys rouges : Belle damoiselle dans un couvent, elle tue en décapitant les fleurs.
La princesse des chemins : Une belle femme errante, épousée et enfermée par un roi, regrette sa liberté. Grimaldine aux crins d'or : la beauté fatale enfermée par son mari ressemble à la vagabonde.
La princesse du Sabbat et La princesse aux miroirs : Deux femmes, deux princesses qui veulent être toujours jeunes et jolies, pétries d'orgueil. Elle se rendent chez des sorcières mais perdent leur image au sabbat.
Les filles du vieux duc : des jeunes filles fuient le palais. Tout comme Hylas. Ils s'échappent des volontés toutes puissantes pour errer sur les chemins. Légende des trois princesses est sur le même mode : fuite des jeunes femmes à la poursuite d'un amour indigne et traitre à leur patrie.
Narkiss : Un beau pharaon à l'image d'Isis, méconnaît son reflet. Enlevé et élevé dans l'oisiveté par des prêtres, il est victime, comme son acolyte grec, de son propre visage.
La fin d'un jour : Découverte d'un carnage à Constantinople.
Conte du bohémien qui refuse de chanter pour roi et émerveille le peuple : une métaphore de l'amour.
La princesse Ottilia : pauvre sourde et muette jouet des ambitieux.
La Marquise de Spolète épouse un vieux duc et se noie dans les fêtes : tout dérape le soir où avec trois amants elle joue Salomé.
L'inutile vertu : un homme refuse les plaisirs de la vie tout à la recherche d'un criminel à éliminer. Il vieillit.
Mélusine enchantée : conte de la belle femme serpent, revu et corrigé.
Mandosiane captive : une beauté de tissus, image de bannière se délite à la fin du Moyen-Age.
Oriane vaincue : la sirène vaincue par le christ.
Le Prince dans la foret : deux contes au même titre qui traitent de l'enchantement des rêves dont on ne se sort que par la douleur et de la quête du bonheur comme indifférence à la souffrance.
Conte des faucheurs : amour et mort fauchent devant Raymondin.
La princesse sous le verre : Version corrigée de la Belle au bois dormant endormie que chacun cherche à réveiller... horrible carnage et canonisation de l'endormie.
Neighilde : une reprise de la Reine des neiges.
La princesse Neigefleur : L'histoire de Blanche Neige centrée sur mauvaise reine. On retrouve le thème du miroir omniprésent dans les premiers contes.
Un recueil délicieux, poétique mais souvent peu riant. Ne vous attendez pas à un happy end, car la pourriture, le poison, le temps viennent tout détruire. Il y a un peu de la mort du grand Pan, des civilisations disparues et des maléfices anciens dans ces œuvres. C'est beau, souvent d'une intense pureté, je me demande à quel point Silhol s'est inspirée de ces textes, de cette plume...

