lundi 31 décembre 2012

La vérité sur l'affaire Harry Quebert

J'ai reçu ce livre de Joël Dicker pour Noël. Il n'aura pas fait long feu. Une après-midi pluvieuse pour dévorer ce beau roman.

Première chose : on ne s'ennuie pas. Rebondissement sur rebondissement.
Normal, à mesure que l'intrigue avance, l'enquête du narrateur également. Et la reconstitution d'une scène de crime se précise. 

L'intrigue ? Figurez-vous que le formidable Marcus Goldman vit un drame : la page blanche. 
Heureusement, son mentor, l'écrivain et professeur Harry Quebert est là pour le soutenir. Il l'accueille comme un fils dans sa maison d'Aurora, New Hampshire. 
Sauf que peu de temps après cette visite, Harry est jeté en prison. Le corps d'une jeune fille a été retrouvé enterré sur sa propriété. Rapidement identifié comme celui de Nola Kellergan, décédée 33 ans auparavant. Harry est accusé du meurtre. Et de toutes les perversions puisqu'on découvre que son succès, Les origines du mal, est basé sur une histoire d'amour entre l'écrivain et la jeune fille que plus de dix ans séparaient. 
Marcus débarque pour soutenir son ami. Et trouver un coupable...

Deuxième chose : la construction de ce livre est très chouette. Les chapitres sont autant de leçons d'écriture, le jeu des points de vue est bien utilisé, de même que les flash-back.

Troisième chose : il y a une vraie ambiance, très américaine (j'ai parfois eu l'impression d'être dans un Kasischke) et des "décors" made in USA, des personnages fouillés aux caractères plus complexes qu'ils ne semblent.

Quatrième chose : il y a de la vie, de l'humour malgré ce fond noir (histoire d'amour tragique, perverse aux yeux puritains, personnages au bord de la ruine etc). La façon dont est peint le monde de l'édition, ou la garden party, ou la vie de Robert Quinn, ou les coups de fil de la mère de Marcus...

Pour moi, un excellent moment de lecture ! Bravo !

dimanche 30 décembre 2012

Belle

Robin McKinley se propose dans ce roman de raconter sa version de la Belle et la Bête

L'histoire est celle que l'on sait à quelques détails près. 
Belle et ses soeurs vivent dans l'opulence jusqu'à ce que leur père, armateur, suite à des tempêtes, perde ses vaisseaux. Il en est réduit au minimum et décide de partir avec ses filles et son gendre dans un village de forêt. Là, le gendre en question, Gervain, pourra exercer son métier de forgeron.
Vient l'épisode où le père s'égare et rencontre la Bète. Qui lui demande de se livrer ou de livrer un fille contre une rose dérobée.
Et Belle s'y colle. Sauf que Belle est une intellectuelle plutôt petite et moche. Et qu'elle aime les chevaux. Et la suite est celle du conte. Magie, amour et happy end.

Une version mignonne, sans véritable innovation, qui se laisse lire. On rêve avec Belle, on s'émerveille devant la bibliothèque, qui contient les livres déjà écrits et écrits par les écrivains à venir. 
Rien de bien fou. 

samedi 29 décembre 2012

Le cimetière de Prague

J'ai le regret de vous annoncer que j'ai eu l'impression (très désagréable) de perdre mon temps en lisant ce roman d'Umberto Eco

Ce n'est pourtant pas dans mes habitudes. J'avais adoré Baudolino, La mystérieuse flamme de la reine Loana ou Le nom de la rose
Mais là... pff. 


Simonini est le détestable héros du Cimetière de Prague. Ainsi qu'un mystérieux abbé Dalla Piccola.
La présentation de Simonini le rend d'emblée antipathique. Il n'aime ni les juifs, ni les jésuites, ni les allemands, ni les francs maçons, ni les femmes... En fait, il n'apprécie que les plaisirs de la table. Et les intrigues, comme on le découvre pendant tout le roman.
Né à Turin au milieu du XIXe siècle, notre héros suit l'épopée de Garibaldi avant de sévir à Paris. Là, il vend ses services d'espion et de faussaire au plus offrant, traversant sans encombre l'Empire, la Commune ou la République. On le suit dans les machinations et les faux qui donnent naissance au Protocoles des sages de Sion. Il croise Dumas, Taxil et Dreyfus. Il distille haine et meurtres.
Bref, on a envie de tout sauf de l'écouter. Et il est bavard pour notre malheur. 

Ce que je garderai de ce roman : le côté roman feuilleton et ses illustrations.
Ce que je regrette : un racisme et un antisémitisme choquants pour le lecteur d'aujourd'hui (mais certainement moins au XIXe siècle). Une érudition mal contrôlée : ça devient du tartinage et le roman en pâtit. Une ironie (?) trop fine, comment prendre du recul par rapport à ce livre ? 
Et le pire de tout : j'ai l'impression de n'avoir rien découvert et de n'avoir pris aucun plaisir à cette lecture. Je connaissais pas trop mal le cadre historique. Je n'ai jamais réussi à apprécier le héros ou à m'intéresser à sa curieuse perte de mémoire. Le style même m'a semblé pénible.
Une grande déception...

vendredi 28 décembre 2012

Argo

Un très bon film de Ben Affleck sur une affaire véritable.

En 1979, l'ambassade américaine en Iran est prise en otage. Six personnes qui y travaillent réussissent à s'enfuir. Ils trouvent refuge dans l'ambassade canadienne.
Mais ils ne peuvent rester. Car plus les jours filent, plus leur absence est susceptible d'être découverte par les iraniens.
Tony Mendez, joué par Ben Affleck, monte alors tout un plan pour les faire quitter le pays. L'agent de la CIA va faire croire aux iraniens qu'il vient réaliser un film dans leur pays avec une équipe canadienne...

Un film haletant, un Ben Affleck sexy et drôle, un mélange d'images historiques et de scènes filmées... Un très bon film !

jeudi 27 décembre 2012

Les mondes de Ralph


Ralph est un méchant de jeux vidéo, qui vit dans une borne d’arcade. Son job ? Passer sa journée à casser un immeuble que Fix-it Félix, le héros du jeu, va réparer, piloté par les joueurs de la borne.

