samedi 26 mai 2007

Praxitèle

Voilà une expo qui porte bien son nom : on y parle de Praxitèle, sa vie (très peu), son oeuvre ou du moins ce qu'on en connait (très Lagarde et Michard cette formulation !) mais quant à y voir ses oeuvres, c'est une autre affaire ! Des copies romaines, des copies de copies (XVII-XIX) et beaucoup de fantasmes. Pour une fois, des visiteurs qui ne se bousculent pas dans ces salles du Louvre... et qui passent en regardant à peine les oeuvres. A croire que la sculpture est plus désinvolte que la peinture. Pourtant, il faut accorder son regard et sa précision à ces statues. Si elles étaient "toutes pareilles" (dixit une tite dame), on ne prendrait pas la peine de se les faire prêter, que diable !
Cette visite est donc très sympathique, les commentaires sont clairs et la perspective choisie intéressante. Certes, on sort en ce disant "Ceci n'est pas de Praxitèle" quoique... deux bases portent quand même un joli Praxiteles Epoiesen.


mercredi 23 mai 2007

Da gelo a gelo


C'est la folie des opéras en ce moment. Le dernier sur la liste est certainement le plus allumé que j'aie vu !

Décor minimaliste qui rappelle les illustrations du Genji Monogatari. Costumes japonisants. Echanges de lettres passionnées... mais pas très passionnantes. Un prince et une courtisane, qui chantent en italien (!) des poèmes japonais du XI-XIIe siècle. Mots découpés et répétés. Musique très très décalée, lancinante.
Heureusement, cela n'a duré que deux heures. Le temps que Garnier se vide de la moitié de ses spectateurs. Et que ceux qui restent huent ou adulent chanteurs et metteur en scène.

lundi 21 mai 2007

Le peintre de batailles


Arturo Pérez-Reverte, dont je connaissais Le club Dumas et Le tableau du maître flamand, a sorti récemment un livre assez dérangeant. Au travers de l'histoire d'un photographe devenu peintre, il évoque les conflits des dernières années, particulièrement en Bosnie. Les descriptions sont parfois intenables et la froideur de l'oeil du photographe plus encore.
Faulques, après avoir reçu de nombreux prix et distinctions pour ses photos, s'est retiré dans une tour dont il peint les murs d'images guerrières en s'inspirant des plus grands peintres. Un homme se présente à lui, Markovic, qui veut le tuer. S'engage alors un dialogue entre le peintre et l'ancien soldat. Markovic accuse Faulques des tortures dont il a été victime suite à la publication d'une photo de lui. Se posent alors les questions de responsabilité du photographe, de sa vision du monde... des lignes qui président à la place des choses. Ce roman se lit facilement car le style en est très plaisant. Les reflexions engagées sont par contre génantes. On se demande souvent si la froideur du photographe n'est pas plus terrible que le sadisme des soldats.

Jade et les sacrés mystères de la vie


On m'a offert ce livre de Garagnon il y a environ cinq ans. J'ai éprouvé le besoin de le relire mais, comme la première fois, je ne m'y suis pas retrouvée. Jade est une petite fille malicieuse qui aime les choses spirituelles c'est à dire les bons mots et ce qui touche à Dieu. Elle a des amis fascinants qui tentent de répondre à ses questions. Elle parle de clins-dieux, de B-attitudes (le bon, le bien, le beau) et connait des paraboles. Elle rappelle que les rêves ne s'usent que si l'on ne s'en sert pas et veut sauver le monde dans sa saveur. Tout un programme ! J'ai cru que pour faire le vide et le point, cette lecture m'aiderait mais je trouve Le petit prince bien plus efficace... peut être parce qu'il est plus universel et ne me renvoie pas à cette éducation religieuse qui s'estompe.

Regards sur l´Europe. L´Europe et la peinture allemande du XIXe siècle.



L'exposition de Bruxelles montre les influences et les inspirations de la peinture allemande du XIXe. Le voyage commence par la Grèce antique et l'Italie renaissante. On note ensuite des inspirations nordiques, baltes, russes, anglaises mais aussi espagnoles et fraçaises... La démonstration est assez convaicante, mais seules des oeuvres allemandes sont présentées, des parallèles avec des oeuvres étrangères auraient certainement enrichi le propos. Quant aux peintures exposées, elles ne font pas parti de mes favorites. Notons que l'espace était organisé, la circulation aisée (pas trop de bousculades devant les oeuvres) et les couleurs des murs harmonieuses. Reflexions qui semblent bêtes mais qui changent souvent l'appréhension d'une expo.

La pyramide oubliée

Depuis le temps que je salivais devant le dernier Elizabeth Peters... qui était sur le haut de ma PAL mais que je m'interdisais de lire avant la fin des exams, j'ai enfin pu profiter de l'ambiance hors norme de ce policier. Je ne suis pas objective avec cette série. Si l'un est traduit, je l'achète immédiatement, et les autres, en VO, sont bien cachés dans ma PAL, histoire de garder un peu de suspence. Mais dès que j'en lis un, j'ai très envie de poursuivre avec le reste de la série ! Le dernier n'échappe pas à cette règle, j'ai sorti Lord of the Silent de la PAL. 

Egypte, 1908. Amélia Peabody et son cher Emerson fouillent cette année une pyramide. Voilà qui devrait satisfaire Amélia, mais cet endroit ne mérite vraiment pas ce nom, il s'agit plus d'un tas de cailloux. Divers accidents s'y produisent... qui éveillent les soupçons de la famille. Encore un ennemi à arrêter ! Sans compter qu'une affaire de fausses antiquités et un trafic de drogue viennent troubler la tranquillité de cette saison. Ajoutons qu'on y retrouve un Percy plus odieux que jamais, un Ramsès très mystérieux (David n'est pas là pour recueillir ses confidences) et Horus maté par un nouvel arrivant ! Ce tome est aussi celui du mariage de David et Lia, quant à Ramsès et Nefret... tout se complique ! Ce que j'adore dans cette série, c'est l'humour de son auteur. On rit à toutes les pages, les personnages sont très attachants et les rebondissements perpétuels. Certes, ce n'est pas de la grande littérature, mais c'est un des rares polars qui m'accroche, peut être parce qu'il s'éloigne du genre. Pour les curieux, il existe un petit site... et un autre en français.

dimanche 20 mai 2007

Le magasin des suicides


Le dernier né de Jean Teulé ne m'avait pas emballé plus que ça en rayon. J'avais juste pensé "Oh, un titre sympathique, peut-être m'apportera-t-il de bonnes idées pour les heures de déprime" et j'en étais resté là. Et puis je l'ai vu dans la bibliothèque de ma soeurette et j'ai renoncé à le lire : la bibliothèque de Marie étant rarement gage de qualité. Enfin, j'ai lu quelques éloges sur les blogs qui m'ont convaincue.

Ce petit bouquin se lit en moins d'une heure et fait sourire le lecteur. Je ne crierai pas au chef-d'oeuvre, mais au p'tit roman sympathique. Le magasin des suicides, situé boulevard Beregovoy, est tenu par la famille Tuvache. Mishima et Lucrèce ont trois enfants : Vincent, Marilyn et Alan. Chacun porte donc le nom d'un suicidé célèbre et s'en rapproche par son caractère ou son attitude. Hélas, le petit Alan trouble la petite famille et le magasin par son insupportable joie de vivre. Si les personnages ne sont pas spécialement attachants, l'atmosphère générale du roman, sur fond d'apocalypse, est agréable. Quant aux articles du magasins, ils sont très inventifs. Teulé joue sur les mots, les clins d'oeil littéraires et artistiques avec beaucoup d'humour. On s'amuse de voir Lucrèce dire du Baudelaire ou Mishima expliquer la pratique du Seppuku. A lire un dimanche matin, quand on renacle à sortir des plumes !

