jeudi 31 décembre 2009

Question de l'être et beauté féminine


Les éditions Aux forges de Vulcain m'ont envoyé, il y a des lustres, ce livre de Jérémy Nabati. Je n'avais toujours pas pris le temps de le chroniquer ! Voici donc enfin mon avis sur ce livre. Si j'ai apprécié la première partie qui donne son titre au livre, la seconde, intitulée Comment errez-vous ? m'est restée obscure. Je l'ai lue sans comprendre où le narrateur voulait en venir.
Question de l'être et beauté féminine est l'histoire d'Aldo, qui cherche une amie. Il rencontre Flora, en tombe amoureux  et ils vivent ensemble. Scénario assez simple. Ce qui est plaisant c'est la façon dont l'auteur exprime cette petite histoire. Simplicité, fluidité, légèreté... Tout est évident dans le déroulement de ce drame, tout semble parfaitement pesé.
Ensuite, la seconde partie est composée de petits textes courts et d'un poème sur cette vie quotidienne que nous menons tous. Il y est question de Dieu, d'amour... Mais rien n'a ici retenu spécialement mon regard. Dommage.

mercredi 30 décembre 2009

U.V.

Merci à Cécile de m'avoir fait découvrir Joncour, auteur que j'ignorais totalement. Cette charmante blogueuse m'a envoyé ce livre pour avoir trouvé la réponse à l'énigme du mois de... septembre ? octobre ? Bref, la rentrée des classes. Il fallait trouver le prénom de son papa. Ma récompense après une recherche acharnée fut ce joli livre.

Vacances, bronzing sur la terrasse, tout est calme. Sauf qu'un homme a traversé votre jardin et s'est présenté aux deux sœurs qui faisaient tranquillement une sieste. Il se présente, c'est un ami de votre frère, Philip, l'enfant terrible de la famille. Vous l'accueillez. Immédiatement, il est adopté par la smala. La mère le veut pour gendre, le père rit à ses blagues, les sœurs sont sous le charme, les petites filles jouent avec lui. Vous seul restez méfiant. Qui êtes-vous ? Une pièce rapportée, l'époux d'une fille, le gendre de votre patron, un type intelligent et bosseur, sans fantaisie. Vous connaissez les travers de Philip et vous demandez ce que cet inconnu lui veut. Et vous jalousez un homme qui sait se rendre si vite familier. Vous attendez qu'il baisse le masque mais la tension est, de votre coté, pénible, limite insoutenable. Pourtant, ce sont les vacances, vous n'avez pas lieu d'être soucieux si ce n'est un malaise persistant.

Avec une atmosphère oppressante, souvent comparable à celle de roman policier, Joncour dessine une famille bourgeoise en vacances. Caractères étudiés, intrigue haletante, la tension et les interrogations se multiplient chez le lecteur. Qui est cet inconnu ? Que veut-il ?
Et maintenant, il faut lire le livre pour le savoir !

mardi 29 décembre 2009

Un couple ordinaire

Tout commence lors du choix d'une table basse. Benjamin a l'impression d'être vide, creux, de faire semblant d'être heureux. En réalité, il prend conscience petit à petit de la tyrannie domestique qu'exerce son épouse, Béatrice. Femme superbe et artiste, maman de la jolie Marion, elle sent bien que son mari change d'attitude. Il était réveur, il devient distrait, voire critique. Bref, nous avons devant les yeux la déliquescence d'un couple et le regard analytique d'un conjoint lassé de supporter sa vie quotidienne, faite de vexations et de frustrations : ambition d'une épouse pour son mari qui veut se contenter de ce qu'il a, frustrations sexuelles, chantage sentimental, défense de la cause des femmes à tous crins...
Isabelle Minière dresse avec humour et justesse le portrait d'un homme qui décide de changer sa vie. Elle décrit un univers dirigé par une mère froide et égoiste. Quoique versant dans la caricature, ce petit livre vous fera certainement rire ou sourire par le ton adopté. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une histoire sans prétention. En bonus à la fin, un petit test :)
Merci au livre de poche pour ce charmant envoi !


lundi 28 décembre 2009

Les hommes qui n'aimaient pas les femmes


Voilà encore un polar pour lequel toute la blogo s'est enflammée. Ce roman de Stieg Larson campe deux personnages très différents, amenés à se croiser dans des circonstances extraordinaires. Le héros est Mikael Blomkvist. Ce célèbre journaliste vient d'être condamné pour diffamation. Rédacteur du célèbre journal économique Millénium, il n'a pas pu prouver ses dires contre un industriel verreux.
L'héroïne, c'est Lisbeth Salander. Cette fille étrange, piercée et tatouée, est en réalité une enquêtrice de choc hors pair pour une société de sécurité. Elle traine avec son look d'ado une enfance pas rigolote et des problèmes divers.
Quand ces deux là se rencontrent pour enquêter sur une femme disparue et certainement morte depuis 20 ans, cela fait des étincelles !
Un polar bien ficelé avec des personnages mystérieux et attachants, une famille nombreuse pas toujours très saine, un assassin dérangé... je comprends tout à fait l'engouement pour ce livre et le partage. Maintenant, attaquons la suite !

dimanche 27 décembre 2009

Je tente de rattraper mon retard

Romanza m'a taguée depuis une éternité ! Je dois citer sept choses que j'aime faire .....
Lire. Cela étonne quelqu'un ?
Cuisiner.
Contempler.
Apprendre.
Chercher.
M'étonner.
Rêver.
Je donne ce tag à qui veut mais il a dû faire trois fois le tour du monde, non ?

Ori m'a aussi demandé de répondre à quelques questions.
1) Si on vous proposait d'écrire votre biographie, vous prendriez qui pour nègre ? (et oui, tout le monde n'a pas un don pour la littérature)
Zweig. Il est pour moi un superbe biographe. Il faut lire Fouché par exemple !

2) Vous êtes en train de lire le tout dernier chapitre d'un livre, celui qui vous a fait passer une nuit blanche, la fin qui vous fait saliver (notez le jeu de mots siouplé) depuis une centaines de pages... Lorsque survient un homme, torse nu. On va dire qu'il s'appelle... Daniel Craig. Il a l'air chagrin. Il a une petite douleur à l'épaule, et est persuadé qu'un petit massage lui ferait le plus grand bien. Que faites-vous ?
Daniel Craig... On peut changer le nom ? Parce que bon, Daniel me plait moyennement. Et puis sachez que je ne suis pas une perle en massages. Mais on va dire que le livre peut patienter, même s'il m'arrive de négliger 'Daniel' pour terminer un chapitre.

3) C'est la fin du monde. Quel livre mettriez-vous dans la capsule qui sauvegardera une trace de l'humanité ? (voudriez-vous vraiment que ce soit Orgueil et Préjugés ?)
Une encyclopédie.

4) Quelle est pour vous la pause lecture idéale ?
Le moment où j'ai envie de lire et où je peux le faire.

5) Si vous aviez le pouvoir de trucider/effacer un personnage de roman, ce serait qui  ?
Récemment, j'ai eu envie de tuer Bella Swan. Mais je crois que je tue le roman par ce meurtre, non ?

6) Sauveriez-vous Voldemort, juste pour avoir un huitième tome ?
Non, mais je ne ferais pas cette fin.

7) Jusqu'où êtes-vous allés pour un livre ?
Quelques kilomètres.

8) Si vous pouviez retourner dans le passé rencontrer un auteur. Ce serait qui ? Quelles seraient vos toutes premières paroles ? (A part "bonjour")
Hugo. 'Franchement, laissez tomber Juliette, et mettez-vous au boulot ! Et pour la poésie, arrêtez de vous forcer, gardez-votre inspiration pour d'autres romans'.

9) Décrivez la bibliothèque (personnelle ou pas) de vos rêves.
Une bibliothèque où je n'aurais que des surprises, des lectures bonnes ou mauvaises qui me font réagir.

10) Vous retournez dans le passé (décidément, bande de veinards !), en pleine 2ème guerre mondiale. Quel livre donneriez-vous à Hitler pour qu'il arrête de cramer des bouquins ?
La part de l'autre ?

