lundi 1 août 2022

La mer sans étoiles

Voilà un livre d'Erin Morgenstern qui m'a donné envie de crier au chef-d'œuvre dans ses deux premières centaines de pages. Rythme impeccable, monde de livres, de portes et de mystère... plein de choses pour me plaire ! Et puis, le rythme s'épuise sur la dernière centaine de pages, le personnage se perd un peu et le lecteur avec lui.

On commence avec des contes, extraits du livre Doux Chagrins que Zach, le héros de ce livre, va emprunter en biblio universitaire. C'est un livre étonnant, avec des contes de styles différents et surtout, un moment de la vie de Zach. Intrigué, l'étudiant essaie de trouver d'où vient le livre. Il tombe sur des symboles, à base d'épée, d'abeilles et de clés qui l'emmènent jusqu'à une soirée littéraire. A partir de ce moment, et du conte du temps et du destin qui tombent amoureux, l'histoire s'accélère et Zach se voit entrainer dans un monde de livres... et de chats !

Roman de la mise en abime, des symboles, des temporalités et des auto-référence, il intrigue et ne se lâche pas. On joue à débusquer les références, à collectionner les indices, à identifier les livres. On s'amuse des liens avec les jeux vidéos et les livres dont vous êtes le héros. Pourtant, ce petit monde lasse à mesure que le livre s'avance vers sa fin. Idem pour le héros, un personnage sympathique dont on ne sait finalement pas grand chose si ce n'est qu'il incarne un énième amour maudit. Et la fin est plutôt décevante. Je ne regrette pas cette lecture mais je crois que quelques pages et symboles de moins n'auraient fait de mal à personne.


Lu en Pocket, 755 pages

lundi 25 juillet 2022

La montagne de minuit

Je poursuis ma découverte des romans de Jean-Marie Blas de Roblès avec ce titre. Au programme, un voyage au Tibet.

Bastien, gardien dans une école mis à la retraite, est passionné du Tibet. Sa voisine, Rose, intriguée par cette passion peu commune, l'invite et découvre un érudit dont le seul rêve est d'aller au Tibet. Voyage qu'ils font ensemble et sur lequel le fils de Rose revient, par lettres interposées. Comment a-t-il pu se former et connaitre tant d'éléments sur le Tibet, c'est un des mystères que Rose va élucider pendant le voyage. 

Un joli roman initiatique qui s'interroge sur la place de la vérité, de l'histoire, qui fait voyager !  



lundi 18 juillet 2022

La langue géniale

Certains d'entre vous le savent peut-être, j'ai étudié et adoré le grec ! D'abord, les mythes et les personnages soumis aux dieux et à leurs passions, puis la littérature avec la langue et la philosophie. C'est donc avec plaisir que je me suis plongée dans cet ouvrage d'Andrea Marcolongo. Loin d'être un simple essai sur cette langue, c'est une déclaration d'amour.

On la suit d'abord dans les conjugaisons et la notion de temps. On ira jusqu'à l'optatif. Il y a de drôles de temps en grec, comme l'aoriste par exemple. Et il y a des aspects qui qualifient l'action. A partir d'exemples, souvent assez humoristiques, et d'extraits de textes grecs, on rentre dans la complexité et l'unicité de la langue.

On parle ensuite - avec la prononciation, perdue. Mais des petits indices restent dans l'écriture avec les esprits et les accents. Un détour par la poésie nous fait rêver de récitations. 

Puis, le lecteur découvre les genres et nombres notamment le neutre et le duel. Puis les cas et les fameuses déclinaisons.  

On sort ensuite de ces questions grammaticales pour rentrer dans la traduction, cette inévitable trahison, et les nombreuses façons de traduire. Rassurez-vous, c'est possible ! Enfin, on termine, et c'est étonnant, par un chapitre sur la langue, ses origines, la façon dont elle s'est fixée tout en continuant sous d'autres formes ailleurs qu'à Athènes.

Un joli voyage dans la grammaire grecque !




mercredi 13 juillet 2022

La maison dans laquelle

Je ne sais plus chez qui j'ai repéré ce titre de Mariam Petrosyan mais merci à cette personne pour la découverte fabuleuse ! Ce roman a occupé tout mon temps libre cette semaine, j'étais fascinée par ce monde, par cette maison aux murs barbouillés de mots, de dragons ou de girafes. Une maison où vivent des enfants et des adolescents, tous mutilés, organisés en groupes, en bandes. 

Le fameux groupe 4, avec lequel on traine pendant les 954 pages chez Monsieur Toussaint Louverture, nous apparait à travers les yeux de Fumeur, transfuge du groupe 1. Cette jeune recrue nous fait rencontrer des personnages étonnants : Sphinx, l'Aveugle, Tabaqui, Vautour, Noiraud et bien d'autres. Tous ces jeunes gens ont des handicaps physiques, certains sont des roulants (en fauteuil) et d'autres non. Ils évoluent dans une maison qui peut aussi être une forêt la nuit, une maison pleine d'histoires et de secrets. Les leurs mais aussi ceux des promos précédentes dont les départs ont été vécus dans la violence. 