Merci, Jeeves !

Wodehouse à nouveau. Je fais dans les doubles en ce moment. J'ai trouvé celui-ci plus amusant que l'autre, à force de persévérer je finirai par le trouver hillarant !
Bertram s'est mis au banjo ce qui lui attire les foudres du voisinage et la démission de Jeeves. Il part donc louer une maison à la campagne et prend un nouveau valet à son service. Ce dernier a l'affreuse manie de disparaitre et de poursuivre les gens avec un hachoir ou un objet aussi peu approprié. On rencontre aussi dans ce volume de vieux ennemis, des nègres effrayants, un enfant infernal, des policemen imbéciles, une tante insupportable, une ex-fiancée charmante et un ami niais et jaloux. Heureusement, Jeeves a toujours le conseil de circonstance et la citation qui convient. Merci, Jeeves !

samedi 19 mai 2007

Lohengrin

Après Verdi, Wagner... La dernière de l'un, la première de l'autre... Rien à voir ! De Gènes, nous partons pour le Brabant où le roi Henri rassemble des troupes. Il en profite pour juger un conflit entre Telramund, régent du royaume depuis la disparition du frère d'Elsa, et Elsa, accusée du meurtre de son frère. Incapable de trancher, le roi fait appel au jugement divin. Et voilà une belle ordalie entre Telramund et un chevalier, rêvé et appelé par Elsa, amené par un cygne. Ce chevalier mystérieux vainc Telramund, devient roi de Brabant et épouse Elsa avec une condition : Elle ne devra jamais chercher à connaitre son nom ou son origine.
Telramund et sa femme, Ortrud, sont bannis et méditent une vengeance. Ils instillent le doute dans l'esprit d'Elsa qui pose à son époux les questions fatidiques. Le chevalier tue Telramund qui l'attaque et se rend devant le roi. Il explique son geste et annonce qu'il est gardien du Graal et fils de Perceval, Lohengrin. Le cygne qui le conduit n'est autre que le frère d'Elsa, victime d'un enchantement d'Ortrud. Lohengrin disparait, laissant Elsa à ses larmes... et à la joie de retrouver son frère.

Le tout se déroule en cinq heures sur la grande scène de Bastille, devenue pour l'occasion paysage d'après guerre, gris et béton-armé éventré. L'apparition de Lohengrin (avec cygne, ruisseau et arbres perdant leurs feuilles) fait sourire... encore ce petit coté romantico-kitsch XIXe. Musique et chanteurs impressionnants, livret également (de Wagner !! ce n'est pas très courant qu'un auteur construise un spectacle complet).

S'il ne fallait retenir qu'une chose, ce serait la magnifique prestation d'Ortrud, Waltraud Meier !

Simon Boccanegra

Deux opéras en moins d'une semaine... A croire que je cours après le temps perdu ! Tout d'abord, la dernière de Boccanegra, avec décor, na ! (Private joke pour un fidèle qui s'est trouvé à l'opéra un soir de grève). Décor très simple d'ailleurs, qui tient en ceci et représente le palais du doge de Gènes.
L'histoire est celle d'un corsaire, Simon Boccanegra, qui est élu contre son ennemi, Fiesco, dont il a séduit la fille, Maria. Il espère que cet honneur fera accepter leur mariage à Fiesco. Or - grand méchant destin - Maria vient de mourir et leur fille, élevée par une servante de Simon, a disparu.

25 ans plus tard, Simon est toujours doge. Il veut obtenir la main d'Amélia Grimaldi pour un de ses fidèles, Paolo, mais reconnait en elle sa fille (qui, bien sûr, a été élevée par Fiesco et est amoureuse d'un homme qui complote contre son père). Du coup, Paolo enlève Amélia, mais elle s'enfuit et, zou, un ennemi de plus pour le doge. En outre, le fiancé d'Amélia imagine que Simon veut épouser sa belle, excite les partisans de la guerre civile... bref, on sent le quiproquo s'installer. Paolo est arrété mais a le temps d'empoisonner le doge. Il faut l'intervention d'Amélia pour calmer son fiancé jaloux et obtenir la bénédiction de Simon, et enfin l'identitée réelle d'Amélia est révélée à Fiesco qui pardonne à Simon. Ce dernier meurt enfin (et c'est assez long, il expire pendant un nombre infini de minutes, le temps de bien faire pleurer Amélia).

Voilà pour la petite histoire. Simon était brillamment interprété ainsi que Fiesco... par contre, la voix d'Amélia avait quelque chose d'insupportable. D'ailleurs, ce personnage, malgré son rôle très important, avait un coté artificiel très agaçant. Mon voisin, qui découvrait Bastille ce soir là, a adoré. C'était sa première fois...

Autres chroniques de San-Francisco

Le troisième opus des chroniques de Maupin ne m'a pas beaucoup plus emballée que les précédents, mais il me fallait un truc assez futile, histoire de dire "Ouf ! La première partie des exams est close".

Comme dans les volumes précédents, nous retrouvons Madame Madrigal qui veille sur ses "enfants", le San-Francisco gay de Mouse, Mary-Ann à la recherche du scoop du siècle, Brian... qui cesse de draguer ! Franny Halcyon et "la haute" sont toujours évoquées, avec un nouveau regard, celui de Prue, chroniqueuse mondaine gnian-gnian ex-scout (le beau mélange!). Et tout ces personnages se croisent, et leurs vies s'emmêlent...
Cet épisode est surtout centré sur le personnage de Mary-Ann à qui Franny Halcyon confie une étrange mission qui la conduit jusqu'en Alaska tandis que Mouse passe d'une partouze à l'autre...

jeudi 17 mai 2007

La fenêtre jaune

Brussolo... voilà le genre d'auteur qu'il vaut mieux éviter de lire trop souvent sous peine de devoir interrompre le travail en cours. Heureusement, le dernier opus croisé se lit très vite et mes révisions n'en ont été que peu perturbées. Et maintenant, petite mise à jour de mes dernières découvertes !

Dans ce roman, polar et SF se mêlent sur fond de désert californien. Cassidy part à la recherche de son frère et de son fiancé, disparus sans laisser de trâces... mais un horrible désordre - sans parler de la saleté - dans leur maison de location. Elle entreprend de ranger ce gourbis afin d'y trouver des indices. Autour de la maison, rien, si ce n'est une longue piste où les fanas d'extraterrestres se livrent à toutes sortes d'élucubrations : une étrange fenêtre jaune apparaît certaines nuits. De celle-ci, des hommes vêtus de scaphandres descendent parfois mais vieillissent subitement. Convaincue que les deux hommes ont franchi cette fenêtre, Cassidy se lance également dans l'aventure. Ce qui se trouve de l'autre coté... sera révélé aux futurs lecteurs de ce livre !

Contes


Les contes de Nodier sont empreints d'une douce féérie, proche de Nerval ai-je pensé. Un peu difficile de pénétrer ces mondes oniriques au premier abord : le style en est souvent très lyrique. On retrouve bien les premiers feux du romantisme dans ces oeuvres fantastiques ; Nodier tient parfois d'Hoffmann... Mon recueil comportait cinq contes, de longueur et de qualité inégale.

Smarra est le plus lyrique de tous. Il s'agit du récit d'un rêve ou cauchemar, si flou que l'on ne distingue pas vraiment la réalité du songe. Dans une Thessalie brumeuse, le héros erre entre Grâces et ombres. L'écriture est proche du poème et complexe. Il semble parfois que ce monsieur fasse étalage de ses connaissances d'helleniste de façon trop érudite (vi, vi, c'est une helleniste qui dit ça!)... Voilà qui m'a fait remettre à plus tard la lecture des autres contes (on fait tous des erreurs!).

