lundi 10 septembre 2007

Antigone et les mariés de la tour Eiffel

Le théatre de Cocteau est souvent agréable à lire, je n'ai encore jamais eu le plaisir de le voir jouer mais il est vrai que mon budget opéra dévore le budget théâtre (et encore, j'évite d'évoquer le douloureux budget livre). Ces deux pièces n'ont toutefois pas provoqué de palpitation particulière.
Antigone est une traduction assez libre et franchement raccourcie de la pièce de Sophocle. Cela donne parfois des effets surprenants mais il vaut mieux retourner voir le vieux dramaturge grec. Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire d'Antigone, rapide résumé : Oedipe a découvert qu'il avait épousé sa maman et fuit Thèbes. Du coup, ses deux fils, Etéocle et Polynice (qui porte bien son nom) se disputent la souveraineté. Un fratricide s'ajoute aux crimes de la famille, on n'est plus à ça près. Leur oncle Créon monte sur le trone et interdit que Polynice soit enseveli. Antigone brave cette loi et se voit promise à Hadès.
Les mariés de la tour Eiffel est amusant. Deux phonographes commentent les aventures d'une noce et de leur photographe sur le monument. C'est du grand n'importe quoi car au lieu du traditionnel petit oiseau, c'est une série de personnages plus étonnants les uns que les autres qui sortent de l'appareil.

Le premier...

...des trois livres du paquet était le chirurgien de Tess Gerritsen. Un bon pollar comme j'aime en lire une fois l'an. Bon, spontanément je ne saute pas sur ce genre de livres donc merci ma 'tite bibliothèque.
A Boston, Moore et Rizzoli enquêtent sur des crimes atroces : un homme tue des femmes après leur avoir oté l'utérus. Très sanglant tout cela... et trop détaillé à mon goût mais passons... Ce type de meurtre rappelle étrangement une précédente affaire. Or le meurtrier avait été descendu par sa dernière victime alors qu'il venait de la violer. Cette victime, c'est Charlotte Cordell, brillant chirurgien de Boston. Le meurtrier a-t-il survécu ? Charlotte omet-elle des éléments de l'histoire ? Pourquoi le meurtrier semble-t-il vouloir la terroriser ? Quel lien existe-t-il entre les différentes victimes ? Thomas Moore s'attache à l'affaire et à Charlotte tandis que Rizzoli cherche à prouver sa valeur à ses collègues masculins, suivant ses déductions et ses intuitions. Un policier bien ficelé, prenant, que je n'aurai pas choisi mais que j'ai apprécié.

La souris bleue

C'est le second Atkinson que je lis et je suis assez convaincue par ces lectures.

Ici, différents cas sont exposés. Il s'agit de crimes, de disparitions et autres meurtres non élucidés, présentés de sorte que le contexte minimum soit compréhensible. Toutes ces affaires ont un point commun : Jackson, détective. Différents clients ont fait appel à lui pour résoudre ces mystères non résolus... et assez anciens. Outre le coté polar, Atkinson choisit de montrer une société britannique souvent ridicule, qui prête à rire ou à pleurer. Les relations parents-enfants, les rapports mari et femme, le célibat, tout est montré dans ses excès ou dans sa quotidienneté.

La petite Olivia, si mignonne, a disparu. La fille de Théo a été assassinée. Michelle a fait taire son mari. Jackson veille sur sa fillette et fait difficilement le deuil de son divorce. Quelques flash back, des petites filles vétues comme des ado, des grands mères à chats... Il y a du monde dans ce roman et s'en est réjouissant.

vendredi 7 septembre 2007

Le dernier Nothomb

... est un bon cru ! Enfin, je l'ai trouvé sympa, pas ennuyeux comme les derniers. Il avait un coté frais, plaisant, moins malsain que d'autres. Le narrateur revient au Japon et donne des cours de français. Son unique étudiant, Rinri, tombe amoureux d'elle. Il l'aime tandis qu'elle l'aime bien. Elle analyse donc la façon dont se développe cet amour, les étapes à franchir. Forcément, il y a les parents, les amis, les moments à deux... Et face à ce malheureux amoureux, la passion de l'auteur pour les montagnes, pour le Japon, s'exprime avec flambloiement. Ni d'Eve ni d'Adam nous montre un nouvel aspect de la vie d'une occidentale au Japon, un peu avant Stupeur et tremblements.

Yvain ou le chevalier au lion

Voici mon petit classique de l'été pour répondre à la demande de Lou. Chrétien de Troyes nous mène dans la cour du roi Arthur. Un chevalier y raconte une de ses expéditions et comment aux abords d'une fontaine magique il fut vaincu par un autre homme. Le roi Arthur choisit de s'y rendre afin d'observer le miracle et de combattre le chevalier. Yvain, bien décidé à trouver la gloire, s'y rend seul en avant garde. Il vainc le chevalier et le poursuit jusque dans son chateau où il est retenu prisonnier. Là, il reçoit un anneau d'invisibilité et échappe à la dame et aux serviteurs furieux de la mort de leur maître. Yvain tombe amoureux de la dame et, grâce à une servante, gagne ses faveurs. Il l'épouse et obtient la permission de gagner la gloire aux cotés de Gauvain pendant un an. Or il ne respecte pas son serment et oublie sa promesse. Il en devient fou. Lorsqu'il retrouve ses esprits, il décide de regagner sa femme en combattant pour de nobles causes.
Les romans de Chrétien de Troyes sont agréables à lire, ils sont pleins d'humour et de grands combats, de dames courtoises et de servantes rusées. La partie la plus plaisante du roman est certainement celle où Yvain rencontre et combat avec son lion.

Pour plonger dans le Moyen-Age
Pour croiser un tout autre Yvain

Les bienveillantes

C'était le dernier pavé de l'été que je n'avais pas encore pris le temps de commenter. Bien sûr, tout le monde a parlé de ce bouquin l'an dernier, un bon nombre de foyers ont acheté ce livre mais qui l'a réellement lu ?
Le premier chapitre, Toccata, donne envie de poursuivre, il explique la démarche d'un homme agé qui souhaite raconter ses mémoires. Attention, dans les chapitres suivants, cela se corse. Le jeune Maximilien Aue est un SS, il tue les juifs parce que c'est un ordre. Il part du présupposé qu'il n'existait pas d'autre choix pour un Allemand. Les descriptions sont ignobles, le lecteur lit avec horreur et dégout les actes de ces hommes. Mais Maximilen Aue n'est pas un monstre sadique, ses crimes lui pèsent et le torturent. Il trouve alors refuge dans les livres, la philosophie et la musique. Ce SS n'est pas longtemps un de ceux qui tuent mais de ceux qui font des rapports. Et les rapports, sur tout et n'importe quoi, ces études sur du vide, foisonnent dans ce livre. Vacuité des mots, vacuité des dialogues. Pour tout dire Allemande I et II est pénible, il faut se battre pour continuer la lecture, il faut intégrer les multiples grades de l'armée, il faut accepter d'être voyeur. Tout dérange. La suite, habitude ou réel changement, qui montre Aue à Stalingrad, à Berlin jusqu'à la chute de la ville est plus lisible. Le ton adopté est souvent froid et se veut détaché mais Aue n'échappe pas aux cauchemars, qui confinent parfois à la folie. Outre ces mémoires de SS, sujet sur lequel on a tant insisté, apparait un Oreste. Il faut, pour ceux qui ne connaissent pas ou mal Eschyle, relire l'Orestie. Eschyle est le guide de ces relations familiales imaginées par Littell qui reprend précisemment les figures de style du dramaturge. On trouve un père absent, remplacé par un autre homme, l'amant de sa mère. Une soeur avec qui les relations sont incestueuses. Un meurtre... Et puis, il y a Platon qui guide l'homosexualité de Aue. C'est difficile de le voir jouer avec les concepts et les grands mots de la philosophie avec érudition, de le savoir si intelligent et si SS... Lecture douloureuse, j'ai failli le lacher en route mais j'ai persévéré. Je ne le conseille pas à qui hésite, il faut avoir envie de le lire parce que les 200 premières pages sont à vaincre pour gouter les suivantes.
Quant au titre, encore un coup d'Eschyle ! Les Euménides, dernier volet de l'Orestie sont ces fameuses bienveillantes, ces déesses noires qui poursuivent les patricides.

mercredi 5 septembre 2007

Les gens avisés


... ont souvent raison. Ce midi, je n'ai pu resister à la tentation d'ouvrir le paquet surprise. Et là, grosse déception. Sur les trois livres, j'en ai lu deux, le manga Body and Soul, et le troisième est dans la bibliothèque familiale. Le petit manga est sympathique sans plus, chaque chapitre commence par un petit topo qui explique comment se sentir mieux. Et l'histoire est assez banale, une jeune femme tombe amoureuse de son médecin. Bref, un truc un peu bizarre mais qui se laisse lire.
Je vais aller les rendre et, qui sait, peut-être choisir un autre paquet ?!

