lundi 11 juin 2018

Lisette Leigh

J'avais de bon souvenirs des romans d'Elizabeth Gaskell. Cette nouvelle n'est pas tout à fait aussi réussie que j'espérais et je pense que le format y est pour quelque chose.

Madame Leigh vient d'enterrer son mari qui a prononcé une seule parole en s'éteignant : "Je lui pardonne". Immédiatement, elle quitte sa ferme avec ses deux garçons pour Manchester où elle passe ses journées à errer. Elle cherche sa fille, Lisette. Placée comme domestique, la jeune femme a été chassée trois ans plus tôt pour avoir fauté. Bannie par sa famille, qui la fait passer pour morte, elle n'a plus jamais donné de nouvelles. Mais Mme Leigh est persuadée qu'elle est vivante.


Dans un contexte très pieux et traditionnel (vive l'époque victorienne), l'inconduite de Lisette est condamnée par tous sauf par le coeur tendre de sa mère. C'est l'enfant prodigue qui parcourt le texte mais un enfant qui n'aurait fait que l'erreur d'aimer / de se donner / d'être violée (en fait, on ne sait rien de comment tout cela est arrivé). Face à ce noir personnage (bouh !), Suzanne, pieuse et miséricordieuse comme un ange et la petite Nancy séduisent le fils ainé. Mais fallait-il que le rachat de Lisette passât par une mort, un sacrifice innocent ? Et quand vous découvrirez comment elle passe la fin de ses jours avec sa mère... C'est quand même assez rude cette société ! Bref, vous qui aimez les nuances, passez votre chemin.

dimanche 10 juin 2018

Dieu par-dessus bord

Petit roman de Jane Gardam qui s'est retrouvé dans ma PAL l'an dernier, je n'avais aucune idée de la lecture qui m'attendait. Le côté "Zazie très english" de la 4e de couv' ne me tentait qu'à moitié... Et finalement, c'était une lecture plutôt sympathique. Rien de très nouveau sous le soleil, les personnages adultes sont tous fous aux yeux de Margaret, 8 ans. Et surtout, ils sont (mal)menés par leur besoin d'amour.

Depuis la naissance de son petit frère, Margaret a droit à une sortie chaque mercredi avec Lydia, la bonne de la maison, une jeune femme gironde. Elle élit Eastkirk comme lieu de villégiature, l'occasion pour elle de prendre le train, de se promener en mangeant des glaces sur la plage puis dans les bois. C'est ainsi qu'elle découvre un château aux habitants très étranges, du peintre à la momie.
A contrario, la fantaisie n'est pas de mise chez les Marsh. Le père de Margaret est un adepte de l'église des Saints Originels et la maison résonne de références bibliques. 
Mais en cet été torride, tout prend une couleur différente. Mme Marsh retrouve de vieux amis et tout un passé oublié ressurgit ; Lydia ne laisse personne indifférent ; et la tempête gronde.


Un roman agréable, porté par une petite fille intelligente et presque insolente, mais dont les intrigues et les personnages ne laissent guère de surprise. Tout ce petit monde se croise, se reconnait ou se redécouvre pour une cohérence finale un peu trop facile.


jeudi 7 juin 2018

La voix de ceux qui crient

C'est un très beau témoignage que celui de Marie-Caroline Saglio Yatzimirsky, psychologue à l’hôpital Avicenne, nous livre dans cet ouvrage. Elle nous raconte ces demandeurs d'asile qu'elle accompagne et ce que produisent ces rencontres. Son objectif ? Faire entendre la voix de ces populations marginalisées, qui fuient la guerre, les violences familiales ou religieuses.

C'est un livre fort, qui retrace de façon chronologique le parcours des demandeurs d'asile, qui explore leurs souffrances et leurs traumas avec pudeur. Cela ne rend pas leur situation moins insupportable mais du moins, audible. Elle distingue deux types de demandeurs d'asile, les victimes civiles de la guerre et les combattants, partie prenante des conflits. Ces populations ne réagissent pas de la même façon dans les conflits puis une fois en France, notamment d'un point de vue psychologique. A partir d'exemples et de rencontres, elle nous exprime la beauté de chaque rencontre, les questions qu'elles lui posent, comme citoyenne. L'enjeu de son travail ? "L'une des dynamiques de la consultation consiste à restaurer par la parole l'ordre du monde et à séparer la vie de la mort"

L'ouvrage est construit ainsi et j'ajoute ici et là des phrases ou paragraphes dont je souhaite me souvenir :

