jeudi 10 juillet 2008

Le tango du diable


Suite du quadrille des assassins. Sans spoiler.

Revoilà notre duo de choc imaginé par Jubert : la sorcière Roberta Morgenstern et Clément Martineau enquêtent sur une nouvelle affaire, mais cette fois ne courent pas les villes historiques : c'est Bâle le centre de l'affaire. Le baron des brumes sévit. Etre insaisissable, il se manifeste par des crimes atroces, inspirés de tortures et chatiments médiévaux voire antiques. Et comble d'horreur, les traceurs (bidules volants qui arrêtent les assassins, très pratiques, même s'ils mettent les agents de la sécurité en chômage technique) ne le repèrent pas. Sans compter que la pluie menace Bâle d'une nouvelle grande crue... Heureusement, Fould est là et promet à ses électeurs la tranquilité et le soleil (pourquoi ne nous promet-on jamais ça ? les élus gagneraient certainement des électeurs (surtout maintenant, j'veux du soleil)).

Bref, une histoire d'enquête, de sorciers, de vents, de créatures magiques ou diaboliques... Un second épisode moins fou que le premier mais tout aussi haletant. Les personnages évoluent, d'autres entrent en scène. De la magie, de l'humour... Vivement la suite !

mercredi 9 juillet 2008

Le capitaine Alatriste


Merci à Sandrounette pour cette lecture. Je viens de dévorer la première aventure de ce soldat espagnol au grand courage, rescapé d'une opération suicidaire en Flandres, fine lame comme on en connaît peu. Il a accepté comme compagnon Inigo, le fils d'un de ses amis, mort en Flandres. Au début de cette histoire, le jeune garçon attend Alatriste à la sortie d'une prison. Observateur et narrateur des coutumes du siècle d'or, ce garçon nous raconte le dernier contrat de son maître : celui ci doit tuer deux anglais à la nuit tombée contre une bourse bien remplie. L'ordre émane d'hommes masqués et d'un terrifiant inquisiteur Bocanegra. Et bizarrement l'ordre diffère entre légères blessures et coups mortels. Avec l'aide d'un italien peu causant mais chantonnant, Alatriste s'embusque pour ce triste ouvrage. Une histoire menée à la pointe de l'épée, avec des personnages variés : traîtres, bon roi, mystérieux étrangers, amis de toujours, jeune fille envoûtante... C'est un peu court tout ça, moi je veux la suite !!
Bon, ça se confirme, Perez Reverte et moi, c'est l'amour fou :)

mardi 8 juillet 2008

Main square festival


Pendant que des blogueurs dinaient après un beau jeu de piste, j'attendais avec impatience le début d'un concert. Comme l'an dernier, j'ai assisté à un superbe événement sur la grand place d'Arras (pompeusement nommé Main square festival, mais bon). Je vous donne le programme des festivités : vendredi soir, Marie allait écouter les Chemical Brothers, Justice et Boys Noize. Samedi soir, après le boulot, j'ai couru pour entendre les BB Brunes, the Kooks , et surtout Mika, qui sautillait dans un décor de cartoon ! Et le dimanche soir, c'était The Do, The Wombats, les Sigur Ros, et grand attendu du festival : Radiohead. Je commence ma semaine avec de la musique plein la tête. Merci pour ce superbe choix !

dimanche 6 juillet 2008

Les villes invisibles


Encore une fois, j'ai adoré ce livre de Calvino. Cet écrivain m'enchante ! Ici, les jeux littéraires touchent au conte. 

Marco Polo et Kublai Khan devisent dans des jardins exotiques. Avec un air de mille et une nuits, les récits du vénitien enchantent et intriguent le puissant empereur. 
Marco Polo décrit des villes comme autant de femmes, faisant ainsi voyager le monarque. Entre ces descriptions, des échanges entre les deux hommes sur la nature imaginaire ou réelle de ces villes voire d'eux-mêmes. 

Les images sont très évocatrices, les villes diverses, regroupées parfois sous une même dénomination (les villes et la mémoire, les villes et le désir, les villes effilées, les villes et le regard, les villes et les morts...) sont autant de paysages oniriques que mon imagination se plaisait à construire. Multiples images de la seule Venise ou discours sur les villages croisés par le voyageur ? 

Villes anciennes ou futuristes, habitées ou désertes, sous terre ou dans le ciel, villes miroirs, doubles qui se confondent, toutes font délicieusement voyager et rappellent étonnamment toutes les cités traversées.

samedi 5 juillet 2008

Paracas ou les beautés du Pérou


J'ai pu admirer cette semaine les magnifiques tissus péruviens de l'antique civilisation de Paracas au musée du quai Branly. Brodés de figures anthropo/zoomorphes, toute une mythologie mystérieuse s'exprime en couleurs vives sur des œuvres très anciennes. Outre ces vêtements et ornements funéraires, des poteries et des bijoux sont présentés. A la suite, on peut admirer les travaux d'Elena Izcue, dessinatrice des années trente qui diffuse les modèles péruviens, notamment dans la haute couture. Dépéchez-vous de visiter cette expo, dans une semaine vous aurez raté des objets rares et somptueux !

jeudi 3 juillet 2008

Ces petites choses


Le livre de poche m'a envoyé cet ouvrage très sympathique de Deborah Moggach, je tiens tout d'abord à remercier cette édition pour cet envoi. Mais entrons dans le vif du sujet :
Ravi est un des nombreux indiens vivant en Grande-Bretagne. Ce médecin quinquagénaire est loin d'être aussi réjoui que son nom le laisse entendre. Il a épousé Pauline et se voit désormais obligé de supporter son beau-père, Norman, vieillard chassé de toutes les maisons de retraite d'Albion pour son incurable obscénité. Ajoutons les vieilles anglaises racistes qu'il soigne tous les jours à l'hôpital et vous comprendrez pourquoi il investit son énergie dans un étrange projet : monter une maison de retraite en Inde pour les britanniques. Avec son cousin Sonny, il lance l'affaire à Bangalore.
Dans la première partie, les différents personnages sont présentés, ces vieillards attachants dans leur quotidien, ceux qui n'ont plus de quoi se payer de vraies maisons en Europe, ceux qui partent à l'aventure, ceux qui fuient leur entourage hostile. Puis toutes ces personnalités s'épanouissent et changent sous le climat indien. Outre ces septua/octogénaires, leurs enfants et petits enfants entrent en scène, le temps d'une apparition, parfois anodine, souvent bouleversante... Décidément, l'Inde ne laisse pas les étrangers indifférents ! Loin des velléités indépendantistes et des incompréhensions entre les peuples que nous conte Forster, il existe ici un respect mutuel, une légère nostalgie de l'Empire britannique.
Outre Ravi, j'ai rencontré Evelyn, charmante dame très british, femme fragile, aimante et attentive ; Dorothy, ancienne journaliste qui semble perdre la tête ; Muriel, qui cherche désespérément son fiston ; Madge, rêvant d'épouser un vieux maharajah ; Douglas, l'éternel randonneur ; et du coté des indiens, la jolie Surinda, curieuse d'Europe ; Minoo, gérant de l'hôtel si attaché à une étrange paire de chaussures et bien d'autres encore...
Avec un style alerte, non dénué d'ironie et de douceur, l'auteur nous fait voyager à l'autre bout du monde, dans ce pays que je rêve de connaître. Un roman tout léger, très agréable, qui donne envie de vacances.