EDIT : Je n'ai pas eu le temps de passer à la bibliothèque. Peut-être tenterais-je ma chance au retour des vacances ?

EDIT : Youpi, j'ai un nouveau paquet ! Et je ne connaissais pas les livres qu'il contenait :)
J'ai deux pollar et un livre de SF.

dimanche 2 septembre 2007

C'est pas la fin du monde


Ce roman est clairement la preuve que je deviens "blog addict". J'ai lu des commentaires assez élogieux et/ou intrigants sur les œuvres d'Atkinson et ai décidé de voir de quoi il retournait cet été. Hélas, à peine cet opus terminé, je me suis lancée dans une quête stérile de ses autres œuvres, la librairie le plus proche étant en fait très loin pour qui se déplace à vélo. Rassurez vous, l'une de mes premières pensées après le concours fut pour Atkinson et je viens de finir la souris bleue. Avant de vous en parler, je vais essayer de rattraper mon retard de vacances :)

C'est pas la fin du monde apparaît comme une suite de nouvelles, sans rapport les unes avec les autres, si ce n'est qu'elles se situent généralement en Angleterre, entre Londres et l'Écosse. Le ton d'Atkinson est assez cynique, ses histoires pessimistes situées dans divers milieux sociaux. Elle a tout de même une prédilection pour les divorces, les femmes abandonnées et les enfants négligés ou trop couvés.

L'originalité de ce recueil, c'est que ces nouvelles sont liées, des personnages se retrouvent, les secondaires occupent le devant de la scène et apportent un nouvel éclairage aux autres nouvelles. Chacune d'elle est savoureuse, la vie quotidienne y devient parfois surnaturelle, ce qui permet de la rendre bien plus plaisante ou infiniment pire.

Seconde Fondation

Suite de ma lecture d'Asimov...

Le Mulet a conquis les mondes grâce à un exceptionnel pouvoir mental. Il peut convertir les hommes. Le nouveau maître de Fondation cherche la seconde fondation d'Hari Seldon, un monde qui ne regrouperait pas des physiciens mais des psychologues, des hommes susceptibles de lui nuire voire de l'influencer mentalement. Après la quête du Mulet commence celle du docteur Darell et de sa fille, jeune aventurière un peu trop influencée par ses lectures (!). 
On apprécie ici la place laissée aux personnages. Ceux ci n'étaient souvent qu'esquissés dans les tomes précédents mais gagnent ici en profondeur. De simples objets dans l'histoire, dont l'identité restait indifférente, ils deviennent de véritables sujets comme si l'apparition des psychologues permettait alors de prendre en compte l'univers intérieur des personnages.

Fondation et empire

Suite de ma lecture d'Asimov...

Ce n'est pas le tout de fonder un nouvel empire au bout de la galaxie, il faut aussi le défendre et le maintenir. Surtout que l'ancien empire possède quelques ambitieux personnages tel Bel Riose, général tout à fait prêt à prouver ses mérites. Après avoir capturé un marchand de la Fondation, il souhaite attaquer. Lorsque le bras droit de l'empereur le rejoint... Grosse erreur car tout le monde sait qu'un militaire et un politique loin de leur maître ne font jamais beaucoup de bien à ce dernier.

La seconde crise du livre laisse apparaître un conquérant exceptionnel, le Mulet, qui soumet mystérieusement toutes les planètes attachées à la Fondation. Le Mulet est une faille dans le plan de Seldon. Tout semble destiné à lui céder. Un jeune couple a recueilli son fou, le clown, et espère bien trouver grâce à lui le moyen d'arrêter le Mulet.

L'enfant et la vie familiale sous l'Ancien Régime

Il est rare que je mentionne ici mes lectures "sérieuses", livres de cours, d'examens et de concours, livres de recherches, thèses et articles (parfois imbuvables). Je fais une exception pour ce livre de Philippe Ariès, très facile à lire, très intéressant et très documenté... et surtout, le style n'est pas exécrable, ce qui est plus que rare chez les historiens.

La première partie est la plus fascinante, elle peut paraitre anecdotique mais elle renseigne sur la façon de percevoir l'enfant par rapport à l'adulte, du mignotage à la franche exaspération, la place de l'enfant se définit avec le temps, de l'indifférence au sacre de l'enfant roi.

Les autres parties s'intéressent à l'éducation et aux enseignements ainsi qu' à la famille de façon plus générale.

Récits de l'exil

Je n'avais jamais lu Nina Berberova. Voilà une lacune en partie réparée. Encore une fois, vive le challenge qui me fait découvrir des plaisirs insoupçonnés dans ma Pal. Le ton de Berberova est doux, son style agréable. Il ne se passe pas grand chose dans ses nouvelles et ses personnages principaux sont des anti-héros, pourtant on se laisse gagner par cette écriture tout en demi teintes, en ellipses, en non-dit. L'ensemble est assez pessimiste voire cynique mais la morsure des mots est toujours moindre que celle du froid !
L'accompagnatrice est la première nouvelle. Il s'agit du journal d'une jeune fille, fascinée par la chanteuse qu'elle accompagne au piano. En son coeur, se partagent l'envie et l'adoration, la soif de détruire et celle d'idolatrer. L'histoire d'une ombre.
Roquenval est un petit manoir français où le jeune Boris est invité par un camarade de classe. Il y rencontre la comtesse, la jolie Kira, l'oncle aventurier... une galerie de personnages qui quittent le chateau.
Le laquais et la putain est certainement l'histoire la plus sordide du recueil. Décadence d'une femme russe à Paris, ses subterfuges pour rencontrer un protecteur, ses inquiétudes de femme vieillissante, la laideur des hommes...
Astachev à Paris est l'histoire d'un jeune opportuniste. Agent d'assurance, il débite des sornettes sur la mort, se croit philosophe et cultivé alors qu'il exploite l'horreur de la finitude. Il profite de la douceur de sa mère et des largesses de sa belle-mère. Il séduit une jeune fille... pour le plaisir.
Quant à la resurrection de Mozart, il s'agit de quelques jours du printemps 1939, de l'insouciance à la débacle.

samedi 1 septembre 2007

Luz ou le temps sauvage

Osorio trainait dans la bibliothèque familiale depuis quelques années. Il m'a fallu l'enjeu du challenge ABC et du club de lecture pour me décider à l'ouvrir... et je n'ai pu le refermer avant la fin.
Luz est en Espagne, elle téléphone à un homme qu'elle ne connait pas et lui fixe rendez-vous. Dans un café, elle va lui raconter sa vie à travers les voix de ceux qui l'ont connue. Luz est agée d'une vingtaine d'année, elle vient de retrouver son père.
Luz est née en 1976 en Argentine, pays alors dirigé par les militaires. Leurs agissements impunis et les tortures qu'ils infligent aux prisonniers politiques forment l'arrière plan d'une sombre époque. Miriam ne s'en soucie guère, elle gagne sa vie, elle plait, elle aime. Son regard change lorsqu'elle accueille Liliana, une prisonnière communiste, et sa fillette, Luz. L'enfant est adoptée par une famille liée aux militaires et grandit dans l'ignorance. Son père adoptif entreprend des recherches ainsi que Miriam, mais les menaces, la peur et les coups font taire bien des secrets. Ce n'est qu'en devenant mère et en cultivant un amour sincère avec Ramiro que Luz commence à douter de ses origines.
Un très beau livre, une écriture et un style fluides et agréables, des personnages attachants. Tout concourt à en faire ma meilleure découverte de l'été.

