jeudi 28 juillet 2016

The woman in white

Woman in whiteCela faisait un bout de temps que ce livre de Wilkie Collins était inscrit sur ma Lal comme un incontournable de la blogo. Moyennement emballée par le bonhomme, j'ai pris mon temps pour passer le pas. Et puis, mois anglais oblige, j'ai commencé à lire... Bon, je n'ai pas fini en temps et en heure, et j'ai beaucoup tardé pour cette publication, ce qui est assez significatif de mon intérêt pour ce roman que j'ai trouve un peu lent et poussif.

On cherche un maître de dessin à Limmeridge House. Le jeune Walter Hartright postule et est retenu pour donner des cours à Laura et Marian. Il est aussi chargé de la collection de gravures de Frederick Fairlie, leur oncle. Les jours coulent, heureux mais Laura et Walter sentent qu'ils tombent amoureux alors que Laura est déjà promise à un ami de son père. Walter se retire, inquiet. Il faut dire que Laura a reçu une lettre anonyme qui dépeint Sir Percival Glyde, le promis, comme un triste sire. L'auteur de la lettre, échappée de l'asile et vêtue tout de blanc, a d'autant plus de mal à se faire entendre que Sir Glyde paraît tout à fait sympathique. Laura se marie et part en voyage de noces. C'est au retour que tout se corse et que sa chère sœur pressent un complot. Sans entrer dans les détails, sachez que c'est une affaire montée par un italien rusé, le conte Fosco. Et que c'est Hartright qui la dénouera.

Avec des ambiance qui rappellent le gothique, Collins monte un roman à plusieurs voix dont l'intrigue, complexe voire tordue, est un peu trop facilement résolue par le héros, comme par le lecteur. On n'est pas dans un policier hyper évident non plus mais l'auteur nous laisse pas mal d'indices. Les personnages sont assez agaçants, surtout Laura, et finalement peu attachants. Il manque un peu d'inattendu, de nuances de caractères, entre le très méchant et le trop gentil (voire niais) et surtout, pour moi, il manque de l'âme et du cœur à cette histoire.

Challenge classique

vendredi 15 juillet 2016

Circulos en el agua

Sous-titré "la vida alterada por la palabra" est un écrit spirituel de Dolores Aleixandre. Il est divisé en quelques chapitres dont les noms sont chaque fois tirés de la Bible.

C'est un parcours qui invite à revaloriser des moments forts comme le Notre Père, la naissance du Christ, les paroles des évangélistes... Contant parfois sa propre expérience de foi, notre théologienne donne quelques outils pour revenir à la simplicité de la prière, de la contemplation. Elle nous donne ainsi des verbes à appliquer à notre prière pour se laisser surprendre et se risquer à espérer. Elle nous invite à revenir à la simplicité de l'enfance : le besoin premier, c'est d'aimer et d'être aimé ! Mais aussi de créer et de se sentir utile, de trouver son identité et son chemin, et d'exprimer ce qu'on vit.

Il y a aussi tout un chapitre sur Marie et sur les fruits de l'esprit : la tolérance, la bonté, l'humour et la générosité. Mais le chapitre le plus intéressant à mes yeux fut celui ci "Algunas mujeres de las nuestras nos han sobresaltado" qui parle de notre société qui oublie les 2/3 de l'humanité, ou vivre l'évangile est un défi. À travers de l'attitude des femmes de l'évangile se dessine un chemin, un modèle et un repère pour notre société en recherche de sens et de justice.

Les derniers chapitres sont étonnants à mes yeux mais intéressants aussi car ils s'interrogent sur le rôle de la femme aujourd'hui dans l'église.
Parfois, c'est presque du féminisme ! En tout cas, cela va contre une interprétation machiste de la Bible où la femme serait subordonnée à l'homme. Elle questionne également la hiérarchie ecclésiale, montrant la complémentarité d'avoir des hommes et des femmes au sein des "directions"dans l'Eglise et déplorant que celle-ci ne se coupe d'une moitié de ses membres. 

Une petite citation pour vous donner une idée (il y aurait pu en avoir bien d'autres mais allons à l'essentiel):
"Porque es en la praxis misma de Jesus donde hemos descubierto que la fe cristiana
- es desestabilizadora de los estereotipos y modelos mundanos;
- es inclusiva de todo lo marginal y lo segregado;
- es descalificadora de cualquier pretension de dominio de unos hermanos sobre otros"

Enfin, l'ensemble se clôt avec trois contes sur l'apprentissage et la patience dans l'évangélisation.

Antonello da Messine, Virgen

mercredi 6 juillet 2016

Le pays de la liberté

Ken Follet n'est décidément pas ma tasse de thé. Bien sûr, comme avec le précédent, je me suis laissée prendre par son aventure, mais j'ai été plus qu'agacée par ses personnages, par les rebondissements et par la langue. 

Le plot ? Nous sommes en Ecosse à la fin du XVIIIe siècle dans une zone où l'on exploite du charbon. Pour les Hallim et les Jamisson, rien n'est plus naturel que d'avoir des mineurs, réduits à l'esclavage, pour les enrichir. Sauf que l'un d'eux (et forcément, c'est notre héros, Mack) sait écrire et penser. Il a ainsi appris que cet esclavage pouvait être illégal. Quand il le proclame le dimanche à l'église, ça passe moyen auprès des maîtres. Et ça donne envie à Lizzie Hallim d'aller faire un petit tour à la mine. Lizzie, c'est la casse-cou qui sait tirer mieux qu'un homme, qui est curieuse, qui se déguise pour accéder à ses désirs, qui a envie de jouir. Bref, pas trop le style qui plait aux mecs tranquilles. Et c'est bien entendu les aventures de Mack y Lizzie que nous suivons, de l'Ecosse en passant par Londres jusqu'en Virginie. Je n'en dis pas beaucoup plus. Pour les curieux, la quatrième de couv' est un bon spoiler.