I. Terre chavirée

Cette première partie conte les violences qui poussent à l'exil puis les premiers pas en terre française.
1. Violence
2. Partir
"L'injonction de partir est intériorisée par le sujet au point de se transformer en menace permanente"
"Pour une partie de ces combattants, partir c'est fuir, et fuir c'est déserter. Les conflits de loyauté sont très vifs chez les combattants [...] en France, il se sent un lâche et il a l'impression d'avoir abandonné la lutte. Pourtant, rester ou rentrer au pays, c'est mourir. Il est pris dans des injonctions paradoxales [...] Karan a vécu son départ du Sri Lanka comme une mort symbolique, comme la falsification de son identité, et il nourrit une intense culpabilité. La traversée est le moment fondateur de cette mort, lorsque le meurtre psychique et culturel a lieu"
3. Terre d'exil
"Les médias parlent de la France comme terre d'accueil. Pour les demandeurs d'asile, elle est d'abord vécue comme terre d'exil. Pour la très grande majorité, elle n'était pas une destination choisie [...] beaucoup disent qu'ils ne savaient pas avant d'y monter où les mènerait le bateau ou l'avion que le passeur leur a fait prendre"
"Paradoxalement, le premier temps de l'arrivée, qui exige du demandeur d'asile un important effort pour faire des démarches administratives, trouver les premiers réseaux d'aide, éventuellement un toit, est un moment très difficile, mais le sujet reste mobilisé psychiquement, il est mû par une logique de survie. C'est dans un second temps, lorsqu'il revêt l'"habit" du demandeur d'asile, qu'un risque d'abattement ou plus encore de dépression survient [...] C'est à ce moment là que la violence traumatique s'enracine et se diffuse, parce que les défenses psychiques initiales du sujet, celles qui lui ont permis de tenir dans les premières semaines, se relâchent"
Il est ensuite question de la solitude de ces demandeurs d'asile, soit que la communauté est source de méfiance, soit que l'anonymat de la grande ville et l'indifférence pèse : 
"Ironie de voir ces hommes terrifiés se sentir eux-mêmes effrayants"
"Les défenses narcissiques, processus psychiques qui permettent de préserver l'estime de soi et de lutter contre la honte, la culpabilité, le déclassement, sont récurrentes chez certains patients, qui sauvegardent ainsi une impression de contrôle et réagissent apparemment avec mépris à des propositions d'aide ou répondent avec dédain. C'est une manière de lutter contre la dépression"

II. Ni menteurs ni malades

4. Bons et mauvais demandeurs d'asile
Il est ensuite question du récit que doit présenter le demandeur d'asile pour accéder au statut de réfugié. Questionné et soupçonné d'être un "réfugié économique" ou un "faux réfugié", le demandeur d'asile doit s'expliquer, ce qui est loin d'être évident (pas dans sa langue, avec tous les biais des traducteurs, qui refusent parfois de traduire, attitude soupçonneuse, chocs psychologique etc.)
"Il me semble que le mensonge vient lorsqu'il n'a pas été possible de se taire, lorsque le demandeur d'asile n'a pu faire valoir son droit au silence. Être obligé de dire l'indicible, de préciser ce qui ne se présente, psychiquement, qu'à l'état de confusion, provoque des stratégies de discours qui ne résistent pas à l'épreuve de la vérité factuelle"
"Les aménagements du récit pour mieux écarter une peur ou une angoisse sont souvent couteux psychiquement pour les patients car ils les maintiennent dans des dilemmes douloureux. Ainsi de ce patient qui a emprunté de faux papiers, ceux de son père, pour voyager. Maintenant appelé par le prénom de son père, il ne peut plus supporter cette identité d'emprunt plusieurs mois après son arrivée, alors qu'il apprend qu'au pays son père a été emprisonné, à cause de lui, comme il dit. A l'inverse, l'entretien fait prendre de tels risques psychiques à certains en menaçant le scénario qu'ils ont construit pour supporter leur histoire, que des éléments véridiques ne pourront être rapportés ou n'apparaitront pas comme tels. Il y a des histoires rendues incohérentes par la douleur"
"En consultation, il n'est pas question de preuve mais de leur parole et de leur souffrance. Ici, il n'est pas nécessaire de parler. On peut simplement venir. Respirer. Pleurer. S'accrocher. Décider de ce qu'on va dire et de ce qu'on ne va pas dire. On retrouve certainement un positionnement propre à celui du psychanalyste, qui ne s’embarrasse pas de la question de la véracité ou de la concordance avec la réalité mais bien de ce qu'en traduit le patient, pris entre la réalité événementielle et sa réalité psychique interne. Ce n'est donc pas "l'événement traumatique" qui importe, mais bien ce que pourra en faire le patient"
5. Le risque de la victimisation
6. Pas fous

