lundi 30 juin 2014

Du bout des doigts

Pour clôturer le mois anglais, je sors un dernier pavé de ma PAL, ce roman de Sarah Waters. Étonnamment, j'imaginais que ce roman victorien avait été écrit par une contemporaine de Dickens. Ce qui n'est absolument pas le cas. Mais l'ambiance du roman fait largement penser à Oliver Twist

Serre bijoux pour impératrice Eugénie, 1855
Lant Street, quartier des voleurs et des receleurs à Londres à la fin du XIXe siècle. Susan Trinder est une jeune orpheline élevée par Mrs. Sucksby. Elle grandit entourée de voleurs, protégée de cette vie par sa mère adoptive. Mais quand Gentleman, un voyou beau garçon, lui propose de faire un coup, elle n'ose se dérober. Son rôle ? Servir comme femme de chambre pour une demoiselle, paumée au fond de la campagne : Maud. Et faciliter les intrigues de Gentleman qui souhaite à la fois l'épouser et la faire interner dans la foulée... pour toucher son pactole. Mission simple en apparence lorsque l'on n'a pas encore rencontré sa victime. Mais plus complexe lorsque l'on s'attache à sa gentille maîtresse. 
Ce que voit Susan dans la première partie, Maud nous le raconte aussi dans la seconde (quelques répétitions bien sûr) avec son propre biais. Et nous retrouvons Susan pour les derniers chapitres. Bon, les héroïnes sont parfois un peu têtes à claques (surtout quand il y a de l'argot, ou assimilé, dans le texte)... mais je me dis que c'est l'époque qui veut ça.

Dans une Angleterre victorienne où les femmes sont soumises au bon vouloir des hommes, nos deux héroïnes vont être le jouet de machinations multiples et de retournements de situations variés. Certains se laissent entrevoir quelques pages avant, d'autres moins. Mais une fois pris, vous n'aurez qu'une envie, tourner les pages suivantes.

Ce roman est aussi un livre sur l'érotisme au XIXe siècle. La bibliothèque de l'oncle de Maud est d'un genre bien particulier et nous en découvrons plusieurs extraits, qui vont bien entendu influencer la jeune fille dans sa propre sexualité. Je rassure les plus allergiques au genre : c'est plutôt léger, quelques pages de caresses par-ci, par-là. On sent tout de même Sade et Mirbeau pas loin mais en moins explicite. Inspiré des romans-feuilletons, oscillant entre les bas fonds londoniens et la campagne anglaise calme et triste, ce livre pioche ses inspirations dans les romans gothiques, fait quelques clins d’œil aux livres des sœurs Brönte tout en documentant le monde des asiles féminins : ces femmes enfermées sous des prétextes fallacieux, soumises à des traitements inhumains que les médecins voient comme autant d'expériences...

Bref, c'est un roman qui joue avec son lecteur, faisant parfois fi de la crédibilité des situations pour lui préférer un deus ex machina. Ses inspirations sont tellement nombreuses qu'on se dit parfois que c'est trop pour un seul roman. Mais l'on pardonne à l'auteur qui nous fait vivre une bien belle aventure.

Mois anglais S.Waters

20 commentaires:

  1. Gros coup de cœur dans mon cas!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est peut-être chez toi que je l'avais noté ?!

      Supprimer
  2. J'avais adoré ce livre , j'en garde un très bon souvenir.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai l'impression qu'il a eu beaucoup de succès !

      Supprimer
  3. j'aime beaucoup ce roman, j'avais également eu un coup de coeur pour "Caresser le velours"

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai repéré ce titre également. Je le garde en tête pour un prochain mois anglais :)

      Supprimer
  4. Je n'ai pas été emportée mais je n'ai vraiment aimé aucun des trois romans que j'ai lus de cette auteure, l'une des chouchoutes de la blogo.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Mince, qu'est-ce qui ne t'a pas plu dans ses romans ?

      Supprimer
  5. J'avais apprécié ce roman, et je termine mon mois anglais avec un autre titre de l'auteur: Caresser le Velours. Je te rejoins sur l'univers de Dickens, les bas fonds londoniens et les "petites gens" y sont très bien décrits!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oh, je vais voir de ce pas cet autre titre : il faut préparer l'année prochaine ;)

      Supprimer
  6. J'avais aussi beaucoup aimé ce roman, son ambiance en effet victorienne, et le caractère manipulateur de ses personnages..
    En revanche, Affinités de la même auteure m'avait déçue, j'en avais trouvé l'héroïne exaspérante de naïveté, et les ficelles un peu grossière.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Certaines ficelles sont ici aussi un peu grossières : on a l'impression que l'auteur surfe sur le même type de rebondissements pendant tout le roman. Mais l'ensemble est plutôt de bonne facture !

      Supprimer
  7. Il est dans ma PAL celui là.... faut vraiment que je l'en sorte!!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il vaut le détour. C'est un bon pavé d'été !

      Supprimer
    2. wii, ça fait un bail que je pense à me plonger dedans!

      Supprimer
  8. J'avais adoré. Le premier retournement m'avait laissé sur le c.... les fesses! Et 'est rare!

    RépondreSupprimer

Pour laisser un petit mot, donner votre avis et poser des questions, c'est ici !