mercredi 14 novembre 2012

Petites expériences de philosophie entre amis

Peut-être vous souvenez-vous de ma première entrée dans le livre de Roger-Pol Droit, "Inventer des doctrines" ? 
Pour découvrir les autres expériences, j'ai pris mon temps (il était prescrit de ne pas dépasser la dose quotidienne entre une et six expériences par jour). 
J'ai savouré ces expériences, j'ai fait marcher mon imagination (avec ses petits pieds) et j'ai papoté de certaines. 
Je vous rappelle l'idée qui préside à cet ouvrage : ces courtes propositions d'expériences sont un chemin vers l'étonnement. Et de là, vers la philosophie.
Elles peuvent amuser, déranger, étonner. Elles ne manquent en tous cas pas d'imagination !
"Tout déconnecter" : pas si simple mais tellement reposant. Et d'un seul coup, moins de dispersion. Une expérience que j'aime réaliser, le temps d'un dimanche ou d'un week-end.
"Inventer des pays" : déstabilisant, on joue avec le réel et l'imaginaire. Et la frontière parait parfois bien mince.
"Faire un livre avec des livres" : il y a un côté cadavre exquis à cette expérience. Puis une infinité d'univers livresques qui s'ouvrent...

Il y en a évidemment beaucoup d'autres dans ce livre que je vous invite à découvrir.
L'idée est sympathique mais je n'ai pas non plus complètement adoré. Certaines expériences font sens, d'autres moins selon moi.

mardi 13 novembre 2012

Pour seul cortège

Dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire organisés par Price Minister, j'ai reçu ce roman de Laurent Gaudé qui me faisait très envie. 

Eh bien, c'est un véritable petit bijou que ce roman polyphonique. Je dois avouer, je l'ai dévoré. Je n'arrivais pas à le lâcher. 
Pour seul cortège retrace les moments précédents et suivants la mort d'Alexandre. Les voix puissantes du conquérant, Dryptéis et Ericléops nous mènent au coeur d'un roman au souffle épique. 
Alexandre se meurt, il a senti une douleur intense au milieu d'une danse et s'est écroulé. On le voit lutter contre cette fièvre avant de se résigner, d'appeler ses hommes, de les saluer et de s'éteindre.
Dryptéis, fille de Darius, veuve d'un général d'Alexandre, Héphaistion, petite-fille de Sisygambis et jeune mère, retirée dans un temple, est à nouveau projetée dans le temps par Alexandre. Sa mission est d'accompagner Sisygambis afin qu'elle soit la diseuse de mort du héros.
Ericléops revient d'une mission au bout du monde et vient annoncer à Alexandre de nouvelles conquêtes.
Hélas, leur présence auprès d'Alexandre est vaine. Le roi se meurt. Les diadoques se déchirent l'empire et le corps du mort...
Dryptéis et Ericléops, fidèles à sa mémoire et à sa voix, sauvent son corps et son esprit des vautours de Ptolémée et de Perdiccas.

Cette lecture est un véritable enchantement. Certes, son sujet n'est pas des plus joyeux. Mais il est question d'héroïsme, de rêves, de fidélité, de bravoure (là, ça fait péplum mais c'est bien plus que cela). Ce roman peut être dur. Il avance à toute vitesse, comme une tragédie grecque se précipite vers le destin, sous un soleil pesant. Son style est également de toute beauté : rythmé, épique, puissant, magnifique.
Un coup de coeur !

Pour partager mon enthousiasme, sachez que vous pouvez trouver ce livre ici

lundi 12 novembre 2012

La fille du régiment

Nous avons renoué avec l'opéra cette année (l'an dernier, il nous a été complexe de trouver des places) et nous attendions celui-ci avec beaucoup d'espoir.
Il avait tout pour nous plaire : Nathalie Dessay, Juan Diego Florez, un côté opérette, un décor sympathique (où Nathalie repasse le linge et épluche les patates).

L'histoire est celle de Marie, élevée par un régiment, amoureuse de Tonio, charmant tyrolien. Marie est orpheline et a promis d'épouser un homme du régiment. Mais des retrouvailles chamboulent tout.
Le texte, revu et corrigé, est charmant et drôle. Et il se prête tout à fait au théâtre ! Car les personnages parlent autant qu'ils chantent (et ça nous les rend plus humains, n'est-ce pas ?). 
Vocalement, cela nous a semblé très bien (nous ne sommes pas spécialistes). Mais c'était surtout très vivant !
A découvrir !

dimanche 11 novembre 2012

Couic le pingouin

Voilà un petit livre adorable d'E. Manceau et plus généralement une collection qui plaira aux petits (et aux grands qui ont encore un esprit enfantin) : Badaboum le lion, Pof l'éléphant ou Chpop le lapin...

A chaque fois, il s'agit de comprendre comment l'animal en question est devenu tel qu'on le connait. Je ne vais vous détailler l'histoire que de Couic. Le petit pingouin, dans son froid pays, a le nez tout gelé. Heureusement, un esquimau a une idée. Il lui découpe un cache nez "couic" dans le coin du livre ! Et c'est comme ça que Couic a reçu ce joli bec. 
Mignon comme tout, des dessins simples et craquants, drôles, qui jouent avec le format du livre. Pour faire rire les tout-petits. 

vendredi 9 novembre 2012

On fait les Contes

Peut-être y a-t-il des Lyonnais dans mes lecteurs ? Ou des visiteurs qui vont à Lyon bientôt ?
Parce qu'il faut que je vous le dise, "Passez au Nombril du monde, théâtre du quartier de la Croix Rousse, c'est très sympa".

Nous avions noté cette pièce dans notre agenda sans prendre de réservations. Grand mal nous en a pris, nous avons failli ne pas voir le spectacle car il se jouait à guichets fermés. Heureusement pour nous, deux personnes ne sont pas venues et nous avons pu nous asseoir.
Sur scène, notre héros, comptable, est chargé d'écrire des contes. S'il ne le fait pas, sa voix se transforme. Et pour lui ajouter un peu de pression, une autre malédiction le suit jusqu'à ce qu'il ait écrit ses sept contes : la première personne dont il croise le regard s'enflamme pour lui. Un laveur de carreaux.
Pas si grave, pensez-vous. Détrompez-vous, cela lui pourrit la vie.
Et le voilà qui se met à écrire des contes qui prennent vie sous nos yeux.

