mardi 20 septembre 2011

L'ombre du vent

Voilà un roman de Ruiz Zafon que toute la blogo a lu ou souhaite lire. Et qui recouvre tellement d'attentes qu'il est difficile de passer à la lecture sans craindre la déception. Heureusement, Felina a lancé une lecture commune sur Livraddict. Une bonne raison pour le sortir de la PAL. 

Daniel et son père, libraire à Barcelone, rejoignent un endroit curieux, qui fait rêver tout amoureux des livres : le cimetière des livres oubliés. Un endroit qui m'a rappelé les catacombes de la Cité des livres qui rêvent. Daniel doit y choisir, y adopter un roman. Il emmène L'ombre du vent, de Julian Carax. Très vite, il comprend pourquoi ce livre a été caché. Il est rare et en danger. Les bouquinistes se l'arrachent car toute l'oeuvre de Carax a été brûlée. Un étranger laid comme le diable cherche à terrifier le garçon pour récupérer le livre. Bref, Daniel doit vite renvoyer son trésor d'où il vient tellement il déchaîne les passions. Daniel, marqué par sa lecture, va tenter d'en savoir plus sur l'auteur et son histoire. Fugitif vivant à Paris, il est mort, selon les autorités. Mais plus Daniel met son nez dans ce qui ne le regarde pas, plus il tire des conclusions troublantes. La recherche de Carax constitue un pan de l'histoire mais certes pas la totalité. Car Daniel est un jeune garçon que l'on suit entre enfance et adolescence, de Clara à Béa, de Tomas à Fermin. Ces personnages, je préfère que vous les rencontriez vous-mêmes pendant la lecture, ils ont tant à raconter.


Ce roman est donc particulièrement prenant et la quête de Carax, ardue. L’atmosphère de Barcelone, loin des images ensoleillées que j'en ai, est sombre, brouillardeuse, tendue par les suites de la guerre. Le roman lui-même en tire des teintes gothiques. Car ce n'est pas moins qu'un fantôme que cherche Daniel.

Toutefois, je ne suis pas entièrement amoureuse de cette lecture.
Explications : 
- J'ai regretté qu'un libraire et un passionné de littérature ne parle pas plus de livres que cela. 
- J'avais pressenti cette fin. 
- Le style de l'auteur m'a laissée froide. 
- J'ai trouvé la révélation de Nuria frustrante et facile en tant que procédé narratif. Je n'aime pas ce genre de fin précipitée où un personnage annonce qu'il sait tout depuis le début. 

Mais un sentiment plutôt sympa dans l'ensemble !

lundi 19 septembre 2011

Terrienne


Je mourrais d'envie de lire le dernier Mourlevat. Il faut dire que ses précédents romans plaident pour lui : bien écrits, prenants, imaginatifs... Un vrai plaisir !

Celui-ci n'échappe pas à cette beauté du roman bien ficelé. Avec en plus, des personnages attachants, surtout l'héroïne, une adolescente atypique. Son but dans la vie ? Retrouver sa soeur Gabrielle, disparue depuis son mariage avec un homme plutôt étrange. Disparue qui plus est dans un monde parallèle, lisse, où la mort n'existe pas, où le rire est absent, où respirer est un crime, pleurer impossible. Un monde sans saveur, standardisé. Un monde où les terriennes sont des prostituées pour de riches hommes un peu dégoûtants et déviants.
Anne va se lancer dans ce monde pour sauver sa soeur qu'elle imagine désespérée. Enfin, un appel au secours l'en a convaincue. Et elle entraîne dans ce monde un écrivain, Virgil, un homme âgé ému par sa fraîcheur et intrigué par son comportement. 

Tous deux se lancent dans une aventure qui les dépasse. Heureusement, ils ne seront pas seuls. Car des enfants atypiques peuvent naître d'une terrienne et d'un homme de ce monde. Ceux-ci, engagés dans l'armée, sont mis à l'écart et envoyé en "chasse" sur terre. L'un d'entre eux se souvient d'Anne...

Encore une fois, bravo à Mourlevat pour la création de ces mondes, si froids, si déshumanisés, si imaginatifs. Bravo pour ces histoires qui ne se finissent pas vraiment bien. Encore une fois, un beau voyage.

dimanche 18 septembre 2011

L’envoûtement de Lily Dahl

Tiens, un second Hustvedt en peu de temps. Il faut dire que les retrouvailles ayant été mitigées, il est d'autant plus facile de les prolonger pour retrouver le coup de foudre initial

Dans une ville américaine, loin de New York, Lily est serveuse au café du coin. Elle est belle. Elle rêve de ressembler à Marilyn. Elle déclenche des passions. Mais elle fait son petit bonhomme de chemin, curieuse, un peu tête en l'air, bohème.

Parmi les clients du bar, les frères Dick et Frank Bodler, dont le père aurait tué son épouse et qui vivent de la vente de vieilleries. Lily y découvrira des chaussures, une paire ancienne, blanche, qui une fois enfilée lui donne des ailes, puis la gène à telle point qu'elle veut s'en débarrasser.
Marty est aussi un habitué, sans surprise dans ses commandes. Il bégaie mais excelle au théâtre. 
Hank, l'ex un peu collant et louche.
Et le peintre de l'hôtel d'en face, Edouard Shapiro, qui couche avec Dolorès, que Lily observe chaque soir de sa fenêtre, anonyme... Jusqu'au strip tease.
Une peinture qui la met mal à l'aise, un homme qui l'impressionne. Et qui peint son amie, la vieille Miss Mabel. Celle qui écrit ses mémoires et déplore la perte de son regretté époux. Qui lui donne des cours de théâtre, qui l'encourage.. La trompe, peut être ?


Lily, au milieu de cette ville plutôt banale, c'est un tourbillon. Par petites touches, elle ose. Elle fréquente la décharge des frères Bolder, Marty, Edouard. Elle semble perdre ses repères, plonger dans des histoires un peu malsaines. 