Pas beaucoup de profs, de cours, d'éduc et d'adultes en général. Ils existent à la marge des vies adolescentes, peu intéressants. Idem pour l'Extérieur, qui désigne tout ce qui n'est pas la maison. Effrayant ou inintéressant, il ne mérite pas que l'on s'y attarde ou que l'on y retourne. Pas besoin de ces éléments, la Maison est riche et les histoires qui s'y vivent apparaissent comme autant de contes que certains se racontent lors de la nuit la plus longue, celle où toutes les horloges s'arrêtent. Et les strates des murs révéleraient les appartenances de chacun, leurs bandes d'origine car les gens changent, leurs surnoms aussi et leur groupe d'amis tout autant. Il y a à l'époque principale, les Faisans, très sérieux, les Rats, punks crados, les Oiseaux gothiques et fans de plantes, les Chiens avec leurs colliers à clous... et le groupe 4. Et le lecteur d'amuse à repérer sous les comportements des ados les enfants qu'ils étaient à leur arrivée - un récit des origines s'intercale avec celui de Fumeur.

Cette maison, c'est un monde à part entière, et un autre monde aussi car certains ont la faculté de "sauter" dans l'envers, dans la forêt, ailleurs. Il y a un sépulcre (l'infirmerie), le côté des filles et celui des garçons, la cafetière (où se boivent des boissons étranges), un croisement et bien d'autres lieux dans le labyrinthe qu'est la Maison, comme si elle se métamorphosait elle aussi. Elle a surtout ses mystères, ceux que le lecteur emporte en fermant le roman, les questions et les interprétations vont encore longtemps me trotter dans la tête ! 


lundi 11 juillet 2022

Le huitième jour de la semaine

Encore un recueil de Bobin ! Ce n'est pas mon favori mais on y trouve de belles phrases. 

« Qu’est-ce donc que la vie ordinaire, celle où nous sommes sans y être ? C’est une langue sans désir, un temps sans merveille. C’est une chose douce comme un mensonge. Je connais bien cet état. J’en sais – tiré par le cœur – la banalité et la violence. L’âme y est comme une ruche vidée de ses abeilles. »

« Au fond, si la vérité nous fait parfois défaut, c’est parce que nous avons commencé à lui manquer, en prétendant la régenter et la connaître. »

« Les grandes décisions se prennent dès l’enfance, celles qui orientent le cours des astres et l’allure des songes. Elles naissent de tout et de rien. Elles naissent de l’indigence soudainement révélée du tout de la vie. A sept ans, l’âme est déjà menée à son terme, enroulée sur sa propre absence, comme les pétales d’une rose amoureusement repliés sur le vide en leur centre. »

« Nous manquons à notre vie. Nous manquons à tout. L’étrange est au fond que la grâce nous atteigne, quand tous nos efforts tendent à nous rendre inaccessibles. »

« Il faut encore vouloir ce que l’on aime, et il faut le vouloir d’une volonté profonde, pure de toute impatience, comme obscure à elle-même. Un désir trop brutal menacerait les puissances qui sont en nous tout aussi surement qu’un trop long oubli. » 
« Vous portez à son incandescence une vertu partagée par toutes les femmes de ne jamais rien céder aux vains prestiges des êtres. Il y a une joie dans le monde. Il y a une jouie élémentaire de l’univers, que l’on assombrit chaque fois que l’on prétend être quelqu’un ou savoir quelque chose. »

 


lundi 4 juillet 2022

Chanson douce

Après le livre et le film, je me décide enfin à découvrir ce roman de Leïla Slimani dont j'ai lu beaucoup de critiques enchantées. Je sors pourtant un peu frustrée de cette lecture.

Myriam a eu deux enfants avec Paul. Enfermée dans son rôle de mère, elle ne le supporte plus. C'est donc un petit miracle lorsqu'un avocat lui propose de travailler avec lui. Myriam et Paul se mettent en quête d'une nounou et engagent Louise. Louise est parfaite : elle calme les chagrins, cuisine à merveille et range l'appartement. Certes, Myriam culpabilise parfois de lui laisser ses enfants mais elle s'épanouit dans son travail et, à nouveau, dans son couple. Louise est de plus en plus indispensable. 

Mais derrière son apparente perfection, Louise cache bien des soucis, qui la mènent jusqu'à l'irréparable décrit en début de roman. Et c'est ce fil qui est remonté par les enquêteurs pour comprendre le crime. 

