vendredi 31 juillet 2009

Mythologies



Je connaissais Roland Barthes pour ses analyses littéraires mais je n'avais pas encore abordé l'aspect sociologique. Voilà qui est fait avec cet ensemble de très courts articles sur des icônes contemporaines. Tous ces thèmes rappellent la France des années 50 avec la DS, la publicité, les sports, les loisirs, les stars, les grandes causes, la consommation bref tout ce qui rassemble une population comme standard.

Pour tout dire, il n'y va pas avec le dos de la cuillère, tout le monde en prend pour son grade, particulièrement le petit bourgeois qui semble être le plus à même de synthétiser toutes ces tendances dans sa vie quotidienne. Et qui les diffuse !

L'auteur s'attarde sur les tautologies et les idéologies du mythe, sur ce nouveau système de croyances et en analyse le sens. Ce n'est donc pas uniquement une suite d'exemples, une conclusion tente de comprendre ces mythes. Un essai qui sous ses airs simples développe une véritable compréhension des années 50. Intéressant à lire avec un regard historique.

jeudi 30 juillet 2009

Serpentine


Ce recueil de nouvelles de Fazi voyage grâce à Fashion. L'ambiance de ces nouvelles ? sombre, étrange, déconcertante... Voilà un auteur qui sait exploiter à bon escient le retournement final. J'ai beaucoup aimé ces histoires contemporaines, ce focus sur le moment où la banalité dérape vers le fantastique. Tout est méthodique, sans précipitation et emmène surement le lecteur à la compréhension finale. Les indices troublants étaient là mais leur sens n'est entier qu'aux dernières lignes.
Serpentine : Un groupe de tatoueurs qui défie la mort, les mauvais rêves, les insomnies... Leur dernier client, Joseph, raconte leurs défis, le nom de leurs encres et de leurs démons.
Élégie : Une mère a perdu ses enfants, elle tente de les rejoindre et supplie la nature de les lui rendre tandis que son époux sombre dans la résignation.
Nous reprendre à la route : Anouk est sur une aire d'autoroute. Son car est reparti sans elle. Elle croise Leo qui lui promet de lui trouver un endroit où dormir avant de reprendre son chemin. Certainement celle qui m'a le plus marquée avec Matilda.
Rêves de cendre : Bérénice joue avec le feu. Petite, elle a failli attraper le bel oiseau qui jouait dans les flammes. Adolescente, ce phénix est toujours une obsession.
Matilda : Un concert ultra privé de Matilda et de son groupe. Mais quelles mystères cache-t-elle ? J'en ai rêvé les nuits suivantes. Véridique.
Mémoires des herbes aromatiques : Circée a ouvert une gargotte avec Médée. Les dieux apprécient ses bons plats. Un jour, Ulysse s'y égare mais n'a pas croisé Hermès en chemin. Retrouvailles de deux rusés.
Petit théâtre de rame : Un photographe, une adolescente et sa petite soeur, une danseuse et un sdf sur une ligne de métro. Pourquoi la réalité se distort-elle près de ce dernier personnage ?
Le faiseur de pluie : Noël et Ingrid s'ennuient. C'est les vacances, ils sont en Italie mais... il pleut. Alors ils jouent et s'inventent des histoires mais c'est sans compter sur la participation de la vieille maison.
Le passeur : Il a tué Rebecca. Il la peint partout, il écrit son nom, mais sa voix ne cesse de le hanter.
Ghost Town Blues : Copeland Falls est une ville perdue dans le désert, une ville fantome. Quand Noah Weiland s'y égare, il se retrouve en compagnie de trois joueurs. La séduisante Norma Lee et ses acolytes, Sweeney et Wesley. C'est parti pour un poker endiablé ! Géniale aussi, dans mon top 3 !