La nuit, quand les lumières de la salle d’arcade s’éteignent et que les joueurs sont partis, les personnages vaquent à leurs occupations. Et l’on se rend compte que Ralph n’est pas si méchant que ça au fond, et que lui aussi aimerait bien faire a fête avec Félix et les habitants de l’immeuble…

Pour tenter de se racheter une conduite, Ralph va donc décider de quitter son jeu, et de prouver sa valeur dans les jeux voisins de la borne d’arcade. Ralph va notamment faire la connaissance de Vanellope, petite fille déjantée et un peu spéciale qui vit dans un jeu de course. Mais comme vous pouvez vous y attendre, un méchant qui casse tout hors de son jeu, ça va forcément causer des dégâts…

DR
Ce film ravira bien évidemment les fans de jeux vidéos : les références directes ou indirectes y sont nombreuses. Mention spéciales à la scène des méchants façon « alcooliques anonymes » et à la chanson de pop japonaise « Sugar Rush » intégrée au générique de fin !

Mais si vous êtes des fans inconditionnels de Disney, ne soyez pas pour autant rebutés par le thème orienté vers les jeux vidéos, l’histoire est pleine de rebondissements et mignonne à souhait… Et vous vous rendrez peut-être compte comme moi que l’univers des possibles est à peu près le même dans un jeu vidéo que dans un conte de fées !

lundi 24 décembre 2012

Jolie libraire dans la lumière

Conseillé par Bluedot sur Libfly et trouvé dans la bibliothèque familiale, j'avais peu de raisons de rater ce roman de Frank Andriat.

Maryline, jolie libraire, est plongée dans un roman qui lui rappelle étrangement un passage douloureux de sa vie. Les coïncidences sont si troublantes qu'elles la bouleversent. Même les noms sont les mêmes. Comment est-ce possible ?
Alternant passages du roman de la libraire et passage de sa vie actuelle, l'auteur tisse en quelques pages des correspondances entre livre et réalité.


A cette lecture, on découvre un amour du livre, de la lecture et des librairies. Ecrit avec finesse et douceur, ce livre tient du rayon de soleil. 

samedi 22 décembre 2012

Le jeu de l'amour et du hasard

Dans le théâtre éphémère de la comédie française, nous avons eu le plaisir de voir ce Marivaux très entraînant. 

Petit point sur le théâtre : bien qu'éphémère, il est confortable, chaud et l'on y voit et entend bien. Ça fait un peu salle de ciné. 

Parlons plutôt de la pièce. Vous connaissez le sujet ? Silvia se déguise en sa servante Lisette pour observer son promis, Dorante. Elle se dit qu'ainsi, elle cernera mieux son caractère et décidera de l'épouser en toute connaissance de cause. Là où ça devient drôle, c'est que Dorante a eu la même idée. Autant dire que les maîtres sont absolument choqués du comportement de leur serviteur en habit de maître !

Dans un décor simple, presque japonisant par sa structure, orné de tentures, évoluent nos acteurs. Silvia et Dorante sont excellents. Raffinés, déçus par leur promis, ils jouent délicieusement. Lisette, dont la voix presque stridente m'a gênée au début, est finalement très convaincante. Quant à Arlequin, il est presque trop vulgaire. C'est un clown qui se réjouit de ce renversement social.
L'ensemble nous a frappé par sa qualité. Nous ne nous sommes pas ennuyés une seconde et avons ri !

vendredi 21 décembre 2012

Retour sur le XXe siècle


J'ai lu cet essai, qui regroupe des articles de Judt sur des thèmes qui lui sont chers, il y a plusieurs mois. Vous excuserez, je l'espère, ce court billet d'une lectrice qui n'a pas pris beaucoup de notes. 

L'historien s'attarde sur l'holocauste (Lévi, Arendt), sa perception et l'histoire de la judéité. Il est question de la genèse d’Israël.
Il s'intéresse également aux intellectuels (écrivains, philosophes etc) marquants, tels que Camus, et analyse leurs liens à la politique, plus particulièrement au communisme. 
Judt analyse également le phénomène de la guerre froide, de l'espionnage durant cette période et de l'éclatement des modèles après celle-ci.
Enfin, l'historien revient sur la mémoire plus ou moins marquée et durable des évènements  notamment en Europe et écrit beaucoup sur les politiques sociales.

Je me souviens avoir trouvé ce livre plutôt clair, ces articles faisaient réfléchir et égratignaient quelques personnages au passage.

jeudi 20 décembre 2012

100 crimes contre l'art

Merci à Lucie pour le prêt ! J'étais vraiment ravie de découvrir ce livre de Karin Müller.

Vous savez combien j'aime l'art et les musées. Vous vous rappelez peut-être combien j'avais été bouleversée par la lecture du Musée invisible. Eh bien, avec ce livre, c'est pire.
Il recense les agressions, les vols et les destructions d'oeuvres d'art. 101 exactement.
Certains m'étaient déjà connus, par le Musée invisible ou par la presse (et dieu sait combien je suis attentive à ce genre de sujets dans mes revues de presse). D'autres m'étaient complètement inconnus.
Car si tout étudiant en histoire de l'art apprend qu'une suffragette a lacéré la Vénus de Velasquez, le professeur reste discret sur le nez manquant du Sphinx de Gizeh. Et l'étudiant se souvient du dessin animé de son enfance où Obelix faisait choir ce dit-nez. Mais personne ne vous parlait de Mohammed Sa'im al-Dahr.
Je ne vais pas vous faire une liste de ces oeuvres dérobées, retrouvées ou non. Abîmées mais restaurées. Car, fort heureusement, toutes n'ont pas une fin tragique.

Ce qui est intéressant, c'est de noter les motifs de ces vols et de ces destructions.
Pour les vols, il s'agit souvent d'une commande, d'une opportunité ou d'une cleptomanie dirigée vers l'art. Pour les destructions, on note que l'ignorance est un moteur. Le 'j'aime pas' ou le 'je comprends pas' qui ne laisse aucune chance à l'oeuvre. Et dire qu'une éducation à l'art pourrait peut-être éviter ces drames. 
La folie n'est pas en reste. Et le motif politique, artistique, religieux, etc. apparaît également. 
Ce que l'on retient aussi : la sécurité des musées est souvent minime. Le travail des voleurs en est facilité.

A travers des exposés concrets des situations, avec un petit topo contextuel (artiste, musée, collection, exposition etc.), Karin Muller propose un aperçu du vandalisme quotidien contre l'art (regardez les dates, cela fait peur !).
Un livre très intéressant, dont le côté encyclopédique peut lasser. Et quel dommage qu'il n'y ait pas d'illustration. Une reproduction des oeuvres concernées vraiment aurait enrichi l'ouvrage.
A lire par petits bouts.

mercredi 19 décembre 2012

Le bûcher d'un roi

Avant de me rabattre sur la VO, j'ai trouvé le premier livre de A Dance with Dragons en français. Incapable de résister, je l'ai emprunté en biblio...

