jeudi 4 juillet 2013

Moi moche et méchant 2

Nous avons profité de la fête du cinéma pour aller voir la suite de Moi, moche et méchant qui nous avait bien plu. Attention, si vous n'avez pas vu le premier opus, ce billet comporte des spoilers...

On retrouve Gru, notre méchant favori, qui a rangé ses bazookas et rayons gelants pour se consacrer à plein temps à son rôle de père adoptif de Margo, Edith et Agnès. Un beau jour, Gru est contacté par une agence d'espions anti-méchants, qui souhaite l'engager pour enquêter sur une bien sombre affaire... Forcément, ça va déraper, et les minions de Gru vont se retrouver en danger !

Les studios Illuminations ont fait du très bon boulot pour ce second opus. Si l'on reste bien dans la veine du premier épisode, ce nouveau film ne sent pas du tout le réchauffé pour autant. Les nouveaux personnages sont plutôt attachants, et les scénaristes jouent aussi avec les protagonistes principaux en les mêlant à des histoires de coeur... 

DR
Ce film ravira surtout les amateurs des minions, ces petites gélules jaunes en salopette bleues qui parlent par onomatopées ! Omniprésents, ils volent complètement la vedette à Gru et jouent un rôle prépondérant dans l'histoire. Au final, ils sont - de loin - le principal vecteur comique du film. Tant et si bien que le générique de fin est consacré à la promotion du prochain film du studio... Minions !

mardi 2 juillet 2013

La Soeur

Merci au Livre de poche pour l'envoi de ce livre de Sandor Marai. C'est un beau roman, dans un style très classique, qui rappelle la plume et les recherches de Zweig. Il s'intéresse à la psychologie des êtres (ici dans le cadre d'une maladie), à leurs sentiments. Ce n'est pas un texte pour gens pressés, car il s'écrit par petites touches.

L'intrigue ? Notre narrateur, bloqué pour Noël dans une auberge en montagne, a pour commensaux des hommes rustres ou inintéressants. Sauf Z., son voisin, qui est aussi un célèbre musicien. Au détour d'une rencontre, ils discutent. Notre narrateur lui demande pourquoi il a cessé de jouer. Le musicien promet de le lui expliquer.
Des mois plus tard, il reçoit un manuscrit alors que Z. vient de mourir. Le pianiste y décrit la maladie foudroyante qui l'a tenu éloigné de la musique...
L'essentiel du roman, c'est ce manuscrit qui conte les douleurs du malade, les tentatives des médecins pour les apaiser, la présence constantes de sœurs infirmières à son chevet... Mais surtout les impressions et les réflexions du musicien, qui voit sa vie basculer.

Pour découvrir d'autres romans du même auteur, je vous suggère Paix à Ithaque ! et Le premier amour. 

vendredi 28 juin 2013

La valorisation touristique des châteaux et demeures historiques

Voilà un livre qui vous change un peu de mes lectures habituelles et qui concerne plus mon action pro que perso. Mais je l'ai trouvé tellement sympa que j'ai eu envie de vous en parler.

Annie Gondras s'intéresse aux châteaux. Ces bâtiments de contes de fées, où l'on imagine des princesses couler des jours heureux. Hélas, nous ne sommes plus au temps des princesses et les propriétaires de ces belles demeures ont bien du mal à les entretenir et à y vivre. 
Après un panorama des situations des proprio, l'auteur s'interroge sur leur conversion touristique : comment se réalise-t-elle ? qu'apporte-t-elle ? peut-on réellement faire du business avec les vieilles pierres ? Elle regarde aussi du côté du Royaume-Uni, avec envie, et déplore l'action discrète de nos propres associations de propriétaires. 


Cette étude, accompagnée de nombreux témoignages de propriétaires, jette un regard nouveau sur les châteaux que l'on aime à découvrir au hasard des vacances et des week-end. Pas si facile d'être un châtelain aujourd'hui !

Petit plus : Qui saura identifier cette jolie bâtisse ?!

mercredi 26 juin 2013

The Bling Ring

Le dernier Coppola est un Marie-Antoinette sauce Californie. En gros, on est toujours sur les thèmes du matérialisme, de la vanité voire de la vacuité de l'existence.

Pour tromper l'ennui et être toujours plus in, (et aussi pour se sentir un peu star) un groupe d'amis se rend régulièrement chez les plus grandes stars de Los Angeles pour piller leur garde robe. Ils attendent que leurs idoles soient en tournage ou en soirée pour fouiller les dressings, essayer des fringues et repartir avec un butin sous le bras. Puis ils postent leurs photos sur Facebook et cie. 



Dans ce film, on voit défiler des kilomètres de fringues, de marques, de fric. Les ado de la bande n'ont nullement besoin de ce qu'ils piquent, ils font cela pour... quoi au juste ? 
Bref, si vous avez vu un des films précédents de Coppola, vous retrouverez ici ses sujets favoris sans grande valeur ajoutée. 

mardi 25 juin 2013

Histoire d'O

Merci à Audiolib pour cet envoi d'un de leurs derniers ouvrages publiés. Il est lu par Valérie Lang, dont la voix et l'intonation conviennent parfaitement à ce roman érotique de Pauline Réage. 


Alors que le monde entier s'enthousiasme devant les Cinquantes nuances de Grey (roman que je n'ai toujours pas réussi à ouvrir), il est peut-être bon de revenir aux sources. Ici pas d'héroïne prude et faussement outragée : O. se plie volontiers aux désirs de son amant, René. Il l'emmène à Roissy où la jeune femme va subir plusieurs viols devant les yeux de René, se faire fouetter... et tout cela, avec une heureuse abnégation. Voire presque avec joie. Follement amoureuse (elle le répète souvent à René qui dit partager cet amour), elle se retrouve esclave sexuelle. René la donne à son ami, Sir Stephen, qui saura rendre O. plus soumise encore : elle est corsetée, percée et marquée au fer...

