vendredi 31 mai 2013

La petite cloche au son grêle

Merci au Livre de poche pour l'envoi de ce livre très touchant de Paul Vacca. Je l'ai dévoré d'une traite, happée par cette histoire belle et triste.


Notre héros et narrateur est un adolescent qui s'adresse à sa mère, Paola. Il lui raconte une année, l'année d'une rencontre inoubliable. Il est au collège et ses notes de français sont médiocres. Paola, qui imagine son fils écrivain, s'insurge. Sa prof est certainement bourrée d'a priori !
Pourtant, on ne sent pas chez le héros un goût prononcé pour la littérature... avant qu'il ne rencontre Proust. Le livre, abandonné par une figure aimée, est lu en cachette. Lorsque Paola le découvre, elle achète la suite et se met à lire avec son fils. Aldo, le père du narrateur, cafetier de son état, les jalouse et s'inquiète des conséquences d'une telle lecture. 

Dans ce livre, il y a cette découverte de Proust, qui de la chambre du narrateur au café s'étend à toute la ville. On trouve aussi les émois de l'adolescence mais surtout un hommage à Paola. Car tout n'est pas aussi lisse qu'il y parait. Sous des airs insouciants, le malheur couve...

Ce roman est une très belle surprise : narration efficace, style prenant et belles émotions ! A conseiller.

jeudi 30 mai 2013

Autour du chat noir. Arts et plaisirs à Montmartre 1880-1910

Je n'avais jamais mis les pieds dans ce musée (comme quoi, je n'ai pas fait le tour de tous les musées parisiens !) mais tentée par ce thème, j'ai grimpé quelques marches et découvert une maison entourée de verdure. 

L'exposition prend tout l'espace du musée. Y a-t-il des collections permanentes dans ce lieu d'habitude ?

Alors, on débute en rez-de-jardin avec le Chat noir et surtout les groupes artistiques qui se croisent dans le cabaret de Rodolphe Salis : les fumistes, les hydropathes, les zutistes, les incohérents... Bref, des microgroupes de modernes que Dada ne renierait pas, chacun produisant ses œuvres et ses journaux ! Puis on a un petit topo sur 1870 qui se raccroche assez mal au reste avant de rentrer dans le vif du sujet : que faisait-on dans ce cabaret ? Eh bien du théâtre. Du théâtre d'ombres précisément. Et l'on découvre les plaques en zinc qui servaient à ces réalisations. C'est assez fascinant ! On s'intéresse ensuite au cirque et aux cafés concerts : c'est toute la partie "autour" qui commence. On croise également une salle qui parle de nabis et de symbolisme, mal reliées au propos global, mais soit. Une histoire d'inspiration mutuelle et de fréquentation des mêmes cabarets...

L'ensemble est intéressant, mais assez mal ordonné (qu'il s'agisse de l'expo comme du catalogue d'ailleurs). Mais elle mérite d'être vue ne serait-ce que pour découvrir des mouvements artistiques étonnants, un quartier à la mode et les fameuses plaques du théâtre d'ombres.

Et le catalogue ? Il comporte cinq petits articles en rapport avec l'expo et les œuvres exposées. A vrai dire l'ensemble est assez indigent : une minorité de cartels détaillés mais beaucoup d'images... Moi, je n'achète pas un catalogue pour ça ! Je veux du textes, des infos, des débats, des pistes de réflexion, pas un album photo !

mercredi 29 mai 2013

Pour quoi vivons-nous ?

Question existentielle s'il en est, dont l'écho résonne avec plus ou moins de force selon les périodes de la vie. Amis philosophes, lecteurs en questionnement ou curieux égarés, ce livre de Marc Augé ne vous donnera pas de réponse. Soyez-en conscients. Il ne vous donnera d'ailleurs que des pistes, façon terre battue plutôt que goudronnés et peu d'indications. Vous l'avez compris, je n'ai pas trouvé ce que j'espérais dans cet ouvrage. 

DR

L'intro était pourtant assez alléchante. Dressant le portrait d'une famille Dupont, empêtrée dans la routine et la consommation, l'auteur interroge sur le sens du bonheur et sur la relation aux autres. Puis, il dessine le chemin de ses recherches, depuis l'Afrique jusqu'à nos sociétés occidentales. 