Vous vous souvenez du tome 4
Aucune nouvelle de Tyrion ou de Daenerys. Le drame total. Eh bien, ils sont toujours en vie (pourvu que ça dure) et ils ont à nouveau la parole. 
Ce tome, c'est celui des alliances. De celles qu'on veut nouer, des alliances impossibles, des alliances improbables.
Sur le mur, de nouvelles menaces. A Meereen, une guerre civile et des dragons dangereux. Au delà du mur, le froid règne de plus en plus...
Dans ce livre, les personnages dévoilent une face plus dure de leur personnalité, celle qui est confrontée aux choix. Il n'est plus question d'être tendre, il faut maintenant survivre...

Je ne sais pas si je me lasse mais je suis un peu frustrée par ce titre. J'ai l'impression que G. R. R. Martin utilise les mêmes ficelles. Et j'en ai marre de voir les personnages en danger de mort immédiate à la fin du roman, sans savoir ce qu'il advient d'eux. C'est vilain de faire ça ! 

Alors dans l'ordre on a Le Trône de ferLe donjon rouge, La Bataille des roisL'Ombre maléfiqueL'Invincible ForteresseIntrigues à Port-RealL'épée de feuLes noces pourpresLa loi du régicideLe chaosLes sables de DorneUn festin pour les corbeauxLe bûcher d'un roiLes dragons de MeereenA Dance with dragons

mardi 18 décembre 2012

Le Trône de fer_Intégrale 4

Ce tome contient :
Le chaos
Les sables de Dorne
Un festin pour les corbeaux

A Feast for Crows de G. R. R. Martin est presque un interlude. L'action se déroule juste après le tome précédent mais les points de vue changent. Nos narrateurs favoris perdent leur voix et laissent la place à des personnages plus ou moins secondaires. En effet, seuls ceux qui sont au sud de Westeros sont suivis. Bref, les impatients risquent de ne pas aimer ce tome, ne serait-ce que parce qu'il impose un délai avant de retrouver des gens comme Tyrion ou Daenerys.

Mais ce n'est pas pour cela qu'il ne se passe rien. Au contraire.
A Port-Réal, on suit Jaime et Cersei. Cela ne rend pas la belle blonde plus sympathique, bien au contraire.
On part aussi à Dorne pour rencontrer les aspics de sables et la maison Martell.
Sansa, Samwell et Arya sont toujours en vie.
Brienne est chargée d'une mission.
Et ça se bagarre chez les seiches. La maison Greyjoy se dispute aussi un trône.
(Je reste sybilline pour ne pas spoiler)

La situation est toujours aussi intenable, de quelque côté que l'on se tourne. On en finit par maudire l'auteur de tant jouer avec nos nerfs. Mais c'est si chouette !
Bon, ce tome n'est pas mon favori mais l'addiction à cette série n'en est pas diminuée.

lundi 17 décembre 2012

Le Trône de fer_Intégrale 3

Rien ne va plus au Royaume des Sept Couronnes : les prétendants au trône, qui se sont plus ou moins violemment manifestés dans l'intégrale 2 sont bien décidés à faire pencher la balance en leur faveur ! Nouveaux dieux, nouvelles alliances, nouveaux stratagèmes, chacun utilise des armes différentes.

Bien que ce tome soit moins riche en batailles, G.R.R. Martin ne ménage pas ses lecteurs. Les rebondissement se suivent mais ne se ressemblent pas : mariages inattendus, pertes tragiques, évasions improbables... Je n'en dirai pas plus, mais préparez-vous à être secoués !

L'auteur profite de ce troisième tome pour amener de nouveaux personnages à la narration. Certains qu'on n'aimait pas trop s'en trouvent par là humanisés, on se surprend même à les plaindre voire à leur souhaiter du bien... Si d'autres continuent à endosser le rôle de "bête noire", j'ai quand même trouvé que ce tome s'éloignait de l'approche parfois trop manichéenne que je reprochais aux deux premiers.

L'ajout de Praline : Sans vouloir spoiler, ne vous attachez pas trop aux personnages si vous ne souhaitez pas pleurer sur votre bouquin. 
Je crois que ce tome est actuellement mon favori. 

Les titres du livre : 
Intrigues à Port-Réal
L'épée de feu
Les noces pourpres

dimanche 16 décembre 2012

Rêve de monuments


J'ai découvert une petite expo bien sympa ce week-end. Et qui plus est très accessible à tous types de publics, notamment les enfants.
Vous connaissez la grande salle gothique de la Conciergerie ? Bon, ce n'est pas le moment d'aller la voir car elle est totalement cachée par la scénographie de l'exposition, faite de livres gigantesques, de ruines et de châteaux de cartons... 
Mais si vous connaissez le lieu et que vous aimez les châteaux, ou les contes, ou les abbayes, ou les créatures fantastiques, ou les legos, ou Harry Potter, ... n'hésitez plus.
A travers un parcours chronologique, du XIVe siècle à nos jours, on s'interroge sur la naissance et le développement d'un imaginaire monumental. De la miniature représentant des châteaux gothiques jusqu'aux demeures fantastiques et hantées du XIXe siècle, des ruines à la restauration / reconstruction des lieux, des légendes à leur réinterprétation, du monument solide au décor de carton-pâte, du livre à l'écran, de la maquette au refuge de la princesse, ces châteaux (plus que les abbayes) ont une vie à rebondissements et envahissent aussi bien notre imaginaire que notre quotidien tandis que leur forme réelle et monumentale s'efface de nos préoccupations. 
Une expo sympathique, avec tous types d'oeuvres et d'objets (du manuscrit enluminé à la BD, de la peinture au jouet). Pour les amoureux des monuments et de l'imaginaire !

vendredi 7 décembre 2012

Dieu(x), modes d'emploi

Sans trop savoir de quoi il s'agissait, j'ai foncé voir cette expo au Petit Palais. Le titre m'enthousiasmait : quoi, dans notre société (qui se veut) laïque, on ose encore parler de religion, de divinités... C'est chouette !

En fait, cette expo est un fourre-tout. Tu veux voir des images de(s) dieu(x). Tu en verras ou tu découvriras ce qu'on utilise pour ne pas le représenter.
Tu veux voir des objets cultuels ? C'est aussi possible. 
Des croyants ? Mais, il y en aura, filmés, photographiés, interviewés.
Des lieux de culte ? Aussi, mais uniquement des projets contemporains. 