Un spectacle très sympathique, porté par cinq jeunes acteurs dynamiques, pleins de ressources et d'humour. Mention spéciale à Romouloud et Juliette !

jeudi 8 novembre 2012

Ma première histoire de l'art

J'ai été très heureuse de recevoir ce livre de Béatrice Fontanel : Merci à Babelio et aux éditions Palette...
Vous le savez, je suis fan de ce qu'ils font. C'est mon côté "rendons les musées accessibles à tous" et "c'est en découvrant et en appréciant l'art petit qu'on l'aime plus grand". Bref, je suis à fond pour la médiation culturelle intelligente et adaptée aux différents publics. 
Mais revenons sur ce livre plus précisément.

Ma première histoire de l'art s'adresse aux enfants dès 6 ans. Il ouvre par une frise chronologique (de la préhistoire à 2007) et ferme par un zoom de cette frise depuis l'an 1000. On la retrouve, simplifiée, sur chaque page de gauche du livre. Celle-ci permet de comprendre dans quelle temporalité s'inscrit l'art occidental et notamment la concentration artistique entre 1000 et 2000 (avec les dates des principaux artistes et quelques oeuvres phares). Cela vous paraît peut être naturel mais c'est une base qu'il est important de garder en tête.
Chaque période sur cette frise a une couleur qui correspond ensuite aux sections du livre.
De la Préhistoire introductive au XXe siècle, les chapitres proposent de courts textes qui présentent une civilisation ou un mouvement artistique ou des artistes avec une belle abondance d'images légendées. Les titres, courts et percutants voire amusants, résument le propos : "Vierges raides et sirènes souples" ou "Les statues grecques se déhanchent". Et c'est bien d'avoir su faire des choix et de ne pas avoir surchargé le livre. C'est aussi très chouette d'ouvrir sur l'art contemporain et les limites qu'il repousse. 

Un très beau livre, conçu de façon futée, aux belles reproductions (c'est essentiel sur ce sujet mais toutes les éditions n'y sont hélas pas attentives) et au texte simple sans être simplificateur. Je n'ai pas testé avec un enfant mais avec un novice en art. Il était ravi de ce bel outil de contextualisation et de compréhension !  Pour les questions de langage et de vocabulaire, évidemment, il ne savait pas trop si c'était adapté mais il n'y a pas vraiment de terme technique sans explication. Bravo !

Pour poursuivre la découverte du côté des musées et des portraits !

mercredi 7 novembre 2012

Moi, le loup et les chocos


C'est un livre de Delphine Perret pour enfants qui bouscule un peu les principes de base : voilà que le grand méchant loup ne fait plus peur ! Du coup, un petit garçon, qui le retrouve au bord de la route, tout dépité, décide de le recueillir et de l’entraîner…

Le livre est divisé en plusieurs chapitres, qui sont autant de petites histoires. Ici, le petit garçon essaie d’engraisser le loup à coup de nourriture pour chats (horreur !), là, ils jouent aux cow-boys…

Le style graphique épuré fait un peu penser à Calvin et Hobbes, et sert plutôt bien les répliques très drôles et bien pensées. Elles amuseront d’ailleurs tout autant les petits que les grands :)

N’hésitez donc pas à vous jeter sur ce livre tout à fait rafraîchissant !

mardi 6 novembre 2012

Labrouste et Architectures de papier à la Cité de l'Architecture

Bon, il y a bien un moment où il faut commencer à vous parler des expos de la rentrée. Parce que j'en vois, j'en vois et je ne vous raconte pas.


Donc, notre ami Henri Labrouste est présenté via une rétrospective à la Cité de l'architecture et du patrimoine. C'est une exposition à la fois beaux-arts et architecturale.
Accueilli par les dessins de Paestum, le visiteur plonge directement dans le côté beaux-arts. Le prix de Rome envoie ses planches colorées de temples grecs, de tombes étrusques et de villes antiques imaginaires. 
On découvre ensuite des dessins pour une prison et le tombeau de Napoléon avant d'entrer dans le vif du sujet : les bibliothèques. Architecte de la bibliothèque Sainte-Geneviève et de la BNF (rue de Richelieu), Labrouste y utilise le fer, notamment dans les magasins, est attentif à la lumière et à la fonction des lieux.
La suite de l'expo s'intéresse à ses nombreux élèves et plus largement à ceux que l'architecte a influencés. 

Une expo intéressante. Esthétiquement très séduisante : les dessins de Labrouste sont superbes, les maquettes sont très belles voire étonnantes, la scéno est sympa (mais pas adaptée à tous les publics). 
Les petits plus : les vidéos de la fin sur les apports de Labrouste aux architectes contemporains.

Les architectures de papier est une expo presque onirique. 
Des designers jouent avec le papier et en font d'étranges architectures. Ils pratiquent le découpage, l'origami ou le collage. Ils créent des mondes miniatures, élégants et fragiles.

Ingrid Siliakus, Mathilde Nivet, Stéphanie Beck, Béatrice Coron (ma chouchou dans cette sélection, voire ci-dessous) et  Peter Callesen jettent un regard très différent sur leurs architectures.
Une expo qui ravira petits et grands.

lundi 5 novembre 2012

Le coursier de Valenciennes


Simon arrive à Valenciennes. Il vient d'Auvergne. Il a un paquet à délivrer.


