vendredi 30 novembre 2012

Le Passage


J'ai repéré chez Fashion ce titre de Justin Cronin. A première vue, il ne me tentait pas. Les vampires, je commence à en avoir ma claque. Et finalement, en bibliothèque, j'ai craqué. 

Le topo ? Dans un monde pré-apocalyptique, des agents secrets recrutent des prisonniers, condamnés à mort et autres bonhommes pas rassurants pour un programme secret. 
Une mère abandonne sa fille.
Dans un monde post-apocalyptique, quelques survivants vivent en sociétés organisées, qui se défendent contre le fléau, les viruls, une humanité mutante hyper-rapide, qui a décimé la population des US. 
Le lien ? Les condamnés à mort qui ont muté et la petite fille.
Cela vous rappelle Je suis une légende ? C'est normal, il y a pas mal de points communs.

Que dire ?
J'ai apprécié le début du bouquin mais je l'ai trouvé un peu poussif ensuite. On se perd dans les détails de cette communauté de survivants. On psychologise pas mal avec eux. Voire trop. Heureusement, la fin redynamise un peu tout ça avec de l'aventure, du suspens etc.
Pas sûre de lire les tomes suivants...

jeudi 29 novembre 2012

Main dans la main


Vous souvenez-vous de La guerre est déclarée
Eh bien, Valérie Donzelli nous propose un nouveau film. 
Oui, je sais, il n'est pas sorti en salles. Mais ça ne devrait plus tarder. Et puis, il suffisait d'aller au festival du film d'Arras pour le voir, non mais !

Contrairement au film précédent, ici le thème est plutôt léger.
Hélène Marchal (Valérie Lemercier) dirige les cours de danse de l'Opéra, Joachim Fox (Jérémie Elkaïm) est miroitier. Ils se croisent et ne peuvent plus vivre l'un sans l'autre. Ah non, ce n'est pas le coup de foudre. C'est un étrange phénomène qui fait que l'un doit suivre l'autre et vice versa. C'est pas évident quand on a des vies si éloignées. Alors Joachim va suivre Hélène. Et apprendre à vivre dans un autre monde que le sien.

Un film moins léger qu'il n'y parait, sur la solitude. Peut-être sur l'amour. Un film qui fait rire mais qui pourrait aussi faire pleurer. Un film avec quelques longueurs et un scénario parfois light. Mais de jolies idées.

mercredi 28 novembre 2012

Parfums

D'autres rencontres avec Philippe Claudel ont été plus heureuses. J'avoue que ce titre ne m'a que peu enthousiasmée.

Le principe du livre est simple. Une odeur, un ou des souvenirs, de quelques lignes ou quelques pages. Classés par ordre alphabétique, ils retracent des moments de la vie de l'auteur, de l'enfance, de l'adolescence ou de l'âge adulte. 
Avec une forte dimension autobiographique, ce roman explore une histoire des parfums et de ceux qu'ils font renaître dans une mémoire. 
La cannelle de Noël, le chou des pauvres qu'apprécie l'enfant, l'après-rasage ou le munster de papa comme ces senteurs moins habituelles : le brouillard, le voyage, les rivières, le grès rose etc. 

Des moments de vie plein d'émotion certainement, plein de jolies images et de mots poétiques. Auxquels je suis hélas restée insensible. Dommage.

mardi 27 novembre 2012

Barbe bleue

Vous connaissez mon amour des réinterprétations, adaptations et autres jeux autour des contes. Vous connaissez peut-être moins mon grand amour d'adolescente pour les romans d'Amélie Nothomb sur lesquels je me précipitais à chaque rentrée littéraire. Depuis quelques années, cet engouement est passé, déçu par des publications un peu moins folles ou trop peu nouvelles. Je ne sais pas vraiment si c'est l'écriture dont je me suis lassée, les thèmes qui m'étonnent moins ou simplement que je suis moins réceptive...

Bref, j'ai décidé de retenter une rencontre. Mais je l'annonce d'entrée de jeu, c'est une déception.
Saturnine et Elemirio Nibal y Milcar sont colocataires. Pour une somme ridicule, Saturnine vit dans un très bel immeuble parisien en compagnie d'un noble hidalgo dont toutes les compagnes ont disparu. Elle peut profiter de tout l'appartement mais n'a pas le droit de pénétrer dans sa chambre noire. Peu impressionnée, Saturnine passe ses soirées avec son colocataire, amoureux de la cuisine (surtout des oeufs) et jeune initié au champagne. Il est fou d'elle. Elle est distante et amusée. Jusqu'au jour où tout change...
Dans ce roman, la couleur est reine. Le jaune et l'or sont au centre. C'est un roman léger, avec ses habituels mots de plus de trois syllabes, ses dialogues surréalistes et ses héroïnes aux noms improbables (qui oserait appeler sa fille Proserpine aujourd'hui ? ou Albumine). Mais c'est justement aussi volatile qu'une bulle de champagne. 