Alors, pourquoi ça m'a agacée ? En premier lieu pour la langue plate. Effort zéro. Ensuite pour les stéréotypes: les descriptions des héros, de leur corps, de leurs désirs... Ils sont forcément trop beaux, trop musclés, trop sensibles, trop intelligents, trop parfaits malgré leurs conditions terribles (l'un est esclave et l'autre est une femme). Enfin, pour la façon sans surprise dont tout se déroule toujours chez Follet : tu sens trop venir l'auteur. Bref, ça aurait pu me plaire en lecture de vacances mais après toute cette belle littérature anglaise, c'est décevant. 

Canaletto, Londres

mercredi 29 juin 2016

Harry Potter and the sorcerer's stone

C'est avec un plaisir renouvelé que j'ai plongé dans la version anglaise du premier tome d'Harry Potter. Comme beaucoup, j'avais lu tous les livres de la série, mais je ne m'étais mis à la version anglaise qu'à partir du 4e tome. Le mois anglais était donc l'occasion de refaire connaissance, dans la langue de Shakespeare, avec ce bon vieux Harry. 

Meunier La licorne sublimité

Petit rappel de l'intrigue pour ceux qui n'ont jamais entendu parler : Harry est un orphelin adopté par son oncle et sa tante, à qui il arrive toutes sortes de choses bizarres qui attirent les foudres de ces derniers. Le jour de ses 11 ans, il apprend qu'il est le descendant de sorciers, et qu'il est mondialement célèbre dans l'univers des magiciens, car étant encore bébé, il a mystérieusement réduit à néant les pouvoirs de Lord Voldemort, qui semait la mort et la terreur depuis de nombreuses années. 
Il est alors envoyé à l'école des sorciers de Hogwarts, afin de suivre les pas de ses parents. Si cette découverte lui ouvre de nouveaux horizons, elle ne se révélera pas non plus sans dangers...

L'écriture de J.K. Rowling ne semble pas avoir pris une ride, et loin d'être barbante, la seconde lecture du livre permet de reprendre note de tous les petits détails sympathiques qu'on a oubliés. Que ce soient les facéties de Fred et Georges, les termes propres au monde des magiciens ou les répliques succulentes qu'on retrouve dans certains dialogues... Certes une bonne partie du suspense est éliminé, mais le tout s'avère très rafraîchissant, et l'on se retrouve à la fin du volume sans avoir eu le temps de dire "Quidditch" ! 

Si le bénéfice de lire J.K.Rowling en version originale n'est pas aussi important que pour un Shakespeare ou un Dickens, le livre à l'avantage d'être court et accessible, ce qui en fait un matériel idéal pour ceux qui cherchent à améliorer leur anglais.


mardi 28 juin 2016

Spider's web

Enfin ! Un Agatha Christie qui m'a bien plu ! Juste pour la LC du mois anglais. Enfin, je crois qu'à la base c'est une pièce de théâtre qui a été réécrite comme roman... 

Clarissa Hailsham-Brown est une farceuse. Elle ne cesse de conter des histoires et de faire tourner bourriques ses proches. Il y en a certains que ça amuse, et d'autres beaucoup moins. Genre les amoureux, comme Jeremy.

Tout commence comme une soirée lambda. Henry, l'époux de Clarissa, se voit confier comme mission d'accueillir le Premier ministre britannique et son équivalent russe pour une rencontre secrète dans leur maison de campagne. Clarissa prépare les sandwich pendant qu'Henry se rend à l'aéroport local. Mais au retour de Clarissa dans son salon, un cadavre s'est invité. Elle appelle immédiatement trois de ses amis pour prendre conseil et faire disparaître le mort. Qui n'est autre que le nouveau mari de l'ex-femme d'Henry.

Cette enquête est assez chouette parce que Clarissa ne manque pas d'idées pour éviter que la police ne fasse des siennes, son imagination est au top. Pas assez cependant pour repérer le coupable !


lundi 27 juin 2016

Flatland

Cette histoire d'Edwin Abbott Abbott (quel drôle de nom) nous entraîne dans un monde étonnant, un monde en deux dimensions. 

Notre narrateur, un carré, va nous expliquer le fonctionnement de cet univers où les femmes sont des lignes, les soldats des triangles et l'élite des cercles (ou des polygones aux angles si nombreux qu'ils sont quasi des cercles). Il nous conte comment se reconnaissent les formes, comment l'introduction de la couleur a créé une révolution... 
Dans une seconde partie, on s'intéresse aux révélations qu'a reçu notre carré. Il a en effet rêvé d'une dimension unique (lineland) et rencontré un membre de la troisième dimension (surfaceland) ainsi qu'un point (pointland). Cela a bouleversé ses perspectives au point de rêver d'une quatrième dimension. 

Cette "mathematical fiction" ou "Romance of many dimensions" est intéressant pour sa modernité et pour l'idée allégorique et philosophique (c'est un peu Platon et la caverne) qu'il développe plus que pour sa forme, un peu aride. 

samedi 25 juin 2016

King Lear

Tout le monde connait cette pièce de Shakespeare, non ?