Trilby m'a rappelé La Sorcière de Michelet, ce bouquin pseudo historique, très teinté de romantisme également. Il est question d'un personnage elfique, le lutin Trilby qui s'est attachée à la pauvre masure de Jeannie et de Dougal. Trilby protège ce couple, apporte de bonnes pêches et courtise Jeannie. Troublée, elle fait part de ses inquiètudes à son mari qui choisit de faire exorciser la maison par un moine. La tristesse s'abat alors sur la demeure et le remord hante Jeannie, jusqu'à ce que Trilby se manifeste à nouveau..

La fée aux miettes raconte l'histoire d'un pauvre fou, interné à Glasgow. Un aristocrate choisit de visiter un asile, il y rencontre Michel qui lui demande "De grâce, monsieur, apprenez-moi si elle a chanté la chanson de la mandragore : c'est moi, c'est moi, c'est moi ! je suis la mandragore, la fille des beaux jours qui s' éveille à l' aurore, et qui chante pour toi ! ". S'ensuit la triste histoire du charpentier : son ardeur au travail et les malheurs qui s'abattent sur sa famille, l'amour qu'il inspire à une vieille mendiante et la passion qu'il conçoit pour un portrait sublime, des animaux qu'il croise et s'étonne de voir traités comme des humains et... la quête de la mandragore.

Jean-François les bas-bleus est fou, mais il reprend ses esprits lorsqu'un sujet scientifique ou philosophique est discuté. Après avoir acquis de grandes connaissances, il a perdu la raison à cause d'une passion impossible. Cet homme peut-il aussi révéler l'avenir ?

Inès de Las Sierras est un tour de passe-passe. Des voyageurs passent la nuit dans un chateau que l'on dit hanté. Pendant leur repas, apparait effectivement une jeune beauté, une sylphide sublime qui anime leur soirée. Quand elle demande à l'un des hommes de la rejoindre, tous craignent une suite funeste et choississent de veiller, en proie à l'angoisse. Telle est la première partie du conte tandis que la seconde vise à donner une explication plus rationnelle à l'événement. Notons que Gauthier fit de cette oeuvre un joli poème.

L'ensemble est assez plaisant mais il faut se remettre dans le bain (l'ambiance XIXe très friande de fantaisies de ce genre) : une écriture romantique très lyrique, des références parfois obscures et des digressions fréquentes. De quoi inspirer un surréaliste ou donner envie de revoir l'ami Lautréamont.

vendredi 11 mai 2007

Grand amour

Quelques semaines sans lire - ou presque - je puis assurer que c'est très douloureux ; un contrôle de chaque instant... Mes livres de chevet ressemblaient plus à des monographies d'artistes, des Citadelles et Mazenod ou des catalogues d'expo qu'à des romans. Certains ont cependant égayé mes pauses. Parmi eux, un autre Orsenna (je ne m'en lasse pas !) conseillé par le kastor (sans rapport aucun avec Sartre ou Beauvoir d'ailleurs).

Grand amour n'est pas une histoire d'amour. Nous suivons un jeune chevalier amoureux de grammaire, (auto)biographe et conseiller de Monsieur le Président. Une lecture de circonstance, il faut le souligner. L'auteur nous conte l'Elysée et ses garden party, Versailles et la france vue d'hélicoptère. Il dit surtout comment il prète ses mots à la France, à celui qui l'incarne et doit s'en faire aimer. Ce livre est plein d'humour, de douceur, de personnalités attachantes. Je suis un peu jeune pour savoir s'il retranscrit le climat des années quatre-vingt, mais son portrait du président correspond assez bien au souvenir que j'en garde.

samedi 5 mai 2007

Révisons encore un peu !


"La science, son goût est amer au début, mais à la fin plus doux que le miel",
c'est ainsi que l'on pourrait traduire le décor de ce plat. Rassurant n'est-ce-pas ? Quelques jours de bourrage de crâne et quelques dernières épreuves... avant de reprendre la rédaction du mémoire !


vendredi 27 avril 2007

Encore un petit Hugo pour le mois

Elle était déchaussée, elle était décoiffée,
Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ;
Moi qui passais par là, je crus voir une fée,
Et je lui dis : Veux-tu t'en venir dans les champs ?

Elle me regarda de ce regard suprême
Qui reste à la beauté quand nous en triomphons,
Et je lui dis : Veux-tu, c'est le mois où l'on aime,
Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ?

Elle essuya ses pieds à l'herbe de la rive ;
Elle me regarda pour la seconde fois,
Et la belle folâtre alors devint pensive.
Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois !

Comme l'eau caressait doucement le rivage !
Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,
La belle fille heureuse, effarée et sauvage,
Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.

mercredi 11 avril 2007

Révisons...


Les examens approchent, je pars m'isoler avec mes cours au bout du monde, là où internet et bibliothèques n'existent pas (à moins de vingt bornes à vélo)...

Dernières nouvelles des oiseaux


Allie m'a donné envie de me tourner vers Orsenna, j'ai donc saisi le premier de la pile pour accompagner ma journée.
Quand un homme décide de sélectionner non pas les meilleurs mais les plus passionnés des enfants, quand un fana d'escaliers et une monomaniaque des moteurs se rencontrent, quand une ile deserte est laissée aux enfants pour réaliser leurs rêves... cela donne une très jolie histoire, assez courte hélas, mais très bien illustrée.
Un petit moment d'imaginaire sur les ailes du vent.

mardi 10 avril 2007

Bonjour Jeeves !

Je viens de découvrir Wodehouse... et je suis un peu déçue. On m'avait promis du rire en cascade et je n'en ai pas assez eu, quelques sourires certes mais pas de franc fou rire. Pourtant, je pense qu'un second ouvrage voire une lecture en VO égayera encore mon année (pour une raison simple, un second titre dort sur ma PAL).
Le scénario est complexe, je vais m'en tenir à la trame générale (qui doit être celle de tous ces livres) : Bertram Wooster, jeune aristocrate anglais, a le don de se mettre dans des situations invraissemblables et peu confortables. A croire que la malchance s'acharne sur ce pauvre garçon ! Heureusement pour lui, son domestique, Jeeves, a des idées pour le sortir des pires impasses. Chantage, vol, mariages et fiançailles, jeunes filles stupides et amis monomaniaques, vieillards grincheux et tantes folles... tout est grossi et caricatural. Peut être trop.

lundi 2 avril 2007

Le monde selon Garp

Irving ne m'a absolument pas convaincue mais écoutez plutôt l'histoire.

Jenny Fields, infirmière de son état, veut un enfant sans avoir à supporter un mari ou un amant. Elle profite des érections du soldat S. T. Garp, un de ses malades en fin de vie, pour se faire engrosser (il n'y a pas d'autre terme !). Un petit Garp naît, que l'infirmière élève seule, dans un collège. Le jeune garçon y suit ses études, pratique la lutte et tente de se faire apprécier d'Helen. C'est pour elle qu'il choisit de devenir écrivain. Mère et fils écrivent alors chacun de leur côté, lors d'un voyage à Vienne. Jenny en sort célèbre (et riche), son fils beaucoup moins. Sexuellement suspecte fait d'elle une féministe et déclenche un mouvement qui la dépasse. Garp épouse Helen, écrit, a des enfants qu'il protège tellement qu'il les blesse, trompe sa femme... Bref, une vie presque comme tout le monde. Sauf qu'il est écrivain et fils de Jenny, ce qui déclenche des passions incontrôlables.