Celui-là, je le solde aussi, je crois qu'il a aussi fait le tour !

samedi 26 décembre 2009

Teotihuacan, la cité des dieux



Voici une très belle exposition qui se tient actuellement au musée du quai Branly. Dans une scénographie épurée, grise, sont présentés des éléments de cette civilisation américaine du premier millénaire. Au centre, une gigantesque maquette décrit la cité, ses pyramides, le rôles des espaces que l'on a pu identifier... Et tout autour, on trouve les productions artistiques : fresques, éléments d'architecture, des objets religieux ou supports d'une image divine, différents objets de la vie quotidienne.
Autant vous prévenir, c'est extrêmement dense et complet. Il faut disposer de temps et n'être pas trop crevée pour appréhender cet espace et ces productions. A noter, un parcours fléché pour les enfants et des petits jeux pas mal faits pour leur expliciter les techniques de production.
Quelques pièces extra comme le couvercle d'urne ou la poule aux coraux...

vendredi 25 décembre 2009

L'inutile beauté

Tout d'abord, très joyeux Noël a vous !

Aujourd'hui, j'ai envie d'évoquer une nouvelle de Maupassant.
Mme de Mascaret a passé sa jeunesse en grossesses. Un soir, lors d'une promenade avec son époux, elle lui avoue qu'elle l'a trompé. Le jaloux et violent Comte de Mascaret, qui ne cessait d'engrosser sa femme pour la préserver des amants potentiels, va connaitre les affres du doute. Et la jalousie a posteriori. Quand à Gabrielle, l'indifférence froide de son mari va enfin lui permettre de profiter de sa jeunesse et de sa beauté.
Lors d'un opéra, deux spectateurs comtemplent la belle et dissertent sur la nature et la culture ou pourquoi il est cruel d'enfermer une femme dans la reproduction de la race.
Petite nouvelle sympathique de Maupassant, j'ai en réalité nuancé la révélation de Gabrielle pour vous laisser le loisir de découvrir l'histoire à la lecture.

jeudi 24 décembre 2009

Expos du Louvre

Qu'y a-t-il à voir au Louvre ? Tout d'abord, si vous aimez Venise, Titien, la renaissance... il faut filer voir Rivalités à Venise. Bien qu'ayant vu cette exposition à Boston, j'y suis allée de bon cœur. Il faut dire que les oeuvres ne sont pas toutes les mêmes et que le propos est présenté différemment.
Titien introduit le propos mais très vite, Véronèse et Tintoret, inspirés par leur ainé, suivent ses pas. Le parcours est thématique : scènes mythologiques ou religieuses, scènes de miroir (partie superbe), portraits, concours, nocturnes, collectionneurs et nus... Palma le jeune apparait aussi beaucoup dans ce parcours. Un très beau tableau de Sustris, un nu féminin retient également l'attention. Bref, si vous n'y êtes pas encore allé, il vous reste quelques jours pour découvrir le climat d'émulation de Venise et les chefs d'œuvres que cet esprit  a créé.


Dans un tout autre domaine, Smyrne concerne la ville grecque antique et ses créations. De très beaux marbres accueillent le visiteur autour du donjon. Puis les créations de cette ville d'Asie mineure sont disposées par ordre chronologique. Il s'agit essentiellement de terres cuites et de stèles de pierre. Cela montre à la fois la culture grecque de cette cité et ses originalités comme les grotesques.

Toujours à propos de la Turquie mais à l'époque moderne, des caftans sont exposés aile Richelieu. Beauté des tissus et des motifs sont mis en valeur par la scénographie et la lumière. Cependant, le fait de les montrer à plat, sans le volume d'un corps, permet mal de percevoir le tombé du tissu.

mercredi 23 décembre 2009

The Princess Bride

Livre favori de quelques unes, j'avais très envie de lire ce roman de Goldman. Bien m'en a pris car c'est un livre d'aventure, d'amour et de magie qu'on ne peut lâcher avant la fin !
Laissez moi vous camper l'histoire. Goldman veut résumer ici son livre favori, celui que son père lui lisait enfant. Sauf qu'il s'est aperçu que le livre de Morgenstern ne correspondait pas réellement à celui que lisait son papa, lequel sélectionnait les meilleurs passages. Le livre original ne plaisant pas à son fils, Goldman décide de lui livrer la version qu'il a gardé en mémoire et fait des coupes franches dans le livre de Morgenstern. Voilà pour le fonctionnement du roman, toujours à cheval entre l'histoire The Princess Bride et les commentaires du réécrivain.
L'histoire de Morgenstern commence chez Buttercup, la plus jolie fille du monde. Celle-ci maltraite son valet avant de se rendre compte de son amour pour lui. Westley, garçon de ferme, quitte la maison de sa belle et part à l'aventure. Hélas, Buttercup n'a plus de nouvelles. Elle décide d'épouser le prince Humperdinck, un grand chasseur, qui ajoute ainsi un trophée à sa collection. C'est avec ce mariage que la vie de Buttercup change du tout au tout et qu'elle rencontre Fezzik et Inigo, deux êtres extraordinaires, l'un pour sa force, l'autre pour son épée... Je m'arrête là dans le dévoilement de l'énigme mais sachez que ce livre s'amuse de quiproquos en rebondissements à charmer son lecteur. L'aventure en est le maître mot, l'amour aussi, remarquez, et puis il y a l'incohérence, le fantastique... Bref, Goldman joue sur toute la gamme romanesque. Bonne lecture !

mardi 22 décembre 2009

La chair et les pépins


Roman du jeune auteur Allan Vermeer prêté par un ami, qui se déroule à Paris, entre un bar de Montmartre et une chambre de bonne.
Le héros est un garçon un peu paumé. Il ne fait rien si ce n'est sortir son chien et se promener dans Paris. Un soir, il rencontre une charmante jeune fille, Léa qui l'emmène dans bar. Une fille chante, c'est  du jazz. Histoire sans suite, Léa disparait. Mais notre héros rencontre Chloé. Ils tombent amoureux. Elle chante au bar, il l'attend. Ils s'aiment. Sauf que l'ombre de Léa plane à proximité. Tout se complique sans cesse avec ce roman adolescent centré uniquement sur les problèmes de cœur et d'alcool du narrateur.
Un roman qui croit changer des clichés de l'histoire d'amour. Mais qui tombe en plein dedans et n'arrive pas à l'exploiter de manière agréable ou stylée. Oui, je suis critique, mais parfois, on se demande comment certains romans ont pu être publiés...

lundi 21 décembre 2009

Le spleen d'Apollon


Le rédacteur en chef de la tribune de l'art, journal très intéressant sur l'actualité des expositions, des musées et plus largement de la culture et du patrimoine, nous délivre ici un petit essai. Essai ou pamphlet ?
Didier Rykner pose des questions d'actualité. Les filiales des musées et la guggenheimisation par exemple. Il s'intéresse également aux expositions clefs en main... Bref, comment les musées s'insèrent dans la vie économique et perdent leurs repères culturels. Critique de la mondialisation des musées, de la commercialisation de la culture et de l'omniprésence des énarques dans les structures patrimoniales, ce livre revient sur des débats récents du monde de la culture.
Quelles autres questions ? La déserrance du coté des petits musées et les blockbuster des plus grands, les oeuvres promenées à travers le monde, sans repos, et à leurs risques et périls, la politisation du musée lui même avec le Louvre comme exemple. Et la pauvreté scientifique de bien des expositions.
Si ce livre m'a semblé parfois excessif dans ses positions, il souligne des problèmes essentiels. La plume efficace de Rykner en fait une lecture très agréable dans sa forme même si dérangeante pour le système existant.

dimanche 20 décembre 2009

La Bohème

Voilà un autre opéra dont j'aurais dû vous parler depuis longtemps. Superbes décors à Bastille pour un opéra dont l'histoire n'est pas folle. Un peu à la manière de la Traviata finalement.
Rodolfo et Marcello vivent dans une mansarde parisienne avec des amis. Ils sont artistes, poète et peintre. Ils sont donc fauchés. Mais ils aiment. Rodolfo rencontre Mimi, sa voisine. Marcello retrouve Musette, son ancienne maitresse attirée par un riche et vieux protecteur. Les deux couples sont célébrés mais Musette et Marcello ne s'aiment que dans la dispute, Rodolfo et Mimi les imitent. Il faut dire que Mimi est malade et que Rodolfo la chasse pour qu'elle trouve un homme capable de a soigner. Le tout se termine tragiquement, bien entendu.