La narratrice nous confronte aux fantasmes, à la violence, à la folie et au train de vie d'une ville où tout le monde se connaît. Dérangeant, prenant. Un peu à la Kasischke parfois. Original et plaisant. 

vendredi 16 septembre 2011

Mots de tête


Contrairement à Ahmed qui annonce « A force de lire, j’ai les mots de tête », j’aurais bien passé plus de temps avec Dominique Resch. Car plus je le lisais, plus j’appréciais son humour, son écriture fluide et dynamique, rythmée de phrases percutantes. Et son environnement.

Pourtant, ce n’était pas gagné.

Professeur à Marseille, dans des quartiers pas très faciles, notre narrateur montre là une extraordinaire passion pour son métier et ses élèves. Au fil de l’année scolaire, de septembre à juin, avec des effectifs plutôt faibles en ces mois extrêmes ou une classe bien remplie entre deux, nous suivons le professeur. Nous rencontrons ses élèves : Tonio, plutôt bavard, qui découvre les compléments circonstanciels et possède un portable dernière génération, Jérémy, qui se promène armé, Loïc, qui pense beaucoup mais parle peu. Et les autres, présents par petites touches, phrases, attitudes. Le tout, empreint de bienveillance à l’égard de ces jeunes, d’humour sympa, de sourires.

Le corps enseignant est également présent via quelques noms, Emilie, petit bout de femme qui sait se faire respecter, Francis, surveillant costaud mais pas trop, Marc, prof pas toujours dans les clous mais bon dans ce qu’il fait, un inspecteur plus ou moins finaud… Et des profs pas sympas, ceux qui brisent des élans, déclenchent des détestations pérennes. Tout ce petit monde défile dans nos chapitres, qui déroulent les mois et alternent les thèmes.

Je ne sais pas si être prof ça ressemble à ce livre. Je m’en fiche. Je connais par les enseignantes que je fréquente les expériences des unes et des autres, les facilités de l’enseignement dans un collège catho du 3e mais aussi son ennui, les difficultés d’une ZEP, les bonnes surprises d’un cours, l’impossibilité de mener à bout un autre. Après tout, ce qui m’a plu ici, c’est cette joie de vivre et d’enseigner, cette façon d’avoir, en toutes circonstances, du toupet, de l’humour et des ressources. Evidemment ce n’est pas drôle tous les jours mais ce que nous signifie Dominique Resch, c’est une vocation assumée et adorée. Car être archetier finalement, ça doit sembler bien monotone !

Merci à Chroniques de la rentrée littéraire pour ce roman.

mercredi 14 septembre 2011

Palimpseste

Merci à Silvanna et Nouveaux Millénaires pour ce roman de Charles Stross, une belle découverte.

Dans un univers étranger, à moins qu'il ne s'agisse du notre, un homme est formé pour des missions secrètes. Il est amené à voyager dans le temps et dans l'espace, à réécrire le passé, à être confronté à l'histoire, à ses contradictions et à ses propres choix. 

Balloté entre plusieurs vies, plusieurs identités, Pierce, semble victime d'un complot qui le dépasse.

Et en contrepoint, l'histoire de la terre, des conquêtes des mondes, de la création, nous est contée.

Voilà un roman sur le voyage dans le temps des plus étonnants que j'aie lus. Reprenant le principe du texte réécrit sur un précédent, graté, C. Stross nous offre une aventure et un personnage à facettes. 

Un roman étrange, complexe parfois, il est nécessaire de s'accrocher... Et je déconseille de découvrir la SF par ce biais. 

lundi 12 septembre 2011

Le musée de l'innocence

Quand un livre comporte "musée" dans le titre, je me sens presque obligée de sauter dessus. Alors quand il est signé Pamuk, c'est ni une, ni deux !

Ici, le grand écrivain turc signe un véritable chef-d'oeuvre, une histoire d'amour tragique, classique, portée par un style qui l'est tout autant mais dont les ressorts narratifs laissent des surprises.
Le cadre ? Istanbul, 1975. Kemal Bey va se fiancer avec Sibel mais couche avec Fusun, sa jolie cousine (éloignée, je vous rassure, pas d'inceste dans l'histoire). Il ignore qu'il vit là ses meilleurs moments et que sa vie se déroulera à l’affût des signes que voudra bien lui laisser Fusun. Car le riche stambouliote tarde à prendre conscience qu'il n'éprouve pas que du désir envers Fusun mais un véritable amour. Bien entendu, cela complique un peu ses relations avec Sibel... Et avec tout son entourage, d'ailleurs. Mais il est épris, pris au piège. Rien ne la lui fera oublier, surtout pas l'absence. 

Dans ce livre, il est question d'amour, de souvenir, de mémoire, d'êtres chers, d'Istanbul, de révolutions et de coups d'état, de vie quotidienne, de cinéma, de sexe, de mariage, de littérature, d'objets (kitch souvent)... Et de musée. Car notre héros, Kémal, construit à sa belle un véritable sanctuaire dans lequel il conserve tout ce qu'il a pu garder d'elle, virant cleptomane et fétichiste. 
Kémal et Fusun, ce n'est pas qu'une histoire d'amour banale. Ce roman replace les débats sur la virginité et le mariage dans la société turque, les questions de censure, d'occidentalisation, de politique (de loin)... Bref, c'est en arrière-plan une véritable histoire de la Turquie des années 80 qui s'écrit. Sans fioriture, avec lenteur, un rythme propre à ce pays, de façon très picturale, deux héros romantiques prennent corps devant nous.
Superbe, parfois un peu lent mais toujours sensible.