III. En consultation

Et cette partie est dédiée à tout le protocole psy et au cadre de la consultation.
7. Le pavillon de la psychiatrie
"Les patients viennent chercher des soins, certes, mais ne viennent-ils pas aussi chercher l'humanité d'une conversation, qu'ils retrouvent dans ces banales causeries, ce qui leur est refusé depuis des mois"
"Prendre trop rapidement un patient parce qu'on n'a plus de temps, c'est aussi de la maltraitance"
"Raj arrive avec son nom coupé de moitié, amputé du nom de son village et de celui de son père. Ce nom tronqué participe de sa désaffiliation et de son errance. Il y a dans ces découpages et ces inscriptions administratives hâtives le risque de priver le sujet de ses enracinements et le nom de ses résonances [...] C'est une question centrale pour des personnes issues de cultures où le groupe est un marqueur identitaire déterminant qui apparait dans le nom. Ce dernier traduit le statut, la famille élargie, la caste, le clan, l'ethnie, la tribu, le village, la communauté langagière, etc., et les positionnements sociaux et religieux. Or les demandeurs d'asile ont vécu dans la migration un bouleversement de ces appartenances et une perte de statut qui peuvent être psychiquement destructeurs. Lorsqu’on les affuble d'un nom tronqué, on les mutile. Alors que je me bats contre cet anglicisme devenu une habitude dans l'administration française de s'adresser à quelqu'un par son nom de famille, cette consultation est le seul lieu où je le fasse moi aussi : je m'adresse à eux par leur nom, tout commence par là"
8. Le cadre
"Rappeler le secret professionnel du code de déontologie, autre formalité apparemment sans incidence, est souvent un moment de soulagement pour les patients"
"La "rhétorique de l'urgence" dénoncée par l'anthropologue Miriam Ticktin dans les dispositifs de soin humanitaire vaut également pour le cadre de la prise en charge des demandeurs d'asile : ce cadre permet de soutenir et de soigner (caring) mais non de guérir (curing) sur le long terme"
"Je rappelle au patient que l'espace de la consultation psychothérapeutique n'est pas l'espace de l'assistante sociale ni du médecin. La confusion de ces espaces plongerait les patients à leur corps défendant dans la détresse, toujours insatisfaits des réponses qu'ils trouveraient. Ne pas céder à la demande sociale de la précarité pour permettre de dégager l'autre part du sujet, non aliénée à ces besoins, est ici nécessaire" 
""I like to give, I don't like to ask" [...] Je lui propose un compromis : "Acceptez de demander. Quand vous pourrez, vous donnerez à ceux qui vous demanderont, car maintenant vous savez qu'ils n'ont pas le choix de demander, mais vous aurez le choix de donner""
9. La clinique de l'effroi
"Les premières rencontres sont souvent empreintes de cette déflagration traumatique. Mon travail va consister à proposer l'intégration de cette expérience, en cherchant le sujet dans le patient asservi par le trauma. Mais d'abord, il y a un face à face proprement impossible, car le jeu du miroir, au lieu de permettre une rencontre, dédouble et renvoie chaque sujet à sa solitude"
"Lorsque la sidération empêche la parole, je cherche leur regard pour qu'ils me regardent avec eux ; c'est à cette condition qu'un travail va pouvoir commencer. Il se fera toujours en face-à-face, pour transformer le voir en regard et l'observateur en interlocuteur" 
""Vous, vous n'êtes pas mort" Réponse à double tranchant, qui fait exister le sujet à la fois dans son monde de cauchemars et dans le réel. Mon objectif est de l'arrimer progressivement au réel dégagé de l'effraction traumatique [...] "Le traumatisme lié à la torture n'est qu'une autre mise en acte de la frayeur. C'est l'effraction d'un autre en soi, autre qui vous influence et vous modifie" Il s'agira de sortir le patient de cette influence en le séparant de ce tiers effrayant"
"Pour établir ce décentrement, je cherche à inscrire la relation à travers deux mouvements. Un premier qui établit du lien, en entrant dans le tableau gelé que peint seul le patient avec son sang. Il s'agit de redonner une place au sujet grâce à ma présence désirante. Mes interventions le valorisent narcissiquement [...] Un second quand, lors des premiers entretiens, le patient explique le contexte de son exil : cela permet de ramener dans le tableau les tiers absents qui constituent son histoire [...] et tous les éléments d'étayage à partir desquels il pourra élaborer. Grâce à ces deux mouvements, un espace intersubjectif peut émerger, en même temps qu'un tiers médiateur, support culturel pour y loger les mouvements psychiques du patient. Ce tiers peut être la personne du psychologue ou celle de l’interprète, mais des références culturelles peuvent aussi jouer ce rôle d'appui, comme des sourates du Coran ou des vers de la poésie somalie. Ce tiers est ce sur quoi les pensées ravagées d'Anwar, de Landry ou d'Ibra vont pouvoir se tresser en paroles, s'étayer, se relayer, s'inscrire dans du collectif culturel, dans du sens porté par lui et par d'autres, dans une présence au monde"

IV. Parler

10. A travers des silences de mort
"La parole est doublement atteinte : d'une part, elle ne permet plus au sujet d'émerger à travers l'ordre symbolique du langage ; d'autre part, elle n'a plus ce rôle de mise en lien social car le code langagier a été perverti par la violence. Lorsqu'il y a irruption traumatique du réel non assimilable par le langage, il n'y a plus d'outil symbolique qui permettrait de représenter le réel - le langage perd sa fonction expressive et métaphorique. Le sujet est alors écrasé par ce trou du réel. Or la rencontre psychothérapeutique fonctionne entièrement sur la parole" 
"L'échange entre l'officier de protection et le demandeur à l'OFPRA [...] Le demandeur d'asile est soit surpris par les informations demandées, soit troublé par les échos traumatiques avec d'anciens interrogatoires policiers ou militaires"
11. Traductions
""C'est comme si vous entendiez vos amis crier". Par ce processus, il travaille lui-même au décollage du réel traumatique, d'autant que le réel cesse alors d'être le réel pour en devenir sa seule représentation"
"Shabana s'empare du français seulement en consultation, car là elle "arrive à parler français" pour parler d'elle-même avec un tiers accueillant dans cette langue. L'usage du français en consultation lui donne confiance, la valorise et la soulage. Ce n'est d'ailleurs pas le français qu'on lui demande dans les administrations : ce français-là, elle ne le parle pas car il la terrifie" 
"Les flèches et l'araignée d'Ibra, la fumée et le naga constricteur de Karan : mettre en mots les esprits du trauma est effrayant. "La culture émerge de façon amplifiée quand il faut donner du sens au négatif", écrit Ernesto de Martino pour expliquer que les figurations culturelles de la magie et des mythes se manifestent lors des crises"
12. Les voix du sacré
"Les parcours bouleversés des demandeurs d'asile en quête d'affiliation pourraient-ils rendre certains plus vulnérables et plus réceptifs à des phénomènes de radicalisation ? Je remarque plutôt l'inverse, à savoir l'expression systématique d'un discours critique face aux formes d'extrémisme"
"Lorsque le sujet ne peut plus raccrocher son expérience à une épreuve collective, celui d'une minorité ethnique pourchassée, d'un groupe de militants torturés, d'un combat pour des valeurs, lorsque sa culture - ou plutôt ce qui fait sens dans sa culture - ne le soutient plus, alors il s'écroule"

