Affichage des articles dont le libellé est Calvino (Italo). Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Calvino (Italo). Afficher tous les articles

samedi 11 juillet 2020

Sous le soleil jaguar

J'aime beaucoup les romans d'Italo Calvino mais ces nouvelles m'ont déçue. Nouvelles sur les sens, elles semblent partir dans tous les sens... Peut-être parce qu'elles n'ont pas été achevées ?

Le nom, le nez. Il cherche une femme à son parfum, parfum perçu lors d'un bal masqué. Quelle est cette fragrance et qui est cette femme ? L'odorat réveille des habitudes anciennes, on plonge dans les origines de l'homme et dans une joyeuse nuit d'ébriété, toujours grâce à ce sens.

Sous le soleil jaguar. Communion de goûts dans un voyage au Mexique, un couple se retrouve sans cesse autour de la table pour vivre de l'intensité des saveurs. Et si la plus grande intensité se trouvait dans la chair humaine ? Entre sacrifices des peuples anciens et repas comme sacrés, la bonne chair est centrale dans cette nouvelle.

Un roi à l'écoute. Un puissant sur son trône n'a d'autre rôle que de tendre l'oreille. Ecouter les conseillers, les plaintes et les nouvelles, écouter la voix d'une femme qui chante, écouter le bruit de la guerre et des complots. Histoire de pouvoir et de paranoïa, c'est la plus plaisante des trois. 

Vous l'avez compris, c'est un recueil qui ne mérite pas le détour. Il y a bien d'autres ouvrages plus chouettes, à commencer par Si par une nuit d'hiver un voyageur ou Le baron perché...


dimanche 10 juin 2012

Le sentier des nids d'araignée

Quel titre étrange que celui de ce roman d'Italo Calvino !
Et le contenu n'est pas vraiment à l'image de ce que j'ai déjà pu lire de lui. Peut-être parce que c'est une oeuvre de jeunesse


Italie, 1945. Pino est le jeune héros. Frère d'une prostituée, il bat le pavé, chante des chansons au café et fait enrager les adultes. Un soir, il est mis au défi de voler un pistolet à l'officier allemand qui entretient sa soeur. Il s’exécute et va cacher son trésor. Quand il revient, la moitié du café a été mise en prison et lui-même y est conduit.
C'est là qu'il rencontre un maquisard, Loup Rouge. Il fuit avec lui et suit une bande d'éclopés qui constitue un détachement de partisans. Il partage leur étrange quotidien.

Ce petit roman très politique, où les personnages se prennent parfois au sérieux et s'enflamment à propos du communisme, n'a pas trop mal vieilli. On y perçoit l'humour de Calvino. Et le thème du roman, au fond, est peut-être celui de la recherche d'un ami ? Car la solitude des personnages et de Pino revient comme un laïus.

lundi 2 mai 2011

Romarine

J'ai découvert dans la bibliothèque familiale ce petit recueil de contes et nouvelles d'Italo Calvino. J'ignorais qu'il avait si bien sévi dans ce genre et je sors de cette courte lecture tout à fait enchantée ! Je préfère vous prévenir, c'est plein de princesses, de garçons courageux, de géants et de sorcellerie !

Romarine : est une jeune fille née d'une plante de romarin, l'étrange fille d'une reine. Confiée au jardinier, elle est victime de la jalousie des femmes.

Les petites oies : Une oie lutte et ruse contre un renard. Toujours aussi amusant ce genre de conte !

La petite fille vendue avec les poires : Poirette doit relever le défi de voler aux sorcières leur trésor. Aidée par une figure bienveillante, la fillette va gagner un trône.

Malchance : apporte la désolation partout. Une vieille femme l'accueille et lui propose d'apprivoiser sa chance. 

Le petit savetier bossu : L'homme farouche reçoit pour une nuit un petit bossu. Se vantant de l'exploit d'être passé chez lui sans avoir été dévoré, le bossu va devoir voler pour le roi toutes les richesses du géant.

Jeannot Bienfort qui en a mis cinq cents à mort : Par la ruse, Jeannot vient à bout de la terreur de la contrée.

Pomme et Peau : Les deux jeunes gens enlèvent la fille de l'enchanteur. Pour la sauver de la mort, l'un d'eux donne sa vie !

Les cinq mauvais sujets : Le Pouilleux se fait chasser de chez lui par des parents qui ne supportent plus ses frasques. Il rassemble autour de lui Foudre, Fortéchine, Oreille lièvre et Petit Soufflet. A eux cinq, ils possèdent le monde !