mercredi 2 juillet 2008

Cape et épée

Hier matin, le gentil facteur a déposé un jolis colis argenté :
Celui-ci contenait un nombre impressionnant de paquets emballés.
Suivant les instructions de ma charmante expéditrice, Sandrounette, j'ai ouvert les différents présents. Chaque paquet cadeau comportait un nom de livre de cape et d'épée et la carte proposait des devinettes dont ces titres étaient la réponse. J'ai donc ouvert tout ça :
Soit les quatre tomes des aventures du Capitaine Alatriste,deux jolies cartes, un cahier d'idées folles et saugrenues, des amandines (miam) et du chocolat en poudre à la noisette. Merci encore Sandrounette !
Merci à ma co-organisatrice Arsène, et à Emmanuel pour le choix de nos deux swappeuses.

mardi 1 juillet 2008

Un été prodigue


Lecture commune du mois : un livre de Barbara Kingsolver. Je dois avouer que cette lecture ne m'a pas enchantée. Il m'a fallu au moins cent pages pour commencer à rentrer dans le roman.
L'action se situe en Amérique du nord, entre la montagne et la vallée. Il s'agit d'un roman à trois voix, dont les chapitres se répondent (leurs trois titres reviennent et distinguent les personnages concernés). Dans une forêt qu'elle est chargée de préserver, Deanna veille sur les bêtes sauvages, et plus spécialement sur les coyotes. Lorsqu'un jeune chasseur s'aventure sur ses terres et la poursuit de ses assiduités, Deanna va en être bouleversée. Lusa, trop jeune veuve, tente de survivre à la mort de son époux. Sa famille, qu'elle croit hostile, va se dévoiler dans ses aspects les plus riants et les plus tragiques. Par dessus tout, Lusa souhaite continuer à faire vivre la ferme de son mari et à conserver les gentils fantômes qui l'habitent. Garnett a pour voisine une vieille femme (de son âge) très dynamique. Tout est objet de querelle entre ces deux-là : les pesticides, les tortues, les petits canards, les shorts... Conversations acides et lettres amères que Nannie tente de modérer à coup de tourtes. Un roman de la nature, un peu long, à l'ambiance souvent pesante (genre soir d'orage) et aux développements assez lents. Moins d'ennui vers la page 150 mais rien de très étonnant non plus. Pour les romans qui jettent le lecteur dans la diversité du monde animal et végétal, je préfère mille fois les aventures d'un Jack London. Mais c'est un choix tout personnel.

vendredi 27 juin 2008

Je suis une légende


Thème d'un récent club des théières : les créatures de la nuit. J'ai récupéré deux livres à cette occasion, dont celui de Matheson. Contrairement à sa propriétaire, j'ai apprécié cette lecture.
Robert est le dernier survivant de l'espèce humaine telle qu'on la connaît car un mystérieux virus a transformé la population en une horde de vampires assoiffés de sang. Le jour, il tache de se protéger et de survivre en se procurant les dernières ressources des supermarchés. Il tue à l'occasion des vampires endormis et inoffensifs. La nuit, les vampires s'assemblent autour de sa maison et tentent de pénétrer, mis en appétit par sa bonne mine ! Parmi eux, des proches comme des inconnus. Robert aimerait pouvoir les soigner, se documente, expérimente. Mais cette rationalisation du problème se heurte aux affreux souvenirs du narrateur, aux crises d'alcoolisme ou de violence dont il ne peut se défaire. Heureusement, il semble que toute l'humanité ne soit pas atteinte...


jeudi 26 juin 2008

A la merci d'un courant violent

Tout d'abord, je tiens à remercier Babelio et les éditions Points pour ce gracieux envoi du livre d'Henry Roth. Encore une fois (c'est chronique en ce moment), lecture un peu tumultueuse et peu convaincue.
Ira est un enfant juif qui vit à Harlem au début du XXe siècle. Le jeune garçon est assez isolé, vivant loin du reste de sa famille et du quartier juif. Bien sûr, les Irlandais de sa rue l'insultent et se battent avec lui, le prenant comme bouc émissaire, éternel sort des minorités. Son père n'est pas tendre non plus. Bref, une enfance entre bleus et coups. Fils unique, il est écartelé entre les désirs de Pa, qui veut en faire un travailleur, et de Ma, qui souhaite privilégier ses études. Ira nous conte donc son enfance, ses rares amitiés, les retentissements de la guerre sur les soldats américains (très intéressant pour cela, on a tendance à les considérer comme les sauveurs mais on oublie qu'ils ont aussi souffert des tranchées), la perversité des hommes, le premier job.
Notons que la narration est à deux voix : le vieil Ira raconte sa difficulté à tout dire et prend du recul sur son texte ; une voix omnisciente voit et décrit la jeunesse de ce même personnage. Parmi les difficultés, des expressions en yiddish qui ne sont pas explicités en bas de page mais à la fin du livre et dans un glossaire (c'est à dire pas de note mais un classement alphabétique un peu long à parcourir).
Cette lecture m'a replongé dans les eaux douces d'Europe (même période vue par une jeune juive en Turquie) et montré un aspect plus brutal de la judéité stigmatisée.

mercredi 25 juin 2008

The scarlet letter and other tales


Cela doit faire plusieurs semaines que ce titre est affiché comme lecture en cours. Il faut dire que je l'ai vraiment lu en dent de scie. Cela explique peut être un sentiment mitigé, mêlé d'un léger ennui. A moins que ce ne soit l'ennui qui explique les dents de scie. Bref, comme je ne supporte pas d'abandonner un livre (physiquement je n'y arrive pas, c'est vraiment bizarre), j'ai poursuivi et découvert les nouvelles de Hawthorne qui m'ont bien plus convenu que la Lettre écarlate.
The scarlet letter conte la vie d'Hester Prynne depuis le pilori où elle refuse de nommer son amant jusqu'à la révélation de sa culpabilité par l'amant lui-même. Hester est affublée d'un grand A qu'elle brode et orne de magnifiques fioritures. Signe de mise au ban de la société puritaine américaine, elle est pour Pearl, fruit du péché, un bijou précieux. Le mari d'Hester, revenu incognito d'Europe, cherche à se venger et à laver son honneur en torturant l'amant dont il devine l'identité. Son but avoué est de conduire l'homme au suicide.
The gray champion, être quasi surnaturel, intervient lors d'affrontements entre colonie et métropole.
The Maypole Merry Mount : un mariage en forêt est interrompu par des puritains.
Young Goodman Brown, jeune marié, a rendez-vous en forêt. Toute la communauté semble s'y retrouver pour rencontrer le diable.
The minister's black veil ou comment un pasteur est perçu et vit différemment depuis qu'il a ajouté à son vêtement un sombre tissu.
The gentle boy raconte l'histoire d'un enfant dont les parents ont été condamnés comme hérétiques. Il est adopté par un jeune couple mais l'hérésie de ses parents le poursuit.

mardi 24 juin 2008

Le quadrille des assassins


C'est la charmante Chimère qui m'a donné envie de lire ce titre que je savais être dans la bibliothèque de ma sœur depuis des années mais que jamais je n'avais eu envie d'ouvrir. Alors merci Chimère parce que j'ai passé un bon moment ce WE.