Ce qui est remarquable dans ce roman, c'est le ton très froid, détaché, presque scientifique d'une narration à la troisième personne. Pas de sentiments, des faits. Et la préface du livre le souligne bien. On ne se trouve pas uniquement dans un livre sado-maso, on est dans un rapport à l'amour qui tient de l'esclavage, du don complet de soi. On pense inévitablement à la dialectique du maître et de l'esclave. Il parait que pour O., le "bonheur est dans l'esclavage". Alors, cela reste très choquant : les scènes sexuelles sont d'une rare violence et l'acceptation d'O. au temps de la femme libérée est très déstabilisante, mais c'est aussi bien écrit et tragique. On s'attache à O., même si l'on ne la comprend pas. Ou qu'on préfère ne pas la comprendre. Les amis de la fessée entre adultes peuvent aller se rhabiller !

lundi 24 juin 2013

Sensualité et spiritualité. A la recherche de l'absolu

Je n'avais encore jamais visité le musée Henner. Mais tentée par cette expo, j'ai franchi le seuil de cet atelier.


Le thème en est la représentation de sujets religieux par Henner, peintre du XIXe siècle. Le peintre semble favoriser des modèles sensuels et idéaux pour transmettre sa recherche d'absolu et de spiritualité. 
Dans la première salle, on découvre Henner se formant à la manière des anciens, copiant des œuvres du Corrège. La salle voisine confronte Henner à ses contemporains et distingue leurs façon de peindre les sujets religieux. On s'attarde avec bonheur sur les corps des Madeleine qui se dessinent par des contrastes lumineux. A l'étage supérieur, on est entouré par des corps du Christ mort et des pietà. Le peintre utilise des formats resserrés et peu de couleurs. Mais c'est avec le Saint Sébastien que l'on touche à l'absolu. Grâce à un audacieux clair-obscur, le corps du saint est parfait, épuré et lumineux. Voilà qui détonne par rapport aux peintres symbolistes contemporains !

Une expo intéressante avec un petit journal bien documenté, sur un sujet qui ne doit pas attirer les foules mais qui montre la recherche esthétique et religieuse du peintre. 

samedi 22 juin 2013

Paris Haute Couture

C'était la première fois que je visitais une expo à l'hôtel de ville. Il faut dire que les heures d'attente devant le bâtiment ne m'ont jamais encouragée à en pousser la porte... Mais en ces jours ensoleillés, le parisien profite des jardins plus que des expos, c'est le moment ou jamais !

L'expo débute avec une mise en place historique (définitions, grands noms et techniques) illustrée de dessins, de vidéos et de tissus. Elle montre bien la spécificité française de la haute couture, de Worth à nos jours : on doit présenter une collection de tant de modèles chaque saison et être situé à Paris. Jolie introduction mais dommage qu'il n'y en ait pas plus ! 

Puis on plonge dans le grand bain avec la seconde partie qui présente des robes dans de grandes vitrines en quinconce. Wahou, les collections de Galliera sont là ! C'est toujours une joie de voir et revoir ces vêtements (vivement la réouverture du musée !). On passe de Worth à Lanvin, deSchiaparelli à Dior, de Poiret à Gaultier dans une exubérance de tissus et de couleurs. Les créations sont splendides, exposées dans un ordre chronologique pas toujours facile à suivre car non matérialisé. Et je ne parle pas des cartels et des textes introductifs, souvent illisibles... Bref, on montre du beau mais on se moque un peu de ceux qui veulent se documenter ! 

Une exposition superbe par ses œuvres exposées mais un peu courte et malhabile en termes d'explications.


vendredi 21 juin 2013

L'ange du bizarre. Le romantisme noir de Goya à Max Ernst

Il faut vous presser si vous souhaitez voir cette belle expo du musée d’Orsay avant qu'elle ne se termine. 

L'idée ? Montrer Twilight dès le XVIIIe ! Eh oui, les sorcières, les cauchemars et les fantômes, ce n'est pas nouveau. Dans les arts, c'est le courant du romantisme qui lance les représentations de châteaux hantés et de folles hallucinées. On retrouve avec bonheur Fussli, Delacroix, Goya et Friedrich. Et l'on découvre des gens moins connus : Boulanger, Blechen ou Martin. On a l'impression de rentrer dans un roman de Walpole. Ou dans Diablo signale l'Amoureux, toujours fan de jeux vidéos. 


On parle aussi spiritisme, on observe des photos de fantômes avant de plonger dans le symbolisme qui véhicule des paysages et des personnages inquiétants et ambigus... Enfin, l'expo se clôt par un passage par le XXe siècle. Les surréalistes sont évoqués avec moins de justesse que leurs prédécesseurs. Ça sent le prétexte ! Ou du moins, c'est tellement peu fourni par rapport aux autres parties que c'en est décevant. 

Cette expo est très riche et convoque tous les supports : peintures, dessins, gravures, films, photos etc. Elle est fluide, suffisamment nourrie en termes de discours pour apprendre des choses mais aussi avoir envie d'en savoir plus (et d'acheter le catalogue). La dernière partie reste faiblarde, vous l'avez bien compris mais l'ensemble est plutôt réussi. Âmes sensibles, soyez prévenus : certaines oeuvres sont inquiétantes, effrayantes et peuvent vous mettre mal à l'aise... 


jeudi 20 juin 2013

Apelle. La bataille d'Alexandre

Ce livre de P. Moreno bouscule les idées reçues sur la mosaïque découverte dans la maison du Faune à Pompeï : la bataille d'Alexandre. 


Pendant toutes mes études, on a affirmé que cette mosaïque avait été inspirée par une peinture de Philoxénos d'Eretrie et qu'elle représentait la bataille entre Alexandre et Darius à Issos. Que nenni nous dit Paolo qui attribue l'oeuvre à Apelle. Figurez-vous que ce pourrait être la défaite de Darius à Gaugamélès ! 
Et de nous expliquer pourquoi... et de nous montrer un autoportrait d'Apelle dans le bouclier d'un soldat... troublant mais pas toujours très convaincant dans cette démonstration. Et l'on finit par une biographie d'Apelle et une liste de ses œuvres.

Le tout est très illustré de détails en couleurs de la mosaïque et d’œuvres qui s'en sont inspirées (mais en noir et blanc). Cela me semble quand même toujours compliqué les attributions antiques, surtout dans le domaine de la peinture dont les témoignages sont plus que fragmentaires...

lundi 17 juin 2013

Dynamo

A. V. Janssens, Bluette
Mea culpa. Voilà plusieurs mois que j'ai visité cette exposition au Grand Palais mais je n'avais pas encore trouvé le temps d'en discuter avec vous ! 

Petit avertissement : c'est très dense. Il y a un nombre d’œuvres et d'installations incroyable, façon plus catalogue que démonstration. Et il est possible qu'en sortant, vous sentiez un début de migraine. Parce que mine de rien, c'est intense ! Jeux optiques et cinétiques finissent par déstabiliser le visiteur.

