lundi 31 août 2009

L'héritage


C'est Erzébeth qui m'a donné envie de renouer avec Maupassant. Ado, j'ai dévoré nouvelles et romans de cet auteur. Il est vrai que je m'en suis un peu lassée. Mais les retrouvailles ont été radieuses. J'ai retrouvé avec délice cette société bourgeoise du XIXe, leurs dimanches à la campagne, leur soif de réussite.
Lesable et Cachelin sont tous deux employés dans la même administration. Le premier est un jeune homme aux dents longues, qui ne ménage pas son effort pour réussir. Le second est un employé de longue date, qui cherche un bon parti pour sa fille. Il introduit ce Lesable plein de promesses dans sa maison. En effet, il cherche pour sa fille, Cora, un époux stable et travailleur. Cette demoiselle est l'unique héritière de la soeur de Cachelin, Mlle Charlotte, vieille femme avare. L'affaire est rondement menée car Lesable est aussi efficace au travail qu'en relation sociales : la fille lui plait, le million le séduit.
Mlle Charlotte venant à mourir, la petite famille se précipite chez le notaire pour découvrir une condition à ce legs : Cora doit avoir un enfant. Commence alors une période de vexations et de disputes pour les deux époux, troubles qui ne tardent pas à gagner l'ensemble de leur petit monde, de la famille au travail.
Une longue nouvelle ou un court roman à la Bel Ami, avec un héros toutefois moins séduisant et moins malin que ce dernier. Un regard sans concessions sur son époque, sur l'argent qui fait fermer les yeux sur bien des vices.

dimanche 30 août 2009

Up


Après le concours, j'avais envie de voir un film pas prise de tête et charmant. Mon amoureux et mes parents m'ont recommandé ce dessin animé coloré et touchant.
Le héros est un vieil homme, seul dans une petite maison au milieu des gratte-ciel. Il y a passé sa vie avec son épouse Ellie et cultive son souvenir. Ellie et Carl voulaient être des aventuriers, leur rêve ? Habiter en Amérique du Sud, près de la cascade du Paradis.
Mais Ellie partie, Carl perd goût pour tout. Acculé à entrer en maison de retraite, il décide de tenter une ultime aventure, partir en quête de cette chute. Il attache de millions de ballons à sa maison et s'envole au dessus de la ville. Mais il découvre un passager clandestin, Russell. Ce petit garçon cherchait à aider une vieille personne pour obtenir tous ses badges dans l'association type scoutisme dont il est membre. Le voilà parti avec Carl pour une belle aventure. Que vont-il rencontrer en chemin ? Un aviateur légendaire, un oiseau rare, des chiens qui parlent...
De l'action, de la tendresse, de superbes images, bref, à aller voir de toute urgence si ce n'est pas encore fait. Et le coté 3D ? A vrai dire, ça ne change pas grand chose...

vendredi 28 août 2009

211 idées pour devenir une fille brillante


J'ai failli me vexer quand ma maman m'a offert ce livre de Bunty Cutler. En quoi aurais-je besoin de ces conseils ? Ne suis je pas déjà parfaite ? Eh bien non, avouons que ce livre a son utilité ! C'est le genre de bouquin indispensable en toutes circonstances. Il peut vous aider en cuisine, dans le jardin, en voiture, en soirée ou en tête à tête avec un beau garçon. Les titres des chapitres, très évocateurs, ne manqueront pas de déclencher des fous rires à la lecture, et ce n'est rien par rapport au contenu du dit chapitre. Pour ma part, je conseille particulièrement "Comment purger un chat" qui rappellera des souvenirs à tous ceux qui ont un jour tenté de faire prendre un cachet à un chat. Hilarant ! Mais bien sûr, vous pouvez être plus intéressés par "comment changer une roue sans se casser un ongle" ou "comment faire de véritables loukoums". Les différentes parties et l'index vous seront très utiles selon le talent que vous souhaitez développer. Au choix (ou tous ensemble) vous avez : la reine de la cuisine, la maîtresse de maison accomplie, l'hôtesse parfaite, être totalement sublime, la mécanique des filles, Hue, dada ! et comment être une vilaine fille. L'ensemble prend une allure de traité d'éducation, avec des chapitres parfois très XIXe actualisés par un ton et des références contemporaines.
C'est très drôle, certainement utile, et décalé !

jeudi 27 août 2009

La musique des morts

Voici un récit à trois mouvements d'Arnaud Delalande. Premier temps, les XIX et XVIIIe siècles. Histoire d'un cadavre déterré qui voyage beaucoup et d'un luthier perfectionniste. Deuxième temps, 1944, dans une cellule de Terezin, un SS tente de faire parler un juif. Troisième temps, 2001. Frederic, fils du prodige Igor Vissevitch, le chef d'orchestre et violoniste d'exception, cherche à acquérir un instrument pour son père. Les trois temps se mêlent au fil de la narration dans trois mouvements et progressent de conserve. Au cœur du roman, un violon, le cygne, donne son unité aux différentes affaires qui n'en sont en réalité qu'une seule. Roman sur la musique (passages historiques ou techniques) et polar (meurtres, vol, code secret), ce livre est un divertissement. Certaines ficelles sont un peu grosses, le jeu entre les différents personnages ne laisse pas beaucoup de place à la surprise mais ce n'est pas non plus fastidieux.
A découvrir certainement plus pour l'atmosphère musicale que pour l'énigme en elle même.

