mardi 31 mars 2009
Victor Hugo, mon amour

La lie du bonheur
Comme je préfère les romans de Fitzgerald à ses nouvelles. Ah, tendre est la nuit...

lundi 30 mars 2009
L'étrange histoire de Benjamin Button
A la Nouvelle Orléans, on célèbre l'armistice de 1918. Une femme meurt en accouchant d'un nouveau né que son père abandonne : Benjamin. Celui-ci est un enfant aux traits de vieillards. Il grandit dans une maison de retraite avec sa famille adoptive et rajeunit au lieu de vieillir. Il participe à la guerre 45 sur un cargo. Lorsqu'il revient, la petite fille avec qui il jouait vieillard est devenue une belle jeune fille, lui un fier cinquantenaire. Ils jouent au chat et à la souris. Puis belle histoire d'amour, cliché au possible. Mais le temps éloigne les amoureux, l'une vieillit et l'autre rajeunit... Le tout traité de façon romantico-historico-psychologique. Pas très convaincant !

mardi 24 mars 2009
Encore Louise...
Donne m’en un de tes plus savoureus,
Donne m’en un de tes plus amoureus :
Je t’en rendray quatre plus chaus que braise.
Las, te pleins tu ? ça que ce mal j’apaise,
En t’en donnant dix autres doucereus.
Ainsi meslans nos baisers tant heureus
Jouissons nous l’un de l’autre à notre aise.
Lors double vie à chacun en suivra.
Chacun en soy et son ami vivra.
Permets m’Amour penser quelque folie :
Tousjours suis mal, vivant discrettement,
Et ne me puis donner contentement,
Si hors de moy ne fay quelque saillie.
Par cette chère Louise Labé, qu'elle soit femme ou homme, qu'importe après tout !
Et ceci pour vous annoncer que cette semaine, le temps libre ne sera pas bloguesque. A plus tard !

lundi 23 mars 2009
Idomeneo
Bref, Idomeneo à Garnier était un vrai bol d'air. L'histoire est simple, structurée comme une tragédie classique. Idamante est un guerrier grec. Il libère les captifs troyens, poussé par son amour pour la belle Ilia (héroïne au nom efficace : Ilium = Troie). Celle-ci lui montre beaucoup de froideur mais brûle en secret pour le héros. C'est le souvenir de son père Priam, de son peuple et des cruautés de l'invasion grecque qui l'empêchent de céder au jeune homme. Mais elle se méfie d'Electre, princesse folle d'amour pour Idamante... Idomeneo, père d'Idamante, est sauvé de la noyade lors d'une tempête contre le serment de sacrifier à Neptune le premier mortel qu'il rencontrera. Devinez qui : son fils, bien entendu. Idomoneo tente de ruser avec les dieux mais ceux-ci déclenchent des cataclysmes.
Un opéra tout ce qu'il y a de plus classique, très bien pour renouer avec le genre. Mais une performance vocale qui ne m'a pas transportée... sympathique mais sans plus.

vendredi 20 mars 2009
La reine des lectrices
La reine promène ses chiens et croise... un bibliobus ! On voit vraiment de tout à Buckingham ! Elle décide de rentrer et de prendre un livre par politesse. Mais après quelques lectures, c'est l'engrenage fatal : la reine aime lire. Elle dévore. Elle rencontre aussi Norman, qui devient son conseiller és lettres. Mais le drame, c'est que personne ne comprend cette passion. La reine entreprend de poursuivre ses activités avec moins d'entrain, ne peut survivre sans un livre et en conseille à tout son entourage. La LCA passe de livres en livres, on note quelques titres par ci par là. Elle aussi prend des notes et son regard sur le monde change. A quel point ? Je ne vous le dirai pas !

jeudi 19 mars 2009
La voleuse de livres

mercredi 18 mars 2009
La petite maison
Trémicour la mène dans son petit domaine. La dame s'extasie sur les extérieurs. Mais c'est à l'intérieur qu'elle commence à perdre de sa superbe. Chaque pièce est orné avec un goût très sûr (pour le XVIIIe, alors il faut aimer le rococo) par les plus grands artistes du temps. A mesure qu'elle passe de salon en boudoir, de jardin enchanté à chambre magnifique, Mélite se sent atteinte par tant de beautés. Et ce qui est amusant, c'est qu'elle succombe lentement mais sûrement au séducteur, ne pouvant que confondre le bon goût et le bon fond de Trémicour.
Cette plongée dans le XVIIIe n'a pas vraiment le cynisme des liaisons dangereuses et me donne envie de les relire.

