vendredi 27 juin 2008

Je suis une légende


Thème d'un récent club des théières : les créatures de la nuit. J'ai récupéré deux livres à cette occasion, dont celui de Matheson. Contrairement à sa propriétaire, j'ai apprécié cette lecture.
Robert est le dernier survivant de l'espèce humaine telle qu'on la connaît car un mystérieux virus a transformé la population en une horde de vampires assoiffés de sang. Le jour, il tache de se protéger et de survivre en se procurant les dernières ressources des supermarchés. Il tue à l'occasion des vampires endormis et inoffensifs. La nuit, les vampires s'assemblent autour de sa maison et tentent de pénétrer, mis en appétit par sa bonne mine ! Parmi eux, des proches comme des inconnus. Robert aimerait pouvoir les soigner, se documente, expérimente. Mais cette rationalisation du problème se heurte aux affreux souvenirs du narrateur, aux crises d'alcoolisme ou de violence dont il ne peut se défaire. Heureusement, il semble que toute l'humanité ne soit pas atteinte...


jeudi 26 juin 2008

A la merci d'un courant violent


Tout d'abord, je tiens à remercier Babelio et les éditions Points pour ce gracieux envoi du livre d'Henry Roth. Encore une fois (c'est chronique en ce moment), lecture un peu tumultueuse et peu convaincue.
Ira est un enfant juif qui vit à Harlem au début du XXe siècle. Le jeune garçon est assez isolé, vivant loin du reste de sa famille et du quartier juif. Bien sûr, les Irlandais de sa rue l'insultent et se battent avec lui, le prenant comme bouc émissaire, éternel sort des minorités. Son père n'est pas tendre non plus. Bref, une enfance entre bleus et coups. Fils unique, il est écartelé entre les désirs de Pa, qui veut en faire un travailleur, et de Ma, qui souhaite privilégier ses études. Ira nous conte donc son enfance, ses rares amitiés, les retentissements de la guerre sur les soldats américains (très intéressant pour cela, on a tendance à les considérer comme les sauveurs mais on oublie qu'ils ont aussi souffert des tranchées), la perversité des hommes, le premier job.
Notons que la narration est à deux voix : le vieil Ira raconte sa difficulté à tout dire et prend du recul sur son texte ; une voix omnisciente voit et décrit la jeunesse de ce même personnage. Parmi les difficultés, des expressions en yiddish qui ne sont pas explicités en bas de page mais à la fin du livre et dans un glossaire (c'est à dire pas de note mais un classement alphabétique un peu long à parcourir).
Cette lecture m'a replongé dans les eaux douces d'Europe (même période vue par une jeune juive en Turquie) et montré un aspect plus brutal de la judéité stigmatisée.

mercredi 25 juin 2008

The scarlet letter and other tales


Cela doit faire plusieurs semaines que ce titre est affiché comme lecture en cours. Il faut dire que je l'ai vraiment lu en dent de scie. Cela explique peut être un sentiment mitigé, mêlé d'un léger ennui. A moins que ce ne soit l'ennui qui explique les dents de scie. Bref, comme je ne supporte pas d'abandonner un livre (physiquement je n'y arrive pas, c'est vraiment bizarre), j'ai poursuivi et découvert les nouvelles de Hawthorne qui m'ont bien plus convenu que la Lettre écarlate.
The scarlet letter conte la vie d'Hester Prynne depuis le pilori où elle refuse de nommer son amant jusqu'à la révélation de sa culpabilité par l'amant lui-même. Hester est affublée d'un grand A qu'elle brode et orne de magnifiques fioritures. Signe de mise au ban de la société puritaine américaine, elle est pour Pearl, fruit du péché, un bijou précieux. Le mari d'Hester, revenu incognito d'Europe, cherche à se venger et à laver son honneur en torturant l'amant dont il devine l'identité. Son but avoué est de conduire l'homme au suicide.
The gray champion, être quasi surnaturel, intervient lors d'affrontements entre colonie et métropole.
The Maypole Merry Mount : un mariage en forêt est interrompu par des puritains.
Young Goodman Brown, jeune marié, a rendez-vous en forêt. Toute la communauté semble s'y retrouver pour rencontrer le diable.
The minister's black veil ou comment un pasteur est perçu et vit différemment depuis qu'il a ajouté à son vêtement un sombre tissu.
The gentle boy raconte l'histoire d'un enfant dont les parents ont été condamnés comme hérétiques. Il est adopté par un jeune couple mais l'hérésie de ses parents le poursuit.