Outre les décors du Paris XIXe, cet opéra m'a plu par bien des aspects. Ses airs bien connus, les voix masculines (décidément, je suis fan), Nathalie Dessay... Une très bonne soirée !

samedi 19 décembre 2009

Les expos de la Cité de l'architecture



Il y a tout d'abord l'exposition Gillet dans la rotonde. C'est une petite expo qui présente les projets et réalisations d'un architecte durant les trente glorieuses. Attendez-vous à voir pas mal de béton.
Parmi les projets détaillés : le pavillon de la France à l'exposition universelle de Bruxelles en 1958, le projet d'hotel à Orsay et les projets urbains, les prisons, et les construction religieuses comme Royan. C'est une expo dossier, qui présente maquettes, dessins et photos. Elle n'intéressera peut être pas tout le monde car elle est assez austère, à l'image des réalisations de l'architecte.

Et il y avait le Grand Paris, qui est maintenant en balade je ne sais trop où. Les projets d'urbanisme pour la capitale étaient présentés dans des tipis. Chaque groupe expliquait son projet lors d'un petit film. A l'intérieur, maquettes, photos ou textes tentaient de redéfinir un image du nouveau Paris. Les points récurrents : l'optimisation des transports et du temps de déplacement, la nécessité d'ouverture vers les banlieues ou la création d'un Grand Paris morcelé en structures égales et indépendantes, l'intégration aux villes nord européennes, la place de l'espace vert et de la nature etc. Parmi les originalités : le port de Paris au Havre ou la condensation de la capitale en un bloc unique. Un débat actuel dont les éclairages et les réflexions diverses annoncent des changements et une modernisation indispensable.


vendredi 18 décembre 2009

L'hiver indien

Merci à chez les filles pour l'envoi de ce roman de Frédéric Roux. Et désolée pour le retard !
J'ai l'impression d'avoir lu des chroniques de ce roman un peu partout et elles étaient dans l'ensemble très positives. Pour ma part, je n'ai pas aimé. L'histoire m'a difficilement accrochée, les personnages, tous plus dégénérés les uns que les autres, m'ont semblé caricaturaux à l'excès, la narration se traine, les dialogues sont souvent desespérants et vulgaires. Bref, je ne suis pas du tout convaincue.

Quant à l'histoire, c'est celle d'une communauté d'indiens, tous plus bizarres et peu recommandables les uns que les autres (obsédés, violents, alcooliques, voleurs ou violeurs...). L'un d'eux, Stud, sort de prison et rassemble ses compagnons autour d'un projet un peu fou : chasser la baleine, comme le faisait leurs ancêtres. Bien entendu, l'idée révolte les copains des animaux. Et le petit bled de Neah Bay devient rapidement très actif. Journalistes et défenseurs de causes diverses débarquent. Faut-il privilégier les traditions du peuple colonisé ou les baleines ? Le roman se focalise souvent sur l'un des personnages, de façon épisodique, sans fouiller réellement son histoire ancienne ou lui donner une projection future. Tout reste au présent.
Pour conclure, le roman se termine en queue de poisson sans qu'on ait réellement approché un cétacé. Frustrant !

jeudi 17 décembre 2009

Tout est illuminé

J'avais adoré ma précédente rencontre avec Safran Foer. Ici je suis beaucoup plus déçue, je n'ai pas réussi à m'intéresser à ce livre. Je pense que le jeu entre les narrateurs et le style m'ont surtout rebutée. L'un des personnages, Alex, est en effet le traducteur du héros et parle assez mal, cette hésitation est bien rendue par un discours haché. Et ce genre de style fait que je n'ai absolument pas réussi à m'intéresser aux personnages. C'est très étrange d'avoir un coup de cœur pour un auteur et un ressenti si négatif sur un autre de ses livres.

Alors, de quoi ça parle ? L'histoire se déroule entre les 18e et 20e siècles en Ukraine et Amérique. C'est une histoire de famille avec un épisode important pendant la 2e guerre mondiale et la vie quotidienne du village au 18e. C'est pour revivre ces épisodes que le héros américain, qui porte le nom de l'auteur, se rend en Ukraine. Il veut retrouver une femme qui a sauvé sa famille. Il est accompagné de son interprète et du grand père de ce dernier... et du chien. En gros, il y a le récit de ce voyage, les lettres d'Alex, le récit par le héros de la vie du village aux deux époques...
L'histoire même ne m'a pas semblé d'un interet fou d'où peut être mon manque de motivation. Quant à la construction, l'auteur joue sur la mise en abyme et sur les différents temps de l'histoire.

mercredi 16 décembre 2009

Un oiseau blanc dans le blizzard

Kat est une adolescente de l'Ohio. Elle vit dans une banlieue à la Desperate Housewives avec sa mère et son père. Enfin avec son père car sa mère a disparu. Nous suivons Kat pendant trois ans, jusqu'à ce qu'elle retrouve sa mère. Que se passe-t-il pendant trois ans ? A vrai dire, pas grand chose car Kat est toujours tournée vers son passé. Elle revit son adolescence avec sa mère qui ne cessait de critiquer son poids. Elle regrette ce temps où Phil, son copain, l'embrassait et la touchait encore. Elle analyse la triste vie de sa mère, dans sa petite maison trop propre avec son époux grossier.

Mais ce qui compte ici n'est pas tant l'histoire insignifiante de cette adolescente aux cauchemars affreux que l'ambiance malsaine et mystérieuse qui monte en puissance. De petits détails interpellent.


Kat semble tout d'abord pareil à ces autres héroïnes de Laura Kasischke, sans sentiments, sans morale, froides. Mais ce n'est pas vraiment ça. Elle déteste sa mère et ses horribles piques, donc elle éprouve quelque chose. Elle s'interroge. Elle est sujette à une crise de larmes, à des cauchemars récurrents, à une certaine nostalgie.

Encore une fois, Kasischke nous entraine dans un univers lissé mais moisi de l'intérieur, où la mort, la décomposition et les détails malsains affleurent et perturbent l'équilibre général. On est ici proche d'A moi pour toujours... et j'aime bien ça !

mardi 15 décembre 2009

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates


Voici un livre que toute la blogo ou presque a chroniqué !
De janvier à septembre 1946, Juliet Ashton écrit beaucoup. Rien de plus normal, elle est écrivain. Pendant la guerre, elle publiait des chroniques regroupées en un livre. Mais avec la fin de la guerre, pas d'inspiration pour Juliet... Enfin, jusqu'à ce qu'elle reçoive une lettre de Dawsey, un habitant de Guernesey qui a trouvé un de ses livres. Sa lettre l'intrigue car elle émane d'un lecteur novice mais vite tombé amoureux des belles lettres et membre d'un curieux club littéraire (susnommé dans le titre). Il n'en faut pas moins pour que Juliet s'intéresse au groupe et à la petite ile.
Ce roman épistolaire de Mary Ann Schaffer et Annie Barrows plante un décor optimiste de l'après guerre et revient sur les horreurs de celle-ci. Il campe des personnages sympathiques quoiqu'assez caricaturaux. Pour tout dire, ce n'est pas un coup de cœur, c'est une lecture qui n'est pas désagréable mais qui ne change pas ma vie. Je n'ai pas eu particulièrement envie de lire les livres fétiches des membres du club pas plus que l'histoire de Juliet ne m'a spécialement emballée. Quant à la question de la crédibilité de l'ensemble, je comprends assez mal les histoires sentimentales du roman, mais ce n'est pas le plus important...
Sentiment mitigé et déçu, donc... Et style passable.

lundi 14 décembre 2009

Istanbul

J'ai eu la chance en septembre dernier d'assister à la conférence d'ouverture d'un cycle à Harvard. C'est Orhan Pamuk qui nous parlait du roman et de sa construction, du roman comme paysage. Un homme qui dit que son roman préféré est Anna Karénine ne pouvait que m'intriguer. Bref, après cette conférence, j'ai eu envie de découvrir ce nobel.

