vendredi 25 août 2017

La culture au pluriel

Petit mais passionnant cet essai de Michel de Certeau sur la ou les culture(s), au singulier ou au pluriel ! Il s'intéresse notamment à la culture dite savante et à la privatisation de la culture, à sa fonction répressive et à sa perte de signification. Il jette un regard très lucide sur la récupération politique des faits culturels.

Benares, Inde

L'ouvrage se compose ainsi :

I. Exotismes et ruptures du langage 

1. Les révolutions du « croyable » 
2. L’imaginaire de la ville
3. La beauté du mort
4. Le langage de la violence 

II. Nouveaux marginalismes 

5. Les universités devant la culture de masse 
6. La culture et l'école
7. Minorités

III. Politiques culturelles 

8. L'architecture sociale du savoir
9. La culture dans société
10. Le lieu où l’on traite de la culture

A partir d'exemples comme celui du folklore au XIXe siècle, Michel de Certeau montre comment la collection et l'étude folklorique viennent forger une pseudo identité régionale ou nationale au moment même où celle-ci disparait. Mais aussi combien les revendications culturelles sont un peu les revendications d'un moribond, qui n'a plus d'autres forces à mettre dans la bataille, qui disparait économiquement et politiquement. Il s'intéresse également aux liens étroits entre la langue et les comportements culturels. 

Comme Bourdieu, il montre que la culture est l'affirmation d'une appartenance sociale, d'un pouvoir qui exclut ceux qui n'ont pas les mêmes codes. Et c'est une façon de perpétuer des rapports de force. Il va jusqu'à parler d'un colonialisme culturel, installé par les technocrates contemporains, qui cherchent à posséder cette culture, à la vendre, à la monnayer, à emprisonner les populations dans un rôle de public et de consommateur culturel. 

Mais surtout, il met en garde contre une culture au singulier, qui est liée au pouvoir, et prône une culture au pluriel, toujours à défendre. Une bonne base pour s'interroger sur le relativisme culturel !
 
« Pour qu'il y ait véritablement culture, il ne suffit pas d’être acteur de pratiques sociale, il faut que ces pratiques sociales aient un signification pour celui qui les effectue » [...] la culture « consiste non à recevoir, mais à poser l’acte par lequel chacun marque ce que d’autres lui donnent envie de vivre et de penser »
 

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