mardi 24 juin 2008

Le quadrille des assassins


C'est la charmante Chimère qui m'a donné envie de lire ce titre que je savais être dans la bibliothèque de ma sœur depuis des années mais que jamais je n'avais eu envie d'ouvrir. Alors merci Chimère parce que j'ai passé un bon moment ce WE.

Jubert campe une enquêtrice plus qu'étonnante : Roberta, sorcière de son état, capable d'utiliser des méthodes policières inattendues mais efficaces. Lorsque Gruber, son supérieur, lui fait part d'un crime dans la ville historique de Londres (comprenez une ville en carton pâte reconstituée par Palladio (oui, oui, comme l'architecte vénitien)) elle ignore encore qu'elle aura plus d'un assassin à courser et qu'elle devra former le jeune (et fougueux) Martineau, fraichement sorti de l'école de police. Traversant donc le Londres victorien du Crystal Palace, le Paris de Louis XIV et des plaisirs de l'île enchantée, la Venise de Carpaccio et Mexico avant l'expédition de Cortès, les deux enquêteurs vont découvrir un vaste projet machiavélique. 

Enquête aux allures un peu fantastiques, course poursuite, naissance d'une amitié et bien sûr, effets spéciaux : une lecture prenante, des univers reconstitués avec plus ou moins de fidélité mais à la recherche d'authenticité, une bonne détente et une grande envie de lire la suite de la trilogie !

dimanche 22 juin 2008

LCA forever...

Depuis quand dévorez-vous des livres ? Pour moi, une addiction qui a commencé jeune ! La preuve ci dessous :

(photo de 1987, ça nous rajeunit pas tout ça !)

Mes classics enfantins ?
Les Martine
Plume l'ours polaire
Le petit prince (parce que mon papa m'en lisait quelques pages avant de dormir)
Les livres de l'école des loisirs avec comme favoris : Laurinette et Catimini et L'édredon
Les Emilie
Et vous, quels sont vos meilleurs souvenirs de lecture enfantine ?

Je serai curieuse de savoir ce qu'Arsène, Lucile, Emeraude et Aelys vont répondre à ces deux questions.

PS : Qui saura trouver le titre de ce que lit mon papa ? Un indice : c'est un polar paru en mai 1986... que l'on ne trouve plus guère que sur Amazon. Un petit cadeau pour le gagnant !
Et si quelqu'un trouve ce que je lis, je suis curieuse de savoir dans quelle histoire couraient ces mignons petits chiots.

samedi 21 juin 2008

L'homme aux cercles bleus


Thème du prochain club des théières : figures géométriques.
Entre celles qui trouveront un titre du même style que mon Vargas, celles qui liront du Le Carré et celles qui décréteront que tout livre peut faire l'affaire, joli parallélépipède, j'imagine déjà un joli débat. Mais je n'y serai pas... Voilà donc, un peu avant le jour J, ce que j'ai à raconter sur ce livre.
Le commissaire Adamsberg vient d'arriver à Paris, son équipe tente de s'habituer à cet homme au visage si particulier, qui griffonne tout le temps, semble rêver en permanence et est précédé par une réputation plus qu'enviable. Et puis il y a Mathilde, une femme étrange, qui suit les gens (et les accueille volontiers chez elle), prend des notes en permanence, Charles, l'aveugle qui aide les gens à traverser, Clémence, qui dépouille les petites annonces à la recherche d'un homme sérieux. Dans le journal, le commissaire découpe des articles sur un drôle d'artiste : Adamsberg attire l'attention de Danglard, un de ses coéquipiers, sur un individu qui trace d'étranges cercles bleus autour d'objets quotidiens, anodins. Adamsberg présume (à raison) qu'un jour ils y trouveront un corps...
Un policier que j'ai beaucoup aimé, que je n'ai pas trouvé très policier finalement mais dont l'ambiance cotonneuse m'a beaucoup plu. Je crois que je m'aventurerai plus en avant dans les enquêtes d'Adamsberg car ce policier est tout à fait fascinant !