Orhan Pamuk m'avait touchée avec Istanbul
Un livre qui m'a beaucoup rappelé Le musée du silence

dimanche 11 septembre 2011

Journal d'une bipolaire

Voilà une BD assez particulière, du point de vue de l'histoire comme du dessin. Elle retrace l'histoire d'une jeune femme qui est diagnostiquée comme bipolaire. A vrai dire, Maman l'a achetée pour une amie d'Alice, qui, après de longs séjours à la maison de Solenn comme anorexique, a finalement été diagnostiquée bipolaire. Et nous ne savons toujours pas si nous devons la lui offrir ou non. 
C'est délicat car à la fois, ça peut un peu la rassurer, mais en même temps, cela insiste sur sa maladie. Bref, nous hésitons.

L'histoire, c'est celle de Camille, adolescente sage, qui s'engage dans des voies de traverse. Elle remarque ses difficultés à se concentrer, se drogue un peu, a des grosses chutes de moral jusqu'à attenter à ses jours. Bref, c'est pas l'extase. 
Cette BD de Sébastien Samson, Emilie Guillon et Patrice Guillon montre des hauts et des bas, de courtes guérisons, de longues hospitalisations, des espoirs et des rechutes, des colères, un découragement perpétuel, un espoir éphémère...
Bref, toutes les facettes de la maladie comme a pu les éprouver notre héroïne. 

En noir et blanc, le trait plutôt nerveux, j'ai trouvé cette BD esthétiquement sympa mais tristoune.
A recommander aux proches, mais peut être pas aux patients.

vendredi 9 septembre 2011

Haroun et la mer des histoires

Bon, finalement, ce n'était pas si grave de ne pas lire dans l'ordre les deux romans de Rushdie sur les contes. Je viens de finir le premier après avoir lu Luka et le feu de la vie et ça va très bien.

On retrouve donc Haroun, jeune garçon qui vit dans une ville triste avec sa mère Soraya et son père Rachid, conteur à la voix d'or. Mais lorsque Soraya quitte la maison avec le fonctionnaire médiocre et sans imagination qui habite au dessus, c'en est fini des histoires. Déprimé, Rachid n'arrive plus à émerveiller son auditoire. Et son fils à se concentrer plus de 11 minutes. 
Le coup fatal, c'est quand Haroun lance à son père : "A quoi servent ces histoires qui ne sont même pas vraies ?"
Peiné, le conteur poursuit ses prestations. Mais ne sait plus raconter. Il faut qu'il emmène Haroun dans la ville de K pour que tous deux vivent une histoire incroyable.

Là, Haroun va rencontrer un génie de l'eau qui coupe l'abonnement de son père à la mer des histoires. Haroun s'y oppose et décide de suivre le petit génie dans un monde de contes et d'aventures, mis à mal par un très méchant.
Princesse à libérer et mer à nettoyer de la pollution des histoires, voilà ce qui va constituer l'aventure d'Haroun. Aventure qui va le sensibiliser, on s'en doute, à la force et à la beauté de l'imaginaire.

Belle histoire sur la force du conte, sur la magie des conteurs et leur langue qui embellit le quotidien. Hymne à l'imaginaire qui me fait apprécier plus encore ce cher Salman Rushdie.

jeudi 8 septembre 2011

Djamilia

Oserez-vous lire un roman dont Aragon déclare qu'il s'agit de la plus belle histoire d'amour ? N'auriez-vous pas peur de ne trouver que fadeur et tristesse dans vos prochaines lectures ? A vrai dire, c'est un peu ce qui me retenait d'ouvrir ce livre d'Aitmatov. Et puis j'ai pris mon courage à deux mains !

Tout commence par un tableau dans un atelier. Un tableau qui rappelle au peintre sa jeunesse. Et qui nous conte presque l'origine de sa vocation.

Notre peintre était le petit dernier d'une famille russe. Cette famille, composée de deux mères, un père et plusieurs enfants, vit dans un kolkhoze. Cette polygamie vous intrigue ? C'est simplement histoire de ne pas laisser une veuve seule. Elle doit alors épouser un homme de la famille. Bref, deux ménages vivent l'un avec l'autre, en bonne harmonie. Sauf qu'il ne reste plus beaucoup d'hommes, les fils de la maison étant partis sur le front. Reste donc, Djamilia, bru de la deuxième épouse. Vive, avec son caractère, elle fait le bonheur de tous ceux qui la croisent.
D'ailleurs, notre petit narrateur, Seït, en est plus ou moins amoureux.

Parmi les joies du kolkhoze, il existe l'impossibilité de refuser un travail pour la collectivité. Djamilia, Seït et un soldat blessé, Danïiar, ont donc pour rôle d'amener les sacs de grain à la gare. Ce n'est pas un travail de femme ou d'enfant mais il n'y a plus d'hommes...
Le soir, sur le chemin du retour, ils chantent. Ou plutôt, Danïiar chante. Et Djamilia change...


Courte histoire que celle-ci, concentrée en quelques mots, quelques situations essentielles. Belle histoire sur la liberté et le choix, l'amour aussi, peut être...

mercredi 7 septembre 2011

Et rester vivant

Jean-Philippe Blondel, c'est une découverte assez récente pour moi. Ce fut aussi une véritable belle rencontre. Cette façon de faire monter l'angoisse, d'exploiter un quotidien pas si simple, bref, cette écriture m'avait charmée. Mais je n'ai pas pour autant poursuivi la lecture de toute son oeuvre, honte sur moi.

Quand Libfly m'a fait parvenir ce livre, j'ai sauté de joie. Je savais que cette écriture me plairait, que l'ambiance serait à la hauteur de mes attentes, que ce livre serait de toute façon bouleversant. Et il le fut. Différemment des précédents.
J'ai du mal à savoir ce qui est du narrateur et ce qui est de l'auteur, à quel point ce roman est autobiographique, s'il ne l'est pas, il fait tout pour sembler l'être. 

