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samedi 13 juin 2020

Le Livre de la jungle

Kipling est un mystère pour moi. Soit je trouve ses écrits inintéressants, soit j'apprécie beaucoup ! Et j'ai eu beaucoup de joie à lire ses nouvelles dans la jungle ou en Alaska dans ce recueil, un peu moins d'intérêt sur la dernière nouvelle. C'est bien sûr là que l'on rencontre Mowgli à travers plusieurs aventures, mais aussi d'autres personnages, humains ou animaux.

Les Frères de Mowgli : la découverte d'un petit d'homme et comment Raksha décide de l'adopter, avec l'accord de la meute.
La Chasse de Kaa : Après une leçon avec Baloo et Bagheera, Mowgli est enlevé par des singes. Les deux compères, ours et panthère, appellent un serpent, Kaa, à leur aide. Ce qui est plutôt terrifiant.
Au tigre ! Au tigre ! Comment Mowgli, hébergé par les hommes et chassé par les loups, tue son ennemi Shere Khan. 
Le Phoque blanc : En Alaska, un phoque aperçoit les chasseurs et ce qu'ils font subir aux siens. Il imagine trouver une terre protégée pour les phoques et écume les mers à sa recherche.
Rikki-tikki-tavi : une mangouste s'installe dans une maison, ce qui ne fait pas très plaisir aux serpents du coin. Bataille épique en perspective.
Toomai des Éléphants : Le père de Toomai est cornac et lui-même est appelé à ce métier. Une nuit, il a la chance d'assister à un spectacle unique, la danse des éléphants. 
Service de la Reine : A la veille de l'événement, les animaux d'une parade parlent de leur rôle à la guerre.

Chaque conte comporte un poème et une histoire, qui contient des animaux anthropomorphiques. C'est très moral, très axé loi de la jungle ou loi du plus fort mais c'est aussi sensible et drôle. J'ai plutôt aimé cet ensemble mais je ne suis pas sûre qu'il me marquera beaucoup !


mercredi 14 juin 2017

Au hasard de la vie

Je n'ai pas le même enthousiasme devant mon Kipling de cette année que devant celui de l'an dernier, La lumière qui s'éteint. Est-ce le format "nouvelles" ? Est-ce l'exotisme ? On retrouve par contre la puissance de l'écrivain, son gout de l'aventure et ses personnages étonnants.

La préface nous invite dans un monastère indien, auprès d'un sage aux nombreuses histoires, que rencontre notre auteur.
"J'écris sur toutes les choses qui sont à la portée de mon entendement et sur beaucoup qui ne le sont pas. Mais surtout j’écris sur la vie et la mort, sur les hommes et les femmes, sur l’amour et la destinée dans la mesure de mes capacités, en racontant l’histoire par les bouches d’une, deux personnes ou plus. Alors, par la grâce de Dieu, les histoires se vendent et me rapportent de l’argent qui me permet de vivre".
C'est certainement la partie qui m'a le plus plu, notamment avec ce passage : 
"- Moi, j’étais jadis un conteur renommé, quand je mendiais sur la route entre Koshin et Etra ; avant le dernier pèlerinage que j’aie fait à Orissa. Je racontais beaucoup d’histoires et j’en entendais encore plus aux gîtes d’étape le soir quand nous nous réjouissions après la journée de marche. Je suis persuadé qu’en matière d’histoires, les hommes faits sont tout pareils à des petits enfants, et que la plus vieille histoire est celle qu’ils aiment le mieux. 
- Pour ton peuple, c’est la vérité, dis-je. Mais en ce qui regarde mes compatriotes ils veulent de nouvelles histoires, et quand tout est écrit ils s’insurgent et protestent que l’histoire aurait été mieux racontée de telle et telle façon, et ils demandent si elle est vraie ou bien si c’est une invention. 
- Mais quelle folie est la leur ! fit Gobind, en écartant sa main noueuse. Une histoire qu’on raconte est vraie durant tout le temps qu’on met à la raconter." 