vendredi 20 juin 2008

Hokusai


Attention, ouvrez grand les mirettes, belle expo au musée Guimet !
Avec un dépouillement et une sobriété toute japonaise sont exposées des estampes du plus connu des artistes japonais, Hokusai. Planches superbes, des scènes de rue et de campagne, des histoires de moeurs et de cours, aux paysages monumentaux, aux illustrations de contes en passant par les détails botaniques... Une expo qui montre l'incroyable palette et la diversité de cet artiste dont on ne connait souvent que les vues du mont Fuji (la vague). Prenez le temps de contempler les grandes oeuvres de la fin, elles sont sublimes (un tigrou et un dragon trop mignon). Par contre, ne vous attendez pas à des informations prolifiques, elles sont très minimalistes... Un coté zen, peut être ?

mercredi 18 juin 2008

Dans la ville chinoise


Certaines lisent des livres en avant première, moi j'ai eu la chance de voir la dernière expo du palais de Chaillot avant qu'elle n'ouvre. Celle-ci concerne la Chine et plus spécifiquement ses villes même si des sujets tels que l'écriture sont également abordés (mais pourquoi ?!). Elle est censée fonctionner par ville, chacune étant reliée à un thème précis mais cela n'est guère visible. Ajoutons que le nombre d'images et de films est très fatiguant... il arrive un moment où l'on zappe. Mais elle vaut le coup pour une immense et superbe maquette de Pékin, d'une taille impressionnante.

lundi 16 juin 2008

Contes d'amour de folie et de mort


Outre les contes gothiques très à la mode en ce moment, l'atmosphère oppressante à la Maupassant se retrouve dans ce petit recueil d'Horacio Quiroga des éditions Métailié (toujours de belles découvertes, une collection qui ne m'a encore jamais déçue, pourvu que ça dure !) version Amérique du sud, chaleur humide de l'Amazonie, animaux plus ou moins bizarres... Des nouvelles ou des contes, comme il vous plaira de les appeler qui traitent souvent de mort, parfois de folie et rarement d'amour durable. Seule la passion exacerbée par le climat a droit de cité.

Rapide panorama :
La poule égorgée où quatre enfants idiots sont délaissés au profit de leur soeur, seule enfant brillante du foyer.
Les bateaux suicide : Pourquoi ces bateaux vides parcourent-ils les mers sans équipage mais avec tous les signes d'habitation récente ?
Le solitaire est un joaillier. Histoire d'une femme hystérique et d'un mari patient... jusqu'à quand ?
L'oreiller de plumes : Une maladie des tropiques peut cacher une cause monstrueuse.
La mort d'Isolde : comment un goujat délaisse sa belle pour une femme riche ou les ironies de l'histoire.
A la dérive a pour origine une piqûre de serpent.
L'insolation : Les chiens fidèles éloignent de leur maître la mort.
Les barbelés : Deux chevaux admirent la puissance du taureau.
Les tacherons : deux ouvriers ne souhaitent qu'une chose, fuir leur contremaître mais que ne sont-ils pas prêts à signer pour des femmes et du rhum ?
Yagaï est un petit chien chasseur au destin tragique.
Les pêcheurs de grumes : échange d'un gramophone contre du bois de rose ou les trésors du fleuve.
Le miel sylvestre : la vie sauvage n'est pas à la porté du premier Robinson venu !
Notre première cigarette ou les enfants cruels.
Une saison d'amour : des illusions et de la fraîcheur de la jeunesse aux compromissions adultes.
La méningite et son ombre : amoureuse en délire, la belle Maria envoute son sauveur ; une fois guérie, l'aimera-t-elle encore ?

Une série de contes tous prenants, étonnants, effrayants écrits par une plume sèche, sans fioritures. Belle lecture !

vendredi 13 juin 2008

Baignade accompagnée


Hier, pas le moral, pas d'envie, pas de livre super en route (et c'est un peu pareil ce soir, ces semaines m'épuisent). Mon regard éteint s'est posé sur ma PAL. Désespoir, tant de livres et aucun titre qui ne me fait vibrer là maintenant. Puis en fouillant un peu, je tombe sur un Brussolo. Pourquoi pas ?