vendredi 20 février 2009

La mariée mise à nu


J'avais vu pas mal de billets sur ce livre de Nikki Gemmell à sa sortie. La curiosité m'avait titillée. Puis j'avais oublié. Je l'ai recroisé la semaine dernière dans une bibliothèque.
Ce livre est composé de courts chapitres, titrés d'autant de conseils très XIXe comme "Prévenir le gaspillage, un devoir" ou "Au nom de leur santé, toutes les filles doivent faire leur lit et ranger leur chambre". Le contenu des chapitres est nettement moins sage.
Le postulat de base est le suivant : Une jeune mariée, la trentaine, vient d'écrire un livre sur son mariage et a disparu, abandonnant son mari et son manuscrit. Sa mère le fait publier. Il contient des années de frustrations et de désenchantements. Je ne sais pas trop sur quel ton le prendre : fatalité de la vie commune, caricature, réaliste ou fantaisiste ? J'en connais un qui me dirait d'arrêter de prendre ce que je lis au pied de la lettre, que tout le monde ne finit pas comme Ariane et Solal...
Revenons en à ce livre qui me laisse perplexe. La narratrice est une femme heureuse, elle est mariée à un homme qu'elle aime, profite du soleil avec lui. Mais très vite, des failles se font jour. Elle surprend son mari au téléphone avec sa meilleure amie, elle reçoit des lettres d'amours (à la A moi pour toujours) anonymes, elle croise un charmant garçon dans un café... La vie sage de cette jeune femme dérape. Elle profite de ne pas travailler, de vivre littéralement aux crochets de son mari pour conquérir une liberté nouvelle : une liberté sexuelle en premier lieu. Puis une liberté intellectuelle et sociale. Résultat : elle a un puis des orgasmes. Elle ne voit plus grand monde à part son amant et son mari, qu'elle manipule allègrement. Elle peut écrire ce petit brulot. Mais c'est un brulot qui n'en est pas vraiment un. Certes, elle fuit et se libère de sa vie morose, c'est une véritable éducation (pas sentimentale) et libération. Mais on ne sait pas si elle s'en trouve mieux. Qu'en pensez-vous ?
Le ton froid, le "vous", rendent la lecture plus intense, plus personnelle aussi. Cela donne un coté très rationnel et distant. C'est un "vous" qui n'est pas moi mais que je comprends ou, du moins, que j'entends. Je reste un peu perplexe. Dégoutée par certaines scènes crues (je sais, je suis une petite nature), l'amour dans des draps sales et l'amour sans amour... Fashion m'avait dit que j'étais trop jeune pour cette lecture. Je crois qu'elle avait raison.

jeudi 19 février 2009

Questions sur Le deuxième sexe

Ces questions ne visent pas à la provocation ou pas toutes. Ce sont des réflexions de lectrice, des inquiétudes, des appels.
Se libérer par le travail, tel doit être le but de la femme. C'est là qu'elle trouvera son indépendance. Voilà qui m'inquiète. Ne dit-on pas, d'après Marx si je ne m'abuse, que le travail est l'esclavage de l'homme ? La femme pour se libérer de l'asservissement à l'homme doit-elle se rendre prisonnière d'un autre dieu ?

L'amour pour l'homme n'est pas un but en soi. Pour la femme il est dévorant et exclusif. Sans mariage, point de salut. Certes, voilà une idée qui a vécu et qui draine un bon nombre de préjugés, non ? Simone aurait-elle trop lu la littérature XIXe ? Qu'en pensez-vous ?

La maternité : A l'époque, la contraception, c'est pas trop ça et l'avortement est interdit. Que de changements depuis ! Mais tout de même, la maternité comme accomplissement, c'est un mythe, non ? C'est encore la femme qui trinque et qui se retrouve avec des responsabilités de folie sur les bras, non ? Alors, je veux bien, instinct maternel, amour de ces chers bambins... Moi, ça me parait quand même être un cadeau empoisonné. A Simone aussi visiblement, le bébé, c'est pas trop son trip. Et puis mettre au monde des enfants aujourd'hui ? Est-ce toujours un devoir genre perpétuation de l'espèce ? Un souhait égoïste, avoir SON bébé ? Ou comme de toute façon la surpopulation menace le globe, on n'est plus à un ou deux ? Bon j'arrête la provoc' Je suis juste pétrifiée par le courage des mères. Cela me passe complètement au dessus, j'ai vraiment l'impression que c'est un sacerdoce.

Livre scandaleux, le deuxième sexe a suscité dès sa sortie les tempêtes de la critique (masculine et/ou catholique). Mais finalement, ces stéréotypes féminins ont-ils disparus ? On voit des papa qui maternent, certes. Mais qui offrira une poupée ou une table à repasser à son fils voire une arme à sa fille. Notre éducations, nos jouets, nos façons de vivre et d'éduquer finalement, n'ancrent-elles pas les hommes et les femmes dans des rôles définis ? Et s'en sortir n'est-il pas aussi une révolution personnelle ? Quel parent accepte aujourd'hui simplement l'homosexualité d'un enfant ? J'en connais qui préféreraient voir ce dernier rentrer dans les ordres...

