mardi 3 septembre 2013

Frida Kahlo. La beauté terrible

Un grand merci au Livre de poche pour cet envoi !

Voilà une lecture d'actualité : Frida Kahlo va faire l'objet d'une exposition cet automne à l'Orangerie. L'occasion de découvrir un peu sa vie. 
On commence avec une petite fille née de parents allemand et mexicain, qui grandit, joyeuse, au milieu de ses soeurs. Intelligente, engagée et émancipée, elle étudie avec un groupe d'anarchistes, les Cachuchas, au sein duquel elle rencontre son premier amoureux : Alejendro Gomez Arias. Cette vie simple et heureuse change du tout au tout suite à un accident de tramway qui la blesse grièvement. 
A partir de ce choc, elle s'adonne à la peinture et à l'autoportrait, son genre de prédilection. Elle la pratique initialement allongée, lors de sa longue convalescence. 

Gérard de Cortanze s'attache à décrire avec beaucoup de vivacité la vie de Frida Kahlo. Sa vie privée, et notamment ses rapports avec son mari, Diego Rivera, artiste également... et coureur de jupons. Ses souffrances physiques (son dos et ses jambes ne se remettent jamais vraiment du choc, sans parler de ses fausses couches) et morales (déprimes, jalousie etc.). Ses engagements politiques. Son caractère, entre vitalité formidable et dépression. Et surtout, son oeuvre. Là, j'ai regretté qu'il n'y ait pas d'illustrations. Car l'auteur cite un bon nombre de tableaux. Mais il sait nous les rendre visible par ses descriptions.

Une belle biographie très rythmée, colorée et violente. Gérard de Cortanze sait nous faire ressentir la souffrance permanente de Frida mais aussi sa joie de vivre. Voilà qui me donne d'autant plus envie d'aller voir l'expo qui se prépare !

Frida-Kahlo-famille
© 2013 Frida Kahlo / Artists Rights Society (ARS), New York / SOMAAP, Mexico

Savez-vous que le même auteur vous parle de Paul Auster ?

lundi 2 septembre 2013

L'ambition de Vermeer

Oui, je sais bien que Daniel Arasse ce n'est pas forcément votre tasse de thé. Mais moi, j'aime bien ! Et en plus, je ne pouvais pas laisser passer cette étude d'un peintre que j'apprécie par un auteur que j'aime lire. 

Vermeer-atelier-allégorie-peinture

Dans cet ouvrage qu'Arasse consacre entièrement au peintre hollandais et à ses oeuvres, j'ai beaucoup apprécié la minutie avec laquelle l'auteur examine le "mystère Vermeer". Il s'attarde sur plusieurs points : la vie de l'artiste et les rares éléments biographiques, ses tableaux selon les problématiques du tableau dans le tableau, des cartes, de la vie quotidienne mais aussi de sa conception de la peinture. Il analyse ainsi de façon très précise l'Art de la peinture.
Ce qui est passionnant, c'est qu'il présente l'état des recherches et quelques interprétations avant de les réfuter ou de les soutenir par d'autres éléments. On découvre ainsi une littérature innombrable sur Vermeer, que l'on peut examiner par ailleurs, mais qui nous est ici livrée succinctement. 

Un livre qui donne envie d'aller examiner de plus près les tableaux du maître !

vendredi 30 août 2013

Qu'est-ce que l'art aujourd'hui ?

Edité par Beaux-Arts éditions et dirigé par Marie Bonnet et Fabrice Bousteau, ce livre est une véritable mine. Surtout pour quelqu'un comme moi qui a du mal à suivre toutes les créations contemporaines mais qui s'y intéresse. 

Weather-Eliasson-Tate-modern
D.R.


Après quelques articles introductifs sur les statuts de l'art, de l'artiste, sur le marché de l'art etc., ce livre présente par thèmes des œuvres du début du XXIe siècle. On va de Koons à Buren en passant par Eliasson. Les thèmes sont les suivants : nature, architecture, langage, son, imaginaire, figuration, contestation, identités et corps. Une intro dégage les enjeux de ces sujets puis une oeuvre est photographiée et analysée (avec un petit point sur l'artiste). Ces œuvres renvoient souvent à d'autres créations ce qui laisse deviner un travail ou un mouvement plus vastes. 
A mesure que je découvrais des œuvres, je notais des références. Et je cherchais d'autres oeuvres. Bref, cet ouvrage a attisé ma curiosité et m'a fait découvrir, sinon des artistes, du moins leurs créations.

Bien documenté, accessible et pertinent ! Bravo !

jeudi 29 août 2013

A Suspicious river


Eh non, je n'ai pas encore lu tous les Laura Kasischke ! Pourtant, c'est une auteur que j'adore. Mais depuis que j'ai dévoré (inconsciente que j'étais) tous les Zola ou les Stendhal sans que jamais ils n'en sortent de nouveaux, je suis un peu plus patiente. Je me garde des belles découvertes pour plus tard. Bref, voilà le pourquoi de cette lecture que j'aurais pu faire depuis des années. 

Leila est une jolie jeune femme. Elle travaille dans un hôtel. Elle vit avec Rick. Et elle se prostitue. 
En parallèle de ses aventures actuelles, certains chapitres nous font découvrir Bonnie, la mère de Leila. Et petit à petit, s'écrit l'histoire de la jeune femme.
Je ne souhaite pas trop en dévoiler mais sachez que, comme souvent avec Kasischke, on est face à une héroïne qui semble regarder ce qui lui arrive de l'extérieur. Est-elle touchée ? concernée ? On en douterait presque au ton détaché employé.
Et comme souvent, les images macabres et malsaines dansent dans le texte. 