Gallen Kallela Roses blanches

C'est une tragédie du genre bien tristoune où tout le monde se retrouve six pieds sous terre avant que le rideau ne retombe. Mais cette histoire n'avait de toute façon pas bien commencé.
Le roi Lear veut abdiquer en faveur de ses filles et partager son royaume. Des trois grâces, les deux aînées, Goneril et Régane, sont des garces hypocrites et la benjamine, Cordelia, une gentille honnête... qui parle un peu trop franchement à son père et qui se retrouve déshéritée. Les deux aînées en profitent, aidées par leurs époux, pour retirer à leur père ses conseillers les plus proches (bon, le mauvais caractère du roi n'aide pas). Sauf que la jalousie et l'ambition sont de la partie et que ça tourne cata !

Parmi les beaux personnages, il y a Kent, fidèle malgré tout. A son roi, à Cordélia, à l’honnêteté. Et la scène la plus folle est bien sûr celle où Lear, chassé par ses filles, se retrouve délirant sous la tempête, accueilli par Tom, lui aussi victime de la fourberie humaine.

C'est banal ce que j'écris mais franchement, ça a de la gueule Shakespeare. C'est bien tourné tout ça ;) Tu y crois à ces vilains caractères humains! L'étape suivante consisterait à voir enfin cette pièce, pourquoi pas au Globe theater !



mercredi 22 juin 2016

The mark on the wall

Je vous préviens, c'est du Virginia Woolf en raccourci ! Cette très courte nouvelle est un condensé d'introspection et de passage du coq à l'âne. 

A partir d'une tâche sur le mur, notre narratrice imagine tout ce que cela pourrait être, sans jamais se lever pour vérifier ou voir de plus près. Parce qu'en fait, quand on y regarde de plus près, c'est un peu décevant cette tâche qui n'en est pas une. Son esprit divague sur la surface, les apparences des choses, des gens... S'attarde sur les gens qui savent, qui dirigent... Sur les sensations...

Cela ne restera pas mon souvenir le plus éblouissant de Woolf même si l'on retrouve son écriture poétique et son écriture au rythme de la pensée.



mardi 21 juin 2016

A mysterious affair at Styles

Échaudée par le premier Agatha Christie de mon mois, j'ai quand même retenté l'expérience. J'avoue ne pas en sortir emballée.


Le contexte de cette histoire est assez semblable à la précédente. Notre héros Arthur Hastings se repose du front dans la campagne anglaise, chez son ami John Cavendish. Enfin, chez Mrs. Inglethorp, la mère de John, qui vient de se remarier. Et bien sûr, la petite dame est retrouvée empoisonnée. À la strychnine. Heureusement, Hercule Poirot est un ami du héros et passe justement ses vacances dans la même ville. C'est quand même pas de chance pour l'assassin ! Très vite, Scotland Yard s'empare aussi de l'affaire. Et les premières audiences sont menées. Notre héros patauge joyeusement tandis que les pistes se multiplient tout comme les potentiels tueurs. 

Si j'ai apprécié la façon d'enquêter de Poirot, ses phrases émaillées de français et sa stratégie, j'ai trouvé le héros très mou et les intrigues amoureuses sans intérêt. Mais pourquoi vouloir à tout prix adjoindre des histoires d'amour qui n'ont rien à voir avec l'enquête et n'apportent que de la gnangnantitude au bouquin ? Agatha, heureusement qu'il y a Poirot parce que le reste n'est que déception.



lundi 20 juin 2016

The colour of Magic

Je crois que cette lecture est une relecture... J'ai lu un Terry Pratchett il y a des années, c'était l'un de mes premiers livres en anglais et je n'avais alors pas tout compris. D'où ce doute.

Twoflower débarque à Ankh-Morpork en quête de héros et de sorciers. Touriste venant de l'empire, il n'imagine pas qu'avec son appareil photo et son bagage plein d'or il attire la convoitise de tous les bandits du coin ! Il se trouve le pire guide qu'il soit, Rincewind, sorcier raté. Sur leurs pas, les catastrophes se multiplient : tous les bandits d'Ankh-Morpork se tapent dessus, la ville est incendiée, le temple de Bel-Shamharoth s'effondre, les dragons du Wyrmberg paniquent,... Bref, nos deux antihéros frôlent sans cesse la mort. Qui s'annonce en MAJUSCULES dans le roman de Pratchett pour venir réclamer Rincewind (eh oui, les sorciers ont des petits privilèges, même s'ils sont ratés). Et puis bien sûr, il y a des dieux qui jouent aux dés... et dont les pions sont nos héros.

Dans ce roman de fantasy plein de burlesque, Pratchett pousse les situations jusqu'à l'absurde, maltraite ses personnages pour mieux les faire rebondir, bref, s'amuse comme un petit fou. Pour ma part, je me suis un peu fatiguée de tant d'outrance et je sors à moitié convaincue de cette histoire. J'ai pourtant toute la série du Disque Monde qui m'attend ! A voir si je poursuis ou non. 


dimanche 19 juin 2016

Marie Tudor

J'ai exhumé de ma biblio ce texte de Victor Hugo pour notre joli mois anglais. Il m'a rappelé des souvenirs de cours de littérature sur le théâtre romantique. 

Ça complote grave autour de Marie Tudor. Il faut dire que son amant fait tomber toutes les têtes aristocratiques d'Angleterre. Du coup, le reste de la noblesse se ligue contre lui. Ce Fabiano Fabiani sent bien le vent tourner et a monté son propre complot... Mais quand la reine s'apprend trahie, elle ne tarde pas à condamner le beau napolitain. 

Cette pièce nous montre, plus qu'une reine, une femme amoureuse, prête à pardonner, presque prête à abandonner sa couronne pour un infidèle. Ce n'est certainement pas la meilleure pièce de Hugo même s'il vise à l'excellence d'un Shakespeare. Il y a finalement assez peu d'émotions ou d'intrigue, ça tourne vite au vaudeville plus qu'au drame. La langue même reste en dessous de ce qu'on attendrait de l'auteur.

vendredi 17 juin 2016

The adventures of Sherlock Holmes

Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai un mauvais souvenir du Chien des Baskerville ou de Sherlock Holmes. Dans mon imaginaire, ces oeuvres de Conan Doyle étaient ennuyeuses. Par contre, Le monde perdu m'avait bien plu. 