V. Sortir du trauma

13. Acter
14. Hors de la plainte
Exprimer la violence du trauma, la réduire... ce n'est parfois le fruit que d'années de suivi. Et parfois ça ne fonctionne pas. Ou d'autres mécanismes se mettent en place comme des dépendances...
"La réduction du trauma que je propose n'a toutefois rien à voir avec la banalisation de la souffrance. Il s'agit de le désamorcer pour remobiliser le sujet, qui perd alors le bénéfice secondaire de sa souffrance, cette jouissance du trauma qui le porte aux extrêmes de lui-même, aux limites de la vie et de la mort, autrement dit, qui fait de lui, qui a été un animal, un autre, différent et unique. Le sujet pense initialement ne survivre qu'habité entièrement par son trauma : le travail psychothérapeutique va lui prouver qu'il ne vivra que s'il s'en dégage"
"Dès que son quotidien devient un cadre suffisamment stable, il le détruit pour répéter la scène traumatique, revivre la violence et replonger dans l'angoisse : c'est un voisin qui, épuisé par ses provocations, finit par le battre ; ce sont ses compatriotes qui, exaspérés par ses gémissements, l'excluent de leur groupe"
""Je me dis que je ne dois pas oublier." Devant cette phrase qui salue la réussite de son travail psychothérapeutique, j'ajoute :"Souvenez vous que vous êtes arrivé ici en nous demandant de vous aider à oublier""
"Sortir de la plainte est très difficile pour les patients demandeurs d'asile, puisque certains ont bâti leur stratégie de survie sur la logique suivante : en se plaignant beaucoup, ils ont obtenu un peu. Il faut donc une dose de malheurs pour rester un éternel souffrant"
"Vivre en France et s'intégrer en France n'est pas un but en soi et ne l'a jamais été, être en France est un moyen pour survivre et poursuivre la lutte. Shabana et Karan ne déploient pas les mêmes stratégies subjectives et ne sont pas dans la même France : la première vit sa présence comme celle d'une rescapée civile; elle attend protection et aide des pouvoirs publics, et envisage son installation en France devenue son pays d'adoption. Le second pense son inscription dans la sphère politique des militants pour la cause tamoule et cherche un cadre pour poursuivre l'action"
15. Fin de partie
"La séparation d'avec le pays se réalise effectivement et psychiquement lorsque le sujet obtient son statut de réfugié. Et elle est follement douloureuse : le demandeur d'asile promu réfugié sait qu'à partir de ce moment-là il sera toujours en exil"
"Lorsque j'explique à Karan, débouté, qu'il doit disparaitre s'il ne veut pas prendre de risque, et se faire oublier des autorités, c'est un doute vertigineux qui me prend. Alors que nous avons cherché ensemble pendant des années à trouver la parole juste lui permettant d'exprimer son histoire et son nom, voilà que je lui conseille l'anonymat. Alors que nous avons cherché ensemble à lui redonner une place, il est maintenant tenu à l'invisibilité. Pour adresser une telle proposition au demandeur d'asile, ne suis-je pas, à mon corps défendant, la complice de la machine administrative ? "
"La consultation présuppose une possibilité d'échange dans l'altérité radicale. La possibilité d'une rencontre vient de ce qu'elle s'établit comme parfaitement improbable, et cet improbable est le cadre même. Cette relation repose sur le présupposé du partage d'une même humanité"
"L'écoute est un besoin aussi essentiel que ces besoins élémentaires. Aussi essentiel à la vie d'homme"
Essentiel ! Comme cette lecture.

lundi 4 juin 2018

Angel

Ce petit roman d'Elizabeth Taylor (homonyme de l'actrice), romancière britannique, est tout à fait fascinant. J'ai failli passer à côté et je ne regrette pas ce petit détour. 