Et une heure plus tard, je sombrais dans un sommeil sans rêves, heureuse d'avoir pu finir mon thriller. Autant annoncer la couleur immédiatement, ce n'est pas le meilleur et on retrouve quelques thèmes chers à l'auteur. Mais il m'a accompagnée et sortie de mon ennui, il n'est donc pas totalement mauvais. Et il rejoint un peu le concept de livre doudou évoqué par Fashion. Sauf qu'il ne s'agit pas d'une valeur sûre mais du refuge d'un soir.

Et l'histoire dans tout ça ? Peg (héroïne des Enfants du crépuscule que j'ai lu il y a bien longtemps et dont je ne retiens qu'une maison de poupées, visiblement effrayante (mais pourquoi ?). Il faudrait analyser ce qui terrifie tant dans ces édifices, ne m'étant moi même jamais remise d'une visite à celle (disparue) du jardin d'acclimatation dans mes (très) jeunes années) vit en Floride (désolée pour les parenthèses, j'en reviens donc à Peggy), exploite un disneyland sous marin, une épave 100% plastique avec personnages figés à la manière de Pompeï (grande classe!) qu'elle fait visiter (en plongée) à des touristes. C'est là quelle découvre un curieux tube rempli d'un liquide transparent. Son copain, Brandon, en quête de sensations fortes, se renseigne sur cet étrange contenu et le teste. En outre, mentionnons le club des dévorés vifs, groupe d'hommes mutilés par des requins qui souhaitent se venger de leur infirmité en torturant un spécimen. Le rapport avec Peggy ? Elle arrondit ses fins de mois en surveillant un aquarium où nagent les sales bestioles. Tout est en place. La fragilité de Peg, la perversité des Dévorés, la bêtise de Brandon... et la drogue qui semble intéresser beaucoup de monde. Un peu d'angoisse, une ambiance (et un sujet) proche du Sourire noir, mais pas de cauchemars pour moi. Se faire un peu peur... délicieux frisson...

jeudi 12 juin 2008

Expo Kiraz


Au musée Carnavalet, j'ai pu admirer dimanche dernier les petites parisiennes de Kiraz. Ses images, toujours pleines d'humour et de finesse valent le déplacement. Les jeunes filles y sont belles et fines, ont souvent des problèmes d'automobile et brisent les coeurs. Elles sont parfois si femmes... Une belle expo qui détend, qui fait rire (mais n'y emmenez pas d'hommes, ils ont beau jeu de dire que "Quand même, les filles...").

mercredi 11 juin 2008

Martyre


Ce court Mishima comporte deux nouvelles : Ken et Martyre. Je vous l'avoue tout de suite, ce ne sont pas les meilleures ! La première parle du kendo. Jiro, un garçon droit et honnête, qui pousse cette qualité à l'extrême, est capitaine de l'équipe. Kagawa l'admire et le déteste. Mibu en fait son modèle. La nouvelle conte la vie de l'équipe et particulièrement un stage de formation funeste.
Martyre est l'histoire d'Hatakeyama, un jeune lycéen qui fait régner la curiosité et la crainte sur ses ouailles. Watari est laissé à l'écart voire maltraité par les autres élèves jusqu'à ce que son statut change. Hélas, les faveurs ne durent qu'un temps.
Deux nouvelles sur les jeunes hommes japonais, sur l'honneur, la dureté et la perversité. Assez décevant.

mardi 10 juin 2008

Au secours...

Lucile m'a taguée ! Hum... il faut vous parler de mes habitudes de lecture.
Allons-y :

Où et quand ?
Dans mon lit, dans un fauteuil, debout dans un métro (mais pas encore à vélo), dans la rue, le matin, le midi, le soir... Dès que j'ai un moment de libre en réalité. Mes moments favoris : le matin devant mon thé et mes tartines, au soleil sur une pelouse ou une plage, le soir avant de m'endormir.