A l'occasion du mois anglais, j'ai décidé de retenter ma chance avec Sherlock. Et là, joie et engouement, j'ai avalé les 12 aventures en quelques heures, aimantée par la force de déduction de Sherlock, l'absurdité de ses cas et sa capacité à tout résoudre d'un déguisement !

A scandal in Bohemia
Yeah, on commence avec la rencontre de Sherlock et Irène Adler. La belle tente de faire chanter le roi de Bohème qui n'a d'autre recours que le plus habile détective anglais.

The red-headed league
Étonnant comme l'on peut tout faire avaler à quelqu'un contre un peu d'or. Notre rouquin est étonné et en colère, sélectionné par l'élitiste "ligue des roux" pour recopier une encyclopédie pour une jolie somme de pounds, il trouve porte close du jour au lendemain. Qu'est-ce qu'est cette ligue et que cache-t-elle ? Il suffit d'une promenade à Sherlock pour comprendre.

A case of identity
Triste jeune fille que Mrs. Sutherland. Son amoureux a disparu. Et personne ne semble s'en inquiéter. Facile à résoudre pour Sherlock mais impossible à entendre pour la demoiselle.

The boscombe valley mystery
Un australien récemment installé en Angleterre est assassiné, son fils jeté en prison. Tout semble clair dans ce cas mais Holmes en montre les subtilités.

The five orange pips
Après la mort de son oncle et de son père, le jeune John Oppenshaw s'inquiète. Tous deux ont été menacés d'une lettre et sont morts mystérieusement. Une troisième lettre vient d'arriver. Mais il est déjà trop tard, même pour Sherlock. 

The man with the twisted lip
Un honnête homme a disparu. Sa femme l'a aperçu dans un immeuble mais quand elle s'y rend, aucune trace de lui si ce n'est des vêtements...

The adventure of the blue carbuncle
Une belle pierre dans le ventre d'une oie... Cela n'aura-t-il pas un lien avec cette pierre disparue récemment dans un hotel ?

The adventure of the speckled band
La jeune femme qui vient trouver Sherlock a peur. Sa soeur a disparu peu avant son mariage. Récemment fiancée, notre jeune héroïne entend elle aussi les bruits qui ont précédé la mort de sa soeur. Courageusement, Watson et Sherlock viennent passer une nuit dans le lieu du crime.

The adventure of the engineer's thumb
Drôle d'histoire que celle de cet homme qui a perdu un doigt après avoir réparé une mystérieuse machine.

The adventure of the noble bachelor
Etre planté par sa fiancée une heure après son mariage, c'est pas très cool. Mais qui mieux que Sherlock saura mettre la main dessus.

The adventure of the beryl coronet
Un banquier se voit confier une jolie (et inestimable) couronne. Dont une pierre disparait dans sa propre maison. Là encore, c'est le fiston qui risque de payer la note. 

The adventure of the copper beeches
La jeune Violet Hunter, femme de chambre, s'inquiète des conditions très avantageuses de son nouvel emploi. Et des manies du maître de maison, qui souhaite lui couper les cheveux et lui faire porter, à heures régulières, cette jolie robe bleue. 




mercredi 15 juin 2016

La lumière qui s’éteint

Ce que je cherche avec Kipling, c'est l'aventure. Celle avec un A majuscule, qui t’entraîne aux confins de la terre. Mais dans ce roman, l'aventure est surtout un souvenir. 

Esquisse Mort Sardanapale, DelacroixDick et Maisie sont deux orphelins élevés ensemble. Ils font les quatre cent coups. Puis, après une ellipse narrative de quelques années, on retrouve Dick au Soudan où il vend aux journaux anglais des dessins de la guerre. Accompagné de Torp, journaliste, ils frôlent régulièrement la mort et ça leur plait. De retour au pays, Dick devient une star. Ses dessins se vendent comme des petits pains. Il a bien envie de se prélasser dans cette richesse inattendue mais c'est sans compter sur Torp qui le motive à se dépasser. 
Dans ce Londres bien gris par rapport au Soudan, Dick croise Maisie, elle aussi peintre. Il s'aperçoit qu'il l'aime et va tenter de la faire progresser, dans son art comme dans son cœur, par tous les moyens. Mais le destin cruel va lui jouer un tour affreux, le laissant aveugle.

Mené par la figure fière et cabotine de Dick, ce roman est plein d'impertinence. Les relations fraternelles entre l'équipe de journaliste sont enlevées, ce qui contraste avec la grisaille et la froideur de Maisie. Ici encore, il faudrait s'interroger sur la femme chez Kipling. Porteuse d'ennui et d'étroitesse, voire de bassesse, elle est un véritable repoussoir. 

Implacable, ce roman est un bel hymne à la liberté (de l'art, de l'homme) plein d'humour et de gouaille. 


lundi 13 juin 2016

La Promenade au phare

C'est avec joie que j'ai replongé dans l'écriture sensible de Virginia Woolf et que je me suis encore laissée prendre à ses voyages dans la tête des personnages rassemblés dans cette maison de vacances, au bord de la mer. On passe deux jours dans cette maison, à dix ans d'intervalle. Quelques personnages reviennent comme en pèlerinage mais la plupart ont disparu.

