lundi 6 avril 2020

Entre deux mondes

C'est un collègue qui fait circuler ce polar d'Olivier Norek dans les bureaux. 

Adam joue un jeu dangereux en Syrie. Ce policier voit ses tentatives de résistance compromises, surtout devant l'interrogatoire et la torture musclée d'un complice. Il éloigne sa femme et sa fille pour qu'elles embarquent de Libye en Europe, avant de les rejoindre.
Bastien vient d'obtenir un poste à Calais. Il découvre le jungle et ses habitants.
Adam parvient à Calais où il cherche sa famille et se lie avec des soudanais. Il ne perd pas ses habitudes de policier et repère de drôles de choses dans le camp. 


Mais ce n'est finalement pas pour l'intrigue qu'on lit ce livre. Ce qui est intéressant, c'est la jungle de Calais, avec ses habitants du monde entier, la vie qui s'organise, les liens avec les passeurs, les blocages d'autoroutes façon Far West et attaque de diligence. C'est aussi la vie à Calais, entraperçue, avec ses bénévoles et ses fachos, ceux qui n'en peuvent plus, ceux qui viennent aider - mais peuvent aussi partir. C'est les flics, en burn-out, faisant de l'humour noir, s'attachant à Adam... 

Attention, c'est sombre ! 

samedi 4 avril 2020

Dans la forêt

Ce n'est pas forcément le meilleur moment pour découvrir ce livre de Jean Hegland... ou au contraire, c'est le bon moment, je ne sais pas. Offert à l'Amoureux, qui l'avait beaucoup aimé, je me suis décidée à le sortir de la PAL. Et j'ai aussi adoré ce roman, qui avait, il me semble, enchanté pas mal de blogueuses et blogueurs à sa sortie.

Nell et Eva fêtent leur premier Noël sans leurs parents, sans électricité, dans un monde qui a changé. C'est le cahier offert par Eva à Nell qui va nous permettre de suivre leur histoire, où Nell raconte un quotidien en adaptation permanente.
Les premiers signes de changement furent les coupures d'électricité, qui devinrent de plus en plus fréquentes. Dans leur maison forestière, un peu loin de la ville, les sœurs et leurs parents s'adaptent. Et quand l'école ferme plus tôt, que l'essence se raréfie, la vie continue dans la forêt, insouciante, loin des révolutions et des crises des villes. C'est le dernier ravitaillement qui laisse entrevoir une civilisation malade, agonisante. Mais cet avertissement prend du temps à toucher les adolescentes, qui rêvent de devenir danseuse étoile et d'entrer à Harvard. Aider son père à faire les conserves et à s'occuper du potager, n'est-ce pas perdre son temps ?
Il y a le choc de la mort, qui anesthésie tout sentiment.
Il y a le choc des petits indices de fin, le thé qui diminue, les vers dans la farine, les étagères vides, qui font rejaillir l'urgence de vivre et de survivre, d'inventer de nouvelles façons de se nourrir, de s'occuper, loin de toute vie sociale.
Condamnées à vivre l'une avec l'autre, Nell et Eva se brouillent, s'ajustent, se réconcilient, se font conciliantes. Elles découvrent leurs limites et leurs vulnérabilités, leurs forces et leurs élans. Et avec tout cela, elles inventent d'autres manières de vivre.
"Même maintenant, Eva peut user les choses jusqu'au bout. Moi, je veux tout garder, tout consommer à petites doses indéfiniment. Je peux faire durer douze raisins secs ou un vieux sucre d'orge d'un centimètre et demi une soirée entière, prolonger le plaisir comme si c'était une personne âgée qu'on promène dans sa chaise roulante sous le soleil hivernal"
Mais outre la relation des sœurs, ce qui m'a vraiment touché est le rétablissement d'un lien à la nature, quelque chose de l'ordre d'une redécouverte. De voir la richesse qui les entoure et qu'elles apprivoisent, petit à petit, sans pour autant la détruire.