Le narrateur doit se faire opérer des dents de sagesse quand son meilleur ami et son ex entrent dans la chambre d'hôpital. Son père est mort. Quelques années après que sa femme et son fils aîné aient été tués dans un accident de voiture. Le narrateur est désormais seul au monde. 

La période de l'enterrement et des premiers jours de l'orphelin passe comme dans un brouillard : les insultes au père mort, la vente des biens, la famille et ses mots atroces. Puis une décision est prise. Le trio va partir, fuir ce malheur pour des rivages plus joyeux ou en tous cas différents, les States.


Inspiré par une chanson de Lloyd Cole, Rich, qui évoque Morro Bay, le narrateur n'a plus qu'un seul désir : voir cette plage. 

Le voyage, les rencontres, les choix, ... Ce départ est une remise en question, une remise en route après ces traumatismes. Un questionnement de la vie, des relations humaines surtout. 

Ce qui est remarquable encore une fois, c'est la puissance des émotions qui se dégagent de ce livre. Bien entendu, la situation est extrême qu'il s'agisse de l'atmosphère de mort comme de l'histoire d'amour (décidément, les triangles amoureux, c'est une constante chez lui). Mais le style est plutôt sobre, posé...
Encore une fois, une belle découverte pour cette rentrée littéraire 2011 !

Le roman voyage. Il est déjà passé chez Nina, chez Petite Fleur et chez Achille 49

mardi 6 septembre 2011

Sunset Park


Bon ou mauvais cru ? La question se pose régulièrement pour les productions de mon cher Paul Auster. Sceptique lors de ma lecture de Dans le Scriptorium, un peu déçue par Invisible, je suis très peu convaincue par le dernier opus : Sunset Park.

Prenez une série de personnages qui ont du mal à grandir, des culpabilités, des chocs qui créent autant de traumatismes, pas de psy disponible ; mélangez tout cela dans une ambiance un peu hors du temps ; voilà le dernier Auster. Bon j'exagère un peu, c'est la déception qui parle.


Miles Heller, quand nous le rencontrons, prend des photos. C'est un peu son passe-temps, ces photos d'objets abandonnés par la population américaine trop endettée pour conserver ses logements. Mais sa véritable passion, c'est Pilar, son adorable amoureuse qu'il doit abandonner sous peine d'être accusé de détournement de mineure. Et la littérature. Mais il l'exprime peu. Et les joueurs de base ball, surtout quand ils ont des noms étranges et des destins hors du commun. 
Miles, sous ses airs de normalité, cache une blessure. Il a quitté ses parents depuis sept ans suite à un accident...

Quittant la Floride pour New York, notre héros va devoir renouer avec son passé. Il retrouve tout d'abord Bing, son seul correspondant depuis sept ans, et va cohabiter avec lui dans une maison délaissée. 
Tout est un peu moribond dans ce livre : un lieu où Bing répare les objets que l'on ne fabrique plus, un film sur la guerre, un cimetière, des livres et leurs éditeurs, des maisons et des objets oubliés, des gens cassés...
Heureusement, nous découvrons les filles du squat, Ellen et Alice, qui m'ont plutôt séduite : l'une bosse sur sa thèse comme une forcenée, l'autre dessine des images érotiques. Et puis, il y a les écrivains que fréquente de père de Miles, éditeur.

Mais ces petites touches ne parviennent pas à rendre ce roman incontournable. Pour moi, c'est, hélas, un mauvais cru, qui se complaît dans la culpabilité et les regrets

lundi 5 septembre 2011

Un avenir

Véronique Bizot : cette auteur me disait quelque chose. Je ne sais où j'ai pu lire son nom. Mais je peux d'ores et déjà vous dire que j'aime son écriture. Quant à son Avenir, c’est un autre débat…

Cette invitation, ce n'en est pas vraiment une. C'est le retour au pays d'un homme, Paul, qui vient vérifier que les canalisations ne sautent pas en l'absence de son frère, Odd. Odd, en voilà un qui porte bien son nom. Que peut-il bien faire dans cette énorme maison, seul, à longueur d’année ? Odd, certainement pas le plus bizarre de la fratrie. Odd, dont on ne sait presque rien. Comme du narrateur, du reste. Odd, parti pour combien de temps ? Et pour quel motif futile ? Voilà un scénario qui s'écrit sur de bien maigres prémisses. Et pourtant, ça avance plutôt bien.
Car cette maison, glacée, sans eau, sans trop de conserves, bloquée par la neige, c'est la maison d'une enfance. Celle de trois soeurs et deux frères.
Celle d'une famille pas très normale, comme beaucoup. Et que l’on découvre de façon impressionniste, par touches, par enchaînement d’idées pas toujours limpides. Un décalage entre les tons pastel de la neige, étouffante, et les tons vifs des souvenirs, comme revivifiés par ce retour.
Ce retour au pays, c'est le temps de la nostalgie, un peu. Et finalement, on en apprend moins sur notre narrateur que sur ses sœurs par exemple, femmes d'artiste et d'architecte. Ou internée. Sur leurs balades à cheval avec leur mère. Sur les voisines.

Une action très réduite. Une écriture précise. Un personnage flou. Une atmosphère oppressante.

Lu rapidement parce que court mais qui ne laissera pas un impérissable souvenir car trop nuageux pour moi.

samedi 3 septembre 2011

Contes Myalgiques II. Les atouts du diable


Ce deuxième volume de nouvelles de Nathalie Dau m'a moins touché que le précédent, je dois vous l'avouer. Est-ce le thème ? l'habitude ? Aucune idée mais j'ai été moins réceptive.