Une histoire banale en apparence, dans une petite ville américaine, qui prend des allures de drame... Brillant ! 


mercredi 28 août 2013

L’enfant de l’étranger

Deux Arpents, 1913. Daphné lit Tennyson sur son hamac. Elle guette en réalité son frère Georges qui est parti chercher son ami Cecil à la gare. Cecil, aristocrate et étudiant à Cambridge, a publié quelques poèmes. Son arrivée chez les Sawle bouleverse la petite famille : Daphné s’imagine amoureuse, Georges pratique des jeux érotiques avec lui. Mais surtout, Cecil laisse un poème avant de partir. Un poème à l’étonnante postérité.

Corley Court, entre deux guerres. Daphné prépare ses deux enfants, Corinna et Wilfrid. Elle vit désormais dans le fief de Cecil Valance, dont elle a épousé le frère, Dudley. La famille est rassemblée autour de Sebastian Strokes qui souhaite éditer les poèmes de Cecil, décédé à la guerre.

Années 60-70. Paul Bryant est employé de banque chez Mr Keeping, le gendre de Daphné, et Peter Rowe enseigne à Corley Court. Les deux jeunes gens se rencontrent, se plaisent et partagent un intérêt commun pour Cecil.

Années 80. Paul écrit une biographie de Cecil. Il cherche à rencontrer avec plus ou moins de succès ses proches.

De nos jours. Lors d’une cérémonie en l’honneur de Peter Rowe, Rob, libraire, et Jennyfer, petite fille de Daphné échangent sur Cécil.

Cet épais roman de Hollinghurst s’intéresse à la construction de la mémoire d’un poète. C’est amusant de suivre, décennie après décennie le regard que posent ses lecteurs et ses proches sur un jeune artiste disparu dans la fleur de l’âge. Devenu, un peu malgré lui un symbole, celui du poète visionnaire et patriote, Cecil apparaît de son vivant comme un épicurien un peu hautain. Et « Deux Arpents », le poème culte, comme une simple dédicace sur le cahier d’une jeune fille.
L’autre thème récurrent du roman est l’homosexualité : latente ou assumée, tous les personnages y sont confrontés. On lit aussi l’évolution des mentalités vis-à-vis des gays.
Enfin, le style de ce roman est délicieusement teinté d’une féroce ironie. C’est ce qui fait tout son charme ! Les personnages se moquent les uns des autres, se méprisent, se font tourner bourrique. Le tout de façon extrêmement policée, très british.
En reposant ce roman, j’ai pensé à Possession de Byatt. On retrouve cette même soif d’inédits et de scoops littéraires et biographiques sur un poète décédé. Mais ici, tout est dans le rapport social plus que dans la véritable érudition.
Un roman foisonnant lu pour l’opération « on vous lit tout » de Libfly, avec des personnages auxquels on s’attache malgré eux et qu’on regarde grandir, vieillir et se transformer.

mardi 27 août 2013

Sous les vents de Neptune

Voilà très longtemps que je n'avais pas lu Fred Vargas ! Pourtant j'avais beaucoup aimé ma première lecture. Il a donc fallu qu'on me prête cet exemplaire pour que je me décide à renouer avec Adamsberg. 

Dans cet opus, le commissaire enquête sur un sujet qui le touche de très près. En effet, un démon de son passé resurgit. Un homme qui tue d'un coup de trident. Et qui échelonne ses crimes sur toute une vie. Pourtant, une cause naturelle aurait dû l'empêcher de poursuivre ses crimes, la mort. 
Alors, est-ce un disciple du criminel ? Ou Adamsberg qui perd la tête ? 

Voici une enquête qui nous entraîne jusqu'au Quebec, qui permet de retrouver des disparus de trente ans et implique une vieille bourgeoise devenue hacker. 
Des personnages hauts en couleurs, sur fond de mah-jongg, accompagnent Adamsberg dans une quête peu commune, qui plonge dans ses origines... 


Un livre que j'ai dévoré, auquel je reproche quelques rapidités (le personnage disparu depuis trente ans retrouvé en trois heures), mais qui dans le fond m'a tout a fait plu. J'ai adoré Adamsberg, Danglard mais aussi Retancourt, Josette et toute la clique, tous plus attachants les uns que les autres. Sans oublier le sort de la cathédrale de Strasbourg ! 


dimanche 25 août 2013

L'amour est une île

Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu Claudie Gallay. Et pourtant ce titre était dans ma PAL depuis sa sortie. Mais Les déferlantes m'avait laissé un peu de marbre, alors j'ai préféré attendre. Et j'ai bien fait car j'ai beaucoup apprécié cet opus, redécouvrant avec plaisir cette écriture. 
Phrases et chapitres courts. Personnages un peu cassés. Sur fond de festival d'Avignon en grève.

Odon, éditeur et directeur de théâtre, monte Nuit rouge de Paul Selliès, un jeune écrivain maudit. La Jogar, une actrice renommée qui s'est formée à Avignon, revient dans sa ville natale, entre vieux fantômes d'une enfance en rébellion et célébrité. Marie, la soeur de Paul Selliès, cherche des traces de son frère et photographie tout ce qui la touche. D'autres êtres évoluent autour d'eux : acteurs, grévistes, Isabelle, Jeff, Odile... Mais au coeur de l'histoire, on trouve un amour perdu mais toujours vivace et un texte perdu mais toujours vivant.