Un livre grinçant et grimaçant. Cette satire de la vie d'un écrivain tend à faire rire mais laisse un goût amer. L'écriture est trash et le réalisme sanglant ou poisseux de certaines situations dégoûte la petite fille sensible qui sommeille en moi. Je crois que je n'ai pas vraiment accroché à cet auteur, ce que symptomatisait déjà le temps depuis lequel ce bouquin entamé traînait dans mon sac...


La vie des autres


1984, en RDA, Wiesler est un agent de la stasi. Un bon agent, dévoué à son métier, froid et impitoyable, sans vie privée. Chargé par Hempf de surveiller un intellectuel et son amie, une actrice, il découvre des univers inconnus jusqu'alors : les arts (musique et littérature), l'amour et l'amitié. Très vite, il comprend que Christa-Maria a attiré les regards du ministre de la culture (Hempf) qui l'apprécie pour ses divers talents dont celui de dissimulatrice. Wiesler fait en sorte que son amant Dreymann apprenne la trahison. Dreymann pardonne mais a bientôt de nouvelles raisons d'être touché : son grand ami et metteur en scène se suicide. Révolté, il prend la plume (la machine à écrire) et dénonce au Spiegel la fréquence des suicides en RDA. Christa-Maria, dénoncée par Hempf et arrêtée pour possession illégale de médicaments, avoue que son ami est l'auteur de l'article publié en RFA. Mais Wiesler protège Dreymann et veille à faire disparaître les trâces.

Un très beau film, qui m'a touchée, qui porte le spectateur du début à la fin. A voir de toute urgence, il disparaît des salles !

Effroyables jardins

Ce petit bouquin de Quint est un peu trop court... en même temps, je crois que son écriture m'aurait très vite lassée. Le "j'écris comme je parle (mal)", très peu pour moi. Et tant pis pour ceux qui diront (encore) que c'est une réflexion élitiste. Na !

C'est l'histoire d'un petit garçon qui a honte que son papa fasse le clown, un petit garçon du Nord, dont le papa est instituteur. Et autour de lui gravite une famille, un oncle et une tante, une soeur et une maman. Papa et tonton étaient résistants. Ils ont été arrêtés. Un Allemand, un ennemi fait alors le clown. Les hommes rient et oublient qu'ils attendent qu'on les fusille. Depuis, Papa lui rend hommage et fiston suit ses traces...

Le livre ne m'a pas réellement plu, je ne le conseillerai pas. Par contre, je n'avais entendu que de bons échos sur le film, j'y jetterai peut-être un œil.

Picasso, Acteur, MET

samedi 31 mars 2007

Hell

Lolita Pille... Son nom ne m'était pas inconnu puisque Marie-Caroline m'avait recommandé fortement ce livre quand il etait sorti (ah, le bon vieux temps de l'hypokhâgne). Et puis très vite, il y a eu le film, la pub et l'effervescence autour du phénomène. Tous les petits Chals se sont inspirés du bouquin (avec leurs moyens) et se la jouèrent starlette. Donc j'ai attendu que tout cela retombe. Marinette, j'espère que tu mesures les limites à ne pas franchir !!

Paris Tour EiffelL'histoire tient en deux mots : Hell (Ella) est riche et profite des boites, restau, alcools et drogues à longueur de soirées. Un seul problème, elle fait parfois preuve de lucidité quant à la vacuité de sa vie. Andrea, son alter ego et amant, lui donne le goût des amours softs et vrais... mais leur milieu les rattrape et les replonge dans "l'enfer" des nuits parisiennes branchées, jusqu'au drame.

Un bouquin sans prétention et sans grand intérêt. Les soirées se suivent et se ressemblent. L'histoire d'amour est assez banale. Au moins, il se lit vite et fixe en peu de mots (je n'ai pas compté les occurrences de Gucci, Porsche, Coke et Vodka) les standards d'une caricaturale jeunesse dorée. Avec un mépris de bon ton.

vendredi 30 mars 2007

Ma liste des 4


Camille m'a envoyée la balle. Un peu maladroite, je viens de la rattraper avant de la renvoyer aux suivants...

Les 4 livres de mon enfance

Le petit prince, Saint-Exupery (que papa me lisait et que j'ai très vite relu, comme une grande !! et puis, il y avait de beaux dessins...)
Le Club des Cinq, Blyton (et les premières nuits où je ne parvenais pas à éteindre ma lampe de chevet)
Les petites filles modèles, Ségur (hérités de maman, j'ai fait un sort à la plupart de ses oeuvres qui sentaient délicieusement le renfermé)
Le serment des catacombes, Weulersse (Est-ce de là qu'est né mon amour pour l'antiquité ou des mythes et légendes que je dévorais alors ?)

Les 4 écrivains que je lirai et relirai encore

Gary
Cohen
Aragon
Ben Jelloun

Les 4 auteurs que je n'achèterai (ou n'emprunterai) plus

Zola (Snif, je crois que j'ai lu l'ensemble de son oeuvre...)
Dan Brown
Mary Higgins Clark (Comme pour le précédent, un bouquin suffit amplement, je n'ai pas accroché)
Angot (J'ai pourtant essayé... rien à faire)

Les 4 bouquins que j'emmènerais sur une île déserte

Belle du Seigneur, Cohen
Le seigneur des anneaux, Tolkien
La mer de la fertilité, Mishima
Une anthologie de la poésie française

Les 4 premiers bouquins de ma PAL mais il n'est pas dit que je les lirai dans cet ordre !

The Golden One, Peters
Contes, Nodier
Le peintre de batailles, Perez-Reverte
Le demi frère, Christensen

Les (4X4) derniers mots d'un de mes livres préférés

"Je l'aime, je le fuis; Titus m'aime, il me quitte.
Portez loin de mes yeux vos soupirs et vos fers.
Adieu. Servons tous trois d'exemple à l'univers
De l'amour la plus tendre et la plus malheureuse
Dont il puisse garder l'histoire douloureuse.
Tout est prêt. On m'attend. Ne suivez point mes pas.
Pour la dernière fois, adieu, Seigneur.

Hélas!" Bérénice, Racine

Les quatre lecteurs (lectrices) dont j'aimerais connaître les 4...
In Folio
Amy
Sylvie
Hinachii

samedi 24 mars 2007

Vieille chanson du jeune temps. Hugo

Je ne songeais pas à Rose ;
Rose au bois vint avec moi ;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.

J'étais froid comme les marbres ;
Je marchais à pas distraits ;
Je parlais des fleurs, des arbres
Son oeil semblait dire: " Après ? "

La rosée offrait ses perles,
Le taillis ses parasols ;
J'allais ; j'écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.

Moi, seize ans, et l'air morose ;
Elle, vingt ; ses yeux brillaient.
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient.

Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches
Je ne vis pas son bras blanc.

Une eau courait, fraîche et creuse,
Sur les mousses de velours ;
Et la nature amoureuse
Dormait dans les grands bois sourds.

Rose défit sa chaussure,
Et mit, d'un air ingénu,
Son petit pied dans l'eau pure
Je ne vis pas son pied nu.

Je ne savais que lui dire ;
Je la suivais dans le bois,
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois.

Je ne vis qu'elle était belle
Qu'en sortant des grands bois sourds.
" Soit ; n'y pensons plus ! " dit-elle.
Depuis, j'y pense toujours.

Monster


Ce manga de Naoki Urasawa n'a pas un titre très attirant. Sa quatrième de couverture ne m'avait jamais donné envie de le lire. Il a fallu attendre qu'une amie, aux goûts sûrs, me le recommande et me mette les quatre premiers tomes dans les mains pour que je craque. Et maintenant je sais... que la couverture ne fait pas le contenu !!