Jubert campe une enquêtrice plus qu'étonnante : Roberta, sorcière de son état, capable d'utiliser des méthodes policières inattendues mais efficaces. Lorsque Gruber, son supérieur, lui fait part d'un crime dans la ville historique de Londres (comprenez une ville en carton pâte reconstituée par Palladio (oui, oui, comme l'architecte vénitien)) elle ignore encore qu'elle aura plus d'un assassin à courser et qu'elle devra former le jeune (et fougueux) Martineau, fraichement sorti de l'école de police. Traversant donc le Londres victorien du Crystal Palace, le Paris de Louis XIV et des plaisirs de l'île enchantée, la Venise de Carpaccio et Mexico avant l'expédition de Cortès, les deux enquêteurs vont découvrir un vaste projet machiavélique. 

Enquête aux allures un peu fantastiques, course poursuite, naissance d'une amitié et bien sûr, effets spéciaux : une lecture prenante, des univers reconstitués avec plus ou moins de fidélité mais à la recherche d'authenticité, une bonne détente et une grande envie de lire la suite de la trilogie !

dimanche 22 juin 2008

LCA forever...

Depuis quand dévorez-vous des livres ? Pour moi, une addiction qui a commencé jeune ! La preuve ci dessous :

(photo de 1987, ça nous rajeunit pas tout ça !)

Mes classics enfantins ?
Les Martine
Plume l'ours polaire
Le petit prince (parce que mon papa m'en lisait quelques pages avant de dormir)
Les livres de l'école des loisirs avec comme favoris : Laurinette et Catimini et L'édredon
Les Emilie
Et vous, quels sont vos meilleurs souvenirs de lecture enfantine ?

Je serai curieuse de savoir ce qu'Arsène, Lucile, Emeraude et Aelys vont répondre à ces deux questions.

PS : Qui saura trouver le titre de ce que lit mon papa ? Un indice : c'est un polar paru en mai 1986... que l'on ne trouve plus guère que sur Amazon. Un petit cadeau pour le gagnant !
Et si quelqu'un trouve ce que je lis, je suis curieuse de savoir dans quelle histoire couraient ces mignons petits chiots.

samedi 21 juin 2008

L'homme aux cercles bleus

Thème du prochain club des théières : figures géométriques.

Entre celles qui trouveront un titre du même style que mon Vargas, celles qui liront du Le Carré et celles qui décréteront que tout livre peut faire l'affaire, joli parallélépipède, j'imagine déjà un joli débat. Mais je n'y serai pas... Voilà donc, un peu avant le jour J, ce que j'ai à raconter sur ce livre.

Le commissaire Adamsberg vient d'arriver à Paris, son équipe tente de s'habituer à cet homme au visage si particulier, qui griffonne tout le temps, semble rêver en permanence et est précédé par une réputation plus qu'enviable. Et puis il y a Mathilde, une femme étrange, qui suit les gens (et les accueille volontiers chez elle), prend des notes en permanence, Charles, l'aveugle qui aide les gens à traverser, Clémence, qui dépouille les petites annonces à la recherche d'un homme sérieux. Dans le journal, le commissaire découpe des articles sur un drôle d'artiste : Adamsberg attire l'attention de Danglard, un de ses coéquipiers, sur un individu qui trace d'étranges cercles bleus autour d'objets quotidiens, anodins. Adamsberg présume (à raison) qu'un jour ils y trouveront un corps...
Un policier que j'ai beaucoup aimé, que je n'ai pas trouvé très policier finalement mais dont l'ambiance cotonneuse m'a beaucoup plu. Je crois que je m'aventurerai plus en avant dans les enquêtes d'Adamsberg car ce policier est tout à fait fascinant !

vendredi 20 juin 2008

Hokusai


Attention, ouvrez grand les mirettes, belle expo au musée Guimet !
Avec un dépouillement et une sobriété toute japonaise sont exposées des estampes du plus connu des artistes japonais, Hokusai. Planches superbes, des scènes de rue et de campagne, des histoires de moeurs et de cours, aux paysages monumentaux, aux illustrations de contes en passant par les détails botaniques... Une expo qui montre l'incroyable palette et la diversité de cet artiste dont on ne connait souvent que les vues du mont Fuji (la vague). Prenez le temps de contempler les grandes oeuvres de la fin, elles sont sublimes (un tigrou et un dragon trop mignon). Par contre, ne vous attendez pas à des informations prolifiques, elles sont très minimalistes... Un coté zen, peut être ?

mercredi 18 juin 2008

Dans la ville chinoise


Certaines lisent des livres en avant première, moi j'ai eu la chance de voir la dernière expo du palais de Chaillot avant qu'elle n'ouvre. Celle-ci concerne la Chine et plus spécifiquement ses villes même si des sujets tels que l'écriture sont également abordés (mais pourquoi ?!). Elle est censée fonctionner par ville, chacune étant reliée à un thème précis mais cela n'est guère visible. Ajoutons que le nombre d'images et de films est très fatiguant... il arrive un moment où l'on zappe. Mais elle vaut le coup pour une immense et superbe maquette de Pékin, d'une taille impressionnante.

lundi 16 juin 2008

Contes d'amour de folie et de mort


Outre les contes gothiques très à la mode en ce moment, l'atmosphère oppressante à la Maupassant se retrouve dans ce petit recueil d'Horacio Quiroga des éditions Métailié (toujours de belles découvertes, une collection qui ne m'a encore jamais déçue, pourvu que ça dure !) version Amérique du sud, chaleur humide de l'Amazonie, animaux plus ou moins bizarres... Des nouvelles ou des contes, comme il vous plaira de les appeler qui traitent souvent de mort, parfois de folie et rarement d'amour durable. Seule la passion exacerbée par le climat a droit de cité.