Ce qui est au coeur du débat, c'est le divin. Quelque soit la religion : polythéisme, animisme ou monothéisme.  Et l'on tente d'introduire le visiteur aux manifestations de celui-ci à travers toutes ces religions. On prend des objets plus ou moins représentatifs et on donne un "mode d'emploi". Ce n'est pas idiot.
Ce qui est un peu moins malin, ce sont les vidéos mises bout à bout des rites religieux dans la vie des croyants. A vrai dire, ce qui différencie les mariages ou les enterrements dans les différents rites n'est nullement explicité. On reçoit des images. Mais on ne donne pas d'outil au visiteur pour les comprendre. Idem pour les photos qui défilent sur des thématiques telles que le corps, etc.

Alors, oui, la scéno est pas mal (sauf le cube de verre où tous les visiteurs s'entassent), les objets sont (rayer la mention inutile) évocateurs, esthétiques, étonnants, inhabituels, superbes, communs etc.
Mais le propos reste très terre à terre. Pas de débats sur les violences religieuses, sur l'histoire de ces religions, sur leur philosophie. De même, toutes les explications sont ridiculement courtes et partielles.
Une déception pour moi, j'en sors en ayant l'impression de n'avoir rien découvert...

jeudi 6 décembre 2012

Imaginez l'imaginaire


Je suis allée voir les expositions du Palais de Tokyo parce que j'en ai eu l'occasion et que j'étais curieuse de redécouvrir ce lieu.
Hélas, je crois que je suis restée hermétique à la plupart des oeuvres présentées. 

La partie qui m'a plu, c'est Matières premières de Fabrice Hyber. Dans chacune des salles, un univers propre émerge. Il sait mettre l'éclair et l'arc-en-ciel en boite, crée un labyrinthe de linge étendu, propose des jeux de balle et de couleurs. Bref, un univers à la fois très ancré dans le réel mais qui le réinvente, le reconstruit et laisse le visiteur se promener dans et autour de ses oeuvres. Y participer.
Par contre, je n'ai pas trop suivi tout ce qui était art vidéo. Cela ne m'a pas intéressée plus que ça à part Neil Beloufa, plutôt sympathique et amusant. 
Pour les photos d'Alexandre Kojève, je suis un peu sceptique mais pourquoi pas. 
Et la partie du niveau 0 était plutôt chouette.

Ce que je n'aime pas dans ce lieu, c'est qu'il n'y a pas grand chose à quoi se raccrocher : cartels minimalistes, espaces immenses avec des oeuvres qui dialoguent plus ou moins entre elles sans que l'on comprenne ces choix de présentation. Bref, j'aime pas ne pas apprécier et ne pas comprendre. Mais j'aime découvrir et que l'on m'apprenne des choses.

Ah, il y a aussi une petite expo Chloé avec photos et vétements. Elle ne m'a pas épatée mais j'imagine que ça peut plaire aux fashionatas.

mercredi 5 décembre 2012

Van Cleef & Arpels



Je ne sais pas si c'est le fait d'avoir une visite guidée au musée des Arts Décoratifs mais j'ai trouvé que l'exposition Van Cleef était beaucoup moins 'publicitaire' que l'expo Vuitton/Jacobs. Au moins, on reste dans la même maison et on ne met pas à l'honneur un couturier sur tout un étage !

Cette exposition est une rétrospective autour de bijoux fabuleux, de techniques novatrices comme le serti mystérieux, de motifs récurrents et renouvelés.

On commence par des bijoux d'inspiration égyptienne. On est dans les années 20 et Toutankhamon n'est pas loin. Il y a aussi des colliers d'une longueur indécente, qui arrivent au nombril. On découvre ensuite la minaudière, une boite à tout faire pour les femmes qui sortent, qui permettent de ranger maquillage et cigarettes. Et le fameux serti mystérieux : épatant cette façon de monter des pierres sans que la monture soit visible ! Et très chic. 
Ce que j'ai beaucoup aimé ensuite, ce sont les bijoux à transformation et les colliers zip. C'est presque magique : ça fait collier, bracelet, broche... De quoi porter ses bijoux avec inventivité. 
Par contre, j'ai moins aimé les créations des années 70 et suivantes avec ces bijoux en bois et ces formes un peu lourdes. Même les créations récentes ne m'ont pas trop fait rêver.

Une expo de filles, avec de jolis bijoux et des innovations étonnantes dans le secteur de l’orfèvrerie, des danseuses charmantes et des broches légères comme la dentelle. Pour s'en mettre plein les yeux.

mardi 4 décembre 2012

Peplum


Cette exposition entre Saint-Romain-en-Gal et Lyon était pleine de promesses. J'imaginais ces jolies suivantes de Cléopâtre, ces héros musclés et ces scènes de gladiature propres aux péplums. Rassurez-vous, vous les verrez. Mais vous en découvrirez beaucoup plus (savez-vous qu'un film s'intitule Les nuits chaudes de Cléopâtre ? Incroyable)!


A Lyon, l'exposition est intégrée dans l'espace des collections permanentes. Chaque thème (les jeux du cirque, la mer, le costume etc) est lié à la partie de la collection qui lui correspond. Mais plutôt que de faire dialoguer les extraits de films et les oeuvres, d'expliciter le rapprochement, les cartels restent très descriptifs et ne marquent pas le lien. Décevant.

A Saint-Romain, l'exposition prend place dans un espace qui lui est propre. Pas de sens de visite conseillé, l'expo est thématique : courses de char, catastrophes, femmes, érotisme, danses et festins, divinités, esclavage, voyage, etc.
Outre les extraits de films, nombreux, plus ou moins connus, des objets (affiches, figurines, costumes, gravures, peintures) complètent ce propos sur un genre qui a popularisé l'Antiquité. 

Une expo sympa sur un thème original, qui complète bien ma lecture du Guide de l'Antiquité imaginaire d'Aziza. Bon, encore une fois, des cartels plus descriptifs qu'explicatifs mais je crois que c'est un peu peine perdue ce débat.


En plus : j'ai pu voir les installations de Museomix au musée archéologique de Fourvière. Moins d'une semaine après l'opération, j'étais déçue de voir que certains dispositifs étaient déjà morts (théâtre, course de char, commerce notamment). J'ai beaucoup aimé la maquette corrigée, les bruits de quartier et la story stel'ing !

lundi 3 décembre 2012

L'Impressionnisme et la mode


Le titre de cette exposition du musée d'Orsay me faisait envie avant même qu'on ne sache de quoi il retourne. J'avais entouré cette expo comme un des immanquables de ma rentrée. Je crois que j'en attendais beaucoup. Et puis ça me paraissait plutôt novateur comme point de vue.
Si seulement...