J'avais dans ma PAL ce titre. J'ai donc attaqué par cet axe. Il ne s'agit pas ici réellement d'un roman mais d'une autobiographie de l'auteur et de sa ville. En effet, ce livre ne s'interesse qu'aux années de formation de l'auteur, de sa petite enfance à sa vie d'étudiant. Le paysage d'Istanbul et du Bosphore est omniprésent. En outre, Pamuk revient sur les visions des écrivains de sa ville. Entre anecdotes vécues et visions oniriques d'Istanbul, Pamuk disparait derrière l'image d'une cité qu'il parcourt. D'origine bourgeoise aisée, il vit avec sa mère et son père qui cohabitent mais dont les différences s'exacérbent. Peu d'exotisme dans cette histoire, cette famille est très occidentalisée. On croise Pamuk à l'école, puis étudiant en architecture, dessinateur et peintre amateur. C'est un livre riche et poétique, sur lequel plane l'ombre de la mélancolie et le gout de la littérature : les visions d'Istanbul sont aussi nombreuses que les auteurs qui l'ont traversée.
A découvrir ! Quant à moi, je lirai des romans de cet auteur car je pressens là un prochain coup de coeur.

samedi 12 décembre 2009

La ville morte


J'ai vu cet opéra de Korngold depuis un bout de temps ! Mais je n'avais pas eu le temps d'en parler. Alors, la petite histoire : Paul pleure sa femme depuis des années. La chère disparue hante son quotidien. Il ne sort plus et caresse la chevelure de son aimée, Marie, à longueur de temps. Ses amis s'en inquiètent. Un jour, il tente une sortie dans Bruges. Il y rencontre une femme, qu'il confond avec Marie. Est-elle revenue ? Paul l'invite chez lui. Elle se montre jalouse de la morte. Paul brule de désir pour cette danseuse, Marietta. S'ensuit un étrange mélange entre opéra et opérette : une histoire psychédélique entre cette femme et le héros. Jalousie, fantôme de l'aimée, crise de conscience du héros... La mise en scène proche du cirque complète cette impression d'étrangeté. C'est vraiment très spécial. Mais l'opéra lui même donne une impression malsaine. Mais c'est un très bon moment musical et vocal !

vendredi 11 décembre 2009

Stardust

Tristran Thorn est un jeune homme tout ce qu'il y a de plus normal. Il vit dans le village de Wall et est amoureux de Victoria, comme tous les garçons du coin. Un soir, il lui promet d'aller chercher une étoile filante. La belle accepte. Tristan va donc être obligé de rejoindre le pays des fées qui est séparé de son monde par un mur. Ce mur ne peut être franchi que par des êtres magiques mais la naissance de Tristan est liée à la rencontre de son père et d'une créature de l'autre pays. Donc Tristan passe.
Et là commencent les aventures ! Heureusement pour lui, Tristan a deux atouts : il sait se retrouver partout où il va (et il sait où est tombée l'étoile) et il rencontre des personnages toujours prêts à l'aider ou à lui rendre service. Il faut dire que Tristan a le dévouement pour religion, c'est un brave garçon.
Hélas, il n'est pas le seul à poursuivre l'étoile. Une puissante sorcière et une famille de princes vont lui mettre quelques bâtons dans les roues.
Un beau roman de Gaiman, que je continue à découvrir avec joie ! Un seul reproche, je l'ai trouvé moins drôle que d'autres et moins surprenant, mais peut être suis-je en train de m'habituer à ses histoires ?

jeudi 10 décembre 2009

Festin de miettes

Merci au Livre de poche pour ce livre de Marine Bramly.

Sophie, la narratrice de ce livre, quitte sa petite vie pépère du jour au lendemain quand Deya, son amie d'enfance, lui fait signe. Oscillant entre souvenirs et récit du présent, l'histoire de Sophie et Deya n'est pas très claire. Les deux fillettes étaient inséparables, Sophie, petite bourgeoise négligée par ses parents, vivant chez Deya. La famille Rausboerling est une riche famille parisienne aux membres fantasques. Deya vit chez sa grand mère tandis que sa mère cherche un amant... et le trouve en la personne d'un beau sénégalais qu'elle suit en Afrique.
Deya et Sophie grandissent donc ensemble jusqu'à une brutale rupture après le bac. Que s'est-il passé pour que tout change ainsi ? Et que cherche Sophie en revenant vers Deya, abandonnant tout derrière elle ? Le secret est gardé jusqu'à la fin, après un parcours entre Paris et l'Afrique.

Pour tout dire, j'ai trouvé cette histoire très brouillon. Pas crédible deux secondes. Et le coté malsain de cette amitié n'arrange rien, on tourne autour de problèmes psychologiques pas toujours très bien clairs... et d'une histoire de lesbiennes mal refoulées. Loin d'être une révélation, ce livre m'a franchement déçue.

mercredi 9 décembre 2009

Le Chant de Kali


Robert Luczak est un poète. Il vit une petite vie normale aux USA avec son épouse et sa fille. Il est mandaté par son éditeur pour aller chercher un manuscrit indien écrit par le poète Das. Celui ci avait disparu dans d'étranges circonstances et refuse désormais de voir qui que ce soit.
Sur ces présupposés un peu légers, une histoire vraiment prenante s'installe.
Robert arrive dans un pays sale, pauvre, superstitieux, violent... Calcutta apparait vite comme une ville très malsaine. Les contacts avec les indiens sont étranges, polis mais teintés de méfiance réciproque. Et puis il y a Krishna, cet étrange bonhomme crasseux qui est venu les chercher à l'aéroport, qui semble avoir une longueur d'avance sur tout le monde et qui donne à Robert la possibilité de rencontrer un étudiant que sa première rencontre avec Das a bouleversé. Jusqu'où faudra-t-il que Robert aille pour interviewer le poète ? Quel est ce manuscrit si précieux qui chante la déesse du carnage ? Que vient faire Kali dans toute cette histoire ?
C'est en ouvrant ce roman de Dan Simmons dont vous ne pourrez vous séparer avant la dernière page que vous découvrirez l'étendue de cette incursion dans une civilisation qui sous ses airs pacifiques oublie ce qu'est la violence tellement elle est quotidienne. Un véritable tourbillon, qu'on ne peut lâcher avant la fin !

mardi 8 décembre 2009

La tournée d'automne

C'est un livre de Poulin que j'ai terminé depuis quelques mois, peu après la lecture du blogoclub, donc vous aurez pour une fois les souvenirs de ce livre plus que son résumé et sa critique.

Un chauffeur de bibliobus parcourt le Canada avec ses livres. Il a des lecteurs habitués. Et il rencontre aussi de nombreux inconnus. Cette année sa tournée d'été est sous le signe d'un cheminement commun avec une troupe de comédiens et acrobates. Parmi eux, Marie. Une femme qui a su retenir son attention par sa douce discrétion et qu'il apprend à connaitre à mesure de son voyage. On rencontre également son meilleur ami, écrivain et sa femme qui tente de gérer ses angoisses. Le héros est un vieil homme simple, qui sait quel livre tendre, qui regarde le monde avec bonté, certainement un peu ours.
Le tout est conté sur un ton contemplatif et simple, à l'image de ce héros. Une lecture très agréable qui me laisse une impression un peu cotonneuse.

lundi 7 décembre 2009

Le libraire

J'ai pris ce livre dans les rayonnages de la bibliothèque en me disant : "Tiens, je n'en ai jamais entendu parlé". Et puis une fois fini, j'ai réalisé que j'avais lu un grand nombre de critiques sur ce livre auparavant. En voici une de plus !
Regis de Sa Moreira campe un libraire qu'on suivra une journée. Il vit dans sa librairie. Jamais il ne ferme. A chaque client, il boit une tisane. Il est caché derrière ses livres. Il donne des conseils ou tend des livres. Il arrache des pages qu'il envoie à ses frères et sœurs. Il fuit les couples. Il chasse les malotrus ou ceux qui ne l'inspirent pas. Il n'a pas tous les livres mais il a lu tous ceux qu'il vend.