Rapide panorama :
La poule égorgée où quatre enfants idiots sont délaissés au profit de leur soeur, seule enfant brillante du foyer.
Les bateaux suicide : Pourquoi ces bateaux vides parcourent-ils les mers sans équipage mais avec tous les signes d'habitation récente ?
Le solitaire est un joaillier. Histoire d'une femme hystérique et d'un mari patient... jusqu'à quand ?
L'oreiller de plumes : Une maladie des tropiques peut cacher une cause monstrueuse.
La mort d'Isolde : comment un goujat délaisse sa belle pour une femme riche ou les ironies de l'histoire.
A la dérive a pour origine une piqûre de serpent.
L'insolation : Les chiens fidèles éloignent de leur maître la mort.
Les barbelés : Deux chevaux admirent la puissance du taureau.
Les tacherons : deux ouvriers ne souhaitent qu'une chose, fuir leur contremaître mais que ne sont-ils pas prêts à signer pour des femmes et du rhum ?
Yagaï est un petit chien chasseur au destin tragique.
Les pêcheurs de grumes : échange d'un gramophone contre du bois de rose ou les trésors du fleuve.
Le miel sylvestre : la vie sauvage n'est pas à la porté du premier Robinson venu !
Notre première cigarette ou les enfants cruels.
Une saison d'amour : des illusions et de la fraîcheur de la jeunesse aux compromissions adultes.
La méningite et son ombre : amoureuse en délire, la belle Maria envoute son sauveur ; une fois guérie, l'aimera-t-elle encore ?

Une série de contes tous prenants, étonnants, effrayants écrits par une plume sèche, sans fioritures. Belle lecture !

vendredi 13 juin 2008

Baignade accompagnée


Hier, pas le moral, pas d'envie, pas de livre super en route (et c'est un peu pareil ce soir, ces semaines m'épuisent). Mon regard éteint s'est posé sur ma PAL. Désespoir, tant de livres et aucun titre qui ne me fait vibrer là maintenant. Puis en fouillant un peu, je tombe sur un Brussolo. Pourquoi pas ?

Et une heure plus tard, je sombrais dans un sommeil sans rêves, heureuse d'avoir pu finir mon thriller. Autant annoncer la couleur immédiatement, ce n'est pas le meilleur et on retrouve quelques thèmes chers à l'auteur. Mais il m'a accompagnée et sortie de mon ennui, il n'est donc pas totalement mauvais. Et il rejoint un peu le concept de livre doudou évoqué par Fashion. Sauf qu'il ne s'agit pas d'une valeur sûre mais du refuge d'un soir.

Et l'histoire dans tout ça ? Peg (héroïne des Enfants du crépuscule que j'ai lu il y a bien longtemps et dont je ne retiens qu'une maison de poupées, visiblement effrayante (mais pourquoi ?). Il faudrait analyser ce qui terrifie tant dans ces édifices, ne m'étant moi même jamais remise d'une visite à celle (disparue) du jardin d'acclimatation dans mes (très) jeunes années) vit en Floride (désolée pour les parenthèses, j'en reviens donc à Peggy), exploite un disneyland sous marin, une épave 100% plastique avec personnages figés à la manière de Pompeï (grande classe!) qu'elle fait visiter (en plongée) à des touristes. C'est là quelle découvre un curieux tube rempli d'un liquide transparent. Son copain, Brandon, en quête de sensations fortes, se renseigne sur cet étrange contenu et le teste. En outre, mentionnons le club des dévorés vifs, groupe d'hommes mutilés par des requins qui souhaitent se venger de leur infirmité en torturant un spécimen. Le rapport avec Peggy ? Elle arrondit ses fins de mois en surveillant un aquarium où nagent les sales bestioles. Tout est en place. La fragilité de Peg, la perversité des Dévorés, la bêtise de Brandon... et la drogue qui semble intéresser beaucoup de monde. Un peu d'angoisse, une ambiance (et un sujet) proche du Sourire noir, mais pas de cauchemars pour moi. Se faire un peu peur... délicieux frisson...

jeudi 12 juin 2008

Expo Kiraz


Au musée Carnavalet, j'ai pu admirer dimanche dernier les petites parisiennes de Kiraz. Ses images, toujours pleines d'humour et de finesse valent le déplacement. Les jeunes filles y sont belles et fines, ont souvent des problèmes d'automobile et brisent les coeurs. Elles sont parfois si femmes... Une belle expo qui détend, qui fait rire (mais n'y emmenez pas d'hommes, ils ont beau jeu de dire que "Quand même, les filles...").

mercredi 11 juin 2008

Martyre


Ce court Mishima comporte deux nouvelles : Ken et Martyre. Je vous l'avoue tout de suite, ce ne sont pas les meilleures ! La première parle du kendo. Jiro, un garçon droit et honnête, qui pousse cette qualité à l'extrême, est capitaine de l'équipe. Kagawa l'admire et le déteste. Mibu en fait son modèle. La nouvelle conte la vie de l'équipe et particulièrement un stage de formation funeste.
Martyre est l'histoire d'Hatakeyama, un jeune lycéen qui fait régner la curiosité et la crainte sur ses ouailles. Watari est laissé à l'écart voire maltraité par les autres élèves jusqu'à ce que son statut change. Hélas, les faveurs ne durent qu'un temps.
Deux nouvelles sur les jeunes hommes japonais, sur l'honneur, la dureté et la perversité. Assez décevant.

mardi 10 juin 2008

Au secours...

Lucile m'a taguée ! Hum... il faut vous parler de mes habitudes de lecture.
Allons-y :

Où et quand ?
Dans mon lit, dans un fauteuil, debout dans un métro (mais pas encore à vélo), dans la rue, le matin, le midi, le soir... Dès que j'ai un moment de libre en réalité. Mes moments favoris : le matin devant mon thé et mes tartines, au soleil sur une pelouse ou une plage, le soir avant de m'endormir.

Comment je choisis mes lectures ?
Ce sont elles qui me choisissent : Rendez-vous compte, les livres me sautent dans les bras, je les attire ! Voyez plutôt : je me rends à la bibliothèque du quartier, je feuillette quelques oeuvres et là, bizarrement, le livre saute dans mon sac. C'est aussi vrai chez les libraires, les bonnes copines ou les parents. Il peut s'agir d'un auteur inconnu, un rien m'inspire, le format, le papier, le titre, la tranche, tout est bon pour me faire craquer. Et puis, il y a ma LAL (tirée de vos coups de coeur) qui inspire parfois mes achats (mais plus mes emprunts finalement). Et enfin ma PAL que je tente de faire baisser à 200 mais qui se refuse à passer sous le seuil fatidique, à croire que l'étagère PAL aurait trop froid sans ses livres sens dessus-dessous. Je ne sais jamais quel livre va suivre ma lecture en cours, c'est souvent une source de questionnements inépuisables d'ailleurs !

Quel style de lectures ?

Plutôt des classiques aurais-je dit l'an dernier. Maintenant, un peu de tout, selon l'envie. Moins de polars que dans mon adolescence et plus de fantasy.

Ce que j'attends de mes lectures : le rêve, l'imagination, le voyage...

Mes petites manies
. Je ne suis pas maniaque ! Mais j'aime que mes livres soient classés. Et qu'ils comportent un marque-ma-page. Et qu'ils soient remis dans ma bibliothèque après emprunt (que les gens concernés se le disent, non mais ! ).

