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mercredi 18 mai 2011

Le musée du silence

Mes précédentes rencontres avec Yoko Ogawa m'ont donné envie de lire ses autres oeuvres. Et le titre de ce livre ne pouvait que me plaire !


Figurez-vous qu'il met en scène un jeune muséographe qui a presque carte blanche pour faire un musée. Le rêve ! Sauf que le commanditaire, une vieille dame têtue, est plutôt maniaque et perfectionniste. Son musée, ce ne sera pas n'importe quel musée. C'est un musée qui regroupera des objets ayant appartenu à des défunts du village voisin. A la mort de ces personnes, la vieille allait dérober un objet caractéristique chez eux. Maintenant, c'est au muséographe de prendre le relais. Drôle d'ambiance, non ? 
Sans compter que des meurtres se multiplient dans le village, le courrier ne semble pas passer et... tout semble cotonneux, épais et un peu glauque. 

Bref, l'atmosphère est un peu mystérieuse, teintée d'intemporel, le style est aussi volontairement vague quant aux personnages : ils n'ont pas de nom, c'est leur fonction qui les désigne. Par contre, il est à la fois fluide et précis dans la description, dans le matériel, l'objet.

Encore une fois, c'est une ambiance malsaine qui enrobe ce livre. Et l'on se demande un peu quelle était la nature de ce que l'on vient de lire : conte, rêve, roman ou réalité ?


mercredi 8 avril 2009

L'annulaire


J'ai renoué avec Ogawa le temps d'une courte lecture. J'ai retrouvé cette ambiance bizarre, un peu malsaine de La grossesse.

La narratrice travaille dans une usine. Elle a la vie d'une jeune fille normale. Un jour, son doigt se fait happer dans une machine. Après cet accident, elle quitte son travail. Une annonce sur un bâtiment change sa vie. Mr Deshimaru cherche une assistance pour la paperasse de son laboratoire. Pas besoin de compétence particulière, il faut faire des étiquettes, des listes, accueillir les personnes. Dans ce laboratoire, Mr Deshimaru fabrique et conserve des spécimens. Le reste de l'immeuble, ancien foyer de jeune fille, est habité par deux vieilles dames et comporte une grande salle de bain. C'est là que le docteur retrouve sa jeune employée et lui offre une paire de chaussures. Ce lieu devient celui de rendez-vous entre les deux protagonistes. C'est un peu le début de la fin... la narratrice nourrit d'étranges sentiments envers le préparateur. Et lui reste très secret et discret.

Un court roman, une nouvelle même qui joue sur l'ambiance et la situation étrange : on ne sait pas bien ce que sont les spécimens, de quand date cette pratique, qui est ce mystérieux Deshimaru etc...

mardi 18 novembre 2008

La piscine, Les abeilles, La grossesse


... sont trois nouvelles de Yoko Ogawa dont je rêvais de lire les écrits depuis un bout de temps.

La piscine : Aya n'est pas orpheline mais vit dans un orphelinat dont ses parents sont responsables. Elle a deux plaisirs : admirer les plongeons d'un compagnon et torturer les jeunes enfants. Un sentiment de perversité parcourt cette histoire. Tout y est très sec.

On retrouve ce même style dans la seconde nouvelle, Les abeilles. Une jeune femme indique à son cousin une résidence universitaire dans laquelle elle a vécu le temps de ses études. Le propriétaire est un homme sans bras auquel il ne reste qu'une jambe (rassurant, non ?). Il accueille avec joie son ancienne pensionnaire et donne une chambre au cousin. Lorsque la narratrice repasse, elle ne le voit jamais mais discute avec le propriétaire, très malade. Ambiance de déliquescence et bourdonnement incessant.

La grossesse. La narratrice habite avec son beau frère et sa sœur. Lorsque cette dernière est enceinte, elle s'astreint à lui éviter tout désagrément mais l'observe comme un animal curieux. Évolution assez répugnante des changements corporels de la femme enceinte et méchanceté souterraine. L'ambiance malsaine est toujours là.

J'ai trouvé ce recueil dérangeant mais plaisant.