vendredi 31 août 2007

Autant en emporte le vent

Il parait que c'est une saga, et une saga respectée, attention ! Pas l'une de celle dont on dit, que "voui, peut-être, à la rigueur...", c'est une vraie de vraie ! Mais moi je croyais qu'une saga, même si ça se dévorait, ça n'était pas englouti si vite. Margaret Mitchell m'a tenue en haleine deux jours, comme Harry Potter en fait, sauf que son pavé fait le double de pages (oui, mais je l'ai lu en français). J'étais un peu ogresse cet été... et je ne vous parle que de ce qui est racontable, je passe sur le poids de mes bouquins d'histoire et sur le temps que j'ai passé à potasser une "histoire de la famille" qui n'est même pas tombée au concours.


Revenons-en à Scarlett, car c'est bien d'elle qu'il s'agit. Je fais un rapide pitch mais je suppose que tout le monde a entendu parler de la guerre de sécession, de Rhett et de Tara. La jeune et jolie Scarlett aime qu'on lui fasse la cour, rien ne lui plait plus que d'avoir les garçons à ses pieds, c'est la starlette de Tara et de ce petit coin de Géorgie. Quand elle apprend qu'Ashley va se marier avec Mélanie alors qu'elle avait jeté son dévolu sur lui, rien ne va plus... elle lui avoue son amour, en présence d'un tiers (le charmant Rhett à la réputation si douteuse), est éconduite et choisit par dépit d'épouser le frère de la mariée, Charles. La guerre éclate et Charles est l'un des premiers à tomber. Scarlett passe du stade de jeune fille à épouse puis à veuve et mère en moins d'un an. Elle quitte Tara pour vivre à Atlanta près de Mélanie. Elle soigne les blessés, participe aux galas de charité. C'est lors d'une de ces tristes soirées qu'elle croise à nouveau Rhett et fait scandale (danser avec une jeune veuve, pouah pouah). La vie s'écoule à Atlanta chez la vieille tante Pittypat jusqu'à ce que le recul du front en fasse une zone sinistrée. C'est dans des conditions atroces qu'accouche Mélanie et que Scarlett emmène son petit monde à Tara. Là, paysages désolés, foyers décimés... Scarlett relève sa plantation à la force des poignets, mais il n'y a jamais assez pour vivre convenablement. Elle retourne à Atlanta pour y trouver un mari. Repoussée par Rhett, d'humeur moqueuse malgré son séjour en prison, elle prend pour second mari le prétendant de sa soeur. Dès lors, elle gère ses propres affaires et envoie de quoi relever Tara. Elle met au monde un second enfant et son mari meurt lors d'une sortie du kukluxklan. Enfin, elle épouse en troisièmes noces le seul, l'unique, le cynique et génial Rhett Butler. Ah Rhett, ton élégance, ton flegme, tes répliques si justes.... Scarlett vit avec lui dans l'opulence, elle accouche d'une charmante fillette, Bonny, que Rhett gate et choie plus que tout. Avec la mort accidentelle de cette enfant, les différends du couple ressurgissent. Ce n'est qu'à l'agonie de Mélanie que Scarlett s'aperçoit 1) qu'elle n'aime plus Ashley 2) qu'elle est amoureuse de Rhett. Mais Rhett s'en moque...
Ahhhhhhh, ce livre est à faire pleurer ! Mais pourquoi est-elle si aveugle ? Scarlett est insupportable mais adorable, elle est odieuse mais on la detesterait différente. Après tout, la sainte, c'est Mélanie. Et cette société si convenue, ses noirs si dévoués... heureusement qu'il y a Scarlett pour épicer le tout ! Et puis, Rhett... mauvais garçon mais si parfait. Je suis pour la création d'un fan club !

Caramel


Beaucoup de voyages cet été, à travers mes lectures, mais aussi grâce à ce film très sympathique. Trois jeunes femmes travaillent dans un institut de beauté. Layal sort avec un homme marié, Nisrine va se marier mais n'est plus vierge, Rima aime les femmes. Discussion et compréhension, entraide et amitié sont au rendez vous. Parmi les clientes et les voisines, il y a aussi l'éternelle figurante qui refuse de vieillir ; la sublime inconnue aux longs cheveux ; Rose, couturière qui découvre tardivement l'amour ; Lili qui ramasse des papiers. Et puis il y a des hommes, LE sujet de conversation, leurs bétises et leurs émotions parfois incompréhensibles. Ce film est touchant, derrière une apparente gaité, beaucoup de non-dits et de souffrance, mais de l'optimisme et de l'humour. La solidarité de ces femmes pour affronter le quotidien est forte et belle. Un film ensoleillé, à voir !

Le buveur de lune

Tunström faisait partie de mon challenge et, contrairement à d'autres, je n'ai pas été déçue. Pour les fans de littérature nordique, je précise que l'auteur est suédois et que son récit se déroule en Islande. On retrouve chez lui cet amour de la nature qui apparaît à travers d’envoûtantes descriptions. Mais l'essentiel n'est pas là, ce livre est poétique, drôle et émouvant. Bref, il m'a touchée.
Nature-Neige
Chaque partie commence sur la situation actuelle du narrateur, retiré loin de tout pour écrire. Les premières pages sont ainsi très déconcertantes car elles évoquent des évènements qui ne seront contés que bien plus tard et dont on ne saisit pas l'importance au premier abord. Pétur écrit sur son père, son enfance, sa mère qu'il n'a pas connue, ses amies... Il a été élevé seul par son père, chroniqueur d'une émission de radio sur les poissons et la pêche, proche de ministres et grand ennemi de la France. Parmi les anecdotes, la plus frappante - et qui scelle le destin du héros (je me sens grandiloquente aujourd'hui) - est certainement celle du "ballon de l'indépendance". En deux mots : le père de Pétur fait partie de ces personnes nées le jour de l'indépendance de l'Islande et qui ont reçu à leur naissance un ballon de l'état. Pétur en devient possesseur lors d'un anniversaire et s'empresse de jouer avec. Mais lorsqu'il l'envoie sur Juliette, la fille de l'ambassadeur de France, il se voit opposer un farouche refus à sa demande de restitution. L'ambassadeur déclare le ballon propriété française. L'ennemi est ainsi dessiné, notre vaillant Pétur et son père élaboreront mille stratégies pour recouvrer leur bien. Pétur décrit l'évolution de sa relation avec son père, son installation en France, la dégradation de ses rapports familiaux et la joie de retrouver son pays...
L'humour n'est jamais absent, je ne résiste pas à mettre un petit extrait, une fois n'est pas coutume : "Ainsi donc il était peut-être déjà inscrit que Thorsteinn, dans cet épais brouillard où tant de choses se trament à notre insu, ne tournerait pas le volant mais continuerait tout droit, entrerait par la porte de l'église, remonterait l'allée centrale jusqu'à se retrouver coincé, le capot planté dans l'autel. Quand celle qui, un peu plus tard, allait devenir ma nouvelle tante par alliance comprit qu'elle avait survécu, elle ouvrit la main, et de sa main tomba la soutane du pasteur Jon qui voila les fesses du Christ". Et pour couronner le tout, l'édition Acte sud est très agréable à lire, son papier est un régal pour les yeux et les doigts... une belle lecture !