Nous sommes chez les Ramsay. Mrs. Ramsay est le centre de cette joyeuse famille, toujours un mot doux, patiente, et tellement belle. Elle illumine cette petite bande certainement bien plus que n'importe quel phare. Mr. Ramsay est au contraire un être colérique, un professeur à la recherche de l'excellence, de la compréhension absolue du monde. Au milieu, une ribambelle d'enfants. Et tout autour, des amis : un collègue, une peintre, un poète, un étudiant... Des êtres plus ou moins jeunes, qui se supportent plus ou moins. Et nous passons, de l'un à l'autre, obtenant une vue kaléidoscopique, de ce que sont tous ces êtres, de ce qu'ils pensent les uns des autres. On aperçoit des bribes de passé, des regrets parfois, des hypocrisies... 


Étonnamment (ou non), les tableaux intermédiaires de "Le temps passe" sont de ceux qui m'ont le plus touchée. Cette vision de la maison vidée de ses habitants, où les choses sont livrées à elles-mêmes, où la nature prend possession des lieux, où les ombres règnent est comme une photographie du temps. Il vit dans ces petites choses qui moisissent, ces objets qui s'empoussièrent. Et bien sûr, l'écriture de Virginia reste un de mes grands plaisirs de lectrice. Retrouver la finesse de ses expressions, leur justesse, est un régal !



jeudi 9 juin 2016

La scène des souvenirs

Ernst Ludwig Kirchner, Scène de rue à Berlin, 1913
Entre Londres et le Suffolk, Laurel mène une enquête sur sa mère. Alors que cette dernière est mourante, Laurel cherche à comprendre pourquoi elle a poignardé de sang froid un inconnu dans les années 1960 (sans être inquiétée, d'ailleurs). Et Laurel remonte le fil de cette histoire à partir d'une photo. Celle de sa mère, Dolly, et d'une amie, Vivien. Et nous la suivons jusqu'à Londres durant la Seconde Guerre mondiale où quelques mois de 1941 vont décider de son destin. De Laurel et de ses sœurs, on ne saura pas grand chose, juste assez pour se dire qu'on aurait pu avoir une narratrice plus pénible que cette actrice.

Le procédé narratif de ce roman, avec un narrateur et une époque (2011 versus 1941) qui varie selon les chapitres est assez classique mais pas trop mal utilisé. Bien sûr, ça a parfois les mauvais côté des romans feuilletons avec des cliffhangers en grand nombre. Et si quelques scènes restent terriblement stéréotypées, l'ensemble reste prenant. Surtout lorsque l'on se rend compte que tout ne tourne pas rond. 

Un roman sympathique de Kate Morton, que j'oublierai certainement assez vite, mais qui fait passer un bon moment. J'ai apprécié les scènes de blitz qui font un pont avec une lecture récente, Le vol du frelon. Je regrette simplement d'avoir deviné un peu trop tôt ce qu'il était advenu de Vivien et de Dolly. 

Mois anglais

mardi 7 juin 2016

Mansfield Park

Mademoiselle JacquetC'est la découverte du mois ! Je ne suis pas allergique à Jane Austen ! Vous savez, je faisais partie de ce groupe de lectrice un peu honteux de ne pas adorer Pride and Prejudice. J'essayais de ne pas trop le montrer, ça fait désordre dans une blogo qui kiffe Jane. Et puis, pour le mois anglais, je me suis décidée à sortir ce titre de ma PAL. Et surprise, je ne l'ai pas abandonné dans un coin.

C'est l'histoire des enfants de trois sœurs dont la première s'est bien mariée, la deuxième pas mal et la troisième clairement en dessous de son rang. Les liens se distendent jusqu'à ce que l’aînée, mère de quatre enfants, invite sa nièce Fanny, fille de la plus mal lotie. Éloignée de ses frères et sœurs, les débuts sont durs pour elle. Et puis, elle prend goût à cette nouvelle éducation, à cet entourage, surtout celui de son cousin Edmund. Grandissant, elle reste tout de même la cousine pauvre, maltraitée par sa tante, Mrs Norris, et mal vue par ses cousines. Mais avec l'entrée dans le monde de ses cousines et les premiers flirts, les natures et les caractères se révèlent.

Si Fanny m'a agacée à être si parfaite, j'ai apprécié ce roman d'apprentissage. J'ai aimé les touches d'humour et les situations qu'invente Jane Austen, notamment celle du théâtre, comme prélude au destin des personnages. J'ai également apprécié cette ambiance british, évoluer dans cette société codifiée avec Fanny et voir avec elle les failles et les contradictions humaines. L'approche psychologique de personnages comme Maria ou son frère est aussi très intéressante, selon qu'elle est faite par Fanny, par sa tante ou par Sir Bertram. Chacun aborde une des facettes des personnages. On y sent aussi tout un débat sur les convenances, sur l'éducation, sur la liberté... Sans me déclarer fan, j'apprécie plus Jane Austen avec ce texte qu'avec mes précédentes lectures.





dimanche 5 juin 2016

L'archer vert

Ce titre d'Edgar Wallace ne restera pas dans mon top de la littérature anglaise. Cette enquête bizarre aux personnages tous plus impulsifs les uns que les autres donne un air très farfelu à ce roman qui court à toute vitesse. Un seul mystère demeure : qui a bien pu me conseiller ce polar dit gothique ?

Provins remparts

Figurez-vous qu'au château de Garre un mystérieux fantôme réapparaît après plusieurs années de tranquillité. Cet archer vert, pendu au Moyen Âge, vient troubler le riche Abel Bellamy. De quoi exciter la curiosité de Spike, journaliste. Il n'est pas le seul à suivre de près ce qui touche à Abel. Miss Valérie Howett, à la recherche de sa mère, est prêté à parier qu'Abel la retient prisonnière. Mais pour tous nos protagonistes, qu'ils soient de Scotland Yard comme Jim ou d'ailleurs, le millionnaire reste difficile à aborder. Violent et misanthrope, il ne recule pas devant des mauvais coups !