On déambule donc parmi des œuvres qui nous touchent. Au sens propre. Et l'on tente d'en tirer une chronologie et des influences. Mais cela devient vite complexe dans des ensembles thématiques sollicitant les sens. On perd ses repères plus qu'on ne les établit. On passe du très récent au plus lointain (début du XXe siècle, ce n'est pas non plus le bout du monde) mais on peine à les relier. 

C. Shawcross, Slow arc inside a cube IV

Bon, ce n'est pas non plus un bric-à-brac mais l'expo aurait peut être gagné à se concentrer sur moins d’œuvres pour rendre le propos plus lisible.

A noter, l'expo se visite aussi avec une appli. Rien de transcendant selon moi, c'est très 'social' façon partage tes photos. Et pas de grosse valeur ajoutée dans le contenu. 

dimanche 16 juin 2013

L'Assassin royal. Le dragon des glaces, L'homme noir et Adieux et retrouvailles

Ouf, j'ai enfin terminé cette série ! Oh, non qu'elle m'ait déplu, bien au contraire : j'ai passé une bonne partie des dernières nuits à la lire.


Fitz embarque avec Umbre, Devoir et Lourd pour les îles. Le prince Devoir part remplir sa mission : tuer un dragon pour sa belle. Le voyage est éprouvant et la mission semble cacher ses véritables buts. Sans compter que le fou s'y oppose ! Bref, Fitz est désorienté. Mais il aura plus urgent à traiter : Lourd met en péril toute l'équipée, les outriliens n'approuvent pas le défi... et l'île où repose le dragon parait hostile. 

Je vous épargne toutes les péripéties (et elles sont nombreuses). Sachez simplement que le tome 13 clôture le cycle (de façon un peu bavarde à mes yeux), que j'aurais préféré que tous les personnages ne reviennent pas pour un grand salut et que l'auteur laisse un peu plus d'ombres régner... Mais au moins, on est fixé !

Bref, un cycle très chouette, qui se dévore. La deuxième partie (à partir du tome 7) n'était pas indispensable. Elle permet de suivre le héros plus longtemps mais sa première aventure se suffisait à elle-même. Et à la longue, les rappels sont agaçants : ils sont très nombreux dans cette deuxième série, comme si le lecteur pouvait commencer par le tome 12 ou 13 ! 

vendredi 14 juin 2013

L'assassin royal. Les secrets de Castelcerf et Serments et deuils

Avec les tomes 9 et 10 de L'Assassin royal, ça se calme à nouveau. Pas de mission incroyable pour Fitz mais le voilà obligé de rester à Castelcerf.

Connu comme Tom Blaireau, serviteur du fou (alias Sire Doré), il espionne pour la reine et le prince. C'est indispensable en cette période tendue : le prince accueille sa fiancée. Et elle est outrilienne (le pays des pirates rouges). Bref, c'est une alliance essentielle mais diplomatiquement dangereuse.
Fitz forme le prince à l'art. Avant de créer un clan d'art pour lui (car Devoir n'est pas le seul à posséder cette magie !)... Et du côté des vifiers, on avance prudemment.

Bref, il se passe à la fois très peu en actions et beaucoup en manipulations... Et la suite promet d'être intéressante car il est à nouveau question de dragons !

jeudi 13 juin 2013

L'assassin royal. La secte maudite

Avec ce tome 8, on retrouve un peu d'action. Fitz est de retour à Castelcerf pour une mission délicate : retrouver le prince Devoir. Celui-ci a disparu sans laisser de traces. Est-ce une fugue ? un enlèvement ? Fitz, le fou et Oeil-de-Nuit partent à sa recherche...

Un mission bien plus complexe qu'ils ne l'imaginent avec de nouveaux ennemis, les Pie. Ces hommes utilisent le vif (magie qui permet de communiquer avec les animaux) pour conquérir le pouvoir. 


Un peu déçue par le rythme du livre précédent, je suis heureuse d'avoir retrouvé Fitz au top de sa forme (ou presque). On est à nouveau pris par le roman, étonné et impatient de découvrir la suite ! 

mercredi 12 juin 2013

L'assassin royal. Le prophète blanc

Je vous avais laissés avec la fin d'un cycle. Notre assassin, Fitz, avait découvert les anciens, Vérité avait écarté la menace des Pirates rouges et la reine était enceinte. 

Avec ce tome 7, on retrouve Fitz quinze ans plus tard. Et on a un peu de mal à le reconnaître dans cet être vieilli, routinier et isolé de tous. Il élève Heur, un orphelin, et fréquente toujours Astérie. Alors quand Umbre puis le fou viennent lui rendre visite, cela bouleverse ses habitudes.


Ce tome est celui de la redécouverte. On apprend ce qu'a fait Fitz pendant 15 ans, on découvre comment il peut à nouveau servir son roi (enfin, futur roi car Devoir est un jeune homme).
Un livre dans lequel il ne se passe pas grand chose, une transition...

Et c'est perturbant de voir que certains noms ont changé entre le tome 6 et le 7 (Devoir/Dévoué, Heur etc).

lundi 10 juin 2013

Sister act

Cette comédie musicale en français (argh!) ne me tentait pas du tout ! Cela me semblait kitsch et mauvais.

Et puis, quelques amis me l'ont chaudement recommandé. Pas contrariante, j'y suis allée ! Et je me suis bien amusée. Evidemment, on est dans un tout autre domaine que l'opéra ou les comédies musicales du Châtelet. C'est très bizarre d'entendre chanter en français mais au bout de deux-trois chansons, on oublie et l'on prend le pli ! 
Ce qui m'a sauvée aussi, c'est que je n'avais qu'un très vague souvenir du film donc pas de comparaisons possibles.
Certes, c'est très kitsch : paillettes au rendez-vous et style années 70'. Mais c'est aussi rigolo, prenant et les personnages sont attachants. Surtout les sœurs ! 

(c) Brinkhoff/Mögenburg

Bref on a passé un bon moment à Mogador avec cette chanteuse qui se cache de ses poursuivants et apprend à chanter à tout un couvent. Pour se détendre, c'est extra !

dimanche 9 juin 2013

Comprendre l'art moderne

Je vous ai déjà parlé des livres de Françoise Barbe-Gall, tous liés à l'art et à son approche, par les petits comme les grands. 