Ce roman se lit, rapidement, facilement et en refermant ce livre, le lecteur se désole : ce n'était que ça. Ce n'est pas encore cette année que je retrouverai le bonheur des premières rencontres avec Amélie.

lundi 26 novembre 2012

Akira

Ce manga de Katsuhiro Otomo, classique du genre s’il en est, nous emmène dans un futur proche, dans la mégalopole de Néo-Tokyo, version post-apocalyptique de la capitale nippone dévastée durant la 3e guerre mondiale.
Néo-Tokyo, plus ou moins bien contrôlée par l’armée, est surtout peuplée de survivants qui cherchent à s’en sortir avec les moyens du bord. Parmi eux, de nombreuses bandes de motards, dont celle de Kaneda.

Un soir, alors que la bande est de sortie, Tetsuo est victime d’un accident en essayant d’éviter un gamin étrangement muet, apparu soudain au milieu de la route… Soigné et recueilli par l’armée, il va servir de cobaye à des expériences d’un nouveau genre et développer des pouvoirs surnaturels.

(DR)
Kaneda et ses amis vont croiser à plusieurs reprises Tetsuo, devenu leur ennemi et qui cherche désormais à utiliser ses capacités pour prendre le contrôle sur une partie de la ville. Ils vont découvrir que Tetsuo n'est pas le seul enfant qui a développé ces capacités, et que toute cette histoire a un lien avec l’armée, et avec un autre cobaye, Akira, qui aurait joué un rôle dans l’amorçage de la 3e guerre mondiale…

J’ai trouvé ce manga extrêmement bien réalisé. L’histoire est plutôt complexe et ne répond jamais à toutes les questions, un peu à l’instar d’un Evangelion, mais l’univers d’Akira est très riche, les personnages attachants et l’action ne manque pas. Si vous n’avez pas eu l’occasion de le lire, je vous le conseille !

dimanche 25 novembre 2012

La Conversation

L'Amoureux et moi-même ayant eu de bons échos à propos de cette pièce, nous avons profité d'une soirée pluvieuse pour passer une heure avec Napoléon et Cambacérès au théâtre Hébertot. 

Figurez-vous que le texte est celui de Jean d'Ormesson (un écrivain que j'aime beaucoup, même si je ne le dis pas). Autour d'une trame historique, l'auteur a créé cette conversation entre le premier consul, aux ambitions énormes, et son second, flatteur à souhait. 

Maxime d'Aboville et Alain Pochet campent deux personnages formidables. Impressionnante force et énergie du premier consul. Étonnante tirade sur un châle de discorde. Phrases percutantes. Images visionnaires d'un avenir impérial. Napoléon bouillonne. Subtilité d'un fidèle, qui veut rester le premier après le premier. Cambacérès approuve. 
On passe en compagnie de ces deux hommes un très bon moment. On rit, on voyage dans le temps et l'espace, on se délecte de mots, de rêves, de grandeur... 
Très chouette !

samedi 24 novembre 2012

Le Requiem des abysses

Ce roman est la suite de Leviatemps de Maxime Chattam. Je doute qu'il puisse être lu indépendamment du précédent. 

On retrouve Guy et Faustine à la campagne. Ils tentent d'oublier les heures terribles vécues à Paris. Hélas, leur tranquillité ne va pas durer. Un psychopathe sévit dans le village où ils se sont réfugiés. Deux familles sont ainsi assassinées sauvagement. Les descriptions ne vous épargneront rien...
Guy est repris par son démon de l'enquête. Il veut comprendre ce mal qui rode toujours. Je ne vous en dis pas plus pour ne pas dévoiler la suite mais sachez que les rebondissements seront nombreux.

Cette nouvelle partie de l'aventure laisse le lecteur en compagnie de Guy (et moins de ses acolytes). Elle est aussi beaucoup plus dans l'action que la première (même si Guy cogite beaucoup, voire trop). 
Pour moi, ce roman a les mêmes qualités (suspens, descriptions de Paris 1900, aventure) que Léviatemps mais aussi ses défauts (niveau de langue, bavard). 
Une suite presque attendue par moments mais une intrigue d'ensemble entraînante. A lire si l'on a lu le précédent car il clôt le cycle. 

vendredi 23 novembre 2012

Léviatemps

Avant de rencontrer Maxime Chattam à l'occasion du lancement de sa tweet nouvelle, je voulais avoir lu au moins un de ses livres. Pour voir. J'ai choisi celui-ci pour son contexte, l'exposition universelle de 1900. Une raison comme une autre.

Guy a quitté sa femme et sa fille. Il s'est installé dans un bordel où il espère pouvoir écrire sur les sujets qui lui sont chers. Ex-écrivain mondain, le voilà qui s'intéresse aux crimes et aux bassesses de l'humanité. Et ce qui le précipite encore plus dans ce monde est la mort effroyable de Milaine. La prostituée est retrouvée devant le bordel, dans une position invraisemblable, suant le sang et la pupille dilatée. 
Guy décide de mener l'enquête. Faustine, la mystérieuse, et Martial Perotti, le jeune flic, l'accompagnent. Ils plongent dans les bas fonds de la rue Monjol, fouillent les coulisses et les palais de l'exposition universelle, rencontrent des groupes ésotériques, flânent dans la morgue... Bref, ils retournent Paris à la recherche du dangereux criminel dont les divers crimes s'accumulent, plus sanglants et perturbants les uns que les autres. 