J'hésite à faire plancher notre Renarde, à peine rentrée, Erzébeth, que je ne voudrais pas voir refermer ses portes, ou Arsène, qui a déjà beaucoup travaillé cette année...
M'enfin, une dissert' de plus ou de moins...

lundi 9 juin 2008

En quête


Voilà une belle anthologie de nouvelles écrites par Nathalie Salvi ! Contrairement à la novella de Kopp qui m'avait heurtée par son style, j'ai ici totalement adhéré. Les nouvelles sont fines, bien écrites, leur fin est toujours synonyme d'ultime rebondissement, bref, des nouvelles dans la plus belle tradition...
Et dans le détail, qu'y a-t-il derrière cette couverture ? Vingt écrits qui sont autant de quêtes (de pouvoir, d'érotisme, d'amour, de spiritualité, de maîtrise, d'immortalité...). Vous trouverez des adolescentes en mal d'amour ou de pureté, des mères étouffantes ou sacrifiées, des hommes cruels ou tendres. Mais aussi un ver gigantesque, une chaise, des playmobiles, une pin up, un élixir de vie...
Mes favorites sont... Risque zéro qui réjouira tous les LCA (ou comment croiser Darcy dans la vraie vie), Piqué au vif ou comment Praline persiste et signe avec son amour des pin up, Qu'en sera-t-il cette année ? ou la vie du peuple des Contents aux apparences si douces, L'élixir ou le secret d'une bonne chartreuse et les faucheurs ou les aventures d'un cleptomane. Tout un monde m'a aussi beaucoup plu pour son petit univers...
Bref, une belle découverte dans cette jolie édition, griffe d'encre (et le petit chat de la page 5 en ferait craquer plus d'une !)

samedi 7 juin 2008

Iphigénie en Tauride


Quoi qu'ait pu en dire Ikastor, cet opéra de Gluck était tout à fait visible. Bien sûr, le décor pouvait faire hurler (mais ça devient habituel à Garnier, non ?) mais il avait des aspects très poétiques. Il permettait effectivement de jouer sur le miroir (donc sur le double) et sur la transparence (le visible et l'invisible)... bon, la série de lavabos façon toilettes de station essence laisse songeur !
Quant aux chanteurs, j'ai surtout apprécié Pylade, voix magnifique et Iphigénie (assez logique, le rôle titre) mais aussi le chœur (reprise du choeur tragique d'Euripide) qui m'a replongé dans l'ambiance de mes adorables classics. Bref, ce n'est pas le meilleur opéra pour découvrir Garnier mais un spectacle assez agréable (qui laisse parfois perplexe) et surtout de belles voix...
Et sinon, il a été créé pour Marie-Antoinette, c'est de circonstance, non ?

D'ailleurs, je suis passée par le grand Palais (expo Marie-Antoinette en ce moment pour ceux qui ne suivent pas mes pensées obscures) et j'ai pu observer Monumenta de Serra. La perspective est belle et puissante mais on admire finalement plus la voute du grand palais que l'oeuvre exposée. Dommage !


vendredi 6 juin 2008

Tout ce que j'aimais


Siri Hustvedt... que ceux qui connaissent cette auteur lèvent la main. Lou et le blog éponyme du roman m'ont donné envie de découvrir une femme plus connue comme épouse de Paul Auster que comme écrivain. Et pourtant, le premier roman que je lis d'elle est aussi agréable que ceux de son cher et tendre (dont je n'ai pas encore parlé ici, ciel ! ça fait donc plus d'un an et demi que je n'ai pas ouvert un Auster... et dire que c'est pourtant un écrivain que j'adore). Bon revenons en à nos moutons. Tout ce que j'aimais commence comme un vulgaire roman de mœurs : deux couples amis voient leurs enfants grandir ensemble dans le même immeuble. Lucille est poète, Bill est peintre, ils ont rencontré Erica et Léo, respectivement professeur de lettres et d'histoire de l'art. Léo a acheté un tableau énigmatique de Bill et a souhaité le rencontrer. Les deux hommes sont vite devenus très amis et leurs épouses sympathisent. Leur complicité se renforce lorsqu'elles se trouvent enceintes toutes deux en même temps. Une grande place est dévolue dans le roman à l'oeuvre de Bill, une oeuvre proche du surréalisme (la symbolique, les ombres, le détail incongru et plein de sens) dans ses premières toiles comme de l'hyperréalisme américain (corps minutieusement peints, impression quasi photographique). Les descriptions précises de Léo permettent effectivement de visualiser très facilement les créations. L'univers des galeries, de l'art trash, de la provoc' et de la critique est toujours présent en second-plan et la société de consommation apparaît avec ses problèmes par petites touches.

Après la naissance de Matt et de Mark, Bill tombe amoureux de Violet qui remplace rapidement Lucille dans le cœur de Léo et d'Erica. Violet écrit sa thèse sur l'hystérie, suivie d'une recherche sur l'anorexie et les maladies de la faim... Ce livre est prenant, parfois très triste. Derrière Léo, il y a un lourd passé de crainte et de fuite, l'holocauste. Près de Bill, un frère fou. Et bien sûr, un drame, des séparations, des expositions, des lectures, des courriers, des fantasmes. Toute la vie de Léo dans ce livre et celle de ceux qui lui sont chers. Une écriture tout en finesse, très facile à lire, précise, sensible. Une vraie découverte !

jeudi 5 juin 2008

Au nord nord ouest d'Eden


Un monde en pleine décomposition, des catastrophes chaque jour, des médias mensongers, voilà le cadre de l'histoire de Kopp. Au cours d'une expédition, des scientifiques découvrent un corps pris dans la glace. Avec une technologie très complexe et évoluée, nos petits chercheurs arrivent désormais à redonner vie aux cellules et à ressusciter, pour un temps déterminé, l'être humain concerné. C'est ce qu'ils font pour l'homme préhistorique récemment découvert. Mais le processus plante... ou tout du moins, un événement étrange se produit. Et ce n'est pas uniquement l'identité de cet homme qui est dévoilée mais celle de l'humanité toute entière !
Lucile m'avait donné envie de dévorer ce livre et me l'a gentiment prêté. J'étais très heureuse de le lire mais j'ai peu accroché au style. Cependant, la rapidité de l'action fait qu'on passe un peu au dessus.