Jamais on n'entre dans l'intimité, le passé de ce personnage. Des indices nous sont donnés, quelques phrases sont semées pour imaginer qui est ce libraire. Sa citation favorite est :"Il y a beaucoup de choses intéressantes à apprendre sur les icebergs".
Et l'introduction et l'épilogue (rêves du libraire ? lecture de ce dernier ? la question demeure) montrent trois femmes, comme les trois amours du libraire, avec des envies de liberté, sur un paquebot qui heurte un obstacle...
Un livre qui n'est pas déplaisant mais qui n'apporte pas grand chose.

dimanche 6 décembre 2009

La grande magie


Il y a plus d'un mois, je suis allée voir cette pièce avec ma maman. Nous avons testé le système des places de dernière minute à la Comédie française. Et ça marche bien puis que nous étions très bien placées pour une somme minime.
Alors, de quoi ça parlait ? Dans une station très chic, belles et beaux pavanent, papotent et se montrent. Parmi eux, Mr et Mme di Spelta. Lui est un orgueilleux qui feint l'indifférence, elle une belle femme qui rêve de liberté.
Un magicien vient se produire à l'hotel où réside le couple. Cet homme, Marvuglia, profite de son spectacle pour faire disparaitre la jeune femme. Il fait croire au jaloux que sa femme est désormais dans une boite. En réalité, elle a rejoint un amant. Mais di Spelta est entretenu dans cette illusion. Pour que sa femme lui apparaisse, il doit avoir confiance et croire vraiment en elle. Bien entendu, méfiant comme il est, il a du mal à se résoudre à ouvrir la fameuse boite. Commence alors un véritable jeu entre monde imaginaire et réalité.
Un très belle soirée, d'excellents acteurs dont Podalydès que je n'avais jamais eu l'occasion de voir et qui incarne un mari jaloux très crédible !

samedi 5 décembre 2009

Expos du grand nord

Parce que faire une expo, c'est réviser, j'ai vu pas mal de choses ces derniers temps, ça me faisait des pauses.
Alors, au nord de Paris, j'ai vu trois expos dont deux viennent de se terminer.
Jeanne de Flandres, comtesse de Constantinople et de Hainaut était présentée à l'hospice Comtesse, un petit musée de Lille, ancien couvent. Il était assez légitime de consacrer un moment à cette dame puisqu'elle est à l'origine de ce lieu. Que trouvait-on dans cet espace humide et glacial ? Des chronologies/généalogies incompréhensibles, quelques objets de la vie quotidienne mais surtout des livres, des objets rituels et des statues de saints. L'idée était plus d'évoquer une époque qu'un personnage précis car il ne reste visiblement rien (ou presque) de Jeanne. Guère convaincant et un peu l'arnaque, on s'attend à voir Jeannette quelque part et pas simplement des traces du Moyen Age dans les collections de la région ! A noter, quelques belles photos d'adolescentes qui évoquent la jeunesse de la comtesse. Toujours vouloir intégrer du contemporain me parait idiot mais ici ce n'était pas laid même si ça ne servait pas le propos.
A Bavay, au musée archéologique, se tenait une exposition sur le forum romain qui étudiait ce qu'était un forum et tissait des liens avec d'autres fora de Gaule. Autant vous dire que j'étais assez révoltée par cette exposition. Elle n'apprenait absolument rien ! Je sais que je suis spécialisée en art gréco-romain, mais je trouve toujours des infos dans ce genre d'endroit. Là c'était vraiment mettre trois objets bout à bout, taper quelques textes sur les rôles du forum et basta.
En coup de vent à Roubaix, j'ai pu visiter la Piscine, musée d'art et d'industrie. Une expo sur le groupe de Bloomsbury s'y tient. Dans une scénographie qui reprend la forme de la maison où les amis se retrouvaient, sont présentés objets et tableaux du debut du 20e siècle. Et ce groupe ? Composé de Virginia Woolf, Forster, Keynes, Duncan Grant et Roger Fry (entre autres), qui sont tous liés par des liens de famille ou d'amitié, il se construit en Angleterre au début du siècle. Ces membres de la haute bourgeoisie choquent par leurs idées et par leurs moeurs mais participent à l'impulsion artistique de la belle époque et des années folles. A noter, une boutique de l'expo qui présente tout plein de livres très tentants. Heureusement, j'étais trop pressée pour avoir le temps de m'y arrêter.
Et si vous vous baladez dans le coin, n'hésitez pas à aller voir la Cité de la dentelle à Calais, superbe musée de tissus, de mode, de techniques dentellières, bref, un régal !!

vendredi 4 décembre 2009

The Amulet of Samarkand

Je cherchais une bonne série jeunesse qui m'emballe autant qu'Harry Potter et Percy Jackson. Je suis tombée sur une histoire de magiciens, de génies, dans un Londres brumeux : La trilogie de Bartimaeus de Stroud.

Nathaniel est un jeune garçon, pensionnaire chez Underwood, un magicien fonctionnaire du ministère de la magie. Il est orphelin et doit apprendre son "métier" après avoir été sélectionné par des tests préliminaires. En parallèle, Bartimaeus, que l'on identifie très vite comme un être magique (mais à vous de rencontrer ce personnage étonnant), nous raconte ses aventures. En réalité, il est soumis à celui qui l'a invoqué, ici Nathaniel. Il agit contre un autre magicien, Lovelace. Les raisons de cette rivalité entre magiciens vous sont expliquées par Nathaniel lui même mais je ne veux pas déflorer cette partie de l'histoire. Sachez que tout ne s'éclaircit que tardivement et que les tenants et aboutissants de l'aventure ne s'installent que progressivement. Qu'il est question de magie, d'amulettes et de complots politiques... Le ton est léger et Bartimeus est un personnage millénaire qui ne cesse de s'auto commenter, non sans humour. 
Un livre dense mais pas si épatant que Percy ! Pour les allérgiques à l'anglais ou les paresseux, ce livre a été traduit. Il comporte trois tomes. Pas sûre que je poursuivrai avec la suite. 
Et sinon, je suis plus ou moins de retour, j'ai des milliers de billets à lire, des tas d'expos à commenter, des critiques à rédiger, des tags à réaliser...
Et mon blog a eu trois ans ! Happy birthday !


mercredi 28 octobre 2009

Dans la luge d'Arthur Schopenhauer



Tardivement reçu (trois semaines après Arsène, c'est fou, non ?) mais vite lu (gros caractères, larges interlignes et nombre de pages inférieur à 100) sans plaisir, ni déplaisir. Un livre de Reza qui me laisse indifférente.
Chaque chapitre est le message d'un protagoniste à un autre. Mais jamais les personnages ne semblent réellement communiquer ou se comprendre.
Nadine Chipman s'occupe de son mari, Ariel, anciennement philosophe, désormais assis sur son fauteuil, la main pendante. Il est ainsi depuis que son maître a assassiné sa femme. Serge Othon Weil est leur ami, il parle avec l'un comme l'autre, il est chiant. Et au milieu, il a un psy, qui n'a pas l'air mieux que les trois autres.
Dialogues de sourds, ce livre ne m'a pas passionnée. C'est l'histoire de tous ces gens qui se passent à coté. Topique de notre temps.
Merci au Livre de poche pour cet envoi.

samedi 17 octobre 2009

Chefs-d'oeuvre de la collection Khalili

A l'institut du monde arabe se tient depuis quelques jours une très riche exposition de la collection d'art islamique de la collection Khalili.

A l'entrée, la Mecque est au centre du discours ainsi que les arts "religieux". Entendez décors de mosquées, représentations des lieux de pèlerinage et superbes corans. On remarque immédiatement le rôle décoratif des écritures dans une religion qui ne représente pas l'humain dans ses lieux de culte.
A l'étage, encore des objets de mosquées, mêlées aux objets royaux : manuscrits particulièrement remarquables notamment les shah nameh (livres des rois). On poursuit avec quelques armes et bijoux. Puis des outils de la vie courante mais toujours richement décorés.
De très beaux objets mais un discours scientifique assez léger. On ne comprend pas les raisons de cette présentation thématique (les objets ne sont pas présentés de façon chronologique) si ce n'est la nécessité de créer des catégories. Mais elles ne s'imposent pas. Bref, c'est joli...

vendredi 16 octobre 2009

Histoire du vandalisme


Louis Réault a écrit un best seller des monuments historiques, l'histoire de leur destruction des origines à nos jours. Ce livre édité par Bouquins a été complété et mis à jour à propos des dernières années.
De quoi ça parle ? De toutes les destructions de monuments mais aussi d'œuvres d'art de l'antiquité à nos jours. On pense bien sûr à la période révolutionnaire, qui fait le gros de ce recueil. Mais les autres époques ne sont pas négligées. On redécouvre les destruction médiévales ou les modifications  des desseins antiques (premiers travaux des monuments historiques ?). Et cette Renaissance qui ne s'est pas installée sans dégâts. Et l'époque classique qui honnit les jubés. En gros, modes et nouveautés changent gouts et architectures.
Réault accorde aussi un peu de place aux autres destructions d'œuvres d'art. Ex : la fonte de l'argenterie royale.
La partie la plus passionnante est certainement celle des XIXe et XXe lorsque des restaurations sont parfois plus destructrices qu'autre chose. L'ensemble est un bel essai d'histoire et d'histoire de l'architecture ! Il nous invite à être attentif à notre patrimoine et à le protéger. Je ne suis pas certaine qu'il faille pour autant choisir un immobilisme forcené. Les architectures contemporaines sont parfois étonnamment réussies et ne déparent pas forcément les monuments. Ce n'est pas vraiment un avis que Réault semble partager.