La fille coupée en deux

Comme moi, vous aviez peut être été interpelés par ces affiches que l'on croisait à chaque station de métro courant juin-juillet :


A l'époque, il n'y avait qu'un titre, une jeune femme et je me demandais s'il s'agissait d'une nouvelle pièce ou d'une expo, d'un livre ou d'un film... et je trouvais le concept sympa, j'avais envie d'en savoir plus. Alors quand on m'a proposé une sortie ciné, je me suis dit, pourquoi pas, j'aime bien la cadette de huit femmes et le petit momo. Hélas, ce film accumule clichés, niaiseries et historiette fadasse. Et le tout passe siiii lentement...
Il s'agit de reprendre le thème éculé du trio amoureux : il y a la jeune fille, petite gloire locale (elle présente la météo), le vieil écrivain qui redoute de vieillir et le jeune rentier cinglé. Le tout est d'un cynisme fou et d'une lourdeur effrayante. La prestation de Benoit Magimel est cependant remarquable !

jeudi 30 août 2007

Harry potter and the deathly hallows

Rowling m'a permis de commencer les vacances en beauté. J'ai patienté jusqu'au moment de prendre le train (pour la Bretagne, non pour Hogwarts) puis là... je me suis embarquée pour deux jours de lecture non stop. Ce dernier tome est plus que sympathique.
Pour les curieux, il donne beaucoup de réponses à des problèmes laissés en suspens. Sinon, on y retrouve tous nos personnages favoris, même ceux qu'on a un peu oubliés (c'est ça de faire patienter si longtemps les lecteurs). Il y a une bonne dose d'humour, de l'amour et de l'amitié, de l'aventure, du suspense... beaucoup d'émotion aussi, la gorge nouée parfois... et je ne me suis pas ennuyée une seule seconde ! Par contre, tout se précipite trop vite, on regrette parfois que certains chapitres ne soient pas plus longs. Quelques clichés aussi, il y a trois pages de trop dans ce livre (je ne vous dirai pas lesquelles). Bon, je ne débrieffe pas plus, je risque d'en dire trop !

Moi je sais s'il est mort... nananananèreeeeeee ! ;)

Eloge du mariage, de l'engagement et autres folies...


Christiane Singer, en quelques pages, quelques courts chapitres, nous offre ses réflexions, ses anecdotes et ses contes sur l'engagement. Acte pas banal, qui me parait fou.

C'est certainement les mariages de Mélou, d'Anna, de Solène qui me donnent envie de comprendre cette folie. Pour tout dire, je n'y comprends toujours rien !

Mais les mots de Singer m'ont fait découvrir un auteur profond, sensible. J'ai également acheté histoire d'âme, qui trône sur ma PAL.

Mon coup de coeur chez cet auteur

Swap !


Merci à Leeloo d'organiser le swap "lithérature". L'envie de participer à un swap me taraudait depuis quelques temps mais j'avoue que l'alliance de mes plaisirs favoris ne m'a pas fait hésiter longtemps. Ikastor qui participe aussi a eu la gentillesse de me ramener comme souvenir de Prague... du thé ! Le délicieux "Maly Budha" d'un petit tea shop (en photo au dessus) :) Merci !
Et mon amoureux est serveur à York dans un salon de thé pour l'été... le Betty's.


mardi 28 août 2007

Louise Labé me parle de toi

Je fuis la ville, et temples, et tous lieux
Esquels, prenant plaisir à t'ouïr plaindre,
Tu pus, et non sans force, me contraindre
De te donner ce qu'estimais le mieux.

Masques, tournois, jeux me sont ennuyeux,
Et rien sans toi de beau ne me puis peindre ;
Tant que, tâchant à ce désir éteindre,
Et un nouvel objet faire à mes yeux,

Et des pensers amoureux me distraire,
Des bois épais suis le plus solitaire.
Mais j'aperçois, ayant erré maint tour,

Que si je veux de toi être délivre,
Il me convient hors de moi-même vivre ;
Ou fais encor que loin sois en séjour.

lundi 27 août 2007

Retour de vacances

J'ai flané sur quelques blogs, rapidement. J'ai des pages de lecture en perspective ! Je file à Paris pour le concours et je reviens en fin de semaine. Au programme : Harry Potter (LA lecture de l'été ;) ), Les Bienveillantes, Autant en emporte le vent (mon coté fille), Asimov, deux films et d'autres découvertes...

dimanche 29 juillet 2007

Bonnes vacances !


Je rejoins enfin mon bateau, youpi plop ! Cela signifie livres à gogo, lettres aux absents et plein air toute la journée. C'est ma vie sans internet ni téléphone (si, c'est possible !). Je ne souhaite qu'une chose , un peu de

Bonnes vacances !

Mes lectures ?

J'ai pioché ce petit questionnaire chez Sandrounette, il propose des choix... cornéliens !

- Molière ou Racine ? Racine ! Ses figures féminines sont merveilleuses. Molière me fait sourire, mais Racine me touche plus.

- Rousseau ou Voltaire ? Voltaire : L'engagement, le punch, les satires. Rousseau m'a un peu lassée dans ses Rêveries, par contre, j'avais aimé la Nouvelle Héloïse. C'est un peu mièvre, j'en conviens mais ça se laisse lire.

- Sade ou Laclos ? Laclos, pour son raffinement dans la perversion des valeurs. Sade la partage mais tout devient luxure plutot que libertinage. D'ailleurs, je vais relire les liaisons cet été !

- Hugo ou Zola ? Hugo parce que je n'ai pas encore lu tous ses romans (il me reste Han d'Islande et Bug Jargal), pour ses poèmes (sauf quand il en fait trop) et son théâtre... Zola :( Tout est lu :'(
Bon, ça veut peut-être dire que je préfère Zola ? Ou alors que les Rougon-Macquart se lisent plus vite que la totalité des oeuvres romanesques d'Hugo ? ;)

- Flaubert ou Balzac ? Flaubert pour la langue, le style ciselé, les mots si bien choisis mais je ne dédaigne pas pour autant le lys dans la vallée.

- Alexandre Dumas ou Jules Verne ? Alexandre Dumas. Pour le rythme et pour l'époque. Jules Verne a pu m'ennuyer...

- Verlaine ou Rimbaud ? Verlaine. Mais à 17 ans, je préférais Rimbaud.

- Mauriac ou Bernanos ? Mauriac, mais Bernanos n'est pas loin derrière. A vrai dire, je ne les adore pas vraiment.

- Kafka ou Conrad ? Kafka ! Dommage qu'il n'ait pas plus écrit, je suis une inconditionnelle.

- Agatha Christie ou Conan Doyle ? Conan Doyle sans hésiter. J'aime bien aussi la petite Agatha mais je crois que je me suis lassée.

- Sartre ou Camus ? J'hésite... J'ai adoré la Peste. Mais le théâtre de Sartre m'enchante. Allez, va pour Sartre, mais, c'est un peu grâce au Castor.

- Hemingway ou Steinbeck ? Hemingway.

- Céline ou Proust ? Proust mais j'aime aussi Céline. Il y a juste le côté gouaille qui m'agace parfois, et ses opinions... mais c'est une autre histoire.

- Queneau ou Pérec ? Pérec.

- Fante ou Bukowski ? Aucune idée. Lacune à combler très vite.

- Paul Auster ou Philip Roth ? Bon, faut aussi que j'aille lire Roth pour trancher ! Pour le moment, c'est donc Auster... que j'aime beaucoup.

- Beigbeder ou Houellebecq ? Argh, ils m'exaspèrent tous les deux. Ce sera ni l'un ni l'autre. Si on me torture, je choisis quand même... Beigbeder.

- Marc Lévy ou Annie Dupérey ? Pff, les deux m'agacent (oui j'ai lu des bouquins de ces auteurs, personne n'est parfait ;) ). Lévy pour Où es-tu ?