Aujourd'hui, ces débats sur l'égalité semblent stériles. Cosmo nous vante les mérites des taches partagées, liste les avantages de notre féminité... Opium du peuple ? ou réel progrès ?
Je vous rassure, je ne me sens pas opprimée. Mais les propos de certains amis me laissent rêveuse ou me scandalisent.
"-Je cherche une fille qui doit être comme ci, comme ça. Machinette n'est pas assez jolie. Elle est sympa, elle est pas bête. Mais vraiment, elle n'a pas assez de seins/est trop grande/trop petite... -Et toi, tu es parfait ? -Non, mais moi je suis un mec, c'est moins important le physique."

"-Bidule habite Perpignan, son mari bosse à Paris. C'est l'enfer mais ils n'ont pas trouvé de boulot dans la même région. -Elle peut aussi bien arrêter de travailler. C'est quand même pas obligatoire pour elle, il peut les faire vivre tous les deux."

... to be continued... hélas.

mercredi 18 février 2009

Le deuxième sexe II


Le deuxième tome est plus personnel et plus touchant. Il faudrait faire lire cela à toutes les adolescentes. Et aux hommes. C'est criant de vérité, c'est beau, c'est effroyable, ce texte fait réagir !

Simone décrit les étapes de la vie d'une femme, sa finitude dans la sexualité. Entendez sa soumission à un corps qui saigne, qui enfante et qui se tait. C'est assez effrayant à certains moments. Et ça vous ferait presque regretter d'être une fille. Revenons en au livre. Avec son style toujours agréable, précis et efficace, Simone nous conte l'enfance, l'adolescence (particulièrement traumatisant et résonnant toujours fortement en moi, peut être parce que ce n'est pas si loin) et toutes les névroses qui s'y développent, le mariage et le choc de la sexualité (viol plus ou moins consenti pour chacune, ouf, j'ai l'impression que l'éducation a changé ça), la maternité et l'immense ennui de la femme qui tient sa maison, l'âge venant son impression d'avoir raté sa vie et d'être incomprise, bref, tableau peu engageant. Et puis il y a du docteur Freud et des secrets malsains qui empoisonnent à tous ces moments. Vieilli sur l'interprétation mais pas toujours sur la description. Puis vient l'analyse de divers traits de caractère : amoureuse, narcissique ou mystique, les excès considérés comme féminins sont explicités. La toute fin propose des solutions ou plutôt une solution : le travail comme indépendance, l'éducation, sexuelle en particulier, comme prévention des chocs des passages à l'âge adulte puis à la vieillesse. Bref, l'indépendance féminine passe par son initiative personnelle et pas celle de ses parents. Et bien sûr, par la révolution soviétique. Car la politique n'est pas absente de ce petit (non, épais en fait) manifeste. Cela pouvait encore paraître vrai à l'époque. Rappelons que Lénine s'est penché sur la question des femmes, que les russes votent plus tôt que les autres occidentales, qu'elles peuvent choisir leur sexualité (avortement) et qu'elles sont encouragées au travail. MAIS c'est valable pour le début du siècle et Staline change la donne. ET l'URSS avait un taux d'avortement démentiel, de l'ordre de 6 ou 7 par femme ! Mais bon, libération par le travail et égalité avec l'homme (sans trop heurter son amour propre non plus) sont les voies de l'autonomie féminine et féministe. Vision un peu bourgeoise, non ? Je doute que l'ouvrière se sente libérée par son travail. Demain, quelques questions sur cette lecture, réactions et autres inquiétudes.

Pour le premier tome, c'est ici.

mardi 17 février 2009

Le deuxième sexe I


Je voulais écrire un billet global sur les deux tomes qui composent Le deuxième sexe, ce manifeste de Simone de Beauvoir. A mesure que j'avançais dans ma lecture, je me suis rendue compte qu'ils étaient singulièrement différents et que j'en parlerai mieux en deux temps. Commençons donc par le premier tome, le second sera pour demain.

En 1949, sort cet essai qui est immédiatement intégré au mouvement féministe. Soixante ans après, le féministe semble dépassé, les hommes et les femmes cohabitent en toute égalité. Et pourtant, ce livre mérite toujours d'être lu.