Dans cette ville pluvieuse, il cherche une maison. C'est celle de Pierre Weill, son ami. Rencontré en camp de travail, le cordonnier a sympathisé avec le poète. Mais le poète n'est jamais revenu et a confié à Simon une mission : délivrer un courrier à sa famille.
Simon est plutôt mal accueilli dans cette famille. Une femme fière lui ouvre. Elle se méfie. 
Simon découvre une maison bourgeoise, un milieu qu'il ne connait pas, qui l'intimide. Et une famille, une soeur, des enfants... des caractères. Des histoires personnelles. Des séparations.
Le passage de Simon va s'avérer moins tranquille et un peu plus long que prévu... 

Un roman court de Clelia Anfray, plutôt bien écrit, vif. Il se lit bien mais je ne sais pas si j'en garderai beaucoup. Sympathique.


dimanche 4 novembre 2012

Alger sans Mozart

Ce roman polyphonique de Canesi et Rahmani est une excellente surprise. Pour tout dire, il ne me tentait pas. Et puis j'ai lu de bonnes critiques. Et je suis désormais contente de l'avoir lu.



Ce roman, c'est surtout l'histoire de Louise. 
Sa famille vit en Algérie depuis plusieurs générations. Elle a 20 ans lorsque commence la guerre d'Algérie. 50 ans plus tard, c'est une femme broyée par l'histoire que l'on retrouve.

Car Louise, superbe jeune femme, est devenue une vieille grosse édentée, qui ne se nourrit que de cigarettes et d'alcool. Comment cette fille dynamique a pu tomber si bas ?
C'est après sa rencontre avec Sofiane, son jeune voisin, qu'elle commence à se raconter.
Et nous l'écoutons, depuis qu'une envoûtée a prédit son avenir et celui de sa soeur, jusqu'à ces jours de déchéance.
Nous rencontrons aussi Sofiane, le jeune algérien curieux de tout, Marc, le neveu homosexuel réalisateur paumé, et quelques autres satellites. 
Tragique histoire d'amour entre un homme, Kader, et une femme, Louise. Tragique histoire d'un pays schizophrène. Mais d'une éblouissante beauté. D'une puissante fascination.
Ce roman est beau, triste bien sûr. Il fait réfléchir sur l'histoire, sur les sociétés, sur la religion, sur la colonisation, évidemment, et peut-être aussi sur les relations humaines.
Une magnifique découverte, qui a parfois la puissance des tragédies antiques. 

samedi 3 novembre 2012

Oui, mais quelle est la question ?


Bernard Pivot nous offre avec ce livre un roman aux allures fortement autobiographiques.
Dans ce livre, il décrit sa manie : la questionnite aiguë  Il ne peut s'en empêcher, sa curiosité ne semble avoir aucune borne.

Tout commence avec une confession avant un sacrement. Adam (nom du héros), mis mal à l'aise par les questions du curé, retourne la situation en l'interrogeant. Il comprend alors le formidable pouvoir des questions et ne pourra dès lors plus arrêter d'en poser. De l'enfance, quelques questions amusantes, pratiquées en famille. Puis formé au journalisme, il devient l'interviewer, celui à qui on ne peut refuser une réponse. 
Le souci, c'est que cette manie déteint dans sa vie personnelle. Et que ses amies subissent des interrogatoires réguliers. Ca peut plaire au début. Mais ça agace vite visiblement.

Plein d'humour et de situations cocasses, plein de réparties, ce livre se dévore.
L'ajout de questions anecdotiques ou philosophiques, adressées directement à Dieu, aère le texte. Car le Paradis pour l'auteur serait un lieu où toutes les questions trouveraient leurs réponses...
Intelligent, bien écrit, c'est un regard amusé sur une vie, sur un caractère... 

vendredi 2 novembre 2012

Muse à Bercy

Ce billet va trancher un peu de nos traditionnelles impressions d’opéra. D’une part par la nature même du concert que nous étions allés écouter, et d’autre part – vous le comprendrez bien assez vite – par le manque total d’impartialité de la personne qui rédige ce billet !
Eh oui, Muse tient une place toute particulière dans mon cœur d’Amoureux. Je pourrais vous raconter mon coup de foudre pour ce groupe pendant des paragraphes entiers, mais ce n’est pas le propos d’aujourd’hui.

La musique, pour moi, c’est comme le bon vin : elle vous révèle tout son potentiel dans certains cadres. Et la musique de Muse est faite pour être écoutée en concert, au milieu d’une fosse survoltée. Après tout, ce n’est pas pour rien que ses détracteurs la trouvent grandiloquente !
C’est donc avec une excitation non dissimulée que je suis arrivé à Bercy.
Après une première partie fort efficace et assez punchy donnée par les Joy Formidable,  Muse est arrivée en scène pour un peu plus de 2 heures de show.


Le groupe a entamé le concert avec deux morceaux de son dernier CD, 2nd law. 
Le démarrage en grandes pompes avec Unsustainable, savant mélange de rock et de dubstep, a eu deux effets sur le fan moyen au milieu de la fosse : 
D'abord, avec le peu de lucidité qu’il lui reste, il se dit que même si ce morceau c’est du grand n’importe quoi, ça rend quand même vachement bien en concert ! 
Puis suit ce qui arrive à chaque fois avec Muse : un sourire béat gagne le visage, un fourmillement commence à se faire sentir dans les jambes, et alors que les premières notes du deuxième morceau s’élèvent dans l’arène, la magie a déjà opéré, on ne peut plus qu’en redemander.
Les grands classiques du groupe ne tardent pas à arriver, Map of the Problematique, Supermassive Black Holes, Resistance

Changement d’ambiance ensuite, Matthew Bellamy – le chanteur du groupe s’installe au piano – et entame Explorers, mon petit chouchou, qui aura également tapé dans l’œil de Praline.
Un peu plus tard, Muse entame une partie aux accents beaucoup plus électroniques – penchant qu’ils ont développé dans leurs deux derniers CD. Bienvenue aux guitares tactiles, beatboxes et autres lunettes électroniques ; les lasers déferlent sur la salle alors que le groupe interprète Follow Me, la claque est autant visuelle qu’auditive  : on se croirait en plein concert de Justice !