Ah... et le titre demandait "thé ou café ?" Thé sans hésiter, une petite tasse ou un grand mug, de mon favori "Pleine Lune".

jeudi 26 juillet 2007

Globalia

"Globalia c'est la liberté. Globalia, c'est la sécurité". Dans un monde idéal, les gentils humains vivraient dans des bulles de verre qui les protégeraient des méchants terroristes des non-zones. Ces gens vivraient en démocratie, seraient libres de travailler ou non, auraient quand même un minimum pour survivre. En plus, ils auraient la chance d'avoir des écrans allumés en permanence. La mort ne serait presque plus un obstacle puisque tout peut être remplacé, changé, amélioré. Les enfants seraient peu nombreux et l'on s'en méfierait.
Bien sûr, l'histoire de Rufin va montrer combien on a raison de soupçonner la jeunesse du pire. Baïkal est un jeune homme curieux et amoureux. Il est intrigué par ce qui se cache dans les non-zones, franchit les limites de Globalia... et est rattrapé. En prison, des psychologues sont à sa dispostion et les écrans bourdonnent à longueur de journée. Il est finalement escorté jusqu'à la résidence de Ron Altman, un des dirigeant de Globalia, qui lui propose de passer dans les non-zones. Ron Altman cherche à instaurer une cohésion des globaliens, une unité autour de la peur et crée pour cela un terroriste de toutes pièces, Baïkal. Sa petite amie Kate ainsi que Puig Pujol dont la carrière a été "fortement accélérée" (comprenez mis au chomage) vont tout faire pour le rejoindre et découvrir les failles de Globalia. Pendant ce temps, Baïkal découvre les populations des non-zones.
La description de Globalia et des non-zones est assez intéressante par contre la narration en elle-même est un peu pénible. L'action se traine affreusement et la fin est expédiée. Beaucoup d'attentes sont créées et restent sans réponses. Rufin a écrit, parait-il, de biens meilleurs livres tels que Rouge Brésil. En tout cas, en anticipation, il n'est pas très bon. Preférez lui Huxley ou Orwell qui malgré leur age sont aussi actuels que Globalia et moins ennuyeux.

mercredi 25 juillet 2007

Les surprises de la bibliothèque

Non, je ne fais pas de colis pour un swap (j'ai encore raté le dernier... va vraiment falloir que je fasse installer internet à Paris !). Je ne fais pas de colis du tout d'ailleurs. Ce charmant paquet (16x25x8 cm) est mon dernier emprunt à la bibliothèque municipale. Le principe est simple, il s'agit d'une surprise, un peu comme les paquets "spécial garçon" ou "spécial fille". Sauf qu'à l'intérieur, il y a des livres, trois pour être précise. Des livres mystères !! Si c'est pas excitant tout ça... Une âme avisée m'a quand même avertie qu'il pourrait s'agir de livres que j'avais déjà lus. Tant pis, je prends le risque !
D'ailleurs, je le garde pour demain voire après demain. Ca me fera un petit cadeau de fin de mémoire (en plus d'Harry Potter que je courrai acheter parce qu'il me nargue depuis samedi). Vous allez me dire : "avec les cotes, tu aurais pu savoir, elles sont quand même bien visibles". Et bien non, c'est une surprise vous dis-je.

En attendant, on peut toujours tenter de deviner ce qu'il y a dedans !

mardi 24 juillet 2007

Le potentiel érotique de ma femme

David Foenkinos rencontre un vrai succès sur bon nombre de blogs, alors il est venu naturellement s'ajouter à ma LAL. C'est finalement le message de Caro[line] qui m'a décidée. Laissant de coté mes autres lectures du moment, j'ai parcouru avec curiosité ce roman au titre prometteur. Hélas, la quatrième de couverture n'est pas l'unique piège du lecteur, le titre peut aussi susciter des attentes... et les décevoir. Le sujet ? Le style ? Pour tout dire, l'ensemble m'a semblé un peu plat, j'avais l'impression que l'auteur se forçait à faire du cocasse ironique.
Le sujet n'était pas mauvais : Hector est un collectionneur invétéré, les timbres, les pin's et autres bétises le passionnent. Il délaisse parfois une monomanie pour une autre mais ne renonce jamais à son amour des collections. Jusqu'au jour où il décide de se sevrer. Et puis vient le jour où il tente de se suicider. L'hospitalisation qu'il fait passer pour un voyage aux Staaaates. Sauf que pour faire croire ce genre de chose, il faut connaitre un minimum le sujet. Et c'est en recherchant un livre pouvant conforter ses mensonges qu'il rencontre sa future femme, Brigitte. Sa collectionnite aigue semble alors reprendre de plus belle !
A noter, un brochette de personnages, aussi dingues qu'Hector. Pitoyables comme des êtres humains. Ils pourraient être drôles mais ils sont surtout lassants. J'avoue avoir parfois esquissé un sourire, apprécié la construction du tout début de l'oeuvre mais ne pas comprendre en quoi ce livre peut être considéré comme génial. C'est un peu comme l'art naïf, c'est mignon à regarder mais de là à aimer...

vendredi 20 juillet 2007

L'enigme des cinq lunes


Un policier de Peters sans Peabody. La jeune héroïne se nomme Vicky Bliss, elle est polyglote, écrit des pornos et travaille au musée de Munich. Lorsqu'une reproduction presque parfaite d'un bijou de la collection est retrouvée, elle décide de mener l'enquête. Elle part pour Rome où elle dénoue les fils de l'organisation sans perdre son sens de l'humour et en se jetant dans la gueule du loup. Ce roman m'a semblé assez mal traduit, ou mal écrit. On retrouve l'humour de Peters mais bien moins sympathique que dans sa série egyptienne. Quant à l'enquête... tout semble fonctionner sur intuitions, transmissions de pensées plus que sur des preuves réelles. Bref, il vaut mieux lire les aventures d'Amélia ou de Ramsès.

Pauline

Je suis peut être un peu bizarre (et égocentrique) mais voir qu'une héroïne se prénomme comme moi pourrait me faire acheter un livre. Enfin, les pratiques de lecture des uns et des autres... Bref, j'ai lu ce petit opus de G. Sand sous de fallacieux prétextes et pour retarder plus encore les urgences urgentes qu'il me faut régler avant de partir -enfin- paresser au bord de la mer... et remettre le bateau d'aplomb pour les régates de l'été.
Pauline est une petite provinciale qui soigne sa maman acariatre et qui brode à longueur de journées. Sa grande amie Laurence est devenue une actrice réputée, une charmante parisienne très élégante et distinguée. Bien entendu, la petite bourgeoisie considère toujours les comédiens comme des êtres pervertis et les deux amies ont été amenées à cesser leur correspondance. De passage dans sa ville natale, Laurence en profite pour renouer avec Pauline. Tout se passe pour le mieux, Laurence est pour tous une grande dame et les cancans deviennent louanges. Charmant ! Tout se corse à la mort de la maman de Pauline. Laurence est une grande âme, elle accueille son amie à Paris où un méchant admirateur de l'actrice sépare les jeunes femmes. L'esprit étriqué de Pauline (normal puisqu'elle vient de province), le mauvais dragueur auront raison de leur amitié.
Cette courte lecture n'est pas indispensable, il y a de bien meilleures choses à lire du même auteur (même si l'un de ses amants me touche bien plus qu'elle, le charmant et romantique Musset). Nous nageons dans un univers manichéen, on s'esbaudit des qualités de Laurence, on pleure sur la pauvre Pauline... Paris est si supérieur à la province et patati et patata...