Comment je choisis mes lectures ?
Ce sont elles qui me choisissent : Rendez-vous compte, les livres me sautent dans les bras, je les attire ! Voyez plutôt : je me rends à la bibliothèque du quartier, je feuillette quelques oeuvres et là, bizarrement, le livre saute dans mon sac. C'est aussi vrai chez les libraires, les bonnes copines ou les parents. Il peut s'agir d'un auteur inconnu, un rien m'inspire, le format, le papier, le titre, la tranche, tout est bon pour me faire craquer. Et puis, il y a ma LAL (tirée de vos coups de coeur) qui inspire parfois mes achats (mais plus mes emprunts finalement). Et enfin ma PAL que je tente de faire baisser à 200 mais qui se refuse à passer sous le seuil fatidique, à croire que l'étagère PAL aurait trop froid sans ses livres sens dessus-dessous. Je ne sais jamais quel livre va suivre ma lecture en cours, c'est souvent une source de questionnements inépuisables d'ailleurs !

Quel style de lectures ?

Plutôt des classiques aurais-je dit l'an dernier. Maintenant, un peu de tout, selon l'envie. Moins de polars que dans mon adolescence et plus de fantasy.

Ce que j'attends de mes lectures : le rêve, l'imagination, le voyage...

Mes petites manies
. Je ne suis pas maniaque ! Mais j'aime que mes livres soient classés. Et qu'ils comportent un marque-ma-page. Et qu'ils soient remis dans ma bibliothèque après emprunt (que les gens concernés se le disent, non mais ! ).

J'hésite à faire plancher notre Renarde, à peine rentrée, Erzébeth, que je ne voudrais pas voir refermer ses portes, ou Arsène, qui a déjà beaucoup travaillé cette année...
M'enfin, une dissert' de plus ou de moins...

lundi 9 juin 2008

En quête


Voilà une belle anthologie de nouvelles écrites par Nathalie Salvi ! Contrairement à la novella de Kopp qui m'avait heurtée par son style, j'ai ici totalement adhéré. Les nouvelles sont fines, bien écrites, leur fin est toujours synonyme d'ultime rebondissement, bref, des nouvelles dans la plus belle tradition...
Et dans le détail, qu'y a-t-il derrière cette couverture ? Vingt écrits qui sont autant de quêtes (de pouvoir, d'érotisme, d'amour, de spiritualité, de maîtrise, d'immortalité...). Vous trouverez des adolescentes en mal d'amour ou de pureté, des mères étouffantes ou sacrifiées, des hommes cruels ou tendres. Mais aussi un ver gigantesque, une chaise, des playmobiles, une pin up, un élixir de vie...
Mes favorites sont... Risque zéro qui réjouira tous les LCA (ou comment croiser Darcy dans la vraie vie), Piqué au vif ou comment Praline persiste et signe avec son amour des pin up, Qu'en sera-t-il cette année ? ou la vie du peuple des Contents aux apparences si douces, L'élixir ou le secret d'une bonne chartreuse et les faucheurs ou les aventures d'un cleptomane. Tout un monde m'a aussi beaucoup plu pour son petit univers...
Bref, une belle découverte dans cette jolie édition, griffe d'encre (et le petit chat de la page 5 en ferait craquer plus d'une !)

samedi 7 juin 2008

Iphigénie en Tauride


Quoi qu'ait pu en dire Ikastor, cet opéra de Gluck était tout à fait visible. Bien sûr, le décor pouvait faire hurler (mais ça devient habituel à Garnier, non ?) mais il avait des aspects très poétiques. Il permettait effectivement de jouer sur le miroir (donc sur le double) et sur la transparence (le visible et l'invisible)... bon, la série de lavabos façon toilettes de station essence laisse songeur !
Quant aux chanteurs, j'ai surtout apprécié Pylade, voix magnifique et Iphigénie (assez logique, le rôle titre) mais aussi le chœur (reprise du choeur tragique d'Euripide) qui m'a replongé dans l'ambiance de mes adorables classics. Bref, ce n'est pas le meilleur opéra pour découvrir Garnier mais un spectacle assez agréable (qui laisse parfois perplexe) et surtout de belles voix...
Et sinon, il a été créé pour Marie-Antoinette, c'est de circonstance, non ?