mardi 17 mars 2009
Le Baron Denon
C'est une petit texte qui montre Denon vieillissant quai Voltaire au milieu de ses bibelots. Retraçant l'histoire de cet homme, Anatole France raconte comment il s'est rendu indispensable auprès de Louis XV par ses contes, comment il a échappé à la fureur révolutionnaire par son goût de l'art, comment il papote avec Napoléon alors qu'il n'est encore qu'un obscur soldat... Et à l'heure de la narration, sous Louis XVIII, il est toujours là, serein, dans un cabinet qui regorge de souvenirs.
Pour plaire à sa visiteuse, Lady Morgan, il présente ses trésors et les anecdotes qui y sont liées. Il s'avoue amateur de tout mais en rien connaisseur ou passionné... Un joli portrait !

lundi 16 mars 2009
Point de lendemain
Le narrateur est un très jeune homme, 20 ans à peine, amoureux d'une comtesse qui le fait devenir chèvre et se joue de lui. Un soir, à l'opéra, il se retrouve dans la loge d'une de ses amies qui a de grands projets pour lui. Elle l'emmène dans sa propriété où ils dînent avec le mari de Mme de T. Puis ils partent en promenades dans un jardin délicieux avant que le jeune homme ne soit entraîné dans un cabinet délicieux, qui joue sur les miroirs, les faux semblants et les trompes-l'œil. Notre narrateur s'enflamme pour Mme de T. Après une nuit folle, il comprend qu'il n'a été que l'artisan d'une ruse.
Joli conte très XVIIIe avec ces femmes qui se masquent, qui jouent les galantes ou se font passer pour chastes mais s'abandonnent joyeusement au libertinage. Il existe deux versions de ce conte, dont une version (annotée chez moi) plutôt osée, voire complètement pornographique (très amusante ! les métaphores valent le coup d'oeil !)
Pour ceux qu'ils tentent, les textes sont sur wikisource.

dimanche 15 mars 2009
Les naufragés de l'île Tromelin
L'histoire est celle du naufrage de l'Utile qui avait à son bord une cargaison frauduleuse d'esclaves. L'île sur laquelle les survivants abordent est un caillou balayé par des ouragans dans l'océan indien. Les premières nécessités : trouver de l'eau, vivre sans s'entretuer et trouver un moyen de regagner la civilisation. Castellan, chef charismatique aux yeux couleur pluie, dessine les plans d'un nouveau bateau et organise le travail de tous, blancs et noirs. Sauf que seuls les blancs repartiront, abandonnant leur "cargaison" aux ouragans. Et les autorités compétentes se contrefichent du serment d'un Castellan à des esclaves. Ce qui m'a vraiment plu : le premier contact avec cette île qui se cache de ceux qui a cherche, cette île qui navigue presque, sa sauvagerie et le travail d'historien (qui a pu écrire, où ont atterri les archives etc). Ce qui m'a plus pesé : les aspects psychologiques, même suggérés, sont omniprésents et le saut constant d'un personnage à l'autre, sans trop creuser : l'auteur imagine quelques pensées, ressentis, paroles... et jamais on n'en entend plus parler.
Une lecture qui ne m'a pas transportée, mais qui plaira certainement plus aux autres membres de ma famille !

samedi 14 mars 2009
L'amour en plus
Lecture tout à fait passionnante, parfois étonnante. Un ton juste et des exemples frappants conduisent la plume de l'auteur. Et la lectrice ? Cela la confirme dans ses craintes. La maternité, c'est vraiment un sacerdoce ! Courage Mélou !

vendredi 13 mars 2009
Premier amour
Ce livre très court se lit très vite, le texte met en exergue certains thèmes et mots : le serpent noir par exemple. Les images et le style sont parfois déconnectés de la réalité, on ne sait plus bien où l'on est, c'est assez onirique et cette distanciation rend l'inceste moins violent. Il n'en demeure pas moins que l'ensemble est dérageant et m'a parfois fait penser à Laura Kasischke. Je continuerai ma découverte de Joyce Carol Oates avec d'autres titres !

jeudi 12 mars 2009
La mort à Venise
Le narrateur est un écrivain reconnu, Aschenbach, descendant d'une noble famille sans trait remarquable si ce n'est sa moralité. Arrivé à Venise, il s'installe dans un hôtel et croise Tadzio, un jeune garçon charmant. Se rendant compte que sa santé supporte mal l'humidité de la ville, il cherche à partir mais fait tout pour rater son train. Il prend conscience qu'il souhaite revoir le jeune polonais. La suite n'est qu'observation de Tadzio, questions de conscience et refus de le fuir et de quitter la ville en proie à une sournoise épidémie. Tout cela est porté par un fond très classique, les références à l'art grec, aux textes latins et à l'imaginaire Apolinnien/Dionysiaque. Aschenbach se sent comme victime d'une folie amenée par le cortège de Dionysos. Des indices de son destin tragique émaillent le texte comme autant de mises en garde auxquelles le narrateur reste sourd.
Un roman lent, dans lequel il ne se passe pas grand chose, tout est très contemplatif et intérieur... Mais l'intimité et la conscience d'un écrivain allemand, c'est parfois un peu alambiqué...