On continue en alternant entre le nouveau et les bons vieux tubes…  l’apothéose a lieu au moment où Plug in baby arrive, la fosse saute et chante comme un seul homme, les flashs roses et bleus en mettent plein les mirettes, c’est franchement la débandade.
On finit sur Survival, archétype du morceau « musien » pompeux et grandiloquent, au cas où l’on aurait oublié de quoi le groupe est capable. La salle s’emplit de fumée, les lumières se rallument, on a mal partout et les oreilles qui bourdonnent, mais on ne pense qu’au prochain concert, au Stade de France !

jeudi 1 novembre 2012

Riefenstahl


Ce roman de Lilian Auzas m'a fait découvrir une artiste que je ne connaissais pas du tout. 

Nous suivons Leni Riefenstahl, de la jeunesse à la mort, durant tout le XXe siècle. Le livre retrace surtout ses années de formation : comment de danseuse, elle veut devenir actrice et, de là, cinéaste.  Le roman la décrit comme une femme sûre d'elle, opportuniste, un peu égoïste mais attachante. 

Cette femme, surtout connue comme la cinéaste favorite d'Hitler est en fait bien plus que cela. Certes, l'auteur s'attache à décrire cette partie bien documentée de sa vie, mais il tend à montrer qu'elle n'est pas uniquement une admiratrice du Führer. Il interroge aussi sur la liberté de décision de la jeune femme. Mais sans jamais parler d'innocence ou de culpabilité

Ce livre, bien mené, montre les ambiguités de cette femme, sa puissance artistique. On sent que le narrateur est fasciné, intrigué. Il mène l'enquête avec son lecteur comme témoin. Seulement, il reste uniquement focalisé sur Léni. Toutes ses connaissances, ses amis, ses amants disparaissent du livre en même temps que de sa vie. On ne les verra plus. Idem pour tous les faits historiques qui ne sont pas directement liés à Leni : les JO, on ne les voit que dans sa caméra, la guerre ? même traitement. 
Mais à part ce léger reproche, c'est une belle découverte, je conseille !

mercredi 31 octobre 2012

Bouquiner

J'ai trouvé avec plaisir ce livre d'Annie François sur la table d'une bibliothèque. 
J'ai flairé le livre, feuilleté. Je l'ai reposé. Repris. Et emprunté. Son titre seul avait déjà su me séduire.

Cette autobiobibliographie, comme sous-titré par l'auteur, est composée de courts chapitres thématiques sur la vie d'une lectrice. Une lectrice boulimique de livres en tous genres : romans, essais... Elle lit pour son travail chez un éditeur et pour son plaisir. Elle alterne petits romans et grands pavés, quitte à se retrouver avec un sac en surcharge, un dos en compote et autres maladies du lecteur.
Au travers de ces anecdotes, se dessine le portrait d'une lectrice, de son rapport aux livres, mais aussi aux autres.
Elle s'attache à des détails comme le marque-page, le mouchard, l'ex-libris. Elle détaille des situations comme le voyage, la voiture ou le restaurant. Elle s'interroge sur les bibliothèques, les éditeurs et les lecteurs. Bref, elle dresse en quelques mots des portraits, des situations, des relations. 
Elle s'insurge contre Anne qui regarde la fin avant de commencer un livre, fait des réserves de titres qu'elle offre à tous ses proches, déteste qu'on lise par dessus son épaule mais cherche à voir le titre du roman de son voisin de métro... Elle détaille également ses manques, les fameux classiques qu'on ne peut pas ne pas avoir lu, ses difficultés, à lire Voyage au bout de la nuit par exemple, ses habitudes.

Bref, c'est un livre à la fois très personnel, qui entre véritablement dans l'intimité d'une relation (aux livres) et un traitement qui ne peut faire qu'écho pour le lecteur amoureux de livres. Le tout est bien écrit, bien mené et distille des traits d'humour. Un vrai plaisir !
(Et elle donne plein de titres... je ne les ai pas tous notés mais ma LAL en a pris un coup)

dimanche 28 octobre 2012

Hotaru


Ce dernier tome du Poids des Secrets nous permet de retrouver Mariko. On finit par s’attacher à ce personnage plein de contradictions entre l’amour pour Takahashi et pour Horibe. Ce tome est celui des confidences d’une grand-mère à sa petite fille, Tsubaki.
On retrouve donc les personnages qui ont dévoilé un à un leurs secrets au fil des différents tomes sous le regard d’une aïeule en fin de vie.
Une femme qui voit des lucioles (hotaru).
Ce livre boucle le cycle mais ne nous apprend plus beaucoup. Il coordonne toutes les découvertes des tomes précédents.

Mon sentiment sur cette série : une écriture idéale entre douceur, mystère, poésie et simplicité. Une belle exploitation des thèmes du secret de famille, du racisme, du poids de l’histoire. Des personnages caractérisés et attachants même si assez semblables finalement.
Un ensemble qui se dévore : le Poids des secrets d'Aki Shimazaki.

Tout commence avec une histoire de Camélias.
Puis de coquillage.
Ensuite, il est question d'hirondelle. Et de myosotis
Tout se termine avec des lucioles.

samedi 27 octobre 2012

L'ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche

Lorsque Libfly m'a proposé de recevoir dans le cadre de la voie des Indés ce livre des Editions des Syrtes, je n'ai pas beaucoup hésité. 
Le seul détail qui m'effrayait un peu (je l'avoue) était de relire Don Quichotte, dont ma première lecture n'est pas si lointaine. Le tout dans une durée très courte.
Mais amoureuse des beaux livres, je n'ai pas pu résister quand j'ai appris que c'était une édition illustrée. Alexandre Alexeieff, graveur du début du XXe siècle (que je ne connaissais pas), a reçu une demande : celle d'illustrer Don Quichotte pour un éditeur espagnol. Hélas, une fois les gravures réalisées, le projet n'a pas vu le jour. C'est avec ce livre qu'on peut désormais les redécouvrir.