Je regrette plusieurs points : l'absence de questionnement. Cette exposition se déroule proprement, depuis les feuillets de mode jusqu'au détail de la garde robe. Elle est très descriptive et ne s'interroge ni sur les femmes (et les hommes puisqu'ils sont un peu présents) qui portent ces robes ni sur l'impressionnisme et cette soi-disant particularité de ce mouvement qui peint la mode.
Le titre racoleur. En fait, il s'agit de la mode à la fin du XIXe. Comme à toutes les époques, les peintres ont saisi de l'esprit du temps et des modes dans leurs oeuvres. Il ne semble pas y avoir une véritable élection de la mode par les impressionnistes. Et d'ailleurs, toutes les oeuvres présentées sont loin d'appartenir à ce courant. 

Les points positifs : les beaux tableaux exposés, les vêtements présentés élégants, charmants voire touchants (la vitrine sur les coiffes ou la lingerie sont adorables) et l'ensemble qui fait renaître des silhouettes féminines bien éloignées de notre quotidien (tiens, ça pouvait être une question à traiter aussi dans cette expo, cette silhouette et sa fonction sociale). 
Il parait que la scénographie gène la compréhension et qu'on voit plus le gazon que les tableaux. Personnellement, j'ai plutôt été gênée par les autres visiteurs que par la scéno. C'est plutôt amusant comme parti pris et ça ne distrait pas vraiment des oeuvres (selon moi). 

Bref, j'étais ravie d'avoir vu des chiffons mais frustrée qu'on m'ait pris pour une simple fashionata. La mode c'est bien plus qu'une histoire de chiffons.

dimanche 2 décembre 2012

Hannah


Ce roman de Mourlevat est le symétrique de La rivière à l'envers. On suit cette fois-ci Hannah, la jeune fille que poursuivait Tomek. 
Hannah, dont l'oiseau est malade, cherche la rivière qui coule à l'envers, qui pourra le soigner.
Son voyage n'est pas exactement celui de Tomek. Elle rencontre d'autres peuples, notamment dans le désert (mon passage préféré).

Cette histoire est une initiation, une aventure qui fait grandir l'héroïne. Il y a un peu de conte philosophique là-dedans.

samedi 1 décembre 2012

Ma brillante carrière

Ce roman de Miles Franklin était au programme du blogoclub. Et j'en suis bien contente. Je crois que sans ce coup de pouce, je n'aurais pas croisé ce livre.


En effet, je n'était pas très partante en découvrant l'élu de ce mois. Et puis, j'ai découvert une écriture qui m'a plu, un caractère de chien et une vie pas très rose.
Sybylla Melvyn est l’aînée d'une famille nombreuse. Ses parents, riches exploitants en Australie, mène une vie plaisante jusqu'au jour où, sur un coup de tête, le père décide de tout vendre pour s'installer dans un trou : Possum Gully. La famille sombre dans la pauvreté. Sybylla, qui aspire à devenir écrivain, supporte mal cette vie. Elle est envoyée quelques temps chez sa grand-mère pour une vie plus oisive et intellectuellement plus satisfaisante. Elle y rencontre notamment Harry. Et la suite est dans le roman !

Ce roman, on le lit surtout pour Sybylla. Elle a un de ces caractères cette fille. Parfois, elle peut agacer. Quand elle se trouve moche. Quand elle fait sa snob. Quand elle fait sa femme libérée. Mais dans le fond, je m'y suis attaché.

vendredi 30 novembre 2012

Le Passage


J'ai repéré chez Fashion ce titre de Justin Cronin. A première vue, il ne me tentait pas. Les vampires, je commence à en avoir ma claque. Et finalement, en bibliothèque, j'ai craqué. 

Le topo ? Dans un monde pré-apocalyptique, des agents secrets recrutent des prisonniers, condamnés à mort et autres bonhommes pas rassurants pour un programme secret. 
Une mère abandonne sa fille.
Dans un monde post-apocalyptique, quelques survivants vivent en sociétés organisées, qui se défendent contre le fléau, les viruls, une humanité mutante hyper-rapide, qui a décimé la population des US. 
Le lien ? Les condamnés à mort qui ont muté et la petite fille.
Cela vous rappelle Je suis une légende ? C'est normal, il y a pas mal de points communs.

Que dire ?
J'ai apprécié le début du bouquin mais je l'ai trouvé un peu poussif ensuite. On se perd dans les détails de cette communauté de survivants. On psychologise pas mal avec eux. Voire trop. Heureusement, la fin redynamise un peu tout ça avec de l'aventure, du suspens etc.
Pas sûre de lire les tomes suivants...

jeudi 29 novembre 2012

Main dans la main


Vous souvenez-vous de La guerre est déclarée
Eh bien, Valérie Donzelli nous propose un nouveau film. 
Oui, je sais, il n'est pas sorti en salles. Mais ça ne devrait plus tarder. Et puis, il suffisait d'aller au festival du film d'Arras pour le voir, non mais !

Contrairement au film précédent, ici le thème est plutôt léger.
Hélène Marchal (Valérie Lemercier) dirige les cours de danse de l'Opéra, Joachim Fox (Jérémie Elkaïm) est miroitier. Ils se croisent et ne peuvent plus vivre l'un sans l'autre. Ah non, ce n'est pas le coup de foudre. C'est un étrange phénomène qui fait que l'un doit suivre l'autre et vice versa. C'est pas évident quand on a des vies si éloignées. Alors Joachim va suivre Hélène. Et apprendre à vivre dans un autre monde que le sien.

Un film moins léger qu'il n'y parait, sur la solitude. Peut-être sur l'amour. Un film qui fait rire mais qui pourrait aussi faire pleurer. Un film avec quelques longueurs et un scénario parfois light. Mais de jolies idées.

mercredi 28 novembre 2012

Parfums

D'autres rencontres avec Philippe Claudel ont été plus heureuses. J'avoue que ce titre ne m'a que peu enthousiasmée.

Le principe du livre est simple. Une odeur, un ou des souvenirs, de quelques lignes ou quelques pages. Classés par ordre alphabétique, ils retracent des moments de la vie de l'auteur, de l'enfance, de l'adolescence ou de l'âge adulte. 
Avec une forte dimension autobiographique, ce roman explore une histoire des parfums et de ceux qu'ils font renaître dans une mémoire. 
La cannelle de Noël, le chou des pauvres qu'apprécie l'enfant, l'après-rasage ou le munster de papa comme ces senteurs moins habituelles : le brouillard, le voyage, les rivières, le grès rose etc. 