J'ai été complètement happée par cette histoire, dont les ressorts se dévoilent progressivement. Sous des prémices très simples, se dissimule une multitude de petits actes, d'histoires, de mensonges qu'une fille un peu paumée met au jour...

jeudi 22 août 2013

Le divan de Staline

Mi-novembre 1950 en Géorgie.
Staline se prépare un séjour dans un palais ducal à Borjomi. Il va y retrouver la Vodieva, sa maîtresse, et y rencontrer Danilov, un jeune peintre au projet grandiose.
Dans ce livre, où il n’est finalement question que de Iossif Vissarionovitch (Staline), on entre à la fois dans son quotidien (insomnies, méfiance) et dans son passé (rêves et mémoires qu’il partage avec la Vodieva). Staline tente de s’adonner à l’interprétation des rêves. Il demande à la Vodieva de l’accompagner sur les chemins du « Charlatan » qu’est Freud. Il s’intéresse aussi de loin à ce qui se passe en Corée.
Danilov est plutôt un prétexte : on attend longtemps la rencontre entre l’artiste et le petit père des peuples. Et Danilov va découvrir ce qu’il en coûte de s’approcher du pouvoir… D’ailleurs, c’est dommage que cette partie soit si tardive. On aurait envie d’en savoir plus !
Bref, nous suivons un Staline vieillissant, obnubilé par ses cauchemars sibériens, cherchant à démasquer le mensonge.

Je n’ai pas apprécié cette lecture. Je n’ai pas été emballée par la thématique, pourtant j’aime les histoires de peintres. Mais là, il n’était pas tellement question d’art. C’était plutôt une vision de l’intimité d’un vieil homme et de ses obsessions. Et franchement, elles ne sont pas passionnantes ! J’ai aussi mis un peu de temps à me repérer dans ce roman où les personnages ont des noms complexes. Pourquoi parler de Staline quand on peut nommer Iossif Vissarionovitch à toutes les pages ? Et l’écriture de Jean-Daniel Baltassat n’est pas désagréable mais ne m’a pas touchée.
Dommage…
Mais merci à Libfly pour l'envoi !

dimanche 18 août 2013

Keith Haring : the political line

J'ai eu l'occasion d'aller voir la rétrospective de Keith Haring au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris, quelques jours avant sa fermeture. Ne connaissant l'artiste qu'à travers quelques images qui tenaient pour moi plus de la réappropriation de sigles mayas, j'ai été très content de pouvoir découvrir son œuvre dans sa globalité, et surtout d'obtenir quelques clefs de lectures...

L'exposition en elle-même est très bien ficelée. Le parcours est plutôt classique mais reste néanmoins efficace : après les débuts de l'artiste qui présentent ses inspirations et expliquent les principaux codes picturaux qu'il utilise, les œuvres sont rassemblées par thèmes. Comme le titre de l'expo le rappelle, ces oeuvres sont liées aux divers engagements de l'artiste, contre la société de consommation, l'apartheid, le laxisme vis à vis de la propagation du sida dont Haring est lui-même atteint...

Les œuvres en elles-mêmes sont poignantes, souvent violentes, surprenantes... En tout cas, elles n'ont laissé indifférent aucun des autres visiteurs que j'ai croisés lors de la visite. Seul bémol peut-être : à se retrouver placardées sur de grands murs blanc, les œuvres paraissent finalement sorties de leur contexte, des murs de métro où elles ont été peintes, des manifs pour lesquelles elles ont été créées. On se dit que les concepteurs de l'expo auraient pu faire preuve d'un peu plus d'originalité dans ce registre. Ceci mis à part, je vous la conseille vivement !

lundi 22 juillet 2013

Regards d'artistes. Du pinceau à la plume

Non, je n'ai pas d'actions chez les éditions Palette. Mais j'aime bien ce qu'ils font ! 

Ce livre de Valérie Mettais rassemble des textes d'artistes. Qui concernent un autre artiste ou l'un de ses tableaux. Il se présente (comme l'Oeuvre dévoilée) avec une reproduction face à laquelle sont écrits les petits mots admiratifs, critiques voire odieux des artistes (peintres surtout, mais on croise Le Corbusier). 
Les images choisies proviennent du Louvre, Orsay et Beaubourg. Les textes sont essentiellement du XIXe et du XXe. 

Alors, qu'est-ce que ça apporte ? Un regard artistique sur une peinture. Une histoire des influences. Des batailles rangées. Ingres est particulièrement féroce, c'est délicieux ! 

Une citation pour la route ? Joan Miro à propos de ce portrait du Fayoum : "Ah c'est beau. Comme une petite chatte ! Et ce regard ! ça, c'est un regard vivant et mystérieux : à côté de la Mona Lisa !"

Européenne-Fayoum-Louvre

jeudi 18 juillet 2013

Exercices de style

Praline a lu le livre de Raymond Queneau (récit). 
ça alors ! Devinez qui j'ai vu ? Praline ! Et que faisait-elle ? Elle lisait ! Un livre de Queneau ! (surprise). 
Était-ce Praline ? Que faisait-elle ? Elle dansait ? Elle chantait ? Elle cuisinait ? Ah, non... Elle lisait (hésitations).
J'ai enfin lu Raymond Queneau. Ah, il patientait dans ma PAL depuis des années. Je suis bien contente de l'en avoir extrait (Subjectivité). 
... 
Bref, vous avez compris le principe : Queneau raconte 99 fois la même histoire de façon différente. Quelle histoire ? Oh, une banale rencontre dans un autobus. Un type avec un cou trop long, un chapeau bizarre et un pardessus peu élégant qui n'aime pas se faire marcher sur les pieds.


C'est drôle, c'est fort, c'est extravagant et génial ! A chaque lecture, on se demande si Queneau va s'en sortir avec sa nouvelle contrainte (écrire en vers libres, en loucherbem, au passé simple, etc). Et à chaque fois, on est épaté.

samedi 13 juillet 2013

L'oeuvre dévoilée

Sous-titré "Notes de chevet d'une critique d'art", ce livre de Catherine Firmin-Didot rassemble des lectures d’œuvres d'art. A gauche, une oeuvre célèbre, des idoles violons à Francis Bacon. A droite, un texte descriptif et analytique sur l'oeuvre. Et un petit topo biographique sur l'artiste. Quelques doubles pages de détails. 