J'ai bien aimé les personnages, attachants et sympathiques. J'ai aimé cette promenade dans le Paris de 1900, ses beaux quartiers comme ses coins sombres. J'ai trouvé Guy un peu bavard, notamment dans ses démonstrations de graphologie. Et je me suis parfois demandée si certains mots ou expressions n'étaient pas un peu trop contemporains pour 1900. Mais dans l'ensemble, c'est un bouquin qu'on a du mal à lâcher avant le dénouement !

Et attention, ce roman ne se suffit pas. La suite s'appelle Le Requiem des abysses.
Si vous aimez Paris pendant les expositions universelles dans un roman, je vous conseille aussi Le Palais des mirages

jeudi 22 novembre 2012

Anna Nicole

Lorsque le Louvre a proposé des invitations pour assister à la projection de l'opéra Anna Nicole de Turnage, j'ai répondu présente.

Figurez-vous que depuis quelques années, l'auditorium du musée élabore un programme d'opéras filmés dans les plus grandes salles mondiales. Et cette année, c'est le Covent Garden de Londres qui est à l'honneur.

Anna Nicole, opéra inspiré de la vie d'Anna Nicole Smith, strip-teaseuse américaine, a été commandé par le Royal House Opéra. Il retrace la vie de cette texane prête à tout pour réussir. L'histoire commence avec un choeur de journalistes. Chacun cherche le scoop, chacun a sa vision de l’évènement. Et les médias nous guident pendant tout le spectacle, emprisonnant et empoisonnant un peu plus cette femme qui cherchait à s'en faire aimer.
On découvre le milieu d'origine d'Anna Nicole et ses proches avant qu'elle ne parte faire fortune et rencontrer son destin (un milliardaire) dans un club de strip-tease. Où elle parvient à percer grâce à ses (faux) seins énormes.
On pourrait croire jusque là qu'il s'agit d'une comédie musicale un peu osée. Il n'en est rien. La tragédie est au coin de la rue et la déchéance d'Anna Nicole aussi. Pas d'héritage. Tout est bon pour faire de l'argent...

Le sujet contemporain, l'intégration de sons très modernes (pop notamment), la mise en scène déjantée et le vocabulaire plus qu'osé (et traduit de façon très pudique) font de ce spectacle un cocktail explosif. Qui a dû pas mal choquer. Si le public du Louvre est resté si peu réactif, est-ce par désintérêt ? Certes, il y a une certaine froideur à suivre un opéra sur un écran. Mais que diable, j'avais envie d'applaudir, moi ! Si un jour ça se monte à Paris, il faut y aller, c'est extraordinaire !

mercredi 21 novembre 2012

La reine des cipayes

Voilà un roman de Catherine Clément qui m'a beaucoup rappelé Dans la ville d'or et d'argent. Ce qui n'est pas fondamentalement étonnant puisque le récit commence en Inde, en 1828 ou 1829 voire 1831 et se termine en 1858 pour notre personnage principal, Manikarnika, plus connue sous le nom de Lakshmi Bai. Soit à peu près la même période que Hazrat Mahal. Et sur le même thème de la révolte des cipayes. 

Ici, c'est à Lakshmi, dite aussi Chabili, que s’intéresse l'auteur. La première moitié du roman (et celle que j'ai le plus aimé) est dédiée à sa jeunesse. Garçon manquée, elle surpasse les garçons avec lesquels elle grandit. Obéissante, elle épouse le maharaja de Jhansi, Gangadar, un homme fantasque qui aime se travestir. 
A sa mort, Jhansi ne revient pas à l'enfant que le maharaja a adopté mais aux anglais. Chabili cherche un recours. Quand éclate la révolte des cipayes, la jeune femme hésite. Initialement, elle reste fidèle aux anglais avant de se révolter. Elle devient alors une formidable guerrière et une meneuse d'hommes.

Cette histoire de la révolte indienne et le portrait de cette femme sont marquants, presque fascinants notamment parce qu'on les connait mal. Il manque une carte et/ou une chronologie en annexe du roman. C'est une géographie que je ne connais pas précisément et j'ai un peu de mal à voir les lieux concernés par les combats.
Je ne comprends pas bien l’intérêt des très rares chapitres européens, qu'ils concernent Marx ou Victoria. 
Et je regrette que Chabili reste si mystérieuse, si froide. Un roman qui laisse un petit goût de fadeur. Dommage

lundi 19 novembre 2012

Halte aux livres !

Le titre du livre de Brigitte Smadja m'a attiré l'oeil. Comment peut-on dire "Halte aux livres !" ? Quelle drôle d'idée !

Sa famille offre à Basile des livres. Toujours des livres. Sauf son oncle, qui lui offre des bricolages.
Basile aime démonter. Et remonter. Ce qui n'est pas toujours facile, en témoigne cette radio en plusieurs morceaux. Alors quand il commence à vouloir démonter une lampe, son papa l'envoie lire dans sa chambre.
Basile n'aime pas ses livres. Incassables, éternels et non démontables. Quel intérêt ? Et puis cette histoire de lapin vert, c'est complètement idiot ! Heureusement, sa petite soeur Elise dévore les livres. Elle déchire les pages et les mâchonne.
Alors quand maman, sous prétexte de lui faire une surprise le traîne au salon du livre, c'est le drame. Imaginez des montagnes de livres et des écrivains partout ! Basile explose !