mardi 10 mars 2009
dessins de Gérome
Les dessins présentés appartenaient à plusieurs catégories : portraits, scènes historique (ou harem mais c'est kif kif à l'époque), animaux. Rien à dire sur les dessins eux-même ou sur la muséo aérée, plaisante quoiqu'un peu froide (à l'image du musée en fait). Non, ce qui m'a gênée c'est de lire trois explications à tout casser, redondantes entre elles (oui, on a compris que Ingres l'inspirait ce petit) et de ne pas voir un pourquoi du comment. Pourquoi choisir ce peintre ? Comment le situer ? En quoi le dessin est primordial ou non pour lui ? Bref, une exposition-décoration qui ne donne pas vraiment d'indications. Là encore, c'est ce que je reproche au musée de Nancy...

lundi 9 mars 2009
Est-ce ainsi que les femmes meurent ?
Ce roman se présente comme le rapport sur l'assassinat de Kitty Genovese par Winston Moseley. Le narrateur est, curieusement mais vous comprendrez plus loin, l'un des rares habitants du quartier à avoir été absent de chez lui le soir du meurtre. Il s'est déroulé un soir glacial, vers trois heures du matin alors que la jeune femme venait de fermer son bar. Un homme l'a suivie avec une seule intention, la tuer puis la violer. Car Winston est nécrophile. Or, l'attaque a lieu en pleine rue, sous les fenêtres des voisins de Kitty. Et personne n'a réagi. Voire certains semblent avoir observé la scène. On compte une trentaine puis une quinzaine de témoins directs du meurtre. Mais aucun n'a appelé la police ou une ambulance. L'un d'eux observe le déroulement du crime et s'informe auprès d'un proche sur la procédure à suivre. Ce dernier l'encourage à ne rien faire ! C'est cette aberration que pointe du doigt Didier Decoin tout en retraçant l'histoire du procès et des autres crimes de Moseley. Personnage froid et réfléchi, bon travailleur et père parfait, il a l'habitude de cambrioler et tue plusieurs femmes pour assouvir ses désirs. Le monstre ordinaire... Effrayant !
Un roman qui fait froid dans le dos ! Les détails des crimes sont particulièrement atroces. Au fil de la lecture, une question insidieuse pointe son nez : et nous, qu'aurions-nous fait ? C'est une question traditionnelle, genre en 39 en Allemagne, qu'auriez-vous fait ? Mais là c'est d'autant plus intéressant que ce type de crime arrive, hélas, encore, qu'il peut vous frapper ou que vous pouvez en être témoin. Au cours du texte, autre gène : le lecteur n'est-il pas aussi un terrible voyeur ? Décidément, ce texte m'a mis mal à l'aise. Mais c'est tant mieux ! "Tout mais pas l'indifférence"