Dans cet opus, il est question d'artistes et d’œuvres du XXe siècle. Celles dont on dit qu'on y comprend rien ou que même un enfant pourrait le faire. Enfin, on entend souvent ça dans certains musées...

Ici, l'auteur s'attache d'abord à nous faire regarder, ressentir l'oeuvre (le tableau souvent). Elle commence par une description des éléments qui souvent laisse place à l'imagination. Elle met en mots l'image. Cela pourrait être d'autres mots, ce n'est pas un regard unique et porteur d'une seule vérité, c'est un regard qui sonne juste.
Ensuite, on a quelques clés de lecture : une anecdote sur l'oeuvre, des éléments sur l'artiste, sur le contexte, les mouvements artistiques. C'est plus sérieux mais moins poétique que la première partie...

Un livre sympathique mais qui m'a moins emballée que les précédents. J'avais l'impression de digressions perpétuelles et je n'ai pas senti que je 'comprenais' mieux l'art moderne. Mais j'ai vu de belles choses !

samedi 8 juin 2013

L'art face à l'histoire

Dans la série 'j'aime les éditions Palette...", voici le dernier opus ;)

Ce livre de Nicolas Martin et Eloi Rousseau propose 50 événements vus par des artistes. On commence à la Révolution et on termine avec le mur de séparation entre Israël et Palestine, en passant par le sacre de Napoléon, Guernica et Mai 68. A chaque fois, on a un mot sur le contexte historique, une image et une explication sur l'oeuvre. Et c'est vraiment pas mal fait. 
En plus, il y a un petit glossaire à la fin qui retrace les mouvements artistiques évoqués dans le livre.


Je m'attendais à retrouver le style des 50 personnages en quête d'artistes mais on est beaucoup plus dans la sobriété et l'informatif avec ce livre. Un bel objet !

vendredi 7 juin 2013

Le Crépuscule des Dieux

La saison d'opéra se termine, et nous l'avons conclue avec le dernier épisode de la tétralogie de l'anneau du Nibelung de Wagner. 
Ne m'étant pas trop renseigné avant la soirée, il m'a suffi de lire sur le papillon qu'on aurait droit à plus de 4h30 d'opéra, et de voir les 6 harpes dans l'orchestre, pour comprendre qu'on aurait du bon gros opéra !

Mais situons d'abord l'action, ce que fait également Wagner lors de la première demi-heure de l'opéra. Après que la lance de Wotan, le patron des dieux, ait été brisée par Siegfried le héros, les dieux ont dû abattre un arbre qui leur donnait leur force, et du coup ils se morfondent dans leur fortresse céleste car leur déclin arrive. Normal, quoi.
A part ça, Siegfried est un beau héros qui s'est arrogé le pouvoir de l'anneau du Nibelung, il est fou amoureux de Bünnehilde, la plus belle de toutes, et des méchants complotent pour récupérer l'anneau de Siegfried... Du coup, forcément ça va mal se passer pour tout le monde.

DR

L'intrigue, qui est loin d'être l'attrait principal de cet opéra, ne se dénoue franchement pas vite, à tel point qu'on ne s'est pas sentis perdus en n'ayant vu que l'épisode 1 de la série il y a 3 mois. La mise en scène est assez minimalisme, et similaire en de nombreux points à celle de l'Or du Rhin. Elle laisse quand même place à de jolis "arrêts sur image", notamment lors de la mort de Vous-Savez-Qui. La partie orchestrale est très réussie, et le tout est servi par quelques belles voies. Hagen, en particulier, avec sa voix de basse pénétrante, nous a fait beaucoup d'effet.

Pas de révélation incroyable, somme toute, mais une bonne soirée quand même !


lundi 3 juin 2013

L'écume des jours

Pour qui, comme moi, a dévoré Vian dans sa jeunesse et a adoré l'ambiance de ses livres, ce film ne peut être que décevant. 

Colin vit dans un étrange appartement, lumineux et kitsch, avec son cuisinier et sa souris de compagnie. Tout change lorsqu'il épouse Chloé et que celle-ci tombe malade. 
Alors, l'appartement rétrécit, les couleurs se ternissent jusqu'au noir et blanc. Colin doit travailler. Colin va jusqu'à enterrer Chloée dans un espace si glauque que s'y rendre ôte toute envie de vivre. 

Si le début amuse, avec des trouvailles sympathiques pour rendre l'écriture poétique et azimutée de Vian, on s'ennuie terriblement et on se lasse rapidement de ces effets. Sans parler des personnages, qui ne déclenchent aucune empathie chez le spectateur. Un ratage pour nous. 

ecume des jours duris tautou

samedi 1 juin 2013

Dix rêves de pierre

J'avais aimé Une pièce montée de Blandine Le Callet. Et j'ai bien aimé ces nouvelles. Ce qui est rigolo, c'est qu'en visitant le musée gallo-romain de Lyon, je m'étais également dit que les épitaphes seraient un joli sujet de roman. Bref, c'est un lieu inspirant. Parce que ce qui est cool c'est que l'auteur nous explique où elle a trouvé chaque épitaphe.

On commence par la nouvelle avant de découvrir l'épitaphe. On se trouve donc à chaque fois quelques instants avant la mort du protagoniste. Sauf pour la dernière qui est à part. Et l'on voyage dans le temps. On commence avec l'Antiquité, le Moyen-Age puis la Renaissance, le XIXe siècle jusqu'à l'époque contemporaine. Le ton change, les personnages sont plus ou moins sympathiques, mais toujours le trait est vif et le style rythmé. Il y a des histoires tragiques, d'autres grotesques. Le mort peut être très jeune ou très âgé. Mais on croise beaucoup de morts violentes. La plus étonnante pour moi fut "Les hortensias"...

Bref, un recueil très chouette sur un sujet qui ne l'est pas !

vendredi 31 mai 2013

La petite cloche au son grêle

Merci au Livre de poche pour l'envoi de ce livre très touchant de Paul Vacca. Je l'ai dévoré d'une traite, happée par cette histoire belle et triste.