Ce livre épais, au papier de qualité, illustré une page sur deux ou presque, fait la part belle aux illustrations du graveur. Celles-ci sont saisissantes : expressives, vivantes, pleines d'humour, parfois touchantes (mais je n'irai pas jusqu'à tragiques). Et variées. Jetez donc un oeil à cette sélection : le style passe d'une épure totale à un expressionnisme fort. Une constante : les illustrations sont très fidèles au texte et d'une grande économie de moyens. 


Et le texte ? Notez que c'est une version abrégée. Avec des extraits choisis. Je vous le disais, environ une page de texte pour une illustration en pleine page en face. Le livre compte 115 gravures. Et autant de texte. Donc il n'est pas possible d'avoir l'intégral. 
C'est sur le texte que j'ai un petit reproche à faire. Malgré les passages résumés intégrés entre les extraits, certaines transitions sont très rapides. Et les multiples incises du texte, qui peuvent être illustrées en partie, souffrent de cette mutilation du texte. Bon, je vous rassure, j'ai toujours ma version complète à laquelle me référer en cas de manque. Et malgré ce que je dis là, il n'y a pas de réelle incompréhension de la trame, juste quelques moments où l'on ne voit pas trop le lien avec la page précédente. 
Je chipote mais je pense que ça peut gêner un lecteur qui n'aurait que ce livre. 

Revenons aux qualités de cette édition. Outre la beauté des gravures (et du papier qui leur rend justice, c'est important aussi), notons l'intérêt des textes qui accompagnent et éclairent cette publication. L'un s'attache au travail d'illustrateur d'Alexeieff, l'autre au contexte et à l'interprétation de cette commande (très intéressant), le suivant aux différentes versions illustrées du texte depuis sa publication (chouette aussi, je ne connaissais que les versions de Doré, Hogarth et Picasso) et le dernier, de Tourgueniev, établit une comparaison entre Don Quichotte, l'idéaliste, et Hamlet, l'égoïste (étonnant mais passionnant). 

C'est donc un très beau livre dont le sujet est bien le travail d'Alexeieff que vient presque illustrer le texte de Cervantès. Un livre que l'on peut feuilleter, pour le plaisir de retrouver Sancho Pança et son âne, pour se remémorer un épisode, pour admirer le travail du graveur. Un livre qui se contemple, qui crée des résonances (tiens, cet autodafé, c'est intemporel ou ces processions, sont-ce des relents de l'inquisition) et donne envie de relire Don Quichotte.

Merci pour cette belle découverte !

vendredi 26 octobre 2012

Le musée invisible. Les chefs-d'oeuvres volés


Un livre traumatisant. 
Imaginez un musée rempli de toutes les oeuvres volées, détruites et perdues. Eh bien, cela ferait certainement un bon gros musée national. Beaucoup de belles peintures, quelques sculptures, de l’orfèvrerie, de l'ancien, du moderne...
Ce livre est un crève coeur. On y parle de vols. De voleurs. De destruction d'oeuvres d'art volontaires ou non. D'oeuvres qu'on ne retrouvera probablement jamais. D'uniques réalisations laissées à la contemplation d'un égoïste.

Nathaniel Herzberg procède par étapes, il s'intéresse initialement aux antiques puis aux oeuvres médiévales, modernes et contemporaines. Il effectue aussi une analyse par genre car chacun est plus sensible à un type de vol, mis en scène ou discret, bien particulier.
Les voleurs sont également présentés lorsqu'ils ont pu être identifiés. 

Une bien triste réalité sur des musées plus ou moins mal gardés, des voleurs malins, des oeuvres fragiles...
Une question bien d'actualité avec le vol récent aux Pays-Bas.

Si le sujet vous intéresse, Nathaniel Herzberg était interviewé ici

jeudi 25 octobre 2012

Wasurenagusa


Est l’avant dernier tome de l’histoire le Poids des secrets d'Aki Shimazaki. L’image au cœur de ce roman est le myosotis (la couverture est trop mimi d’ailleurs). Cette fleur que l’on n’oublie pas.

Dans ce quatrième tome, le lecteur rencontre le père adoptif de Yukio, Takahashi, un homme bridé par les convenances sociales et familiales.
D’un premier mariage demeuré stérile, il tire du dépit et de la tristesse. Heureusement que sa rencontre avec Mariko transforme ce sentiment. Mais déplait énormément à sa famille dont il se coupe.
A la fin de sa vie, il souhaite revenir à ses origines. Et trouve la tombe de sa nurse. Découverte qui lui permet de comprendre ses origines.

Tout commence avec une histoire de Camélias.
Puis de coquillage.
Ensuite on parle d'hirondelle
Et tout se finit avec des lucioles.

mercredi 24 octobre 2012

Babel

Merci à Libfly pour ce bel envoi. 
Je ne sais pas si vous avez suivi mais Libfly met à l'honneur dans le cadre de "la voie des Indés" la diversité éditoriale. J'ai eu l'occasion de recevoir ce livre d'Invenit éditions. Il s'agit du catalogue de l'exposition éponyme qui se tient au musée des beaux-arts de Lille (et que je compte bien voir dès un passage dans le nord).
Jakob Gautel, La Tour de Babel

Il m'est toujours difficile de donner un avis sur un catalogue. En gros, je ne me procure un catalogue que lorsqu'un sujet m'intéresse. Et les différents articles d'Alain Tapié et Régis Cotentin sont très bien écrits (et clairs, ce qui est important à souligner et pas toujours évident). 
Babel est une expo d'art contemporain qui rassemble des oeuvres graphiques, des installations, des tableaux, des photos etc. Le thème peut sembler simple : c'est le passage biblique où les hommes décident de construire une grande tour et où Dieu mélange les langues. Du coup, incompréhension générale et fin de la construction. 
C'est donc une histoire d'hybris, d'orgueil infini de l'homme qui vise trop haut... et qui se perd. L'histoire de l'humanité, tiraillée entre progrès et chute. Sujet fort prisé des artistes depuis Bruegel (et les inspirations anciennes sont un peu citées (mais pas beaucoup non plus)). Les oeuvres dénoncent ou soulignent cet élan vers l'infini avec ces architectures sans fin où s'activent les hommes, jusqu'au fond des déserts. Elles s'intéressent aussi aux langages, reproduisent des tours de mots, et vont jusqu'au châtiment de l'humanité, qui peut aller jusqu'à sa destruction.