vendredi 14 août 2009

Le bain et le miroir


Comme souvent à Cluny, ne vous attendez pas à 10 salles d'expo, c'est trois maxi ! Mais c'est trois salles intéressantes. Expo sur les soins du corps de l'antiquité au Moyen-Age, elle présente des ustensiles de beauté, du maquillage et des parfums, des portraits des belles et beaux... L'espace de la présentation est bien choisi, il s'agit du frigidarium des thermes de Cluny. Un lieu tout dévolu à la beauté des corps ! Pour la partie médiévale, plus de coiffure que de fards, mais un vrai sens de la mode et de l'élégance.
Maintenant, parlons présentation. Vous n'en croirez pas vos yeux : les cartels sont des écrans sur lesquels défilent les informations des différentes pièces d'une vitrine (cartels minimalistes, comme souvent, c'est la mode du moment), certaines vitrines sont plus là pour l'aspect décoratif (trois pots et un verre, bien entendu sans information) que pour l'aspect documentaire. Débauche d'espace et de blanc. Du coup, je sors un peu frustrée en espérant que le catalogue est plus complet que les salles car je trouve le traitement du sujet un peu rapide.
Si cela vous intéresse, la "suite" est au musée d'Ecouen qui parle de la beauté renaissance (trop loin pour moi en ce moment).

mercredi 12 août 2009

Dis oui, Ninon !


J'ai reçu le livre de Maud Lethielleux que Sylvie fait voyager. Pour tout dire, j'ai eu un peu peur après les deux premiers chapitres. Ninon ne m'a pas vraiment fait craquer. Et je ne m'attendais pas trop à cette histoire toute simple de séparation (j'avais dans l'idée un horrible accident de voiture, mais ce n'est visiblement pas là). Zélie et Fred ont deux filles. Zélie rencontre l'amour, quitte Fred et embarque les minettes : Agathe et Ninon. Elles vont enfin pouvoir vivre comme tout le monde. Mais Ninon ne l'entend pas de cette oreille. Elle retourne vivre avec Fred. Sauf que c'est pas facile. Fred élève des biques et vend des fromages sur le marché. Et puis il construit sa maison. La narratrice, c'est Ninon. La petite fille s'exprime de façon rigolote et pleine de sens. Cela donne beaucoup de fraicheur au livre. Par contre, le coté militant m'a agacé. Végétarienne, anti OGM, anti télé, anti éléctricité, anti tout... Il y a un moment, faut arrêter. Le progrès n'est quand même pas un vain mot. Enfin, sinon c'est un bon moment !

lundi 10 août 2009

Si loin de vous


Merci à Chez les filles pour cette superbe découverte. Un seul bémol : la traduction du titre de Nina Revoyr. The age of dreaming c'était quand même mieux, non ? Parce que je ne comprends toujours pas de qui on est loin.
L'histoire se déroule en 1964 à Holywood. Jun Nakayama est un vieil homme. Autrefois acteur de films muet, il vit de ses rentes. Un coup de fil vient troubler sa tranquilité. Un journaliste a découvert son numéro et tient à l'interviewer à l'occasion de l'ouverture d'un cinéma dédié au muet. Cette rencontre remue des souvenirs dans l'esprit de l'acteur japonais, autrefois adulé par les femmes. Chaque événement de sa vie actuelle lui évoque un moment des années 20, de ses débuts étonnants sur une scène de théâtre au drame qui a brisé sa carrière. Le mystère s'installe lentement, chaque avancée dans l'histoire lève un peu plus le voile sur le microcosme d'Hollywood et la montée du racisme aux Etats Unis.
Le style est simple, tout en finesse comme notre personnage. L'usage du flash back et du fondu est très maîtrisé, donnant à ce roman une grande douceur. Beaucoup de nostalgie, de réminiscences pour un homme en fin de vie qui apprend tardivement à assumer son passé. Superbe !