Il étudie notamment la place des rites et des relations dans les sociétés africaines, s'attarde sur la place du rêve et des hiérarchies. Il interroge ensuite la mondialisation et la fin des grandes utopies qui laissent un vide. Quelles fins reste-t-il aux hommes, noyés dans une société de consommation qui se plait à faire des pourcentages et des sondages ? Vivant dans le présent, l'immédiateté, que reste-t-il au long terme ? Les religions en prennent pour leur grade ainsi que l'économie et la science. Mais elles constituent autant de pistes que l'anthropologue vise à suivre...

mardi 28 mai 2013

Cartes. Voyage parmi les curiosités et merveilles du monde

Tu crois que tu vas ouvrir un atlas tout bête ? Que ce livre d'Aleksandra Mizielinska et Daniel Mizielinski va te montrer les pays du monde en jolis dessins ? Eh bien tu te trompes ! Il y a bien plus que cela dans ce livre.

On parcourt les continents à mesure que l'on tourne les pages et l'on en découvre certains pays. Il y a des chiffres (superficie, nombre d'habitants) mais aussi les langues, les noms les plus communs, les personnages historiques, les beautés naturelles, les animaux, les plats typiques, les monuments et tout ce qui fait la spécifité d'un pays, d'une culture.


C'est un livre très riche, qu'on feuillette selon son intérêt, dans lequel on peut se plonger pour dix minutes ou deux heures. En effet, il déborde d'informations. A chacun d'y puiser. Et aux enfants d'interroger : qu'est ce que cet animal ? Pourquoi il y a une voiture en France ? ça se mange ce plat ? Oh, des montagnes, la mer, les baleines, les pingouins etc.
Bref, une vraie mine de trouvailles ! Et des illustrations sympa !

dimanche 26 mai 2013

L'Assassin royal. La voie magique et La reine solitaire

Les tomes 5 et 6 de L'Assassin royal de R. Hobb sont ceux d'une quête. 

Fitz est en quête de Vérité, le roi parti à la recherche des anciens depuis bien trop longtemps. Je ne sais pas si vous avez besoin qu'on vous rappelle la liste des drames mais quand même... Subtil est mort, Kettricken a disparu dans les montagnes, la côte est dévastée par les pirates qui tuent, saccagent et forgisent (transforment les êtres humains en zombies, plus ou moins), Royal s'est sacré roi, a rétabli l'esclavage et les jeux du cirque... et part en guerre contre ses propres alliés. Sans compter que Molly n'est pas en super forme. Enfin, c'est un peu la cata.

Mais Fitz trace la route. Pas forcément tranquillement. Mais il progresse petit à petit vers Vérité qui lui a artisé de le rejoindre. En chemin, il retrouve des amis et s'en fait de nouveaux : Caudron, une vieille dame peu bavarde et Astérie, une jolie ménestrelle. Ensemble, ils vont s'approcher au plus près de l'art, des anciens et de leurs cités en ruines.

On reste attentif jusqu'au bout ! Et on termine un cycle avec le tome 6. Je ne vais pas vous en dire plus mais la surprise continue dans ces deux tomes. Pas de lassitude, juste l'envie de tourner les pages plus vite, pour savoir et comprendre ! 

samedi 25 mai 2013

L'Assassin royal. Le poison de la vengeance

Le tome 4 de la série de R. Hobb mérite un billet.

Nous avions laissé Fitz dans une détresse incroyable dans le précédent tome. Soigné par Burrich, il apprend à se comporter à nouveau en homme. Il réapprend. Il retrouve la mémoire et ses talents mais non sans difficultés. Oeil-de-Nuit reste à ses côtés, plus proche que jamais. 
Pour Fitz, c'est l'heure de faire ses propres choix. Toutes les possibilités lui sont ouvertes. Abandonné de tous et rempli de haine, il choisit la vengeance. Son but : trouver Royal et le tuer. Mais ce ne sera pas si simple... 

Ce tome, c'est le moment typique où le héros, laissé à lui-même, ne peut s'empêcher de faire l'imbécile. Il a des côtés un peu agaçants le Fitz mais il faut reconnaître que, dans l'ensemble, on a plutôt envie de le soutenir ! Et de le voir se reconstruire. Mais rassurez-vous, ce n'est pas pour tout de suite. Il va encore lui falloir perdre et sacrifier un peu plus.


vendredi 24 mai 2013

L'assassin royal. L'assassin du roi et La nef du crépuscule

Suite de l'histoire de Robin Hobb. Attention, il vaut mieux lire les billets (et les livres) dans l'ordre. Et il y a des spoilers plus bas !