Bon, je vais tout de même vous signaler ma favorite : Knock, knock, knocking on Hell's door. Elle concerne un jeune garçon, envoyé à la mine pour faire vivre sa famille. Pas de sentimentalisme, c'est son boulot, c'est son destin. Mais il se méfie car à creuser la terre, on est bien vite sur les domaines du diable... Une très belle interprétation des contes et rumeurs du monde minier.
Raven Party était assez prévisible mais sympa dans le genre 'j'ai un accident au milieu de nulle part".
J'ai aimé la tristesse de Pour Camille et cette ambiance de Noël.
Celle qui demeurait a aussi fait résonner des sons et des images en moi de même que Pour qui sonne Clochette ?
Et Le saut de l'ange devrait plaire à qui aime la compagnie des chats.

Bien sûr, il y a encore bien des nouvelles dans ce recueil, toutes portées par cette jolie plume et cette pertinence des sensations, des mots et des images. Les inspirations sont multiples, contemporaines ou historiques, européennes et africaines, amazoniennes et légendaires...
Bref, il y en a pour tous et toutes et chacun peut y trouver son bonheur !

vendredi 2 septembre 2011

Rom@


Je ne connaissais Stéphane Audéguy que de nom. Jamais je n'ai ouvert un de ses livres et je ne savais pas trop ce que j'y trouverai. J'avais toutefois un a priori positif de par le titre de ce livre. Car il est question de Rome, de la belle ville éternelle. Et Rome nous apparaît sous toutes ses coutures, ses quartiers, ses époques, ses figures. Car Rome, c'est les vacances romaines, c'est un Goethe curieux, ce sont des armées, des souverains pontifes, des esclaves, des sectes religieuses...

Ce livre m'a beaucoup plu mais je ne suis pas sûre qu'il plaira à tous. Amateur d'intrigues linéaires et de clarté narrative, passez votre chemin car ce livre tient du dédale. L'exploration de ses voies est assez obscure et la cohérence générale m'échappe encore un peu. 

Différents personnages devant nos yeux. Un garçon, élevé à la force des jeux vidéo. Un créateur de jeux qui rêve Rome plus belle qu'elle n'a jamais été. Des célébrités : Audrey Hepburn, Goethe...
Et la ville même prend vie et parole. Elle est fatiguée de porter des hommes, elle se remémore les instants anciens. Etonnante cette ville lasse des humains.

Et puis, il y a Rom@, le jeu vidéo du titre. Ce jeu presque réel. 
Car si les temps se mélangent dans la ville, si les mythes fondateurs cotoient les récits historiques, n'est-ce pas que Rome perd un peu pied ?

Entre la Rome de Mussolini et celle de Romulus, quelle différence ? Un grand palais plutôt qu'un marécage ?
D'étranges phénomènes assaillent la ville, drôles de vortex, que je ne dévoilerais pas sous peine de déflorer votre découverte de lecteur.



Lecture complétement étrange, qui me laisse une impression d'onirisme et de brouillon. Ce jeu sur les temps, sur les narrations, m'a parfois un peu perdue mais mon sentiment final est celui d'une belle écriture et d'une narration foisonnante. Merci à Libfly pour cet envoi.


jeudi 1 septembre 2011

J'ai déserté le pays de l'enfance

Merci à Chroniques de la rentrée littéraire pour cette découverte !


Sigolène Vinson ne m'a pas spécialement convaincue. Elle conte comment une avocate craque un matin, lors d'une dernière audition. Elle conte son repos dans une maison de fous, ses rencontres dans ce lieu, les absurdités de celui-ci, la fuite en avant de ces fous, plus ou moins furieux. Elle conte surtout la petite mort de chaque matin, en metro, loin de l'Afrique, sa terre natale.
Ce roman, c'est une façon de renouer avec son passé, ses aspiration de petite fille, ses jeux. C'est une dévorante nostalgie. C'est imaginer un présent plus joyeux, figé par les souvenirs. C'est accepter que l'enfance est loin, que les choses changent, que l'on grandit. C'est confronter son job d'avocate, ses études, à un quotidien de petites guerres, à une clientèle en déshérence. C'est prendre conscience.
Et dans l’enfance, il y a toujours les rapports aux parents. Mère protectrice, envahissante, fière de sa fille. Père discret mais figure forte, dominante, qui scande les moments forts du livre : la vie d’avocate, l’entrée chez les fous, le séjour à Djibouti. Un père qui donne le La en matière de politique aussi. Mais je ne développerai pas cet aspect, omniprésent pourtant. Je préfère vous laisser le découvrir.

Ce livre, c'est véritablement l'histoire d'une renaissance, d'un burn out.

Une écriture fluide, un style agréable, le roman se lit bien. Mais le fonds n'est pas des plus palpitants ou remarquable selon moi.


mercredi 31 août 2011

Un été sans les hommes

Siri Hustvedt avait été une chouette rencontre il y a quelques années ! Et nos retrouvailles furent plutôt agréables. Merci à Hilde d'avoir un peu hâté la rédaction de billet pour le compte rendu de lecture-commune... Sans elle, pas sûre que j'aurais pris le temps !

Ce livre est le parcours personnel d'une femme qui tente de se reconstruire sans son époux. Boris, son mari, vient de lui avouer qu'il la trompait avec une jeune fille. Mia, notre héroine, ne le supporte pas. Elle craque mentalement. Après une brève hospitalisation, elle décide de quitter New York pour rejoindre sa mère dans le Minnesota.

Là, elle fréquente les femmes retraitées du club de lecture local et découvre les étonnantes créations de l'une d'elle. Elle sympathise plus généralement avec tout le petit groupe.
Et pour occuper son temps, la poétesse donne des cours de poésie à des adolescentes. C'est l'occasion de se replonger dans un âge difficile, méchant, où les groupes font la loi aux dépens des filles isolées. La petite Alice en fera les frais.

La cure de Mia est un mélange de courts moments d'énervement contre Boris, de nostalgie, de petits plaisirs...

