dimanche 27 mai 2007

Amour, Prozac et autres curiosités

Je n'avais encore jamais lu Etxebarria et cette première lecture ne m'a pas déplu. De courts chapitres, titrés par ordre alphabétique, un style assez fluide.

Ce roman de détente n'est pas très joyeux : trois soeurs vivent sous dépendance. Dépendance aux drogues ou aux médicaments (mais n'est-ce pas semblable ?), dépendantes des hommes, de l'amour, peur du regard des autres. La liberté est dure à assumer et la vie n'est pas facile à façonner pour ces jeunes femmes. Christina change d'homme comme de tee-shirt, a laché un boulot chiant pour être serveuse, a fait un bon nombre de tentatives de suicides et se martyrise. Rosa, qui a passé son adolescence à bosser, ne s'accorde aucune pause pour réussir dans son boulot. Ana tient sa maison, s'occupe de son mari et de son fils... et passe ses journées à pleurer.


Des passages touchants, tristes et doux-amers. Pas de véritable gaieté, le refus constant d'être lucide (quoique)... de la violence, du sexe et finalement une grande solitude. Je ne comprends pas ce qui était censé être drôle là dedans. A ne pas lire en période de vague à l'âme !

Les enfants de la liberté

Marc Levy nous avait habitués à partir en vacances avec un de ses livres, légers, un peu fleur bleue. Cette année, il fait dans le plus lourd, le plus sérieux aussi : la résistance, la déportation et les camps. Je vais être sévère, je préviens. Je commence par le positif. Après avoir acquis une certaine notoriété et une belle place rayon best-sellers, il est interessant de travailler sur le "devoir de mémoire". Un tas de jeunes gens ne liront jamais Primo Lévi, Gheorghiu et toute cette littérature d'après guerre mais auront ainsi une idée sur la question. Je trouve cette démarche louable. C'est un sujet qui me touche d'autant plus que mon papi a vu les camps pendant deux ans... Mais je dois avouer que c'est encore Gary qui m'a le plus touché dans ces différents livres La promesse de l'aube et Les cerfs-volants pour ne citer qu'eux.
Cependant, on ne peut nier que le style de Levy s'est ici considérablement empâté. L'histoire se traîne et les clichés et phrases moralisatrices se ramassent à la pelle. Alors soit l'auteur s'est un peu trop forcé à écrire ce livre, soit il l'a baclé, soit il ne l'a pas suffisamment romancé. C'est très bien de témoigner, mais c'est mieux quand on a réellement vécu ce dont on parle. Sinon, on écrit un roman, mais on essaye de bien l'écrire, non mais !

Oscar et la dame en rose

Et encore un petit bonheur ! Un peu court cela dit. Mais une petite pause sympathique grâce à monsieur Schmitt.
Oscar va mourir. Il a dix ans et il lui reste une dizaine de jours à vivre. Heureusement, Mamie-Rose lui propose d'écrire à Dieu et de grandir de dix ans chaque jour. Oscar connait alors tous les âges de la vie, leurs bonheurs et leurs déceptions. Il passe par toutes les étapes, tous les clichés... tout en gardant sa sincérité, son espérance et sa joie de vivre. Il relate ses journées et ses souhaits dans de courtes lettres, très poignantes. Il parle de ses parents, de ses amis, de l'hopital mais aussi du catch et des merveilles d'imagination et de foi que déploie Mamie-Rose.


Et toi mon coeur pourquoi bats tu

Jean d'Ormesson est un auteur que j'apprécie. Je l'ai peu lu parce que je me réserve des bonheurs à venir. Depuis quelques mois, ce livre était sur ma table de chevet. Et je lisais un poème, un vers, un extrait par-ci, par-là... doucement, lentement, selon mes envies et mes inspirations. J'en connaissais beaucoup, j'en avais oublié et j'en ai découvert. D'ailleurs, il m'a donné envie d'ouvrir cette fenêtre "Florilège"... de temps en temps.