Notre héros et narrateur est un adolescent qui s'adresse à sa mère, Paola. Il lui raconte une année, l'année d'une rencontre inoubliable. Il est au collège et ses notes de français sont médiocres. Paola, qui imagine son fils écrivain, s'insurge. Sa prof est certainement bourrée d'a priori !
Pourtant, on ne sent pas chez le héros un goût prononcé pour la littérature... avant qu'il ne rencontre Proust. Le livre, abandonné par une figure aimée, est lu en cachette. Lorsque Paola le découvre, elle achète la suite et se met à lire avec son fils. Aldo, le père du narrateur, cafetier de son état, les jalouse et s'inquiète des conséquences d'une telle lecture. 

Dans ce livre, il y a cette découverte de Proust, qui de la chambre du narrateur au café s'étend à toute la ville. On trouve aussi les émois de l'adolescence mais surtout un hommage à Paola. Car tout n'est pas aussi lisse qu'il y parait. Sous des airs insouciants, le malheur couve...

Ce roman est une très belle surprise : narration efficace, style prenant et belles émotions ! A conseiller.

jeudi 30 mai 2013

Autour du chat noir. Arts et plaisirs à Montmartre 1880-1910

Je n'avais jamais mis les pieds dans ce musée (comme quoi, je n'ai pas fait le tour de tous les musées parisiens !) mais tentée par ce thème, j'ai grimpé quelques marches et découvert une maison entourée de verdure. 

L'exposition prend tout l'espace du musée. Y a-t-il des collections permanentes dans ce lieu d'habitude ?

Alors, on débute en rez-de-jardin avec le Chat noir et surtout les groupes artistiques qui se croisent dans le cabaret de Rodolphe Salis : les fumistes, les hydropathes, les zutistes, les incohérents... Bref, des microgroupes de modernes que Dada ne renierait pas, chacun produisant ses œuvres et ses journaux ! Puis on a un petit topo sur 1870 qui se raccroche assez mal au reste avant de rentrer dans le vif du sujet : que faisait-on dans ce cabaret ? Eh bien du théâtre. Du théâtre d'ombres précisément. Et l'on découvre les plaques en zinc qui servaient à ces réalisations. C'est assez fascinant ! On s'intéresse ensuite au cirque et aux cafés concerts : c'est toute la partie "autour" qui commence. On croise également une salle qui parle de nabis et de symbolisme, mal reliées au propos global, mais soit. Une histoire d'inspiration mutuelle et de fréquentation des mêmes cabarets...

L'ensemble est intéressant, mais assez mal ordonné (qu'il s'agisse de l'expo comme du catalogue d'ailleurs). Mais elle mérite d'être vue ne serait-ce que pour découvrir des mouvements artistiques étonnants, un quartier à la mode et les fameuses plaques du théâtre d'ombres.

Et le catalogue ? Il comporte cinq petits articles en rapport avec l'expo et les œuvres exposées. A vrai dire l'ensemble est assez indigent : une minorité de cartels détaillés mais beaucoup d'images... Moi, je n'achète pas un catalogue pour ça ! Je veux du textes, des infos, des débats, des pistes de réflexion, pas un album photo !

mercredi 29 mai 2013

Pour quoi vivons-nous ?

Question existentielle s'il en est, dont l'écho résonne avec plus ou moins de force selon les périodes de la vie. Amis philosophes, lecteurs en questionnement ou curieux égarés, ce livre de Marc Augé ne vous donnera pas de réponse. Soyez-en conscients. Il ne vous donnera d'ailleurs que des pistes, façon terre battue plutôt que goudronnés et peu d'indications. Vous l'avez compris, je n'ai pas trouvé ce que j'espérais dans cet ouvrage. 

DR

L'intro était pourtant assez alléchante. Dressant le portrait d'une famille Dupont, empêtrée dans la routine et la consommation, l'auteur interroge sur le sens du bonheur et sur la relation aux autres. Puis, il dessine le chemin de ses recherches, depuis l'Afrique jusqu'à nos sociétés occidentales. 

Il étudie notamment la place des rites et des relations dans les sociétés africaines, s'attarde sur la place du rêve et des hiérarchies. Il interroge ensuite la mondialisation et la fin des grandes utopies qui laissent un vide. Quelles fins reste-t-il aux hommes, noyés dans une société de consommation qui se plait à faire des pourcentages et des sondages ? Vivant dans le présent, l'immédiateté, que reste-t-il au long terme ? Les religions en prennent pour leur grade ainsi que l'économie et la science. Mais elles constituent autant de pistes que l'anthropologue vise à suivre...

mardi 28 mai 2013

Cartes. Voyage parmi les curiosités et merveilles du monde

Tu crois que tu vas ouvrir un atlas tout bête ? Que ce livre d'Aleksandra Mizielinska et Daniel Mizielinski va te montrer les pays du monde en jolis dessins ? Eh bien tu te trompes ! Il y a bien plus que cela dans ce livre.

On parcourt les continents à mesure que l'on tourne les pages et l'on en découvre certains pays. Il y a des chiffres (superficie, nombre d'habitants) mais aussi les langues, les noms les plus communs, les personnages historiques, les beautés naturelles, les animaux, les plats typiques, les monuments et tout ce qui fait la spécificité d'un pays, d'une culture.


C'est un livre très riche, qu'on feuillette selon son intérêt, dans lequel on peut se plonger pour dix minutes ou deux heures. En effet, il déborde d'informations. A chacun d'y puiser. Et aux enfants d'interroger : qu'est ce que cet animal ? Pourquoi il y a une voiture en France ? ça se mange ce plat ? Oh, des montagnes, la mer, les baleines, les pingouins etc.
Bref, une vraie mine de trouvailles ! Et des illustrations sympa !

dimanche 26 mai 2013

L'Assassin royal. La voie magique et La reine solitaire

Les tomes 5 et 6 de L'Assassin royal de R. Hobb sont ceux d'une quête. 

Fitz est en quête de Vérité, le roi parti à la recherche des anciens depuis bien trop longtemps. Je ne sais pas si vous avez besoin qu'on vous rappelle la liste des drames mais quand même... Subtil est mort, Kettricken a disparu dans les montagnes, la côte est dévastée par les pirates qui tuent, saccagent et forgisent (transforment les êtres humains en zombies, plus ou moins), Royal s'est sacré roi, a rétabli l'esclavage et les jeux du cirque... et part en guerre contre ses propres alliés. Sans compter que Molly n'est pas en super forme. Enfin, c'est un peu la cata.