Le petit Fitz revient à Castelcerf après son séjour prolongé dans les montagnes. Il retrouve Vérité, toujours occupé à artiser pour défendre les Six-Duchés contre les pirates, Kettricken, la fière reine des montagnes très seule, Royal, toujours venimeux... Fitz achète un loup, qu'il baptise Loupiot. Et se lie à lui par le vif. Le début d'une belle amitié, ...non, d'une meute !

Au château, il croise Molly, devenue servante. Il brûle pour elle en secret. Et il poursuit son travail d'assassin pour le roi... Je n'en dirai pas plus mais sachez que dans le tome suivant, Fitz devient marin et affronte les pirates rouges. Vérité, épuisé, se lance dans une quête qui semble n'avoir aucun sens. Aurait-il perdu l'esprit ? 
Ce troisième tome est certainement le plus intense. Fitz y traverse un nombre d'épreuves incalculable. Et découvre la vraie nature de pas mal de monde...

La plume de Robin Hobb est un délice. Simple, imagée, elle fait surgir les événements avec talent et doigté. Impossible de lâcher ces deux tomes avant la fin ! 

jeudi 23 mai 2013

La machine patrimoniale


Ce livre de Jeudy est assez étonnant. Il s'intéresse à la conservation du patrimoine et s'interroge sur la multiplicité des lieux de mémoire. Il estime que cette omniprésence, qui garantit la sauvegarde du patrimoine, crée une haine de ce dernier. Il est ensuite question des appropriations identitaires autour du patrimoine à l'heure de la mondialisation. Et finalement, un type de site ne pourrait-il pas être conservé pour l'ensemble ? L'auteur poursuit sur le sens des musées, sur la façon dont il abolit les différences culturelles. Dont il scientifise le discours, parfois aux dépens de l'émotion...

Bref, c'est un essai sur le patrimoine qui change beaucoup de l'ordinaire !

samedi 18 mai 2013

Camille Claudel 1915

Observer Camille Claudel, incarnée par Juliette Binoche, se débattre dans un asile de fous. Encadrée par des sœurs. S'ennuyer. Espérer être délivrée de ce lieu par son frère, Paul Claudel. Plonger dans des crises de paranoïa. Ou de larmes. Prier. Aider les sœurs...

Comme Camille, le spectateur s'ennuie. Comme Camille, le spectateur est très mal à l'aise devant les résidents de l'asile (qui ne sont pas des acteurs mais des résidents réels). 

Un léger espoir se fait jour avec l'apparition de Paul Claudel. Pour aussitôt retomber dans un blabla catho-lyrique.

La cerise sur le gâteau : les sœurs-infirmières à la diction improbable et surjouée...

Bref, un film qui n'était pas pour moi ! 

paranoia claudel causeuses

mercredi 15 mai 2013

Le musée éphémère

Sous-titré "Les Maîtres anciens et l'essor des expositions", ce livre de Francis Haskell aborde l'histoire des expositions temporaires.

Tout commence à Rome au XVIIe siècle où les collectionneurs prêtent une partie de leur collection pour l'exposer dans des églises à l'occasion de festivités. On trouve aussi des expositions en France lorsque Napoléon pille les églises européennes et enrichit le Louvre de toutes les œuvres d'art qu'il croise sur son chemin. Mais l'exposition dédiée à un peintre sous forme de rétrospective ne prend véritablement naissance qu'au XIXe siècle, en Angleterre : la British Institution organise une exposition des toiles de Reynolds (1813), après avoir obtenu des prêts de collectionneurs. Haskell signale que dans les expositions précédentes, il n'était pas rare de voir des faux et des copies, disposées là sur la volonté de leurs possesseurs. Bref, la rigueur scientifique n'était pas la même...
Mais l'exposition la plus marquante est certainement celle de Manchester en 1857 : Art Treasures of the UK. C'est une exposition gigantesque avec tous types d’œuvres, aux ambitions scientifiques (classement chronologique).
Puis le propos couvre les expositions qui comportent des messages autres qu'historiques ou artistiques, ces expositions qui sont autant de démonstrations de la supériorité d'une culture, d'une nation : les expositions d'inspiration nationaliste. Et cela, depuis la fin du XIXe siècle jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale. L'exemple de l'exposition italienne de 1930 à Londres soutenue par Mussolini en est un bel exemple. 