Des moments de vie plein d'émotion certainement, plein de jolies images et de mots poétiques. Auxquels je suis hélas restée insensible. Dommage.

mardi 27 novembre 2012

Barbe bleue

Vous connaissez mon amour des réinterprétations, adaptations et autres jeux autour des contes. Vous connaissez peut-être moins mon grand amour d'adolescente pour les romans d'Amélie Nothomb sur lesquels je me précipitais à chaque rentrée littéraire. Depuis quelques années, cet engouement est passé, déçu par des publications un peu moins folles ou trop peu nouvelles. Je ne sais pas vraiment si c'est l'écriture dont je me suis lassée, les thèmes qui m'étonnent moins ou simplement que je suis moins réceptive...

Bref, j'ai décidé de retenter une rencontre. Mais je l'annonce d'entrée de jeu, c'est une déception.
Saturnine et Elemirio Nibal y Milcar sont colocataires. Pour une somme ridicule, Saturnine vit dans un très bel immeuble parisien en compagnie d'un noble hidalgo dont toutes les compagnes ont disparu. Elle peut profiter de tout l'appartement mais n'a pas le droit de pénétrer dans sa chambre noire. Peu impressionnée, Saturnine passe ses soirées avec son colocataire, amoureux de la cuisine (surtout des oeufs) et jeune initié au champagne. Il est fou d'elle. Elle est distante et amusée. Jusqu'au jour où tout change...
Dans ce roman, la couleur est reine. Le jaune et l'or sont au centre. C'est un roman léger, avec ses habituels mots de plus de trois syllabes, ses dialogues surréalistes et ses héroïnes aux noms improbables (qui oserait appeler sa fille Proserpine aujourd'hui ? ou Albumine). Mais c'est justement aussi volatile qu'une bulle de champagne. 

Ce roman se lit, rapidement, facilement et en refermant ce livre, le lecteur se désole : ce n'était que ça. Ce n'est pas encore cette année que je retrouverai le bonheur des premières rencontres avec Amélie.

lundi 26 novembre 2012

Akira

Ce manga de Katsuhiro Otomo, classique du genre s’il en est, nous emmène dans un futur proche, dans la mégalopole de Néo-Tokyo, version post-apocalyptique de la capitale nippone dévastée durant la 3e guerre mondiale.
Néo-Tokyo, plus ou moins bien contrôlée par l’armée, est surtout peuplée de survivants qui cherchent à s’en sortir avec les moyens du bord. Parmi eux, de nombreuses bandes de motards, dont celle de Kaneda.

Un soir, alors que la bande est de sortie, Tetsuo est victime d’un accident en essayant d’éviter un gamin étrangement muet, apparu soudain au milieu de la route… Soigné et recueilli par l’armée, il va servir de cobaye à des expériences d’un nouveau genre et développer des pouvoirs surnaturels.

(DR)
Kaneda et ses amis vont croiser à plusieurs reprises Tetsuo, devenu leur ennemi et qui cherche désormais à utiliser ses capacités pour prendre le contrôle sur une partie de la ville. Ils vont découvrir que Tetsuo n'est pas le seul enfant qui a développé ces capacités, et que toute cette histoire a un lien avec l’armée, et avec un autre cobaye, Akira, qui aurait joué un rôle dans l’amorçage de la 3e guerre mondiale…

J’ai trouvé ce manga extrêmement bien réalisé. L’histoire est plutôt complexe et ne répond jamais à toutes les questions, un peu à l’instar d’un Evangelion, mais l’univers d’Akira est très riche, les personnages attachants et l’action ne manque pas. Si vous n’avez pas eu l’occasion de le lire, je vous le conseille !

dimanche 25 novembre 2012

La Conversation

L'Amoureux et moi-même ayant eu de bons échos à propos de cette pièce, nous avons profité d'une soirée pluvieuse pour passer une heure avec Napoléon et Cambacérès au théâtre Hébertot. 

Figurez-vous que le texte est celui de Jean d'Ormesson (un écrivain que j'aime beaucoup, même si je ne le dis pas). Autour d'une trame historique, l'auteur a créé cette conversation entre le premier consul, aux ambitions énormes, et son second, flatteur à souhait. 

Maxime d'Aboville et Alain Pochet campent deux personnages formidables. Impressionnante force et énergie du premier consul. Étonnante tirade sur un châle de discorde. Phrases percutantes. Images visionnaires d'un avenir impérial. Napoléon bouillonne. Subtilité d'un fidèle, qui veut rester le premier après le premier. Cambacérès approuve. 
On passe en compagnie de ces deux hommes un très bon moment. On rit, on voyage dans le temps et l'espace, on se délecte de mots, de rêves, de grandeur... 
Très chouette !

samedi 24 novembre 2012

Le Requiem des abysses

Ce roman est la suite de Leviatemps de Maxime Chattam. Je doute qu'il puisse être lu indépendamment du précédent. 

On retrouve Guy et Faustine à la campagne. Ils tentent d'oublier les heures terribles vécues à Paris. Hélas, leur tranquillité ne va pas durer. Un psychopathe sévit dans le village où ils se sont réfugiés. Deux familles sont ainsi assassinées sauvagement. Les descriptions ne vous épargneront rien...
Guy est repris par son démon de l'enquête. Il veut comprendre ce mal qui rode toujours. Je ne vous en dis pas plus pour ne pas dévoiler la suite mais sachez que les rebondissements seront nombreux.

Cette nouvelle partie de l'aventure laisse le lecteur en compagnie de Guy (et moins de ses acolytes). Elle est aussi beaucoup plus dans l'action que la première (même si Guy cogite beaucoup, voire trop). 
Pour moi, ce roman a les mêmes qualités (suspens, descriptions de Paris 1900, aventure) que Léviatemps mais aussi ses défauts (niveau de langue, bavard). 
Une suite presque attendue par moments mais une intrigue d'ensemble entraînante. A lire si l'on a lu le précédent car il clôt le cycle. 

vendredi 23 novembre 2012

Léviatemps

Avant de rencontrer Maxime Chattam à l'occasion du lancement de sa tweet nouvelle, je voulais avoir lu au moins un de ses livres. Pour voir. J'ai choisi celui-ci pour son contexte, l'exposition universelle de 1900. Une raison comme une autre.