Ce catalogue a confirmé mon envie de voir l'exposition (pour les fanas de livres comme moi, la tour de Jakob Gautel ne peut qu'attirer). Il était agréable et original : papiers différents selon le contenu (texte ou photo), pages de citations bibliques de taille différente du reste du livre, souplesse. Il comportait toute une partie sur les choix d'installation de l'exposition : rare et précieux pour qui s'en soucie.
Un vrai plaisir de lecture.

mardi 23 octobre 2012

Tsubame

Bon, j’avais commencé à vous parler des premiers tomes du Poids des secrets d'Aki Shimazaki et je n’ai pas fini ma pentalogie. Si certains attendaient encore la suite, la voici.


Ce troisième tome conte l’histoire de la maman de Yukio, Mariko, coréenne devenue japonaise. Pourquoi ? Parce que les coréens sont très mal vus et mal traités au Japon. Ils sont rendus responsables des maux qui fondent sur le Japon, notamment un tremblement de terre.
Abandonnée de tous, Mariko grandit auprès d’un prêtre qui l’a recueilli, sans poser de questions.
Histoire touchante d’une femme qui a tenté d’oublier les premières années de sa vie et s’est fondue dans une société pour ne pas être dévorée par elle.

Le symbole de ce livre ? L’hirondelle.

Tout commence avec une histoire de Camélias.
Puis de coquillage.
Et ça se poursuit avec des myosotis puis des lucioles.

dimanche 21 octobre 2012

La vie rêvée d'Ernesto G.

Jean-Michel Guénassia m'avait enchantée avec ses incorrigibles optimistes. Dans ce second roman, aux airs plus nostalgiques et mélancoliques selon moi, il a encore su me plaire. 

Au coeur du roman, un homme, Joseph. Né à Prague au début du XXe siècle, ce médecin va traverser le siècle et ses crises... et le lecteur est invité à le suivre.
Etudiant à Paris à l'institut Pasteur sous le Front Populaire et la guerre d'Espagne, partisan d'une société plus juste, notre héros est un bourreau de travail qui danse superbement. Et fait craquer les filles.
Après ses études, il obtient un poste à l'institut Pasteur d'Alger. Il y passe les années de la guerre et y rencontre Nelly et Christine, deux actrices qui veulent changer le monde, et Maurice, qui veut simplement devenir riche. Ces années ne coulent pas douces et tranquilles, bien au contraire, mais je vous laisse le plaisir de la lecture.
A la Libération, Joseph retourne à Prague. Il y fonde une famille. Et l'on découvre la vie en Tchécoslovaquie derrière le rideau de fer. Et l'on rencontre enfin le Ernesto du titre. C'est un patient de Joseph Kaplan. Un patient plus connu sous un autre nom (que je ne soufflerai pas non plus). A ce moment, on suit plus la fille de Joseph, Helena, que Joseph lui-même.
Le roman se termine après la chute du rideau de fer. C'est peut-être l'un des moments les plus durs du livre. Celui où l'on s'aperçoit de la fausseté des relations, que l'on comprend la méfiance. Bref, j'ai eu l'impression de revoir La vie des autres

Malgré le style très voire trop simple de ce roman, je l'ai beaucoup apprécié. On accompagne volontiers Joseph même si l'on s'étonne de son fatalisme. Une histoire touchante, aux personnages attachants, qui nous entraîne au coeur de l'histoire du XXe siècle. 

samedi 20 octobre 2012

Claude Nori

Lors d'une visite expresse à la Maison Européenne de la Photographie, j'ai eu la joie de découvrir l'expo Claude Nori. 
Claude Nori, Ali Terme, 1983, Sicile. DR

Autant vous le dire, je suis une quiche en photo. J'aime bien mais je n'y connais rien. 
Ce que j'ai retenu : les photos lumineuses, heureuses, dans une atmosphère estivale, chaleureuse. Des jolis corps. Des cartels écrits à la main. Bref, cette plongée dans l'oeuvre de Claude Nori m'a beaucoup plu. On s'y sent bien. Le bonheur est là.
Diana Blok, Mirror, 1980. DR
Le travail de Claude Nori comme éditeur était aussi très chouette. J'ai particulièrement aimé Femmes Algériennes de Marc Garanger, le travail de Mario Giacomelli Storie di Terra, de Karel Fonteyne et de Diana Blok.
De belles rencontres pour moi !

mercredi 17 octobre 2012

Histoire du miroir

L'Amoureux n'a cessé de me demander ce que ce livre de Sabine Melchior-Bonnet pouvait avoir d'intéressant. Et ce qu'on apprenait avec de telles lectures !

La première partie s’intéresse à la technique même de création des miroirs. De l'Antiquité à l'époque contemporaine, la taille, la clarté et la résistance des miroirs n'a cessé de changer. De petits miroirs de bronze antiques à la galerie des glaces, il y a du chemin. Un chemin qui passe par Venise. La France a bien des difficultés avant de trouver les bonnes proportions, des bons outils et les bons ouvriers.
La suivante concerne la ressemblance. Après tout, ce n'est pas évident pour nos prédécesseurs de se connaitre et de se reconnaître. On se voit plus souvent dans une flaque que dans un miroir au Moyen-Age. Le miroir est un moyen de se découvrir qui n'est accessible qu'à un petit nombre. Mais le miroir est aussi cet instrument qui reflète. La lumière. Le monde. Et de ce jeu de reflets, l'homme imagine pouvoir connaitre Dieu. Car le monde est une image du mode divin. Il existe un jeu de reflets entre l'âme et Dieu. 
A l'époque moderne, le miroir est omniprésent à la cour. Et il permet de s'observer comme d'observer les autres. Miroir où s'apprennent les mines et les manières, miroir du courtisan et de l’enjôleuse. Miroir qui trahit les hypocrisies. Miroir avec lequel jouent les peintres. Miroir des artifices.
Et miroirs des dangers, du diable et de la mort dans la dernière partie. Le côté obscur du miroir. Cette mort qui fauche la jeune fille insouciante, qui ne la voit pas venir, hypnotisée par son propre reflet. Ces sorcières condamnées pour la possession (entre autres) d'un miroir où se mirent Satan et l'enfer. Miroirs qui font naître la vanité. Qui reflètent le monde différemment selon qu'ils sont bombés ou non. Miroir qui dédouble l'homme, qui accompagne sa schizophrénie (pensez au Horla)... à moins qu'il n'ouvre sur d'autres mondes ?