Ce livre n'a pas vocation d'anthologie, il regroupe des poèmes par thème, par saison, par heure. D'ailleurs, certains sont incomplets, ou coupés, voire mêlés... Il vaut mieux jeter un oeil ailleurs avant de trop s'étonner ; non, Ronsard n'a pas d'oeuvre inédite (enfin, je crois) mais la mémoire peut jouer des tours. A moins qu'il ne s'agisse de voir si le lecteur est attentif et (un peu) cultivé ? Ce livre est très beau, il se savoure quand on veut accorder du temps à la beauté de notre langue et à ceux qui ont si bien su l'illustrer.

Le pont Mirabeau

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure.

Apollinaire

samedi 26 mai 2007

Praxitèle

Voilà une expo qui porte bien son nom : on y parle de Praxitèle, sa vie (très peu), son oeuvre ou du moins ce qu'on en connait (très Lagarde et Michard cette formulation !) mais quant à y voir ses oeuvres, c'est une autre affaire ! Des copies romaines, des copies de copies (XVII-XIX) et beaucoup de fantasmes. Pour une fois, des visiteurs qui ne se bousculent pas dans ces salles du Louvre... et qui passent en regardant à peine les oeuvres. A croire que la sculpture est plus désinvolte que la peinture. Pourtant, il faut accorder son regard et sa précision à ces statues. Si elles étaient "toutes pareilles" (dixit une tite dame), on ne prendrait pas la peine de se les faire prêter, que diable !
Cette visite est donc très sympathique, les commentaires sont clairs et la perspective choisie intéressante. Certes, on sort en ce disant "Ceci n'est pas de Praxitèle" quoique... deux bases portent quand même un joli Praxiteles Epoiesen.


mercredi 23 mai 2007

Da gelo a gelo


C'est la folie des opéras en ce moment. Le dernier sur la liste est certainement le plus allumé que j'aie vu !

Décor minimaliste qui rappelle les illustrations du Genji Monogatari. Costumes japonisants. Echanges de lettres passionnées... mais pas très passionnantes. Un prince et une courtisane, qui chantent en italien (!) des poèmes japonais du XI-XIIe siècle. Mots découpés et répétés. Musique très très décalée, lancinante.
Heureusement, cela n'a duré que deux heures. Le temps que Garnier se vide de la moitié de ses spectateurs. Et que ceux qui restent huent ou adulent chanteurs et metteur en scène.

lundi 21 mai 2007

Le peintre de batailles


Arturo Pérez-Reverte, dont je connaissais Le club Dumas et Le tableau du maître flamand, a sorti récemment un livre assez dérangeant. Au travers de l'histoire d'un photographe devenu peintre, il évoque les conflits des dernières années, particulièrement en Bosnie. Les descriptions sont parfois intenables et la froideur de l'oeil du photographe plus encore.
Faulques, après avoir reçu de nombreux prix et distinctions pour ses photos, s'est retiré dans une tour dont il peint les murs d'images guerrières en s'inspirant des plus grands peintres. Un homme se présente à lui, Markovic, qui veut le tuer. S'engage alors un dialogue entre le peintre et l'ancien soldat. Markovic accuse Faulques des tortures dont il a été victime suite à la publication d'une photo de lui. Se posent alors les questions de responsabilité du photographe, de sa vision du monde... des lignes qui président à la place des choses. Ce roman se lit facilement car le style en est très plaisant. Les reflexions engagées sont par contre génantes. On se demande souvent si la froideur du photographe n'est pas plus terrible que le sadisme des soldats.

Jade et les sacrés mystères de la vie


On m'a offert ce livre de Garagnon il y a environ cinq ans. J'ai éprouvé le besoin de le relire mais, comme la première fois, je ne m'y suis pas retrouvée. Jade est une petite fille malicieuse qui aime les choses spirituelles c'est à dire les bons mots et ce qui touche à Dieu. Elle a des amis fascinants qui tentent de répondre à ses questions. Elle parle de clins-dieux, de B-attitudes (le bon, le bien, le beau) et connait des paraboles. Elle rappelle que les rêves ne s'usent que si l'on ne s'en sert pas et veut sauver le monde dans sa saveur. Tout un programme ! J'ai cru que pour faire le vide et le point, cette lecture m'aiderait mais je trouve Le petit prince bien plus efficace... peut être parce qu'il est plus universel et ne me renvoie pas à cette éducation religieuse qui s'estompe.