Une écriture tout en finesse, encore une fois, une psychologie fouillée, une narration par contre assez simple. Sympathique !

mardi 30 août 2011

Bienvenue dans la vraie vie

Merci à Libfly pour ce roman de Foglino que jamais je n'aurais pensé à acheter ou à lire et qui fut une véritable découverte. 

Frank travaille au Consortium, comprenez la bourse mondiale. Sa vie, c'est trouver l'entreprise qui fera exploser le baromètre, qui enchantera les actionnaires de tout ordre. Mais quand il peine à trouver un nouveau produit pour les investisseurs, il l'invente et crée ForEverGreen avec l'aide d'un complice, Mr. Smith et d'une jolie communicante, Marlène.

Ce roman est une belle dystopie où la bourse règne en maître, où le chomage est monnaie courante, où chacun parie sur les cours et les actions en espérant s'enrichir, où la réalité et le mensonge sont indistinctement liés. Si au début de ma lecture, j'ai eu quelques craintes en replongeant dans mon quotidien (actions, fonds d'investissements et fusions-acquisitions sont mon lot actuel), j'ai apprécié ce regard ironique sur ce monde de la finance. Les crises qui sont présentées comme autant de mises en scène, de même que les cotations d'ailleurs. Ce vocabulaire qui ne signifie rien. Ces hommes obsédés par le moindre sou mais inconscients des hommes qui peuvent être derrière une société. Bref, caricaturalement et en grossissant, c'est un peu notre monde avec ses cours, ses traders et ses crises.

Le personnage principal, Frank Medrano, est à la fois très naïf et retors. Il ne vit finalement que pour ce travail qui lui pompe toute son énergie. Pour le reste, c'est le désert : des relations humaines faussées, un grand appartement vide, des rencontres éphémères avec des clochards en tous genres (dont un grand déchu de la finance). Brossant avec vivacité et bonne humeur les excès de l'économie de marché et les excès du Consortium, Bernard Foglino nous offre ici un roman très prenant. J'imagine que le sujet peut en inquiéter certains. Il ne faut pas, c'est accessible et cela montre bien le vent que peuvent brasser les financiers de notre monde. Un roman à la fois très pessimiste via la société décrite et le fait que tout un chacun s'en accommode mais aussi très drôle par les situations envisagées.

De quoi faire un peu réfléchir sur les derniers scandales et krachs boursiers !
Le roman est passé chez Nina

jeudi 18 août 2011

La vie devant ses yeux

Laura Kasischke m'a encore épatée. Remarquable ! Étonnant ! Malsain. Une fin ambiguë. Je préfère vous l'annoncer dès ce début de billet car je sais que certains seront déjà récalcitrants à ces caractéristiques.
Le plot est plutôt simple. 

Nous sommes dans un lycée, petite ville des US, deux copines, Diana et Maureen, papotent dans les toilettes. Au loin un bruit peu identifiable. Qui se rapproche. Un homme s'encadre dans la porte et demande avec sadisme : "Qui dois-je tuer de vous deux ?"
La réponse ? Elle s'écrit dans ce roman.

Diana, jolie quarantenaire, mère d'une mignonne fillette, épouse modèle, coule des jours heureux dans cette petite cité. Elle a une grande qualité, c'est une Bree, sens du contrôle, de la propreté, de la morale, elle est rigide et droite. Artiste mais pas folâtre, elle est satisfaite. Pourtant, de petits détails, des flash back, polluent ses jours. Des jeunes gens inconnus qui profitent de la piscine des voisins, des mots d'insulte, un chat qui rappelle étrangement son précédent... De petites anomalies qui pourrissent un peu la vie, qui questionnent, mais jamais longtemps.

Je n'ira pas jusqu'à dire que c'est un roman d'ambiance car on est happé par la question initiale : qui a survécu ? Comment ? Et pourquoi le passé rattrape-t-il tout à coup le présent ? Et comment notre héroïne peut-elle vivre avec ses crimes ? 

Comme toujours, un roman mené de main de maître par Laura Kasischke. Et qu'il ne me reste plus qu'à découvrir en VO si je suis trop en manque car j'ai fait le tour de ses oeuvres traduites.

lundi 15 août 2011

L'aveuglement



C'est Emeraude qui en avait parlé. Il y a des années. Et c'est en pensant à elle que j'ai emprunté ce roman en bibliothèque.

Ce qui est étrange, c'est que je me rappelle un peu moins son sentiment sur ce livre. Je vais vous donner le mien : j'ai adoré.

Que ce passe-t-il dans ce monde qui est peut-être le notre ? Un homme devient soudainement aveugle, plongé dans une lumière blanche. Et tous ceux qui l'ont croisé deviennent aussi aveugles. Est-ce une nouvelle épidémie ? En tous cas, le gouvernement ne veut prendre aucun risque. Il met les aveugles et leurs proches en quarantaine. Hébergés dans les locaux d'un asile abandonné, une micro société d'aveugles se forme. Et ce n'est pas sans mal. Car lorsqu'il n'y a que quelques cas, c'est presque gérable. Mais lorsque l'épidémie prend des proportions plus vastes, ça se complique. Les rations sont toujours trop faibles, les soldats effrayés tirent dans le tas, des gros bras prennent le pouvoir et le pouvoir républicain en prend un coup. Pas de chef = anarchie. Un chef = tyrannie. Les hommes régressent de plus en plus jusqu'à retrouver la tribut primitive.
Heureusement, nous avons des yeux pour nous guider dans ce monde en décadence. Ceux d'une femme, mystérieusement immunisée. Cette femme, c'est à la fois une présence discrète, une malédiction pour elle-même car seule dans ce monde aveugle et une bénédiction pour les siens qui peuvent compter un atout supplémentaire. 

Ce roman, cette dystopie, est véritablement envoûtante. Le lecteur est pris au piège de cette étrange aventure et ne sait s'en détacher. 