samedi 7 mars 2009
Ici, on ne parle pas que lecture !
Je n'avais qu'un index de lectures. Finalement, je m'aperçois que les petites soirées et expos prennent aussi une grande place. Voilà un outil qui peut vous aider à les retrouver !
Cinéma
9
Burn after reading
Caramel
Coraline
Dahlia noir
Easy Virtue
Good morning England
Gran Torino
Harry Potter 6
Harry Potter et l'ordre du phénix
Hors de prix
Il était une fois...
La fille coupée en deux
La proposition
La vie des autres
Le gout de la vie
Le journal d'une baby sitter
Le rêve de Cassandre
L'échange
Les noces rebelles
Lust and Caution
Mamma mia !
Musée haut, Musée bas
My fair lady
Ponyo
Persepolis
Rencontre à Elizabethtown
Shrek III
Slumdog milionaire
Sweeney Todd
The other Boleyn sister
Twilight
Up
Vicky Cristina Barcelona
Wall-e
Whatever works
Opéra
Alcina
Capriccio
Cardillac
Da gelo a gelo
Iphigénie en Tauride
L'amour des trois oranges
La femme sans ombre
La flute enchantée
Le château de Barbe-Bleue
Le journal d'un disparu
Les Capulets et les Montaigus
Les contes d'Hoffmann
Lohengrin
Luisa Miller
Macbeth
Simon Boccanegra
Tannhauser
The Rake's progress
Traviata
Un bal masqué
Wozzeck
Musique et spectacles
6e Symphonie de Mahler
Alceste
Aux deux colombes
Caligula
Casse noisette
Chicago
Copélia
Grease
Les grandes eaux de Versailles
Main square festival Indochine et II
Mamma Mia !
Muse et au Châtelet
Raymonda
Roméo et Juliette
The little mermaid
Expositions
Abildgaard
Afghanistan : les trésors cachés du musée de Kaboul
Alexandre Charpentier
Armenia sacra
Asie
Babylone
Benin
Biedermeier
Bijoux Art Nouveau
Blake
Bréguet
Bronzes français
Calder
Celtes et scandinaves
César
Charles Lebrun, maître d'oeuvre
Chefs-d'oeuvres islamique de L'Aga Khan Museum
Chirico
Christian Lacroix
Cité des sciences
Collection Barbier Muller
Courbet
Dans la ville chinoise
De Sienne à Florence
Design contre Design
Dessins de Gérome
Dvaravati
Emil Nolde
Enfer de la BNF
Ernst Une semaine de bonté
Gabriel de Saint-Aubin
Giacometti
Goya
Henner
Hogarth
Hokusai
Huysmans
Italie des architectes
Italiennes modèles
Joséphine et l'antique
Jules Hardouin Mansart. Bâtir pour le roi
Kandinsky
Karsh
Kiraz
Le bain et le miroir
Le chant du monde
Le nouveau réalisme
Les inventeurs du temps
Le Louvre pendant la Seconde Guerre mondiale
Les marins font la mode
Les portes du ciel
Mantegna
Marie Antoinette
Marie d'Orléans
Masques
Mobilier d'argent
Monumenta
Mystère et éclat
Napoléon et les arts décoratifs
Napoléon III et Paris
Paint made flesh
Paracas ou les beautés du Pérou
Paris des misérables
Paris probable ou improbable
Paris et ses expositions universelles
Peter Doig
Picasso et Delacroix
Picasso et les maîtres
Picasso et Manet
Polynésie
Portraits publics, portraits privés 1770-1830
Praxitèle
Quelques vierges
Regards sur l'Europe
Retables XII-XVe
Roxy Plaine
Satsuma
Sous l'empire des crinolines
The last debutantes
Titien, Tintoret et Véronèse
Trésors du Mont Athos
Tullio Lombardo
Une image peut en cacher une autre
Valentino
Voir l'Italie et mourir
Van Gogh and the colors of the night

vendredi 6 mars 2009
L'amour comme par hasard

Pénélope n'aurait certainement jamais rencontré Charlotte si elle n'avait accepté, sans la connaitre outre mesure, de partager un taxi avec elle et de venir prendre le thé chez tante Clare. Embarquée dans cette situation incongrue, Pénélope se réjouit d'une amitié naissante avec cette belle jeune fille, très élégante, amusante et aussi grande qu'elle ! Car il n'est pas facile d'assumer son mètre quatre vingt à coté de fragiles jeunes filles ou d'une mère aussi ravissante qu'une star de cinéma.
Pénélope vit avec sa mère, la très jeune et très jolie Talitha, veuve d'un mari adoré, mort à la guerre, et avec son frère Inigo, lorsque celui-ci rentre de l'internat. Inigo ? Mais oui, c'est le prénom du grand architecte de Saint Paul et de la banqueting House de Whitehall. Figurez vous que cette famille vit dans une de ses villas ! La réalité fait un peu moins rêver : la maison se délite et les efforts pour la sauver se soldent souvent par la vente de tableaux. L'idéal serait qu'un des enfants épouse un(e) héritier(e) pour renflouer les fonds et refaire la toiture.