Petits contes très courts, pas toujours très moraux, ils sont tout à fait amusants et plairont beaucoup aux enfants !

vendredi 22 avril 2011

Le vicomte pourfendu

Merci à Kayleigh pour cet envoi. Il me tardait de lire ce tome de la trilogie informelle que sont le baron perché, le chevalier inexistant et ce titre de Calvino


Médard de Terralba est un homme comme tous les autres. Il part combattre les turcs. Mais il est un peu niais devant les choses de la guerre et se place juste devant la bouche du canon. Laissé pour mort, son corps déchiqueté devient un puzzle fascinant pour les médecins qui renvoient chez lui un être dont manque une moitié.

Le vicomte se révèle alors un être plein de méchanceté. Il tranche tout ce qu'il voit de sorte qu'on ne croise que des moitiés dans son sillage. Il attente à la vie de tous ses proches, il exerce l'injustice sans pitié. Mais il aime la jolie bergère Paméla. Qui se retrouve bien embêtée de cette situation.
Quand soudain, le vicomte semble tout entier dévolu au bien. Miracle ?

Narré par le jeune neveu du vicomte, ce récit pointe deux extrèmes : le mal absolu et le bien complet. L'un comme l'autre sont calamiteux. Et les habitants de Terralba en font les frais. 

Un conte qui m'a moins plu que le baron perché. Ici, j'ai trouvé le propos un peu trop rapide.

mercredi 27 janvier 2010

Cosmicomics

Italo Calvino a su encore une fois me séduire avec ce recueil de nouvelles toutes orientées vers la naissance de l'univers.

La distance de la lune : une histoire de planète colonie qui renferme des richesses et attise les fantasmes.

Au point du jour : Un matin, tout durcit et se forme... Difficile d'y retrouver ses petits !

Un signe dans l'espace : création des mondes et des signes.

Tout en un point : Tous les personnages, aux noms proches d'éléments, vivent ensemble, puis tout bouillonne et s'espace.

Sans les couleurs : Création des couleurs, de la brillance, de la lumière. Une histoire d'amour perdu très poétique.

Jeux sans fin : Collectionner des atomes et des éléments pour créer des galaxies.

L'oncle aquatique : L'évolution laisse derrière elle quelques être fascinants restés à un état de développement lointain.

Combien parions nous ? Tout est bon pour parier, les formations les plus proches d'univers et les événements historiques les plus lointains.

Les dinosaures : Ont-ils vraiment tous disparu ?

La forme de l'espace : la course parallèle et infinie des trois personnages.

Les années-lumière : cache cache et jeux entre les galaxies.

La spirale : ou la création de la coquille.

Point commun de ces nouvelles, les êtres semblent en être éternels. Pas de mort, pas de fin mais des transformations, des mutations. On sait d'ailleurs rarement qui sont ces personnages même si on retrouve Qfwfq dans diverses nouvelles. Et le cœur du sujet est finalement l'univers dont la naissance et le développement sont interrogés et romancés. Si vous n'avez pas vraiment l'esprit ou les connaissances scientifiques, ce n'est pas grave car un prélude de quelques mots situe la question et l'histoire. 

vendredi 6 février 2009

Le chevalier inexistant


Charlemagne bat le rappel. Tout le monde est en place pour affronter ces vilains sarrasins. Même Agilulfe Edme Bertrandinet des Guildivernes et autres de Carpentras et Syra, chevalier de Sélimpie Citérieure et de Fez. C'est le chevalier qui n'y est pas, celui qui est une armure et une voix. Celui qui vérifie tout, maniaque et précis, qui compte, qui range, qui ordonne. Bref, un vrai casse pied pour son entourage, dans un camp où règne le désordre.

Auprès de lui, son écuyer, Gourdoulou, qui a un nom différent selon chaque ville, qui est ce qu'il voit, qui croit être un canard, une grenouille, un poirier, une poire... Il y a aussi Raimbaut que le chevalier inexistant fascine et apaise. Il veut tuer le vizir qui a assassiné son père mais doit passer par une administration étonnante qui décompte la valeur des duels et par des interprètes qui traduisent les concours d'insultes. Son ami est Torrismond qui met en doute la qualité de chevalier d'Agilulfe.