jeudi 15 octobre 2009

Le palais des mirages


Clara est une jeune fille en 1900. Nous la découvrons dans l'exposition universelle. Son papa est un inventeur, roi de l'électricité. Elle joue le rôle de la fée dans le pavillon dans l'électricité. Un accident la fait chuter droit dans les bras de Lucas, un suédois.
Le comportement étrange du garçon et les accidents nombreux de l'exposition suscitent l'attention de la Police et de Clara. Ne vous attendez pas à un polar, il s'agit ici plutôt de fantastique ici.
Jubert mêle exposition universelle et mythologie nordique ! Mélange étonnant au premier abord mais réussi. On est emporté dans cette aventure qui rend bien les pavillons de l'exposition parisienne ; les inventions qu'il renferme et les personnages qu'il dessine sont tout à fait convaincants. Clara est une peste au grand cœur troublée par les malheurs de sa famille. Son petit frère est un gamin dynamique et fan de cyclisme. Quand à l'histoire, elle vous éclairera sur la boucherie que sont les guerres du 20e siècle !
Bref, un roman sur fond historique, dans les merveilleux décors de carton-plâtre de l'exposition universelle. De quoi emballer les nostalgiques de la Belle époque (dont je suis, naturellement ;) ).

mercredi 14 octobre 2009

La couronne verte

J'ai cédé à la tentation Kasischke à la bibliothèque.

Comme dans Rêves de garçons, l'histoire est centrée sur trois filles. Ces adolescentes partent en vacances avant de rentrer à la fac. Elles quittent le printemps pluvieux de l'Illinois pour les plages mexicaines.

Terri se fond tout de suite dans le moule. Elle flirte, boit, bronze et profite des plaisirs de l'hôtel club. Anne et Michelle se sentent moins à l'aise qu'elle dans cet univers. Elles rencontrent un homme qui a l'age de leurs parents et propose de les accompagner et de les guider dans les ruines de Chichen Itza. Si Michelle est sous le charme de leur guide et suit parfaitement la visite, Anne est plus méfiante et se rappelle, un peu tard, toutes les recommandations familiales.

Encore une fois, un livre entrainant ! Et un jeu sur l'ambiguïté, la surprise, le retournement de situation avec une montée progressive de l'angoisse et de l'inévitable. Un roman à deux voix qui m'a semblé un peu moins abouti que les autres mais qui restitue bien l'ambiance malsaine et inquiétante de l'auteur.

mardi 13 octobre 2009

Eon et le douzième dragon

Chine impériale, de jeunes garçons s'entrainent pour devenir apprentis des Yeux de dragon. Position prestigieuse au sein du palais mais dangereuse, entre secrets d'état, mégalomanie et complots... et surtout communication avec l'un des dragons, qui permet d'agir directement sur le monde et de protéger l'empire.
Eon, notre héros superbement campé par Goodman, a une sensibilité très forte aux dragons et peut les voir. Son maître le prépare donc à la cérémonie du choix de l'apprenti de l'œil de dragon, en cette année du dragon rat. Mais Eon cache un secret derrière son infirmité. C'est une fille. Elle pourrait être tuée si son identité était découverte car cette initiation est réservée aux hommes. C'est pour cela qu'elle écarte autant que possible sa féminité et réussit à donner le change.
Entrainée dans une aventure bien plus complexe qu'un simple apprentissage, Eona est une héroïne forte et attachante malgré ses erreurs (et son mauvais caractère). Avec la conscience de sa féminité, ce personnage change d'ailleurs énormément mais ça, je vous laisse le découvrir. A noter, une foule de personnages étonnants comme dame Dela, des nuances et des ambiguïtés en permanence. Bref, Eona n'est pas la seule à jouer double jeu.
Pour conclure, une fresque épique au cœur du pouvoir impérial qui donne envie de lire la suite ! Et pas du tout cette sensation de longueur(s) dénoncée dans certains billets (mais qui ? je ne sais plus du tout). Merci à la Table ronde et à Bob pour l'envoi !

lundi 12 octobre 2009

Tag en retard...

Cynthia m'a taguée il y a moult temps. Voici enfin mes réponses ! Et j'en profite pour relayer Lael et Hydromielle.

1) A quel livre dois-tu ton premier souvenir de lecture ?
Je crois que ce sont les livres que lisaient mon papa. Particulièrement Le petit prince. Il y avait aussi une encyclopédie de la science. Mes premières lectures 'comme une grande', il devait y avoir des Martine, Emilie et Caroline. Les "Ecole des loisirs". Puis les petites collections bleue et rose.

2) Quel est le chef-d'œuvre "officiel" qui te gonfle ?
Ulysse de Joyce, que je n'ai pas encore abandonné mais commencé depuis 1 an et demi.

3) Quel classique absolu n'as-tu jamais lu ?
Tout plein ! Il me reste un bon bout de la Comédie humaine, Dickens, Gogol, Cervantés...

4) Quel est le livre, unanimement jugé mauvais, que tu as "honte" d'aimer ?
J'ai rarement honte de mes lectures. J'ai lu Levy, Werber et Coehlo... et je ne m'en cache pas.

5) Quel est le livre que tu as le sentiment d'être seule à aimer ?
Peut être Belle du Seigneur, qui n'a pas un franc succès dans la blogo. Mais ce livre a d'ardents défenseurs. Peut être Un pèlerinage intérieur qui n'a pas suscité de commentaires et qui fut pourtant un de mes plus grands plaisirs de lecture de cette année !

6) Quel livre ferais-tu lire à ton pire ennemi pour le torturer ?
Je n'ai pas d'ennemis. Et si j'en ai, je crois que leur faire lire un livre pourrait être, en soi, une torture. Mais s'il faut leur infliger une longue torture, je dis tout Angot.

7) Quel livre aimerais-tu faire découvrir au monde entier ?
Beaucoup ! Les classiques qui ont bercé mon adolescence et qui sont des vrais chef-d'œuvres, des inconnus comme le pèlerinage... sus-cité. Ou Romain Gary. 

8) Quel livre pourrais-tu lire et relire ?
Je relis peu. Ce serait un classique genre Jane Eyre, Notre Dame de Paris, Les liaisons dangereuses ou mon cher Zola... Et bien sûr, Belle du Seigneur.

9) Quel livre faut-il lire pour y découvrir un aspect de ta personnalité ?
Clairement, Belle du Seigneur. Au désespoir de mon chéri !

10) Quel livre t'a fait verser tes plus grosses larmes ?
Aucune idée. Récemment, c'est la voleuse de livres. Mais j'ai la larme plus ou moins facile selon les moments où je lis.

11) Quel livre t'a procuré ta plus forte émotion érotique ?
Hum, Anne Rice à l'adolescence avec ses sorcières de Mayfair.

12) Quel livre emporterais-tu sur une île déserte ?
Eco disait, un annuaire, pour imaginer des vies et des romans. Moi je dirais un truc long, comme La comédie humaine. On ne sait pas, ça peut durer longtemps l'île ? Parce qu'après trois Balzac de suite, je sature. On peut donc ajouter des livres à ouvrir entre chaque Balzac, voilà, c'est plus humain.


13) De quel livre attends-tu la parution avec la plus grande impatience ?
Le dernier Paul Auster. Plus qu'une dizaine de jours ! Et avant, c'était Harry Potter of course.