Une bonne centaine d’œuvres de l'art occidental sont rassemblées dans ce beau livre (à la couverture toute rose). Elles sont décrites par une plume précise et fine qui amènent le lecteur à mieux regarder l'image. On trouve dans ce recueil, qui m'a rappelé en plus succinct les Comment regarder un tableau et Comprendre l'art moderne, quelques clés de compréhension. L'auteur met l'accent sur ce qui fait d'une oeuvre un chef-d'oeuvre. Elle en cerne en quelques mots les particularités. 
Avouez... c'est bluffant !


jeudi 11 juillet 2013

Les beaux jours

J'aime beaucoup Fanny Ardant. Je trouve que cette fille crève l'écran. Partout. Alors bien entendu, j'ai eu envie de voir ce film. Hélas, j'ai trouvé qu'il reprenait pas mal de clichés...

Caroline vient de prendre sa retraite. Ses filles lui offrent des cours dans une association "Les beaux jours". Elle peut y faire du théâtre, de la poterie, de l'informatique... C'est là qu'elle rencontre Julien qui a vingt ans de moins qu'elle. Et qui devient son amant. Elle s'entiche furieusement de lui. Bien entendu, elle commence à mentir à son mari.

Malgré une très belle interprétation de Fanny Ardant, je n'ai pas spécialement accroché à ce film qui ne renouvelle pas vraiment le genre. Par contre, elle est hyper canon dans ce film.


lundi 8 juillet 2013

Les larmes de Tarzan

J'ai découvert Katarina Mazetti avec Le mec de la tombe d'à côté. J'ai apprécié son ton sympa et sa bluette sans prise de tête. 

Porcelaine-Meissen-Louvre-Lens

Avec ce titre, on reste en terrain connu. Tarzan, en réalité Mariana, est une mère de famille vulgaire, pauvre et débordée. Janne est un type jeune et riche. Lorsqu'ils se rencontrent, ça ne commence pas sous les meilleurs auspices. Le drame, c'est surtout quand ils sont amenés à se revoir.
Janne met un peu de temps à comprendre que Mariana est vraiment à la rue (ou presque, dans un HLM miteux avec deux enfants, un job de remplaçante et un mari disparu). Et Mariana ne veut pas entendre parler de cadeaux. Car Janne se met soudainement à offrir tout et n'importe quoi à cette famille.
Et pourtant, ils ne parlent pas d'amour. Surtout que les disparus peuvent refaire surface...

Encore une fois, une histoire d'amour sur des êtres que tout oppose. Après la citadine et le fermier, le prince et le pauvre... Cela reste léger et amusant mais pas forcément indispensable.

samedi 6 juillet 2013

Giotto e compagni

Jamais je n'avais vu des visiteurs faire la queue pour une expo située dans la chapelle du Louvre avant celle-ci. Il faut dire que le peintre n'a rien perdu de la renommée !

Accueillie dans cette salle étroite par Saint-François recevant les stigmates, je découvre ou redécouvre avec joie une trentaine d’œuvres de l'artiste - souvent assisté des compagni - qui me rappellent la révolution picturale en marche. Giotto, c'est un observateur attentif de la nature, qu'il aime à figurer. Dans ce même ordre d'esprit, il tente de rendre - un peu maladroitement, c'est vrai - les effets de la perspective : regardez les deux premières scènes de cette prédelle. Il donne aussi un corps et une vie aux saints qu'il représente, quittant les drapés architecturaux byzantins, auxquels il apporte un peu de souplesse et de fluidité. 
Les thèmes traités, par contre, ne changent pas : vie des saints et scènes religieuses. On se plaira à contempler un polyptyque de trois saints entourant la vierge (dont l'appartenance au même ensemble est controversée) et une série de crucifixions de petite taille, pour la sphère privée, à mettre en rapport avec la grande croix du Louvre. 

Pensée de façon chronologique, cette exposition permet de contempler les œuvres sur panneaux de Giotto (non, les fresques n'ont pas été déplacées, bien entendu) et de mieux comprendre en quoi son art a inspiré toute l'Europe. Attention, le catalogue, que j'ai simplement feuilleté, a l'air costaud et très spécialisé. 

jeudi 4 juillet 2013

Moi moche et méchant 2

Nous avons profité de la fête du cinéma pour aller voir la suite de Moi, moche et méchant qui nous avait bien plu. Attention, si vous n'avez pas vu le premier opus, ce billet comporte des spoilers...

On retrouve Gru, notre méchant favori, qui a rangé ses bazookas et rayons gelants pour se consacrer à plein temps à son rôle de père adoptif de Margo, Edith et Agnès. Un beau jour, Gru est contacté par une agence d'espions anti-méchants, qui souhaite l'engager pour enquêter sur une bien sombre affaire... Forcément, ça va déraper, et les minions de Gru vont se retrouver en danger !

Les studios Illuminations ont fait du très bon boulot pour ce second opus. Si l'on reste bien dans la veine du premier épisode, ce nouveau film ne sent pas du tout le réchauffé pour autant. Les nouveaux personnages sont plutôt attachants, et les scénaristes jouent aussi avec les protagonistes principaux en les mêlant à des histoires de coeur... 

DR
Ce film ravira surtout les amateurs des minions, ces petites gélules jaunes en salopette bleues qui parlent par onomatopées ! Omniprésents, ils volent complètement la vedette à Gru et jouent un rôle prépondérant dans l'histoire. Au final, ils sont - de loin - le principal vecteur comique du film. Tant et si bien que le générique de fin est consacré à la promotion du prochain film du studio... Minions !

mardi 2 juillet 2013

La Soeur

Merci au Livre de poche pour l'envoi de ce livre de Sandor Marai. C'est un beau roman, dans un style très classique, qui rappelle la plume et les recherches de Zweig. Il s'intéresse à la psychologie des êtres (ici dans le cadre d'une maladie), à leurs sentiments. Ce n'est pas un texte pour gens pressés, car il s'écrit par petites touches.