Mais Fitz trace la route. Pas forcément tranquillement. Mais il progresse petit à petit vers Vérité qui lui a artisé de le rejoindre. En chemin, il retrouve des amis et s'en fait de nouveaux : Caudron, une vieille dame peu bavarde et Astérie, une jolie ménestrelle. Ensemble, ils vont s'approcher au plus près de l'art, des anciens et de leurs cités en ruines.

On reste attentif jusqu'au bout ! Et on termine un cycle avec le tome 6. Je ne vais pas vous en dire plus mais la surprise continue dans ces deux tomes. Pas de lassitude, juste l'envie de tourner les pages plus vite, pour savoir et comprendre ! 

samedi 25 mai 2013

L'Assassin royal. Le poison de la vengeance

Le tome 4 de la série de R. Hobb mérite un billet.

Nous avions laissé Fitz dans une détresse incroyable dans le précédent tome. Soigné par Burrich, il apprend à se comporter à nouveau en homme. Il réapprend. Il retrouve la mémoire et ses talents mais non sans difficultés. Oeil-de-Nuit reste à ses côtés, plus proche que jamais. 
Pour Fitz, c'est l'heure de faire ses propres choix. Toutes les possibilités lui sont ouvertes. Abandonné de tous et rempli de haine, il choisit la vengeance. Son but : trouver Royal et le tuer. Mais ce ne sera pas si simple... 

Ce tome, c'est le moment typique où le héros, laissé à lui-même, ne peut s'empêcher de faire l'imbécile. Il a des côtés un peu agaçants le Fitz mais il faut reconnaître que, dans l'ensemble, on a plutôt envie de le soutenir ! Et de le voir se reconstruire. Mais rassurez-vous, ce n'est pas pour tout de suite. Il va encore lui falloir perdre et sacrifier un peu plus.


vendredi 24 mai 2013

L'assassin royal. L'assassin du roi et La nef du crépuscule

Suite de l'histoire de Robin Hobb. Attention, il vaut mieux lire les billets (et les livres) dans l'ordre. Et il y a des spoilers plus bas !

Le petit Fitz revient à Castelcerf après son séjour prolongé dans les montagnes. Il retrouve Vérité, toujours occupé à artiser pour défendre les Six-Duchés contre les pirates, Kettricken, la fière reine des montagnes très seule, Royal, toujours venimeux... Fitz achète un loup, qu'il baptise Loupiot. Et se lie à lui par le vif. Le début d'une belle amitié, ...non, d'une meute !

Au château, il croise Molly, devenue servante. Il brûle pour elle en secret. Et il poursuit son travail d'assassin pour le roi... Je n'en dirai pas plus mais sachez que dans le tome suivant, Fitz devient marin et affronte les pirates rouges. Vérité, épuisé, se lance dans une quête qui semble n'avoir aucun sens. Aurait-il perdu l'esprit ? 
Ce troisième tome est certainement le plus intense. Fitz y traverse un nombre d'épreuves incalculable. Et découvre la vraie nature de pas mal de monde...

La plume de Robin Hobb est un délice. Simple, imagée, elle fait surgir les événements avec talent et doigté. Impossible de lâcher ces deux tomes avant la fin ! 

jeudi 23 mai 2013

La machine patrimoniale


Ce livre de Jeudy est assez étonnant. Il s'intéresse à la conservation du patrimoine et s'interroge sur la multiplicité des lieux de mémoire. Il estime que cette omniprésence, qui garantit la sauvegarde du patrimoine, crée une haine de ce dernier. Il est ensuite question des appropriations identitaires autour du patrimoine à l'heure de la mondialisation. Et finalement, un type de site ne pourrait-il pas être conservé pour l'ensemble ? L'auteur poursuit sur le sens des musées, sur la façon dont il abolit les différences culturelles. Dont il scientifise le discours, parfois aux dépens de l'émotion...

Bref, c'est un essai sur le patrimoine qui change beaucoup de l'ordinaire !

samedi 18 mai 2013

Camille Claudel 1915

Observer Camille Claudel, incarnée par Juliette Binoche, se débattre dans un asile de fous. Encadrée par des sœurs. S'ennuyer. Espérer être délivrée de ce lieu par son frère, Paul Claudel. Plonger dans des crises de paranoïa. Ou de larmes. Prier. Aider les sœurs...

Comme Camille, le spectateur s'ennuie. Comme Camille, le spectateur est très mal à l'aise devant les résidents de l'asile (qui ne sont pas des acteurs mais des résidents réels). 

Un léger espoir se fait jour avec l'apparition de Paul Claudel. Pour aussitôt retomber dans un blabla catho-lyrique.

La cerise sur le gâteau : les sœurs-infirmières à la diction improbable et surjouée...

Bref, un film qui n'était pas pour moi ! 

paranoia claudel causeuses

mercredi 15 mai 2013

Le musée éphémère

Sous-titré "Les Maîtres anciens et l'essor des expositions", ce livre de Francis Haskell aborde l'histoire des expositions temporaires.

Tout commence à Rome au XVIIe siècle où les collectionneurs prêtent une partie de leur collection pour l'exposer dans des églises à l'occasion de festivités. On trouve aussi des expositions en France lorsque Napoléon pille les églises européennes et enrichit le Louvre de toutes les œuvres d'art qu'il croise sur son chemin. Mais l'exposition dédiée à un peintre sous forme de rétrospective ne prend véritablement naissance qu'au XIXe siècle, en Angleterre : la British Institution organise une exposition des toiles de Reynolds (1813), après avoir obtenu des prêts de collectionneurs. Haskell signale que dans les expositions précédentes, il n'était pas rare de voir des faux et des copies, disposées là sur la volonté de leurs possesseurs. Bref, la rigueur scientifique n'était pas la même...
Mais l'exposition la plus marquante est certainement celle de Manchester en 1857 : Art Treasures of the UK. C'est une exposition gigantesque avec tous types d’œuvres, aux ambitions scientifiques (classement chronologique).
Puis le propos couvre les expositions qui comportent des messages autres qu'historiques ou artistiques, ces expositions qui sont autant de démonstrations de la supériorité d'une culture, d'une nation : les expositions d'inspiration nationaliste. Et cela, depuis la fin du XIXe siècle jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale. L'exemple de l'exposition italienne de 1930 à Londres soutenue par Mussolini en est un bel exemple. 