mardi 3 juin 2008

Chagrin d'école


J'avais ce dernier Pennac sur ma PAL depuis sa sortie mais jamais le temps et l'envie conjugués de le lire. Pour un petit temps de pause, dimanche, j'ai replongé dans l'univers favori de l'auteur, l'école. Voilà un roman proche de l'autobiographie, roman des cancres, roman de notre chère école, si française, si Jules (Ferry). Pennac désespère ses parents, il est le roi des cancres dans une fratrie brillante. Sa mère en souffre particulièrement comme toutes les mamans ainsi que nous l'explique le cancre devenu professeur au fil de son récit. Comment un cancre parvient-il à aimer l'école ? à enseigner ? Cette idée me semblait folle et pourtant, retraçant son itinéraire personnel, brossant le portrait de professeurs géniaux, d'élèves bouillonnants d'idées, on sort plutôt convaincu par ses propos. Pennac est ici proche de l'essai, on est bien loin de la tribu Malaussène avec cet itinéraire d'un professeur... Pas délirant, quelques bonnes trouvailles mais, au fond, rien qui me donne envie de retourner à l'école (et encore moins de préparer le CAPES, brrr).

lundi 2 juin 2008

Les Capulets et les Montaigus


Cet opéra de Bellini mis en scène à l'opéra Bastille fait partie des bonnes découvertes de la saison ! L'histoire est très condensée, elle se joue alors que Roméo, déjà fou de Juliette, vient proposer une trêve aux partisans des Capulets et elle se termine par la mort des amants. Notons que les performances de Juliette et de Roméo (interprété par une femme) étaient tout à fait appréciables ! La mise en scène était superbe, murs rouges, partisans en noir ou rouge, seule Juliette, de blanc revêtue, échappe à la prise de position. Elle agace d'ailleurs un peu avec sa fidélité à son père... De belles voix, un beau spectacle...

dimanche 1 juin 2008

The yellow wallpaper


Notre chère Renarde (de retour en France, youpi plop !) avait conseillé, il y a certainement des mois de ça, une nouvelle de Charlotte Perkins Gilman. Bonne élève, j'avais suivi son lien, copié le texte et enregistré le tout sur mon ordi. Et bien sûr, j'étais passée à autre chose et j'avais complètement oublié ce texte. Alors, en piochant dans ma LAL pour le challenge ABC, j'ai croisé ce titre, l'ai noté et ai cherché le-dit document qui avait fort heureusement échappé aux tris... Et voilà, je l'ai lu ! Une jeune femme est envoyée en maison de repos suite à la naissance de son enfant. Sa déprime est traitée par un enfermement dans une chambre aux murs jaunes, hideux, par l'interdiction d'écrire, de lire, de penser. Après tout, réaction logique du XIXe, non ? Pensons à nos belles hystériques et au fameux Charcot... Pourquoi cela aurait-il été différent de l'autre coté de l'atlantique ? En tous cas, la dépression de notre narratrice ne fait qu'empirer, elle sombre dans une sorte de folie qu'elle raconte par de courtes phrases, lorsqu'elle arrive à prendre la plume. Ces murs jaunes semblent pleins de vie, de femmes rampantes, de regards... Une nouvelle angoissante fort bien menée, écrite par une féministe de la première heure. A découvrir in english here !

La harpe d'herbes


Il me semble que c'est Erzébeth qui a attiré mon attention sur ce livre de Capote. Je l'en remercie car ce fut une lecture hyper agréable !

Collin, jeune orphelin, grandit depuis ses dix ans chez deux cousines de son père : Verena et Dolly. Enfance banale entre Verena, femme d'affaire austère, presque homme, effrayant tous les habitants de sa petite ville américaine et la douce Dolly, vivant dans sa chambre rose, prenant soin des affaires domestiques avec Catherine, une fière indienne, concoctant une potion antihydropique. Lorsque Verena se rend compte du succès de cette potion, elle souhaite l'exploiter. Cela déclenche une grave querelle entre les deux soeurs. Dolly refuse de livrer ses secrets de fabrication, confiés par une vieille indienne, par respect pour cette femme plus que pour contrer sa chère soeur. Cette dispute entraîne la fuite de Dolly, Catherine et Collins. Ils partent vivre dans une petite cabane, dans un arbre avec de modestes effets. Là, l'aventure remplace la banalité de l'existence. Des rencontres, la formation de clans dans le village, des ambassades et des chasses se développent autour d'un arbre de moins en moins secret.

Un style limpide, précis, pour une petite histoire bien plaisante !
Merci encore Erzébeth !

jeudi 29 mai 2008

Le journal d'une baby sitter


Contrairement à 27 robes qui ne m'a pas particulièrement emballée, le journal d'une baby sitter m'a fait passer un bon moment après les exams ! La belle Scarlett est ici une jeune diplômée d'anthropologie qui choisit de devenir baby-sitter dans un quartier chic. Utilisant ses principes d'anthropologue, elle étudie une population étonnante de l'intérieur : un enfant gâté mais délaissé par ses parents, un père en voyage d'affaire (comprendre fou de désir pour une maîtresse) et une mère oisive mais toujours prise par les associations caritatives diverses. Notre jolie miss entame donc une carrière difficile de Nanny, exploitée par ses patrons mais touchée par leur petit garçon ! Et bien sûr, il y a the beau gosse d'Harvard...

mardi 27 mai 2008

Le Lac


Kawabata est toujours aussi bizarre ! La dernière lecture m'avait plus plu que Le Lac.

On est toujours dans un univers un peu étrange, auprès de personnages pas complètement sains. Ici Gimpei, un homme assez jeune (trente-quarante ans) a pour habitude de suivre les jeunes femmes. L'une d'elle, effrayée, lui a lancé son sac pour se débarrasser de l'importun. Il en profite donc pour voler la somme que contenait le sac et aller se faire masser... L'atmosphère des bains, propice à la rêverie le fait se souvenir de sa première amie, sa cousine, puis de son élève, Hisako, qu'il a suivi et qui est tombée amoureuse de lui.

C'est donc Gimpei que l'on accompagne dans ses poursuites et ses pensées, ses rituels et ses cachettes. La compagnie d'un voyeur n'est pas des plus agréables !


lundi 26 mai 2008

De bons présages



Terry Pratchett et Neil Gaiman forment un duo extra ! Dans cette histoire d'apocalypse, il y a de l'humour à foison. C'est encore une fois Caroline qui m'a prêté ce livre et je l'en remercie. Car si j'avais lu Pratchett, je ne connaissais Gaiman que par vos blogs et n'avais encore rien lu de lui. Bref, tout ça pour dire que je vais tenter de découvrir d'autres livres de cet auteur.

Après la création, l'homme est chassé du jardin d'Eden. Deux personnages le regardent s'éloigner à regret, l'ange Aziraphale et le démon-serpent Rampa. Des siècles plus tard, les compères sont amis et partagent régulièrement des dîners et des informations. A l'ordre du jour ? l'apocalypse, rien que ça. Mais les deux comparses n'ont aucune envie de voir l'un de leurs deux royaumes gagner, leur petite vie leur convient bien plus qu'une éternité de prières ou de souffrances. Premier mouvement : L'enfer a envoyé sur terre le grand détonateur, L'antéchrist. Né dans un couvent sataniste, le garçon est surveillé par les deux êtres surnaturels. Cependant, les signes de sa malignité tardent à se manifester... Erreur de calcul peut être ? Des humains, des anges, des démons, la terre est un gigantesque échiquier. On y croise des survivants de l'Atlantide, des tibétains taupes et un scooter rose volant. Cela vous semble fou ? Et ben les sept plaies d'Egypte, c'est de la rigolade à coté de ce qui vous attend. C'est que... plus de trente siècles se sont écoulés depuis et la technologie offre de nouvelles surprises. Mais sorcières et inquisiteurs sont toujours présents ! Attention, ce livre risque de vous entraîner et de vous faire rire plus que de raison !