Ce que souligne Haskell, et qui est assez amusant, c'est que ce sont les particuliers qui prêtent pendant tout le XIXe siècle : les musées sont plutôt réticents et ce jusqu'à la Première Guerre mondiale. Et les expositions commencent au même moment à mettre en lumière des figures oubliées ou moins connues de l'histoire de l'art. Elles servent de révélateur au grand public !

Francis Haskell conclut sur l'aspect éphémère de l'exposition, sur son coté spectaculaire aussi. "Jamais plus on ne reverra une telle exposition" déplorent les journaux expo après expo. On sent aussi, et dès le XIXe siècle, la surenchère : il faut que ce soit unique et inoubliable. Et ce, tous les ans ! 
De même, la structure même des musées s'est trouvée modifiée par ce goût de l'exposition : des espaces sont dévolus aux expos temporaires, il n'est quasiment pas d'oeuvre qu'ils refusent de prêter et  le succès même de ces expositions reflète la santé du musée...
Mais l'auteur met en garde son lecteur. Les œuvres s'usent, les conservateurs n'ont plus de temps pour les acquisitions et autres tâches, la spéculation sur les objets s'accentue lorsqu'une expo les met à la mode, les catalogues deviennent les uniques publications de référence sur certains artistes alors même qu'ils délaissent un pan de son oeuvre et limitent la publication de monographies savantes.

Bref, ce livre est une véritable mine sur l'histoire des musées, des expositions et de leur succès. Il donne des clefs de lecture historiques mais interroge également sur notre rapport consumériste à l'exposition temporaire. De quoi faire réfléchir le lecteur au choix de ses prochaines sorties muséales...

mardi 14 mai 2013

Le bonheur conjugal

Autant l'annoncer tout de suite, la vie conjugale selon ce roman de Tahar Ben Jelloun n'est pas rose. On y cherche le bonheur.

La vie conjugale du peintre et de sa femme nous est racontée par les deux protagonistes. Le peintre commence. Il est resté paralysé suite à un AVC. Il s'agace de ce corps devenu lourd et rumine son passé, notamment sa vie conjugale avec une femme qu'il dit adorer même s'il la trompe, travaille beaucoup et lui parle peu. Il contemple la déchéance de ce mariage.



Amina prend ensuite la parole et livre sa version des faits. Enfant adoptée, elle vit dans le ressentiment. Elle est jalouse et violente dans ses propos et ses actes. L'aime-t-elle encore, ce peintre bloqué en fauteuil ? Peut-elle lui pardonner ses écarts ? C'est tout l'enjeu de cette seconde partie.

Un roman dur sur le mariage, sur l'usure et le désamour... Brr...!
Heureusement que le style reste sympa parce que le thème ne m'a pas emballée.


lundi 13 mai 2013

La guerre civile est déclarée

Merci aux éditions Dialogues pour l'envoi de ce roman de Christophe Paviot. Malheureusement, je n'ai pas vraiment accroché à ce livre. Pas un souci de style, ni de sujet. Un souci de sens.

Anthony, qui se fait appeler Arnaud, est manager dans une société d'assurances à Rennes. Il sort avec Estelle. Il s'habille mal. Il n'utilise presque pas sa carte bleue. Il ne passe pas dans les rues sous vidéosurveillance. Il brûle des voitures neuves. Et ses actions vont de plus en plus loin...
Arnaud est révolté sous ses apparences passives. Il cherche sa liberté. Il cherche à déstabiliser le système actuel, celui de la surconsommation. Il veut réveiller les citoyens endormis dans leur confort. Il n'est d'aucun parti. Il agit seul. Il détruit.


L'idée était intéressante, qu'en pensez-vous ? 
C'est pas mal de vouloir sortir la société de son inertie. Mon reproche concerne l'absence de proposition du roman. Le personnage principal reste dans cet objectif de destruction, de recherche de liberté mais pour quoi ? Pour quelle société ? Pour quel idéal ? J'ai eu l'impression qu'Arnaud était juste "contre"... Et j'ai trouvé cela un peu facile !

Ce roman se lit bien. Il livre un regard critique, teinté de noir, sur notre société. Il offre un personnage de résistant, qui reste détestable : Arnaud est froid et calculateur, on ne sent aucune sympathie pour quiconque chez lui. Impossible de l'apprécier !

vendredi 10 mai 2013

Syngué Sabour - Pierre de patience

Une mère, une épouse. Voilà le personnage principal de ce film. 