Jolie histoire d'un petit garçon qui a peur de ne plus être aimé par ses parents s'il n'aime plus les livres. Charmant et amusant. Une histoire qui donne envie de lire des livres (eh oui, malgré tout). Avec des illustrations rigolote de Serge Bloch.

dimanche 18 novembre 2012

Ma princesse se déguise en casserole

Jeanne aime faire des colliers de perles. Léon préfère jouer à chat. Pourtant, ils sont très copains.
Aujourd'hui, Léon réfléchit à son déguisement pour la fête de l'école. Comment être original ? Tiens, mais pourquoi pas en venant habillé en robot ?
Jeanne se moque : un robot, c'est nul !
Elle a une meilleure idée. Elle viendra déguisée en... casserole.

Commence alors pour les deux enfants une course au déguisement !

Une histoire rigolote et charmante de Brigitte Smadja illustrée par Serge Bloch.

samedi 17 novembre 2012

L'Invitée

Ce roman de Simone de Beauvoir m'a attiré l'oeil. Je ne sais pas si vous connaissez mon amour d'adolescente pour Simone, enfin, pour ses romans. Et bien ça m'a repris, j'ai eu envie de la recroiser. Alors pourquoi pas ce titre, que je ne connaissais pas ?


Paris, avant la Seconde Guerre Mondiale. Françoise, l'héroïne de ce roman, écrit. Son amant, Pierre, fait du théâtre. Ils ont une relation qui fait envie : ils se comprennent en tout, ils sont égaux, ils sont libres, ils sont amis et amants. Bref, tout se passe bien.
Que se passe-t-il si l'on ajoute un élément perturbateur ? Comme Xavière, par exemple ?
Xavière, cette jeune fille que Françoise accueille, qu'elle tente de distraire et d'occuper. Xavière, qui se rêve pure, absolue, contradictoire, dégoûtée, charmante, calculatrice, changeante, séduisante, exaspérante. Xavière à qui l'on a envie de donner des claques du début à la fin. Pierre, donjuanesque, a envie de faire céder la jeune femme. Ce qui déplaît fortement à Françoise, même si elle veut faire croire le contraire.
Entre folles soirées à Montparnasse, nuits dans les dancings et cafés serrés toute la journée, nos personnages s'aiment et se trompent, trio infernal et intenable.

Histoire d'amour et de jalousie. Histoire d'introspection, aux airs autobiographiques. Ne reconnait-on pas Sartre et Beauvoir dans ce couple parfait, aux tendances polygames et lesbiennes ?

Un roman dont j'ai apprécié le thème et les personnages, Françoise en particulier, mais dont l'histoire ne tient pas en haleine... Sauf si l'on veut savoir qui finit avec qui.

vendredi 16 novembre 2012

La page blanche

La dernière bd de Boulet, illustrée par Pénélope Bagieu, est l'histoire d'une jeune fille. Celle-ci ne se souvient de rien. Elle est sur un banc, près d'un métro, et n'a aucune idée de son identité.
Elle fouille dans son sac, trouve des clés, une adresse. Sont-ce ses affaires ? Son chat ? Sa déco ? Elle mène l'enquête mais rien ne lui revient.

J'ai trouvé cette BD sympa mais sans plus. Les dessins sont sympas, le thème est intéressant même s'il laisse un gout d'inachevé. 

Le point de vue de l'Amoureux : 
J'ai retrouvé avec plaisir la patte de Pénélope Bagieu dans cette BD fort agréable. Les auteurs nous invitent à nous poser une simple question : qu'est-ce qui définit l'identité d'un être humain dans notre société actuelle ? Pas de prise de tête pour autant, le sujet est traité de façon légère, on sourit beaucoup, on rit une ou deux fois.
Une chouette lecture, mais que je n'ai pas trouvé aussi originale et pertinente que certaines frasques de Pénélope Jolicoeur !

jeudi 15 novembre 2012

La déesse des petites victoires

Je préfère vous prévenir, je m'attendais à une belle lecture. Je suis déçue, ce livre de Yannick Grannec ne m'a pas du tout touchée, je suis restée spectatrice. Et j'aime pas ça !

couple-pingouin

Deux histoires parallèles : celle d'Anna, chargée de faire fléchir la veuve de Kurt Gödel afin que les archives du mathématicien soient léguées à Princeton University, et celle d'Adèle, la femme de Gödel qui raconte leur histoire commune, depuis leur première rencontre dans les rues de Vienne à la mort du génie aux USA.
L'histoire de Gödel et de sa femme est intéressante, on voyage dans les remous de l'histoire qu'ils survolent ou évitent. On entre dans un quotidien fait de paranoïa, de dépression et d'anorexie du génie mathématique. On entre dans le quotidien d'Adèle, éternelle soignante, gentille idiote méprisée par son mari. C'est pas très marrant d'être femme de grand esprit.
L'amitié qui se tisse entre Anna et Adèle n'est pas passionnante. Anna est un personnage en proie à la déprime, qui pleure sa médiocrité. C'est agaçant, on a envie de la secouer.