Guy a quitté sa femme et sa fille. Il s'est installé dans un bordel où il espère pouvoir écrire sur les sujets qui lui sont chers. Ex-écrivain mondain, le voilà qui s'intéresse aux crimes et aux bassesses de l'humanité. Et ce qui le précipite encore plus dans ce monde est la mort effroyable de Milaine. La prostituée est retrouvée devant le bordel, dans une position invraisemblable, suant le sang et la pupille dilatée. 
Guy décide de mener l'enquête. Faustine, la mystérieuse, et Martial Perotti, le jeune flic, l'accompagnent. Ils plongent dans les bas fonds de la rue Monjol, fouillent les coulisses et les palais de l'exposition universelle, rencontrent des groupes ésotériques, flânent dans la morgue... Bref, ils retournent Paris à la recherche du dangereux criminel dont les divers crimes s'accumulent, plus sanglants et perturbants les uns que les autres. 

J'ai bien aimé les personnages, attachants et sympathiques. J'ai aimé cette promenade dans le Paris de 1900, ses beaux quartiers comme ses coins sombres. J'ai trouvé Guy un peu bavard, notamment dans ses démonstrations de graphologie. Et je me suis parfois demandée si certains mots ou expressions n'étaient pas un peu trop contemporains pour 1900. Mais dans l'ensemble, c'est un bouquin qu'on a du mal à lâcher avant le dénouement !

Et attention, ce roman ne se suffit pas. La suite s'appelle Le Requiem des abysses.
Si vous aimez Paris pendant les expositions universelles dans un roman, je vous conseille aussi Le Palais des mirages

jeudi 22 novembre 2012

Anna Nicole

Lorsque le Louvre a proposé des invitations pour assister à la projection de l'opéra Anna Nicole de Turnage, j'ai répondu présente.

Figurez-vous que depuis quelques années, l'auditorium du musée élabore un programme d'opéras filmés dans les plus grandes salles mondiales. Et cette année, c'est le Covent Garden de Londres qui est à l'honneur.

Anna Nicole, opéra inspiré de la vie d'Anna Nicole Smith, strip-teaseuse américaine, a été commandé par le Royal House Opéra. Il retrace la vie de cette texane prête à tout pour réussir. L'histoire commence avec un choeur de journalistes. Chacun cherche le scoop, chacun a sa vision de l’évènement. Et les médias nous guident pendant tout le spectacle, emprisonnant et empoisonnant un peu plus cette femme qui cherchait à s'en faire aimer.
On découvre le milieu d'origine d'Anna Nicole et ses proches avant qu'elle ne parte faire fortune et rencontrer son destin (un milliardaire) dans un club de strip-tease. Où elle parvient à percer grâce à ses (faux) seins énormes.
On pourrait croire jusque là qu'il s'agit d'une comédie musicale un peu osée. Il n'en est rien. La tragédie est au coin de la rue et la déchéance d'Anna Nicole aussi. Pas d'héritage. Tout est bon pour faire de l'argent...

Le sujet contemporain, l'intégration de sons très modernes (pop notamment), la mise en scène déjantée et le vocabulaire plus qu'osé (et traduit de façon très pudique) font de ce spectacle un cocktail explosif. Qui a dû pas mal choquer. Si le public du Louvre est resté si peu réactif, est-ce par désintérêt ? Certes, il y a une certaine froideur à suivre un opéra sur un écran. Mais que diable, j'avais envie d'applaudir, moi ! Si un jour ça se monte à Paris, il faut y aller, c'est extraordinaire !

mercredi 21 novembre 2012

La reine des cipayes

Voilà un roman de Catherine Clément qui m'a beaucoup rappelé Dans la ville d'or et d'argent. Ce qui n'est pas fondamentalement étonnant puisque le récit commence en Inde, en 1828 ou 1829 voire 1831 et se termine en 1858 pour notre personnage principal, Manikarnika, plus connue sous le nom de Lakshmi Bai. Soit à peu près la même période que Hazrat Mahal. Et sur le même thème de la révolte des cipayes. 

Ici, c'est à Lakshmi, dite aussi Chabili, que s’intéresse l'auteur. La première moitié du roman (et celle que j'ai le plus aimé) est dédiée à sa jeunesse. Garçon manquée, elle surpasse les garçons avec lesquels elle grandit. Obéissante, elle épouse le maharaja de Jhansi, Gangadar, un homme fantasque qui aime se travestir. 
A sa mort, Jhansi ne revient pas à l'enfant que le maharaja a adopté mais aux anglais. Chabili cherche un recours. Quand éclate la révolte des cipayes, la jeune femme hésite. Initialement, elle reste fidèle aux anglais avant de se révolter. Elle devient alors une formidable guerrière et une meneuse d'hommes.

Cette histoire de la révolte indienne et le portrait de cette femme sont marquants, presque fascinants notamment parce qu'on les connait mal. Il manque une carte et/ou une chronologie en annexe du roman. C'est une géographie que je ne connais pas précisément et j'ai un peu de mal à voir les lieux concernés par les combats.
Je ne comprends pas bien l’intérêt des très rares chapitres européens, qu'ils concernent Marx ou Victoria. 
Et je regrette que Chabili reste si mystérieuse, si froide. Un roman qui laisse un petit goût de fadeur. Dommage

lundi 19 novembre 2012

Halte aux livres !

Le titre du livre de Brigitte Smadja m'a attiré l'oeil. Comment peut-on dire "Halte aux livres !" ? Quelle drôle d'idée !

Sa famille offre à Basile des livres. Toujours des livres. Sauf son oncle, qui lui offre des bricolages.
Basile aime démonter. Et remonter. Ce qui n'est pas toujours facile, en témoigne cette radio en plusieurs morceaux. Alors quand il commence à vouloir démonter une lampe, son papa l'envoie lire dans sa chambre.
Basile n'aime pas ses livres. Incassables, éternels et non démontables. Quel intérêt ? Et puis cette histoire de lapin vert, c'est complètement idiot ! Heureusement, sa petite soeur Elise dévore les livres. Elle déchire les pages et les mâchonne.
Alors quand maman, sous prétexte de lui faire une surprise le traîne au salon du livre, c'est le drame. Imaginez des montagnes de livres et des écrivains partout ! Basile explose !