Quant aux nouvelles, elles se déroulent toutes en Inde et s'intéressent aux liens entre anglais et indigènes, aux combats, aux femmes... Bien entendu, c'est très daté et les indiens passent souvent pour des imbéciles. Dans mon édition, j'ai trouvé ces titres :
La Noire et la Blanche : Georgie Porgie s'installe en Birmanie. Il prend une locale comme gouvernante, qui s'attache à lui. Alors que Georgie pense à se marier en Angleterre.
Le Retour d'Imray : Imray a disparu. Mais il semble que son esprit erre encore dans sa maison.
Le Chef du district : Remplacer un anglais par un indien, ce n'est pas forcément une bonne idée. En tous cas, dans cette nouvelle.
Naboth : Un mendiant, Naboth, s'installe près de chez vous...
La Rancune de Pambé Serang : Certains ont la rancune tenace, même pour un plat de riz ! 
"Il fut soigné et ramené à la vie avec toute la science que peut procurer l’argent, car la justice le réclamait ; et à la fin il recouvra suffisamment de santé pour être pendu en bonne et due forme"
Par le feu : Histoire d'amour et d'adultère qui finit mal.
L'Homélie de l'émir : C'est pas bien de voler ! L'émir est assez sévère avec ce genre de crime.
Les Juifs de Sheshuan : Ephraïm rêve d'une synagogue pour les siens. Mais c'est sans compter sur les calamités qui se préparent !
Route du puits-qui-gazouille : Lors d'une chasse, notre héros découvre un lieu mystérieux, qui rend fou les hommes.
La Cité de l'épouvantable nuit : nuit de chaleur où tous dorment, corps entassés. Promenade nocturne.
Mulvaney, incarnation de Krishna : Mulvaney, Ortheris et Learoyd sont inséparables. Mulvaney, le soldat le plus courageux, mais aussi le plus fou. De retour d'une expédition avec un palanquin, il se retrouve à voyager à travers l'Inde et à se faire passer pour un Dieu à Bénarès.
Comment Mulvaney épousa Dinah Shadd : Et malgré ce que dit le titre, ce n'était pas gagné. Car il a beau être fort, il n'est pas très malin avec les femmes, Mulvaney.
Sur le mont de Greenhow : Encore une histoire avec Mulvaney et ses amis. Cette fois, il est question d'un déserteur.
La Mutinerie des Mavericks : histoire de société secrète et de complots à San Francisco.

Des nouvelles d'intérêt et de longueur variés. Tout est loin d'être inoubliable.


mercredi 15 juin 2016

La lumière qui s’éteint

Ce que je cherche avec Kipling, c'est l'aventure. Celle avec un A majuscule, qui t’entraîne aux confins de la terre. Mais dans ce roman, l'aventure est surtout un souvenir. 

Esquisse Mort Sardanapale, DelacroixDick et Maisie sont deux orphelins élevés ensemble. Ils font les quatre cent coups. Puis, après une ellipse narrative de quelques années, on retrouve Dick au Soudan où il vend aux journaux anglais des dessins de la guerre. Accompagné de Torp, journaliste, ils frôlent régulièrement la mort et ça leur plait. De retour au pays, Dick devient une star. Ses dessins se vendent comme des petits pains. Il a bien envie de se prélasser dans cette richesse inattendue mais c'est sans compter sur Torp qui le motive à se dépasser. 
Dans ce Londres bien gris par rapport au Soudan, Dick croise Maisie, elle aussi peintre. Il s'aperçoit qu'il l'aime et va tenter de la faire progresser, dans son art comme dans son cœur, par tous les moyens. Mais le destin cruel va lui jouer un tour affreux, le laissant aveugle.

Mené par la figure fière et cabotine de Dick, ce roman est plein d'impertinence. Les relations fraternelles entre l'équipe de journaliste sont enlevées, ce qui contraste avec la grisaille et la froideur de Maisie. Ici encore, il faudrait s'interroger sur la femme chez Kipling. Porteuse d'ennui et d'étroitesse, voire de bassesse, elle est un véritable repoussoir. 

Implacable, ce roman est un bel hymne à la liberté (de l'art, de l'homme) plein d'humour et de gouaille.