jeudi 29 mai 2014

Une femme sans importance

Voilà plusieurs années que je n'avais pas lu Oscar Wilde. Quelle erreur ! C'est tellement délicieux d'ironie, cela nous plonge si vivement dans la société anglaise, que c'en est exquis ! J'avais également oublié à quel point ses pièces fourmillaient d'aphorismes. Si vous cherchez des citations sur le mariage ou sur l'amour, c'est la pièce idéale pour puiser des bons mots un peu grinçants : "Les hommes se marient par lassitude ; les femmes par curiosité. Les uns et les autres sont déçus" ou "On devrait toujours être amoureux. C'est la raison pour laquelle on ne devrait jamais se marier".

Epoque victorienne, mère et berceau


La pièce se déroule chez Lady Hustanton puis chez Mrs. Arbuthnot
Parmi les invités de Lady Hustanton, Lady Caroline, qui passe son temps à donner des ordres à son mari, Sir John. Lequel disparaît souvent... On croise aussi Mr. Illingworth, un dandy qui ne parle que par aphorismes. Et qui s'entend bien avec Mrs. Allonby, douée tout comme lui d'un brillant sens de la répartie et d'une conception un peu lâche de la morale. Lady Stutfield au contraire est plutôt naïve et romanesque. Et Miss Hester Worsley est une héritière américaine. Tout ce petit monde papote tranquillement, tenant des propos critiques sur les absents et hypocrites avec les présents. Sauf Hester, qui dit ce qu'elle pense. 

Deux personnages font basculer l'intrigue : Gérald Arbuthnot, jeune garçon ambitieux, qui vient d'être engagé comme secrétaire par Mr. Illingworth sans savoir qu'il s'agit de son père et Rachel Arbuthnot, la mère de Gérald, qui a été courtisée et abandonnée par Mr. Illingworth. 

Enfin, l'archidiacre, Mr. Daubeny, est absolument hilarant lorsqu'il conte les déboires de sa femme impotente mais stoïque. C'est de l'humour noir bien entendu, mais cela reste drôle.

Sous des dehors assez classiques, cette comédie propose en creux une vision ironique de la société victorienne, de ses excès et de ses futilités. Les hommes sont des dandys endettés et qui ne travaillent pas. Les femmes sont infidèles ou bavardes. Seule Hester vient apporter un peu de moralité dans cette société, ce qui la fait rire : le puritanisme américain n'a pas bonne presse à Londres. 
L'ensemble est très agréable à lire et doit l'être plus encore à regarder ! Je n'ai encore jamais vu une pièce d'O. Wilde au théâtre, voilà qui me donne envie d'y remédier. 

10 commentaires:

  1. Tiens, une pièce d'Oscar Wilde, c'est une idée pour le Mois Anglais!
    J'ai lu et vu joué au théâtre The Importance of Being Earnest, j'avais adoré! Celle-ci a l'air très bien aussi.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Attention, Oscar est d'origine irlandaise... ça passe pour le mois anglais ?

      Supprimer
    2. Ah mince, je ne m'en souvenais pas! Alors cela passerait seulement si l'intrigue se déroule en Angleterre (mais c'est souvent le cas avec lui, il me semble!)

      Supprimer
    3. Cela se passe dans un environnement british, pas de souci !

      Supprimer
  2. On sent que tu as passé un délicieux moment en compagnie de cette pièce, voilà qui fait plaisir à lire !!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, j'ai beaucoup aimé ces retrouvailles avec Wilde

      Supprimer
  3. Pas lu Wilde depuis longtemps non plus, mais j'en garde un très bon souvenir !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est un auteur qu'on a plaisir à retrouver

      Supprimer
  4. Je n'aime pas beaucoup lire les pièces de théâtre mais j'adore l'ironie. Du coup, je vais me laisser tenter.

    RépondreSupprimer

Pour laisser un petit mot, donner votre avis et poser des questions, c'est ici !