Regards sur l´Europe. L´Europe et la peinture allemande du XIXe siècle.



L'exposition de Bruxelles montre les influences et les inspirations de la peinture allemande du XIXe. Le voyage commence par la Grèce antique et l'Italie renaissante. On note ensuite des inspirations nordiques, baltes, russes, anglaises mais aussi espagnoles et fraçaises... La démonstration est assez convaicante, mais seules des oeuvres allemandes sont présentées, des parallèles avec des oeuvres étrangères auraient certainement enrichi le propos. Quant aux peintures exposées, elles ne font pas parti de mes favorites. Notons que l'espace était organisé, la circulation aisée (pas trop de bousculades devant les oeuvres) et les couleurs des murs harmonieuses. Reflexions qui semblent bêtes mais qui changent souvent l'appréhension d'une expo.

La pyramide oubliée

Depuis le temps que je salivais devant le dernier Elizabeth Peters... qui était sur le haut de ma PAL mais que je m'interdisais de lire avant la fin des exams, j'ai enfin pu profiter de l'ambiance hors norme de ce policier. Je ne suis pas objective avec cette série. Si l'un est traduit, je l'achète immédiatement, et les autres, en VO, sont bien cachés dans ma PAL, histoire de garder un peu de suspence. Mais dès que j'en lis un, j'ai très envie de poursuivre avec le reste de la série ! Le dernier n'échappe pas à cette règle, j'ai sorti Lord of the Silent de la PAL.

Egypte, 1908. Amélia Peabody et son cher Emerson fouillent cette année une pyramide. Voilà qui devrait satisfaire Amélia, mais cet endroit ne mérite vraiment pas ce nom, il s'agit plus d'un tas de cailloux. Divers accidents s'y produisent... qui éveillent les soupçons de la famille. Encore un ennemi à arrêter ! Sans compter qu'une affaire de fausses antiquités et un trafic de drogue viennent troubler la tranquillité de cette saison. Ajoutons qu'on y retrouve un Percy plus odieux que jamais, un Ramsès très mystérieux (David n'est pas là pour recueillir ses confidences) et Horus maté par un nouvel arrivant !
Ce tome est aussi celui du mariage de David et Lia, quant à Ramsès et Nefret... tout se complique ! Ce que j'adore dans cette série, c'est l'humour de son auteur. On rit à toutes les pages, les personnages sont très attachants et les rebondissements perpétuels. Certes, ce n'est pas de la grande littérature, mais c'est un des rares polars qui m'accroche, peut être parce qu'il s'éloigne du genre. Pour les curieux, il existe un petit site... et un autre en français.

dimanche 20 mai 2007

Le magasin des suicides


Le dernier né de Jean Teulé ne m'avait pas emballé plus que ça en rayon. J'avais juste pensé "Oh, un titre sympathique, peut-être m'apportera-t-il de bonnes idées pour les heures de déprime" et j'en étais resté là. Et puis je l'ai vu dans la bibliothèque de ma soeurette et j'ai renoncé à le lire : la bibliothèque de Marie étant rarement gage de qualité. Enfin, j'ai lu quelques éloges sur les blogs qui m'ont convaincue.

Ce petit bouquin se lit en moins d'une heure et fait sourire le lecteur. Je ne crierai pas au chef-d'oeuvre, mais au p'tit roman sympathique. Le magasin des suicides, situé boulevard Beregovoy, est tenu par la famille Tuvache. Mishima et Lucrèce ont trois enfants : Vincent, Marilyn et Alan. Chacun porte donc le nom d'un suicidé célèbre et s'en rapproche par son caractère ou son attitude. Hélas, le petit Alan trouble la petite famille et le magasin par son insupportable joie de vivre. Si les personnages ne sont pas spécialement attachants, l'atmosphère générale du roman, sur fond d'apocalypse, est agréable. Quant aux articles du magasins, ils sont très inventifs. Teulé joue sur les mots, les clins d'oeil littéraires et artistiques avec beaucoup d'humour. On s'amuse de voir Lucrèce dire du Baudelaire ou Mishima expliquer la pratique du Seppuku. A lire un dimanche matin, quand on renacle à sortir des plumes !