Baudelaire pour les vacances

L'invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

jeudi 19 juillet 2007

L'immortalité


Voilà un beau titre, choisi par Milan Kundera pour l'un de ses plus beaux livres ! Il m'avait beaucoup marqué quelques années auparavant mais j'en avais oublié l'histoire. Sous prétexte de vérifier s'il ne déprimerait pas trop un garçon sensible, je l'ai relu... pour mon plus grand bonheur.
L'immortalité est composé de différentes parties, de différentes histoires. Kundera écrit ses livres comme la musique, sensibilité du tchèque, peut être ? La fugue... non pas ici. Entre Mahler et Beethoven, il nous offre plutot une symphonie. Sept belles parties, où personnages se rencontrent et se mélangent.
Les personnages sont ceux que nous croisons tous les jours : Agnès, Paul et leur fille Brigitte. Laura et Bertrand. Le père de Laura et d'Agnès. Rubens. Et puis Avenarius, qui se promène avec un long couteau.. Et les personnages immortels, ceux dont on ne cesse de parler depuis qu'ils sont morts : Goethe, Hemingway... L'histoire ? Il y en a plusieurs. Il y a l'amour, qui gouverne toutes ces vies, amour de l'aimé, de l'amant, du père, de la gloire, de la vie... L'écriture. La mort. Le temps. L'image de soi. Les gestes. L'ironie. Un petit livre plein de beauté.

mercredi 18 juillet 2007

Harry Potter et l'ordre du Phénix

Est un peu décevant... c'est simple, l'ordre passe au second plan, alors que c'est un élément majeur du livre tandis que les entrainements de la D. A. sont montrés sous toutes les coutures. Niveau cohérence, certains passages doivent être difficiles à comprendre par les non-initiés car c'est de l'élagage plus que sauvage. Un exemple pour la forme, Dumbledore parle des Aurores à Voldemort alors que jamais jamais il n'en est question précédemment ! L'atmosphère très sombre, la solitude d'Harry sont par contre bien rendus. J'ai passé un assez bon moment mais je trépignais de rage devant les coupures brutales... Finalement et pour conclure, vivement samedi !


vendredi 13 juillet 2007

Olympos

Attention, ce livre est le deuxième volet d'Ilium ! Je deviens fan de Dan Simmons !!

Les Troyens et les Grecs se sont alliés pour affronter les dieux, une nouvelle guerre fait rage où les IA assistent les hommes. A Ardis, les hommes et les femmes, disciples d'Odysseus et hotes d'Ada apprennent à se défendre contre les voynixs et à maitriser leurs connaissances.
Pourtant, tout bascule encore. Les Grecs découvrent que tous les humains hors de Troie ont disparus, les Moravecs ne peuvent plus les assister et à la faveur d'une ruse divine, la guerre de Troie reprend de plus belle. Achille disparait du front pour mener une autre guerre, plus folle que la première et pour détroner Zeus. Odysseus est le seul à pouvoir sauver l'humanité des voynixs et du monstre Sétébos qui emprisonne les villes sous sa glace bleue. Harman est convié à suivre une autre quête, plus incroyable encore que la première. Quant à Manhmut et Orphu, ils quittent Mars pour la terre. Hockenberry est toujours présent, transfuge et allié.

Le second tome est indispensable. Tout d'abord parce que lorsqu'on termine le premier, on trépigne d'impatience en attendant la suite. Ensuite parce que l'Iliade sans l'Odyssée, c'est du Homère aux petits pieds. Enfin, parce que c'est imaginatif (moins que le premier certes), c'est prenant, bien écrit et tout et tout... et puis ça transfigurera votre vision d'Homère. Promis, parole d'helléniste !

L'Astrée

Bon, je me suis un peu fait avoir avec ce bouquin d'Honoré d'Urfé. Parce qu'il s'agit de quelques parties de l'Astrée mais que certains livres y sont simplement résumés. Alors, c'est frustrant. Des 5000 paes (et encore, c'est un inachevé) vous n'en lisez que 500... de quoi mettre dans l'ambiance mais pas de quoi imprimer tous les tiroirs du roman. 

Car outre les amours d'Astrée et Céladon, les petits bergers et bergères qui batifolent autour ont tous des histoires d'amour complexes à raconter, les nymphes telles que Galathée s'y mettent aussi, bref ce roman à tiroirs devait être assez indigeste. Et les quelques pages que j'ai pu en lire m'ont finalement suffit. Il faut dire que je le traînais tant bien que mal depuis un bon mois (incroyable, je sais). 

Je ne suis pas mécontente de l'avoir lu parce que c'est sympathique, la langue est agréable (mais vivement l'uniformisation des notes de bas de page, qu'on cesse d'avoir trois marque-page dans un bouquin !), les déguisements, les ruses, les méchants trop méchants (qui sont punis par dieu ou par les hommes)... il y a de quoi se faire plaisir avec ce joli roman Renaissance ! Mais la version intégrale est peut être difficile à digérer entre analyses amoureuses, pastorale et héroïsme forcené...

La fille de la nuit

Un autre Brussolo. Un Brussolo de détente un peu avant les vacances. Comme souvent, l'auteur entraîne son lecteur dans une recherche trépidante, manie le retournement de situation et campe des personnages étonnants, sans compter les apparitions, les rêves et les fantasmes qui peuplent ses univers. Les personnages, parlons en, souvent assez caricaturaux, aux traits stylisés, des profondeurs psychologiques sondables... mais psychopathologiques. Les personnages de Brussolo ont souvent des problèmes incroyables, on est toujours à la limite de la SF... et parfois en plein dedans !

Ici, c'est Jane Doe (nommée ainsi par la police) qui erre à la frontière de ses souvenirs, à la lisière de son imagination. Trouvée presque morte, une balle dans la tête, la jeune femme est soignée et tente de retrouver sa mémoire disparue avec un morceau de son crane. Lorsqu'elle quitte l’hôpital et rejoint le monde "normal", elle se rend compte qu'elle ne devait pas être une femme ordinaire... Alors, tueuse en série pourchassée ? victime ? complot de la CIA et enregistrement sécurisés, les pistes se mélangent mais montrent bien en Jane Doe une professionnelle du déguisement, de la dissimulation, de la méfiance... et du meurtre.

Ilium

David, Visite d'Achille par Agamemnon

La guerre de Troie, l'Iliade, Homère... tout commence chez Dan Simmons comme chez Homère avec la fameuse colère d'Achille. Sauf que cette épopée n'est plus le chant d'un lointain combat mais le compte rendu d'un réel conflit. Le scholiaste Hockenberry assiste tous les jours aux événements qui animent la plaine de Troie et signale à la Muse toute déviation de la ligne d'Homère. Les dieux, les héros... tout le récit d'Homère se matérialise devant nous... si ce n'est que les dieux peuvent se téléporter, que les hommes et les héros sont nanomodifiés et que des armes étranges sont remises à Hockenberry. Investi par Aphrodite d'une périlleuse mission, ce simple humain, ressuscité depuis son lointain XXe siècle, va pouvoir modifier le destin des Troyens, des Grecs et même des dieux. Le jeu d’échecs géant des dieux se retourne contre eux et la guerre se propage alors dans leurs rangs.

En plus, sur Terre, des humains redécouvrent leurs capacités perdues au fil d'une odyssée qui tient du voyage initiatique. La curiosité de l'un d'entre eux, Harman, et la rencontre de la juive errante, Savi, aura tôt fait de bouleverser leurs horizons. Il leur faut alors affronter d'étranges créatures et sauver l'humanité d'une fin horrible.

Enfin, des êtres mal définis, comparables à des robots mais tenant aussi de l'IA, modelés avec des passions et des goûts humains, sont envoyés en mission pour comprendre ce qui cause une activité importante sur Mars. Manhmut et Orphu entament donc leur propre odyssée. Amoureux de Shakespeare ou de Proust, ils forment un tandem féru de littérature et de physique (amours non incompatibles!), humanistes et bien plus humains que ceux qui portent ce nom.

Bien entendu, les histoires se croisent se mêlent et s'emmêlent avec dextérité. Encore une oeuvre très littéraire et très scientifique, encore un grand défi à l'imagination et un bon moment de lecture. De la bonne SF, indubitablement !