D'ailleurs, je suis passée par le grand Palais (expo Marie-Antoinette en ce moment pour ceux qui ne suivent pas mes pensées obscures) et j'ai pu observer Monumenta de Serra. La perspective est belle et puissante mais on admire finalement plus la voute du grand palais que l'oeuvre exposée. Dommage !


vendredi 6 juin 2008

Tout ce que j'aimais


Siri Hustvedt... que ceux qui connaissent cette auteur lèvent la main. Lou et le blog éponyme du roman m'ont donné envie de découvrir une femme plus connue comme épouse de Paul Auster que comme écrivain. Et pourtant, le premier roman que je lis d'elle est aussi agréable que ceux de son cher et tendre (dont je n'ai pas encore parlé ici, ciel ! ça fait donc plus d'un an et demi que je n'ai pas ouvert un Auster... et dire que c'est pourtant un écrivain que j'adore). Bon revenons en à nos moutons. Tout ce que j'aimais commence comme un vulgaire roman de mœurs : deux couples amis voient leurs enfants grandir ensemble dans le même immeuble. Lucille est poète, Bill est peintre, ils ont rencontré Erica et Léo, respectivement professeur de lettres et d'histoire de l'art. Léo a acheté un tableau énigmatique de Bill et a souhaité le rencontrer. Les deux hommes sont vite devenus très amis et leurs épouses sympathisent. Leur complicité se renforce lorsqu'elles se trouvent enceintes toutes deux en même temps. Une grande place est dévolue dans le roman à l'oeuvre de Bill, une oeuvre proche du surréalisme (la symbolique, les ombres, le détail incongru et plein de sens) dans ses premières toiles comme de l'hyperréalisme américain (corps minutieusement peints, impression quasi photographique). Les descriptions précises de Léo permettent effectivement de visualiser très facilement les créations. L'univers des galeries, de l'art trash, de la provoc' et de la critique est toujours présent en second-plan et la société de consommation apparaît avec ses problèmes par petites touches.

Après la naissance de Matt et de Mark, Bill tombe amoureux de Violet qui remplace rapidement Lucille dans le cœur de Léo et d'Erica. Violet écrit sa thèse sur l'hystérie, suivie d'une recherche sur l'anorexie et les maladies de la faim... Ce livre est prenant, parfois très triste. Derrière Léo, il y a un lourd passé de crainte et de fuite, l'holocauste. Près de Bill, un frère fou. Et bien sûr, un drame, des séparations, des expositions, des lectures, des courriers, des fantasmes. Toute la vie de Léo dans ce livre et celle de ceux qui lui sont chers. Une écriture tout en finesse, très facile à lire, précise, sensible. Une vraie découverte !

jeudi 5 juin 2008

Au nord nord ouest d'Eden


Un monde en pleine décomposition, des catastrophes chaque jour, des médias mensongers, voilà le cadre de l'histoire de Kopp. Au cours d'une expédition, des scientifiques découvrent un corps pris dans la glace. Avec une technologie très complexe et évoluée, nos petits chercheurs arrivent désormais à redonner vie aux cellules et à ressusciter, pour un temps déterminé, l'être humain concerné. C'est ce qu'ils font pour l'homme préhistorique récemment découvert. Mais le processus plante... ou tout du moins, un événement étrange se produit. Et ce n'est pas uniquement l'identité de cet homme qui est dévoilée mais celle de l'humanité toute entière !
Lucile m'avait donné envie de dévorer ce livre et me l'a gentiment prêté. J'étais très heureuse de le lire mais j'ai peu accroché au style. Cependant, la rapidité de l'action fait qu'on passe un peu au dessus.