L'intrigue ? Notre narrateur, bloqué pour Noël dans une auberge en montagne, a pour commensaux des hommes rustres ou inintéressants. Sauf Z., son voisin, qui est aussi un célèbre musicien. Au détour d'une rencontre, ils discutent. Notre narrateur lui demande pourquoi il a cessé de jouer. Le musicien promet de le lui expliquer.
Des mois plus tard, il reçoit un manuscrit alors que Z. vient de mourir. Le pianiste y décrit la maladie foudroyante qui l'a tenu éloigné de la musique...
L'essentiel du roman, c'est ce manuscrit qui conte les douleurs du malade, les tentatives des médecins pour les apaiser, la présence constantes de sœurs infirmières à son chevet... Mais surtout les impressions et les réflexions du musicien, qui voit sa vie basculer.

Pour découvrir d'autres romans du même auteur, je vous suggère Paix à Ithaque ! et Le premier amour. 

vendredi 28 juin 2013

La valorisation touristique des châteaux et demeures historiques

Voilà un livre qui vous change un peu de mes lectures habituelles et qui concerne plus mon action pro que perso. Mais je l'ai trouvé tellement sympa que j'ai eu envie de vous en parler.

Annie Gondras s'intéresse aux châteaux. Ces bâtiments de contes de fées, où l'on imagine des princesses couler des jours heureux. Hélas, nous ne sommes plus au temps des princesses et les propriétaires de ces belles demeures ont bien du mal à les entretenir et à y vivre. 
Après un panorama des situations des proprio, l'auteur s'interroge sur leur conversion touristique : comment se réalise-t-elle ? qu'apporte-t-elle ? peut-on réellement faire du business avec les vieilles pierres ? Elle regarde aussi du côté du Royaume-Uni, avec envie, et déplore l'action discrète de nos propres associations de propriétaires. 


Cette étude, accompagnée de nombreux témoignages de propriétaires, jette un regard nouveau sur les châteaux que l'on aime à découvrir au hasard des vacances et des week-end. Pas si facile d'être un châtelain aujourd'hui !

Petit plus : Qui saura identifier cette jolie bâtisse ?!

mercredi 26 juin 2013

The Bling Ring

Le dernier Coppola est un Marie-Antoinette sauce Californie. En gros, on est toujours sur les thèmes du matérialisme, de la vanité voire de la vacuité de l'existence.

Pour tromper l'ennui et être toujours plus in, (et aussi pour se sentir un peu star) un groupe d'amis se rend régulièrement chez les plus grandes stars de Los Angeles pour piller leur garde robe. Ils attendent que leurs idoles soient en tournage ou en soirée pour fouiller les dressings, essayer des fringues et repartir avec un butin sous le bras. Puis ils postent leurs photos sur Facebook et cie. 



Dans ce film, on voit défiler des kilomètres de fringues, de marques, de fric. Les ado de la bande n'ont nullement besoin de ce qu'ils piquent, ils font cela pour... quoi au juste ? 
Bref, si vous avez vu un des films précédents de Coppola, vous retrouverez ici ses sujets favoris sans grande valeur ajoutée. 

mardi 25 juin 2013

Histoire d'O

Merci à Audiolib pour cet envoi d'un de leurs derniers ouvrages publiés. Il est lu par Valérie Lang, dont la voix et l'intonation conviennent parfaitement à ce roman érotique de Pauline Réage. 


Alors que le monde entier s'enthousiasme devant les Cinquantes nuances de Grey (roman que je n'ai toujours pas réussi à ouvrir), il est peut-être bon de revenir aux sources. Ici pas d'héroïne prude et faussement outragée : O. se plie volontiers aux désirs de son amant, René. Il l'emmène à Roissy où la jeune femme va subir plusieurs viols devant les yeux de René, se faire fouetter... et tout cela, avec une heureuse abnégation. Voire presque avec joie. Follement amoureuse (elle le répète souvent à René qui dit partager cet amour), elle se retrouve esclave sexuelle. René la donne à son ami, Sir Stephen, qui saura rendre O. plus soumise encore : elle est corsetée, percée et marquée au fer...

Ce qui est remarquable dans ce roman, c'est le ton très froid, détaché, presque scientifique d'une narration à la troisième personne. Pas de sentiments, des faits. Et la préface du livre le souligne bien. On ne se trouve pas uniquement dans un livre sado-maso, on est dans un rapport à l'amour qui tient de l'esclavage, du don complet de soi. On pense inévitablement à la dialectique du maître et de l'esclave. Il parait que pour O., le "bonheur est dans l'esclavage". Alors, cela reste très choquant : les scènes sexuelles sont d'une rare violence et l'acceptation d'O. au temps de la femme libérée est très déstabilisante, mais c'est aussi bien écrit et tragique. On s'attache à O., même si l'on ne la comprend pas. Ou qu'on préfère ne pas la comprendre. Les amis de la fessée entre adultes peuvent aller se rhabiller !

lundi 24 juin 2013

Sensualité et spiritualité. A la recherche de l'absolu

Je n'avais encore jamais visité le musée Henner. Mais tentée par cette expo, j'ai franchi le seuil de cet atelier.


Le thème en est la représentation de sujets religieux par Henner, peintre du XIXe siècle. Le peintre semble favoriser des modèles sensuels et idéaux pour transmettre sa recherche d'absolu et de spiritualité. 
Dans la première salle, on découvre Henner se formant à la manière des anciens, copiant des œuvres du Corrège. La salle voisine confronte Henner à ses contemporains et distingue leurs façon de peindre les sujets religieux. On s'attarde avec bonheur sur les corps des Madeleine qui se dessinent par des contrastes lumineux. A l'étage supérieur, on est entouré par des corps du Christ mort et des pietà. Le peintre utilise des formats resserrés et peu de couleurs. Mais c'est avec le Saint Sébastien que l'on touche à l'absolu. Grâce à un audacieux clair-obscur, le corps du saint est parfait, épuré et lumineux. Voilà qui détonne par rapport aux peintres symbolistes contemporains !