Bref, on trouve dans ce roman un portrait en creux de Gödel (et vaguement l'ambiance d'une époque par quelques noms bien placés : Hitler, McCarthy, Kennedy...) et une histoire d'amitié intergénérationnelle. Je n'ai apprécié ni l'écriture, ni le thème. C'est une rencontre ratée.

mercredi 14 novembre 2012

Petites expériences de philosophie entre amis

Peut-être vous souvenez-vous de ma première entrée dans le livre de Roger-Pol Droit, "Inventer des doctrines" ? 
Pour découvrir les autres expériences, j'ai pris mon temps (il était prescrit de ne pas dépasser la dose quotidienne entre une et six expériences par jour). 
J'ai savouré ces expériences, j'ai fait marcher mon imagination (avec ses petits pieds) et j'ai papoté de certaines. 
Je vous rappelle l'idée qui préside à cet ouvrage : ces courtes propositions d'expériences sont un chemin vers l'étonnement. Et de là, vers la philosophie.
Elles peuvent amuser, déranger, étonner. Elles ne manquent en tous cas pas d'imagination !
"Tout déconnecter" : pas si simple mais tellement reposant. Et d'un seul coup, moins de dispersion. Une expérience que j'aime réaliser, le temps d'un dimanche ou d'un week-end.
"Inventer des pays" : déstabilisant, on joue avec le réel et l'imaginaire. Et la frontière parait parfois bien mince.
"Faire un livre avec des livres" : il y a un côté cadavre exquis à cette expérience. Puis une infinité d'univers livresques qui s'ouvrent...

Il y en a évidemment beaucoup d'autres dans ce livre que je vous invite à découvrir.
L'idée est sympathique mais je n'ai pas non plus complètement adoré. Certaines expériences font sens, d'autres moins selon moi.

mardi 13 novembre 2012

Pour seul cortège

Dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire organisés par Price Minister, j'ai reçu ce roman de Laurent Gaudé qui me faisait très envie. 

Eh bien, c'est un véritable petit bijou que ce roman polyphonique. Je dois avouer, je l'ai dévoré. Je n'arrivais pas à le lâcher. 
Pour seul cortège retrace les moments précédents et suivants la mort d'Alexandre. Les voix puissantes du conquérant, Dryptéis et Ericléops nous mènent au coeur d'un roman au souffle épique. 
Alexandre se meurt, il a senti une douleur intense au milieu d'une danse et s'est écroulé. On le voit lutter contre cette fièvre avant de se résigner, d'appeler ses hommes, de les saluer et de s'éteindre.
Dryptéis, fille de Darius, veuve d'un général d'Alexandre, Héphaistion, petite-fille de Sisygambis et jeune mère, retirée dans un temple, est à nouveau projetée dans le temps par Alexandre. Sa mission est d'accompagner Sisygambis afin qu'elle soit la diseuse de mort du héros.
Ericléops revient d'une mission au bout du monde et vient annoncer à Alexandre de nouvelles conquêtes.
Hélas, leur présence auprès d'Alexandre est vaine. Le roi se meurt. Les diadoques se déchirent l'empire et le corps du mort...
Dryptéis et Ericléops, fidèles à sa mémoire et à sa voix, sauvent son corps et son esprit des vautours de Ptolémée et de Perdiccas.

Cette lecture est un véritable enchantement. Certes, son sujet n'est pas des plus joyeux. Mais il est question d'héroïsme, de rêves, de fidélité, de bravoure (là, ça fait péplum mais c'est bien plus que cela). Ce roman peut être dur. Il avance à toute vitesse, comme une tragédie grecque se précipite vers le destin, sous un soleil pesant. Son style est également de toute beauté : rythmé, épique, puissant, magnifique.
Un coup de coeur !

Pour partager mon enthousiasme, sachez que vous pouvez trouver ce livre ici

lundi 12 novembre 2012

La fille du régiment

Nous avons renoué avec l'opéra cette année (l'an dernier, il nous a été complexe de trouver des places) et nous attendions celui-ci avec beaucoup d'espoir.
Il avait tout pour nous plaire : Nathalie Dessay, Juan Diego Florez, un côté opérette, un décor sympathique (où Nathalie repasse le linge et épluche les patates).

L'histoire est celle de Marie, élevée par un régiment, amoureuse de Tonio, charmant tyrolien. Marie est orpheline et a promis d'épouser un homme du régiment. Mais des retrouvailles chamboulent tout.
Le texte, revu et corrigé, est charmant et drôle. Et il se prête tout à fait au théâtre ! Car les personnages parlent autant qu'ils chantent (et ça nous les rend plus humains, n'est-ce pas ?). 
Vocalement, cela nous a semblé très bien (nous ne sommes pas spécialistes). Mais c'était surtout très vivant !
A découvrir !

dimanche 11 novembre 2012

Couic le pingouin

Voilà un petit livre adorable d'E. Manceau et plus généralement une collection qui plaira aux petits (et aux grands qui ont encore un esprit enfantin) : Badaboum le lion, Pof l'éléphant ou Chpop le lapin...

