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vendredi 10 février 2017

Le Musée du Dr. Moses

C'est un recueil de nouvelles. Et celle du titre est la dernière. Je ne pense pas qu'il s'agisse de la pire, de la plus effrayante ou malsaine. Mais Joyce Carol Oates nous offre dans cet ouvrage une bonne dose de rencontres bizarres, d'histoires de mystère et de suspense.

Salut ! Comment va ! 

Vaut-il mieux saluer ceux que l'on croise pendant son jogging ou les ignorer ? A vous de voir.

Surveillance antisuicide.

Seth est en prison. Sa compagne et son fils ont disparu. Son père tente de découvrir la vérité, de mettre son fils en confiance. L'histoire qu'il écoute fait froid dans le dos !

L'homme qui a combattu Roland LaStarza. 

Une nouvelle un peu plus longue sur l'univers de la boxe, après la guerre du Vietnam.

Gage d'amour, canicule de juillet. 

Elle a osé le quitter. Lui, le génie de la philo de l'esprit. Elle revient chercher ses affaires, sans imaginer la surprise que lui réserve son mari.

Mauvaises Habitudes. 

Ils sont enlevés de l'école sans préavis. Ils fuient avec leur oncle et leur tante. Puis leur mère. Ils ne reverront plus leur père, ils ne sauront pas pourquoi, enfermés sans des maisons aux volets tirés. Puis il découvriront les raisons dans la presse. Leur père est maintenant Mauvaises Habitudes. Et eux-mêmes développent ces mauvaises habitudes.

Fauve. 

Derek est un enfant charmant, aimant, la fierté de sa maman. Jusqu'à ce qu'il survive à une noyade plus ou moins accidentelle. A partir de là, il n'est plus jamais le même.

Le chasseur. 

Un homme qui passe de femme en femme. Sorti récemment de prison.

Les jumeaux : un mystère. 

Le Dr. A a eu des jumeaux B. et C. Il les observe comme des cobayes. Jusqu'au drame ?

Dépouillement. 

Douche d'un criminel.

Provins muséeLa Musée du Dr Moses. 

La mère d'Ellen vient d'épouser en secondes noces le Dr. Moses. La jeune femme, pourtant en froid avec sa mère, ne peut s’empêcher de croire que celle-ci est en danger. Elle vient leur rendre une visite et découvre l'étonnant musée de sciences médicales du Dr.

Bien entendu, tout est très bien mené, certaines nouvelles se terminent sur des doutes, des incertitudes tandis que d'autres sur la simple et nue horreur. Pour explorer la noirceur de l'âme humaine ou jouer à se faire peur.

vendredi 12 août 2016

The Falls

Joyce Caroll Oates nous emmène avec ce titre dans le lieu le plus honeymoonesque des États Unis, les chutes du Niagara of course. 
On y rencontre Ariah, fraîchement mariée dont l'époux vient de se jeter dans les chutes. La veuve aux cheveux roux va attendre une semaine avant que le fleuve ne lui rende son époux. Mais les premières heures d'absence le lui avaient déjà fait sentir, elle est damnée. Elle espère donc que la vengeance du ciel s'exerce, s'attendant toujours au pire (comme son lecteur). Mais elle a tapé dans l'œil du jeune et brillant avocat Dick Burnaby. En deux temps, trois mouvements, ils se marient ! Et ils ont un, puis deux, puis trois enfants... 

On imagine une vie tranquille mais c'est oublier combien Ariah est étrange, combien Dick aime se mettre en danger, combien Niagara Falls n'est plus seulement un paradis pour les touristes mais aussi pour les entreprises chimiques. 

Je ne m'attendais pas à ce roman, j'imaginais plus de drames à la suite de l'époux suicidaire, plus d'histoires autour de ces chutes... L'incipit m'a beaucoup plu, ça aurait fait une bonne nouvelle ! Non pas que le reste soit mauvais, il est juste moins surprenant.

vendredi 29 avril 2016

Black girl / White girl

Schuyler College, 1974. Genna est en coloc avec Minette. Elle veut à tout prix devenir son amie. Mais Minette est tout sauf amicale. Misanthrope et désagréable, elle semble ignorer tout le monde et mépriser ses consœurs. Seul Jésus et sa famille comptent. Pourtant, quand elle commence à être victime d'actes de racisme, elle trouve en Genna son meilleur défenseur.