14) Quel est selon toi le film adapté d'un livre le plus réussi ?
J'aime rarement les adaptations. Donc je ne sais pas du tout. Peut être Le seigneur des anneaux, dont l'ambiance est bien rendue.

samedi 10 octobre 2009

Catch 22

Voilà un roman qui est une référence constante aux USA mais que les français connaissent peu (enfin, c'est mon impression, vous avez le droit de nier). Je l'ai vu récemment chroniqué par Bouh. Et mon ami Romain vient de le commencer pour compléter son éducation américaine. Croisé en bibli, j'ai aussi sauté le pas.
Joseph Heller campe une escadrille américaine à Pianosa, une petite île près de l'Italie, pendant la seconde guerre mondiale. Le héros de ce roman, Yossarian, et ses compagnons doivent sans cesse exécuter plus de missions. Au bout de cinquante missions, les hommes ont normalement le droit de rentrer chez eux. Sauf ici. Le nombre de vols à réaliser ne cesse d'augmenter à mesure que Yossarian approche le nombre salutaire. Il tente donc de se faire réformer, de passer plus de temps à l'hopital, de faire entendre raison à ses supérieurs... En vain.
Mais là n'est pas l'essentiel. Dans chaque situation, l'absurde pointe son nez. Il y a le Major Major Major qui n'accepte les visites qu'en son absence et ne reçoit personne quand il y est. Il y a l'aumonier à qui le colonel a donné une tomate qui est accusé de vol. Milo qui monte sa petite entreprise de livraison de nourriture à travers la Méditerranée et qui bombarde sa propre équipe. Les prostituées toquées. Les hommes du CID (criminal investigation department) qui se soupçonnent. Et l'article 22. Article qui, quelle que soit votre situation, vous sera néfaste. Ainsi, celui qui ne veut pas se battre n'est pas réellement fou. Et le fou ne se rend pas compte du danger donc il ne demande pas à être rapatrié.  Donc tout le monde est condamné à se battre. L'article 22 est mis à toutes les sauces, "-Ils n'ont pas à nous montrer l'article 22, dit la vieille. La loi dit qu'ils n'y sont pas obligés. -Quelle loi dit ça ? -L'article 22".
Bref, c'est loufoque, ça part parfois dans tous les sens mais c'est fondamentalement drôle... et critique ! Un classique des années 50 qui est encore d'actualité avec cette victoire de la loi, même quand elle est idiote, des lâches, des profiteurs, des hommes sensés qui deviennent fou... Bref la guerre dans toute son absurdité.

vendredi 9 octobre 2009

Thomas Drimm : La fin du monde tombe un jeudi


Merci aux éditions Albin Michel pour l'envoi de ce titre. Je n'avais pas lu Didier Van Cauwelaert depuis L'apparition. Je crois même que c'est le seul que j'aie lu.

Imaginez un monde, un peu comme le notre, mais en pire (ou mieux, à vous de juger), à la 1984, vous voyez. Un monde sous bulle, où les hommes ont des puces dans le cerveau, lesquelles enregistrent leurs gains et leurs pertes au grand royaume du jeu. Un monde où il faut être mince et souriant sous peine d'être suspect...

Thomas, bientôt 13 ans (âge de l'empuçage) et mal dans sa peau, joue au cerf-volant, XR9, sur une plage de marée noire. XR9 est son meilleur ami. Sauf qu'un jour, il lui échappe pour aller s'écraser sur la tête d'un vieillard. Lequel se "réincarne" et lui parle par la bouche de son ours en peluche ! Sauf que le vieillard n'est pas n'importe qui et qu'il confie une mission à Thomas.
Et ce dernier est tout sauf un héros : petit gros, père alcoolo, cultivé plutôt qu'ignorant, il ne correspond pas à l'idéal du temps qui doit être mince, riche et pas trop brillant.

A mesure du livre, le garçon devient plus attachant que pénible (c'est un ado, n'oubliez pas) et mûrit vite.

J'ai particulièrement aimé les personnages secondaires et les 'méchants dont on ne sait pas bien ce qu'ils veulent'. Miss Noctis et ses vêtements incroyables par exemple. Et c'est un roman d'aventure prenant, qui devrait plaire aux ado. Moi, j'attends de lire la suite !

jeudi 8 octobre 2009

Le cavalier suédois


Dois-je remercier Caroline, Fashion ou Lucile pour les éloges qu'elles ont fait de ce roman de Perutz ? Sans elles, je n'aurais peut être jamais ouvert ce merveilleux roman d'aventures. Merci les filles !
Au XVIIIe siècle, dans le froid, deux malheureux se soutiennent et fuient les dragons de Pologne. L'un est un voleur, l'autre est un déserteur. Le premier n'a pas vraiment de nom ou trop pour les citer. Le second est Christian von Tornefeld. Les deux hommes font un marché : ils doivent s'aider mutuellement. Mais le voleur tombe amoureux de la promise de Christian. Commence alors une histoire d'identité volée, d'aventures, de larcins... La vie de notre voleur, sans nom et souvent sans visage, se déroule non pas comme un roman initiatique mais comme une suite d'aventures.
Ce roman est porté par un style très plaisant, très XIXe. Une très belle rencontre.

mercredi 7 octobre 2009

Le conte de l'île inconnue


C'est Lucile qui m'a donné envie de lire Saramago suite à sa lecture de l'aveuglement. Elle avait signalé le style sans ponctuation de cet auteur qui m'intriguait et me rebutait.

Quand j'ai croisé ce court opus en bibliothèque, je me suis dit qu'il constituerait une bonne introduction à cette écriture. En effet, ce roman est très court, illustré et écrit gros. Je ne prenais pas beaucoup de risques.

Ce conte se déroule dans un pays inconnu, certainement le nôtre ou celui d'un voisin. Le roi traite les demandes de ses citoyens par un appareil administratif complexe qui délègue chaque tache. Alors quand un homme décide de monter la garde jusqu'à ce que le roi traite sa demande en personne, ça trouble l'ordre général ! Que veut cet homme de si exceptionnel ?

Un bateau. Pour trouver une île inconnue. Bien entendu, il subit bien des rebuffades et des moqueries car tout le monde sait que toutes les îles sont connues. Enfin, jusqu'à ce qu'on découvre une île inconnue ! Notre importun obtient ce qu'il souhaite. La servante du château décide de le suivre... Et la suite de cette poétique aventure ne sera pas révélée ici.

Sachez simplement que le style est un peu étrange, sans virgules, mais qu'il donne un nouveau rythme au texte. Que ce petit livre est un bel objet et un beau texte. Et que je vous invite à le découvrir par vous mêmes !

mardi 6 octobre 2009

L'ami retrouvé


Voilà un grand classique de la littérature sur les rapports juifs/allemands durant la Seconde Guerre mondiale. J'imaginais qu'il parlait de la guerre mais c'est une période qui n’apparaît pas dans la narration.

Avant la guerre, une classe voit débarquer Graf von Hohenfels, fils d'une famille aristocratique importante. Chacun tente de s'en faire un ami. Mais c'est finalement Hans, petit juif solitaire, qui retient l'attention du nouveau venu. Après des débuts méfiants, ils deviennent inséparables. C'est une amitié à la Montaigne/La Boétie avec nombreux échanges, discussions et jeux. Hans invite son nouvel ami chez lui mais Graf ne lui rend que rarement la pareille. Hans s'interroge sur le sens de leur amitié. Lorsque Graf l'ignore superbement à l'opéra, il se doute bien que leur amitié vient d'être entachée. Antisémitisme croissant ne facilite pas les relations des deux amis et Hans finit par fuir aux Etats Unis.

Court roman ou nouvelle, ce texte d'Uhlman est une belle ode à l'amitié dans un contexte extrêmement difficile. Il parle aussi d'honneur et de fidélité.

lundi 5 octobre 2009

Merlin l'ange chanteur


Tome 3 de la série Quand les dieux buvaient de Catherine Dufour, j'ai eu envie de le lire malgré ma déception précédente. Les nouveaux personnages sont peu sympathiques. Il y a l'archange qui a échappé au suicide collectif de la fin du monde et qui se nourrit de foi et de souffrance. Et l'angelot qui aimait bercer les bébés dans les limbes et leur chanter des psaumes. Il se retrouve à herboriser et à gouter le sang des hommes.
Relecture de l'histoire de l'Europe, ce roman montre deux personnages qui manipulent les humains pour survivre et déclenchent des catastrophes : inquisition, guerres de religions etc avant de se transformer en êtres hors du commun, les vampires.
Bien entendu, le ton est toujours humoristique, les références foisonnent et le début est particulièrement sympathique (relecture de l'histoire d'Arthur et des dames du lac). Mais la reprise des mêmes ressorts lasse un peu et perd de son intérêt. L'histoire se répète, la relation des deux anges évolue mais le lecteur a du mal à éprouver une réelle curiosité.
A noter, une fin complétement abracadabrante, comme de coutume !

samedi 3 octobre 2009

Ne t'inquiète pas pour moi

J'ai craqué sur ce livre d'Alice Kuipers pour sa jolie couverture. Le contenu me laisse bien plus sceptique.
Mère et fille ne voient guère, elles se croisent. Maman est médecin. Claire est une lycéenne. Elles communiquent par post it sur le frigo. Leurs messages vont de la liste des courses à la déclaration d'amour. Notre échange s'étale sur neuf mois pendant lesquels les rapports mère/fille vont passer par l'exaspération, les pleurs et les retrouvailles. Et ce qui fait "tenir" le roman c'est une histoire très simple : maman a un cancer. Mais la vie quotidienne se poursuit malgré cela et la maladie n'envahit pas les petits mots.