De minuit à minuit


...est une petite anthologie de dark fiction, que j'avais empruntée pour la dernière réunion du club des théières. Je l'avais à peine commencée pour la date retenue. Cet ouvrage collectif rassemble des nouvelles de vingt-sept auteurs assez divers (romans, SF, polar, fantastique...) qui ne cherchent qu'une chose, nous terrifier. Le pari n'est pas tenu à chaque page mais l'angoisse est bien présente. Chaque heure de la journée correspond à une nouvelle, avec quelques nouvelles de plus correspondant à un peu avant/après minuit. Les créatures croisées sont parfois terrifiantes, incompréhensibles, elles n'ont pas de nom et c'est leur indétermination qui inquiète. Parmi ces écrits, certains sont meilleurs que d'autres, mais l'ensemble est plutôt satisfaisant. Rencontres diaboliques, animaux répugnants, ombres mauvaises, tous les personnages ne sont pas à découvrir la nuit, sous peine d'alléger formidablement le sommeil des peureux.
Bonnes frayeurs !

dimanche 25 mai 2008

Les eaux douces d'Europe


Je ne sais plus comment ce livre s'est retrouvé sur ma Pal, je ne suis pas sûre d'avoir déjà lu une critique de cet auteur sur les blogs, mais je crois que la reprise d'une odalisque ingresque sur la couverture avait suffit à me convaincre de lire ce livre. Peskine retrace à la première personne la vie d'une enfant puis femme juive, originaire de Turquie au début du XXe siècle. Une famille très envahissante aux multiples branches va connaître l'attrait de l'Europe (et de la France), ses combats meurtriers et son antisémitisme avant l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Rebecca raconte ses difficultés à demeurer indépendante dans une communauté où il faut être discrète avec les hommes, bavarde avec les femmes, soumise ou pleurnicharde, jolie mais cachée. Quand elle choisit une voie, elle résiste, ce qui outrage ses parents. Sa mère la rabroue constamment, n'hésitant pas à lui préférer sa soeur Ernesta ; son père s'étonne de l'entendre discuter comme un homme ; son frère aîné la méprise tandis qu'une tendre complicité l'unit au cadet. Une vie de famille donc mais aussi les choix d'une femme, son envie d'apprendre, d'être aimée et reconnue, sa dureté mais aussi ses faiblesses. Un très beau portrait !

samedi 24 mai 2008

L'affaire Charles Dexter Ward


Ce dernier Lovecraft n'est pas vraiment fou. Par contre son héros l'est : Charles a disparu de l'asile où il a dû être interné. Le dernier à l'avoir vu est son médecin qui nous conte par le menu la dégénérescence de Charles. Le jeune homme, étudiant sérieux, s'enferme dans son bureau suite à la découverte de documents ayant appartenu à un ancêtre plus que louche, Joseph Curwen. Ce dernier a vécu à Salem puis à Providence une vie particulièrement longue et visiblement bien remplie. Peu aimé de ses concitoyens, Joseph Curwen fait peur. Il possède une ferme isolée, gardée par des serviteurs peu causants. Et la nuit, on y entend des cris, des gémissements et autres bruits terrifiants, à peine humains... Et puis, il reçoit des momies, des cadavres disparaissent. Bref, un trafic très louche s'organise autour de Curwen. Les hommes de Providence, s'appuyant sur l'enquête d'un marin, choisissent de mettre le feu à cette ferme pour en extraire le mal. Cependant, c'est dans sa maison en ville que Curwen a caché ses documents les plus précieux. Charles les trouve, passe beaucoup de temps à tenter de les déchiffrer, ne dort plus, ne mange plus, se cache de ses parents... et finalement semble changer complètement. Entre forces démoniaques, fantômes et sorciers, ce petit livre aurait pu convenir pour évoquer les créatures de la nuit, cependant, c'est de façon très lacunaire (et déçue) que je l'ai présenté aux théières.

vendredi 16 mai 2008

Le chameau sauvage


C'est un livre dont j'avais plus ou moins entendu parler mais que je n'avais pas encore croisé... Alors, quand la pétillante Caroline a proposé de le prêter au dernier club des théières, j'ai saisi cette opportunité et découvert Jaenada. Pour tout dire, ma lecture a été morcelée, ce qui ne me donne peut être pas une vision très complète de ce livre...
La début m'a emballée, Halvard Sanz est le garçon le plus malchanceux du monde, il enchaine soucis sur soucis. Pendant une course poursuite peu ordinaire, il rencontre Pollux Lesiak, un tabouret à la main, les joues trempées de larmes. Pour lui, c'est la plus belle fille du monde. Sa première phrase "Vous êtes tombée dans la Seine ?" aurait dû le griller définitivement à ses yeux... pourtant... Suite à une enchainement d'événements tous plus improbables les uns que les autres, Halvard va se mettre en quête de la belle, non sans être passé de la plus sombre déprime à des sursauts d'enthousiasme. D'un début assez léger et rocambolesque, le roman devient plus noir (et plus trash). Cependant, le style enlevé et les conseils idiots qui scandent la lecture "Conseils pour paraitre à l'aise dans un ascenseur" permettent de conserver un petit sourire aux lèvres de la lectrice. Un roman initiatique agréable à lire.

jeudi 15 mai 2008

Les orphelins de l'hélice

Je deviens (enfin, je redeviens) boulimique de lectures. Cette pause pour les révisions a été intenable et pourtant.. Bref, avant de m'y remettre (car hélas, tout n'est pas fini) je respire un grand coup et je dévore, et tant pis si j'ai raté toutes les journées ensoleillées, je lirai dans ma chambre, na !
Taz(ounet pour les intimes) m'a initié à Dan Simmons, ce dont je ne le remercierai jamais assez. De peur d'épuiser trop vite la liste de ses livres (car quand j'en commence un, j'ai envie de courir acheter toutes ses oeuvres chez le premier libraire venu, sympa ou pas), j'essaye de me restreindre. Alors, pour me remettre des beautés de la dissertation (sur le land'art pour ne rien vous cacher) j'ai dégusté une petite nouvel de ce cher Dan (non pas Brown, beurk). Si ça vous tente, elle se trouve là.
Faisant suite au cycle d'Hypérion et plus directement à celui d'Endymion, Les orphelins de l'hélice nous transporte au milieu de l'espace, à bord d'un vaisseau dirigé par des IA et ayant à son bord toute une communauté d'humains. Détectant des appels au secours, les IA décident de réveiller neufs membres pour comprendre ce qui se passe et éventuellement venir en aide à la planète en danger. En effet, un vaisseau bardé de lames et d'armes se dirige vers des lieux peuplés. Dem Lia, chef du groupe, va devoir faire des choix pour assurer la survie des siens et comprendre la situation étrange de ce système...
Une nouvelle sympathique, du vrai Dan Simmons ! On regrette simplement qu'elle soit si courte et l'on se souvient avec nostalgie des aventures d'Endymion et d'Enée...

samedi 10 mai 2008

Cape et Epée, nouvel opus


Suite des infos concernant le swap ! Les blogueurs sont merveilleux et courageux : Ys nous a concocté une magnifique liste de romans en rapport avec le thème du swap Cape et épée. Merci merci :) Voici donc ladite liste ainsi que les titres précédents !