Une lecture historique du miroir, objet polysémique selon les époques. Peut-être est-ce effectivement anecdotique comme le signale l'Amoureux. Mais cette histoire permet de mieux appréhender une société, ses croyances et ses rites. A travers un objet qui nous semble banal, n'apprend-t-on pas énormément ?
Une analyse intéressante. Un seul regret : des illustrations plus nombreuses auraient été les bienvenues !

vendredi 12 octobre 2012

La chute de Troie

Ce roman de Peter Ackroyd est une biographie romancée d'Heinrich Schliemann.

Vous le connaissez, n'est-ce pas ? C'est l'inventeur de Troie. Comprendre l'homme qui a découvert le site.
Schliemann/Obermann dans le texte d'Ackroyd est un amoureux d'Homère qui vient d'épouser la jolie Sophia, grecque curieuse, qu'il introduit sur le site millénaire. 
Passionné. On sent que le riche aventurier l'est. Au point d'avoir parfois des réactions étonnantes. Prenant Homère au pied de la lettre, il ne cherche pas à préserver tout ce qui ne va pas dans le sens du texte antique. Et il cache quelques jolis objets qu'il veut faire sortir de Turquie. Et il pratique des rites, croit fermement aux divinités, au destin. La jolie Sophia, fascinée mais méfiante, observe le bonhomme.
Plus spécialement dans sa relation aux autres, aux savants qui se moquent de l'amateur.

Personnage remarquable, c'est lui, son excentricité, sa mania qui tiennent ce roman. Véritable biographie déguisée, elle est un délice pour le lecteur qui, avec Sophia, découvre les facettes et quelques secrets de l'homme qui a sorti Troie de terre (et Ithaque dans le roman) mais pas encore Mycènes. Belle plongée dans l'archéologie du XIXe siècle, guidée par les textes, l'intuition et le goût des trésors...

A découvrir de toute urgence !


jeudi 11 octobre 2012

Le Trône de fer_Intégrale 2

Je vous l'ai dit (sur Twitter, oui, faut suivre), j'ai dévoré les quatre pavés du Trône de Fer (versions intégrales) cet été. J'avais aussi pris Proust. Bizarrement, je ne l'ai pas ouvert.

Je vous avais déjà parlé du tome 1 de G.R.R Martin (que j'aime d'amour, sachez-le). Donc ceux qui n'ont pas suivi, retournez voir cet article. Non mais. 
Attention, ce billet peut contenir des spoilers.

Bon, tout le monde faisait sa petite cuisine dans son coin. C'est encore vrai sauf que la légitimité du nouveau roi (vous ne saurez pas ce qui est arrivé à Robert) est mise en cause. Et que chacun se proclame roi de son côté. Et chacun interprète la comète qui enflamme les cieux à sa façon. 
De nouveaux personnages entrent en scène : Renly et Stannis, les frères de Robert. Le chevalier Oignon et Mélisande, proches de Stannis. Brienne, garde du corps de Renly.
Le vrai roi dans ce tome, c'est Tyrion. Il prépare Port-Réal à se défendre contre des assaillants multiples et tente de nouer des alliances. 
A vrai dire, il se passe à la fois beaucoup de choses et très peu. Certains personnages avancent peu comme Daenerys ou Sansa. D'autres traversent de grands espaces et rencontrent de nombreux adversaires comme Jon ou Arya. 
D'autres menaces émergent : les sauvageons se rassemblent... et les Autres ? Attendez le tome suivant !

J'ai trouvé ce tome moins réussi que le précédent, un peu plus lent. Mais tout aussi palpitant paradoxalement. Car même si rien n'avance à la même vitesse que le premier tome, des bases sont posées pour les suivants. Et des éclaircies sont jetées sur le passé.

Pour s'y repérer un peu voici les titres des livres contenus dans ce tome : 
La Bataille des rois
L'Ombre maléfique
L'Invincible Forteresse

Alors dans l'ordre on a Le Trône de ferLe donjon rouge, La Bataille des roisL'Ombre maléfiqueL'Invincible ForteresseIntrigues à Port-RealL'épée de feuLes noces pourpresLa loi du régicideLe chaosLes sables de DorneUn festin pour les corbeauxLe bûcher d'un roiLes dragons de MeereenA Dance with dragons

mercredi 10 octobre 2012

Vous êtes nés à la bonne époque

Je ne sais pas qui m'a conseillé ce livre de Matthieu Jung mais il est préférable pour la crédibilité de cette personne que je l'aie oubliée. Car je n'ai trouvé qu'un intérêt très modéré à ce livre dont on m'avait vanté les mérites.

Le sujet ? Nathalie, maman d'une jeune étudiante, séparée d'Alain, cherche l'amour et veut un nouvel enfant. Médecin, déprimée par sa solitude, elle est de toutes les sorties. Et rencontre des coups d'un soir. Et rencontre des artistes de vingt ans.
Arno, l'artiste, très je-sais-tout, cultivé, attentif, sexy, va devenir l'ami de Nathalie. Et plus, en raison d'affinités. Mais cet écart d'âges embête Nathalie. Qui nous parle de son envie de bébé sans se lasser.
Mais lasse le lecteur.

Très parisien, très bobo, très 'je me moque des bobos parisiens'...

