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jeudi 10 septembre 2020

L'homme qui pleure de rire

On m'a prêté ce bouquin en me demandant s'il n'y avait pas quelque chose d'incroyable, d'étonnant, à sauver dans ce roman de Beigbeder. Personne n'avait trop envie de le lire autour de moi. Et finalement, comme souvent, j'ai tenté. Et j'ai regretté. Car je crois que je n'apprécie ni l'écriture ni les thèmes abordés par cet auteur.

Octave Parango est au centre de cet ouvrage. Il est chroniqueur dans une radio publique dont il se fait virer pour être arrivé sans chronique - et avec une belle gueule de bois. C'est un choc. Et l'occasion de s'interroger sur l'humour omniprésent, notamment sous forme d'ironie, dans notre société. 
C'est aussi l'occasion d'un regard en arrière, les lieux qui ne sont plus à la mode, les nouvelles façons de sortir, de draguer. Le fêtard qu'est Octave continue à picoler, se droguer et à plus de mal à choper qu'avant. 
Ça sent un peu le règlement de compte, la nostalgie à peu de frais, la philosophie à la petite semaine. Cet anti héros, souvent pathétique, campé par l'auteur agace ou fatigue.

"L'humour est une dictature parce qu'il n'autorise jamais de droit de réponse. C'est son apparente légèreté qui le rend si implacable. Si tu te plains, tu passes pour quelqu'un de chiant, lourd et susceptible. L'humour est une fake news avec un éclat de rire derrière et Octave était complice de ce système"


Pour vous interroger sur la place du rire, préférez Homo Comicus.

mardi 2 mars 2010

Un roman français

Vous avez tous entendu parler de Beigbeder appréhendé pour son rail de coke sur le capot d'une voiture en plein Paris. Du coup, vous êtes au courant qu'il est passé par la case prison. Et par conséquent, vous savez qu'il en a fait un livre. Livre encensé par la critique. Mouais.

Figurez-vous que Beigbeder, ou son personnage, n'a pas de souvenirs d'enfance. Je ne sais pas s'il faut parler de roman ou d'autobiographie. Car Frédéric ancre tout cela dans la réalité. Réalité de son arrestation, réalité des prisons, réalité de Paris, réalité des cotes Atlantiques... Réalité des noms, des personnages.

Bref, pas de souvenirs. Sauf qu'au bout de quelques instants de garde à vue, tout ré-émerge. Il écrit à la fois l'histoire familiale, ses grands parents, ses parents. Leur divorce, visiblement traumatisant. Et il parle de lui, son enfance, ses frasques, la grande vie entre noblesse catholique désargentée et bourgeoisie flambeuse.

Ce livre, qui n'a d'intérêt que pour le style de Beigbeder et les fans inconditionnels et voyeurs, a été lu comme une confession, comme la prise de conscience d'un enfant gâté. Certes. Ou alors c'est une grande fumisterie et Beigbeder se moque bien de nous. Cela dégouline parfois trop de bons sentiments pour être honnête. Ou le personnage a eu une révélation...
Bref, pas emballée et méfiante.

dimanche 27 janvier 2008

Windows on the world

Emprunté hier sur un coup de tête à la bibliothèque, fini ce matin. Autant vous le dire tout de suite, je n'avais pas apprécié mes précédentes lectures de Beigbeder. Là, j'ai lu son récit du 9.11 par curiosité et je me sens mal, un peu voyeuse, un peu coupable.

Dans ma courte vie, il s'agit certainement de l'événement le plus marquant. Les générations des années 80-90 n'auront elles comme point commun que cet horrible attentat ? Qui ne se rappelle précisément ce qu'il faisait ce jour là ? (Moi, je sortais d'un cours de grec pour rejoindre l'étude et j'ai cru à une blague de mauvais gout). Les images en boucle, je ne les ai pas vraiment vues en boucle, seulement au journal de vingt heure (stricte la pension). Et si on y pense, on considérait une destruction matérielle, on ne voyait pas l'horreur de la fournaise, la souffrance physique des gens bloqués. Beigdeder essaie de nous la montrer, de faire un compte rendu minute par minute de ce qu'il se passe dans la tour, depuis le petit déjeuner du père de famille et de ses deux fils jusqu'au grand saut. Emaillé de considérations sur sa propre existence, son rapport à New York, la vie des bobos, ce petit livre agace et émeut. Il ne laisse pas indifférent mais je ne peux l'aimer (retourne bosser, toujours traumatisée).