Une quête de la vérité commence pour ces hommes et les conduit en Bretagne ou en Afrique. Et c'est oublier la part féminine de ce roman : la nonne qui conte l'histoire en pénitence. Et Bradamante qui combat avec les chevaliers de Charlemagne, s'amourache d'Agilulfe et méprise tous les autres (et ils sont nombreux) soupirants.

Remarquable petit roman de Calvino qui s'inspire avec beaucoup d'humour des romans médiévaux de Chrétien de Troyes, se moque des chevaliers de la table ronde et instaure un système du monde cohérent et plein d'imagination quoi qu'absurde à première vue. Je recommande !

mercredi 15 octobre 2008

Marcovaldo


Et encore Calvino ! Je l'adore cet auteur.

Marcovaldo est père de famille, manœuvre, époux d'une femme acariâtre mais prompt à s'émerveiller. 

Calvino utilise une fois encore de courts chapitres pour conter de courtes anecdotes, des historiettes, des fables intrigantes. 

Le cadre en est urbain, la ville est au cœur de ce livre comme un endroit gris, pollué, triste. Heureusement, certains événements viennent la transfigurer, la nature s'introduit subrepticement. Il peut s'agir de champignons, de poissons ou de lapins : tous sont des représentants du monde "sauvage" abimé par la cité ; les consommer est d'un danger extrême et ce qui au premier abord semblait naturel se révèle toxique. Le climat change aussi : le brouillard, la neige transforment le monde en un univers dont les secrets restent à percer. D'ailleurs, chaque chapitre est lié à une saison, saison qu'on devine quant elle n'est pas au coeur de l'intrigue. Chez Marcovaldo, les jours se suivent et se distinguent. Ils sont souvent fantastiques et fantaisistes. Et ses enfants participent à cette atmosphère étonnantes par leurs jeux et inventions.

lundi 22 septembre 2008

Le baron perché


C’est Tamara qui m’a donné envie d’acheter ce petit Calvino. Il demeurait dans ma PAL, quand un prince charmant à la recherche de lectures estivales l’a sorti des ténèbres et l’a emmené sous le doux soleil breton. Réintégrant ma PAL, alors que le prince remontait sur son cheval blanc, le petit Calvino me faisait de l’œil. Mais c’est seulement lorsque le prince a insisté que j’ai enfin craqué.

Côme du Rondeau, exaspéré par la passion de sa sœur pour les escargots, sort un jour de la table familiale pour ne plus jamais y revenir. Côme grimpe dans un arbre qui domine la maison et de là se glisse dans un nouveau royaume de frondaisons. Son frère Blaise raconte comment il organise sa maison, les brigands qu’il y rencontre, les livres qu’il y dévore. Car ce n’est pas parce qu’il vit dans les arbres qu’il vit hors de son temps : il échange des courriers avec les plus célèbres philosophes des lumières, fait le libertin avec des belles, gère son domaine…
Il se nourrit de chasse, s’installe une douche dans les arbres, puis des bibliothèques. Non, vraiment, le baron est bien installé ! Et son domaine est plein de surprises : une colonie d’espagnols par exemple ! Oui, oui, tous se sont perchés avec leurs gros chats.

Un roman plein d’humour qui rappelle les contes voltairiens. Sous couvert de roman d’aventure, on retrouve les thèmes philosophiques des lumières sur la liberté, l’état de nature, le gouvernement idéal etc.

dimanche 6 juillet 2008

Les villes invisibles


Encore une fois, j'ai adoré ce livre de Calvino. Cet écrivain m'enchante ! Ici, les jeux littéraires touchent au conte

Marco Polo et Kublai Khan devisent dans des jardins exotiques. Avec un air de mille et une nuits, les récits du vénitien enchantent et intriguent le puissant empereur. 
Marco Polo décrit des villes comme autant de femmes, faisant ainsi voyager le monarque. Entre ces descriptions, des échanges entre les deux hommes sur la nature imaginaire ou réelle de ces villes voire d'eux-mêmes. 

Les images sont très évocatrices, les villes diverses, regroupées parfois sous une même dénomination (les villes et la mémoire, les villes et le désir, les villes effilées, les villes et le regard, les villes et les morts...) sont autant de paysages oniriques que mon imagination se plaisait à construire. Multiples images de la seule Venise ou discours sur les villages croisés par le voyageur ? 