Persepolis


Non, je n'ai pas encore lu la BD de Marjane Satrapi mais je compte bien le faire. Par contre, j'ai regardé le film avec beaucoup de plaisir. Un dessin animé en noir et blanc, très esthétique. L'histoire d'une petite fille qui grandit en Iran après la chute du shah, pendant la guerre du Golfe, qui est envoyée à Vienne avant de revenir en Iran puis de repartir vers la France. Une petite fille qui veut etre prophète, qui porte le voile et qui écoute du rock... et sa famille, les prisonniers, les resistants, les opposants et les autres. Le tout teinté d'émotion, d'humour, de joie et de larmes. A voir absolument !

mardi 3 juillet 2007

Indochine

Samedi, concert sur la Grand place. Après Muse l'an dernier, difficile de relever le défi. Pourtant, super moment...
Je sors toutes les nuits jusqu'au matin,
Je ne suis qu’une fille qui s’éteint,
Tel l'aventurier solitaire
Juste envie d'aller faire un tour en enfer.
Viens-là, viens avec moi, ne pars pas sans moi !
A cet instant et à chaque fois
Je voudrais connaître par cœur,
Non je n'ai pas peur,
A l’heure où l’herbe respire
Où le vent souvent se retire.
Mais je ne t'appartiens plus
Tu ne m'appartiens plus,
Je pars, je ne reviendrai jamais
Bientôt le monde m’aura oublié tu sais…
Tout tourne à l'envers,
Plus de marche arrière,
Si je ne reviens pas alors jure-le-moi
Tu me tueras.
A nos secrets à nos trésors
A la vie comme à la mort
On nous oubliera
Ainsi soit-il.

vendredi 29 juin 2007

La chaîne d'amour

Daphné du Maurier est un auteur que j'ai découvert à l'adolescence et que je n'avais pas relu depuis.

La chaîne d'amour est son premier roman. Ce livre retrace l'histoire d'une famille sur quatre générations entre le XIXe et le XXe siècle. A travers quatre personnages principaux, c'est tout un village que l'on voit vivre et grandir. Janet et Thomas Coombe sont les fondateurs de cette famille. Janet est attirée par la mer et regrette sa condition de femme. Son mari construit des bateaux sur lesquels elle souhaiterait voguer. Alors, quand naît son quatrième enfant, conçu sur un bateau une nuit de tempête, elle sait bien qu'il réalisera son rêve d'être marin. Mère de six enfants, elle voit grandir le chantier jusqu'à ce que son mari construise un bateau à son nom, dont la figure de proue est à son effigie. Son fils, Joseph, en devient le capitaine. Nous suivons alors ses voyages et ses retours, ses mariages et son affrontement avec son frère. Son fils Christopher n'arrive pas à suivre les traces de son père et s'installe à Londres où il fonde à son tour une famille. A la mort de son père, il regagne son village natal. Il y retrouve ses proches et travaille à son tour au chantier naval. Sa fille, élevée à Londres, choisit de renouer avec ses origines et fuit la capitale pour rejoindre sa Cornouailles natale. Le petit village bordé par les flots agit comme un aimant, c'est là que chacun accomplit son destin. Chacun y aime, parfois avec passion, mais toujours dans l'insatisfaction... jusqu'à ce que Jenny tombe amoureuse.

L'ensemble est assez bien mené, tend parfois (légèrement) vers le surnaturel (pressentiments, apparitions (?)). Une saga sympathique.


Les enchanteurs

Comment ai-je pu rester si longtemps sans lire Gary ? Le dernier doit remonter à octobre... c'est déjà très loin. J'adore ses livres. Le premier, Les mangeurs d'étoiles (au titre pourtant si poétique), ne m'avait pas emballée mais depuis je suis devenue fan ! Alors ce billet sera encore moins objectif que les autres.

La famille Zaga est une grande tribu de saltimbanques, musiciens, magiciens, psychologues (!)... artistes et enchanteurs en tout genre. Le narrateur, Fosco, est né au XVIIIe siècle et vit ses premières années en Russie. Son père est un enchanteur de la cour de Catherine la Grande, tour à tour hypnotiseur, psy ou médecin... Lorsque ce dernier rentre d'Italie avec sa nouvelle et charmante épouse Térésina, Fosco entrevoit qu'il l'aimera toute sa vie. Il découvre aussi le don qui fera de lui un artiste : son habileté avec les femmes et sa virtuosité avec la plume. Promenade dans une Russie révoltée, combats contre les dragons, voyage en Europe, événements des XIXe et XXe siècles se mêlent. Il faut dire que Fosco bénéficie d'une vie bien longue, dédiée à faire revivre Térésina...

Sur Lisette et Robin de Regnier

Lisette, à qui l'on faisait tort,
Vint à Robin tout éplorée
"Je te pri', donne moy la mort
Que tant de fois j'ay désirée".
Lui qui ne la refuse en rien
Tire son... vous m'entendez bien,
Puis au bas ventre il la frappe.
Elle qui veut finir ses jours,
Lui dit "Mon coeur, pousse toujours,
De peur que je n'en réchappe".
Mais Robin, las de la servir,
Craignant une nouvelle plainte
Lui dit :"hate toi de mourir,
Car mon poignard n'a plus de pointe".

Le nouveau réalisme


C'est au Grand Palais et ça donne un truc comme ça. J'avoue, je n'adhère pas, je comprends mal. Mais je m'efforce à aller voir, parce que je veux comprendre !

Blanche ou l'oubli

Quiconque a lu Aurélien comprendra avec quelle volupté j'ai plongé entre les pages de ce roman d'Aragon. Cet auteur, que l'on étudie que trop peu à l'école, dont on apprend les poèmes, a écrit de belles oeuvres romanesques. Et pour ceux qui hésiteraient encore, voici les derniers mots du livre :"to the unhappy crowd". Vous voyez bien, c'est vous, c'est moi... Et c'est quand même moins snob que La chartreuse... , non ? (Même si le snobisme, ça peut être sympa). Là, il faudrait que je développe sur le snobisme, "sine nobilitas" mais je ressemblerais à un petit hargneux myope qui délire sur l'égotisme. Vous comprendrez donc que je ne troquerai pas ma robe de princesse pour le masque d'un nain grimaçant.

Tout cela pour dire qu'Aragon a des lettres... euh, ça c'est évident... Non... qu'Aragon délire aussi dans Blanche ?! Ce ne serai pas faux. Attendez la suite, vous allez comprendre. Enfin, j'espère.

Le narrateur raconte Marie-Noire. Marie-Noire à la plage, Marie-Noire et ses amants. Il se raconte aussi lui-même et parle de Blanche. Blanche qui l'a quitté, Blanche qu'il essaie de comprendre et de retrouver. Mais est-ce vraiment le narrateur qui parle ? Marie-Noire raconte aussi... elle tente de reconstituer l'histoire de Gaiffier. Et on plonge dans un univers un peu surréaliste où le "je" demeure insaisissable, où les narrateurs entremêlent leurs histoires. Qui imagine qui ? Une fois ce repère faussé, les autres suivent. Le temps est farceur, les personnages fictifs rencontrent les personnages réels. Et leur quête commune est Blanche. Qui est Blanche ? Qu'écrit-elle dans son cahier ?

Ce gros roman est assez déstabilisant, on s'y perd, on s'y égare, on croit avoir compris... et puis finalement, non. Pour commencer avec Aragon, lisez plutôt Aurélien. Familiarisez vous avec son oeuvre, ses thèmes, ses obsessions avant de vous jeter sur Blanche.