Rondement mené et difficile à lâcher, ce roman campe un personnage fascinant - et effrayant - avec cette Louise qui s'insinue dans la famille. Je regrette simplement que Myriam y soit de moins en moins présente. Un roman proche du thriller et, en creux, l'analyse d'une forme de relation maître-esclave dans nos sociétés urbaines où tout se sous-traite. 

 


lundi 27 juin 2022

Comptines assassines

Sortie de LAL pour cet ouvrage de Pierre Dubois, noté il y a une éternité sur mon carnet magique !  

Au programmes des histoires de crimes liés à des contes de fées. Ne vous attendez pas à croiser princesses et princes charmants, les personnages sont plutôt cruels et dépravés. Ils aiment la torture et susciter la peur. 

Le lecteur découvre d'abord un chat botté qui aime assassiner des personnes infirmes. Puis un Sherlock Holmes mort d'ennui découvrant les joies du spiritisme. Et ce pauvre vieux et sa pauvre vieille victimes des superstitions locales au sujet de la dame blanche. Ou maître Boutonnet découvrant le monde des contes de fées, sans les méchants, dans un coin de forêt féérique. Enfin, jusqu'à ce qu'il devienne diabolique. Ou un homme pouvant tuer trois fois sans être poursuivi, prenant gout au meurtre. Ou encore ce Barbe-Bleue contemporain, qui ramasse des filles paumées tous les ans pour son anniversaire. Ou cette femme marquée du nom de Dracula. Ou enfin cette série de meurtres autour d'Alice au pays des merveilles...

Histoires criminelles et fantastiques, elles sont écrites avec précision et d'une belle langue, élégante et parfois précieuse. 



samedi 25 juin 2022

Silo

Ce livre de Hugh Howey est sur ma PAL depuis plusieurs mois, conseillé par de bons amis. Il parait que c'est un classique !


Le plot : l'humanité survit dans des silos à grains géants, organisée sur 150 étages, avec des machines qui permettent d'obtenir des matières premières et de produire l'électricité en passant par des fermes hydroponiques pour la nourriture. Les hommes sont répartis sur les différents niveaux et ont des rôles bien définis. Quand le shérif du silo demande à sortir - tabou ultime - et meurt pendant le nettoyage, la maire se met en quête d'un remplaçant. C'est Juliette, une jeune femme qui bosse aux machines, qui a sa préférence. Commence pour la maire et l'adjoint du shérif une descente à travers le silo. L'occasion pour le lecteur de comprendre l'organisation. Sauf que Juliette est peut-être trop compétente pour le poste. En tous cas, elle fouille et ça dérange à tel point qu'elle est aussi mise dehors... et que ça déclenche des événements en série.

Un roman très chouette et prenant, dans un univers intéressant - une terre inhabitable - mais qui laisse sur sa faim en termes de compréhension des origines - mais chouette, il existe deux autres pavés pour comprendre. Pas sûre d'avoir accroché au point de les lire toutefois. 


Lu chez Babel - 618 pages

jeudi 23 juin 2022

Le retour d'Hercule Poirot

Sir Reuben est mort, son neveu est accusé, l'affaire semble classée. Pourtant, Lady Astwell, l'épouse de Sir Reuben, envoie chercher Hercule Poirot, persuadée qu'Owen Trefusis est le coupable. Ce secrétaire irréprochable n'a pourtant pas l'air coupable. Toute la maisonnée va donc accueillir le détective belge le temps de résoudre l'affaire.

Retrouvée dans son bureau, la victime a forcément été tuée par l'une des personnes de la maison. C'est une course contre les nerfs des uns et des autres qui commence.

Un whodunit agréable, par cette chère Agatha Christie !




lundi 20 juin 2022

Le bébé

Je retrouve Marie Darrieussecq avec un livre dont le titre m'a intriguée. Comme elle le dit, ce n'est pas si souvent qu'on parle de bébé en littérature.  

A travers deux cahiers et trois saisons, l'auteure nous partage son quotidien avec son bébé. Il est question de ses sensations et de ses réactions devant ce nouvel être. Bien entendu, elle parle accouchement et couveuse - le bébé est préma. Mais aussi du rythme repas - repos. Elle suit le développement du bébé, ses maladies, ses interactions avec le monde - et surtout avec elle.

Assez court, pas très passionnant, c'est peut-être un livre qui parlera plus aux parents !



lundi 13 juin 2022

La petite boulangerie du bout du monde

Croisé dans une boite à livres,  ce roman de Jenny Colgan a failli y rester. Et puis, sa couverture mimi et son histoire de boulangerie m'ont tentée. C'est typiquement le genre de livre que je lis rarement - voire pas du tout - et j'y ai pourtant pris plaisir pour une fois. Un roman doux, pas très fou non plus, mais agréable à lire et avec des recettes à la fin - miam !