Après une introduction assez divertissante sur le pourquoi du livre, Simone de Beauvoir divise son livre en trois parties : biologie, histoire et mythes. Ces trois parties sont intéressantes d'un point de vue historique voire contextuel. Il est fort probable que tout un chacun reconnaisse les faiblesses de l'argumentation biologique. Toutefois, cette description de la femelle chez l'homme et l'animal ne manque pas de brio. Pour ce qui est de l'histoire, c'est tout aussi contestable, les gender studies ont pas mal fait évoluer nos connaissances. Mais cela nous renseigne bien sur les idées de l'époque. Quant à la partie mythes, elle couvre surtout les idées reçues des écrivains : Lawrence, Montherlant, Stendhal, Claudel et Breton témoignent par leurs textes de différentes facettes de la femme. Là, ça devient franchement intéressant car vous savez bien que ces messieurs ont des idéaux très différents. Et l'on découvre sans étonnement, que le plus moderne n'est pas le plus contemporain mais certainement notre cher Stendhal :) Enfin, comme je vous le disais, Simone ne manque pas d'humour : "M. Claude Mauriac, dont chacun admire la puissante originalité, pouvait écrire à propos des femmes : "Nous écoutons sur un ton d'indifférence polie... la plus brillante d'entre elles sachant bien que son esprit reflète de façon plus ou moins éclatante des idées qui viennent de nous". Ce ne sont évidemment pas les idées de M. C. Mauriac en personne que son interlocutrice reflète, étant donné qu'on ne lui en connaît aucune". Je vous épargne ses propos sur Montherlant, tout aussi misogyne que Mauriac voire plus, mais ils sont aussi cinglants.

Un premier tome appétissant, un peu dépassé mais qui se lit divinement. Madame a du style et ça se sent. Le deuxième tome est encore plus prenant parce que touchant à l'intimité.

lundi 16 février 2009

Pile de PAL...

Ceci est un extrait de ma PAL... mais un petit extrait. Comptez trois piles derrière le pile de droite, et deux à gauche. Sans compter la PAL de mon petit chez moi (qui restera secrète). Ce qui me tente le plus ? The Golden one de Peters parce que je veux connaitre la fin de toute cette série et que c'est l'avant dernier. Mais en même temps, je pleurerai quand je n'en aurai plus à lire...
Le moins tentant ? Le parfum d'Adam de Rufin. J'ai lu beaucoup d'avis négatifs et il traine dans cette PAL depuis sa sortie.
Je serais curieuse de découvrir la PAL d'Arsène mais elle est en révisions. On verra à son retour. Et toi Andromède ?

samedi 14 février 2009

Twilight


Saint-Valentin... Une belle histoire d'amour entre vampire et lycéenne, ça vous dit ? Comment ça, c'est banal ?
Voilà, j'ai vu l'adaptation de Fascination. Je n'en sors pas bouleversée. Ni même bouleversifiée. Je me suis parfois ennuyée. Je n'ai pas ri, ou alors pour le ventilateur, les courses dans la forêt, le vampire scintillant... J'ai l'impression que tout va beaucoup plus vite que dans le roman, on sent moins Bella tomber amoureuse, s'interroger.Et Jacob m'a semblé plus présent que dans le premier tome où ses apparitions étaient plus brèves.
Film que j'ai regardé d'un œil. Je me suis reposée, détendue.
Ce que j'ai aimé ? Muse comme BO :) Bella est mimi. Alice aussi. Edward et Jacob ne changeront pas l'image que j'avais inventé à la lecture (et heureusement car ni l'un ni l'autre ne me plait vraiment). Mais je m'attendais à mieux ou à autre chose. Reste que le film ne trahit pas le livre. Et finalement, c'est déjà bien !

vendredi 13 février 2009

Paris et ses expositions universelles

... est une expo assez fascinante. Je crois que François, qui m'accompagnait, partage ce sentiment.
Le sujet me passionne : Imaginez Paris transformé pour six mois, des bâtiments qui envahissent le Champ de Mars, des millions de visiteurs, des inventions de tous pays... Cela devait ressembler à un Disneyland version 1900 !
L'expo de la Conciergerie retrace l'histoire des diverses manifestations de ce type entre 1855 et 1937. Pas mal de textes, des photos, dessins et plans... c'est une expo d'architecture. Je regrette toutefois l'absence d'objet. C'est beaucoup moins parlant.