A chaque fois, il s'agit de comprendre comment l'animal en question est devenu tel qu'on le connait. Je ne vais vous détailler l'histoire que de Couic. Le petit pingouin, dans son froid pays, a le nez tout gelé. Heureusement, un esquimau a une idée. Il lui découpe un cache nez "couic" dans le coin du livre ! Et c'est comme ça que Couic a reçu ce joli bec. 
Mignon comme tout, des dessins simples et craquants, drôles, qui jouent avec le format du livre. Pour faire rire les tout-petits. 

vendredi 9 novembre 2012

On fait les Contes

Peut-être y a-t-il des Lyonnais dans mes lecteurs ? Ou des visiteurs qui vont à Lyon bientôt ?
Parce qu'il faut que je vous le dise, "Passez au Nombril du monde, théâtre du quartier de la Croix Rousse, c'est très sympa".

Nous avions noté cette pièce dans notre agenda sans prendre de réservations. Grand mal nous en a pris, nous avons failli ne pas voir le spectacle car il se jouait à guichets fermés. Heureusement pour nous, deux personnes ne sont pas venues et nous avons pu nous asseoir.
Sur scène, notre héros, comptable, est chargé d'écrire des contes. S'il ne le fait pas, sa voix se transforme. Et pour lui ajouter un peu de pression, une autre malédiction le suit jusqu'à ce qu'il ait écrit ses sept contes : la première personne dont il croise le regard s'enflamme pour lui. Un laveur de carreaux.
Pas si grave, pensez-vous. Détrompez-vous, cela lui pourrit la vie.
Et le voilà qui se met à écrire des contes qui prennent vie sous nos yeux.

Un spectacle très sympathique, porté par cinq jeunes acteurs dynamiques, pleins de ressources et d'humour. Mention spéciale à Romouloud et Juliette !

jeudi 8 novembre 2012

Ma première histoire de l'art

J'ai été très heureuse de recevoir ce livre de Béatrice Fontanel : Merci à Babelio et aux éditions Palette...
Vous le savez, je suis fan de ce qu'ils font. C'est mon côté "rendons les musées accessibles à tous" et "c'est en découvrant et en appréciant l'art petit qu'on l'aime plus grand". Bref, je suis à fond pour la médiation culturelle intelligente et adaptée aux différents publics. 
Mais revenons sur ce livre plus précisément.

Ma première histoire de l'art s'adresse aux enfants dès 6 ans. Il ouvre par une frise chronologique (de la préhistoire à 2007) et ferme par un zoom de cette frise depuis l'an 1000. On la retrouve, simplifiée, sur chaque page de gauche du livre. Celle-ci permet de comprendre dans quelle temporalité s'inscrit l'art occidental et notamment la concentration artistique entre 1000 et 2000 (avec les dates des principaux artistes et quelques oeuvres phares). Cela vous paraît peut être naturel mais c'est une base qu'il est important de garder en tête.
Chaque période sur cette frise a une couleur qui correspond ensuite aux sections du livre.
De la Préhistoire introductive au XXe siècle, les chapitres proposent de courts textes qui présentent une civilisation ou un mouvement artistique ou des artistes avec une belle abondance d'images légendées. Les titres, courts et percutants voire amusants, résument le propos : "Vierges raides et sirènes souples" ou "Les statues grecques se déhanchent". Et c'est bien d'avoir su faire des choix et de ne pas avoir surchargé le livre. C'est aussi très chouette d'ouvrir sur l'art contemporain et les limites qu'il repousse. 

Un très beau livre, conçu de façon futée, aux belles reproductions (c'est essentiel sur ce sujet mais toutes les éditions n'y sont hélas pas attentives) et au texte simple sans être simplificateur. Je n'ai pas testé avec un enfant mais avec un novice en art. Il était ravi de ce bel outil de contextualisation et de compréhension !  Pour les questions de langage et de vocabulaire, évidemment, il ne savait pas trop si c'était adapté mais il n'y a pas vraiment de terme technique sans explication. Bravo !

Pour poursuivre la découverte du côté des musées et des portraits !

mercredi 7 novembre 2012

Moi, le loup et les chocos


C'est un livre de Delphine Perret pour enfants qui bouscule un peu les principes de base : voilà que le grand méchant loup ne fait plus peur ! Du coup, un petit garçon, qui le retrouve au bord de la route, tout dépité, décide de le recueillir et de l’entraîner…

Le livre est divisé en plusieurs chapitres, qui sont autant de petites histoires. Ici, le petit garçon essaie d’engraisser le loup à coup de nourriture pour chats (horreur !), là, ils jouent aux cow-boys…

Le style graphique épuré fait un peu penser à Calvin et Hobbes, et sert plutôt bien les répliques très drôles et bien pensées. Elles amuseront d’ailleurs tout autant les petits que les grands :)

N’hésitez donc pas à vous jeter sur ce livre tout à fait rafraîchissant !

mardi 6 novembre 2012

Labrouste et Architectures de papier à la Cité de l'Architecture

Bon, il y a bien un moment où il faut commencer à vous parler des expos de la rentrée. Parce que j'en vois, j'en vois et je ne vous raconte pas.