Polly n'a plus un rond. Son entreprise est en faillite, elle doit quitter son appartement et son mec - et collaborateur - la laisse tomber. Elle se retrouve donc à louer l'appartement le moins cher de la région, dans l'île de Mount Polbearne. Evidemment, il est dans un état lamentable. Mais avec un peu d'huile de coude, le lieu devient habitable. Au chômage, Polly en profite pour s'adonner à son loisir favori : faire du pain. La nouvelle - et les odeurs - se répand dans la petite ile et les habitants s'intéressent d'autant plus à ce talent que la seule boulangerie du coin est exécrable. Sauf que c'est celle de la proprio de Polly... Bref, vous voyez l'intrigue se ficeler sous vos yeux. Et puis, Polly est célibataire et c'est le cas de quelques personnes sur l'île aussi. Côté cœur aussi, il va se passer des choses. Enfin, ce qui est le plus sympa, c'est finalement de voir l'héroïne se reconstruire petit à petit.

Evidemment, ce n'est pas de la grande littérature mais c'est sympa, drôle et lisible.



lundi 6 juin 2022

Le major parlait trop

Un petit Agatha Christie qui met en scène la délicieuse Miss Marple aux Antilles !

Assommée par un major qui lui raconte ses faits de guerre, ses histoires et lui dévoile même connaitre un meurtrier, Miss Marple regrette son cottage anglais et ses voisins à espionner. Le major meurt brutalement, est-ce un accident ? Comme moi, vous imaginez bien que non. Qui est le coupable ? Y aura-t-il d'autres meurtres ? Je vous laisse lire le polar pour le découvrir.

Les ficelles habituelles de la romancière, avec un décor qui change mais qui ne sert pas à grand chose. Entre l'hôtel sur la plage ou les maisons british, les habitants vivent les mêmes drames. 


lundi 30 mai 2022

Les sept nuits de la reine

Je renoue avec Christiane Singer par ce roman, qui nous dit la vie d'une femme en sept nuits. 

Livia se livre à un ami à travers le récit de sept nuits, de la nuit où elle veille sa mère à une nuit où elle est elle-même âgée. Ces nuits cruciales sont celles de l'enfance, de l'adolescence, de l'amour, de la maternité, du deuil, de l'attente... Des nuits qui reviennent sur des fragments de vie. 

C'est un roman agréable à lire, bien écrit. Je me suis peu attachée à l'héroïne mais j'ai aimé l'introduction à ses nuits. Et c'est ce que je garderai : 


"Vous me comprenez mal. Je ne veux pas savoir quel rôle vous est confié cette saison au théâtre mais qui vous êtes, ce qui vous habite, vous réjouit, vous saisit ? Beaucoup persistent à ne pas comprendre, habitués qu'ils sont à ne pas attribuer d'importance à la vie qui bouge doucement en eux. On me dit: Je suis médecin ou comptable mais rarement : ce matin, quand j'allais pour écarter le rideau, je n'ai plus reconnu ma main... ou encore : je suis redescendue tout à l'heure reprendre dans la poubelle les vieilles pantoufles que j'y avais jetées la veille, je crois que je les aime encore... ou je ne sais quoi de saugrenu, d'insensé, de vrai, de chaud, comme un pain chaud que les enfants rapportent en courant du boulanger. Qui sait encore que la vie est une petite musique presque imperceptible qui va casser, se lasser, cesser si on ne se penche pas vers elle ?"

lundi 23 mai 2022

Travail social… le grand malentendu

Cet ouvrage d’Eric Kérimel de Kerveno, je l'ai croisé au boulot et il m'a bien plu ! Il y est question de travail social, avec une voix originale et ferme. Au fil des histoires et des rencontres, un engagement se lit, au service des plus méprisés : drogués, prostituées, alcooliques, etc. Le chemin de l'auteur : reconnaitre l'humain dans l'autre, lui permettre de redécouvrir ses capacités, de s'en emparer.

Il y est question de sujets personnels tels que la juste distance et l'engagement. Il y est question de sujets plus politiques autour des priorités sociales et de la façon d'exercer le travail social, notamment les fameux projets pour lesquels trouver des budgets relève du défi si elles innovent un tant soit peu.  

Le plus marquant : rappeler simplement de traiter les personnes comme des adultes, dignement.



samedi 21 mai 2022

50 idées reçues sur l'agriculture et l'alimentation

Cet ouvrage de Marc Dufumier s'organise à partir de 50 questions ou idées reçues. Une réponse est développée pour chacune sur une à quatre pages. Cela donne un petit ouvrage facile à lire et informatif sur des questions qui traitent de l'avenir de notre alimentation. 


Il est question des aliments et de leur production, des effets sur la santé, le climat, la terre. L'industrie agroalimentaire est critiquée ainsi que la mondialisation des prix des produits agricoles. Il y a des infos sur le bio, les semences ou encore la vie à la campagne. Une mine d'infos !