J'avais aussi une curiosité pour comprendre ce qui avait fait périr notre civilisation dans ce roman. A l'heure actuelle, je réalise qu'un tout petit microbe, un peu plus vilain, serait capable de le faire. Alors, la faillite des états, la raréfaction des matières premières et la gloutonnerie pour le confort et la consommation me paraissent d'autant plus dangereux... Je n'ai pas eu de réponse complète, de même que j'ignore, comme les sœurs isolées, si la situation du roman est mondiale, si elle ne concerne que les Etats-Unis ou si ailleurs, d'autres façons de vivre persistent.
"C'est incroyable la rapidité avec laquelle tout le monde s'est adapté à ces changements. J'imagine que c'est comme ça que les gens qui vivent par-delà la forêt s'étaient accoutumés à boire de l'eau en bouteille, à conduire sur des autoroutes bondées et à avoir affaire aux voix automatisées qui répondaient à tous leurs appels. A l'époque, eux aussi, ont pesté et se sont plaints, et bientôt se sont habitués, oubliant presque qu'ils avaient un jour vécu autrement"
"En même temps que l’inquiétude et la confusion est apparu un sentiment d’énergie, de libération. Les anciennes règles avaient été temporairement suspendues, et c’était excitant d’imaginer les changements qui naîtraient inévitablement de ce bouleversement, de réfléchir à tout ce qu’on aurait appris – et corrigé – quand les choses repartiraient. Alors même que la vie de tout le monde devenait plus instable, la plupart des gens semblaient portés par un nouvel optimisme, partager la sensation que nous étions en train de connaître le pire, et que bientôt – quand les choses se seraient arrangées –, les problèmes à l’origine de cette pagaille seraient éliminés du système, et l’Amérique et l’avenir se trouveraient en bien meilleure forme qu’ils ne l’avaient jamais été" 
Malgré cette petite frustration, rien à ajouter ou à retirer dans ce roman - si ce n'est peut-être une scène étonnante entre les deux sœurs. Un livre qui risque de me hanter longtemps - et qui m'interroge sur ce que je sais faire (allumer un feu, identifier des arbres ou des fleurs, cultiver un potager...)
"A la vue des étagères surchargées je me suis arrêtée net. Dans la pénombre de la pièce, m’est revenu tout ce que ces livres m’avaient appris, le réconfort qu’ils m’avaient apporté, le délassement et les défis, et j’ai été bouleversée à l’idée de les laisser. Comme une folle je me suis mise à empiler sur le sol tous ceux sans lesquels il me semblait que nous ne pouvions pas vivre. […] Mais avant même d’en avoir terminé avec la première étagère, j’ai su que la pile était trop lourde pour la transporter à la souche. J’ai vu à quel point il était absurde de vouloir posséder une bibliothèque dans les bois, exposée à la moisissure de l’hiver, à la chaleur de l’été qui fait craqueler le dos des livres, occupant la place dont nous aurions besoin pour d’autres choses. […] Je me suis dit que la vie qui nous attendait était de celles où les livres ne comptaient pas. J’ai songé à Eva m’attendant dans la cour, je me suis rappelé que l’encyclopédie ne m’avait pas aidée pendant son accouchement, qu’aucun livre ne m’avait préparée à sauver la vie de mon père. 
Puis je me suis souvenue à quel point mon père aimait les livres, à quel point il leur faisait confiance, et il m’a semblé que partir les mains vides serait autant une profanation que ne pas enterrer son corps et l’abandonner aux sangliers. 
Je vais en prendre juste trois, ai-je marchandé avec moi-même – un pour Eva, un pour Burl et un pour moi. 
Ils ne se conserveront pas longtemps, ai-je fait valoir. Ils seront mouillés ou déchirés ou sacrifiés à quelque besoin plus urgent. 
C’est bon, ai-je pensé. Un jour on en aura peut-être plus. Et sinon, ça me permettra de me déshabituer de la lecture plus lentement"

lundi 30 mars 2020

Refuge

Sous-titré Dans l’intimité de l'exil, cet ouvrage de Bruno Fert suit les parcours de migration. Des camps à un nouvel habitat, sur la route ou dans le pays d'accueil, le photographe s'intéresse à la façon d'habiter quand on quitte son pays.

Chaque photo d'habitat en couleurs est liée à la photo en noir et blanc de la personne ou de la famille qui habite le lieu, avec un petit texte qui nous en dit plus sur son identité, son histoire, son rêve. Les lieux sont vides d'hommes, ils comportent souvent un matelas ou une couverture, comme si c'était là le premier signe d'habitation. Selon les endroits, il peut y avoir des murs, une cuisine, un bureau... Mais c'est que déjà la route touche à sa fin. De l'Aquarius à la France, de la Grèce à l'Italie, on rencontre des hommes, des femmes, des enfants qui ont quitté leurs maisons et comment, dans les espaces les moins hospitaliers, chacun tente de recréer un chez soi. 

C'est sobre, c'est beau, c'est divers, c'est une belle façon de redonner aux exilés une dignité, une parole et un point d'accroche avec les populations des pays qui les accueillent bien mal !


samedi 28 mars 2020

Agir avec les pauvres contre la misère

Ce petit livre de Bertrand Verfaillie propose de combattre des idées reçues sur la misère, la pauvreté et les pauvres. A partir d'affirmations défaitistes, il propose des exemples d'actions qui vont contre ce préjugé !

Agir avec les pauvres contre la misère, ça ne marche jamais !
Et en fait, si ! Des épiceries solidaires, des bagageries pour les SDF, ça existe et ça tient quand c'est construit avec les personnes concernées.
"Pour Gary, si les SDF se sont emparés de l'équipement, c'est parce qu'ils en étaient partie prenante, dès l’origine"

Si vous voulez agir avec les pauvres, choisissez-les bien !
Et ce n'est pas toujours simple de travailler avec les plus exclus, les roms ou les prisonniers par exemple. Trois exemples qui tentent d'intégrer les plus pauvres.