vendredi 7 août 2009

Les expos du Louvre

Cet été, que faire au Louvre ? Je vous conseillerais bien d'éviter les expositions permanentes parce que c'est une horreur : bruit, flashs, foule. Mais les expos temporaires, peu courues, permettent de trouver un peu de calme. Sinon vous pouvez toujours aller voir les vases grecs dans la galerie Campana, c'est un endroit où l'on passe du temps et qui est souvent désert. Bref...
Dans la chapelle, expo Bréguet. Il s'agit de montres, pendules et autres mécanismes à compter le temps. C'est une petite expo qui retrace la vie de l'horloger du XVIIIe et présente de très beaux objets. Cela m'a plu pour l'aspect esthétique, l'aspect technique m'est resté un peu obscur et ne m'a pas interpellée plus que ça. Une expo pour les amateurs de beaux objets ou les spécialistes de l'horlogerie.
Près du Louvre médiéval, une expo photo très intéressante historiquement parlant sur le Louvre pendant la 2e guerre. On y voit le transfert des oeuvres d'art, les galeries désertes et les guides en allemand. Un aspect peu mis an valeur de l'histoire du palais qui méritait effectivement cette belle expo aux clichés souvent étonnants. Parenthèse également sur les spoliations juives entassées dans le musée avant de rejoindre le Reich.
Deux expos qui ne sont pas destinées à attirer des masses de visiteurs (c'est pas Picasso, non plus) mais qui peuvent vous plaire !

mercredi 5 août 2009

Kafka sur le rivage


Voici un livre dont je n'avais entendu que du bien. Assez naturellement, il s'est retrouvé dans ma selection Blog-o-trésors. Il m'a beaucoup plus plu que ma précédente lecture de Murakami.
Kafka, c'est le nom du protagoniste. Un jeune adolescent de 15 ans qui en parait 18. Un garçon froid et distant qui parle souvent au "garçon nommé corbeau", lequel l'encourage à fuir sa maison. Il y vit seul avec son père, un artiste renommé, abandonné par son épouse. Le jeune Kafka n'a pas connu sa mère après ses quatre ans et n'en garde aucun souvenir. Il part à sa recherche. Il quitte Tokyo pour Takamatsu en bus et rencontre Sakura. Une fois arrivé, il passe ses journées en bibliothèque. Il y rencontre Mlle Saeki et Oshima. C'est là que commence une étrange histoire : son père meurt, lui-même est couvert de sang... et il semble que la prophétie terrible (celle d'Oedipe) lancée par son père s'accomplit malgré lui.
Une seconde histoire alterne avec la première, celle de Nakata, un vieil homme qui parle aux chats et se lance également dans un voyage initiatique à travers tout le pays.
Ce roman, réaliste au premier abord, bascule ensuite dans l'onirique, le fantastique et le monde parallèle. Je m'attendais à un roman d'apprentissage mais c'est bien plus que ça ! C'est un roman dont certains aspects restent incompréhensibles, où la distinction du vrai, du faux, du réel, de l'imaginaire et du rêve n'existe plus. Très prenant et bien mené, une histoire étrange et belle.

lundi 3 août 2009

La société de consommation


Jean Baudrillard signe ici un essai édifiant sur notre société d'abondance. Il montre combien l'objet ne tend plus à satisfaire un besoin mais à permettre à l'homme de se différencier ou de s'intégrer. 

Une voiture n'est pas seulement un moyen de transport, elle est une image de soi, de son statut, de sa richesse, de son gout, de son gaspillage permanent et du gout du risque, excité par n'importe quel moyen dans nos société ultra sécurisés (l'accident comme plus beau happening dans l'art contemporain est assez édifiant sur ce point). 
L'objet est aussi le lieu d'élaboration d'un discours, publicitaire et social, il porte des valeurs que l'on pourrait presque qualifier de morales. 

L'auteur s'interroge également sur le corps. Sur le culte de ce dernier comme objet de consommation, comme image fétichisée. Et sur la sexualité comme discours publicitaire. 

La question des loisirs est également évoquée comme contrainte du temps libre, comme espace d'accomplissement. 

Voilà qui fait écho à ma récente lecture des 30 glorieuses de Fourastié où se dernier s'inquiète du vide des loisirs, du coté panurge et social qu'ils peuvent avoir (ça me rassure un peu sur mes vacances foutues tout ça ;) ). Bref un essai très interessant, qui touche à la sociologie, à l'histoire, à l'économie et complète l'analyse des mythes de Barthes.

dimanche 2 août 2009

Harry Potter 6


Petite séance ciné pour aller voir comment ont été mise en scène les aventures de notre sorcier préféré. Autant le dire maintenant, j'ai été très déçue !
Je ne sais pas si vous vous rappelez de ce qui se passe dans ce volume mais j'avais l'impression que Rowling n'avait pas écrit 600 pages sur les amours adolescentes. En sortant de la salle, j'ai tenté de me souvenir de ce volume... et il ne m'en restait pas grand chose. Mais tout de même, rassurez-moi, il se passait des vrais événements dans celui-ci, non ?
Pour en revenir au film, on est toujours dans le sombre, surtout avec Bellatrix qui surgit aux moments les plus impromptus avec son regard dément. Harry essaie de comprendre quelle magie Voldemort a pu utiliser et passe son temps à flatter le professeur Slughorn. Parfois il croise une pensine et absorbe les souvenirs de son ennemi. Et puis Rogue protège Malefoy et l'aide à devenir un vrai méchant. Bref, rien de bien fou. Quant au rendu de la scène du horcruxe, on a l'impression qu'ils ont reproduit Gollum en 1000 exemplaires et que Dumbledore joue à Gandalf... Mais sinon, je ne critique pas ;)