Angel, c'est une adolescente mythomane, fière et égoïste. On la rencontre à l'école, d'où elle revient avec des camarades, leur contant une histoire d'enfant abandonnée, échangée... Elle-même ! Quand cela revient aux oreilles de sa mère, c'est la honte suprême pour Angel, qui n'ose plus sortir de chez elle, de peur que l'on se moque de ses prétentions. Puis lui vient l'idée d'écrire pour s'occuper... Puis pour se venger du monde. Elle noircit des pages et des pages, envoie son manuscrit et va finalement se faire éditer. Et c'est un succès de librairie. Et un ouvrage décrié par les critiques. On lui reproche des invraisemblances, un lyrisme exacerbé, des histoires romantiques et niaises... Il n'empêche qu'Angel devient un auteur très lu et qu'elle sort chaque année un nouveau roman acclamé par ses fans. Riche mais toujours aussi égocentrique, Angel réalise des rêves qui ne la satisfont pas : sa belle maison, ses donations... Rien ne vient combler ce manque (d'amour ?). Et rien ne vient changer non plus son approche du monde : elle imagine plus qu'elle n'apprend. Et si la réalité ne correspond pas à ses attentes, elle nie la réalité. Bref, elle est très très têtue et pas très agréable. 

Mais Angel est surtout une mode et son lectorat s'effrite sans qu'elle se l'explique. C'est le début d'une déchéance durant laquelle elle conserve sa fierté. Et son aveuglement.

Chouette lecture sur le quotidien sans concession d'un être enfermé dans son égoïsme et ses certitudes, d'un écrivain raté mais à succès... Le tout porté par un plume fine qui n'a rien à voir avec celle d'Angel. Et une belle préface, qui en dit certes un peu trop, mais qui explique d'où vient historiquement le personnage d'Angel même s'il est transposable à chaque époque.

 

samedi 2 juin 2018

Un brin de verdure

Je crois que c'est le dernier Barbara Pym de ma PAL. Ouf, car c'est à chaque fois une déception pour moi. La campagne anglaise et les voisins qui s'observent derrière leurs fenêtres, très peu pour moi. Et le soi-disant côté anthropologique ou psychologique de ces romans reste tout de même bien léger.

Emma vient de s'installer à Robin Cottage, une maison familiale à la campagne. Anthropologue, elle travaillait sur les comportements humains dans les villes nouvelles et se met au vert pour trouver un autre sujet de recherche. Dans le village, tout le monde se connait et se croise aux événements tels que la brocante paroissiale et autres oeuvres de charité. On prend le thé. Il ne se passe pas grand chose. Les personnages disent ce qui leur passe par la tête, c'est souvent absurde, ou plat.
Ce qui constitue un événement est surtout l'arrivée ou le départ des personnes... Sinon, elles dinent, vont chez le médecin, se promènent, et voilà. Et se cherchent, peut-être, un compagnon.


Vous l'avez compris, la campagne anglaise de Barbara Pym n'est pas ma tasse de thé. Je trouve ça lent, long et inintéressant. Par contre, ce n'est pas trop mal écrit, avec une bonne dose d'ironie et d'absurde.


vendredi 1 juin 2018

Testament à l'anglaise

Ville City
Republié pour le blogoclub de lecture mais lu il y a 4 ans !

Décidément, j'ai du mal à être à l'heure pour les LC du mois anglais. Je viens seulement de finir ce titre de Jonathan Coe... Et c'est une excellente pioche ! Figurez-vous qu'il patientait depuis plusieurs années dans ma PAL, depuis la lecture de La Maison du sommeil, il me semble. Je n'avais donc pas ouvert de Coe depuis un bail et cette redécouverte m'a donné envie de piocher plus souvent des idées de lectures dans ses titres. 

Testament à l'anglaise, c'est bien sûr une histoire de famille. Anglaise. Dans les années Thatcher. 
Les Winshaw sont une grande famille anglaise. On les rencontre une première fois en 1961. On apprend que Godfrey, frère de Lawrence, Tabitha et Mortimer, est décédé en 1942. Tabitha imagine que Lawrence a transmis des informations aux Allemands, qui ont permis d'abattre l'avion de son frère. Elle a été enfermée à l'asile. En 1961, tout le monde se réunit pour les 50 ans de Mortimer. Et l'on a un premier aperçu de cette famille que chaque chapitre nous aidera à mieux connaitre.
Comment entrer chez eux ? Par le biais d'un jeune écrivain engagé pour écrire l'histoire de cette famille.
Notre roman se déroule sur quelques mois de l'année 1990. La vie de Michael alterne avec des portraits de chaque membre de la famille Winshaw. Chacun est riche et puissant dans un domaine particulier. Hilary est la reine du petit écran et de la presse. Henry est un politique sans foi ni loi. Roddy est un galeriste renommé. Dorothy est à la tête d'un groupe alimentaire, prônant l'élevage intensif. Thomas est financier et Mark, marchand d'armes. Chacun nous permet de découvrir un pan de la société anglaise, complètement manipulée par ces quelques personnages sans scrupules. Ils n'ont qu'un idéal, devenir chaque jour plus riche et puissant. Cela se fait aux dépens de la sécurité sociale anglaise, de sa santé intellectuelle et physique, de ses économies, et même de sa sécurité ! Bref, chacun est une plaie pour la société.

Sous des allures de roman policier, avec un enquêteur et écrivain presque raté qu'est Michael, ce roman est aussi très politique. Il signale les dommages collatéraux de la politique de Thatcher. Mais jamais cela n'est pesant, c'est bien souvent drôle (même si on rit un peu jaune) ou émouvant. Enfin, ce roman s'interroge aussi sur le travail de l'écrivain, et plus largement de l'artiste, ainsi que sur celui des éditeurs et marchands d'art. Sa construction sous forme d'enquête et de personnalités qui se répondent est très agréable. Et l'on trouve des références à Agatha Christie comme au roman gothique. Alors certes, c'est parfois excessif et caricatural mais ça reste délicieusement british et très second degré. Au total, c'est un roman très complet et en cela très plaisant.