D'autres personnages s'intéressent aussi à l'archer vert et au passé d'Abel Bellamy mais je vous laisse le loisir de les découvrir dans ce roman. Jouant beaucoup plus sur les rebondissements et les pièges auxquels sont confrontés les héros que sur la déduction ou l'enquête, ce roman est un peu frustrant pour le lecteur et lui donne quelque peu le tournis. Un peu comme si le scénariste avait voulu caser toutes ses cascades en quelques minutes. Bref, ce n'est pas ma tasse de thé.


vendredi 3 juin 2016

The Moving finger

J'ai toujours un doute à propos des Agatha Christie. Je ne sais plus lesquels j'ai déjà lus et ceux qu'il me reste à lire. J'ai un doute sur celui-ci que je trouve assez peu mémorable. En français, c'est La Plume empoisonnée. Un titre qui me parle plus que sa version anglaise. 

Un frère et une sœur viennent de s'installer dans la petite communauté de Lymstock. Jerry doit se mettre au vert pour récupérer suite à de graves blessures. Il s'est crashé en avion. Mais pour ce qui est de la tranquillité, Jerry et Joanna ont mal choisi. Tout le monde commence à recevoir des lettres anonymes. Celles-ci content des histoires de coucheries, qui jamais ne touchent juste. Mais qui font bien parler les habitants de Lymstock... Et puis, Mrs. Symmington est retrouvée morte, empoisonnée, avec un mot d'adieu. Suicide ou assassinat ? Tout le monde penche pour la première hypothèse jusqu'à ce qu'une jeune servante disparaisse aussi. La police s'intéresse alors à l'affaire et recherche l'auteur des lettres anonymes, en compagnie de notre héros, Jerry. Pour lui, le leitmotiv est "Il n'y a pas de fumée sans feu"... Comprenne qui pourra ! À la toute fin, Mrs. Marple fait son apparition pour dénouer cette histoire. 



Un roman sympa mais qui ne m'a pas tenue en haleine. On est plus confronté dans ce livre à une analyse sociale et une galerie de caractères qu'à une enquête avec un enjeu véritable sur la résolution de l'affaire et la découverte du criminel. Et les histoires d'amour annexes m'ont parues rapides et niaises. Bref, pour moi, ce n'est pas Agatha à son meilleur niveau.



mercredi 1 juin 2016

David Copperfield

Pour ce rendez-vous du Blogoclub et l'ouverture du mois anglais, rien de tel qu'un bon classique londonien comme ceux de Dickens. Je ne sais pas si vous avez remarqué mais mes appréciations de Dickens sont toujours plus positives à mesure que je le lis. Avec ce titre, auquel j'ai trouvé parfois quelques longueurs, notamment dans certains chapitres d'enfance, cette bonne impression se confirme.

Blechen, Galgenberg par temps d'orage, Dresde

David Copperfield, c'est un peu le roman d'apprentissage par excellence, il faut tout lui apprendre à ce petit, et souvent avec violence. Orphelin de père, et très vite de mère, il est fouetté par son beau-père, Edward Murdstone, il est maltraité à l'école, il est mis au travail à un âge où il aurait dû poursuivre ses études, il est ruiné, il est veuf... Son seul réconfort est Peggotty, sa nurse, qui lui reste attachée pendant toutes ces épreuves, puis Agnès et Betsey. Sans vous conter toutes les aventures et rencontres de David, j'aimerais m'arrêter sur quelques personnages. Il y a Little Em'ly, sa tendre amie d'enfance, promise dès la première rencontre à un destin malheureux (car David est un narrateur omniscient, devenu écrivain, qui nous livre son autobiographie). Elle est trop belle, trop pauvre et trop confiante. Personnage secondaire, on aimerait mieux la connaître. Il y a Betsey Trotwood, tante de David, qui s'adoucit avec l'âge et la fréquentation de David. Il y a Uriah, qui fatigue tout le monde avec son humilité jetée à la face des autres. Et qui est plus malin qu'il ne paraît. Il y a Dora, femme-enfant, qui jamais ne saura être sérieuse. Il y a les lettres de Micawber et ses retrouvailles régulières et impromptues avec David - la seule constante est qu'il n'a jamais un radis. 

Pendant tout le roman, le lecteur suit les questions et les évolutions du petit David de l'intérieur puisqu'il reste notre narrateur attitré pendant tout le roman. La seule chose qui ne change pas, c'est la naïveté et la malléabilité du héros, toujours prêt à se faire plumer ou à s'imaginer les hommes meilleurs qu'ils ne sont.

Parmi ce que je reproche à ce Dickens, il y a le sort d'Em'ly et de Dora. Les figures féminines semblent avoir un destin féroce autour de David. De même que les enfants. Et les hasards qui dérangent ou arrangent tout le monde : Mrs Murdstone chez Spenlow, les morts violentes, la visite d'une prison où l'on retrouve tous nos méchants. Par contre, je me suis réjouie des belles relations d'amitié et des chemins qui se croisaient entre Cantorbery, Yarmouth et Londres. Je m'attendais à ce que la ville soit plus présente, qu'elle fasse partie de l'intrigue, un peu comme Paris dans les Misérables. Mais non, ces trois villes restent surtout des cadres à des aventures (souvent difficiles ou négatives à Londres). Seule la tempête de Yarmouth lui donne un relief différent. 