Une seule mise en garde pour les lecteurs : le style de José Saramago. On peut apprécier ou détester. C'est le genre d'écriture sans ponctuation ou très peu. Où les dialogues s'écrivent dans les paragraphes et s'intercalent avec la narration. Mais si cela m'a interrogée les premières minutes, c'est finalement une habitude à prendre et un petit plaisir de plus dans la lecture.

jeudi 11 août 2011

Melancholia

Qui a dit que l'été ne sortaient que les navets ? Franchement, il faut courir voir le dernier Lars Von Trier, il est tout simplement scotchant. 

Ce que j'ai aimé : 
Le thème du prélude de Tristan et Isolde de Wagner, toujours repris, lancinant. 
Kirsten Dunst et Charlotte Gainsbourg, chacune sa partie, chacune son caractère.
Les premières images que l'on décode à mesure du film. 
Les dernières minutes.

Que dire sur ce film d'un esthétisme renversant, qui mêle les références artistiques et images collectives ? C'est d'une renversante beauté. C'est déroutant, étrange, oppressant. C'est stressant, triste, sublime, absurde. Cela fait rire, pleurer, s'interroger. C'est un film qui m'a émue.

Justine, qu'interprète brillamment Kirsten, vit son mariage comme un jeu de massacre. Elle n'arrive pas à s'y intéresser, elle fait le vide, elle refuse de se laisser porter. 
Claire, la charmante Charlotte, cherche plutôt à profiter de la vie, s'angoisse de se savoir et de se sentir mortelle. Car la menace qui plane au dessus des soeurs et de l'humanité, c'est Mélancholia, planète exogène perdue dans notre système solaire, qui risque de frôler la terre. 

Fable désespérée et satirique, marquante et indispensable, que je recommande à tous.



mardi 9 août 2011

The Throne of fire

Après Percy de ce cher Riordan, j'avais commencé la saga Kane. Vous en souvenez-vous ? Eh bien voici le second volume.

Nous sommes toujours en présence d'une retranscription écrite d'un enregistrement audio des deux héros, Carter et Sadie. Ils nous content ici une nouvelle étape de leurs aventures dans un monde empreint de magie, de dieux égyptiens et de crocodiles sacrés. 
Leur nouvelle mission pour empêcher le réveil du chaos, le serpent Apophis ? Réveiller son ennemi mortel, le dieu Ra. Pour cela, il leur faut retrouver le parchemin qui permet de guider le voyage du dieu, voyage du soleil le jour, voyage dans l'obscurité et les épreuves de la Duat la nuit.
Mais ces papyrus sont bien moins évidents à retrouver qu'il ne semble. Et de nouveaux ennemis se préparent à aider le chaos à s'installer.
Bien mené pendant les trois quart du volume : voyage spécial et immanquable dans une région inhospitalière dont je tairai le nom notamment, la fin est un peu expédiée. Dommage. 

Si Carter et Sadie vont chacun, ensemble et séparément, tenter de recoller les trois morceaux de la formule magique, ils ne sont plus seuls. Ils entraînent à Brooklyn des générations de magiciens. Mention spéciale pour le petit Felix qui adore les pingouins et qui a fait fondre de tendresse l'Amoureux (afficionado des pingouins, je vous le rappelle).
Une aventure très bien menée avec Bes, le dieu nain, d'une laideur difficile à supporter mais plein d'humour et d'esprit pratique, comme compagnon et guide.

Dans ce volume, vous apprendrez comment Sadie a fêté ses treize ans en bloquant toute la circulation londonienne, s'est coltinée avec des momies romaines et a découvert un nouveau jeu de société.
Bonne lecture ! Et vivement le suivant.

dimanche 7 août 2011

Les contes de la nuit

Je ne sais pas s'il fallait avoir vu Princes et Princesses pour apprécier ce nouvel opus de Michel Ocelot. Car il reprend exactement le même principe avec ces nouveaux contes. Encore une fois, deux jeunes gens et un adulte réalisent dans un ancien cinéma des scènes de contes en ombres chinoises. 
L'innovation ici, c'est un usage brillant de la 3D. Vraiment. Vous connaissez mon aversion pour ces lunettes qui glissent, qui s'appliquent mal au dessus de mes lunettes de vue, qui font mal à la tête etc. Eh bien, il existe une vraie valeur ajoutée au niveau des plans, du paysages, de ses couleurs éclatantes, des personnes qui s'y déplacent. Car si tous les êtres vivants (abeille, homme, corbeau ou biche) sont peints de noir, les végétaux luxuriants, les architectures d'or et enchantements des fées sont de mille couleurs, plus brillantes, plus vibrantes que jamais. Un délice pour les yeux.
Alors, mon sentiment ?
Six contes dans des atmosphères diverses : Tibet, Afrique, Amérique Latine, Moyen Age (14e et 13e) ou Antilles. Des personnages aux coiffures et accessoires designés sur mesure. Des contes pour porter leurs aspirations.
Mais une grande similarité avec Princes et princesses tout de même.
Et le coté moral, happy end et peu surprenant de certains contes. L'horrible est caché, un peu lissé, notamment pour le conte du Tibet et des Aztèques. 
Très joli mais à voir certainement avec des enfants.

samedi 6 août 2011

Brassens ou la liberté !


Voici l'une des dernières expo qui résiste encore et toujours à l'avancée des vacances. Elle est de qualité, elle est certes un peu loin du centre, à la cité de la musique. Mais elle accumule les bons points.
Tout d'abord, régulièrement, des musiciens interprètent les hits de Brassens.
Ensuite, élaborée par Sfar, elle utilise la BD comme cartel explicatif, ce qui est plutôt chouette. 
Enfin, elle allie extraits musicaux, photos, films, itinéraire de balade plein de surprises et fréquentation raisonnable. 
Bref, elle est extra. 