LC mois anglais

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lundi 28 mai 2018

Le chat, l'Ankou et le maori

Un chat breton, Jules Joseph Chamsou, amateur de galettes et de crêpes, vivant depuis toujours dans une crêperie, décide d'aller voir si l'herbe est plus verte ailleurs. Il parait que tous les lieux se valent, mais est-ce le cas ? Il engage donc un voyage vers la mer pour vérifier cette théorie. En chemin, il rencontre bien des ennemis, du chat huant au fermier géant, en passant par la mort elle-même, l'Ankou et son grand chien noir, Ki Du. Il noue aussi de plus agréables amitiés avec les korrigans ou un maori de passage.
Courageux, intelligent et déterminé, notre chat mène sa barque - enfin, celle de l'Ankou - jusqu'à la mer.

Un joli conte breton de Michel Rio aux personnages sympathiques et au héros attachant qui n'a pas sa langue dans sa poche ! Joliment illustré par Marie Belorgey.


lundi 21 mai 2018

Norse mythology

Un Neil Gaiman inconnu à ma LAL en bibliothèque ? Qu'à cela ne tienne, il finit dans mon sac. 

Fasciné par le Thor des comics, l'auteur s'intéresse de près à la mythologie scandinave. Il y découvre des dieux de diverses origines, luttant contre toutes sortes d'ennemis. Pour faire connaitre leurs histoires, il les reprend et les écrit, à la sauce Gaiman, c'est à dire avec humour et simplicité. N'imaginez donc pas trouver une oeuvre vraiment nouvelle, il s'agit plutôt d'une série de mythes remasterisés. 
Roses blanches Galen Kallela

Voici les titres :
The players : qui présente un peu les dieux
Before the beginning and after : sur la création du monde, entre le feu et la glace
Yggdrasil and the nine worlds : l'arbre qui relie les mondes entre eux
Mimir's head and Odin's eye : La quête de la sagesse selon Odin
The treasures of the Gods : comment Loki, le dieu malin, encourage les nains à façonner les plus beaux dons pour les dieux... dont le marteau de Thor
The master builder : Il propose de faire une muraille pour protéger les dieux, en échange d'une déesse.
The children of Loki : entre le loup, le serpent et la femme morte-vivante, ils font un peu peur aux dieux.
Freya's unusual wedding : ou comment tromper un géant qui a volé le marteau de Thor.
The mead of poets : drôle de recette, que se volent les uns et les autres.
Thor's journey to the land of the giants : compétition entre géants et dieux.
The apples of immortality : Promises par Loki, elles manquent aux dieux qui vieillissent...
The story of Gerd and Frey : une love story.
Hymir and Thor's fishing expedition : drôle de pêche pour récupérer un chaudron géant.
The death of Balder : Aimé et protégé par tous, Balder meurt par la faute d'une petite plante.
The last days of Loki : ça chauffe pour le plus malin des dieux, le traitre.
Ragnarok, the final destiny of the gods : La bataille finale.

C'est pas mal pour redécouvrir les mythes nordiques, mais ça ne vous en apprendra pas plus qu'un bon bouquin de mythologie. Ca rend juste les choses plus amusantes, et plus "commerciales".

mercredi 16 mai 2018

Quand la lune descendit sur terre

Merci aux éditions Borélia pour cette proposition de lecture de contes mansis (des forêts de Sibérie occidentale) traduits et introduits par Charlotte Boucault et illustrés par Jüri Mildeberg. C'est un joli ouvrage, aux contes courts et nombreux, dont les illustrations aux allures de tarots étranges et symboliques nourrissent l'imagination.

Avec cette vingtaine de contes, nous partons dans le grand nord, un pays de neige, de rennes et d'ours. Voici le sommaire :
Comment la lune arriva sur la terre : en répondant aux provocations d'enfants à la sage grand mère.
A propos du vent du nord : qui refroidit un peu trop les hommes.
Comment le corbeau arpenta la terre : et comment celle-ci s'étendit.
Pourquoi le lièvre a de longues oreilles : au lieu des grands bois qu'il espérait.
L'élan : qui cherche un ami.
L'ours et l'écureuil rayé : font un pari...
La corneille et la pie : règlent leurs comptes.
La chouette intelligente : Topal-Oïka, Esprit du Monde d'en Haut, veut se construire une nouvelle demeure en os. Ou comment une chouette sauve les animaux de la destruction.
Le petit lièvre peureux : ou pourquoi les lièvres ont une courte queue.
Se punir soi-même : ou comment un lièvre au mauvais caractère se retrouve puni.
Le chien qui se cherchait un compagnon : mais que ses aboiements indispose.
Le souriceau voyageur : bien prudent sur son radeau.
Le renne fier : qui aide les hommes et en reçoit un bien joli présent.
Moss-Nê et le grand duc : ou comment une femme épouse un hiboux.
Mari et femme : trois soeurs vont chercher à se marier.
La petite femme : une louche père de famille et un bébé élevé par un ours dans ce conte étrange.
La grand mère juste : où chacune reçoit un mari à la hauteur de ses mérites.
Le petit pain : histoire d'une femme gourmande et d'un pain malin.

