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lundi 23 avril 2018

Baol

Stefano Benni, c'est une surprise et un délice à chaque lecture. On ne sait jamais trop ce qu'on va y trouver mais on sait que ce sera foufou, inventif et drôle. Et même critique !

Notre héros, Bed, est un mage Baol. Il vit à une triste époque où tout toute pensée est contrôlée par un régime expert en montages vidéos. La télé est reine et diffuse des images montées en studio avec des guerres contre des rebelles, des sitcom, du foot et bien d'autres images qui récurent les cerveaux. Baol traine dans un bar, l'Apocalypso. Il écoute les dealers et la police se tirer dessus, les prêtres annoncer la fin du monde, les pilleurs de cadavre lui proposer des fringues, les gens coincés dans les embouteillages s'entretuer. Avant, il faisait des trucs fous comme disparaitre des oies ou organiser des attaques de lapins blancs... mais les mages baol n'ont plus la cote. Sauf peut-être pour des missions spéciales. Comme celle de retrouver une vidéo de Grapatax, le plus grand des comiques. Une vidéo qui montre bien que Grapatax n'était pas un ami mais un ennemi du régime et du grand Hiérarque... 

C'est ainsi que commence un polar, aux allures de fable, où tous les genres se mélangent, où l'écriture est inventive est vive, drôle et travaillée. Où l'on découvre petit à petit ce qu'est la fantaisie baol, ce qu'elle apporte à un monde bien sombre...
Keith Haring 1981

lundi 31 mars 2014

Le bar sous la mer

Ce roman de Stéfano Benni m'a été offert avec Achille au pied léger. Échaudée par ma première rencontre, j'ai mis un peu de temps à lire ce titre. Et finalement, je l'ai beaucoup plus apprécié que le précédent. Est-ce moins loufoque ? Pas tellement. Mais je vous laisse vous faire votre opinion...

villa pornichet ker souveraine

Notre narrateur en promenade voit un homme se jeter dans la mer. Sans hésiter un instant, notre héros s’apprête à le sauver... Mais point n'en est besoin, notre homme va simplement boire un verre au bar sous la mer. Un bar dont tous les occupants sont des conteurs. Ceux-ci, que vous retrouvez sur la couverture, sont au nombre de 20. Nous voila donc embarqués dans une suite de contes, souvent étranges, ironiques et parodiques. Reprenant des chefs-d’œuvres de la littérature comme l'Iliade et Moby Dick ou parodiant Poe, Bradbury et Christie, l'auteur propose des histoires très variées, tant par le style que par l'histoire. Tout le jeu est de trouver à qui ou à quoi les textes font référence. Enfin, pour ceux qui ne seraient pas joueurs, cette lecture a un intérêt au delà du pastiche, celui de savourer un recueil bien écrit, qui joue beaucoup avec l'absurde... et qui donne la voix à tous, même à la puce du chien ! C'est également une critique en creux de nos sociétés.

N'hésitez pas à aller boire un verre dans ce bar, vous y découvrirez d'étonnantes histoires !

mardi 4 janvier 2011

Achille au pied léger

Stefano Benni m’était entièrement inconnu. Il semble pourtant avoir un certain succès en Italie. Mais ce n’est pas pour l’auteur que j’ai choisi le livre, c’est pour le titre et la couverture, étonnante…


Le héros, c’est Ulysse. Il y a aussi Pénélope-Pilar, Achille, Vulcano des éditions des forges, Phébus et j’en passe. Sous ces noms antiques, des personnages entre mythologie et réalité, science fiction et normalité. Bon, l’univers est complètement déconnant, à la Boris Vian. Les choses normales prennent des noms improbables : scriptodale pour les manuscrits, les véhicules frayent avec chenilles et dragons. Bref, la réalité est distordue. C’est assez bizarre et j’ai eu beaucoup de mal à m’y habituer (si toutefois j’y suis parvenue).

Quant à l’histoire, elle est aussi étrange. Elle est assez simple en soi et traite de soucis de nos jours : le chômage, l’insomnie, le combat des maisons d’édition, les manifestations, le handicap, etc. Ce qui change tout, c’est quand Ulysse reçoit un mot d’Achille et qu’il tache d’en faire son ami. Je ne décrirais pas le cas médical et social d’Achille mais il est tout simplement hideux et malade. Mais il a une plume d’or, ce à quoi un éditeur et écrivain comme Ulysse ne peut rester indifférent.

Histoire sur l’écriture, les écrivains, les transformations d’un monde pré ou post apocalyptique (proche du notre, il faut le dire), ce petit roman a des cotés très étonnants et d’autres complètement fascinants mais aussi inquiétants. Une lecture hors du commun, qui ne ressemble à aucune autre, mais n’est pas pour autant indispensable. Faut aimer le genre, quoi ! Moi, je reste partagée.