Ce roman n'avait pour moi que sa plume agréable mais sans relief. Cela ne rendait pas la forme plus pénible et agaçante que le fond. A la rigueur, cela permettait d'avancer sans refermer prématurément le livre. Mais même la révélation finale est téléphonée. Bref, tout sauf enthousiasmant.

lundi 8 octobre 2012

La Malédiction de la Galigaï

J'ai lu de sévères commentaires sur ce livre de Jean d'Aillon. Cela m'a permis d'être heureusement surprise par cette lecture. (Sans non plus être complètement fan). 
Et, sachez-le, je ne suis pas une grande amatrice de polars. Et je n'avais jamais lu Jean d'Aillon, que ce soit pour suivre Louis Fronsac ou ses autres héros.

Cela posé, venons-en à cette Galigaï, qui, je n'en doute pas, vous intrigue. Et puis cette malédiction, c'est assez mystérieux aussi.

Cette aventure se joue entre 1617 et 1649. En deux temps. Soit sous le règne de Louis XIII et de Louis XIV (enfin, plutôt de Mazarin car Louis n'a pas encore l'envergure suffisante).
Concini, favori de Marie de Médicis, décide de voler la recette des tailles de Normandie. Il met dans le coup un brigand et un prévôt local : Petit Jacques et Mondreville.
Mais l'affaire est vite enterrée avec le favori, assassiné par le duc de Luynes. Son épouse, la Galigaï, maudit les voleurs.
30 ans plus tard, Gaston de Tilly découvre, lors de la mort de son oncle, que ses parents ont été mêlés à l'affaire. Et que cela leur a valu la mort. Il enquête avec son ami Louis de Fronsac.
Et nous plonge dans un monde de complots et d'hypocrisie, entre Mazarin et le prince de Condé, entre frondeurs, bourgeois et bandits.
La partie 1617 : très bien. Le début de 1649 : bien même si Louis Fronsac paraît parfois omniscient. Mais la fin se traîne. On se lasse. 
Un roman qui aurait mérité de se terminer un peu plus tôt. On a l'impression que l'auteur, à force de se raccrocher à la "grande histoire" étire la sienne sans nécessité.

Petit plus : une bibliographie intéressante à la fin (quoi que certains titres datent beaucoup) et un point sur le romanesque et l'historique, afin de ne pas mélanger les deux.
Petit bémol : La fin qui se prolonge, je l'ai dit. Et les références incessantes aux tomes précédents.


dimanche 7 octobre 2012

Dictionnaire amoureux de l'histoire de France

De "L'Amour de la France" à "Jean Zay", Max Gallo nous propose un panorama de l'histoire de France.

Mais attention, un panorama d'amoureux. D'amoureux de la France autant (voire plus) que de son histoire.
Il y a dans ce dictionnaire un indéniable patriotisme. Sentiment un peu oublié aujourd'hui.
Qui pourrait presque être taxé de réac'.
Et qui finit par agacer le lecteur.

Parmi les thèmes choisis, beaucoup de figures. Les très grandes : Jeanne d'Arc, Louis XIV ou De Gaulle. Et les plus discrètes. Celles qu'on ne doit pas oublier pour autant. Ces hommes de l'ombre qui ont fédéré la Résistance, ces femmes qui ont participé à la Révolution. Mais aussi des évènements, des périodes plus ou moins longues, des mouvements et des croyances. Le tout lié à une géographie, un espace.
Des citations, des chronologies et quelques dessins illustrent ce dictionnaire.
Dictionnaire de parti pris, je vous l'ai déjà dit : c'est l'amour de la nation qui rayonne et l'amour de son histoire. Avec une teinte de regret : que ne l'apprend-t-on pas plus, pas mieux... Le côté fédérateur de la nation semble s'estomper à mesure que l'histoire est oubliée dans les emplois du temps d'élèves trop savants.

J'ai apprécié ce dictionnaire mais j'ai véritablement fait un blocage sur le style de Max Gallo. Comme je l'ai trouvé pénible et lourd !

Il existe aussi des dictionnaires pour les amoureux :

vendredi 5 octobre 2012

Un amour de patrimoine

Ce n'est pas une lecture que je souhaite partager avec vous aujourd'hui, c'est une cause. Une cause que je souhaite relayer. Parce qu'elle me tient à coeur. Parce que je ne supporte plus les articles de mauvaise foi s'appuyant sur des généralités ou des réalités mal comprises. 
Anthony Koenig, du blog La Lorraine se dévoile a les mêmes lectures que moi. Alors que je râlais en lisant cet article, Anthony écrivait ce billet. Bien plus efficace !  

L'article du Monde dénonce une patrimonialisation poussée à l’extrême et présente la France comme un pays musée. Tiens, comme Houellebecq. Sauf que pour le quotidien, ce n'est pas un roman !

Voilà ce que rétorque Anthony Koenig : 
"Il paraît qu'on protège à tout va ? Essayez de faire classer un immeuble même de grand intérêt et qui est menacé. Pire essayez de sauver un édifice inscrit et même classé qui s'effondre, vous verrez si le législateur est boulimique de restauration... 



Que la législation change et s'adapte oui, qu'on ne protège plus sous prétexte que tout serait figé et embourgeoisé non.
Ce journaliste prétend qu'on arrive plus à imaginer notre futur et le patrimoine en serait responsable ? Regardez plutôt du côté des crises économiques et sociales qui se succèdent ! Au contraire on ne construit pas son avenir en ignorant son passé et le patrimoine n'est pas que le passé, il faut sans cesse le réinventer pour le futur mais en le respectant (pour cela il faut le comprendre et donc le connaître ce qui ne semble pas être le cas de ce journaliste).
Bref il y a aurait beaucoup à dire et il est triste de voir un journal national reconnu se laisser aller sans mesure à des généralités peut-être vraies dans la capitale (et encore, certains projets supposeraient le contraire) mais si loin des réalités des régions."


Merci à lui et à tous ceux qui se battent, quotidiennement, pour protéger notre patrimoine.