mercredi 29 juillet 2009

Alceste


Non, je ne me suis pas remise à lire les textes que l'on préparait pour le bac. J'ai juste pris quelques jours pour aller compléter mes infos pour mon concours à la source, c'est à dire en Grèce. Là, j'ai pu assister à une représentation en plein air dans le beau théatre d'Epidaure. C'est une envie que j'avais depuis des années, depuis que l'on m'avait appris l'existence de ce festival qui reprend les pièces antiques pendant l'été et les rejoue dans un lieu adapté.
Alceste, c'est l'histoire de cette épouse fidèle qui se sacrifie pour sauver son époux. Nul n'a voulu échanger sa place aux enfers sauf Alceste. Admète, le veuf, en veut atrocement à ses parents pour leur "égoïsme". Au même moment, on frappe à la porte. C'est Héraclès, le héros qui traine son lion doudou et sa grande massue ; il demande l'hospitalité. Le deuil lui demeure caché. Mais un serviteur excédé par son ivrognerie lui raconte les événements récents. Héraclès disparait et donne à Admète une épouse voilée, la sienne, sauvée de la mort. Bon, pas trop tragique, ça va.
Alors bien entendu, je n'ai pas tout compris. Il y a une distance entre le grec ancien et moderne et entre l'écrit et le parlé. Mais je connaissais suffisament la pièce pour ne pas être perdue. Les acteurs étaient vétus (plus ou moins) à l'antique tandis que le choeur avait un costume de business (wo)men. Les effets étaient par contre résolument modernes et la mise en scène un peu étonnante mais tout à fait regardable !
Bref, une superbe sortie (pour un prix défiant toute concurrence) dans ce lieu magique !

mardi 21 juillet 2009

Le goût du chocolat


Ce titre est un peu trompeur. Je m'attendais à ce que Camporesi étudie la place du chocolat dans l'alimentation du XVIIIe siècle. C'est un peu le cas. Mais le propos est plus large et regroupe des études sur divers aspects de la société moderne.

Chaque chapitre est un petit voyage dans le XVIIIe siècle des Lumières, des salons et du raffinement. Qu'en dire ? C'est un siècle curieux et vite lassé, qui demande un renouvellement perpétuel des goûts. C'est un moment de lumière (au sens propre) où les soupers se prennent tard, aux lueurs des éclairages artificiels. C'est un temps où l'on mange peu et l'on s'évanouit beaucoup, où une rose trop parfumée donne la migraine et où l'on sait reconnaître la provenance d'une bête à sa saveur. Époque liquoreuse, un peu écœurante pour qui lit. Période de cuisiniers français éparpillés en Europe comme autant d'agents de civilisation. Ère d'intellectuels stimulés par les cafés et chocolats exotiques. Vous l'aurez compris, il s'agit plus ici d'aliments et de saveurs, de tables et de gourmandises que du seul chocolat. Pas de recette mais des ambiances, des parfums...

lundi 20 juillet 2009

L'histoire de l'amour


Je crois que c'est Emeraude qui, la première, a attiré mon attention sur ce livre de Nicole Krauss. Tant d'enthousiasme ne pouvait laisser indifférent. Et puis j'ai reculé. Pourquoi ? Le titre. Idiot, je sais. Quand on prend la peine de dépasser les a priori, on trouve effectivement un fort beau roman.
Léon Gursky, un vieil homme à New York, fait tout pour se faire remarquer. Cherche-t-il à distraire la mort ou à se distraire de cette peur ? Rescapé de l'Europe nazie, polonais ayant réussi à rejoindre l'Amérique, sa vie lui apparaît comme un miracle malgré ses manques. Parmi les absents : la femme de sa vie qui en a épousé un autre, le fils de cette femme qui est aussi le sien et qu'il ne connaît pas, Bruno ce voisin omniprésent. Alors pour se faire entendre, pour combler ces vides, il écrit. Il écrit à Isaac, ce fils romancier.
Dans la même ville, Alma a perdu son père. Ce décès laisse un vide immense dans le coeur de sa mère, dans le sien et dans celui de Bird, son petit frère. La première retrouve le courage de vivre dans ses travaux de traductrice. Alma se documente sur les façons de survivre, cherche des amis et tente de faire battre le coeur de sa mère. Bird est un élu et se comporte comme tel.
Et, personnage "présent absent" que l'on perçoit moins, Litvinoff, surgit de temps en temps. C'est l'auteur de l'histoire de l'amour, roman qui fait le lien entre les personnages et dont les extraits apparaissent au cours de la lecture.
Tous ces personnages sont liés par leurs origines (juives et polonaises), par leur destin tragique (mort rodant à proximité), par un livre et par le courage de dépasser la mort, de lui faire la nique et de continuer à espérer, à aimer. Les narrations s'entrecroisent et dessinent une trame un peu complexe, un fil à suivre et à dénouer.
Un roman à dévorer de toute urgence !