Jolie histoire d'un petit garçon qui a peur de ne plus être aimé par ses parents s'il n'aime plus les livres. Charmant et amusant. Une histoire qui donne envie de lire des livres (eh oui, malgré tout). Avec des illustrations rigolote de Serge Bloch.

dimanche 18 novembre 2012

Ma princesse se déguise en casserole

Jeanne aime faire des colliers de perles. Léon préfère jouer à chat. Pourtant, ils sont très copains.
Aujourd'hui, Léon réfléchit à son déguisement pour la fête de l'école. Comment être original ? Tiens, mais pourquoi pas en venant habillé en robot ?
Jeanne se moque : un robot, c'est nul !
Elle a une meilleure idée. Elle viendra déguisée en... casserole.

Commence alors pour les deux enfants une course au déguisement !

Une histoire rigolote et charmante de Brigitte Smadja illustrée par Serge Bloch.

samedi 17 novembre 2012

L'Invitée

Ce roman de Simone de Beauvoir m'a attiré l'oeil. Je ne sais pas si vous connaissez mon amour d'adolescente pour Simone, enfin, pour ses romans. Et bien ça m'a repris, j'ai eu envie de la recroiser. Alors pourquoi pas ce titre, que je ne connaissais pas ?


Paris, avant la Seconde Guerre Mondiale. Françoise, l'héroïne de ce roman, écrit. Son amant, Pierre, fait du théâtre. Ils ont une relation qui fait envie : ils se comprennent en tout, ils sont égaux, ils sont libres, ils sont amis et amants. Bref, tout se passe bien.
Que se passe-t-il si l'on ajoute un élément perturbateur ? Comme Xavière, par exemple ?
Xavière, cette jeune fille que Françoise accueille, qu'elle tente de distraire et d'occuper. Xavière, qui se rêve pure, absolue, contradictoire, dégoûtée, charmante, calculatrice, changeante, séduisante, exaspérante. Xavière à qui l'on a envie de donner des claques du début à la fin. Pierre, donjuanesque, a envie de faire céder la jeune femme. Ce qui déplaît fortement à Françoise, même si elle veut faire croire le contraire.
Entre folles soirées à Montparnasse, nuits dans les dancings et cafés serrés toute la journée, nos personnages s'aiment et se trompent, trio infernal et intenable.

Histoire d'amour et de jalousie. Histoire d'introspection, aux airs autobiographiques. Ne reconnait-on pas Sartre et Beauvoir dans ce couple parfait, aux tendances polygames et lesbiennes ?

Un roman dont j'ai apprécié le thème et les personnages, Françoise en particulier, mais dont l'histoire ne tient pas en haleine... Sauf si l'on veut savoir qui finit avec qui.

vendredi 16 novembre 2012

La page blanche

La dernière bd de Boulet, illustrée par Pénélope Bagieu, est l'histoire d'une jeune fille. Celle-ci ne se souvient de rien. Elle est sur un banc, près d'un métro, et n'a aucune idée de son identité.
Elle fouille dans son sac, trouve des clés, une adresse. Sont-ce ses affaires ? Son chat ? Sa déco ? Elle mène l'enquête mais rien ne lui revient.

J'ai trouvé cette BD sympa mais sans plus. Les dessins sont sympas, le thème est intéressant même s'il laisse un gout d'inachevé. 

Le point de vue de l'Amoureux : 
J'ai retrouvé avec plaisir la patte de Pénélope Bagieu dans cette BD fort agréable. Les auteurs nous invitent à nous poser une simple question : qu'est-ce qui définit l'identité d'un être humain dans notre société actuelle ? Pas de prise de tête pour autant, le sujet est traité de façon légère, on sourit beaucoup, on rit une ou deux fois.
Une chouette lecture, mais que je n'ai pas trouvé aussi originale et pertinente que certaines frasques de Pénélope Jolicoeur !

jeudi 15 novembre 2012

La déesse des petites victoires

Je préfère vous prévenir, je m'attendais à une belle lecture. Je suis déçue, ce livre de Yannick Grannec ne m'a pas du tout touchée, je suis restée spectatrice. Et j'aime pas ça !

couple-pingouin

Deux histoires parallèles : celle d'Anna, chargée de faire fléchir la veuve de Kurt Gödel afin que les archives du mathématicien soient léguées à Princeton University, et celle d'Adèle, la femme de Gödel qui raconte leur histoire commune, depuis leur première rencontre dans les rues de Vienne à la mort du génie aux USA.
L'histoire de Gödel et de sa femme est intéressante, on voyage dans les remous de l'histoire qu'ils survolent ou évitent. On entre dans un quotidien fait de paranoïa, de dépression et d'anorexie du génie mathématique. On entre dans le quotidien d'Adèle, éternelle soignante, gentille idiote méprisée par son mari. C'est pas très marrant d'être femme de grand esprit.
L'amitié qui se tisse entre Anna et Adèle n'est pas passionnante. Anna est un personnage en proie à la déprime, qui pleure sa médiocrité. C'est agaçant, on a envie de la secouer.

Bref, on trouve dans ce roman un portrait en creux de Gödel (et vaguement l'ambiance d'une époque par quelques noms bien placés : Hitler, McCarthy, Kennedy...) et une histoire d'amitié intergénérationnelle. Je n'ai apprécié ni l'écriture, ni le thème. C'est une rencontre ratée.

mercredi 14 novembre 2012

Petites expériences de philosophie entre amis

Peut-être vous souvenez-vous de ma première entrée dans le livre de Roger-Pol Droit, "Inventer des doctrines" ? 
Pour découvrir les autres expériences, j'ai pris mon temps (il était prescrit de ne pas dépasser la dose quotidienne entre une et six expériences par jour). 
J'ai savouré ces expériences, j'ai fait marcher mon imagination (avec ses petits pieds) et j'ai papoté de certaines. 
Je vous rappelle l'idée qui préside à cet ouvrage : ces courtes propositions d'expériences sont un chemin vers l'étonnement. Et de là, vers la philosophie.
Elles peuvent amuser, déranger, étonner. Elles ne manquent en tous cas pas d'imagination !
"Tout déconnecter" : pas si simple mais tellement reposant. Et d'un seul coup, moins de dispersion. Une expérience que j'aime réaliser, le temps d'un dimanche ou d'un week-end.
"Inventer des pays" : déstabilisant, on joue avec le réel et l'imaginaire. Et la frontière parait parfois bien mince.
"Faire un livre avec des livres" : il y a un côté cadavre exquis à cette expérience. Puis une infinité d'univers livresques qui s'ouvrent...

Il y en a évidemment beaucoup d'autres dans ce livre que je vous invite à découvrir.
L'idée est sympathique mais je n'ai pas non plus complètement adoré. Certaines expériences font sens, d'autres moins selon moi.