Amédée Achard : Le cycle La cape et l’épée ; Le cycle Belle-Rose ; Les coups d’épée de M. de La Guerche ; Envers et contre tous

Allende : Zorro

Barbey d'Aurevillly : le chevalier des touches

Corneille : Le cid

Dufreigne Jean-Pierre : Le dernier amour d’Aramis

Dumas : Le chevalier d’Harmental ; Les trois mousquetaires ; Vingt ans après ; Le vicomte de Bragelonne ; El salteador…etc.

Duncan Dave : Le cycle Les lames du roi

Frédéric H. Fajardie : Les foulards rouges ; Le voleur de vent ; la tour des demoiselles...

Féval Paul : Le bossu ; Le cavalier Fortune ...

Gautier Théophile : Le capitaine Fracasse ; Mademoiselle de Maupin

Hope Anthony : Le prisonnier de Zenda

McCulley : Zorro

Merimée : Carmen ; les chroniques du règne de Charles X

Merlin Olivier : Milady

Monteilhet Hubert : De plume et d’épée ; Les cavaliers de Belle-Ile

Nimier : D’Artagnan amoureux

Orczy : Le mouron rouge

Pevel Pierre : Les lames du cardinal

Perez Reverte Arturo : Le capitaine Alatriste ; Le maître d’escrime ; Club Dumas…etc.

Pierre Alexis Ponson du Terrail : Le cycle La jeunesse du roi Henri III

Quinel et Montgon : Le beau d'Artagnan et son époque

Rostand : Cyrano de Bergerac

Sabatini Rafael : Scaramouche

Scott Walter : Quentin Durward

Shi Nai'an : Au bord de l'eau

Yoshikawa : la pierre et le sabre ; La parfaite lumière

Zévaco Michel : série Les Pardaillan ; série Buridan ; Le Capitan ; Le chevalier de la Barre

Encore merci à Ys ! et à Chimère, Anjélica et Andromède qui complètent la liste :) Merci !

Et si vous avez d'autres idées ou suggestions (bon, ça devient vraiment difficile, on va avoir fait le tour), n'hésitez pas !

vendredi 9 mai 2008

Les expos...


... d'avant les vacances (mais toujours en cours, rassurez-vous). Marie d'Orléans au Louvre : dans une atmosphère un peu medieval-revival, vous avez la littérature gothique, les cathédrales restaurées et surtout, le romantisme ou le troubadour, très friand de passé national(iste). Marie d'Orléans, princesse au tragique destin, s'était fait confectionner un petit salon gothique aux Tuileries dans lequel elle s'adonnait au dessin et à la sculpture. Ce sont à la fois ses œuvres et son cadre de vie que le Louvre a choisi d'exposer dans un bout de l'aile Richelieu. Sympathique (mais pas fou, entendons-nous bien). Comme pour Marie-Antoinette, c'est avant tout une atmosphère.

Fous d'Afrique et d'océanie ? La collection Barbier-Muller s'expose au musée Jacquemart André (très chouette par ailleurs pour les amateurs de XIXe). Peu d'explications mais de jolis objets.

Et Napoléon aux Arts-déco... encore des meubles et des objets style empire, avec explication des divers symboles choisis, beaucoup de néoclassique par contre, faut pas être allergique ! De beaux objets... et de bons commentaires :)
Bonnes visites !

mardi 6 mai 2008

L'amour fou


Breton savait comment appâter son lecteur ! N'est-ce pas un titre qui fait rêver ? En cette période quasi estivale, où les amoureux semblent se multiplier à vue d'œil dans les rues de Paris, ce livre m'a paru de circonstance... Non, en réalité, je le lisais pour le coté surréaliste (l'art du XXe au programme, dur, dur), j'avais une bonne excuse pour travailler en lisant et vice-versa !

Comme je le disais, c'est assez bizarre comme livre, surréaliste, quoi ! On retrouve Breton et Giacometti faisant les puces (Breton achète une cuillère, non une chaussure, enfin un cendrier quoi), les analyses freudiennes, les rêves, les prémonitions... et puis l'amour, un peu. L'amour d'une femme qui fait naître ce livre, l'amour pour sa fille à qui il souhaite d'être aimée. Mais pas simplement, non, follement. Parce que s'aimer follement est peut être l'amour le plus sage parce que le plus vrai, le plus inconscient et le plus conscient. L'amour fou est avant tout une ode à ces femmes, un remerciement pour les avoir rencontrées, une odyssée de cet amour. Et par la lorgnette, on voit se détacher Breton et sa chapelle, son Vatican surréaliste : écriture quasi automatique au début, pas de liens logiques... c'est du sport le surréalisme !

jeudi 1 mai 2008

Il pleure dans mon coeur


Aujourd'hui, je ne vous parlerai pas de mon homonyme, la charmante Pauline imaginée par Dumas. Je pensais relire ce roman gothique ou dévorer un autre Dumas, mais je n'en ai pas eu ni le temps, ni l'envie... A vrai dire, je fais une mini pause dans mes révisions pour m'excuser : ce blog est un peu abandonné ces derniers jours et je n'ai pas une minute pour aller visiter vos propres espaces. Sachez simplement que cela me manque mais qu'hélas, la "vraie vie" me reserve pas mal de mauvaises surprises en ce moment. Une soeur fugueuse, un papi à qui je devais rendre visite avant qu'il ne soit trop tard... mais c'est encore un rendez-vous manqué. Regrets. Culpabilisation. Grande tristesse. Alors, je travaille d'arrache pied pour ne pas trop penser, pour ne pas me laisser submerger par des images morbides. Bref, je parle bien trop de moi...


Pour ce qui concerne ce blog :

1) mes lectures ne sont pas bien nombreuses en ce moment, comme La renarde, je rame dans Ulysse mais ça ne me déplait pas (je lis la version traduite, je n'ai pas le courage de me battre avec Joyce dans sa langue).

2) Il ne reste plus que quelques jours pour s'inscrire à notre swap littéraire Cape et Epée.

3) J'ai vu quelques expos avant de quitter Paris, je vous raconterai.


Je reviens bientot !