La plume de Dickens, qui s'amuse avec les patois (pas toujours évident en VO), semble s'amuser à émouvoir puis divertir le lecteur, l'ennuyer quelques pages pour mieux le passionner ensuite. Écrivain de situations plus que de descriptions, il trace des portraits par des mots et des actes de ses héros plus que par l'intrusion dans leur psychologie. Bref, je sors de ce roman bien plus emballée qu'avec De grandes espérances !

Mois anglais

mardi 17 mai 2016

A l'ombre des jeunes filles en fleurs

Terminant ce deuxième livre de Proust, mon goût pour son écriture se confirme. Cette écriture pleine de peintures et d'images. Ainsi, cette vision du jour d'été momifié qui clôt ce tome est un véritable chef-d'œuvre à mes yeux : 
"Et tandis que Françoise ôtait les épingles des impostes, détachait les étoffes, tirait les rideaux, le jour d'été qu'elle découvrait semblait aussi mort, aussi immémorial qu'une somptueuse et millénaire momie que notre vieille servante n'eut fait que précautionneusement désemmailloter de tous ses linges, avant de la faire apparaître, embaumée dans sa robe d'or"
Jeunes filles en bikini, Piaza Amerina

De nouveaux thèmes se développent et parcourent le roman comme celui des jeunes filles/femmes comme autant de fleurs à butiner. De Gilberte à Albertine, il faut passer par des rencontres fugitives et toujours ratées, avec une paysanne qui pourrait trouver abri à l'ombre d'une ogive, avec des inconnues dont le visage s'est déjà effacé de la mémoire mais dont la fraîcheur demeure ou avec ce groupe de jeunes filles qui pourraient être du demi-monde, insolentes, sur les plages de Balbec... La réflexion sur le sentiment amoureux, amorcée avec Swann, se poursuit avec les propres amours du narrateur et gagne en substance tout en restant à jamais indicible. 
"J'avais autrefois entrevu aux Champs-Elysées et je m'étais rendu mieux compte depuis qu'en étant amoureux d'une femme nous projetons simplement en elle un état de notre âme ; que par conséquent l'important n'est pas la valeur de la femme mais la profondeur de l'état ; et que les émotions qu'une jeune fille médiocre nous donne peuvent nous permettre de faire monter à notre conscience des parties plus intimes de nous-mêmes, plus personnelles, plus lointaines, plus essentielles, que ne ferait le plaisir que nous donne la conversation d'un homme supérieur ou même la contemplation admirative de ses œuvres"
"Si, en ce goût du divertissement, Albertine avait quelque chose de la Gilberte des premiers temps, c'est qu'une certaine ressemblance existe, tout en évoluant, entre les femmes que nous aimons successivement, ressemblance qui tient à la fixité de notre tempérament parce que c'est lui qui les choisit, éliminant toutes celles qui ne nous seraient pas à la fois opposées et complémentaires, c'est-à-dire propres à satisfaire nos sens et à faire souffrir notre cœur" 

Le thème de la mémoire et de la connaissance, de l'autre ou de soi est aussi plus présent. Toute la difficulté à saisir, à posséder, si ce n'est l'autre, du moins une image qui lui ressemble. Tout est sujet à modifications postérieures, un brouillon sans cesse repris, ou les traits exacts restent entourés de flou.
"C'est pourquoi la meilleure part de notre mémoire est hors de nous, dans un souffle pluvieux, dans l'odeur de renfermé d'une chambre ou dans l'odeur d'une première flambée, partout où nous retrouvons de nous-mêmes ce que notre intelligence, n'en ayant pas l'emploi, avait dédaigné, la dernière réserve du passé, la meilleure, celle qui quand toutes nos larmes semblent taries, sait nous faire pleurer encore"
"Ainsi ce n'est qu'après avoir reconnu non sans tâtonnement les erreurs d'optique du début qu'on pourrait arriver à la connaissance exacte d'un être si cette connaissance était possible. Mais elle ne l'est pas ; car tandis que se rectifie la vision que nous avons de lui, lui-même qui n'est pas un objectif inerte change pour son compte, nous pensons le rattraper, car il se déplace, et, croyant le voir enfin plus clairement, ce n'est que les images anciennes que nous en avions prises que nous avons réussi à éclaircir, mais qui ne le représentent plus"
"Quelquefois entre le moment où ces plaisirs sont entrés en nous et le moment où nous pouvons y rentrer nous-mêmes, il s'est écoulé tant d'heures, nous avons vu tant de gens dans l'intervalle que nous craignons qu'ils ne nous aient pas attendus. Mais ils sont patients, ils ne se lassent pas et dès que tout le monde est parti nous les trouvons en face de nous" 

Enfin, l'image du peintre à travers d'Estir, vient renforcer le rôle de l'art dans la Recherche, lui donnant une humanité et une contemporanéité plus forte mais aussi plus complexe.
"Si particulier qu'il soit, tout ce bruit qui s'échappe des êtres est fugitif et ne leur survit pas. Mais il n'en fut pas ainsi de la prononciation de la famille de Bergotte. Car s'il est difficile de comprendre jamais, même dans les Maîtres Chanteurs, comment un artiste peut inventer une musique en écoutant gazouiller les oiseaux, pourtant Bergotte avait transposé et fixer dans sa propre façon de traîner sur les mots qui se répètent en clameurs de joie ou qui s’égouttent en tristes soupirs." 
"Quelquefois je me reprochais de prendre ainsi plaisir à considérer mon ami comme une oeuvre d'art, c'est-à-dire à regarder le jeu de toutes les parties de son être comme harmonieusement réglées par une idée générale à laquelle elles étaient suspendues mais qu'il ne connaissait pas et qui par conséquent n'ajoutait rien à ses qualités propres, à cette valeur personnelle d'intelligence et de moralité à quoi il attachait tant de prix. Et pourtant elle était, dans une certaine mesure, leur condition."  
"Mais on, me répondit-il, quand un esprit est porté au rêve, il ne faut pas l'en tenir écarter, le lui rationner. Tant que vous détournerez votre esprit de ses rêves, il ne les connaîtra pas ; vous serez le jouet de mille apparences parce que vous n'en aurez pas compris la nature. Si un peu de rêve est dangereux, ce qui en guérit, ce n'est pas moins de rêve, mais plus de rêve, mais tout le rêve. Il importe qu'on connaisse entièrement ses rêves pour n'en plus souffrir"
"Le génie artistique agit à la façon de ces températures extrêmement élevées qui ont le pouvoir de dissocier les combinaisons d'atomes et de grouper ceux-ci suivant un ordre absolument contraire, répondant à un autre type"