Impossible d'agir contre la misère au sein des institutions 
Et si ça marche à l'ONU ou à l'Europe, c'est possible, non ? 


Agir contre la misère dans les familles et avec les familles ? Hors sujet !

Là, il est bien sûr question de la fondation d'ATD et du bidonville de Noisy-le-Grand mais aussi d'autres opportunités pour travailler le lien avec les familles, que ce soit par rapport à l'école ou tout simplement pour un temps de vacances. 

Agir contre la misère, c'est toujours au cas par cas !
Et si on pouvait penser collectif ? En se rapprochant autour de questions partagées (le RSA par exemple) ou via des croisements des savoirs.
"Les professionnels ont reconnu les capacité d'analyse et d'échange de leurs interlocuteurs, qu'ils n'avaient pas décelées dans le cours de leurs consultations ou de leurs interventions chirurgicales"


Les pauvres ont besoin d'aide matérielle et puis c'est tout !
"S'il suffisait d'argent pour éradiquer la misère, cela se saurait. S'il suffisait de secours matériels pour réparer les outrages de la pauvreté, pour redorer l'estime de soi, pour renouer avec ses proches et avec autrui, pour reprendre pied dans la société, cela se saurait aussi. Il faut bien d'autres choses, en vérité, pour briser [...] "le triangle de la misère" (dénuement matériel, troubles psychologiques, isolement) : des espaces de parole, du débat, de la pensée, des moyens d'expressions artistiques, des activités culturelles..."
Et tous les pas qui peuvent être faits, autour de la pauvreté, sur d'autres aspects que l'aide ou l'assistance, pour que tout un chacun se reconnaissance et soit reconnu comme être humain. 

Agir contre la misère, ce n'est jamais qu'une goutte d'eau ; ça ne change rien aux grands problèmes...
Et pourtant, il y a des initiatives qui prouvent le contraire. Notamment "Territoires zéro chômeur de longue durée", qui est un mode collectif de création d'emploi, où toutes les parties prenantes doivent s'engager, se mobiliser autour de 3 questions "Qu'avez-vous fait jusqu'ici ? Que savez-vous faire ? Que voulez-vous faire aujourd'hui et demain ?" et repérer les initiatives à lancer.

Les pauvres savent bien ce qu'ils ont à faire ; ils n'ont pas de leçon à recevoir !
Les pauvres et les riches n'ont rien à faire ensemble
Deux chapitres qui reprennent des exemples d'ATD et de SNL.

C'est à l'Etat et aux collectivités de combattre la pauvreté, pas à moi !
Certes, mais le lien et le travail de proximité sont essentiels. Surtout que du terrain peuvent émerger des solutions pour tous !

Les actions contre la misère, ce sont des feux de paille, ça ne dure jamais
Avec des actions sur 5 ou 10 ans, qui marchent ou pas, l'auteur nous prouve le contraire. Et montre qu'il y a un temps où agir et un où se retirer. 

Agir contre la misère, c'est triste, c'est monotone, c'est ordinaire...
Conte, théâtre, les moyens sont multiples pour dénoncer la misère. Et la dédramatiser ou agir sur elle ! Et ces moyens sont drôles et plaisants.

Pour dénoncer et combattre la misère, il suffit de donner la parole aux pauvres
Oui, mais est-ce si simple quand cette personne n'a jamais été écoutée ? Formation d’auto estime, entretiens entre pairs, voilà qui peut aider la parole. 

Les pauvres ne participent à rien, ce sont des profiteurs, des assistés...
Et pourtant, ils peuvent être partie prenante d'activités participatives - ou même dans les instances de décision des associations !

Un petit livre essentiel pour découvrir plein d'actions contre la misère et pour secouer nos idées reçues. 

jeudi 26 mars 2020

La mémoire de riz

Jean-Marie Blas de Roblès, dont j'ai beaucoup aimé les romans, m'a encore enchantée avec son écriture plaisante et érudite. Cette fois-ci place à des nouvelles variées, qui brassent des thématiques nombreuses, souvent nimbées d'une petite touche de fantastique ou d'irréel dans contextes historiques et géographiques très variés. L'ensemble mené tambour battant, comme don bat un jeu de cartes... de tarot. Bonne lecture ! 