vendredi 17 juillet 2009

Whatever works


Ce dernier Woody m'aura fait rire du début à la fin. Le héros, Boris, est un génie de la physique, misanthrope, caustique, terrifié par la mort. New yorkais sans histoire, jusqu'au jour où... Il recueille une charmante fugueuse originaire du Mississipi, délicieusement provinciale, Mélody. Très vite, cette cohabitation prend des allures d'initiation. Boris apprend à la jeune fille combien les hommes sont de petits vermisseaux.
Ils tentent de saisir leur bonheur en se mariant. Mais tout bascule lorsque les parents de Mélody retrouvent la fugueuse...
Un Woody plein d'humour, que je vous conseille d'aller voir !

jeudi 16 juillet 2009

L'amour à Rome


Encore un essai historique. J'espère que ça vous intéresse parce que, le concours approchant, ils risquent de se multiplier. Petit voyage dans l'antiquité romaine aux cotés d'un spécialiste, Pierre Grimal.
Cet essai étudie le sentiment amoureux et ses manifestations de l'origine de la cité à l'empire. On commence naturellement avec les amours divines d'Anchise et Aphrodite, parents du brave Enée avant de voir ce qu'il advient des enfants de Mars et Réa Silvia... Mais la mythologie ne fait pas tout ! Les Sabines c'est bien joli, mais qu'en est il du mariage à Rome ? Des sentiments ? Mariage et amour, quelle hérésie !? Eh bien pas forcément, ce n'est pas parce qu'un mariage est politique ou économique qu'il est forcément mauvais. Après tout, s'il respecte les moeurs et que l'épouse est vertueuse, que demander de plus ? On voit même des femmes suivre leur époux dans la mort et des maris chagrinés par la perte de leur moitié.
Mais il est vrai que les vers des poètes donnent une image tout autre de l'amour : souffrance, tromperies et séductions, abandons ou repentirs. Et les amours sous l'Empire, c'est encore une autre histoire ! Fi de la vertu républicaine, maintenant la politique prime et les femmes s'en donnent à coeur joie dans l'intrigue... ou la passion. Je n'ai pas vu la série "Rome" mais des demoiselles informées m'ont promis que cette évocation était assez fidèle pour que je la cite. Je leur fais confiance. Et bien sûr, tout l'aspect religieux ou au contraire très matériel de l'amour est analysé : prêtresses ou matrones, prostituées ou courtisanes, c'est finalement le visage de la femme romaine qui transparaît derrière cet essai.

mercredi 15 juillet 2009

Familles


Voici un livre de Flandrin qui décrit et explique ce qu'est la famille de l'époque moderne en France (avec des comparaisons avec les autres pays européens). C'est assez peu ludique peut être à cause des nombreux graphiques et des statistiques qui illustrent les données de l'ouvrage. Mais on apprend beaucoup et les citations valent souvent leur pesant d'or. La famille du XVIIIe siècle n'est pas cette famille nucléaire que nous connaissons. Elle comporte souvent plusieurs générations et des domestiques. La définition de la famille nécessite à elle seule un vrai retour aux sources. Puis le ménage fonctionne selon un modèle déterminé par la morale et les moeurs. Les rapports du maître à sa famille et à ses domestiques est calqué sur la monarchie absolutiste mais implique des devoirs. Ce sont ces relations sociales, ses liens entre les époux, les parents et enfants, les villageois ou les bourgeois qui sont analysés.
Une étude toujours passionnante !

mardi 14 juillet 2009

Les emmurés


Voilà le petit Brussolo que m'avait envoyé Rose ! Alors comme toujours, je suis emballée par le début de l'histoire et je trouve que la seconde moitié tourne court.