Dans un pays en guerre, une femme veille sur son mari, plongé dans le coma. Avec les moyens du bord, elle cherche à le maintenir en vie. Mais elle doit aussi veiller sur ses fillettes dans une ville où bombardements, viols et assassinats sont monnaie courante. Lorsqu'elle soigne son époux, la belle se confie progressivement. Elle lui raconte les fiançailles et le mariage dont il était absent, soldat dévoué à son pays. Elle lui parle de ses sentiments, de ses souffrances. Il devient une "pierre de patience" qui recueille tous les secrets de son épouse. 


Ce film d'Atiq Rahimi et l'actrice principale, Golshifteh Rarahani, sont superbes et tous deux signent une oeuvre poétique et touchante. 

jeudi 9 mai 2013

L'Assassin royal. L'Apprenti assassin

Ce roman de Robin Hobb est une belle surprise. J'avais entendu parler de ce cycle mais je n'étais que moyennement tentée. Et pourtant, une fois lancée, je n'ai eu qu'une envie : découvrir la suite.


Tout commence lorsque Fitz, six ans, rejoint Castelcerf, la ville royale. Bâtard du roi-servant Chevalerie, il grandit dans les écuries et les cuisines avant d'être pris en charge par Umbre, un empoisonneur et assassin au service du royaume.
Fitz ne rencontrera jamais son père, qui abdique en faveur de Vérité lorsqu'il apprend l'existence de son bâtard  Il fréquentera pourtant Subtil, le roi dont il devient un nouveau pion, Vérité, le nouveau roi-servant, et Royal, un prince qui déteste Fitz.
Devenu jeune-homme, une nouvelle compétence lui est apprise : l'Art. Un curieux moyen de communication via l'esprit...

On s'attache terriblement à Fitz, on s'intéresse à ce pays ravagé par des pirates, on s'inquiète pour le royaume. Bref, ce roman se dévore ! Il vaut mieux avoir la suite sous la main.

lundi 6 mai 2013

Pierre Rabhi. Au nom de la terre

Ce film m'a permis de découvrir Pierre Rabhi, partisan de l'agro-écologie. En gros, l'idée est de cultiver son jardin sans polluer et affaiblir la terre. A travers son exemple, on découvre les témoignages de chefs d'entreprises ou d'associations sensibilisées aux mêmes sujets.

Prônant un retour à la joie simple, à une société heureuse qui ne soit pas celle de la consommation effrénée, ce film tourne parfois trop à l'hagiographie, non de la part de Pierre Rabhi mais plutôt de ceux qui le fréquentent. Et l'on peine à faire le tri entre les actions des uns et des autres.  

Un propos qui pourrait être intéressant s'il était moins centré sur les scènes de culture du potager et s'il entrait un peu plus dans le vif du sujet : une agro-écologie globale, c'est une belle idée, mais comment ça peut nourrir des milliards d'individus ? Et si Pierre Rabhi fait figure de précurseur qui n'a jamais dévié de son but, c'est un peu moins le cas des autres intervenants, qui semblent finalement assez opportunistes... 


samedi 4 mai 2013

Hansel et Gretel

C'est décidé, plus de places prises via un abonnement à l'opéra. En tous cas, rien à Garnier ! Nous n'avons jamais été aussi mal placés que pour ce spectacle. 


Cet opéra d'Humperdinck nous conte l'histoire de ces deux enfants perdus dans la forêt et emprisonnés par une sorcière dans une maison en gâteau... Pendant une petite partie du deuxième acte. Mais l'essentiel se déroule dans la maison d'Hansel et Gretel, auprès de leurs parents. Les deux enfants, désobéissants et affamés, font des bêtises. Ils sont alors enfermés dans leur chambre. Eh non, ils sont dans la forêt. Grâce à une mise en scène d'apparence symétrique, nous oscillons entre deux mondes : une version de conte et une version plus réelle (et psychanalytique).

Des airs sympathiques et enfantins portés par deux chanteuses, très convaincantes. Mais un ensemble dont on sort un peu perturbé par cette double mise en scène...

vendredi 3 mai 2013

Photos de familles. Un roman de l'album

J'ai découvert Anne-Marie Garat par le roman. Et quel roman
Et j'y reviens par l'essai. 