L’Illusionniste : il propose des spectacles de magie un peu trop sanglants.
Charles Boquet : artiste peintre parti pour accomplir son destin d'artiste raté.
Le Même et l'Autre : discussion avec un autre, qui se révèle n'être qu'un reflet.
Colloque à Tripoli : dans un colloque d'archéologie, on parle des mœurs observées par Hérodote.
La Mémoire de riz : toute la sagesse du monde tient sur des grains de riz, savamment associés, mais support livresque fragile.
La faute de monsieur Lucien : Il a une collection d'images de femmes. Mais quand il choisit la réalité plutôt que la soirée avec ses amies imaginaires, c'est la déconvenue.
La Loi Cioran : Tout conserver ou non, sur le rapport aux livres et aux bibliothèques.
Le Reliquaire de Santorin : il a peur des femmes, qu'il voit comme le démon et assemble les os de toutes les saintes martyres pour les sauver. Mais tout ne se passe pas comme prévu.
Le Quartette d'Alexandrie : dans un café, l'Alexandrie romanesque défile.
Échiquier de Saint Louis : une partie d'échecs fantastique, sur un jeu très orné, entre deux rois.
Le Capitaine du port : crime ou accident ce soir de tempête ?
Une néphile nommée Martin... : Un perroquet raconte l'étrange sort de son maître, qui a lancé un pari dangereux.
Lettre à mademoiselle Eames : Départ à Belle-Ile-en-Mer où contes et mythes rejoignent la vie quotidienne.
Farid : jeune pécheur, il chasse une grosse proie.
Le Pat ou l'Enfer du décor : promenade cauchemardesque au Père Lachaise.
L’Âne empaillé : nuit d'ivresse dionysiaque.
L’Offrande lyrique : un histoire comme un mythe, avec un amant et sa princesse transformés.
Rempart du Rouge : Dans un pays en guerre, une bibliothèque.
Sur l'envers d'une épreuve : Cette photo de mariage conte toute une histoire de fantômes et d'amour.
Souraya : Elle veut aller danser et son père va mourir, qui va prendre le dessus ?
L'Établissement du docteur Auzoux : Il empaille toutes les bêtes du monde, pour un projet divin.
L’Oncle Félix : un pécheur tranquille, qui a un instant d’inattention.


mercredi 25 mars 2020

La terre qui ne voulait plus tourner et Autrefois, aujourd'hui, demain

Sortie de PAL pour ces deux pièces de théâtre de Françoise du Chaxel. Destinées aux enfants, elles peuvent aussi se lire ou se jouer plus grands !

La terre qui ne voulait plus tourner
Imaginez que la terre, exaspérée de nos bêtises, s'arrête de tourner, qu'une partie du monde soit toujours au soleil et l'autre toujours dans la nuit. Oui, ce n'est pas loin du confinement finalement ! Une jolie histoire, avec pas mal d'humour, sur l'écologie. On y croise en guest-star la terre, la lune, le soleil et Mars !


Autrefois, aujourd'hui, demain
1945, 1965, 1989, 2009 avec des enfants et leurs grands-parents, qui se racontent ce qui existe, ce qui n'existe pas, ce qui se passe en France et dans le monde. Une réflexion sur le temps qui passe, l'âge, le progrès (ou non). 

Deux jolies pièces à lire, faire lire ou faire jouer !



mardi 24 mars 2020

Le Prince à la petite tasse

Ouvrage d'Emilie de Turckheim prêté par une collègue, il se lit vite et il est plein de bons sentiments. 

La poétesse raconte l'accueil de Reza, réfugié afghan, dans sa famille. Fabrice, Emilie, Noé et Marius font de la place pour laisser une chambre à Reza dans leur appartement parisien. C'est la découverte de la vie ensemble : on s'amuse de la quantité d'huile et de sel dans les repas, du peu de bruit en se levant le matin, de qui est un maniaque du ménage... On assiste aussi à des confidences, entre deux poèmes, sur une vie jeune et déjà blessée ; aux crises de générosité de Reza, qui distribue son salaire en tentes pour les migrants. Et on suit la routine de l'écrivain, qui se raconte à mi-mot. 

C'est plein d'émotions, de belles émotions. C'est une expérience d'accueil réussie, dans un milieu aisé, où tout le monde se réjouit autour de Reza, qui a très envie de s'intégrer.

C'est plutôt chouette en cette période de repli de partager une expérience d'hospitalité, mais j'ai trouvé que tout été trop facile, que les difficultés étaient gommées. Peut-être pour encourager d'autres à faire de même - ce qui part d'une bonne intention - mais peut engendrer des frustrations. Il n'y est pas question des difficultés et de l'attente pour obtenir des papiers (normal, Reza est déjà réfugié), un logement (voilà, il vit chez Emilie), apprendre la langue dans une capitale inhospitalière (Heureusement, là aussi, il y a Emilie et sa famille). Il n'y est pas question du racisme ordinaire entre ethnies afghanes, voire entre migrants, voire avec les français. C'est un peu trop parfait à mon goût, un peu de nuance n'aurait pas fait de mal... Si c'est un conte, pourquoi pas, si ce n'en est pas un, c'est trop manichéen et moralisateur ! 


lundi 23 mars 2020

Le bizarre incident du chien pendant la nuit

C'est ma petite sœur qui m'a prêté ce roman de Mark Haddon. Une découverte sympathique pour un titre inscrit sur ma LAL depuis (presque) sa sortie. 