(THE palais omnibus et les petits pavillons mignonnets)
Mais il faut avouer que les images évoquent bien cette atmosphère festive, ces Isba qui avoisinent la galerie de fer et de verre, cette démesure (et je ne parlerai pas de la tour Eiffel mais de l'immense palais omnibus de 1867), cette soif de progrès, ces compétitions entre nations... Vraiment, je trouve cela invraisemblable. Ces espaces gigantesques qui changent de visage tous les... 12 ans pour le XIXe siècle ! C'est fabuleux !
Je suis un peu exaltée par le sujet. Mais quand on pense à cette ville dans la ville, ce microcosme le long de la Seine... et ces petites maisons, plus ou moins kitsch qui représentaient pays, technique, industrie. C'est tout à fait charmant, non ? Quelques images pour vous faire rêver.

(expo coloniale de 1931, on reconstitue le temple d'Angkor Vat près de Vincennes, en toute simplicité)
Par ailleurs, le Petit Palais organise comme pendant à cette exposition une série de conférences. J'ai assisté à celle de la semaine dernière et je compte poursuivre le cycle. Si cela vous intéresse, envoyez moi un email et je vous ferai parvenir un compte rendu de ces séances.

6 février : Bertrand Lemoine, architecte et ingénieur, directeur de recherche au CNRS, directeur de l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Paris : "l'architecture des expositions universelles"

13 février : Vicente Gonzalez Loscertales, Secrétaire Général du Bureau international des expositions : " les enjeux des expositions universelles"

(le pavillon de gauche, entrée de l'expo de 1900, se trouvait devant l'obelisque de la Concorde, charmant, non ?)

27 février : Gilles Plum, docteur en histoire de l'art : "palais et pavillons de l'exposition de 1900, l'industrie au service de l'art"

(galerie des machines, à perte de vue)

6 mars : Denis Woronoff, professeur émérite d'histoire contemporaine à Paris I : "Information technique et compétition industrielle : le rôle des expositions universelles de 1851 à 1900"

jeudi 12 février 2009

Le fusil de chasse

C'est chiffonnette que je dois remercier pour m'avoir motivée par son récent billet à enfin ouvrir Inoué. Je ne suis pas déçue de l'avoir lu !

Après avoir publié un poème dans une revue de chasse, le narrateur reçoit une lettre. Pas une lettre polémique comme il imaginait. Non, une lettre de Misuge qui affirme se reconnaître dans ce poème. Faisant confiance à la perspicacité du poète, il lui envoie trois lettres écrites pour lui par trois femmes.


La première émane Shoko. Elle ne veut plus jamais voir Misuge car elle a découvert que sa mère avait été pendant treize ans sa maîtresse. Bouleversée par la lecture du journal intime de cette femme, qui vient de se suicider, elle refuse le monde des adultes et du péché.
La seconde est envoyée par son épouse, Midori. Elle lui demande le divorce et quelques compensations financières. Elle avoue connaître sa relation adultère, confesse avoir pratiqué les mêmes activités extra conjugales et revient sur la haine froide, parfois proche de l'indifférence totale, qui minait leur vie commune. Fort heureusement chacun se retranchait volontiers dans sa propre citadelle.
La dernière lettre est posthume. C'est la mourante, Saïko qui l'a écrite. Elle y explique que maintes fois elle a voulu rompre, que finalement décidée à boire la coupe jusqu'à la lie, elle s'est promis de mettre fin à ses jours le jours où Midori découvrirait le pot aux roses. Ce jour là, elle se suicide mais pour une autre raison : elle vient d'apprendre que son ex mari s'est remarié.

