lundi 20 février 2017

Partage de midi

Miroir bronze erotes
Paul Claudel, je l'ai beaucoup lu en prépa. Et puis, je me suis lassée. Aujourd'hui, j'y reviens avec une pièce de théâtre que je n'avais alors pas lue, ce Partage de midi

Le drame commence sur un navire où trois hommes, Mesa, de Ciz et Amalric tournent autour de la même femme, la fascinante Ysé. De Ciz est son époux et père de ses enfants ; Amalric, son ancien amant et Mesa son futur. Ysé, c'est une femme qui trahit, qui ment, une perfide dont on ne sait trop si elle aime ou se laisse aimer. Une femme vénale et vénéneuse, que jamais je n'ai pu apprécier pendant la lecture. Après le huis-clos du paquebot, le second acte est le moment de la trahison au cimetière de Hong-Kong où notre ami Mesa tombe et trébuche tandis que le troisième acte rédempteur s'achève dans une maison coloniale assiégée. 

Écrite en vers libres, d'une beauté un peu superficielle, cette pièce s'attache à des thèmes chers à Claudel comme la passion, Dieu, le péché, l'absolu... C'est très stéréotypé, parfois sans vie. A vrai dire, j'ai trouvé les personnages maladroits, peu humains, trop représentatifs d'autre chose qu'eux-mêmes pour pouvoir croire une seule seconde à la pièce. 

"Il est plus facile, Mesa, de s'offrir que de se donner"

"Ah, je ne suis pas un homme fort ! ah, qui dit que je suis un homme fort ? mais j'étais un homme de désir,
Désespérément vers le bonheur, désespérément vers le bonheur et tendu, et aimant, et profond, et descellé !
Et qui dit que tu es le bonheur ? ah, tu n'es pas le bonheur ! tu es cela qui est à la place du bonheur !
J'ai frémi en te reconnaissant, et toute mon âme a cédé !
Et je suis comme un homme qui s'abat sur le visage, et je t'aime, et je dis que je t'aime, et je n'en puis plus,
Et je t'épouse avec un amour impie et avec une parole condamnée,
O chère chose qui n'est pas le bonheur !"

"C'était un brave soleil.
Il n'y a rien à dire. Il nous a fait bon service.
Et puis il n'y en a pas d'autre. C'est triste
De se quitter, et lui, le voilà comme une grande bête jaune
Qui allonge sa tête sur votre épaule et que l'on caresse doucement de la joue. Adieu mon beau soleil !
Et il est vrai que nous allons mourir, Amari ?"

2 commentaires:

  1. J'en garde un très bon souvenir ! très fort !

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  2. Même si elles sont très difficiles à jouer, je crois que maintenant je préfère voir les pièces de Claudel plutôt que les lire. A l'exception des "vrais" chefs d'oeuvre que sont Tête d'or et le Soulier de satin (qui de toute façon ne se voit pas très souvent sur scène). Parce que souvent, le côté "sans vie" de l'écriture de Claudel, comme tu le dis, disparaît... Mais c'est vrai qu'à l'écrit, c'est parfois rude !

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