Villes anciennes ou futuristes, habitées ou désertes, sous terre ou dans le ciel, villes miroirs, doubles qui se confondent, toutes font délicieusement voyager et rappellent étonnamment toutes les cités traversées.

mardi 15 janvier 2008

Si par une nuit d'hiver un voyageur

...est mon dernier livre lu pour la réunion du Club des théières. Le thème de cette rencontre était l'Italie et Tamara et moi avions choisi Calvino pour coller au sujet. Nos deux dissertations furent dithyrambiques et nous avons hésité entre mention très bien et félicitations du jury pour cet auteur.

lectrice

Ce livre n'est pas ordinaire. C'est un livre qui interpelle son lecteur : "Tu vas commencer le nouveau roman d'Italo Calvino, Si par une nuit d'hiver un voyageur. Détends-toi. Concentre-toi. Écarte de toi tout autre pensée. Laisse le monde qui t'entoure s'estomper dans le vague." Et puis c'est un livre aux multiples facettes : pas moins de dix romans (en fait onze ou plus) en un seul. Je ne suis pas claire ? Attendez, je m'explique. Le Lecteur, protagoniste de ce roman, vient d'acheter un livre. Or, après la page 32, il trouve la page 17. Erreur d'impression, tout le livre est un aller-retour entre ces pages. Furieux, il retourne à la librairie où il rencontre la lectrice, Ludmilla et se retrouve avec un roman qu'on lui a donné pour le même mais qui s'avère complètement différent. Et Calvino s'amuse à passer de livre en livre, à croiser l'éditeur, le traducteur, l'auteur, bref à balader son Lecteur dans les arcanes du livre. Il finit par le faire voyager jusqu'aux pays où l'on censure les livres, à faire de son roman un manifeste sur la lecture et un roman d'aventure. La scène finale se place dans une bibliothèque où les lecteurs partagent ce qui les touche dans les livres et c'est un peu moi (nous ?) dans chacun. Je ne résiste pas à un autre extrait : "Le moment le plus important, à mes yeux, est celui qui précède la lecture. Parfois le titre suffit pour allumer en moi le désir d'un livre qui n'existe peut-être pas. Parfois c'est l'incipit du livre, ses premières phrases... En somme : s'il vous suffit de peu pour mettre en route votre imagination, moi, il m'en faut encore moins : rien que la promesse d'une lecture".

Le fil rouge ? L'histoire du lecteur... et de la lectrice, celle qui se laisse porter par les mots et par l'imaginaire, qui ne crée pas une analyse sémantique de chaque chapitre mais lit de façon totale. L'autre lectrice, Lotaria, découpe les livres, les offre à un ordinateur pour en extraire le sens, comptabilise chaque terme et l'interprète. 

Personnages multiples, jeu sur le faux, Calvino s'amuse dans ce texte à contrainte à faire découvrir de nombreux incipit de romans (polar, aventure, érotique...). Hélas, cela est particulièrement frustrant car chaque livre entamé n'est jamais terminé. Seul le fil rouge aboutit quelque part. Un jeu particulièrement brillant même si la répétition du principe peut lasser au milieu du livre. L'auteur sait, fort heureusement, donner un second souffle à son roman et se sort de l'exercice de façon émérite.

mercredi 31 octobre 2007

le chateau des destins croisés

Ce court roman de Calvino (mais s'agit-il vraiment d'un roman ou d'un recueil de nouvelles ?) obéit à une interaction perpétuelle entre images et mots.

Cathédrale medievale

Le cadre est le suivant : au fond d'une forêt immense, des voyageurs se retrouvent dans une étrange taverne médiévale. Là, ils sont privés de parole, suite à un enchantement dont nous n'avons pas la clef. Pour raconter leur histoire, les personnages ont recours à un tarot. Chacun place ses cartes indépendamment des autres et l'ensemble finit par former un tout cohérent. Bien entendu, comme les mots, les images peuvent prendre plusieurs sens et l'interprétation des cartes est multiple mais les hypothèses s'annulent à mesure du choix des différentes figures. Le château des destins est en réalité un lieu étrange où les différents personnages tirés du Roland furieux de l'Arioste se retrouvent.

La seconde partie est la taverne des destins croisés, troquet où cohabitent d'autres hommes et femmes au destin fabuleux. Le médiéval se mêle au futuriste, le destin d'Oedipe à celui du fossoyeur, celui de la géante à celui Lady Macbeth. Chaque récit est illustré des lames correspondantes et il est amusant de se perdre dans le jeu des voyantes, de déduire, de proposer, de corriger et d'écouter la vie des hommes comme un conte, comme un jeu, comme un château de cartes.

Démarche quasi surréaliste, cartomancie et fable se marient merveilleusement dans ce court opus.