Christopher Bone, 15 ans, 3 mois et 2 jours, trouve le chien de sa voisine assassiné, planté par une fourche dans le jardin. Il est minuit sept, Christopher embrasse le chien pour une dernière fois, la voisine sort en hurlant et Christopher se retrouve en prison. Heureusement, son père vient l'y chercher à 1h28. Après cela, Christopher décide de trouver l'assassin du chien et d'écrire un roman policier. Cette quête va lui faire découvrir des secrets et des ressources qu'il ne soupçonne pas, sur sa famille et sur lui-même.

La particularité de ce livre ? Le héros, Christopher, est autiste. Adorant les maths, le rouge, Sherlock Holmes et l'astronomie, il en parsème le roman. Par contre, il ne comprend pas bien les humains et peut péter un câble parce qu'on l'a touché. Oui, c'est pas simple comme vie.

Un roman étonnant par son héros, qui décrit et analyse un monde normal qui nous semble bien étrange dans ses yeux. Un roman parsemé de jeux et d'équations que le lecteur peut s'amuser à résoudre avec Christopher. Un roman à découvrir !


dimanche 22 mars 2020

Han d'Islande

Je continue le challenge avec Victor Hugo ! Bon, c'est un joli livre d'aventure que celui-ci mais sans grande surprise. Décidément, je n'ai pas beaucoup de classiques de dingue sur ma PAL ! 



Nous sommes en Norvège, auprès d'Ordener, un jeune homme qui se donne pour mission de tuer Han d'Islande et de laver l'honneur de Schumaker, ancien conseiller royal, emprisonné avec sa fille Ethel. Il faut dire qu'Ordener est tombé amoureux d'Ethel et qu'il a connaissance de documents qui pourraient laver son père de l'accusation qui l'a jeté en prison. On le suit dans une aventure à travers la Norvège, à la poursuite du criminel Han d'Islande, connu pour ses meurtres, ses viols, ses rapines et son ours blanc. Il est si maléfique que tous le craignent (ouh, voilà le grand méchant). 
En parallèle, se joue une histoire politique qui vise à se débarrasser définitivement de Schumaker en fomentant une révolte parmi les mineurs et les chasseurs... qui serait sponsorisée par le comte emprisonné. Evidemment, tout cela se termine par des violences, un tribunal et une prison... mais je ne vous dirai pas pour qui !

Pourquoi n'ai-je pas complètement adhéré ? J'ai trouvé le roman ultra manichéen et les personnages pas très intéressants. J'ai eu l'impression de lire un roman feuilleton de Dumas ou Walter Scott avec 15 rebondissements à la minute. J'ai trouvé la forme du roman presque dommage par rapport à ce qu'aurait été la forme théâtrale. 
Ce qui m'a plu ? Les questions autour de la pauvreté et de la révolte. Les questions sur la peine de mort. Les descriptions de paysages, très romantiques et la nuit chez le bourreau.

Un challenge à poursuivre...



lundi 16 mars 2020

Les voleurs de beauté

C'est un drôle de roman que je sors de ma PAL. Ecrit par Pascal Bruckner, il campe l'histoire d'un homme singulier, qui, durant trois jours de canicule à Paris, se confie à une psychiatre. 
Contrastant avec la chaleur de la capitale, son histoire commence sous une tempête de neige, entre la France et la Suisse. Au retour d'un séjour au ski, Hélène et Benjamin se retrouvent en rade. Ils avisent une maison isolée dont les habitants les hébergent. Mais l'ambiance est bizarre entre ce vieux beau et son serviteur hideux. 
Au fil des pages, on découvre Benjamin, plagiaire sauvé par sa riche maîtresse. Anti-héros tout sauf attachant, Benjamin nous dégoûte par tant de lâcheté et d'égoïsme. Et l'on comprend un peux mieux qui sont les hôtes-geôliers, irrités par tant de jeunesse et de beauté. Personnages, caricaturaux également, ils ne nous intéressent guère. Et encore moins la psychiatre qui reçoit le témoignage de Benjamin, tout en faisant n'importe quoi à l’hôpital. 
Ce qui retient le lecteur, c'est l'intrigue, entre le thriller et le roman fantastique... qui tourne en eau de boudin. Quant au sujet de la beauté et du vieillissement, il tourne vite à la leçon de morale. Dommage car il est plutôt riche à exploiter.


Un roman que je ne conseillerai pas !

samedi 14 mars 2020

La lumière du monde

Paroles de Christian Bobin réveillées et recueillies par Lydia Dattas. Ce n’est pas une interview, car nous n’avons pas de question, et très peu de réponses. Ce sont plutôt des pensées, des bouts de vie de Bobin, mises bout à bout.