L'histoire est celle de Jeanne, journaliste, qui vient de se faire refiler un boulot inintéressant parce qu'elle a raté (volontairement) une interview. Cette belle jeune femme aime fréquenter les bad boys et s'en tire souvent avec des bleus... qu'elle préfère cacher à ses interviewés. Résultat : elle doit vivre dans une maison où des crimes ont eu lieu 15 ans plus tôt et pondre un dossier à sensation pour son journal. L'architecte du bâtiment a en effet emmuré bon nombre de ses locataires dans les murs du sixième étage de l'immeuble. Jamais il n'a été arrêté. Jeanne, hermétique à la peur, sent pourtant une drôle d'impression la parcourir lorsqu'elle emménage. Que cachent les murs ? Quels systèmes l'architecte a-t-il mis au point pour enlever ses victimes ? Jeanne remonte des pistes et interroge tous les habitants. Pierrot, fils de la concierge, l'aide dans son enquête et entreprend de lui faire visiter chaque partie de l'immeuble. L'enquête avance jusqu'à ce que notre journaliste se montre un peu trop casse cou et découvre les secrets du bâtiment.

Comme je le dis plus haut, le suspense et l'atmosphère fantastique sont très bien installées au début du livre. Puis tout bascule et la fin se révèle finalement simple et décevante. Mais l'atmosphère initiale fait vraiment froid dans le dos !

lundi 13 juillet 2009

Paix à Ithaque !


Voilà un de mes livres swapomythiques (merci Kali !). Le message récent de Fashion n'a pas dû encourager les lecteurs à découvrir Sandor Marai et pourtant je ne peux que leur suggérer de jeter un oeil à ce titre.
Trois voix s'élèvent pour nous conter la suite de l'odyssée du valeureux Ulysse. Trois voix qui changent radicalement notre façon de voir le héros, roi d'une île où ne courent que les chèvres. La première à prendre la parole est Pénélope. Épouse fidèle, peut être trop sensible au charme des dieux, elle retrouve un époux suspicieux, sans repos, méfiant. Elle conte son exil et les derniers moments d'Ulysse. Puis Télémaque fait l'aède. Il a suivi les pas de son père, a croisé Calypso et Nausicaa et se retrouve époux de la dangereuse Circée. Le dernier monologue est celui de Télégonos, fils d'Ulysse et de Circée, nouvel époux de Pénélope. C'est un brigand, un parricide. Il a grandi près de la magicienne avant de courir le monde, de rencontrer le paresseux (et ivre) Ménélas et sa vieille Hélène, espérant croiser son père. Mortels et dieux ont perdu les couleurs éclatantes de l'épopée, c'est un monde plus nuancé qui s'offre à notre regard, plus triste aussi. Le temps du rêve est terminé. L'économie prime, la magie et les dieux s'estompent.
Ce livre, plein d'anachronismes et de références à notre temps, laisse peut être entendre les inquiétudes de la paix et les réécritures de la guerre. Avec un style poétique, il interroge la figure d'un héros et sa construction mais ne demeure pas une simple réécriture, c'est un roman qui questionne son lecteur.

dimanche 12 juillet 2009

Le dieu des petits riens


Voilà un livre que j'ai ouvert il y a plusieurs mois, dans un métro à NYC. Depuis, il a pas mal traîné sur un bureau, dans un sac, sur une étagère. Et puis je l'ai repris et fini récemment. J'ai eu un peu de mal à rentrer dedans comme vous l'avez compris. Et maintenant, je peux dire que je l'ai apprécié mais que ce ne fut pas le gros coup de coeur. J'avais en tête le billet de Romanza... Et je n'ai pas du tout ressenti la même émotion.
Estha et Rahel sont deux faux jumeaux, un garçon et une fille. Leur maman, c'est Ammu et la grand mère, Mammachi. L'histoire se déroule en Inde en plusieurs temps. Il y a le présent avec les retrouvailles des jumeaux et le passé avec le drame qui conduit à la séparation. Et le temps hésite entre passé et présent (il vaut mieux être un tantinet concentré sinon on perd vite le fil).
Je tairais le drame et je vous parlerais plutôt de l'Inde, de la poésie d'Arundhati Roy et de ses belles images qui confirment mon souhait de voyager dans ce pays.
Je regrette de ne pas avoir été plus sensible à ce livre, je pense qu'il n'a pas croisé mon chemin au bon moment.