Ce manga est happant, étonnant, inquiétant. Il s'agit d'un thriller. Très psychologique.
Tenma est un chirurgien brillant, promis à un "bel" avenir : futur époux de la fille du directeur de l’hôpital et successeur désigné de ce dernier, menant des recherches passionnantes et expert en son art. Toutefois, convaincu que toutes les vies ont le même prix, il choisit de guérir un enfant plutôt que de donner la priorité au maire. Le maire est pris en charge par des médecins moins compétent et succombe. L'enfant vit. La carrière de Tenma est stoppée par le directeur qui meurt empoissonné peu après...


Qui est ce mystérieux enfant, Johann, et qui est sa soeur jumelle ? Comment un gamin peut -il abriter un monstre ?



Schizophrénie, meurtres, vengeance, machinations complexes mais aussi plaisirs simples, ce manga est tout à fait recommandable !

vendredi 23 mars 2007

Armenia Sacra

Une petite expo. Dans un coin assez reculé du musée. Des considérations historiques, rarement artistiques. Un peu d'orfévrerie, de sculpture et de manuscrits... Assez décevant, rapide et peu exaltant. En bref, on peut s'en passer.

Les parents terribles

Scorel

Cocteau... j'aime beaucoup son théâtre. Et cette dernière lecture ne m'a pas déplu. Une famille étrange, partisans de l'ordre contre ceux du désordre. Une mère possessive (comme toute mère avec son unique fiston ?!), un père effacé, inutile, une tante qui régente et calcule... Tous réagissent lorsque Michel, l'enfant chéri, découche. Michel est amoureux, il veut épouser Madeleine. Evidemment, sa mère se sent délaissée, abandonnée voire répudiée (!). Léonie, la tantine, n'approuve que partiellement. Et papa est amoureux de sa future brue !

Un pur vaudeville s'il n'était si tragique, si œdipien...

Toutes les mères deviennent-elles des Jocaste ?

Les gommes

Robbe Grillet était sur ma LAL depuis... la terminale ! J'ai failli le lire en Hypokhâgne mais son étiquette "nouveau roman" promettait une overdose : je venais de lire Butor, Duras... et j'avais peu accroché. Peut-être ai-je bien fait d'attendre car j'ai apprécié cet ouvrage. Perdu dans le flot, il m'aurait sans doute moins plu quatre ans plus tôt.
L'histoire est étrange, il s'agit plus ou moins d'une enquête. Nous connaissons des personnages leurs actes et leurs pensées mais ils nous restent étonnament lointains. Les choses n'ont pas de fin en soi. Elles se passent. Les personnages se croisent, se regardent, disparaissent et reviennent sur leurs pas... mais tout a déjà changé. C'est étrange, c'est pluvieux, c'est un livre d'automne ou de Toussaint. Un livre pour les temps froids et humides, qui engourdissent les corps et les coeurs. Les sentiments ? On ne les voit pas, ils sont tus, pudiquement, ou alors, simplement, n'existent-ils pas ?

lundi 19 mars 2007

Lettres à l'absente


Ressemble beaucoup à Elle n'était pas d'ici. Solenn est anorexique. Elle vient d'être hospitalisée. Pour son père, c'est un soulagement mais aussi un énorme vide. P. P. D. A. écrit à sa fille, la dévoile et tente de la comprendre. Il parle aussi de sa famille, de l'angoisse, de la peur et du manque. Cette correspondance à sens unique est touchante, parfois génante ; le lecteur a-t-il le droit de découvrir cet amour, cette intimité entre un père et sa fille ?

L'espoir teinte encore cette oeuvre, Solenn peut guérir. Tandis que Elle n'était pas d'ici raconte ses ultimes batailles et son suicide. Lu l'an dernier, il m'avait beaucoup plus choqué, touché, remué que ce premier opus.

Il ne faudrait pas lire ce genre de choses quand on est si près du problème, un roman devient la réalité, il dit cette incompréhension, ces TOC et ces ras-le-bol... Vivement la Maison de Solenn !

samedi 3 mars 2007

Des souris et des hommes


Un deuxième Steinbeck. Peu de souris et peu d'hommes dans cet opus. Une oeuvre très courte, comme la précédente, un style très net et détaché, une tranche de vie donnée, comme ça... Nous sommes en compagnie de deux hommes : Georges et Lennie, qui veulent fonder une ferme. Lennie s'occupera des lapins, il adore toucher ce qui est doux. Mais ce grand benêt tue les animaux qu'il caresse, ne maitrisant pas sa trop grande force. Georges , qui a été élevé avec lui, prend sur lui de veiller sur Lennie. Arrivés dans un nouveau ranch, ils rencontrent d'autres travailleurs, le fils du patron et surtout sa si provocante femme...

lundi 26 février 2007

Un Guérin déprimé

Ah ! ce bruit affreux de la vie !
Ah ! ce bruit affreux de la vie !
Et que dormir serait meilleur
Dans la terre où le caillou crie
Sous la bêche du fossoyeur !

Le soleil a toute ma haine ;
Je suis rassasié de voir
Sa lumière quotidienne
Se rire de mon désespoir.

Ah ! pouvoir donc enfin m'étendre
Dans le seul lit où l'on soit seul,
Et dans l'ombre attentive entendre
Les vers découdre mon linceul !

Et, quand en moi l'être qui pense
Sera dissous lui-même, alors,
Au coeur de l'éternel silence
N'être qu'un mort entre les morts !

Les autres

Alice Ferney m'avait séduite avec sa Conversation amoureuse. Les autres m'a tout à fait convertie ! Je crois que je vais filer lire ses autres romans bientôt.

Les autres campe en trois parties l'histoire de la soirée d'anniversaire de Théo, 20 ans. Son frère Niels lui offre à cette occasion un jeu de société, Caractère. Il s'agit de poser des questions aux différents joueurs et de se débarasser ainsi de ses cartes. Réticents, amusés ou étonnés, les jeunes gens commencent à jouer. Ce groupe compte deux couples : Théo et Estelle, Claude et Fleur ; Niels et Marina (amie de Théo) participent aussi... et Moussia (la mère de Niels et Théo) par intermitence. Nina, la grand-mère et Luc, le père, sont aussi évoqués. Rapidement, le jeu dégénère, les tensions s'exacerbent, la colère monte, les incompréhensions et les mensonges se font jour tandis que des secrets sont révélés. Toute la subtilité de ce huis-clos tient dans la multiplicité des points de vue. Dans une première partie, ce sont les choses pensées par chacun des personnages qui sont racontées (le "je") ; dans la seconde, ce sont les paroles ("tu"), tel un dialogue de théâtre. La dernière partie ("il, elle") est contée par un narrateur omniscient qui dévoile enfin la totalité des allusions des précédents chapitres.

Ce livre est très prenant et contrairement à certains, je n'ai pas trouvé les trois parties redondantes. Elles se complètent. Les angles variés, les différentes paroles, aussi bien du point de vue de la narration que des personnages sont impressionnants et séduisants. Le seul bémol, des passages un peu pontifiants ou généralisants... mais un très bon moment, quoique trop court.

samedi 24 février 2007

Lettres à un jeune romancier

Vargas Llosa invente une correspondance avec un futur écrivain, une personne qui demande des conseils et cherche à percer les secrets de la création littéraire. Après une mise en garde sur la difficulté d'être auteur, les sacrifices, le travail et les frustrations, il donne quelques clefs. D'abord, le sujet vient souvent de ce qui a formé un être humain, pas d'inspiration divine pour notre correspondant, mais plutôt une sublimation de son vécu. Et un peu d'imitation ou d'imprégnation de ses lectures. Le "bon" style n'est pas essentiel, un style n'est pas lisse, il est heurté, il est incorrect et novateur. Il donne son relief au sujet. La narration, le narrateur, la maîtrise du temps, de l'espace et des points de vue permettent de jouer avec le lecteur et de lui montrer un univers différent, attrayant. Des conseils nait une douce familiarité avec l'invisible écriveur. C'est à la fois un aperçu des machineries complexes qui composent un roman, des luttes d'un romancier et une invitation à lire tous les livres qui illustrent le propos de Vargas Llosa !