Une expo intéressante avec un petit journal bien documenté, sur un sujet qui ne doit pas attirer les foules mais qui montre la recherche esthétique et religieuse du peintre. 

samedi 22 juin 2013

Paris Haute Couture

C'était la première fois que je visitais une expo à l'hôtel de ville. Il faut dire que les heures d'attente devant le bâtiment ne m'ont jamais encouragée à en pousser la porte... Mais en ces jours ensoleillés, le parisien profite des jardins plus que des expos, c'est le moment ou jamais !

L'expo débute avec une mise en place historique (définitions, grands noms et techniques) illustrée de dessins, de vidéos et de tissus. Elle montre bien la spécificité française de la haute couture, de Worth à nos jours : on doit présenter une collection de tant de modèles chaque saison et être situé à Paris. Jolie introduction mais dommage qu'il n'y en ait pas plus ! 

Puis on plonge dans le grand bain avec la seconde partie qui présente des robes dans de grandes vitrines en quinconce. Wahou, les collections de Galliera sont là ! C'est toujours une joie de voir et revoir ces vêtements (vivement la réouverture du musée !). On passe de Worth à Lanvin, deSchiaparelli à Dior, de Poiret à Gaultier dans une exubérance de tissus et de couleurs. Les créations sont splendides, exposées dans un ordre chronologique pas toujours facile à suivre car non matérialisé. Et je ne parle pas des cartels et des textes introductifs, souvent illisibles... Bref, on montre du beau mais on se moque un peu de ceux qui veulent se documenter ! 

Une exposition superbe par ses œuvres exposées mais un peu courte et malhabile en termes d'explications.


vendredi 21 juin 2013

L'ange du bizarre. Le romantisme noir de Goya à Max Ernst

Il faut vous presser si vous souhaitez voir cette belle expo du musée d’Orsay avant qu'elle ne se termine. 

L'idée ? Montrer Twilight dès le XVIIIe ! Eh oui, les sorcières, les cauchemars et les fantômes, ce n'est pas nouveau. Dans les arts, c'est le courant du romantisme qui lance les représentations de châteaux hantés et de folles hallucinées. On retrouve avec bonheur Fussli, Delacroix, Goya et Friedrich. Et l'on découvre des gens moins connus : Boulanger, Blechen ou Martin. On a l'impression de rentrer dans un roman de Walpole. Ou dans Diablo signale l'Amoureux, toujours fan de jeux vidéos. 


On parle aussi spiritisme, on observe des photos de fantômes avant de plonger dans le symbolisme qui véhicule des paysages et des personnages inquiétants et ambigus... Enfin, l'expo se clôt par un passage par le XXe siècle. Les surréalistes sont évoqués avec moins de justesse que leurs prédécesseurs. Ça sent le prétexte ! Ou du moins, c'est tellement peu fourni par rapport aux autres parties que c'en est décevant. 

Cette expo est très riche et convoque tous les supports : peintures, dessins, gravures, films, photos etc. Elle est fluide, suffisamment nourrie en termes de discours pour apprendre des choses mais aussi avoir envie d'en savoir plus (et d'acheter le catalogue). La dernière partie reste faiblarde, vous l'avez bien compris mais l'ensemble est plutôt réussi. Âmes sensibles, soyez prévenus : certaines oeuvres sont inquiétantes, effrayantes et peuvent vous mettre mal à l'aise... 


jeudi 20 juin 2013

Apelle. La bataille d'Alexandre

Ce livre de P. Moreno bouscule les idées reçues sur la mosaïque découverte dans la maison du Faune à Pompeï : la bataille d'Alexandre. 


Pendant toutes mes études, on a affirmé que cette mosaïque avait été inspirée par une peinture de Philoxénos d'Eretrie et qu'elle représentait la bataille entre Alexandre et Darius à Issos. Que nenni nous dit Paolo qui attribue l'oeuvre à Apelle. Figurez-vous que ce pourrait être la défaite de Darius à Gaugamélès ! 
Et de nous expliquer pourquoi... et de nous montrer un autoportrait d'Apelle dans le bouclier d'un soldat... troublant mais pas toujours très convaincant dans cette démonstration. Et l'on finit par une biographie d'Apelle et une liste de ses œuvres.

Le tout est très illustré de détails en couleurs de la mosaïque et d’œuvres qui s'en sont inspirées (mais en noir et blanc). Cela me semble quand même toujours compliqué les attributions antiques, surtout dans le domaine de la peinture dont les témoignages sont plus que fragmentaires...

lundi 17 juin 2013

Dynamo

A. V. Janssens, Bluette
Mea culpa. Voilà plusieurs mois que j'ai visité cette exposition au Grand Palais mais je n'avais pas encore trouvé le temps d'en discuter avec vous ! 

Petit avertissement : c'est très dense. Il y a un nombre d’œuvres et d'installations incroyable, façon plus catalogue que démonstration. Et il est possible qu'en sortant, vous sentiez un début de migraine. Parce que mine de rien, c'est intense ! Jeux optiques et cinétiques finissent par déstabiliser le visiteur.

On déambule donc parmi des œuvres qui nous touchent. Au sens propre. Et l'on tente d'en tirer une chronologie et des influences. Mais cela devient vite complexe dans des ensembles thématiques sollicitant les sens. On perd ses repères plus qu'on ne les établit. On passe du très récent au plus lointain (début du XXe siècle, ce n'est pas non plus le bout du monde) mais on peine à les relier. 