samedi 11 juillet 2009

The last Olympian


Voilà le dernier tome paru des aventures de Percy Jackson (et non Pierre Johnson comme le croit toujours Mr. D.). Mon amoureux me l'avait ramené deux jours après sa parution. J'avais décidé de le garder pour un coup de mou. Et j'ai bien fait car je n'ai pas pu le lâcher une fois commencé... ça n'aurait pas été très sérieux de faire ça plus tôt dans l'année.
Alors, Percy va avoir 16 ans. C'est le moment où le fameux oracle doit se réaliser et où dieux et titans s'affronter dans une nouvelle titanomachie. Le camp des héros se prépare à aider les dieux tandis que les forces se rassemblent autour de Cronos. J'ai failli dire "et nous voilà partis pour 300 pages de batailles" mais ce n'ai pas complètement vrai. C'est un tome dévolu à la bataille finale (un peu comme dans le dernier Harry Potter sauf que là, on n'est pas frustré par les 50 pages qui règlent le sort de l'humanité) qui répond à toutes les questions en suspens. J'ai été absolument incapable de poser ce livre avant la fin tellement il est dense et bien mené. Vraiment un excellent tome (mais Riordan se ménage la possibilité d'écrire une suite donc peut-on parler de dernier ?) avec Achille comme héros tutélaire ! Sublime !

vendredi 10 juillet 2009

Les expos d'Orsay


Voir l'Italie et mourir
C'est une grosse expo photos. Il y a aussi quelques tableaux. Mais avouons-le d'entrée de jeu, le titre est bien plus beau et bien plus intriguant que l'exposition. Le grand tour de la fin du XIXe utilise désormais des moyens modernes pour fixer les paysages d'Italie. Et l'histoire de la photographie semble se mêler aux événements du temps comme l'unification ou l'archéologie. Rien de bien fou à moins d'adorer les plaques de verre et les daguerréotypes. Je n'ai toujours pas compris ce que cherchait à montrer cette exposition.

Italiennes modèles
Petite exposition sur les modèles féminins des peintres de la fin du XIXe. Hébert et ses modèles paysans sont plus particulièrement mis en valeur. L'ensemble parait assez anecdotique.

L'Italie des architectes
Contrairement aux deux précédentes, assez avares en cartels et explications, on croule ici sous des cartels logorrhéiques. Chaque dessin se voit octroyer une analyse hyper détaillée. Pour ma part, ça ne me dérangeait pas, j'adore l'archi (par contre, la répétition d'un élément à l'autre m'a un peu lassée). Les dessins sont superbes et valent le coup d'oeil !

Max Ernst "Une semaine de bonté"
Les collages de Max Ernst... Voilà quelque chose de fascinant. Découpant et collant des illustrés, il réalise des histoires pour chaque jour de la semaine. Complètement étrange, chaque salle et chaque jour est unifié autour d'un thème. Parmi les motifs dominants, la violence, les créatures hybrides, les quatre éléments, les mythes, la femme... Une belle plongée dans un domaine du surréalisme que j'ai peu eu l'occasion de voir exposer.