Ma phrase préférée : 
« La véritable écriture, c’est quand on est attendri par quelqu’un : le ciel qui est en nous cherche les petits morceaux de ciel qui sont en exil sur cette terre. Cet exil est terrible, c’est pourquoi le ciel qui est en nous ne se trompe jamais dans ses choix »
Et toutes ces autres qui m'ont aussi fait "boum" dans le cœur :
« La plupart des gens rendent très difficile de les rencontrer parce qu’ils ne sont pas vraiment dans leur parole ou parce qu’ils sont sans âme. Je fais toujours à l’autre le crédit de la nouveauté incroyable de son existence, mais ce crédit va s’user si l’autre a gâché cette merveille là pour devenir comme tout le monde. Comment parler avec personne ? C’est impossible. Parfois, le désir de partager est si fort que je vais quand même tenter ma chance, mais c’est souvent en vain : les opinions ne m’intéressent pas. Ce qui me touche, c’est quand l’autre a mis tout le poids de sa vie dans la balance des mots et que sa pensée s’appuie sur ça »
« Soit on est vierge dans cette vie, soit on est brûlé par elle. Soit on est au bord, soit on est au cœur. Le seul risque, c’est d’être un peu mélangé : c’est la société »
« Marcher dans la nature, c’est comme se trouver dans une immense bibliothèque où chaque livre ne contiendrait que des phrases essentielles »
« Il est presque impossible de se faire un manteau de lumière et d’amour dans cette vie, et le manteau impeccable des saints, il est certain qu’ils ont dû le payer horriblement cher, parce qu’il n’y a que l’âme qui puisse les vêtir, et l’âme, c’est hors de prix »
« Si j’ai mis de la lumière dans mes livres, c’est aussi pour ne pas assombrir l’autre, par courtoisie envers celui qui me lit. Il m’a toujours semblé qu’il existait assez d’écrivains qui se font une spécialité d’assombrir et de dénigrer la vie. Les poètes et les artistes se donnent souvent une sorte de droit de grossièreté. Sous prétexte qu’ils ont du talent, ils croient avoir tous les droits. J’ai en horreur ce genre d’attitude. J’ai sans doute parfois trop tiré du côté de la joie, car il ne faut pas escamoter la souffrance, mais je reste persuadé qu’il vaut mieux ça que le contraire […] Certaines œuvres soi-disant rebelles ne font qu’ajouter au chaos du monde et elles n’aident personne »
« Si j’ai fait une erreur, ce n’est donc pas d’avoir trop parlé de l’amour, c’est d’en avoir parlé de façon trop imprécise. Car je crois que l'intelligence cherche toujours quelque chose à aimer, le but étant de devenir à soi-même comme le ciel étoilé. La vie est une fête de sa propre disparition : la neige, c'est comme des milliers de mots d'amour qu'on reçoit et qui vont fondre, les roses sont comme des petites paroles brûlantes qui vont s'éteindre, et celui qui arrive à les déchiffrer doit être d'une précision hallucinante s'il veut être cru, s'il veut parvenir à faire voir à d'autres ce qu'il a vu »
« Cioran est un bienfaiteur, non pas, comme le disent ses faux disciples, parce qu’il désenchante le monde, mais parce qu’il ne laisse aucun faux enchantement. C’est quelqu’un qui nettoie le désert »
« Aimer quelqu’un, c’est le lire. C’est savoir lire toutes les phrases qui sont dans le cœur de l’autre, et en lisant le délivrer. C’est déplier son cœur comme un parchemin et le lire à haute voix, comme si chacun était à lui-même un lire écrit dans une langue étrangère […] On lit en quelqu’un comme dans un livre, et ce livre s’éclaire d’être lu et vient nous éclairer en retour, comme ce que fait  pour un lecteur une très belle page d’un livre rare. Quand un livre n’est pas lu, c’est comme s’il n’avait jamais existé. Ce qui peut se passer de plus terrible entre deux personnes qui s’aiment, c’est que l’une des deux pense qu’elle a tout lu de l’autre et s’éloigne, d’autant qu’en lisant on écrit, mais d’une manière très mystérieuse, et que le cœur de l’autre est un livre qui s’écrit au fur et à mesure et dont les phrases peuvent s’enrichir avec le temps.»
« Il a eu une remarque pour me dire que j’en faisais une lecture hallucinée, qui m’a blessé par ce mélange de vouloir construire et mépriser à la fois qui est si fréquent chez les intellectuels : on parle à quelqu’un qui est à un mètre de soi et on est envoyé à des années-lumière. »
« Quand j’aime je suis dans ma propre vie comme dans une histoire à l’intérieur de laquelle j’aurais tout à coup disparu : c’est l’autre qui requiert toute mon attention. »
« Il y a un critère de la vérité, c’est qu’elle vous change : ça bouleverse comme un amour, la vérité. »
« L’esprit, c’est ce qui rend en chacun le monde insupportable, et ce qui nous rend à nous-mêmes insupportables chaque fois que nous concédons quelque chose à ce monde. »


mercredi 11 mars 2020

Le journal d'un fou

Cette nouvelle de Gogol m'a beaucoup rappelé Le Nez, à tel point que j'ai dû vérifier en cours de lecture que c'était effectivement bien une découverte. 