Ce que souligne Haskell, et qui est assez amusant, c'est que ce sont les particuliers qui prêtent pendant tout le XIXe siècle : les musées sont plutôt réticents et ce jusqu'à la Première Guerre mondiale. Et les expositions commencent au même moment à mettre en lumière des figures oubliées ou moins connues de l'histoire de l'art. Elles servent de révélateur au grand public !

Francis Haskell conclut sur l'aspect éphémère de l'exposition, sur son coté spectaculaire aussi. "Jamais plus on ne reverra une telle exposition" déplorent les journaux expo après expo. On sent aussi, et dès le XIXe siècle, la surenchère : il faut que ce soit unique et inoubliable. Et ce, tous les ans ! 
De même, la structure même des musées s'est trouvée modifiée par ce goût de l'exposition : des espaces sont dévolus aux expos temporaires, il n'est quasiment pas d'oeuvre qu'ils refusent de prêter et  le succès même de ces expositions reflète la santé du musée...
Mais l'auteur met en garde son lecteur. Les œuvres s'usent, les conservateurs n'ont plus de temps pour les acquisitions et autres tâches, la spéculation sur les objets s'accentue lorsqu'une expo les met à la mode, les catalogues deviennent les uniques publications de référence sur certains artistes alors même qu'ils délaissent un pan de son oeuvre et limitent la publication de monographies savantes.

Bref, ce livre est une véritable mine sur l'histoire des musées, des expositions et de leur succès. Il donne des clefs de lecture historiques mais interroge également sur notre rapport consumériste à l'exposition temporaire. De quoi faire réfléchir le lecteur au choix de ses prochaines sorties muséales...

mardi 14 mai 2013

Le bonheur conjugal

Autant l'annoncer tout de suite, la vie conjugale selon ce roman de Tahar Ben Jelloun n'est pas rose. On y cherche le bonheur.

La vie conjugale du peintre et de sa femme nous est racontée par les deux protagonistes. Le peintre commence. Il est resté paralysé suite à un AVC. Il s'agace de ce corps devenu lourd et rumine son passé, notamment sa vie conjugale avec une femme qu'il dit adorer même s'il la trompe, travaille beaucoup et lui parle peu. Il contemple la déchéance de ce mariage.



Amina prend ensuite la parole et livre sa version des faits. Enfant adoptée, elle vit dans le ressentiment. Elle est jalouse et violente dans ses propos et ses actes. L'aime-t-elle encore, ce peintre bloqué en fauteuil ? Peut-elle lui pardonner ses écarts ? C'est tout l'enjeu de cette seconde partie.

Un roman dur sur le mariage, sur l'usure et le désamour... Brr...!
Heureusement que le style reste sympa parce que le thème ne m'a pas emballée.


lundi 13 mai 2013

La guerre civile est déclarée

Merci aux éditions Dialogues pour l'envoi de ce roman de Christophe Paviot. Malheureusement, je n'ai pas vraiment accroché à ce livre. Pas un souci de style, ni de sujet. Un souci de sens.

Anthony, qui se fait appeler Arnaud, est manager dans une société d'assurances à Rennes. Il sort avec Estelle. Il s'habille mal. Il n'utilise presque pas sa carte bleue. Il ne passe pas dans les rues sous vidéosurveillance. Il brûle des voitures neuves. Et ses actions vont de plus en plus loin...
Arnaud est révolté sous ses apparences passives. Il cherche sa liberté. Il cherche à déstabiliser le système actuel, celui de la surconsommation. Il veut réveiller les citoyens endormis dans leur confort. Il n'est d'aucun parti. Il agit seul. Il détruit.


L'idée était intéressante, qu'en pensez-vous ? 
C'est pas mal de vouloir sortir la société de son inertie. Mon reproche concerne l'absence de proposition du roman. Le personnage principal reste dans cet objectif de destruction, de recherche de liberté mais pour quoi ? Pour quelle société ? Pour quel idéal ? J'ai eu l'impression qu'Arnaud était juste "contre"... Et j'ai trouvé cela un peu facile !

Ce roman se lit bien. Il livre un regard critique, teinté de noir, sur notre société. Il offre un personnage de résistant, qui reste détestable : Arnaud est froid et calculateur, on ne sent aucune sympathie pour quiconque chez lui. Impossible de l'apprécier !

vendredi 10 mai 2013

Syngué Sabour - Pierre de patience

Une mère, une épouse. Voilà le personnage principal de ce film. 

Dans un pays en guerre, une femme veille sur son mari, plongé dans le coma. Avec les moyens du bord, elle cherche à le maintenir en vie. Mais elle doit aussi veiller sur ses fillettes dans une ville où bombardements, viols et assassinats sont monnaie courante. Lorsqu'elle soigne son époux, la belle se confie progressivement. Elle lui raconte les fiançailles et le mariage dont il était absent, soldat dévoué à son pays. Elle lui parle de ses sentiments, de ses souffrances. Il devient une "pierre de patience" qui recueille tous les secrets de son épouse. 


Ce film d'Atiq Rahimi et l'actrice principale, Golshifteh Rarahani, sont superbes et tous deux signent une oeuvre poétique et touchante. 

jeudi 9 mai 2013

L'Assassin royal. L'Apprenti assassin

Ce roman de Robin Hobb est une belle surprise. J'avais entendu parler de ce cycle mais je n'étais que moyennement tentée. Et pourtant, une fois lancée, je n'ai eu qu'une envie : découvrir la suite.


Tout commence lorsque Fitz, six ans, rejoint Castelcerf, la ville royale. Bâtard du roi-servant Chevalerie, il grandit dans les écuries et les cuisines avant d'être pris en charge par Umbre, un empoisonneur et assassin au service du royaume.
Fitz ne rencontrera jamais son père, qui abdique en faveur de Vérité lorsqu'il apprend l'existence de son bâtard  Il fréquentera pourtant Subtil, le roi dont il devient un nouveau pion, Vérité, le nouveau roi-servant, et Royal, un prince qui déteste Fitz.
Devenu jeune-homme, une nouvelle compétence lui est apprise : l'Art. Un curieux moyen de communication via l'esprit...

On s'attache terriblement à Fitz, on s'intéresse à ce pays ravagé par des pirates, on s'inquiète pour le royaume. Bref, ce roman se dévore ! Il vaut mieux avoir la suite sous la main.

lundi 6 mai 2013

Pierre Rabhi. Au nom de la terre

Ce film m'a permis de découvrir Pierre Rabhi, partisan de l'agro-écologie. En gros, l'idée est de cultiver son jardin sans polluer et affaiblir la terre. A travers son exemple, on découvre les témoignages de chefs d'entreprises ou d'associations sensibilisées aux mêmes sujets.