jeudi 9 juillet 2009

La Bourgeoise


C'est un livre d'histoire d'Anne Martin Fugier dont je souhaite vous parler aujourd'hui. Ne croyez pas qu'il s'agit d'un horrible assommoir, c'est au contraire un petit topo plein de vivacité sur la société de la fin du XIXe et du début du XXe. Il cause plutôt des femmes de la bourgeoisie mais offre un panorama plus large sur cette société aisée.
Tout commence avec le bal des débutantes. Pas question de parler des petites filles, ce sont les jeunes filles qui ouvrent la ronde. S'ensuivent fiançailles et mariages. Voilà pour les différents temps de la vie. On se croirait dans un roman. Il y a un peu d'Emma et de madame Arnoux dans ces lignes. Plus encore lorsqu'il est question des activités de ces femmes au foyer : intendance et décoration, bienfaisance ou visites... Ce qui est particulièrement intéressant, c'est cet essai de saisir la bourgeoise dans toutes ses actions, dans son intimité avec des considérations sur le corps, l'adultère, la vie conjugale (bref, la chair) comme dans sa vie intellectuelle (cours ou travaux) et sociale.
Un livre très instructif qui se lit comme un roman et comporte de nombreuses incitations à se replonger dans la littérature XIXe.

mercredi 8 juillet 2009

Les marins font la mode


Voilà plusieurs mois que cette expo est présentée au musée de la marine. J'ai bossé à coté toute l'année et je n'y ai mis les pieds que récemment. Eh bien, je ne le regrette pas ! Si vous aimez la mode, les bords de mer, le bleu... cette expo est pour vous. Et ne tardez pas trop car elle ferme à la fin du mois.
La présentation commence par celle des uniformes de la marine, de l'ancien régime (assez peu regardant sur les détails) à nos jours en passant par l'Empire qui met un peu d'ordre dans tout ça.
Puis certains détails sont repris, d'abord à la fin du XIXe siècle, en Angleterre et en France, pour les costumes des jeunes garçons. Une manière comme une autre d'exalter son armée, non ? Petits garçons, petites filles ou costumes de carnaval, le costume marin se diffuse. Et c'est évidemment en bord de mer qu'il connait son plus grand succès. Premiers costumes de bains, robes à motifs marins (ancres, cols, boutons en pont etc), les dames de 1900 adoptent les costumes marins et la presse ne cesse d'exalter ces tenues. Sans compter que les couturiers reprennent également cette inspiration ! Un podium présente des tenues toutes plus belles les unes que les autres (Chanel, YSL, Gaultier...). Superbe !

mardi 7 juillet 2009

Les affinités électives


J’avais une envie de classique. Alors j’ai pris un petit Goethe. C’est amusant, je n’ai pas l’impression qu’il ait beaucoup la cote sur la blogoboule, je ne me souviens pas en avoir entendu parler récemment. Pour tout vous dire, Les souffrances du jeune Werther m’avait semblé assez pénible. Mais là ça commençait plutôt mieux.

Charlotte et Edouard sont deux anciens amoureux qui se sont mariés par obligation à des personnes qu'ils n'aimaient pas et viennent de se retrouver après le décès de leurs conjoints. Ils reçoivent chez eux le capitaine, un ami d’Edouard puis Odile, la nièce de Charlotte. Progressivement, les époux vont voir naître des sentiments pour l’invité de l’autre alors qu’ils escomptaient voir les invités se plaire. La suite est très dix-huitième, on parle, on s’interroge, on s’amuse ou on fait la guerre pour trouver une solution à ce problème de conscience. Il y a des aspects presque rousseauistes pour moi chez Goethe. Et tout ça, dans un joli domaine où l’on aime lire, jardiner, construire, coudre, une vraie petite vie bourgeoise tranquille. On devait s’ennuyer un peu quand même… Mais à la lecture, pas d’ennui, un peu d’agacement devant les tergiversations et le centre de l’intrigue qui ne semble que délayer la sauce.

Par contre gros coup de gueule contre la quatrième de couv' de l’édition folio. Celle ci reprend exactement le dernier paragraphe du livre. Alors je veux bien que ce ne soit pas forcément la fin le plus important, ça déflore quand même toute l’intrigue et je trouve ça scandaleux !!!

lundi 6 juillet 2009

L'odyssée de Pénélope


Ce livre d'Atwood m'intriguait beaucoup. Il faisait partie de la sélection swapomythique mais aussi des collections de ma bibliothèque municipale. Il était sur un présentoir, je l'ai vu, je l'ai emprunté. Voilà.