Drôle d'ambiance que celle qui règne dans cet ouvrage de Joyce Carol Oates. Deux héroïnes aussi agaçantes l'une que l'autre. Deux milieux sociaux opposés : la famille de Minette est chrétienne, sans beaucoup de moyens, elle est à Schuyler College grâce à une bourse ; celle de Genna est riche, athée. Ses ancêtres ont caché et défendu les esclaves noirs fuyant l'esclavage. Son père est un avocat, hyper engagé aussi dans ce combat pour l'égalité ainsi que contre la guerre du Viêt Nam. Sa mère, une hippie sexy qui a un peu trop tiré sur les bédos. Fruit de toute cette histoire, Genna souhaite à tout prix être la meilleure amie de Minette. Essentiellement parce qu'elle est noire. 

Histoire d'adolescentes et de racisme, histoire d'un Œdipe mal géré et d'une paranoïa galopante, histoire d'une Amérique perturbée, qui peine à intégrer, ce roman intrigue son lecteur. Sa fin notamment, qui semble s'écarter de notre histoire, donne un autre relief à l'ensemble. Sans être le plus envoûtant de ses romans, son atmosphère est prenante.

Black and white

mercredi 1 juillet 2009

Délicieuses pourritures



Je n’ai pas trouvé Bienvenue chez les Mulvaney dans ma biblio. Il était emprunté ces derniers mois. Du coup, j’ai pris un autre titre de Joyce Carol Oates, un peu par hasard.

L’histoire se déroule dans une université américaine de filles. Un cours est très couru, celui d’André Harrow, professeur de littérature et de poésie. La dizaine d'élèves qui assiste à ce cours cherche à se faire remarquer par le beau professeur. Ce dernier vit avec Dorcas, son épouse, une sculptrice excentrique et flamboyante. Spécialisée dans les arts primitifs, elle est la femme la plus enviée de l’université. A cette époque, une vague d’incendies dont l’origine reste inconnue trouble les nuits des jeunes femmes.  C’est dans ce contexte, évoqué dix ans plus tard par une étudiante, Gillian, que se déroule une histoire assez malsaine…

Gillian envie les rares élues qui, dit-on, partagent les soirées des Harrow. On imagine assez bien des situations louches voire sordides quand on sait qu’André préfère remplacer les lectures de poésies de ses étudiantes par la lecture de leurs journaux intimes… Ambiance glauque, inéluctable fin, un roman accrochant et bien mené. Je crois que je n’en resterai pas là avec cet auteur.

vendredi 13 mars 2009

Premier amour


Josie (Joséphine) est une jeune fille. Elle a onze et vit avec sa mère depuis que cette dernière a quitté son mari pour une raison qui reste inconnue. Les deux femmes sont logées chez une tante et son fils, Jared. La mère de Josie a un amoureux, elle n'a eu aucun problème à se trouver un job et à s'organiser des week end en vadrouille. Elle néglige un peu sa fille. A l'école, Josie est douée mais dissipée. A la maison, elle est curieuse, elle fouille dans les affaires de son cousin et dans sa bibliothèque. Lui même, très distant au début, semble finalement s'intéresser à elle. Ils jouent dans le jardin, se lavent, partagent leurs sangs après s'être incisé la poitrine... Sachant qu'il a 25 ans, et qu'il cache des revues obscènes voire violentes, vous commencez à voir où l'auteur, Oates, veut en venir. Inceste à demi mot, amour-haine de la fillette, folie grandissante de Jared...

Ce livre très court se lit très vite, le texte met en exergue certains thèmes et mots : le serpent noir par exemple. Les images et le style sont parfois déconnectés de la réalité, on ne sait plus bien où l'on est, c'est assez onirique et cette distanciation rend l'inceste moins violent. Il n'en demeure pas moins que l'ensemble est dérageant et m'a parfois fait penser à Laura Kasischke. Je continuerai ma découverte de Joyce Carol Oates avec d'autres titres !