Une narration originale mais qui ne m'a absolument pas séduite.

vendredi 2 octobre 2009

Lectures-miroirs


Levraoueg m'a taguée... Et moi qui pensais avoir échappé à celui-là ;)
Alors le but est de faire son portrait en utilisant des titres de livres lus cette année. Comme beaucoup de tricheuses, je vais le faire depuis l'ouverture du blog. Na ! Et puis je vais en mettre plusieurs parce que parfois j'ai envie d'être hors la loi !

Décris toi : Les jours de déprime, La grosse. Oui, je sais c'est pas beau les complexes. Sinon, La demoiselle aux yeux verts. Mais je ne suis pas La femme qui lisait trop car je n'ai l'impression de ne lire que pour le boulot (même si ce n'est pas le cas).

Comment te sens-tu ? Au secours il veut m'épouser. Sans commentaire et de circonstance. Argh !

Décris l'endroit où tu vis actuellement : Dans les coulisses du musée ou Dans le scriptorium, ça dépend des jours.

Si tu pouvais aller n’importe où, où irais-tu ? Dans le New York de Paul Auster, pas trop loin de Boston :) Et à plus long terme, Route des Indes, parce que ce pays me fascine !

Ton moyen de transport préféré : Une page d'histoire pour les voyages dans le temps, mais pendant l'été ce sont généralement Les déferlantes quand elles font dériver mon bateau préféré.

Ton/ta meilleur amie est : Un remède à la mélancolie. Entre nous, ce sont Les affinités électives.

Toi et tes amis vous êtes : Si loin de vous pour certains très bons amis (Boston, Niger, Egypte...) mais il n'y a aucune raison pour qu'on ne reste pas Extrêmement fort et incroyablement près.

Comment est le temps ? Ici, à Paris, c'est un été prodigue malgré la date... C'est pas la fin du monde. Contrairement à Boston où il fait 6°C...

Ton moment préféré de la journée : De minuit à minuit, c'est à dire le soir avant tout mais aussi d'autres moments, tout dépend de la journée en question.

Qu’est la vie pour toi ? Un pèlerinage intérieur. Oui madame ! Mais c'est mieux quand elle a Le goût du chocolat !

Ta peur : C'est une peur qui rode, propre à chacun et éternelle... La peur qu'il n'y ait Point de lendemain.

Quel est le meilleur conseil que tu as à donner ? Si vous êtes perdus, ayez à proximité Le guide du voyageur galactique.

Pensée du jour : Pourquoi pas le silence ? Trop de circulation aujourd'hui. Ma seule joie des zoreilles ? Une dame qui écoutait de l'opéra à fond, la fenêtre ouverte sur le Pont Neuf ! Tellement mieux que les klaxons.

Comment aimerais-tu mourir ? D'un amour fou !

La condition actuelle de mon âme : Eloge du mariage, de l'engagement et autres folies... Facile à dire ! Beaucoup plus embrouillé mais j'essaye de me raisonner.

Je passe le relais à ma chère Arsène, je ne sais pas si Ikastor se donnera la peine d'y répondre par contre. Mais Boubou, La liseuse, Cathy et Ori peuvent répondre aussi !

jeudi 1 octobre 2009

L'art de bâtir les villes

Camillo Sitte a écrit un livre un peu oublié aujourd'hui qui traite d'urbanisme et d'esthétique.

Quand au XIXe siècle, l'Europe se construit et s'urbanise à toute vitesse, l'auteur reproche à ses pairs de bâtir sans beauté. Il replonge dans des modèles passés : forum, agora, places médiévales ou baroques pour montrer la force d'exemples historiques réussis. Il critique ces grandes places vides où cathédrales et monuments se perdent sans s'intégrer dans la ville. Il ajoute à ces considérations les problèmes de circulation, d'ornement des bâtiments et de leur communication entre eux. La place de la nature est aussi étudiée et les blocs américains durement condamnés.
Un bel essai qui séduira tous les nostalgiques des capitales ante Haussmann.

mercredi 30 septembre 2009

L'ivresse des providers


Tome 2 de la série Quand les dieux buvaient de Catherine Dufour, ce livre m'a moins plu que le précédent.
Après la fin du monde (voir volume précédent), les êtres magiques ont disparu. Sauf quelques fées par ci, par là (bois de Boulogne entre autres). Et Bille Guette, que l'on croyait anéanti, revient dans un nouvel univers, qui lui correspond cette fois tout à fait, internet. Il a pris possession de Will Door (Windows). Pour comprendre le passage du rien à internet, l'histoire est assez longue. Disons qu'avec le développement de l'électricité et du télégraphe, les spectres ont trouvé refuge dans ce moyen de communication plutôt que d'errer sur terre. Mais qu'ils ne se gênent pas pour revenir faire un petit coucou et manipuler les vivants quand ils en ont besoin. On apprend également dans ce roman que la mort est bretonne (la mienne est italienne) et fille du père Noël, lequel s'appelle Prosper.
L'auteur joue ici sur les noms et sur les langages. On croise pas mal de langage informatique (tout à fait obscur pour moi) dont je ne suis pas toujours certaine de comprendre le rôle et l'humour.
Les personnages principaux sont des spectres numérisés, des fées court vêtues, une humaine qui se noie dans les jeux de rôle... et quelques grand méchants. Franchement too much pour être sympa.

La suite est là

mardi 29 septembre 2009

De viris illustribus


Le brave abbé Lhomont a voulu résumer l'histoire romaine pour ses sixièmes. Là on peut faire une parenthèse sur la baisse du niveau de latin en France. Oui, j'ai découvert ce livre pour mon petit latin en hypokhagne. Depuis, je ne joue plus à traduire ou alors seulement par ennui.
Et je me suis aperçue que jamais je ne l'avais lu in extenso. Du coup, pour réviser mon histoire romaine en m'amusant (et parce que je n'ai pas la série Rome à ma disposition) j'ai relu cette compilation du brave abbé.
Il commence son récit à la fondation de Rome par les jumeaux (la louve, Rhéa Silvia etc) et poursuit son résumé jusqu'à l'empire. Il nous abandonne après Actium comme si la suite n'était que décadence. Ce qui est sympathique, c'est la vivacité des portraits d'hommes illustres (c'est la traduction du titre pour les non latinistes), la capacité à résumer en quelques événements importants les étapes de l'histoire. Bien sûr, les anecdotes et les exemples de courage sont mis en avant. Et l'ensemble n'est pas aride. L'abbé ne fait pas rire mais il est pédagogue. Il note les faits marquants, insiste sur les grandes batailles, les héros dévoués et les morts improbables. Le tout sans trop de fautes ou d'approximation, compilant Tite Live, Cicéron, Polybe etc.
Une bonne introduction à l'histoire romaine. Et une manière amusante de se remettre au latin.

lundi 28 septembre 2009

Neverwhere


Voilà qui ne risque pas d'étonner grand monde : J'ai adoré et dévoré ce roman de Neil Gaiman.

Richard est un jeune homme ordinaire. Il vit à Londres, va se fiancer avec Jessica, une fille froide et directive (tyrannique en fait). Un soir, alors qu'ils ont rendez vous avec le patron de la miss, Richard décide d'aider une malheureuse, Porte. Celle ci est poursuivie par deux êtres peu recommandables qui veulent visiblement lui faire du mal. Porte parle aux rats et s'acoquine avec le marquis de Carabas. Bizarre mais on voit de tout à Londres.

Par contre, une fois Porte remise, Richard rencontre quelques petits soucis dans sa vie quotidienne. Il est confronté à une nouvelle ville de Londres, le Londres d'en bas avec ses propres codes. Autant vous dire que ce n'est pas forcément l'endroit où vous passeriez vos vacances. Voilà le début d'un excellent roman de fantasy, plein d'humour, de retournements, de bons méchants et de saints diaboliques.

Si vous n'avez pas encore croisé Gaiman, n'hésitez plus, c'est génial!