Encore une fois, nous suivons un fonctionnaire d'état. Il taille des plumes pour son directeur et écrit son journal, qui n'est pas très passionnant avant de basculer dans la folie. On y lit les frustrations d'un homme amoureux, à qui la belle est indifférente, et d'un homme qui s'ennuie dans ses taches. La folie intervient progressivement dans le journal, d'abord lorsque notre héros poursuit une chienne qu'il entend parler et confier des secrets, puis lorsque lui-même perd pied en prenant conscience de sa véritable identité : roi d'Espagne. Là, les dates s'embrouillent, l'écriture aussi et notre pauvre bonhomme finit enfermé. 

Outre sa belle description de la folie, cette oeuvre critique au passage, encore, les fonctionnaires d'état !


lundi 9 mars 2020

Les ruines du ciel

Port-Royal, ça te parle ? Les jansénistes ? Sûre qu'Arsène et les copines voient bien de quoi il s'agit. Pour les autres, on part au XVIIe siècle dans un monastère confié à Angélique et Agnès Arnauld. Un monastère qui attire bientôt des anciens frondeurs, qui entre dans une réforme des mœurs et des règles de l'abbaye, qui s'oppose au Roi Soleil. On y croise Pascal ou Saint-Cyran. 

Ce qui intéresse Bobin, c'est surtout la vie spirituelle de ce lieu et de ses pensionnaires, présenté par des petits paragraphes qui viennent s'intercaler avec des visions de paysages, de musiques ou de peintures. Et des réflexions sur la vie, sur la mort. Sur ce qui fait l'essentiel de notre temps.

Je garde parmi une moisson de phrases, celle-ci : "Tout ce qu'on fait en soupirant est taché de néant"


"Angélique Arnauld a l'âge de gronder ses poupées de cire richement vêtues de soie lorsqu'elle devient abbesse de Port-Royal et prend la tête d'une maison de poupée pour les anges"

"Dieu aime parler à travers des bouches édentées, c'est son charme"

"Les pissenlits se multiplient devant la maison comme les notes dans les Variations Goldberg de Bach : d'abord quelques-uns, isolés, timides, et soudain une chaude pluie d'or partout sur l'herbe verte"

"Les livres sont des cloîtres de papier. On peut s’y promener jour et nuit. Le jardin au centre des cloîtres symbolise le paradis. Avec le temps je suis devenu jardinier au paradis, passant chaque matin un râteau d’encre sur une étroite terre de papier blanc. Il importe que tout soit harmonieux : le paradis n’est pas fait pour qu’on y vive mais pour qu’on le contemple et que, d’un seul coup d’oeil sur lui, l’âme soit réconfortée"

"Toute notre vie n'est faite que d'échecs et ces échecs sont des carreaux cassés par où l'air entre"

"Le monde ne devient réel que pour qui le regarde avec l'attention qui sert à extraire d'un poème le soleil qu'il contient"

"Le pain et la beauté sont deux royaumes comparables, deux nourritures indispensables à la vie éternelle de chaque jour"

"A la seconde où la mort claque le livre de la vie, elle pénètre en entier chacune de ses phrases"

"La sainteté c'est juste de ne pas faire vivre le mal qu'on a en soi"

"Les jansénistes et leurs ennemis se disputent autour de l'idée de grâce, plus férocement que des chiens autour d'un os de lumière. Les gens de Port-Royal pensent que la grâce est tout, et qu'elle tombe comme une pluie d'été sur telle ou telle personne, sans lien avec aucun mérite : nos volontés et nos puissances ne sont rien. Un roi est aussi misérable que le dernier de ses sujets. Rien n'agit jamais en nous que Dieu c'est-à-dire cette vague de joie sur laquelle nos vies, sans savoir comment, parfois se tiennent. Les saints sont ceux que cette vague engloutit"

"Chacun a sa blessure et son trésor au même endroit"

"Le savant casse les atomes comme un enfant éventre sa poupée pour voir ce qu'il y a dedans. Le poète est un enfant qui peigne sa poupée avec un peigne en or. Il y a la même différence entre la science et la poésie qu'entre un viol et un amour profond"

"La vie a besoin des livres comme les nuages ont besoin des flaques d'eau pour s'y mirer et s'y connaitre"

"Parfois quelqu'un vous donne à manger en une seconde pour votre vie entière"

"Le sens de cette vie c'est de voir s'effondrer les uns après les autres tous les sens qu'on avait cru trouver"

"L'écriture est l'art d'écorcer le langage comme une branche de noisetier pour retrouver la lumière laiteuse du bois tendre par-dessous"

"Tout Port-Royal s'est élevé sur cette carence de l'amour maternel. Les plus purs châteaux son bâtis sur un abîme."

"L'ange de la lecture fait rouler la pierre devant le sépulcre du livre"

"Il y a quelque chose d'inguérissable qui traverse chaque vie de part en part et n'empêche ni la joie, ni l'amour."