jeudi 5 mars 2009
Les noces rebelles
April et Frank forment un jeune couple dynamique. Ils ont un atout qui les distingue : ils sont différents. Ou ils se croient différents, comme tous les amoureux finalement, non ? Ils ont des désirs, des envies et refusent de se laisser porter par le temps. Mais ce dernier avance sournoisement... C'est un personnage important ce temps, il dessine les visages, il exacerbe les passions, les tensions, les regrets.
Frank a trente ans quand April lui soumet un projet fou : partir à Paris. Leur vie dans le pavillon de banlieue, le métro (train) boulot pour lui, le foyer à tenir et les enfants à élever pour elle, c'est celle de monsieur tout le monde. Or, ils ne peuvent tout simplement pas supporter cette médiocrité du quotidien, ces rêves laissés sur le coté. Le jeune couple se ressoude autour de l'idée du départ. Voisins et amis les contemplent avec envie ou plaisantent de leur coup de tête. Seul un fou, plus lucide que dingue, les soutient. Elle, reste très à l'aise et investie. Lui, supporte plus mal ce changement radical et se voit face à un dilemme.
Should they stay or should they go ? telle pourrait être le résumé de ce film. Comment faire vivre ses rêves ? Comment ne pas sombrer dans la routine écrasante et débilitante ? Sujets qui me posent question, qui m'angoissent... je préfère ne pas m'y attarder ici.
Sinon, le rythme est assez lent, la musique est entêtante et répétitive, mais belle, nostalgique, on entend les silences et les cris d'hommes qui refusent le banal. Un film à voir !

mercredi 4 mars 2009
Le vol de l'ibis rouge
Irène est une prostituée. Elle est malade. Elle doit travailler pour nourrir son fils et la femme qui s'en occupe. Elle est maigre et n'attire plus les clients. Un jour, Rosalio, travailleur de force, croise son chemin. Après une petite incompréhension, ils discutent et nouent des liens. Le plus grand rêve de Rosalio est d'apprendre à lire. Il promène une boite dans laquelle il conserve les livres qu'il a hérité de l'indien. Irène sait lire et écrire mais n'a pas de quoi s'exercer. Les deux personnages font donc cause commune : Irène lira des histoires et écrira celles que Rosalio lui raconte. Entre oralité, légende et roman, ce texte, divisé en courts chapitres, joue sur les interventions des personnages. La mise en abyme est un procédé utilisé en permanence. On notera aussi les titres des chapitres qui font voir les pages en couleur et les références aux mille et une nuits, à Don quichotte, à Jacques le fataliste...
J'ai trouvé particulièrement intéressant cette transcription d'une culture orale, cette façon de figer le passé du personnage dans des mots. Un livre qui fait voyager en Amérique latine, qui s'inscrit au coeur de l'histoire de la littérature, entre poème, théâtre et roman.

mardi 3 mars 2009
The last debutantes

lundi 2 mars 2009
Onitsha
EDIT : Roman terminé !
J'ai été moins séduite par cette histoire que par mes précédentes rencontres avec Le Clézio. Cela commençait bien : Maou et son fils, Fintan, ont embarqué pour retrouver leur mari et père, Geoffrey Allen. Séparés par la guerre et par l'éloignement (Geoffrey est parti en Afrique), les époux n'ont jamais vécu ensemble. Maou a accouché de son fils, seule et l'a élevé avec sa famille en tentant de lui épargner les restrictions de la guerre. Mais maintenant que l'Europe a pansé ses plaies et que Geoffrey a demandé à sa famille de le rejoindre, Maou s'enthousiasme ! Gagner l'Afrique, voir Onitsha ! Quant à Fintan, il est extrémement jaloux et réticent par rapport à ce père qu'il n'a jamais connu. Le voyage m'a fait penser à Céline, on retrouve la chaleur étouffante, les premières fièvres. Quand ils arrivent à Onitsha, il faut rattraper les années de séparation, retrouver des points communs, s'habituer à ce continent, s'adapter à la hierarchie des colons. Maou et Fintan ne parviennent pas à rentrer dans ce moule et passent volontiers leur temps avec les indigènes. Fintan a la peau qui fonce, ses pieds se durcissent au contact de cette terre sèche, son vocabulaire se colore. Maou subit la chaleur, la lenteur et finalement noue des contacts avec les jeunes femmes noires. Quant à Geoffrey, il est obsédé par la reine de Meroë qui a fui l'Egypte. L'histoire de cet exil est contée à part, de la même façon que dans Désert, avec un ton presque prophétique et une mise en page particulière.
Mais l'intégration de cette famille demeure impossible. Geoffrey ne peut pas mener ses recherches comme il le souhaite, Fintan est fasciné par l'étrange Oya, présentée comme une descendante de la reine de Méroë. Tout cela dérange les colons...
Le ton du livre reste elliptique, mystérieux, tout n'est pas évident et la dernière partie, qui ne se déroule plus en Afrique, semble un rajout grossier, un faire valoir des parties précédentes. Un livre qui ne m'a pas emballée mais dont le style assez poétique, les descriptions de l'Afrique et du voyage m'ont fait voyager. Seule l'intrigue me laisse un peu perplexe. Mais j'ai repéré quelques titres chez les copines qui me tentent beaucoup, donc Le Clézio et moi, c'est une histoire qui va se poursuivre, malgré cette rencontre ratée.

