Donc, notre ami Henri Labrouste est présenté via une rétrospective à la Cité de l'architecture et du patrimoine. C'est une exposition à la fois beaux-arts et architecturale.
Accueilli par les dessins de Paestum, le visiteur plonge directement dans le côté beaux-arts. Le prix de Rome envoie ses planches colorées de temples grecs, de tombes étrusques et de villes antiques imaginaires. 
On découvre ensuite des dessins pour une prison et le tombeau de Napoléon avant d'entrer dans le vif du sujet : les bibliothèques. Architecte de la bibliothèque Sainte-Geneviève et de la BNF (rue de Richelieu), Labrouste y utilise le fer, notamment dans les magasins, est attentif à la lumière et à la fonction des lieux.
La suite de l'expo s'intéresse à ses nombreux élèves et plus largement à ceux que l'architecte a influencés. 

Une expo intéressante. Esthétiquement très séduisante : les dessins de Labrouste sont superbes, les maquettes sont très belles voire étonnantes, la scéno est sympa (mais pas adaptée à tous les publics). 
Les petits plus : les vidéos de la fin sur les apports de Labrouste aux architectes contemporains.

Les architectures de papier est une expo presque onirique. 
Des designers jouent avec le papier et en font d'étranges architectures. Ils pratiquent le découpage, l'origami ou le collage. Ils créent des mondes miniatures, élégants et fragiles.

Ingrid Siliakus, Mathilde Nivet, Stéphanie Beck, Béatrice Coron (ma chouchou dans cette sélection, voire ci-dessous) et  Peter Callesen jettent un regard très différent sur leurs architectures.
Une expo qui ravira petits et grands.

lundi 5 novembre 2012

Le coursier de Valenciennes


Simon arrive à Valenciennes. Il vient d'Auvergne. Il a un paquet à délivrer.


Dans cette ville pluvieuse, il cherche une maison. C'est celle de Pierre Weill, son ami. Rencontré en camp de travail, le cordonnier a sympathisé avec le poète. Mais le poète n'est jamais revenu et a confié à Simon une mission : délivrer un courrier à sa famille.
Simon est plutôt mal accueilli dans cette famille. Une femme fière lui ouvre. Elle se méfie. 
Simon découvre une maison bourgeoise, un milieu qu'il ne connait pas, qui l'intimide. Et une famille, une soeur, des enfants... des caractères. Des histoires personnelles. Des séparations.
Le passage de Simon va s'avérer moins tranquille et un peu plus long que prévu... 

Un roman court de Clelia Anfray, plutôt bien écrit, vif. Il se lit bien mais je ne sais pas si j'en garderai beaucoup. Sympathique.


dimanche 4 novembre 2012

Alger sans Mozart

Ce roman polyphonique de Canesi et Rahmani est une excellente surprise. Pour tout dire, il ne me tentait pas. Et puis j'ai lu de bonnes critiques. Et je suis désormais contente de l'avoir lu.



Ce roman, c'est surtout l'histoire de Louise. 
Sa famille vit en Algérie depuis plusieurs générations. Elle a 20 ans lorsque commence la guerre d'Algérie. 50 ans plus tard, c'est une femme broyée par l'histoire que l'on retrouve.

Car Louise, superbe jeune femme, est devenue une vieille grosse édentée, qui ne se nourrit que de cigarettes et d'alcool. Comment cette fille dynamique a pu tomber si bas ?
C'est après sa rencontre avec Sofiane, son jeune voisin, qu'elle commence à se raconter.
Et nous l'écoutons, depuis qu'une envoûtée a prédit son avenir et celui de sa soeur, jusqu'à ces jours de déchéance.
Nous rencontrons aussi Sofiane, le jeune algérien curieux de tout, Marc, le neveu homosexuel réalisateur paumé, et quelques autres satellites. 
Tragique histoire d'amour entre un homme, Kader, et une femme, Louise. Tragique histoire d'un pays schizophrène. Mais d'une éblouissante beauté. D'une puissante fascination.
Ce roman est beau, triste bien sûr. Il fait réfléchir sur l'histoire, sur les sociétés, sur la religion, sur la colonisation, évidemment, et peut-être aussi sur les relations humaines.
Une magnifique découverte, qui a parfois la puissance des tragédies antiques. 

samedi 3 novembre 2012

Oui, mais quelle est la question ?


Bernard Pivot nous offre avec ce livre un roman aux allures fortement autobiographiques.
Dans ce livre, il décrit sa manie : la questionnite aiguë  Il ne peut s'en empêcher, sa curiosité ne semble avoir aucune borne.

Tout commence avec une confession avant un sacrement. Adam (nom du héros), mis mal à l'aise par les questions du curé, retourne la situation en l'interrogeant. Il comprend alors le formidable pouvoir des questions et ne pourra dès lors plus arrêter d'en poser. De l'enfance, quelques questions amusantes, pratiquées en famille. Puis formé au journalisme, il devient l'interviewer, celui à qui on ne peut refuser une réponse. 
Le souci, c'est que cette manie déteint dans sa vie personnelle. Et que ses amies subissent des interrogatoires réguliers. Ca peut plaire au début. Mais ça agace vite visiblement.