C'est Pénélope qui, du champ des asphodèles, nous conte son histoire et celle de ses servantes, pendues par Ulysse. La pauvre regrette sa vie passée et ses choix. Régulièrement, à la manière du choeur antique, les servantes mêlent leurs voix en un chant nostalgique ou vengeur.

La vie de Pénélope est celle qu'on entrevoit chez Homère, fade petite épouse pas très jolie, second choix par rapport à Hélène, sa cousine. Elle épouse Ulysse chez qui elle trouve un mari à la hauteur de son intelligence. Rusé et conteur (pour ne pas dire menteur), il la berce de ses histoires avant et après la guerre de Troie et son errance malheureuse de dix ans (enfin, faire l'amour à Calypso ne devait pas être si désagréable pour qu'il soit resté si longtemps auprès d'elle. Et c'est pas moi, c'est Homère qui le dit). Pendant ce temps, Pénélope coud. Et nourrit des prétendants excités par sa dot. Et charge ses servantes de les distraire et de devenir agents doubles. Sauf qu'en rentrant, Ulysse est pas très content de voir ses richesses accaparées par des morfales et les envoie dans l'autre monde. Et pend les servantes pour leur comportement. Il parait que Pénélope aurait dû être parmi elles. Pourquoi ? On suspecte sa fidélité mais sans avoir de vraie réponse à ce sujet. Il y a aussi une interprétation spirituelle que je vous laisse lire et qui m'a semblé complètement hors sujet...

Pour conclure, j'ajouterais que le style moderne et les différents types de tons employés sont agréables et diversifient les approches d'un personnage qui demeure assez terne. Et qui n'hésite pas à ternir les aventures d'Ulysse par des interprétations très terre à terre (mais très drôles).

dimanche 5 juillet 2009

Coraline


Ce film d’animation est une petite merveille ! tiré du livre éponyme de Neil Gaiman que je rêve de lire, il a pour héroïne une charmante fillette, Coraline, qui vient d’emménager dans une grande baraque avec ses parents. Ceux ci ne cessent de travailler, plantés devant leurs ordinateurs. Coraline se distrait en cherchant des puits à la manière d’une so(u)rcière. Elle rencontre un garçon étrange, Wyborn et son chat. Celui ci lui donne une petite poupée à son image qu’elle adopte et entraîne dans sa découverte de la maison. Elle trouve une petite porte qui l’intrigue beaucoup mais qui est murée. Suite à cette trouvaille, elle rêve que ce passage mène à une étrange maison similaire à la sienne avec des parents semblables aux siens mais plus disponibles et attentifs à elle. La seule différence, les habitants de cet endroit ont des yeux de boutons. Monde merveilleux et enchanté, il cache pourtant une force maléfique…

Film très chouette à l’héroïne hyper attachante, aux trouvailles éblouissantes (comme le signale Elise, jamais plus vous ne verrez la Vénus de Botticelli de la même façon) et aux méchants effrayants ! Voilà qui renforce mon envie de bouquiner ce livre !

samedi 4 juillet 2009

Au secours il veut m'épouser


Agnès Abécassis, c'est de la chick lit, non ?

Le titre m'a bizarrement fait penser à un débat d'actualité (dans mon humble petite vie, hein... Parce que je ne crois pas que les questions à la Cosmo remplaceront un jour les gros titres des journaux "sérieux"). Du coup, je me suis lancée. Et puis ça me permet de coller avec l'actualité puisque j'assisterai à un mariage cet après midi.

Déborah est une trentenaire dynamique, amoureuse des pim's et d'Henri, un charmant divorcé qui partage sa vie. Elle même a deux petites filles et de super copines. Avec ces dernières, c'est soirées pyjama et tubes des années 80. Mais aussi, crise de confiance, de désamour, régimes et bonnes rigolades. Bon, en fait rien à voir avec mes petites questions égoïstes.