mardi 3 juin 2008

Chagrin d'école


J'avais ce dernier Pennac sur ma PAL depuis sa sortie mais jamais le temps et l'envie conjugués de le lire. Pour un petit temps de pause, dimanche, j'ai replongé dans l'univers favori de l'auteur, l'école. Voilà un roman proche de l'autobiographie, roman des cancres, roman de notre chère école, si française, si Jules (Ferry). Pennac désespère ses parents, il est le roi des cancres dans une fratrie brillante. Sa mère en souffre particulièrement comme toutes les mamans ainsi que nous l'explique le cancre devenu professeur au fil de son récit. Comment un cancre parvient-il à aimer l'école ? à enseigner ? Cette idée me semblait folle et pourtant, retraçant son itinéraire personnel, brossant le portrait de professeurs géniaux, d'élèves bouillonnants d'idées, on sort plutôt convaincu par ses propos. Pennac est ici proche de l'essai, on est bien loin de la tribu Malaussène avec cet itinéraire d'un professeur... Pas délirant, quelques bonnes trouvailles mais, au fond, rien qui me donne envie de retourner à l'école (et encore moins de préparer le CAPES, brrr).

lundi 2 juin 2008

Les Capulets et les Montaigus


Cet opéra de Bellini mis en scène à l'opéra Bastille fait partie des bonnes découvertes de la saison ! L'histoire est très condensée, elle se joue alors que Roméo, déjà fou de Juliette, vient proposer une trêve aux partisans des Capulets et elle se termine par la mort des amants. Notons que les performances de Juliette et de Roméo (interprété par une femme) étaient tout à fait appréciables ! La mise en scène était superbe, murs rouges, partisans en noir ou rouge, seule Juliette, de blanc revêtue, échappe à la prise de position. Elle agace d'ailleurs un peu avec sa fidélité à son père... De belles voix, un beau spectacle...

dimanche 1 juin 2008

The yellow wallpaper


Notre chère Renarde (de retour en France, youpi plop !) avait conseillé, il y a certainement des mois de ça, une nouvelle de Charlotte Perkins Gilman. Bonne élève, j'avais suivi son lien, copié le texte et enregistré le tout sur mon ordi. Et bien sûr, j'étais passée à autre chose et j'avais complètement oublié ce texte. Alors, en piochant dans ma LAL pour le challenge ABC, j'ai croisé ce titre, l'ai noté et ai cherché le-dit document qui avait fort heureusement échappé aux tris... Et voilà, je l'ai lu ! Une jeune femme est envoyée en maison de repos suite à la naissance de son enfant. Sa déprime est traitée par un enfermement dans une chambre aux murs jaunes, hideux, par l'interdiction d'écrire, de lire, de penser. Après tout, réaction logique du XIXe, non ? Pensons à nos belles hystériques et au fameux Charcot... Pourquoi cela aurait-il été différent de l'autre coté de l'atlantique ? En tous cas, la dépression de notre narratrice ne fait qu'empirer, elle sombre dans une sorte de folie qu'elle raconte par de courtes phrases, lorsqu'elle arrive à prendre la plume. Ces murs jaunes semblent pleins de vie, de femmes rampantes, de regards... Une nouvelle angoissante fort bien menée, écrite par une féministe de la première heure. A découvrir in english here !

La harpe d'herbes


Il me semble que c'est Erzébeth qui a attiré mon attention sur ce livre de Capote. Je l'en remercie car ce fut une lecture hyper agréable !

Collin, jeune orphelin, grandit depuis ses dix ans chez deux cousines de son père : Verena et Dolly. Enfance banale entre Verena, femme d'affaire austère, presque homme, effrayant tous les habitants de sa petite ville américaine et la douce Dolly, vivant dans sa chambre rose, prenant soin des affaires domestiques avec Catherine, une fière indienne, concoctant une potion antihydropique. Lorsque Verena se rend compte du succès de cette potion, elle souhaite l'exploiter. Cela déclenche une grave querelle entre les deux soeurs. Dolly refuse de livrer ses secrets de fabrication, confiés par une vieille indienne, par respect pour cette femme plus que pour contrer sa chère soeur. Cette dispute entraîne la fuite de Dolly, Catherine et Collins. Ils partent vivre dans une petite cabane, dans un arbre avec de modestes effets. Là, l'aventure remplace la banalité de l'existence. Des rencontres, la formation de clans dans le village, des ambassades et des chasses se développent autour d'un arbre de moins en moins secret.

Un style limpide, précis, pour une petite histoire bien plaisante !
Merci encore Erzébeth !