Plein d'humour et de situations cocasses, plein de réparties, ce livre se dévore.
L'ajout de questions anecdotiques ou philosophiques, adressées directement à Dieu, aère le texte. Car le Paradis pour l'auteur serait un lieu où toutes les questions trouveraient leurs réponses...
Intelligent, bien écrit, c'est un regard amusé sur une vie, sur un caractère... 

vendredi 2 novembre 2012

Muse à Bercy

Ce billet va trancher un peu de nos traditionnelles impressions d’opéra. D’une part par la nature même du concert que nous étions allés écouter, et d’autre part – vous le comprendrez bien assez vite – par le manque total d’impartialité de la personne qui rédige ce billet !
Eh oui, Muse tient une place toute particulière dans mon cœur d’Amoureux. Je pourrais vous raconter mon coup de foudre pour ce groupe pendant des paragraphes entiers, mais ce n’est pas le propos d’aujourd’hui.

La musique, pour moi, c’est comme le bon vin : elle vous révèle tout son potentiel dans certains cadres. Et la musique de Muse est faite pour être écoutée en concert, au milieu d’une fosse survoltée. Après tout, ce n’est pas pour rien que ses détracteurs la trouvent grandiloquente !
C’est donc avec une excitation non dissimulée que je suis arrivé à Bercy.
Après une première partie fort efficace et assez punchy donnée par les Joy Formidable,  Muse est arrivée en scène pour un peu plus de 2 heures de show.


Le groupe a entamé le concert avec deux morceaux de son dernier CD, 2nd law. 
Le démarrage en grandes pompes avec Unsustainable, savant mélange de rock et de dubstep, a eu deux effets sur le fan moyen au milieu de la fosse : 
D'abord, avec le peu de lucidité qu’il lui reste, il se dit que même si ce morceau c’est du grand n’importe quoi, ça rend quand même vachement bien en concert ! 
Puis suit ce qui arrive à chaque fois avec Muse : un sourire béat gagne le visage, un fourmillement commence à se faire sentir dans les jambes, et alors que les premières notes du deuxième morceau s’élèvent dans l’arène, la magie a déjà opéré, on ne peut plus qu’en redemander.
Les grands classiques du groupe ne tardent pas à arriver, Map of the Problematique, Supermassive Black Holes, Resistance

Changement d’ambiance ensuite, Matthew Bellamy – le chanteur du groupe s’installe au piano – et entame Explorers, mon petit chouchou, qui aura également tapé dans l’œil de Praline.
Un peu plus tard, Muse entame une partie aux accents beaucoup plus électroniques – penchant qu’ils ont développé dans leurs deux derniers CD. Bienvenue aux guitares tactiles, beatboxes et autres lunettes électroniques ; les lasers déferlent sur la salle alors que le groupe interprète Follow Me, la claque est autant visuelle qu’auditive  : on se croirait en plein concert de Justice !

On continue en alternant entre le nouveau et les bons vieux tubes…  l’apothéose a lieu au moment où Plug in baby arrive, la fosse saute et chante comme un seul homme, les flashs roses et bleus en mettent plein les mirettes, c’est franchement la débandade.
On finit sur Survival, archétype du morceau « musien » pompeux et grandiloquent, au cas où l’on aurait oublié de quoi le groupe est capable. La salle s’emplit de fumée, les lumières se rallument, on a mal partout et les oreilles qui bourdonnent, mais on ne pense qu’au prochain concert, au Stade de France !

jeudi 1 novembre 2012

Riefenstahl


Ce roman de Lilian Auzas m'a fait découvrir une artiste que je ne connaissais pas du tout. 

Nous suivons Leni Riefenstahl, de la jeunesse à la mort, durant tout le XXe siècle. Le livre retrace surtout ses années de formation : comment de danseuse, elle veut devenir actrice et, de là, cinéaste.  Le roman la décrit comme une femme sûre d'elle, opportuniste, un peu égoïste mais attachante. 

Cette femme, surtout connue comme la cinéaste favorite d'Hitler est en fait bien plus que cela. Certes, l'auteur s'attache à décrire cette partie bien documentée de sa vie, mais il tend à montrer qu'elle n'est pas uniquement une admiratrice du Führer. Il interroge aussi sur la liberté de décision de la jeune femme. Mais sans jamais parler d'innocence ou de culpabilité

Ce livre, bien mené, montre les ambiguités de cette femme, sa puissance artistique. On sent que le narrateur est fasciné, intrigué. Il mène l'enquête avec son lecteur comme témoin. Seulement, il reste uniquement focalisé sur Léni. Toutes ses connaissances, ses amis, ses amants disparaissent du livre en même temps que de sa vie. On ne les verra plus. Idem pour tous les faits historiques qui ne sont pas directement liés à Leni : les JO, on ne les voit que dans sa caméra, la guerre ? même traitement. 
Mais à part ce léger reproche, c'est une belle découverte, je conseille !