Alors, le thème du titre est évoqué en filigrane mais encore une fois la quatrième de couverture n'est pas ce qu'il y a de plus fidèle au contenu du livre. Certes, il veut l'épouser. Mais ce n'est pas un fil rouge. D'ailleurs, il n'y a pas vraiment de fil rouge, c'est plus : "ma petite vie est banale mais tellement amusante". Bref, je commence à être mauvaise langue... C'est parfois rigolo mais c'est assez souvent brossé à très gros traits.
Détendue mais pas vraiment fan.


vendredi 3 juillet 2009

Une image peut en cacher une autre


Expo étonnante au Grand Palais. Ici, on vous propose de jouer avec les tableaux, les images. Vous faites appel à votre sens de l'observation, votre imagination... et n'oubliez pas d'y mettre un soupçon de mauvais esprit ou d'esprit pornographique.
Images cachées (petite chouette dans un rocher comme signature, rochers bien trop humains), jeu de déformations optiques, d'initiés ou d'amateurs, images à double sens... Bref, l'ensemble est très ludique. Les cartels de plusieurs oeuvres donnent la clef du petit détail caché, on se croirait dans les sept différences !
Qui croise-t-on ? Arcimboldo et Dali surtout. Mais aussi Durer, Raetz, Tempesta et tout plein d'autres ! Sculptures, dessins ou peintures, il y a un peu de tout. L'idée est assez amusante et l'expo se divise en thèmes... Mais c'est aussi très artificiel.
Après, c'est bien de voir les visiteurs regarder avec attention une oeuvre, ce n'est pas si fréquent !

jeudi 2 juillet 2009

The golden one


Voilà un des rares Peters qui me restait à lire. C'est un peu déstabilisant car il s'agit d'un épisode qui a lieu pendant la première guerre alors que j'avais lu plusieurs titres ultérieurs où Peters les évoquait alors que Ramsès et Nefret étaient déjà parents.
Dans ce polar en trois parties, les Emerson voyagent. Nous sommes en 1916 et la famille a décidé de passer la fin de la guerre à fouiller. A peine arrivés au Caire, ils découvrent qu'un trafic d'oeuvres d'art laisse imaginer qu'une tombe a été trouvée par des pilleurs. Cela leur est confirmé à Louxor. Le méchant est vite identifié et poursuivi mais la tombe reste introuvable.
C'est à ce moment que les services secrets font de nouveau appel à Ramses. Ce dernier se voit contraint de gagner Gaza pour sauver Sethos des mains d'un turc peu commode... A moins qu'il n'y ait embrouille bien sûr. Emerson et Peabody décident de le suivre et de lui prêter main forte. Le roman se termine sur l'élucidation de la place de la tombe.
Un polar dans la veine des Peters, on retrouve nos personnages fétiches, leur humour et leur courage. Emerson et Ramsès sont toujours aussi sexy ! Peabody cultive les aphorismes et dégaine son ombrelle. On replonge avec joie dans cette saga archéologique !

mercredi 1 juillet 2009

Délicieuses pourritures



Je n’ai pas trouvé Bienvenue chez les Mulvaney dans ma biblio. Il était emprunté ces derniers mois. Du coup, j’ai pris un autre titre de Joyce Carol Oates, un peu par hasard.

L’histoire se déroule dans une université américaine de filles. Un cours est très couru, celui d’André Harrow, professeur de littérature et de poésie. La dizaine d'élèves qui assiste à ce cours cherche à se faire remarquer par le beau professeur. Ce dernier vit avec Dorcas, son épouse, une sculptrice excentrique et flamboyante. Spécialisée dans les arts primitifs, elle est la femme la plus enviée de l’université. A cette époque, une vague d’incendies dont l’origine reste inconnue trouble les nuits des jeunes femmes.  C’est dans ce contexte, évoqué dix ans plus tard par une étudiante, Gillian, que se déroule une histoire assez malsaine…

Gillian envie les rares élues qui, dit-on, partagent les soirées des Harrow. On imagine assez bien des situations louches voire sordides quand on sait qu’André préfère remplacer les lectures de poésies de ses étudiantes par la lecture de leurs journaux intimes… Ambiance glauque, inéluctable fin, un roman accrochant et bien mené. Je crois que je n’en resterai pas là avec cet auteur.