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mercredi 26 février 2014

Un vent de cendres

Une semaine à peine après ma lecture de Des nœuds d'acier, j'étais intriguée par le dernier livre de Sandrine Collette. Merci au Livre de poche et aux éditions Denoël pour l'envoi ! 


Tout commence par un accident de voiture dramatique et violent. Dont miraculeusement réchappent Octave et Andréas. 
Dix ans plus tard, les deux hommes vivent de vignes en Champagne. Tous les étés, ils recrutent des jeunes gens pour les vendanges. C'est Lubin, leur contremaître, qui les accueille. Si Henri et Charlotte viennent tous les ans, c'est une première pour Malo et Camille. Malo, brun, impulsif, sent un léger malaise en entrant dans la propriété. Sa soeur Camille, fine et blonde, attire les regards du maître des lieux, Octave, le boiteux. Car Andréas ne sort plus, on l'appelle l'Arlésienne. 
Au fil des jours, les dos font mal, les mains saignent mais les jeunes gens poursuivent les vendanges. Jusqu'à ce que Malo disparaisse. Camille s'inquiète et décide de mener son enquête, persuadée que cette disparition n'est pas une fugue. Mais personne ne la prend au sérieux. 
A mesure des jours, l'angoisse sourde se fait plus intense. L'ambiance se dégrade, devient malsaine. Jusqu'au dernier jour, qui vient clore la semaine en apothéose...

Ce roman a su me captiver dès les premiers mots et m'a tenue en haleine jusqu'aux derniers. Je l'ai dévoré en une soirée, incapable de le reposer. Il y a un peu de la Belle et la bête dans ce livre. Mais j'ai surtout pensé à Kasischke, pour cette nature hostile, pour ces personnages ambigus. 

Brrr, une délicieuse lecture qui fait froid dans le dos et que je n'oublierai pas de sitôt. 

vendredi 21 février 2014

Des nœuds d'acier

Un grand merci au Livre de poche pour l'envoi de ce roman de Sandrine Collette dont j'avais entendu beaucoup de bien.

Le titre ne vous dit rien ? Mais si voyons ! C'est l'histoire de Théo, un type moyennement sympa et recommandable qui se voit réduit en esclavage. Il sort de prison et va se perdre dans la campagne profonde. Lors d'une promenade, il traverse le terrain d'un vieil homme qui l'invite à boire un verre. Et se réveille plus tard avec une belle bosse, enchaîné au fond d'une cave, à côté de Luc. Cet homme décharné est l'esclave des vieux depuis huit ans. Théo va le seconder. Le voilà obligé de servir deux frères pour espérer être nourri. Traité comme un chien, Théo n'a qu'une idée en tête : échapper à cet enfer.

Ce roman de Sandrine Collette m'a beaucoup fait penser à Misery, lu récemment. On retrouve la folie des geôliers, leur brutalité mais aussi leur dépendance à cet esclave (enfin, pour Joshua plus que pour Basile). Et Théo brûle de partir mais tremble de cette audace. 

L'auteur, à travers le journal intime rétrospectif de Théo, imagine la déchéance d'un homme. Ses désirs limités au plus simple : rester vivant. Même s'il faut pour cela laisser d'autres mourir. Elle explore les liens entre une fratrie de dingues dégénérés et surtout entre esclaves et maîtres, entre bourreaux et victimes. Et ça fait froid dans le dos !

L'ensemble est conté d'un ton froid et simple : Théo se souvient et décortique. Mais impossible pour le lecteur de rester indifférent. Après s'être senti voyeur dès les premières pages (on nous annonce un fait divers bien glauque), celui-ci oublie ses scrupules et plonge dans le sordide, captivé par la folie humaine, oppressé par ce huis-clos.

Ruine campagne angoisse