Petite pause dans la Recherche après ce billet pour me consacrer à quelques lectures anglaises et préparer un mois plein de surprises chez Lou et Cryssilda.  

mercredi 11 mai 2016

Le vol du frelon

Et non, toutes les histoires de résistance ne se passent pas en France. Avec Ken Follet, on part au Danemark. La moitié des bombardiers anglais vont par le fond de la mer du nord. À Londres, Churchill, entouré de ses agents, tente de ne pas désespérer. Mais chaque jour l'Angleterre est plus isolée. Il semblerait que les nazis aient une machine quelque part sur la côte qui permet de repérer les avions. C'est dans ce contexte qu'Hermia, danoise travaillant pour les alliés, met sur pied un réseau de résistance. Il s'agit d'abord de faire passer des informations sur la vie en pays occupé. Puis la mission prend une autre ampleur, ce sont des informations classées secret défense qu'il s'agit de faire passer à Londres. Poul, Harald et quelques autres s'engagent dans cette dangereuse affaire (avions inside!).

Ce roman, plein de rebondissements, est une lecture plaisante. On ne voit pas passer les 600 pages de ce roman historique. Bien que peu fan de les histoires qui se déroulent pendant la Seconde Guerre Mondiale, j'ai aimé partir au Danemark en 1941. Par contre, le style de Ken Follet est toujours aussi plat, j'ai été plus tenue par l'intrigue et par les personnages (quoi que peu caractérisés mais attachants tout de même) qu'autre chose.

J. Villon, soldats en marche

lundi 9 mai 2016

La demeure mystérieuse

Cette aventure d'Arsène Lupin, ici Jean d'Enneris, commence avec un défilé de mode et le vol d'un bustier de diamants. Ôté à la charmante Régine d'Aubry, actrice. S'ensuit un second enlèvement, celui d'Arlette, mannequin et modiste. Là, ça devient franchement louche. Et puis, dénouement inattendu, les Mélamare sont accusés. Mais, tout cela ne semble pas coller. Notre gentleman cambrioleur s'empare alors de l'affaire !

Art deco

Un petit polar sympathique de Maurice Leblanc avec une fin étonnante et bien trouvée, une malédiction qui s'éclaire (et remonte aux temps noirs de la Révolution) et des jolies femmes de plus en plus séduites par Arsène ! Bonne pioche.


jeudi 5 mai 2016

Risen

Ou la Résurrection du Christ en français. Parce que les titres anglais, c'est quand même difficile à traduire...

Tout commence comme un péplum, avec des scènes de bataille en Judée, un Ponce Pilate bien toiletté et des échanges pseudo-philosophiques aux thermes. Puis, le film tourne à l'enquête, voire au thriller. Où est donc passé le corps de Jésus ? Qui a bien pu le cacher et où ? Voire pourquoi ? Entre le traître, l'aveugle, le bienheureux et quelques autres figures aussi peu fiables les unes que les autres, l'enquête piétine, Ponce Pilate s'agace et Clavius, notre héros, se questionne. Car notre petit tribun est plus habitué à égorger des ennemis et à se planquer dans les collines qu'à jouer au détective. 
Et puis, l'évidence... Et là, ça tourne à un autre genre de poursuite. C'est plus la soif de comprendre ce qui fascine dans ce prophète... et surtout comment il a pu dépasser la mort. Là, ça tourne un peu étrange, entre les disciples en commando et l'adieu du Christ façon Independance Day...

On saluera la performance de Fiennes, qui campe un tribun très convainquant et sympathique... et c'est à peu près tout. Sans être mauvais mauvais, j'ai peur qu'il ne s'efface assez vite des mémoires.

Risen

lundi 2 mai 2016

The Huntsman : Winter's War

On a vu la suite de Blanche Neige et le chasseur sans le savoir ! Ou plutôt, on avait oublié ce film avant de voir ce nouvel opus. Il s'agit du prologue et de la suite du premier. Prologue parce qu'il s'agit de la formation du chasseur. Épilogue parce qu'il met fin au conte.

Figurez-vous que Ravenna, la méchante reine, a une sœur, la reine des neiges. Enfin, Freya peut geler tout le monde depuis que sa petite fille a été brulée. Et cette reine se constitue une armée pour conquérir les royaumes du nord. Elle enlève des enfants et en fait ses guerriers. Parmi les meilleurs, Sara et Eric. Qui bien sûr sont amoureux, ce qui est formellement interdit. Du coup, ça se passe mal avec la reine. Puis petite ellipse temporelle de dix ans jusqu'au règne de Blanche Neige et la disparition du miroir magique.

Un scénario embrouillé pour cet opus qui ne restera pas dans les mémoires. Certes, le côté Frozen peut emballer les aficionados d'Elsa mais guère plus.