Merci, Jeeves !

Wodehouse à nouveau. Je fais dans les doubles en ce moment. J'ai trouvé celui-ci plus amusant que l'autre, à force de persévérer je finirai par le trouver hillarant !
Bertram s'est mis au banjo ce qui lui attire les foudres du voisinage et la démission de Jeeves. Il part donc louer une maison à la campagne et prend un nouveau valet à son service. Ce dernier a l'affreuse manie de disparaitre et de poursuivre les gens avec un hachoir ou un objet aussi peu approprié. On rencontre aussi dans ce volume de vieux ennemis, des nègres effrayants, un enfant infernal, des policemen imbéciles, une tante insupportable, une ex-fiancée charmante et un ami niais et jaloux. Heureusement, Jeeves a toujours le conseil de circonstance et la citation qui convient. Merci, Jeeves !

samedi 19 mai 2007

Lohengrin

Après Verdi, Wagner... La dernière de l'un, la première de l'autre... Rien à voir ! De Gènes, nous partons pour le Brabant où le roi Henri rassemble des troupes. Il en profite pour juger un conflit entre Telramund, régent du royaume depuis la disparition du frère d'Elsa, et Elsa, accusée du meurtre de son frère. Incapable de trancher, le roi fait appel au jugement divin. Et voilà une belle ordalie entre Telramund et un chevalier, rêvé et appelé par Elsa, amené par un cygne. Ce chevalier mystérieux vainc Telramund, devient roi de Brabant et épouse Elsa avec une condition : Elle ne devra jamais chercher à connaitre son nom ou son origine.
Telramund et sa femme, Ortrud, sont bannis et méditent une vengeance. Ils instillent le doute dans l'esprit d'Elsa qui pose à son époux les questions fatidiques. Le chevalier tue Telramund qui l'attaque et se rend devant le roi. Il explique son geste et annonce qu'il est gardien du Graal et fils de Perceval, Lohengrin. Le cygne qui le conduit n'est autre que le frère d'Elsa, victime d'un enchantement d'Ortrud. Lohengrin disparait, laissant Elsa à ses larmes... et à la joie de retrouver son frère.

Le tout se déroule en cinq heures sur la grande scène de Bastille, devenue pour l'occasion paysage d'après guerre, gris et béton-armé éventré. L'apparition de Lohengrin (avec cygne, ruisseau et arbres perdant leurs feuilles) fait sourire... encore ce petit coté romantico-kitsch XIXe. Musique et chanteurs impressionnants, livret également (de Wagner !! ce n'est pas très courant qu'un auteur construise un spectacle complet).

S'il ne fallait retenir qu'une chose, ce serait la magnifique prestation d'Ortrud, Waltraud Meier !

Simon Boccanegra

Deux opéras en moins d'une semaine... A croire que je cours après le temps perdu ! Tout d'abord, la dernière de Boccanegra, avec décor, na ! (Private joke pour un fidèle qui s'est trouvé à l'opéra un soir de grève). Décor très simple d'ailleurs, qui tient en ceci et représente le palais du doge de Gènes.
L'histoire est celle d'un corsaire, Simon Boccanegra, qui est élu contre son ennemi, Fiesco, dont il a séduit la fille, Maria. Il espère que cet honneur fera accepter leur mariage à Fiesco. Or - grand méchant destin - Maria vient de mourir et leur fille, élevée par une servante de Simon, a disparu.