C. Shawcross, Slow arc inside a cube IV

Bon, ce n'est pas non plus un bric-à-brac mais l'expo aurait peut être gagné à se concentrer sur moins d’œuvres pour rendre le propos plus lisible.

A noter, l'expo se visite aussi avec une appli. Rien de transcendant selon moi, c'est très 'social' façon partage tes photos. Et pas de grosse valeur ajoutée dans le contenu. 

dimanche 16 juin 2013

L'Assassin royal. Le dragon des glaces, L'homme noir et Adieux et retrouvailles

Ouf, j'ai enfin terminé cette série ! Oh, non qu'elle m'ait déplu, bien au contraire : j'ai passé une bonne partie des dernières nuits à la lire.


Fitz embarque avec Umbre, Devoir et Lourd pour les îles. Le prince Devoir part remplir sa mission : tuer un dragon pour sa belle. Le voyage est éprouvant et la mission semble cacher ses véritables buts. Sans compter que le fou s'y oppose ! Bref, Fitz est désorienté. Mais il aura plus urgent à traiter : Lourd met en péril toute l'équipée, les outriliens n'approuvent pas le défi... et l'île où repose le dragon parait hostile. 

Je vous épargne toutes les péripéties (et elles sont nombreuses). Sachez simplement que le tome 13 clôture le cycle (de façon un peu bavarde à mes yeux), que j'aurais préféré que tous les personnages ne reviennent pas pour un grand salut et que l'auteur laisse un peu plus d'ombres régner... Mais au moins, on est fixé !

Bref, un cycle très chouette, qui se dévore. La deuxième partie (à partir du tome 7) n'était pas indispensable. Elle permet de suivre le héros plus longtemps mais sa première aventure se suffisait à elle-même. Et à la longue, les rappels sont agaçants : ils sont très nombreux dans cette deuxième série, comme si le lecteur pouvait commencer par le tome 12 ou 13 ! 

vendredi 14 juin 2013

L'assassin royal. Les secrets de Castelcerf et Serments et deuils

Avec les tomes 9 et 10 de L'Assassin royal, ça se calme à nouveau. Pas de mission incroyable pour Fitz mais le voilà obligé de rester à Castelcerf.

Connu comme Tom Blaireau, serviteur du fou (alias Sire Doré), il espionne pour la reine et le prince. C'est indispensable en cette période tendue : le prince accueille sa fiancée. Et elle est outrilienne (le pays des pirates rouges). Bref, c'est une alliance essentielle mais diplomatiquement dangereuse.
Fitz forme le prince à l'art. Avant de créer un clan d'art pour lui (car Devoir n'est pas le seul à posséder cette magie !)... Et du côté des vifiers, on avance prudemment.

Bref, il se passe à la fois très peu en actions et beaucoup en manipulations... Et la suite promet d'être intéressante car il est à nouveau question de dragons !

jeudi 13 juin 2013

L'assassin royal. La secte maudite

Avec ce tome 8, on retrouve un peu d'action. Fitz est de retour à Castelcerf pour une mission délicate : retrouver le prince Devoir. Celui-ci a disparu sans laisser de traces. Est-ce une fugue ? un enlèvement ? Fitz, le fou et Oeil-de-Nuit partent à sa recherche...

Un mission bien plus complexe qu'ils ne l'imaginent avec de nouveaux ennemis, les Pie. Ces hommes utilisent le vif (magie qui permet de communiquer avec les animaux) pour conquérir le pouvoir. 


Un peu déçue par le rythme du livre précédent, je suis heureuse d'avoir retrouvé Fitz au top de sa forme (ou presque). On est à nouveau pris par le roman, étonné et impatient de découvrir la suite ! 

mercredi 12 juin 2013

L'assassin royal. Le prophète blanc

Je vous avais laissés avec la fin d'un cycle. Notre assassin, Fitz, avait découvert les anciens, Vérité avait écarté la menace des Pirates rouges et la reine était enceinte. 

Avec ce tome 7, on retrouve Fitz quinze ans plus tard. Et on a un peu de mal à le reconnaître dans cet être vieilli, routinier et isolé de tous. Il élève Heur, un orphelin, et fréquente toujours Astérie. Alors quand Umbre puis le fou viennent lui rendre visite, cela bouleverse ses habitudes.


Ce tome est celui de la redécouverte. On apprend ce qu'a fait Fitz pendant 15 ans, on découvre comment il peut à nouveau servir son roi (enfin, futur roi car Devoir est un jeune homme).
Un livre dans lequel il ne se passe pas grand chose, une transition...

Et c'est perturbant de voir que certains noms ont changé entre le tome 6 et le 7 (Devoir/Dévoué, Heur etc).

lundi 10 juin 2013

Sister act

Cette comédie musicale en français (argh!) ne me tentait pas du tout ! Cela me semblait kitsch et mauvais.

Et puis, quelques amis me l'ont chaudement recommandé. Pas contrariante, j'y suis allée ! Et je me suis bien amusée. Evidemment, on est dans un tout autre domaine que l'opéra ou les comédies musicales du Châtelet. C'est très bizarre d'entendre chanter en français mais au bout de deux-trois chansons, on oublie et l'on prend le pli ! 
Ce qui m'a sauvée aussi, c'est que je n'avais qu'un très vague souvenir du film donc pas de comparaisons possibles.
Certes, c'est très kitsch : paillettes au rendez-vous et style années 70'. Mais c'est aussi rigolo, prenant et les personnages sont attachants. Surtout les sœurs ! 

(c) Brinkhoff/Mögenburg

Bref on a passé un bon moment à Mogador avec cette chanteuse qui se cache de ses poursuivants et apprend à chanter à tout un couvent. Pour se détendre, c'est extra !

dimanche 9 juin 2013

Comprendre l'art moderne

Je vous ai déjà parlé des livres de Françoise Barbe-Gall, tous liés à l'art et à son approche, par les petits comme les grands. 