Prônant un retour à la joie simple, à une société heureuse qui ne soit pas celle de la consommation effrénée, ce film tourne parfois trop à l'hagiographie, non de la part de Pierre Rabhi mais plutôt de ceux qui le fréquentent. Et l'on peine à faire le tri entre les actions des uns et des autres.  

Un propos qui pourrait être intéressant s'il était moins centré sur les scènes de culture du potager et s'il entrait un peu plus dans le vif du sujet : une agro-écologie globale, c'est une belle idée, mais comment ça peut nourrir des milliards d'individus ? Et si Pierre Rabhi fait figure de précurseur qui n'a jamais dévié de son but, c'est un peu moins le cas des autres intervenants, qui semblent finalement assez opportunistes... 


samedi 4 mai 2013

Hansel et Gretel

C'est décidé, plus de places prises via un abonnement à l'opéra. En tous cas, rien à Garnier ! Nous n'avons jamais été aussi mal placés que pour ce spectacle. 


Cet opéra d'Humperdinck nous conte l'histoire de ces deux enfants perdus dans la forêt et emprisonnés par une sorcière dans une maison en gâteau... Pendant une petite partie du deuxième acte. Mais l'essentiel se déroule dans la maison d'Hansel et Gretel, auprès de leurs parents. Les deux enfants, désobéissants et affamés, font des bêtises. Ils sont alors enfermés dans leur chambre. Eh non, ils sont dans la forêt. Grâce à une mise en scène d'apparence symétrique, nous oscillons entre deux mondes : une version de conte et une version plus réelle (et psychanalytique).

Des airs sympathiques et enfantins portés par deux chanteuses, très convaincantes. Mais un ensemble dont on sort un peu perturbé par cette double mise en scène...

vendredi 3 mai 2013

Photos de familles. Un roman de l'album

J'ai découvert Anne-Marie Garat par le roman. Et quel roman ! 
Et j'y reviens par l'essai. 

Dans ce livre, Anne-Marie Garat nous partage son goût pour les photographies. Ces images anciennes (pour nous qui ne faisons plus développer nos photos mais les stockons sur nos ordinateurs) conservées précieusement dans des albums, que sortent les grandes tantes avec le goûter, une fois l'an. Ces images en vrac dans des boites à chaussure, vendues trois francs six sous sur une brocante. Ces images qui donnent l'éternité à des familles, qui figent nos 17 ans et que l'on contemple ensuite avec nostalgie. 

L'auteur s'intéresse à ces photos comme à un matériau romanesque. En les regardant, elle imagine une vie à cette famille autour de sa maison, à cette fratrie chez le photographe, à cette mère de famille, etc. Elle s'interroge également sur le statut de ces photos : pourquoi les a-t-on déchirées ? pourquoi tel personnage a-t-il été gribouillé ? Quelle sombre histoire derrière ce geste ?
Il est intéressant de lire le rapport personnel de l'auteur à l'image photographique, à l'appareil photo familial, à la photo numérique. Bref, pour nous qui sommes saturés d'images, ne délaisse-t-on pas trop l'objet "photo" ? Personnellement, c'est une lecture qui m'a donné envie de faire développer des photos. Pas toutes. Mais celles des gens que j'aime.

Qui a encore aujourd'hui sa famille dans son portefeuille plutôt que sur son portable ? Nostalgie, passéisme, matérialisme ? Qu'en pensez-vous ?

jeudi 2 mai 2013

L'Impératrice Joséphine

Après Madame Récamier, Joséphine. On reste à peu près dans la même période mais l'on fréquente d'autres gens. Les Bonaparte et les Beauharnais, notamment. 


Françoise Wagener retrace la vie de cette créole au destin étonnant. Née à la Martinique, elle se rend en France pour épouser Alexandre de Beauharnais, un mari jaloux qui lui fera deux enfants : Eugène et Hortense. Elle traverse la Révolution dignement mais y perd son époux. Et épouse Napoléon. Et bientôt, elle est propulsée impératrice.
Joséphine, telle qu'elle est décrite dans cette biographie, c'est la grâce, le charme, la bonne éducation. Elle n'est pas très jolie mais elle fait attention à elle. Elle écoute chacun et intercède pour tous. Elle est stoïque, discrète et soutient les siens. Elle est aussi dépensière, infidèle (mais moins que je ne le pensais) et un peu frivole... mais c'est de bon ton !

Bref, on découvre avec ce livre une femme sans qualités exceptionnelles, qui sait s'adapter aux bouleversements de son existence avec constance et facilité. On la découvre bienveillante et douce, une influence bénéfique sur la Cour (et peut-être sur Napoléon même si les relations entre les deux époux sont certainement plus complexes qu'il n'y parait par leurs simple correspondance).
Une biographie qui se lit bien, avec un personnage principal attachant. Rien à voir avec cette chère Juliette Récamier...

mercredi 1 mai 2013

Le repas des fauves

Paris occupé. Des amis se retrouvent pour fêter un anniversaire. Entre le marché noir et les combines, le dîner s'annonce radieux. Bon, tout le monde ne s'entend pas bien mais avec quelques verres, tout ira mieux !
Sauf... qu'un allemand est tué en bas de l'immeuble et que chaque appartement doit livrer des otages. Comme le commandant allemand connait l'hôte de l'anniversaire, il lui laisse le choix : les otages ne seront pas désignés par hasard ici. Commence alors un plaidoyer pro domo de chacun des acteurs...

Va-t-on livrer le médecin, le collabo, le soldat blessé, la veuve de guerre, le prof ? Ou le libraire accueillant et sa jolie femme qui fête son anniversaire ? 
La tension monte et chacun se montre prêt à tout pour sauver sa peau : mensonge, égoïsme, cynisme... Qui mérite de vivre ? Qui mérite de mourir ? 

Remouleur-repas-fauves

Brillamment jouée au théâtre du Palais Royal, cette pièce nous a véritablement emballés. Les acteurs sont excellents, les animations très chouettes. Tendus pendant toute la durée du choix, attentifs aux comportements et aux psychologies des personnages, nous sommes sortis en nous demandant qui devait mourir. Et comment nous aurions réagi dans des circonstances semblables.