"Les fleurs d'or des genêts sont des crachats divins"

"Le clochard fumait un cigare. C'est toujours merveilleux de voir quelqu'un ne pas répondre à l'imaginaire qu'on a de lui. L'inattendu est la signature authentique du divin."

"La poésie est une pensée échappée de l'enclos des raisonnements, une cavale de lumière qui saute par-dessus la barrière du cerveau et file droit vers son maître invisible."

"De celui qui part sans un adieu ou sans payer on dit au dix-septième siècle qu'il "fait un trou dans la nuit"."

"Pablo Casals chaque matin de sa vie joue une suite pour violoncelle de Bach comme on se débarbouille à la fontaine"

jeudi 5 mars 2020

Je ne souffrirai plus par amour

Cet ouvrage, que j'imaginais être un roman de Lucia Etxebarria, est plutôt un essai sur la dépendance émotionnelle, la maltraitance psychologique et l'estime de soi. Il y a des passages sympa notamment quand elle décrit des séries et des personnages types mais l'ensemble est très cliché !

J'ai eu l'impression de lire Cosmo en plus épais. On retrouve les conseils, les pseudo analyses foure-tout du gourou au psy, le ton ironique et décalé. C'est agréable à lire en mode détente. Mais ça n'a pas beaucoup de valeur, ni en terme d'essai, de développement personnel, de féminisme... Bref, de ce que semble vouloir transmettre cet essai.


lundi 2 mars 2020

Mnémosynes. La réinvention des mythes chez les femmes écrivains

Cet ouvrage, sous la direction de Dominique Kunz Westerhoff, rassemble des contributions autour de l'usage des mythes par des écrivaines ou des auteures. Le sujet me tentait bien et je l'imaginais dans la droite suite de ma lecture de Cassandre par C. Wolf. Hélas, ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Ce recueil d'articles est divisé en deux parties, une analyse des réécritures des mythes antiques (qui ne le sont pas toujours) et des mythes modernes - dont beaucoup ne me semblent pas être réellement des mythes. Ma déception : des contributions de qualité variées, plus ou moins bien écrites, plus ou moins intéressantes pour moi. L'introduction est plutôt chouette autour du thème de la résurgence ou de l'exténuation des mythes dans l'histoire et l'appropriation spécifique qu'en font les femmes. Dans le détail des articles, c'est un peu moins cool. Voici le sommaire des contributions :

Christine de Pizan : construire une mythologie pour les femmes - Y. Foehr-Janssens
Souvenir intime, mémoire mythique et imagination moderne. Corinne ou l'Italie de Mme de Staël - D. Kunz Westerhoff
Le Frankenstein de Mary Shelley et les Métamorphoses d'Ovide : mythologie de l'écriture genrée - E. Kukorelly Leverington
Mon nom est personne : Pénélope de Monique Laederach - D. Kunz Westerhoff
Le sanglot d'Eurydice... : du balbutiement à la voix poétique féminine dans Si vivre est tel et Ce chant mon amour de Monique Laederach - J. Ristic
Poétiques anciennes et modernes d'un mythe : Franca Rame, Diane Wakoski et Sylvia Plath (ré)écrivent Médée - U. Heidmann
Marguerite de Navarre, Heptameron, nouvelle 70 : une tradition féminine de la mort par amour ? Y. Foehr-Janssens
Mise en scène romanesque d'une identité rêvée : l'automythification de Mademoiselle de Montpensier - Z. Hakim
L'ange du foyer et ses avatars chez Virginia Woolf, Catherine Colomb et Alice Rivaz : du sacrifice à l'écriture au féminin - V. Cossy
Réflexion historique et mythologique dans la poésie de Marie Luise Kaschnitz ("Carte de Sicile" et "Le roi Grenouille comme fiancé") - A. Westerhoff
Un serpent dans le jardin du paradis : situations d'apprentissage et manipulation postcoloniale des mythes dans Annie John et Lucy de Jamaica Kincaid - A. Fidecaro
Métamorphose d'Ophélie - Travail du mythe, travail de deuil (Sur Le Livre d'Ophélie d'Anne Perrier) - S. Dupuis

Ce que j'ai trouvé dommage, c'est que les analyses sont hyper spécifiques, s'attachent à des détails des œuvres littéraires, alors que j'imaginais que leur portée serait davantage explorée. Et les mythes traités ne sont pas de ceux qui m'intéressent le plus. Je n'ai pas lu Corinne, Mlle de Montpensier, Kaschnitz ou Kincaid et c'est donc moins intéressant également de lire une analyse d'une oeuvre mal connue - quoi que ça peut aussi confirmer une non-envie de découvrir te ou tel livre. J'espérais aussi plus d'analyses de mythes grecs. Et des articles qui partent d'un personnage mythologique exploré par différentes femmes, comme c'est le cas pour l'ange du foyer.