Dans cet opus, il est question d'artistes et d’œuvres du XXe siècle. Celles dont on dit qu'on y comprend rien ou que même un enfant pourrait le faire. Enfin, on entend souvent ça dans certains musées...

Ici, l'auteur s'attache d'abord à nous faire regarder, ressentir l'oeuvre (le tableau souvent). Elle commence par une description des éléments qui souvent laisse place à l'imagination. Elle met en mots l'image. Cela pourrait être d'autres mots, ce n'est pas un regard unique et porteur d'une seule vérité, c'est un regard qui sonne juste.
Ensuite, on a quelques clés de lecture : une anecdote sur l'oeuvre, des éléments sur l'artiste, sur le contexte, les mouvements artistiques. C'est plus sérieux mais moins poétique que la première partie...

Un livre sympathique mais qui m'a moins emballée que les précédents. J'avais l'impression de digressions perpétuelles et je n'ai pas senti que je 'comprenais' mieux l'art moderne. Mais j'ai vu de belles choses !

samedi 8 juin 2013

L'art face à l'histoire

Dans la série 'j'aime les éditions Palette...", voici le dernier opus ;)

Ce livre de Nicolas Martin et Eloi Rousseau propose 50 événements vus par des artistes. On commence à la Révolution et on termine avec le mur de séparation entre Israël et Palestine, en passant par le sacre de Napoléon, Guernica et Mai 68. A chaque fois, on a un mot sur le contexte historique, une image et une explication sur l'oeuvre. Et c'est vraiment pas mal fait. 
En plus, il y a un petit glossaire à la fin qui retrace les mouvements artistiques évoqués dans le livre.


Je m'attendais à retrouver le style des 50 personnages en quête d'artistes mais on est beaucoup plus dans la sobriété et l'informatif avec ce livre. Un bel objet !

vendredi 7 juin 2013

Le Crépuscule des Dieux

La saison d'opéra se termine, et nous l'avons conclue avec le dernier épisode de la tétralogie de l'anneau du Nibelung de Wagner. 
Ne m'étant pas trop renseigné avant la soirée, il m'a suffi de lire sur le papillon qu'on aurait droit à plus de 4h30 d'opéra, et de voir les 6 harpes dans l'orchestre, pour comprendre qu'on aurait du bon gros opéra !

Mais situons d'abord l'action, ce que fait également Wagner lors de la première demi-heure de l'opéra. Après que la lance de Wotan, le patron des dieux, ait été brisée par Siegfried le héros, les dieux ont dû abattre un arbre qui leur donnait leur force, et du coup ils se morfondent dans leur fortresse céleste car leur déclin arrive. Normal, quoi.
A part ça, Siegfried est un beau héros qui s'est arrogé le pouvoir de l'anneau du Nibelung, il est fou amoureux de Bünnehilde, la plus belle de toutes, et des méchants complotent pour récupérer l'anneau de Siegfried... Du coup, forcément ça va mal se passer pour tout le monde.

DR

L'intrigue, qui est loin d'être l'attrait principal de cet opéra, ne se dénoue franchement pas vite, à tel point qu'on ne s'est pas sentis perdus en n'ayant vu que l'épisode 1 de la série il y a 3 mois. La mise en scène est assez minimalisme, et similaire en de nombreux points à celle de l'Or du Rhin. Elle laisse quand même place à de jolis "arrêts sur image", notamment lors de la mort de Vous-Savez-Qui. La partie orchestrale est très réussie, et le tout est servi par quelques belles voies. Hagen, en particulier, avec sa voix de basse pénétrante, nous a fait beaucoup d'effet.

Pas de révélation incroyable, somme toute, mais une bonne soirée quand même !


lundi 3 juin 2013

L'écume des jours

Pour qui, comme moi, a dévoré Vian dans sa jeunesse et a adoré l'ambiance de ses livres, ce film ne peut être que décevant. 

Colin vit dans un étrange appartement, lumineux et kitsch, avec son cuisinier et sa souris de compagnie. Tout change lorsqu'il épouse Chloé et que celle-ci tombe malade. 
Alors, l'appartement rétrécit, les couleurs se ternissent jusqu'au noir et blanc. Colin doit travailler. Colin va jusqu'à enterrer Chloée dans un espace si glauque que s'y rendre ôte toute envie de vivre. 

Si le début amuse, avec des trouvailles sympathiques pour rendre l'écriture poétique et azimutée de Vian, on s'ennuie terriblement et on se lasse rapidement de ces effets. Sans parler des personnages, qui ne déclenchent aucune empathie chez le spectateur. Un ratage pour nous. 

ecume des jours duris tautou

samedi 1 juin 2013

Dix rêves de pierre

J'avais aimé Une pièce montée de Blandine Le Callet. Et j'ai bien aimé ces nouvelles. Ce qui est rigolo, c'est qu'en visitant le musée gallo-romain de Lyon, je m'étais également dit que les épitaphes seraient un joli sujet de roman. Bref, c'est un lieu inspirant. Parce que ce qui est cool c'est que l'auteur nous explique où elle a trouvé chaque épitaphe.

On commence par la nouvelle avant de découvrir l'épitaphe. On se trouve donc à chaque fois quelques instants avant la mort du protagoniste. Sauf pour la dernière qui est à part. Et l'on voyage dans le temps. On commence avec l'Antiquité, le Moyen-Age puis la Renaissance, le XIXe siècle jusqu'à l'époque contemporaine. Le ton change, les personnages sont plus ou moins sympathiques, mais toujours le trait est vif et le style rythmé. Il y a des histoires tragiques, d'autres grotesques. Le mort peut être très jeune ou très âgé. Mais on croise beaucoup de morts violentes. La plus étonnante pour moi fut "Les hortensias"...

Bref, un recueil très chouette sur un sujet qui ne l'est pas !