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vendredi 26 septembre 2014

Chroniques de Jérusalem

Je poursuis ma découverte de l'univers de Guy Delisle avec (enfin !) le titre que l'on m'avait initialement recommandé. Comme dans Chroniques birmanes, le dessinateur suit son épouse. Elle travaille à médecins sans frontières et lui s'occupe des enfants... mais moins qu'en Birmanie.

Difficile d'arriver à Jérusalem sans préjugé. Difficile de comprendre le fonctionnement de ce lieu. L'auteur commence par des promenades, avec ou sans poussette. Il s'étonne des aberrations des bus qui ne desservent que les quartiers arabes ou juifs. Et petit à petit, il s'aventure un peu plus loin dans la ville, découvre les joies des checkpoints et nourrit une fascination pour le mur de séparation...

Avec son coup de crayon toujours simple et clair, son regard naïf et curieux, Guy Delisle nous invite à visiter Jérusalem avec lui. Il nous fait partager son quotidien via ce carnet de voyage pas banal. Et il s'essaie à quelques planches sur la situation historique et géopolitique des lieux. Mais cela ne vous suffira absolument pas pour comprendre le conflit israëlo-palestinien, ne vous emballez pas ! Un roman graphique plein d'humour et de légèreté pour une ville qui en aurait besoin.

Chroniques Jerusalem Delisle
D.R.

lundi 18 août 2014

Chroniques birmanes

Et voici le dernier Guy Delisle lu récemment. Oui, quand j'ai envie de lire un auteur, je n'en reste pas forcément à un seul ouvrage. C'est mon côté boulimique du livre.

Dans cet opus, notre narrateur a quitté le monde de l'animation pour la BD et sa situation familiale a changé. Il est papa d'un petit Louis et marié à Nadège qui travaille pour Médecins sans frontières. Contrairement aux premières BD, celle-ci est découpée en petits chapitres qui se lisent de façon très indépendante. Si cela permet de s'arrêter plus facilement au milieu de la BD, cela lui donne moins de cohérence. On est un peu moins pris par les aventures du jeune père au foyer que celle de l'expat en Corée du Nord, mais peut-être est-ce le pays, moins isolé, qui veut cela ?

Via ses planches, le dessinateur croque la vie en Birmanie : les fêtes comme la fête de l'eau (incroyable ce truc !), les décorations des militaires et leurs décisions absurdes, les journaux censurés, les zones de pauvreté extrême, les moines, internet... Il montre également un peu du travail de MSF et de la vie des expats. 

Encore une fois, cette BD est bourrée d'humour, de situations exotiques, improbables ou absurdes. On ressent la présence de la dictature via quelques anecdotes qui prouvent que ce ne sont pas des rigolos dans le coin. Mais cette immersion d'un an permet à l'auteur un regard plus riche et nuancé que dans ses précédents opus. 
Chroniques birmanes Delisle
DR

lundi 11 août 2014

Pyongyang

Un bonheur n'arrivant jamais seul, j'ai pu lire ce titre en plus de Shenzhen de Guy Delisle. Cela complète un peu la vision que j'avais de son travail dont je ne connaissais auparavant que Le Guide du mauvais père

Bienvenue en Corée du Nord pour cet épisode. Là, Guy Deslile est en permanence escorté par son traducteur et son guide. Sans parler du chauffeur. Eh oui, il existe des pays encore plus fermés que la Chine... Et on le découvre dès la douane où tout le sac de l'auteur est vidé minutieusement.

Ce qui concerne le studio d'animation ressemble beaucoup à ce que l'on a vu en Chine à l'exception des portraits de Kim Jong-Il qui ornent toutes les salles du pays. Et tous les vestons des travailleurs, grâce à un charmant pin's. 

Pyongyang Delisle
DR
Il montre l'absurdité du système par beaucoup de petites touches : pas d'électricité sauf lorsque des représentants de gouvernements étrangers sont présents, des travailleurs "volontaires" pour peindre la moitié d'un pont, balayer ou couper de l'herbe sur une autoroute, etc. On peut même vous faire visiter le musée de l'impérialisme américain pour vous présenter les massacres qu'ils ont commis !

Le plus hallucinant est certainement le culte du leader. La première chose à faire en arrivant est de déposer des fleurs au pied de sa statue. Le seul musée à visiter est celui des 'cadeaux des pays amis' du leader. Le leader a écrit plus de mille ouvrages et réalisé plusieurs films... Et son peuple meurt de faim. Oui, oui, tout va bien !

Tout en relisant 1984, notre auteur peut expérimenter en temps réel les aberrations d'une dictature féroce. 

Une BD étonnante, certainement plus que Shenzhen, avec laquelle elle contraste par l'absence même des coréens (Shenzhen était plutôt du genre blindée). On a l'impression de remonter dans le temps lorsque le narrateur visite le métro qui fait abri anti-aérien ou lorsqu'il se déplace à Pyongyang, encadré par ses gardes, euh pardon, guides !

lundi 4 août 2014

Shenzhen

Cela fait des mois que je guette les BD de Guy Delisle en bibliothèque mais elles sont toujours prises d'assaut. Le bon côté de rester à Paris pendant les vacances, c'est que certaines deviennent plus disponibles.

J'ai donc enfin découvert les premières créations de cet auteur. Travaillant dans un studio d'animation, il est envoyé à Shenzhen où travaille une armada de chinois. Ils dessinent Papyrus, la BD de notre enfance, qui est ensuite diffusée à la télé. J'ignorais totalement cette sous-traitance de la série télévisée à l'autre bout du monde ! 

Shenzhen, c'est d'abord une chambre d'hôtel et un vigile qui teste son anglais. C'est la "maison" de l'auteur pendant ces quelques mois en Chine. 
Et c'est le studio d'animation avec une traductrice pas très fun. Il y a aussi les week-end en expedition à Hong-Kong et Canton. 
Mais l'essentiel se déroule à Shenzhen où notre occidental tente de se faire comprendre. Rien n'est facile lorsqu'on ne parle pas la langue, même commander un repas ! Mais plutôt que de communiquer, l'auteur peut observer. Il note ainsi comment traverser un flot ininterrompu de vélos, comment se faire servir au resto, de combien d'étages grandissent les immeubles en un week-end, etc...

Delisle Shenzhen
DR
Une BD pleine d'humour et d'autodérision, qui rend bien le malaise et l'ennui de l'auteur paumé dans ce pays.