25 ans plus tard, Simon est toujours doge. Il veut obtenir la main d'Amélia Grimaldi pour un de ses fidèles, Paolo, mais reconnait en elle sa fille (qui, bien sûr, a été élevée par Fiesco et est amoureuse d'un homme qui complote contre son père). Du coup, Paolo enlève Amélia, mais elle s'enfuit et, zou, un ennemi de plus pour le doge. En outre, le fiancé d'Amélia imagine que Simon veut épouser sa belle, excite les partisans de la guerre civile... bref, on sent le quiproquo s'installer. Paolo est arrété mais a le temps d'empoisonner le doge. Il faut l'intervention d'Amélia pour calmer son fiancé jaloux et obtenir la bénédiction de Simon, et enfin l'identitée réelle d'Amélia est révélée à Fiesco qui pardonne à Simon. Ce dernier meurt enfin (et c'est assez long, il expire pendant un nombre infini de minutes, le temps de bien faire pleurer Amélia).

Voilà pour la petite histoire. Simon était brillamment interprété ainsi que Fiesco... par contre, la voix d'Amélia avait quelque chose d'insupportable. D'ailleurs, ce personnage, malgré son rôle très important, avait un coté artificiel très agaçant. Mon voisin, qui découvrait Bastille ce soir là, a adoré. C'était sa première fois...

Autres chroniques de San-Francisco

Le troisième opus des chroniques de Maupin ne m'a pas beaucoup plus emballée que les précédents, mais il me fallait un truc assez futile, histoire de dire "Ouf ! La première partie des exams est close".

Comme dans les volumes précédents, nous retrouvons Madame Madrigal qui veille sur ses "enfants", le San-Francisco gay de Mouse, Mary-Ann à la recherche du scoop du siècle, Brian... qui cesse de draguer ! Franny Halcyon et "la haute" sont toujours évoquées, avec un nouveau regard, celui de Prue, chroniqueuse mondaine gnian-gnian ex-scout (le beau mélange!). Et tout ces personnages se croisent, et leurs vies s'emmêlent...
Cet épisode est surtout centré sur le personnage de Mary-Ann à qui Franny Halcyon confie une étrange mission qui la conduit jusqu'en Alaska tandis que Mouse passe d'une partouze à l'autre...

jeudi 17 mai 2007

La fenêtre jaune

Brussolo... voilà le genre d'auteur qu'il vaut mieux éviter de lire trop souvent sous peine de devoir interrompre le travail en cours. Heureusement, le dernier opus croisé se lit très vite et mes révisions n'en ont été que peu perturbées. Et maintenant, petite mise à jour de mes dernières découvertes !

Dans ce roman, polar et SF se mêlent sur fond de désert californien. Cassidy part à la recherche de son frère et de son fiancé, disparus sans laisser de trâces... mais un horrible désordre - sans parler de la saleté - dans leur maison de location. Elle entreprend de ranger ce gourbis afin d'y trouver des indices. Autour de la maison, rien, si ce n'est une longue piste où les fanas d'extraterrestres se livrent à toutes sortes d'élucubrations : une étrange fenêtre jaune apparaît certaines nuits. De celle-ci, des hommes vêtus de scaphandres descendent parfois mais vieillissent subitement. Convaincue que les deux hommes ont franchi cette fenêtre, Cassidy se lance également dans l'aventure. Ce qui se trouve de l'autre coté... sera révélé aux futurs lecteurs de ce livre !

Contes


Les contes de Nodier sont empreints d'une douce féérie, proche de Nerval ai-je pensé. Un peu difficile de pénétrer ces mondes oniriques au premier abord : le style en est souvent très lyrique. On retrouve bien les premiers feux du romantisme dans ces oeuvres fantastiques ; Nodier tient parfois d'Hoffmann... Mon recueil comportait cinq contes, de longueur et de qualité inégale.

Smarra est le plus lyrique de tous. Il s'agit du récit d'un rêve ou cauchemar, si flou que l'on ne distingue pas vraiment la réalité du songe. Dans une Thessalie brumeuse, le héros erre entre Grâces et ombres. L'écriture est proche du poème et complexe. Il semble parfois que ce monsieur fasse étalage de ses connaissances d'helleniste de façon trop érudite (vi, vi, c'est une helleniste qui dit ça!)... Voilà qui m'a fait remettre à plus tard la lecture des autres contes (on fait tous des erreurs!).