Voici des contes qui nous font entrer dans une mythologie étonnante, où l'animal est très présent ainsi que toutes les forces de la nature. On visualise très bien le monde de ces populations de chasseurs et éleveurs de rennes, qui vivent en harmonie avec les autres êtres vivants auxquels ils prêtent le don du langage et l'intelligence. On croise aussi dans ces contes quelques esprits, des grands mères aux allures de sorcières et des éléments magiques. Simples, moraux et sans fioriture, à la fin parfois abrupte, ils sont destinés à être racontés les soirs d'hiver (uniquement, car les autres saisons sont destinées au travail plus qu'aux contes) dans des communautés qui favorisent la transmission de ses mythes et légendes à l'oral. Très jolie découverte que ce recueil !

lundi 14 mai 2018

Les vallées du bonheur profond

Ce recueil de nouvelles permet de passer un peu plus de temps avec nos amis, Oedipe, Antigone, Clios. De marcher un peu plus sur leur chemin. De découvrir d'autres routes imaginées par Bauchau pour ses héros.

L'arbre fou : Histoire de l'élaboration d'une double sculpture, celle d'une danseuse par Oedipe et des visages de ses parents par Antigone.
Les vallées du bonheur profond : Quand Antigone découvre le peuple des collines et explore les vallées du bonheur profond.
"- Rien que le nécessaire [...] le reste vous alourdit pour le bonheur.
- C'est le bonheur que vous cherchez ? demande Antigone
- Quoi d'autre, dit l'homme qui vient de revenir, le soleil, quelques pluies, la santé et du temps.
- Du temps pour quoi ? demande Antigone
- Du temps pour sentir qu'on a le temps"
La femme sans mots : Une nuit dérangeante avec une femme folle et muette.
Le cri : on retrouve ici une partie d'Antigone. Il s'agit du moment où elle part mendier et où un cri s'élève de ses entrailles.
L'enfant de Salamine : la rencontre de Sophocle avec Oedipe, la façon dont cette rencontre le transforme et l'aide à devenir poète tragique.

Toujours cette écriture superbe et simple,  qui font de ces nouvelles maitrisées un vrai plaisir de lecture. Et quelle joie de retrouver les personnages et les lieux connus et traversés en lisant.  

jeudi 10 mai 2018

Ithaque. Notre Odyssée 1

Il est des spectacles qui vous ennuient avant qu'ils ne vous donnent envie de crier sur votre siège, vous pétrifient ou vous secouent. Et cette pièce de Christiane Jatahy est de ceux-ci. 

Au programme, migrations, Brésil et Odyssée. Une pièce qui se veut politique et engagée, aux moyens techniques prétentieux (la scène se remplit d'eau à se noyer, le public qui voyage et les vidéos en live) qui repose sur l'histoire d'Ulysse et Pénélope. D'Ulysse qui peine à quitter Calypso. De Pénélope qui voit son pays pillé, dépecé par les prétendants et cependant ne renonce jamais à Ulysse. Devant nous, les acteurs sont tour à tour Pénélope, Calypso ou les servantes qui couchent avec les prétendants (et vont être pendues après avoir nettoyé le sang de leurs amants), Ulysse ou les prétendants, à différents âges de la vie, à la veille du retour ou n'importe quand pendant les dix ans d'amour et d'errance d'Ulysse, après cette guerre de dix ans également. La situation d'exilé d'Ulysse est l'occasion d'interroger la migration et des pages de journaux de réfugiés nous sont lues, crues, violentes, terribles et en même temps tellement artificielles dans cet espace qui ne joue que de l'image. De même que la résolution est affreuse de violence, physique et psychique, de combats et de suicides, de torture même. Personnellement, ça me fait mal de voir tant de violence au théâtre (ou au ciné, ou ailleurs), de la montrer si crue, si nue, de la filmer, de la démultiplier ainsi. Il y a d'autres moyens de la dénoncer, sans entrer dans cette spirale. Bref, je reste maltraitée par cette violence, surtout faite aux femmes, dans cette pièce. Quand au fond, au texte, au jeu, il est confus, il est bruyant mais semble terriblement vide. J'ai failli sortir à plusieurs reprises, lassée puis dégoûtée, pourtant le thème semblait prometteur. Une rencontre manquée pour moi et pour pas mal de spectateurs partis en cours de spectacle !


lundi 7 mai 2018

L'épopée du buveur d'eau

Vous souvenez-vous de ma première rencontre avec John Irving ? C'était il y a dix ans et ça s'était mal passé. Et puis, il y a des livres qui trainent depuis trop longtemps dans votre PAL pour les ignorer plus longtemps. Ils vous demandent de les lire ou de les donner mais, pitié, pas dix ans de poussière en plus ! Bon, c'est un peu ce qui s'est passé avec ce titre. Et je suis heureuse de vous dire que je révise mon jugement, c'est plutôt drôle et incorrect comme ouvrage.