Neiges artificielles

Zeller se lamente beaucoup. Il faut dire que la vie ne lui sourit pas : il rate le métro, il croise une ex et retombe amoureux... quoique, peut-on appeler sa folie passagère (et meurtrière) "amour"? La jolie Lou est une Inaccessible, une parfaite dans les souvenirs ; en bref, elle ne l'aime plus, elle se contrefiche de ce que ce copain est devenu et n'imagine certainement pas une seconde combien de fantasme elle a fait naitre. Alors le "je" fatiguant et névrosé de ce roman enerve le lecteur qui suit les montagnes russes des sentiments de ce vieil adolescent. Désanchantement, paresse et mélancolie, ce livre n'a rien d'optimiste. Mais il parait que le premier roman est pardonnable, peut être les suivants sont-ils meilleurs ?

lundi 19 février 2007

Journal d'un disparu et Le chateau de Barbe-Bleue


Une semaine à l'opéra est une belle semaine. Après les Contes d'Hoffmann, place à un genre très différent mais très plaisant aussi. Musicalement parlant, Janacek et Bartok m'ont tout à fait plu dans ces deux opéra. Les émotions passaient très fortement, l'angoisse, parfois, étreignait le spectateur de façon incroyable. Ces deux opéra très courts réunissent des couples aux voix savoureuses.

Journal d'un disparu raconte à la manière de poèmes l'amour d'un jeune homme pour une tzigane. Envouté et heureux, il choisit de la suivre lorsqu'elle le rend père.

Le chateau de Barbe-Bleue reprend le conte. Barbe-Bleue vient d'épouser une jeune femme. Celle-ci lui fait ouvrir les différentes portes de son chateau... la septième lui est fatale.

Seul reproche à cette magnifique soirée : la mise en scène du Journal d'un disparu où des corps nus rampent sur scène lorsque le désir étreint le narrateur. Un peu bizarre et surtout pas nécessaire. Par contre, la mise en scène du Bartok était fabuleuse. Les portes, les escaliers, les images projetées, les rideaux de mots... tout invitait au rêve et à l'angoisse.

Le Styx coule à l'envers

... et autres nouvelles de Dan Simmons n'a pas le charme d'Hypérion !
Ces douze récits sont très inégaux et surtout beaucoup trop fantastico-traumatisants à mon goût.
En voici quand même un aperçu :
Si vous vous posez des questions sur la mort et la resurrection, c'est Le Styx coule à l'envers qu'il vous faut lire tandis que les horreurs de l'enfer vous attendent dans Vanni Fucci est bien vivant et il vit en Enfer. Les sectes et prédicateurs y sont caricaturés et interviennent de façon plus sanglante dans Douce nuit, sainte nuit.
Passeport pour Vietnamland est un parc d'attractions détonnant sur la guerre du Vitnam alors que la guerre de Sécession reprend dans Les fosses d'Iverson.
Quels souvenirs gardez-vous de vos années d'écolier ? Photo de Classe, Le Conseiller, A la recherche de Kelly Dahl voient des rapports étranges se nouer entre élèves et enseignants.
A quoi pense-t-on pendant les Deux minutes quarante-cinq secondes d'une chute ?
L'avenir vous effraye, vous n'imaginez pourtant pas le pire... On parle pollution, changement climatique et destruction dans Mes Copsa Mica... Le cancer y est aussi évoqué et prend une place centrale (et terrifiante) dans Métastases tandis qu'une "maladie", un changement terrible stigmatise l'humanité dans Mémoires privés de la pandémie des stigmates de Hoffer.

Le livre des secrets de l'alcôve

Hong Ying nous conte une histoire d'amour sans grande originalité. Pendant les années folles, Julian quitte l'Angleterre pour enseigner en Chine. Ce jeune poète, neveu de Virginia Woolf, y rencontre Lin, mariée au doyen de l'université. Une histoire passionnée nait entre ces deux personnages si étrangers. L'auteur nous conte les développements de cet amour très charnel. En effet, Lian a été initiée au Canon de la chambre de jade et use de ses artifices pour connaitre et faire partager une jouissance perpétuelle. Amour, mort, révolution et superstitions... Il y a de tout dans cet ouvrage dont beaucoup de clichés.


dimanche 18 février 2007

Les contes d'Hoffmann


Mon opéra favori d'Offenbach ! Ivan, Marie et moi-même avons eu la joie et la chance d'assister à ce superbe spectacle. Bastille était plein à craquer pour écouter et admirer cette production.
L'histoire, en très gros, est celle du poète Hoffmann qui semble maudit en amour, poursuivi par son méchant génie Lindorf. Les voix étaient magnifiques (pas de problème de volume cette fois), la musique agréable et la mise en scène très épatante : à mesure des actes, nous voyions les coulisses, la scène, la fosse et le public d'un opéra... une belle mise en abyme ! Peut être quelques excès dans l'érotisme de certaines scènes.
Et le texte est drôle...! on s'en rend encore mieux compte que lorsqu'on se contente d'écouter un CD. Notons que le passage Kleinzach fut remarquablement exécuté !

Edit de septembre 2012 : En grosse fan, j'y suis retournée ! Pas les mêmes interprètes mais une mise en scène toujours aussi séduisante. De belles voix, notamment celle des rôles féminins. Et une interprétation pleine d'humour. J'avais oublié la scène d'Olympia, effectivement très orientée. Elle a fait rire tout le public, du jamais vu pour moi à Bastille ! Bref, Hoffmann et moi, c'est l'amour.

Les entremetteurs et autres nouvelles

E. Wharton est amusante, satirique mais ses nouvelles ne m'ont pas vraiment donné envie d'en lire plus. A choisir, je préfère mille fois un Saki. L'atmosphère 1900 est plaisante mais l'ensemble reste un peu fade, vieux rose... Peut être irais-je jeter un oeil à ses romans dans leur langue de publication, la traduction joue parfois des tours !

intérieur-XVIIIe

Les entremetteurs : Tilney et Miss Grantham, adeptes des promenades manitales doivent se partager un banc. De discussions en rencontres, les entremetteurs tentent de faire épouser à l'autre Mrs Bixby pour lui et Mr Magraw pour elle, mais tout ne se déroule pas comme prévu...

Giboulées de mars : Comment une jeune fille romantique s'imagine bientôt publiée.

Sables mouvants : Renoncer à l'amour ou à ses convictions ?

L'art d'écrire un récit de guerre : un extrait suffit me semble-t-il "Vous étiez fachée à l'instant parce que je n'admirais pas votre récit ; et vous êtes, à présent, plus fachée encore parce que j'admire votre portrait. Etes-vous étonnée que la femme soit, pour nous autres romanciers, un sujet aussi inépuisable ?"

La guérison : Mr Keniston est un grand peintre... jusqu'à ce qu'il visite Paris !

La mission de Jane : Adopter un enfant renforce les couples mal assortis.

La descendance de l'homme : Quand un savant écrit un livre parodique lu comme une agréable vulgarisation...

Les réfugiés : Première Guerre Mondiale, dans le chaos des départs précipités vers l'Angleterre, deux personnes se méprennent sur leur situation.

dimanche 4 février 2007

Petite philosophie de l'amour

Alain de Botton s'est moqué de moi !