Roman sur la tromperie et la solitude, la manipulation et l'incompréhension mutuelle, ce petit opus laisse un goût amer. Prose simple et efficace, j'en recommande la lecture !

mercredi 11 février 2009

Les joues roses


Voilà quelques temps que je voulais lire ce court livre de Malika Ferdjoukh, l'auteur des quatre sœurs, que j'ai découvert récemment. Ce petit livre se dévore et s'adresse à un public plus jeune que les précédents bouquins que j'ai pu lire de cette dame. Il n'en est pas moins plaisant, vous l'avez bien compris.
Julius fait la cuisine, la lessive, le ménage, le repassage pour un papa toujours plongé dans son boulot, chassant des fréquences alpha, des satellites et des fusées sur son écran d'ordinateur. Le soir où il découvre la cuisine brûlée et l'appartement inondé, Julius explose. Sa copine et amoureuse Elsa, dont la Tatie est absolument géniale, planifie des rencontres : ce papa a besoin d'une fiancée ! De la boulangère, en passant par la maîtresse et l'infirmière, les deux enfants s'ingénient à décoller le papa de son ordinateur. Cascades, maladresses et folles idées au rendez-vous !
Mais le plus dur : comment reconnaître une femme amoureuse ? A ses joues roses bien sûr :) Plein d'humour, encore un Ferdjoukh qui a fait mouche !

mardi 10 février 2009

Othon l'archer


Vous allez finir par croire que la bibliothèque d'Ikastor est plus engageante que la mienne car voici encore un livre qui vient de chez lui (à ma décharge, c'est un livre que je lui ai offert et qu'il m'a prêté... logique, non ?)! Ce petit Dumas est un régal et il m'a rappelé Lohengrin par bien des aspects.
Notre histoire se déroule à l'époque des croisades et des chevaliers, dans des contrés germaniques. Le comte Ludwig est désespérément triste ce soir. Il n'arrive pas à se réjouir du retour de son ami Karl. Il ne quitte pas des yeux son épouse, Emma, et son fils, Othon. Il lui trouve une ressemblance terrible avec Albert, l'homme avec qui Emma a grandi. Ce soupçon lui fait envoyer sa famille au couvent.
Karl découvre qui tente de tromper Ludwig. Mais il est trop tard pour pardonner car le jeune (et charmant, qui en doutait?) Othon a préféré se jeter dans la rivière que d'entrer au monastère. Comme il n'est pas maladroit, il remonte sur une berge éloignée et se fond dans une compagnie d'archers avec qui il partage des aventures incroyables : le fantastique est au rendez-vous avec un mariage fantomatique, une cloche magique et une résurrection (oui oui, rien que ça). Et bien sûr, l'amour qui guide tout chevalier s'éveille dans le cœur du délicieux garçon devant la fragile Helena.
Dans cette ambiance de contes germaniques, le courant romantique transparaît et s'épanouit grâce à la plume de Dumas, de la première à la dernière page de cette œuvre.

lundi 9 février 2009

Le Port de Baudelaire


Un port est un séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie. L’ampleur du ciel, l’architecture mobile des nuages, les colorations changeantes de la mer, le scintillement des phares, sont un prisme merveilleusement propre à amuser les yeux sans jamais les lasser. Les formes élancées des navires, au gréement compliqué, auxquels la houle imprime des oscillations harmonieuses, servent à entretenir dans l’âme le goût du rhythme et de la beauté. Et puis, surtout, il y a une sorte de plaisir mystérieux et aristocratique pour celui qui n’a plus ni curiosité ni ambition, à contempler, couché dans le belvédère ou accoudé sur le môle, tous ces mouvements de ceux qui partent et de ceux qui reviennent, de ceux qui ont encore la force de vouloir, le désir de voyager ou de s’enrichir.

samedi 7 février 2009

Quelques vierges...