Dans ce livre, Anne-Marie Garat nous partage son goût pour les photographies. Ces images anciennes (pour nous qui ne faisons plus développer nos photos mais les stockons sur nos ordinateurs) conservées précieusement dans des albums, que sortent les grandes tantes avec le goûter, une fois l'an. Ces images en vrac dans des boites à chaussure, vendues trois francs six sous sur une brocante. Ces images qui donnent l'éternité à des familles, qui figent nos 17 ans et que l'on contemple ensuite avec nostalgie. 

L'auteur s'intéresse à ces photos comme à un matériau romanesque. En les regardant, elle imagine une vie à cette famille autour de sa maison, à cette fratrie chez le photographe, à cette mère de famille, etc. Elle s'interroge également sur le statut de ces photos : pourquoi les a-t-on déchirées ? pourquoi tel personnage a-t-il été gribouillé ? Quelle sombre histoire derrière ce geste ?
Il est intéressant de lire le rapport personnel de l'auteur à l'image photographique, à l'appareil photo familial, à la photo numérique. Bref, pour nous qui sommes saturés d'images, ne délaisse-t-on pas trop l'objet "photo" ? Personnellement, c'est une lecture qui m'a donné envie de faire développer des photos. Pas toutes. Mais celles des gens que j'aime.

Qui a encore aujourd'hui sa famille dans son portefeuille plutôt que sur son portable ? Nostalgie, passéisme, matérialisme ? Qu'en pensez-vous ?

jeudi 2 mai 2013

L'Impératrice Joséphine

Après Madame Récamier, Joséphine. On reste à peu près dans la même période mais l'on fréquente d'autres gens. Les Bonaparte et les Beauharnais, notamment. 


Françoise Wagener retrace la vie de cette créole au destin étonnant. Née à la Martinique, elle se rend en France pour épouser Alexandre de Beauharnais, un mari jaloux qui lui fera deux enfants : Eugène et Hortense. Elle traverse la Révolution dignement mais y perd son époux. Et épouse Napoléon. Et bientôt, elle est propulsée impératrice.
Joséphine, telle qu'elle est décrite dans cette biographie, c'est la grâce, le charme, la bonne éducation. Elle n'est pas très jolie mais elle fait attention à elle. Elle écoute chacun et intercède pour tous. Elle est stoïque, discrète et soutient les siens. Elle est aussi dépensière, infidèle (mais moins que je ne le pensais) et un peu frivole... mais c'est de bon ton !

Bref, on découvre avec ce livre une femme sans qualités exceptionnelles, qui sait s'adapter aux bouleversements de son existence avec constance et facilité. On la découvre bienveillante et douce, une influence bénéfique sur la Cour (et peut-être sur Napoléon même si les relations entre les deux époux sont certainement plus complexes qu'il n'y parait par leurs simple correspondance).
Une biographie qui se lit bien, avec un personnage principal attachant. Rien à voir avec cette chère Juliette Récamier...

mercredi 1 mai 2013

Le repas des fauves

Paris occupé. Des amis se retrouvent pour fêter un anniversaire. Entre le marché noir et les combines, le dîner s'annonce radieux. Bon, tout le monde ne s'entend pas bien mais avec quelques verres, tout ira mieux !
Sauf... qu'un allemand est tué en bas de l'immeuble et que chaque appartement doit livrer des otages. Comme le commandant allemand connait l'hôte de l'anniversaire, il lui laisse le choix : les otages ne seront pas désignés par hasard ici. Commence alors un plaidoyer pro domo de chacun des acteurs...

Va-t-on livrer le médecin, le collabo, le soldat blessé, la veuve de guerre, le prof ? Ou le libraire accueillant et sa jolie femme qui fête son anniversaire ? 
La tension monte et chacun se montre prêt à tout pour sauver sa peau : mensonge, égoïsme, cynisme... Qui mérite de vivre ? Qui mérite de mourir ? 

Remouleur-repas-fauves

Brillamment jouée au théâtre du Palais Royal, cette pièce nous a véritablement emballés. Les acteurs sont excellents, les animations très chouettes. Tendus pendant toute la durée du choix, attentifs aux comportements et aux psychologies des personnages, nous sommes sortis en nous demandant qui devait mourir. Et comment nous aurions réagi dans des circonstances semblables.