Encore un livre qui ne répond pas aux attentes de son lecteur. Ce bouquin décrit d'un ton docte, qui se veut parfois humoristique, les différentes phases d'une histoire d'amour, de la rencontre à la rupture. Les chapitres sont courts, subdivisés en petits paragraphes numérotés et agrémentés de schémas. Et l'esprit analytique gache tout le plaisir de cette frivole lecture. On m'annonçait des références littéraires, j'attendais donc des allusions à quelques classiques, des petits jeux et clins d'oeil entre l'auteur et son lecteur amusé. Je ne trouve que quelques mots de Platon sur le mythe de l'androgyne, du Bovarisme, du Freud et du Marx (!) alors comprenez ma déception : de grosses tartes à la crème et une analyse économique (libérale) de l'amour... Merci Monsieur, la prochaine fois, je m'abstiendrais !

Le Moyen Age

Ce livre est une oeuvre d'art. Duby dirige une belle publication ! La première partie de ce magnifique livre est historique, elle concerne les tendances générales de l'art au moyen âge, de l'époque mérovingienne à la Renaissance. Elle est illustrée de grandes photographies. La seconde partie comporte de petits chapitres rédigés par divers spécialistes sur certains thèmes, certaines oeuvres ou techniques propres à cette période. Diverses reproductions ornent ces pages et explicitent le propos.
Un livre parfois savant, magnifique, à lire par bribes selon l'inspiration du moment (sauf quand vous savez qu'il est indispensable de l'avoir parcouru un certain nombre de fois avant vos examens bien sûr ;) )

Variations énigmatiques

Encore E. E. Schmitt ! A croire que je deviens fan ! Pour tout dire, j'adore son théâtre et cette pièce ne m'a pas déçue (même si Petits crimes conjugaux demeure mon préféré).

Un prix Nobel de littérature, un peu cinglé, isolé en Norvège reçoit un humble journaliste. Ou plutot, reçoit son hôte à coup de fusil ! Ce premier contact passé, les deux hommes en viennent aux mots et cela devient vite aussi explosif et dangereux : de considérations sur le dernier écrit du génial misanthrope à la confrontation de deux visions opposées de l'amour, leur échange ne manque pas de ressort. Ajoutez à cela quelques révélations détonnantes... Cette oeuvre est une vraie bombe à retardement !

samedi 3 février 2007

A la croisée des mondes

Ce livre ne m'était pas inconnu. Je l'avais même déjà lu. Mais j'avais l'impression d'être passée à côté de quelque chose car on me répétait combien les éditeurs avaient eu tort de publier cette oeuvre en collection "jeunesse". J'ai donc rouvert cette trilogie...

Les royaumes du nord : ce tome est une quête. Dans un monde différent du notre mais pourtant proche, Pullman a créé un lieu où les théologiens mènent le monde, où les hommes ont des daemons (âme visible d'une personne, de forme animale). Lyra, orpheline, élevée dans un collège anglais, mène une vie de jeux jusqu'au jour où son ami Roger disparait, enlevé par les enfourneurs. Commence alors une expédition vers l'Artique. Lyra y rencontre des amis (ours et sorcières entre autres), y découvre des secrets sur le monde, l'Eglise et surtout, sur elle-même.

La tour des anges débute dans notre monde. Will tente d'échapper à ses poursuivants, tue un homme et se retrouve... ailleurs. Ce garçon recherche son père, il va rencontrer Lyra ! Dans un univers qui le dépasse, il se trouve investi d'une mission et d'un pouvoir qu'il ne comprend pas. Lyra et Will cheminent ensemble sans se douter qu'il portent le destin de l'humanité. L'enigme se noue un peu plus, des anges et des spectres entrent en scène, des ennemis réapparaissent...

Tandis que Le miroir d'ambre, mené à un rythme fou, fait voyager les enfants jusqu'au monde des morts et participer l'humanité à un combat contre Dieu lui-même !

Cette trilogie se lit très vite et très bien. Il manque à ma relecture l'effet d'émerveillement et de surprise devant l'imagination audacieuse de Pullman... Pourtant, l'ensemble reste prenant. Il pose des questions sur l'Eglise, Dieu, l'absolutisme. Une jolie histoire se noue et la mort n'est plus à redouter. Il y a de tout dans ce livre, des questions, des hypothèses et beaucoup de rêve !

Knock

Dans un village de campagne, un jeune médecin vient de racheter la clientèle d'un collègue qui rejoint Lyon. Il comprend vite que "l'esprit de la médecine" n'a pas pénétré cet endroit et que son prédecesseur ne prenait pas son métier à coeur. Comment, en quelques mois, cet homme devient indispensable à une communauté !
Une pièce de Romains, drôle et ironique, sur les bienfaits de la science et les manipulations d'un médecin ! A lire pour passer un bon moment ; dans la veine du médecin malgré lui ! Certainement très bien à voir également, après tout, le théâtre est fait pour ça, même si je ne prends pas souvent le temps d'y aller moi-même.

La Perle

Steinbeck signe avec ce court opus un agréable petit livre. Un pauvre pêcheur trouve la "perle du monde". Sa vie en est bouleversée. Evolue sous nos yeux une famille avec ses rites et surtout ses chants, chants correspondants à chaque instant de la vie. Une famille heureuse que détruit la malédiction de la perle. Des hommes avides envient brusquement le pêcheur jusqu'à risquer leur vie pour la perle.
Un petit conte presque philosophique, triste...

Le challenge ABC

L'idée est intéressante et les participants ont l'air sympathiques... Alors, j'ai voulu aussi me faire une petite liste de lecture ! Pour plus d'informations, cliquez ICI.

Uniquement des auteurs que je n’ai jamais lus. Des livres tirés de ma PAL mais aussi des étagères familiales et quelques exemplaires de la bibliothèque municipale. Et maintenant le plus dur : par qui commencer ? ;)

LU Asimov, Fondation

LU Berberova, Récits d'exil

LU Christensen, Le demi frère

LU Duby, Le moyen age

LU Etxebarria, Amour, Prozac et autres curiosités

LU Frain, Secrets de famille

LU Gracq, Le Rivage des Syrtes

LU Huston, Dolce Agonia

LU Irving, Le monde selon Garp

LU Janicot, Cet effrayant besoin de famille

LU Kipling, Kim

LU Littell, Les bienveillantes

LU Maalouf, Le Périple de Baldassare

LU Nodier, Contes

LU Osorio, Luz ou le Temps sauvage

LU Pill, Hell

LU Quint, Effroyables jardins

LU Romains, Knock

LU Steinbeck, La perle

LU Tunström, Le buveur de lune

LU Urfé, L'Astrée

LU Vallès, L'enfant

LU Wharton, Les Entremetteurs et autres nouvelles

LU Xi, La shampouineuse

LU Ying, Le livre des secrets de l'alcôve

LU Zeller, Neiges artificielles

samedi 27 janvier 2007

Le petit livre des gros calins


Kathleen Keating a écrit ce petit livre illustré et amusant sur la nécessité de faire des calins. Des techniques, des idées et des exemples en image pour rendre nos vies plus douces. Des oursons à toutes les pages, pas bourrus mais tendres. De quoi s'occuper quand on attend dans une librairie, de quoi faire sourire et, normalement, de quoi donner envie de caliner.

Ah, prenez le temps de caliner ceux que vous aimez, avant que le temps ne file !

vendredi 26 janvier 2007

Green

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.

J'arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
Rêve des chers instants qui la délasseront.

Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
Toute sonore encore de vos derniers baisers ;
Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête,
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

Verlaine

dimanche 21 janvier 2007

My fair lady

A nouveau, la plus jolie et la plus élégante ! Magnifique dans le rôle d'Eliza ! Je suis encore exaltée par cette charmante comédie musicale qu'est My fair lady.