Bug sur le message précédent, désolée... Du coup, plus de lecture pour vous ce week-end !
La Cité de l'architecture et du patrimoine présente une exposition qui fait envie. L'affiche parlait de vierges, de Moyen-age et des réserves. Vous savez, les fameuses réserves de musées qui font rêver les chasseurs de trésors et les décevrait beaucoup s'il y entraient... Et bien, cette expo, c'est pareil.
Sous un dôme, une dizaine de vierges de plâtres sont exposées. Certes, le cartel et les fiches tentent de détailler le propos. Mais n'est-ce pas pour tenter de faire parler un objet peu attrayant ? Pourquoi ce manque d'attrait ? Est-ce parce qu'il s'agit de reproductions ? Vous allez me dire que le mépris de la repro devrait me porter ailleurs qu'à ce musée des moulages. En fait, je les aime bien ces moulages. Ils permettent de voir ce qu'on ne peut connaitre autrement qu'en faisant un tour de France, c'est très éducatif et républicain comme motif. Sans compter qu'ils renseignent sur un monument parfois plus abimé que la copie voire disparu. Non, ce qui me désole, c'est que ces vierges n'émeuvent pas. Elles sont froides, elles sont parfois bien moins belles que les originales (qualité du plâtre ?). Et surtout elles sont perdues dans cette grande salle. Dix madones, c'est peu pour une exposition !
En voici une toute mimi pour la route !

vendredi 6 février 2009

Le chevalier inexistant


Charlemagne bat le rappel. Tout le monde est en place pour affronter ces vilains sarrasins. Même Agilulfe Edme Bertrandinet des Guildivernes et autres de Carpentras et Syra, chevalier de Sélimpie Citérieure et de Fez. C'est le chevalier qui n'y est pas, celui qui est une armure et une voix. Celui qui vérifie tout, maniaque et précis, qui compte, qui range, qui ordonne. Bref, un vrai casse pied pour son entourage, dans un camp où règne le désordre.

Auprès de lui, son écuyer, Gourdoulou, qui a un nom différent selon chaque ville, qui est ce qu'il voit, qui croit être un canard, une grenouille, un poirier, une poire... Il y a aussi Raimbaut que le chevalier inexistant fascine et apaise. Il veut tuer le vizir qui a assassiné son père mais doit passer par une administration étonnante qui décompte la valeur des duels et par des interprètes qui traduisent les concours d'insultes. Son ami est Torrismond qui met en doute la qualité de chevalier d'Agilulfe.

Une quête de la vérité commence pour ces hommes et les conduit en Bretagne ou en Afrique. Et c'est oublier la part féminine de ce roman : la nonne qui conte l'histoire en pénitence. Et Bradamante qui combat avec les chevaliers de Charlemagne, s'amourache d'Agilulfe et méprise tous les autres (et ils sont nombreux) soupirants.

Remarquable petit roman de Calvino qui s'inspire avec beaucoup d'humour des romans médiévaux de Chrétien de Troyes, se moque des chevaliers de la table ronde et instaure un système du monde cohérent et plein d'imagination quoi qu'absurde à première vue. Je recommande !

jeudi 5 février 2009

Sous l'empire des crinolines


Amoureuses de littérature victorienne, Fashionatas et curieuses devraient aller jeter un oeil au musée Galliera où se tient actuellement une expo sur les vêtements féminins de la fin du XIXe. Robes de bal pour le première partie et habits de galas très princiers. Éblouissement de soie, de taffetas, de coloris vifs. Ensuite, le vêtement est décomposé : cerceaux de fer pour maintenir la robe, corsets, il ne devait pas faire bon être une femme à l'époque. Elle vivait vraiment en cage. Imaginez la galère pour s'asseoir ! Et le costume est diversifié : vêtement de campagne, de bain, ornements de dentelle, accessoires et même... poupées avec des gardes robes dignes de celle de leurs petites "mamans". Enfin la courte dernière partie tente de montrer la persistance de ces tissus, formes et motifs au delà du XIXe siècle. Un peu moins convaincant parce que peu à montrer.... Allez-y pour vous rêver princesse, admirer de belles étoffes et bénir vos parents d'être née au XXe siècle :)