Et puis, curieux de Brassens comme moi ou novice comme l'Amoureux, elle plaît à tous car elle fait découvrir un homme, une oeuvre, un apprentissage de la musique, de l'écriture, de l'amour mais de façon pédagogique, progressive. Ce n'est pas un plongeon agressif dans une oeuvre étrangère mais la découverte d'un bon copain, qui a eu une enfance de monsieur tout le monde et a progressivement dévoilé ses dons.
A recommander !

vendredi 5 août 2011

Kung Fu Panda 2

J'ai rattrapé mon retard en visionnant le premier opus avant de découvrir ce second volet des aventures du panda des arts martiaux. J'ai apprécié les deux mais mal compris l'engouement des uns et des autres. C'était chouette mais pas génialissime.
Notre panda, qui est maintenant expert en Kung Fu, va apprendre à atteindre la maîtrise absolue dans cet opus.
Un paon, tyrannique et amoureux des canons, signifie la fin du Kung Fu. Mais nos cinq héros n'ont pas dit leur dernier mot. 
Po va apprendre sur lui et grandir encore plus dans cette histoire, non sans faire pas mal de boulettes avant.
Humour, aventures etc mais pas mal de répétitions selon moi. Pas indispensable.

mercredi 3 août 2011

Gabriela, girofle et cannelle


Premier titre pour le challenge amoureux : une histoire qui finit bien !

Des années que ce titre était dans ma LAL. A tel point que je ne sais plus d'où me venait cette recommandation. Et pourtant, cela m'eut été utile car elle était très bonne.

Ce roman, il sent le Garcia Marquez

Le village écrasé par la chaleur, les propriétaires enrichis par le cacao, les femmes adultères tuées avec leurs amants, les maîtresses entretenues vues de haut par les "filles de", les luttes politiques entre le vieux colonel et l'étranger parvenu. 
Et au milieu de tout ce petit monde, il y a Nacib, le turc qui tient le bar le plus sympathique d'Ilhéus, petite ville brésilienne, le Vésuve. Il faut dire que sa cuisinière hors pair réalise des petits accompagnements à faire saliver les gourmands. Mais tout tourne mal lorsqu'un beau matin, la vieille Filomena, cuisinière de son état, l'abandonne la veille d'un grand dîner pour la compagnie locale d'autobus qui inaugure sa ligne. Il se met en quête d'une perle et c'est plutôt compliqué.
Alors, en désespoir de cause, il se rend au marché des miséreux, des vagabonds fraîchement arrivés qui ne demandent qu'un bon lit et de quoi manger. Gabriela, fille crasseuse, ne se distingue en rien des autres sinon qu'elle affirme savoir cuisiner. Dubitatif, Nacib l'entraîne.

En éclot une fine cuisinière, souriante, chantante, aimant l'amour, simple et bonne. Nacib ne tarde pas à tomber amoureux de la douce Gabriela. Taraudé par la jalousie, il lui vient des idées... Et s'il l'épousait ?

Cette histoire d'amour, c'est un délice. D'abord parce qu'elle laisse vivre la cité et ses problèmes politiques, ses personnages principaux comme secondaires, que Gabriela, si elle embaume tout le roman, n'en est pas pour autant l'unique centre. Bref, cette histoire laisse la place aux autres, ne les écrase pas.

Ensuite, c'est une histoire d'amour, de jalousie, de fidélité mais tout en nuances. Si Nacib est tantôt complètement accro, tantôt plutôt détaché, Gabriela est faite de tendresse, de douceur, d'attachement. L'amour ne prend jamais ce nom avec elle mais c'est la forme qui trahit le fond. 

Enfin, outre nos amoureux, il en est d'autres qui gravitent autour d'eux : l'amour trahi, l'amour platonique, l'amour charnel... Et le plus beau, le plus pur, le plus entier, c'est certainement celui de Gabriela, malgré ses contradictions.

Envoûtant, enivrant, excellent ! Une belle façon pour moi de rencontrer Jorge Amado.

Le petit plus : les poèmes qui introduisent chaque partie et en donnent le La.

mardi 2 août 2011

Mange monde

Sorry pour l'absence de messages chers lecteurs mais le déménagement des meubles aura été plus rapide que celui d'internet.

Brussolo est toujours sympa entre deux livres pour se remettre d'une lecture dense par exemple. Ici, drôle de scénario encore une fois.


Le héros est un artiste. Mais son art est très particulier comme vous allez le comprendre.
Voyageant sur un vieux bateau rouillé avec son fils, un horrible gamin malsain, pervers et laid et sa femme, il est chargé de donner aux îles un caractère. Car le monde est noyé. Ne subsistent que des îlots, des atolls. 
Que s'est-il passé ? 
Enfant, Mathias a dû fuir. Sa mère, sculpteur de son état, était spécialisée dans l'ornement des villes, femmes plantureuses représentant l'abondance et autres horreurs. Mais un drôle de phénomène les fait sans cesse reculer dans les terres : les falaises s'effondrent, grignotées, le monde tremble toujours plus fort. Des pans entiers de régions disparaissent, noyées. La clameur populaire parle d'un monstre, le Mange monde, qui se nourrit des continents. De quoi s'agit-il ? Je préfère vous laisser la surprise. 
Toujours est-il que depuis, la France est un ensemble d'îles, sans identité. Et que le sculpteur et architecte doit redonner à chacune une forme plus nationale : taillée en hexagone ou retrouvant dans le jardin de Mme Unetelle le climat méditerranéen tandis que son voisin cultivera des vergers normands. 
Un boulot ingrat.
Son rêve : retrouver un île étrange où les enfants nés pendant la catastrophe ont gardé le crane mou, incapable de se former à cause de la tremblote permanente dont était affligé le monde. Façonner chaque jour des visages et des hommes.

Un Brussolo que j'ai trouvé perché mais très imaginatif, un peu court, qui aurait mérité de poursuivre la dystopie. Pas mal !