dimanche 12 janvier 2014

Le tango de la vieille garde

Le père Noël a eu la gentillesse de mettre le dernier roman d'Arturo Perez-Reverte dans mes petits souliers. Autant dire que j'ai sauté de joie lorsque je l'ai découvert (surtout que j'avais à peine noté sa sortie).

couples fontaine 1930

Dans ce roman en trois temps, l'auteur renoue avec les échecs. Oui, je sais bien que le capitaine Alatriste n'est pas très joueur. Par contre, Le tableau du maître flamand nous faisait entrer dans une partie inachevée. Ok, ce n'est pas la question centrale du roman, revenons-en au tango.

1966, Max Costa, chauffeur de la Jaguar (mais aussi de la Bugatti et de la Rolls) d'un médecin suisse, vit dans la baie de Naples. C'est un homme de 60 ans très distingué. Il croise au hasard des rues de Sorrente une amie perdue de vue, la belle Mecha Inzunza. L'occasion pour lui de faire revivre quelques jours un personnage oublié : Max Costa, l'élégant charmeur, le danseur de tango, l'Arsène Lupin de Buenos Aires. Nous replongeons lui dans un passé au parfum nostalgique, celui des transatlantiques et de l'Orient-express. 
La première rencontre de Mecha et Max remonte aux années 30. La belle épouse du compositeur Armando de Troeye est la meilleure cavalière qu'ait jamais rencontré Max. Ses tangos sont parfaits. Ses perles aussi. Le danseur tente de se rapprocher du couple qui se réjouit de trouver en lui un guide de Buenos-Aires. Car le compositeur a un but précis pour ce voyage : revenir avec un tango qui rivalise avec le Boléro de Ravel. Les voilà tous trois en quête du tango originel, qui sent la cocotte et le mauvais garçon, l'alcool, la drogue, la sueur et le sang. 
Deuxième rencontre entre la belle et le brigand à Nice en 1937 lors d'une affaire d'espionnage. Et sans mari. 
Et enfin, cette rencontre inattendue. Mecha accompagne son fils, Jorge Keller, jeune prodige des échecs, à un tournoi d'échecs à Sorrente contre Sokolov, le champion russe. Entre rivalité et séduction, leur dernière danse peut s'amorcer.

Ce roman qui joue sur les flash-back, avançant puis reculant comme les pas d'un tango, m'a envoûtée. J'étais sous le charme de cette Europe surannée et délicate. Et de Max, bien entendu. J'ai apprécié ses aventures, sa façon de naviguer en eaux troubles et de séduire les plus hautaines. J'ai suivi ces deux êtres dans une histoire d'amour, qui hésite entre honnêteté et mensonge, entre perversité, manipulation et abandon. 
Un roman magnifiquement mené pour un plaisir de lecture que j'ai rarement ressenti à ce point avec Perez-Reverte : à ne pas manquer !

4 commentaires:

  1. tu donnes très envie! J'avais déjà bien aimé Le tableau du maître flamand ça ne va pas être bon pour ma PAL ça!

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  2. Tu es le deuxième coup de coeur de janvier... tant mieux !!

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