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mercredi 28 juillet 2021

Arbre de l'oubli

J'avais un mauvais souvenir de mes lectures de Nancy Huston. Mais la jolie couverture et sa quatrième m'ont convaincue de retenter l'expérience. 

J'ai découvert plusieurs générations de la famille de Shayna : son père, anthropologue juif, qui a tout fait pour voler la vedette à son frère et consoler ses parents de la Shoah ; sa mère, Lili Rose, spécialisée sur le féminisme et le suicide des femmes artistes ; les parents de Lili Rose, protestants bien sous tous rapports mais finalement pas tant que ça ! On s'embarque dans une narration polyphonique, où les dates et lieux permettent de situer rapidement qui parle. Si le roman est surtout centré sur le vécu des personnages, le contexte américain voire mondial est souvent rappelé - pour dire que les personnages s'en fichent en général. Shayna, née d'une mère porteuse, cherche à comprendre sa famille et surtout ses origines. Elle est à la fois noire et femme, fille d’athées mais petite fille de grands parents pratiquants. Elle s'identifie à l'histoire des esclaves, à celle des femmes opprimées - mais un peu moins que sa mère. Sans parler de l'héritage de la Shoah ! Un roman d'actualité, vous l'avez compris. Et en même temps, un roman qui surfe un peu trop sur la vague de toutes ces évolutions sociales sans réellement les explorer, sans entrer dans leur histoire, leur évolution, leur actualité. 

Un roman que j'ai apprécié pour sa narration, ses personnages (quoique certains gagneraient à plus de profondeur), ses thématiques mais que j'ai trouvé un peu superficielles dans leur traitement. J'ai même trouvé que ça brouillait la compréhension d'enjeux pourtant essentiels. Dommage !

samedi 28 septembre 2013

Danse noire

Ma première lecture de Nancy Huston remonte à quelques années. Dolce Agonia ne m'avait pas emballée. C'est le même sentiment avec cette Danse noire.

Construit comme un scénario de film, ce roman est rythmé par les différents moments de la Capoeira ainsi que par son ta, ta-da Da, ta, ta-da Da, ta, ta-da Da,...
Paul Schwarz tape sur le clavier, près de Milo Noirlac, allongé et intubé dans une chambre d'hôpital. Paul raconte la vie de Milo, son amant, mais aussi de sa famille : sa mère, une indienne, Awinita, et son grand-père, Neil Kerrigan, un irlandais exilé au Québec. 
Les personnages sont intéressants, pas forcément sympathiques. Neil veut être écrivain et héros de la libération de l'Irlande. Awinita... que veut-elle ? S'évader ? Et Milo, il veut vivre. Malgré une enfance complexe, il devient un scénariste reconnu. Mais toujours en proie à de noirs démons. Inerte. 
Les sujets évoqués sont variés : guerre civile en Irlande, racisme, pauvreté, traîtrise, drogue, prostitution... Non, nous ne sommes pas dans les beaux quartiers. Ce sont des vies abîmées par la violence qui se déroulent devant nos yeux. 

Indien-Racisme

Le tout est narré avec un mélange de français et d'anglais. Mal parlés, façon cockney ou argot parfois. C'est un peu agaçant à force ces aller et retour entre les deux langues (surtout que la traduction anglaise, en bas de page, n'est pas vraiment lisible). Mais soit... 

Je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages. Lire un scénario en train de s'écrire ne m'a paru ni très original ni très agréable. Bref, j'ai l'impression d'être passée à côté de ce roman