L'amour est très surestimé

Certains jours pluvieux de juin, quand on sort du Grand Palais assez sceptique, quand on dit "à septembre" à ses amis et que l'on remonte tristement l'avenue des Ternes (oui, ces jours là, un nom de rue prend des proportions encore inimaginées), il arrive que la Fnac vous happe, que vous montiez ses étages rapidement pour retrouver un univers familier. Et vous errez devant ces rayons sans éclat, acidulés et futiles, noirs et effrayants... Le dernier Coelho attire votre oeil. Et puis non, celui là n'a été que trop décevant, vous attendrez la bibliothèque. Un petit manga peut être ? Non plus, pas envie. Alors vous redescendez vers les romans, vous prendrez le premier venu qui ne fasse pas 500 pages. Parce que ce roman, vous ne voulez pas l'acheter, vous voulez le goûter, là, maintenant. Vous prenez le dernier Brigitte Giraud, parce qu'il est là, que le titre est attrayant, la couverture est bleue... pour toutes ces raisons qui n'en sont pas. Et vous allez rejoindre les adolescents assis près des BD. A coté, deux jeunes gens s'étranglent devant des mangas pour adultes. Devant, la dame Fnac se plaint des longues journées. Vous ouvrez le livre et avalez en une longue gorgée les onze histoires d'amour et désamour. Une phrase résonne dans votre tête "les histoires d'amour finissent mal... en général". Chose que vous ne saviez que trop bien. Et que vous n'aviez pas forcément envie de vous rappeler en ce jour maussade. Vous trouvez que ces onze histoires se ressemblent trop, que l'auteur se plait à exploiter et à disséquer la fin, les fins. Il y a la fin de Trintignant. La maman qui part avec sa valise et l'attente de son papa que raconte le petit garçon. Il y a cette lente agonie qui rend l'autre insupportable. Il y a le mépris caché... Des petites cruautés qui finissent par lacérer l'amour.
Pour les curieux, quelques mots de Bernard donnent le ton du recueil.

jeudi 28 juin 2007

Tout ce que je vous cache...

Ne sera bientôt plus un secret ! J'ai décidé de tout révéler... ;)

Je lis des kilos de livre chaque semaine sans que vous n'en entendiez parler. Je lis des auteurs grecs et latins ; Pausanias, Eschyle et Cicéron pour la dernière semaine. Je lis des revues et des journaux. Je lis des catalogues d'expo, des livres d'art, des recueils d'articles. Je lis des ouvrages de vulgarisation scientifique. Je lis des poèmes. Je lis des thèses plus ou moins barbantes, des ouvrages historiques, des études sur la place du serpent dans l'iconographie d'Athéna. Sans compter les paragraphes de grammaires (grecque surtout), les définitions des dictionnaires. Mais je dévore aussi BD et mangas, sans en parler beaucoup... Bon, je fais une exception, le dernier Sambre est génial ;) !

Tout cela pour dire que les semaines où mes lectures romanesques sont peu nombreuses, cela ne veut pas dire que je ne lis pas... cela veut dire que je me diversifie !

(Argh argh... J'ai au moins quatre billets de retard !)

lundi 18 juin 2007

Cet effrayant besoin de famille

Janicot nous présente Santa alors qu'elle vient de rompre. Cette femme (qui n'est plus si jeune mais pas encore très agée) est serveuse et anime un club théâtre de retraités. Cette rupture est l'occasion d'une reflexion sur sa vie, ce qu'elle en a fait et comment continuer à avancer. Fillette, ses parents avaient placé tous leurs espoirs en elle. Mais Santa a préféré fuir cette pression familiale pour devenir actrice à Paris. Sa carrière n'y a jamais décolé...
Santa est la dernière fille de Pablo Albaran. Cet homme a fondé plusieurs familles -officielles et officieuses- dans lesquelles la petite dernière tente de pénétrer, hantée par le désir d'avoir enfin des frères et soeurs. La famille parisienne, qu'elle rencontre surtout au moment de l'héritage, ne cherche qu'à profiter des bonnes dispositions de la jeune femme. Quant à son frère officieux, elle croit être sa meilleure amie. Lorsque son fils, Marco, vient vivre chez elle pour des vacances, elle se sent réellement intégrée...
Entre secrets de famille, saga et voyage initiatique, Santa s'essaie à la vie parisienne, espagnole ou italienne... Nous l'accompagnons volontiers dans ses errances quoi que sans grande passion. A noter, un arbre généalogique qui facilite la tache dans cette famille à tiroirs.

Shrek 3


Ne méritait certainement pas d'être vu un vendredi soir au cinéma et aurait parfaitement supporté une version DVD. "On reprend les mêmes et on recommence" est un concept valable si on épice un peu la sauce, ici c'est vraiment la même trame, le même humour... et c'est lassant. Quelques sourires mais guère plus. Cela dit, mon voisin s'étranglait presque de rire, donc c'est peut être juste une question d'état d'esprit !

dimanche 17 juin 2007

Le zèbre

Ce roman d'Alexandre Jardin permet de se détendre le temps d'un voyage en train. Le Zèbre, Gaspard Sauvage, avait une idée de départ séduisante : comment séduire sa femme après quinze ans de mariage ? Bon, Jardin tourne un peu spécialiste de ce type de questions, semble-t-il d'après mes récentes recherches. Je n'ai lu que Fanfan et j'ai déjà l'impression que c'est la même histoire ! En gros, vive l'amour absolu, vive les folies et vive moi.

Camille aimerait pouvoir se contenter d'un petit amour train-train avec son Zèbre mais il lui en fait voir de toutes les couleurs : rejouons notre première rencontre, faisons comme si nous étions vieux et détestables, et si j'étais un Inconnu qui t'envoyait des lettres passionnées... Tout prend l'aspect de jeux mais les règles sont rigides et Camille se sent un jouet des inventions de son mari. Après un ultime jeu de la jalousie, elle part. Son mari dépérit. Quand Camille décide de revenir, elle le trouve mourant mais toujours plein d'imagination. Le Zèbre continue à booster leur amour... six pieds sous terre.


L'idée était amusante mais devient vite lassante. Les personnages (surtout le Zèbre) sont assez difficiles à supporter, ils en font trop. Quant au style... rien d'épatant, on sent bien que l'auteur voulait séduire son lecteur. C'est raté.

Nec


Picouly. Deuxième tentative. Deuxième échec. Je n'accroche pas. Sa manière d'écrire n'est pas un style. Et ce pollar est plutot une course poursuite, un panorama des XIXe et XXe arrondissements qu'un véritable policier.
Nec décide de venger la mort de Dulcie September, représentante d'un mouvement anti apartheid, plus d'un an après sa mort. Un premier essai s'était soldé sur une retraite mais désormais Nec sait que son action ne peut capoter : Ucello a peint l'histoire sur sa fresque du déluge à Santa Maria Novella. Chaque personnage représenté a une place dans l'existence de Nec. Il commence donc par tuer un membre hollandais de l'ambassade sud-africaine (horrible supplice du collier) et cherche à en publier des clichés. Il s'adresse à un ami journaliste dont les affaires ne sont pas très nettes et les dettes plus que criantes. Il rencontre Béa (pour Bifidus Actif), qui devient son grand amour. Et il vole de cafés en mariage, cherche à satisfaire tout le monde... mais la fresque d'Ucello fige les grands destins et nul ne réchappe au déluge... si ce n'est Noé.
L'idée d'utiliser Ucello pour illustrer ce roman ou de s'en inspirer pour l'écrire me paraissait géniale peut être parce que ce peintre est fascinant. Mais le résultat n'est pas à la hauteur de mes espérances.

lundi 11 juin 2007

Un bal masqué...

...aura été mon dernier opéra - encore Verdi - de la saison. Encore une fois, la scène de Bastille est incroyable ! Enchainement de décors très Napoléon III et de grottes enfumées... beaucoup de sobriété et de majesté.
L'histoire est simple, il s'agit d'une conjuration contre le Comte Riccardo. Riccardo règne sagement et est épris de la femme de son meilleur conseiller. Lors d'une enquête sur une devineresse, il apprend qu'il mourra de la main d'un ami. Il n'en faut pas plus au destin pour placer la belle Amélia en présence du comte et de son mari... dans une situation compromettante. Jalousie et bravoure font le reste !

A noter, la jolie voix d'Oscar, interprété par Camille Tilling !