mercredi 4 février 2009

Histoire Naturelle. Livre XXXV


Il y a bien longtemps que je n'avais pas lu de "Classics". Ce livre de Pline l'ancien traite de la peinture, voilà pourquoi il m'intéressait particulièrement. La peinture, ça commence en Grèce. Mais ce sont bien sûr les romains qui les apprécient le plus (et qui les embarquent pour décorer les temples, pourquoi se gêner ?). Pline explique comment César, Agrippa et Auguste, amateurs éclairés, installèrent ces belles créations sur le forum.
Puis il tente de retracer l'origine des pigments, l'évolution de la peinture (comme la photo, on commence en noir et blanc avant d'avoir la couleur (ne retenez pas ça, c'est faux, Pline brode un peu)). Puis l'historique des peintres, maîtres et élèves, inventeurs ou copieurs, défile... Notons que la plupart des oeuvres sont connues par Pline de visu (temples et palais romains) ou par les textes. C'est assez fascinant de lire ce regard, non pas d'esthète, mais d'encyclopédiste... Il essaie de ne rien oublier ! Parce que ses livres sont sensés contenir la culture de base d'un romain. Et il reprend les fameux mythes du premier relief, moulé à partir du trait qu'une amoureuse fait autour de l'ombre de son amant partant à la guerre ou celui de la peinture si réaliste que les oiseaux, les chevaux voire les peintres s'y trompent...
Pour illustrer ce propos, pas de peinture grecque car hélas, pas de survivante. Mais de la peinture romaine... un peu osée. C'est Pan qui pèse son... vous-voyez-quoi.

mardi 3 février 2009

Bonheur...


Elise m'a taguée. Il s'agit de détailler 5 petits ou grands bonheurs. Pour les grands, je resterai secrète.
J'ai eu envie de suivre mes sens pour y répondre...
Voir un rayon de soleil le matin qui caresse mes volets, me trouver nez à nez avec une peinture, un paysage, une sculpture ou un livre qui me fait rêver, qui me fait trouver l'homme génial, et la nature belle...
Sentir l'odeur d'un gâteau dans mon four qui régalera mes amis, ma famille ou mon amoureux, humer le parfum de ce dernier en me nichant dans son cou comme un petit chat, respirer l'air marin en surfant sur les vagues...
Toucher timidement, amoureusement et tendrement la main de mon ami, lui câliner la joue même quand il pique comme un petit hérisson, revêtir un pull tout doux, une robe toute légère...
Gouter un mont blanc ou un simple carré de chocolat, je suis gourmande, vous ne l'ignorez pas...
Entendre le rire de mes proches, les premières notes de In your world ou de Butterflies and Hurricanes, fermer les yeux et me laisser porter par un violoncelle, écouter les cantatrices et les choeurs de l'opéra...
Chiffonnette et Fashion, je serais heureuse de connaitre vos petits et grands bonheurs :)

lundi 2 février 2009

La joueuse de go


Histoire de Shan Sa qui trône dans ma PAL depuis sa publication. Histoire dont beaucoup de lecteurs m'ont dit le plus grand bien. Vous allez trouver que je suis une éternelle insatisfaite car je sors de cette lecture avec un sentiment mitigé. Le style est agréable, les chapitres courts alternent entre voix masculines et féminines, voix chinoises et japonaises. Mais j'ai l'impression d'avoir lu beaucoup mieux dans ce genre, particulièrement Fleurs de Chine. Mais peut être mon souvenir est-il trompeur.
Elle, jeune lycéenne chinoise, de famille aisée, occidentalisée par quelques années en Angleterre, joue au go aux Mille Vents dès qu'elle le peut. Elle y excelle. Son autre préoccupation est sa vie de femme, sa virginité, le mariage qui détruit les belles demoiselles, l'amour qui les avilit. Elle se veut forte et choisit l'homme qui aura accès à son corps. Elle joue avec Min et Jing, l'un a son corps, l'autre se consume de jalousie. Le climat politique des années 30 n'apparaît qu'en filigrane chez la jeune fille. Elle voit les révoltes étudiantes et les complots mais ne les comprend pas.
Lui, soldat japonais dur et tranchant, détaché de l'amour, fasciné par la mort héroïque, mène campagne en Mandchourie. Sang, faim, sont son quotidien avant la garnison aux Mille Vents. Geisha et prostituées représentent le seul amour auquel il tend, ne souhaitant pas imposer un suicide à une femme aimée en cas de défaite. Élevé par une chinoise, il va être désigné comme espion et rencontrer les joueurs de go.
Un livre qui se lit d'une traite mais dont les tourments de la chair me paraissent bien trop accentués. Un regard intéressant sur la condition féminine et sur l'amour traître entre citoyens de contrées en guerre.