Audrey Hepburn y joue une jeune femme des bas quartiers, mignonne vendeuse de violettes, qui prend des cours d'anglais afin de sortir de sa situation et de devenir une "lady". Son professeur est l'insupportable Higgins, spécialiste de phonétique. S'il refuse tout d'abord d'éduquer Eliza, un pari lancé par son ami Pickering lui fait relever le défi. Il va produire la jeune fille dans la haute aristocratie, d'abord aux courses puis au bal. Eliza y passe pour une princesse et les deux amis se congratulent sans plus se soucier d'elle. Déçue et amoureuse, Eliza fuit, se fache et se réconcilie... peut être, avec son cher linguiste !

samedi 20 janvier 2007

Les masques du héros

Juan Manuel de Prada dont j'avais tant aimé La vie invisible m'a ici déçu. Il faut se méfier des quatrièmes de couverture :

"Pour Fernando Navales, tous les moyens sont bons pour sortir de la pauvreté et connaître la gloire littéraire, en particulier plagier les oeuvres de Pedro Luis de Gálvez, poète et bohémien, qu'une misère noire accable. Toutes les grandes figures des premières décennies du siècle espagnol accompagnent la lutte sans merci que se livrent Navales et Gálvez, dans une fresque impitoyable où abondent prostituées et mendiants, anarchistes et criminels, peintres et poètes.
Avec ce premier roman, Juan Manuel de Prada a fait une entrée fracassante dans la littérature espagnole. Par sa puissance narrative, par son sarcasme dévastateur et son ambition littéraire, il s'est imposé d'emblée comme un magnifique écrivain, le plus inventif et le plus surprenant de sa génération".

En réalité, le lecteur suit fernando Navales dans les bas fonds de Madrid, y rencontre des littérateurs oubliés et peu fréquentables, des amours vénales, des politiciens anarchistes et des crimes sans nombre. Ce livre n'est pas ininteressant, la fresque des premières années du XXe siècle est vive et ses couleurs sont violentes. Cependant, le ton trop cru, le rythme narratif sauvage et la laideur du héros dégoutent et écoeurent vite. Un livre dont on sort pour respirer et dont on ferme les dernières pages avec un soupir soulagé.

La retraite sentimentale


Colette renoue avec la vivifiante Claudine dans ce roman qu'elle publie sans Willy. Claudine est toujours ce personnage naturel et séduisant, drôle et dynamique. Claudine est chez Annie en attendant que Renaud revienne de sa convalescence. Elle y accueille son beau fils, un homosexuel maniéré et sans le sou. Les lettres et les jours passent, Annie livre ses aventures à Claudine, Claudine se moque et pense à Renaud, profite de la nature et des promenades...

dimanche 14 janvier 2007

Odette Toulemonde

Les nouvelles d'Eric-Emmanuel Schmitt donnent la pêche. Je les lisais au compte goutte depuis Noël, afin de faire durer ce petit plaisir et voilà c'est fini... (oui, j'écoute Jean-Louis Aubert en ce moment, ça se sent ?!)
Ces huit nouvelles sont si belles, des femmes, des secrets, de courts instants de vie...

Wanda Winnipeg revient sur les plages de son adolescence. C'est une femme riche et respectée, intimidante et douée de tout ce qui fait chavirer les hommes (et qu'elle n'a pas manqué d'exploiter)... mais qui n'oublie pas pour autant son premier amour.

C'est un beau jour de pluie nous fait rencontrer Hélène qui veut que tout soit parfait. Difficile de l'être mais plus encore de rendre parfait ce qui l'entoure. Elle fait le choix d'un compagnon qui lui apprend le beau, la joie, lui fait aimer l'imparfait... Car sans cela, comment pourrait-elle continuer à vivre ?

L'intruse (ma nouvelle préférée) montre Odile, seule dans son appartement parisien pendant la canicule. Seule ? Pas réellement, elle croise souvent une étrange vieille femme...

Le faux : Aimée a tout perdu en peu de temps : son amant, son emploi et ses illusions. Elle découvre que son amant ne lui offrait que des babioles. Frustrée et amère, elle ne survit que par la location d'une chambre à des étudiantes.

Tout pour être heureuse, Isabelle a tout pour l'être. Pourtant, l'attitude fuyante d'une coiffeuse va lui faire découvrir un terrible secret sur son mari Samuel.

La princesse aux pieds nus que Fabio a rencontré après une représentation ne cesse de le hanter alors qu'il revient dans cette ville. Va-t-il la revoir ?

Odette Toulemonde est une modeste fan de Balthazar Balsan. Lorsqu'elle lui écrit son admiration, coment pourrait-elle deviner que leurs deux vies vont en être bouleversées ?

Le plus beau livre du monde est celui des mères enfermées au goulag à leurs filles. Histoire d'une difficile rédaction.

samedi 6 janvier 2007

Le papillon des étoiles

Werber déclenche des réactions très différentes, il suffit pour constater cela de lire les commentaires des internautes à propos son dernier ouvrage. Pour ma part, je n'ai pas été déçue par ce livre. Il est vrai qu'il reprend des thèmes chers à l'auteur (et qu'il a mieux développés ailleurs) mais il y ajoute une dose d'humour non négligeable dans les dernières pages. A vrai dire, je crois que l'ensemble Nous les dieux m'a semblé beaucoup plus "baclé", facile pour tout dire.

Le papillon des étoiles traite d'un fantastique projet : quitter la terre pour reconstruire un monde nouveau sur une planète habitable éloignée de... 1000 ans ! Si la construction du projet et la première génération de personnages sont décrites de façon intéressante, les 1000 ans dans l'espace sont paradoxalement moins détaillés. Monde aquarium, nouvelles formes de vie, explications du passé, de l'avenir, analyse de la société... un peu de tout, rien de très nouveau sinon le mélange de tous ces éléments. Quant à la réussite de cette épopée, je laisse chaque lecteur juger. La fin m'a à la fois fait beaucoup sourire et un peu inquiétée.

Nous sommes néanmoins loin de la qualité littéraire et narrative des Fourmis, livre que je ne peux que conseiller à ceux qui ne l'ont pas lu (malgré le titre peu engageant, cette trilogie est très bien menée). A voir aussi, le site de l'auteur, plein de projets fous et passionnants dont le fameux "arbre des possibles".

mardi 2 janvier 2007

le temps des marrons et des bûches

Bonne année 2007 !





Deux semaines de silence car peu de temps à moi en ce moment. Entre Noël, anniversaire et nouvel an, les heures filent. Des moments de préparation dans la cuisine (j'ai réussi à faire une bûche !), le rangement, le ménage et autres préparatifs pour rendre la maison agréable à nos invités du réveillon. Les longs repas et les soirées voire les nuits autour de jeux de société. Les paquets emballés puis déballés. C'est une période épuisante !

Coppélia

Pour la fête d'Alice, nous avons décidé d'offrir un peu de danse... un ballet pour être précise. Si elle a été enchantée par le spectacle, ce ne fut pas mon cas. J'ai trouvé que le corps de ballet était souvent décalé, que le public était distrait ( deux portables ont sonné, grrr !) et applaudissait à contre temps. Mais l'essentiel est qu'Alice ait aimé. Elle venait pour la première fois à l'opéra Bastille et était étonnée tant par les danseurs que par l'architecture du batiment. Ouf, un peu de joie et d'émerveillement, un regard interessé et des sourires quoique furtifs ont bien plus de prix que cette sortie.
L'intrigue du ballet est sympathique : Coppélius, amoureux d'une image féminine veut lui donner vie. Spalanzani, fabrique des automates mais ne parvient pas à reproduire cette figure aimée. Quand, curieuse, Swanilda pénètre dans son atelier, elle n'imagine pas qu'elle va être confondue avec une image de papier...