vendredi 19 septembre 2014

Bernard Zehrfuss (1911-1996), la poétique de la structure

A la Cité de l'architecture et du patrimoine, cette exposition touche à sa fin. Je voulais vous dire quelques mots sur l'architecte du CNIT...

L'exposition propose un regard chronologique sur l'oeuvre de Bernard Zehrfuss, depuis ses débuts en Tunisie jusqu'au musée gallo-romain de Lyon. Je suis passée assez rapidement sur ses travaux tunisiens, plutôt sobres, pour me concentrer sur les commandes de deux usines ; l'imprimerie Mame à Tours et l'usine Renault à Flins. L'imprimerie est particulièrement intéressante : elle est construite pour pouvoir être agrandie facilement et couverte de sheds vitrés. 

Autre construction qui attire l'attention, celle de l'UNESCO, ce grand bâtiment en Y sur piliers précédé par une salle en accordéon. On voit Zehrfuss, Marcel Breuer et Pier Luigi Nervi plancher sur le projet avec Le Corbusier par exemple. Outre ces bâtiments initiaux, l'architecte propose ensuite une architecture enterrée, esthétique et discrète. 

Mais le plus fou est certainement ce qui concerne la Défense. Ce quartier est imaginé comme un nouveau Manhattan. Il devait élever ses gratte-ciels de part et d'autre d'un gigantesque boulevard. Ça, c'est avant qu'on ne pense à faire une grande dalle. Les maquettes sont à ce titre particulièrement parlantes de même qu'une grande perspective de ce qu'aurait pu être le lieu. C'est dans ce lieu qu'il imagine avec Robert Camelot, Jean de Mailly, Jean Prouvé et Nicolas Esquillan un espace couvert par un long voile autoportant : le CNIT. Étonnante performance dont témoignent des photos de construction. Par contre, les projets de buildings tombent à l'eau. 

Camelot, Perspective avenue general de gaulle

Il est également question d'immeubles de logement et de bureaux mais je préfère terminer sur le musée de Lyon, enterré dans la colline de Fourvière. Il se déploie le long d'une spirale pensée pour valoriser les ruines du théâtre et les objets archéologiques. Une démarche assez inédite, qui ne vieillit pas trop mal.

Une exposition qui plaira aux amateurs d'architecture contemporaine et à ceux qui ne sont pas trop rebutés par le béton ! Elle permet de découvrir des archives et des maquettes qui éclairent la démarche de cet architecte des 30 glorieuses.

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