Trilby m'a rappelé La Sorcière de Michelet, ce bouquin pseudo historique, très teinté de romantisme également. Il est question d'un personnage elfique, le lutin Trilby qui s'est attachée à la pauvre masure de Jeannie et de Dougal. Trilby protège ce couple, apporte de bonnes pêches et courtise Jeannie. Troublée, elle fait part de ses inquiètudes à son mari qui choisit de faire exorciser la maison par un moine. La tristesse s'abat alors sur la demeure et le remord hante Jeannie, jusqu'à ce que Trilby se manifeste à nouveau..

La fée aux miettes raconte l'histoire d'un pauvre fou, interné à Glasgow. Un aristocrate choisit de visiter un asile, il y rencontre Michel qui lui demande "De grâce, monsieur, apprenez-moi si elle a chanté la chanson de la mandragore : c'est moi, c'est moi, c'est moi ! je suis la mandragore, la fille des beaux jours qui s' éveille à l' aurore, et qui chante pour toi ! ". S'ensuit la triste histoire du charpentier : son ardeur au travail et les malheurs qui s'abattent sur sa famille, l'amour qu'il inspire à une vieille mendiante et la passion qu'il conçoit pour un portrait sublime, des animaux qu'il croise et s'étonne de voir traités comme des humains et... la quête de la mandragore.

Jean-François les bas-bleus est fou, mais il reprend ses esprits lorsqu'un sujet scientifique ou philosophique est discuté. Après avoir acquis de grandes connaissances, il a perdu la raison à cause d'une passion impossible. Cet homme peut-il aussi révéler l'avenir ?

Inès de Las Sierras est un tour de passe-passe. Des voyageurs passent la nuit dans un chateau que l'on dit hanté. Pendant leur repas, apparait effectivement une jeune beauté, une sylphide sublime qui anime leur soirée. Quand elle demande à l'un des hommes de la rejoindre, tous craignent une suite funeste et choississent de veiller, en proie à l'angoisse. Telle est la première partie du conte tandis que la seconde vise à donner une explication plus rationnelle à l'événement. Notons que Gauthier fit de cette oeuvre un joli poème.

L'ensemble est assez plaisant mais il faut se remettre dans le bain (l'ambiance XIXe très friande de fantaisies de ce genre) : une écriture romantique très lyrique, des références parfois obscures et des digressions fréquentes. De quoi inspirer un surréaliste ou donner envie de revoir l'ami Lautréamont.

vendredi 11 mai 2007

Grand amour

Quelques semaines sans lire - ou presque - je puis assurer que c'est très douloureux ; un contrôle de chaque instant... Mes livres de chevet ressemblaient plus à des monographies d'artistes, des Citadelles et Mazenod ou des catalogues d'expo qu'à des romans. Certains ont cependant égayé mes pauses. Parmi eux, un autre Orsenna (je ne m'en lasse pas !) conseillé par le kastor (sans rapport aucun avec Sartre ou Beauvoir d'ailleurs).

Grand amour n'est pas une histoire d'amour. Nous suivons un jeune chevalier amoureux de grammaire, (auto)biographe et conseiller de Monsieur le Président. Une lecture de circonstance, il faut le souligner. L'auteur nous conte l'Elysée et ses garden party, Versailles et la france vue d'hélicoptère. Il dit surtout comment il prète ses mots à la France, à celui qui l'incarne et doit s'en faire aimer. Ce livre est plein d'humour, de douceur, de personnalités attachantes. Je suis un peu jeune pour savoir s'il retranscrit le climat des années quatre-vingt, mais son portrait du président correspond assez bien au souvenir que j'en garde.

samedi 5 mai 2007

Révisons encore un peu !


"La science, son goût est amer au début, mais à la fin plus doux que le miel",
c'est ainsi que l'on pourrait traduire le décor de ce plat. Rassurant n'est-ce-pas ? Quelques jours de bourrage de crâne et quelques dernières épreuves... avant de reprendre la rédaction du mémoire !