Boggle/Bogus est un anti-héros parfait. Fils d'urologue, il choppe la vérole avant la majorité. Il est incapable de skier mais épouse une championne de ski. Et ça fait des plombes qu'il peine sur une thèse bidon en nordique primitif inférieur. Pourtant, Ralph veut faire un film sur lui !

Lorsqu'on le rencontre chez son urologue, il est installé avec Tulpen qui a des seins remarquables. Et au chapitre suivant, on remonte dans le temps. C'est le rythme qui va s'imposer à mesure du roman. Quelques chapitres en flash-back et d'autres non suffisent pour comprendre l'étendue du désastre et de l'éparpillement. Pas de temporalité linéaire, ça part dans tous les sens. A vous de retrouver les repères chronologiques. Drôle et fataliste, Bogus n'a pas de bol mais ne favorise pas spécialement sa chance. Et surtout, il n'assume rien et préfère se terrer au fond de l'Allemagne que de faire des choix. 

Un roman cocasse et délirant, qui peine un peu à se mettre en route et à la fin un peu trop joyeuse mais qui ne manquera pas de vous faire rire. 


dimanche 6 mai 2018

Futsal et mains propres

... est une jolie surprise montée par la Compagnie Jolie Môme

A Champignoux, on n'est pas des pignoux ! Et surtout pas depuis que l'équipe féminine de futsal s'est qualifiée pour la coupe d'Europe. Cinq filles, bien différentes, et leur coach se préparent à ce défi. Et à travers les joueuses, c'est une partie de la vie de Champignoux qui nous parvient. Avec des réalités différentes pour Laetitia, fille du boucher local ou Lucie, employée chez lui. 
L'équipe est soutenue par monsieur Verdier, nouveau sponsor du groupe. Qui leur impose une nouvelle joueuse. Qui fournit de la drogue à une autre. Qui veut faire de la pub par tous les moyens. Qui menace et cajole. Bref, qui n'est pas très fair play...

Engagé, rythmé et dynamique, ce spectacle avec musique, acrobaties et beaucoup d'humour nous brosse un portrait social d'une petite bourgade. Courez-y, c'est excellent !

jeudi 3 mai 2018

Les antipodes et le siècle

Je crois que je ne retiendrai pas grand chose de ces nouvelles d'Ignacio Padilla. Je les ai trouvé étranges, j'ai eu du mal à y trouver mes marques. Qu'était-ce que ce petit recueil ?

Il est composé des nouvelles suivantes :
Les Antipodes et le siècle : Édimbourg, cette ville secrète dans un désert, mentionnée par aucune carte mais où les caravanes peuvent s'égarer, attirées par un architecte et prophète écossais.
Mémorial de la seconde peste : Et si cette nouvelle peste était la santé ?
Ever wrest : journal de voyage : comment conquérir l'Everest ?
Notes de balistique : reconnaitre les bonnes armes des mauvaises.
Rhodesia Express : les trains ont toujours du retard, alors que le colonel a juré de se tuer s'il ne rétablissait pas leur ponctualité britannique.
Darjeeling : histoires de géographie et de trigonométrie dans l'Himalaya.
Hagiographie de l'apostat : combat de l'ange et du démon.
Bestiaire minimal : animaux étranges en Afrique du Sud.
Cérémonie expiatoire à Halak-Proot : un médecin repense les hôpitaux psychiatriques en Nouvelle-Zélande.
Rumeur de farine : dans une zone isolée, on accueille des nouveaux venus. Mais la tension monte. Et le comportement suspect d'un sous-lieutenant attire les convoitises.
Le chinois aux têtes : Dans un bateau, on découvre des têtes coupées, destinées soi-disant à un médecin...
Le Temps retrouvé : il a trouvé la fontaine de jouvence, une herbe qui permet de réduire son sommeil. Mais à quel prix ?

Lajoue, paysage avec rivière

Étranges et inclassables, ces nouvelles aux airs fantastiques jouent sur les chimères des hommes. Et souvent se terminent mal ou ne se terminent pas. C'est une ambiance de fin du monde, un peu malsaine, qui imprègne l'ouvrage. J'ai eu du mal à l'aimer mais j'ai tout de même apprécié son imaginaire.

lundi 30 avril 2018

Foxcraft. Les possédés

J'ai trouvé ce bouquin d'Inbali Iserles un peu par hasard. J'hésitais à le lire. Et puis finalement, je suis entrée dans ce petit roman jeunesse. C'est le début d'une série donc ne vous attendez pas à comprendre le pourquoi du comment à la fin du roman (même si c'est très devinable en fait).

Isla et Pirie sont deux jeunes renardeaux qui grandissent en marge des Terres grises ou La grande rumeur (la ville). Un jour, leur terrier est attaqué et Isla fuit. Aidée de Siffrin, un drôle de renard qui cherche son frère, elle part à la recherche des siens et tente d'échapper à Karka, la renarde qui les poursuit. Isla découvre petit à petit la foxcraft (oui, les renards ont des pouvoirs presque magiques) et apprend à se débrouiller en échappant aux broyeuses (voitures) et aux peaux-nus (les hommes).

Plein de rebondissements et de courses-poursuites, ce roman vise un public jeunesse. Il n'est pas très travaillé, qu'il s'agisse des personnages, du style ou de l'intrigue. N'est pas J.K. Rowling qui veut.