jeudi 31 juillet 2008

Sara

Ce livre de Carl Almquist provient du dernier dîner livres échanges. Sa jolie couverture ainsi que le nom de son auteur (suédois) m'ont intriguée.


La tante de Sara vient de rater le bateau. Seule à bord du navire, la jeune fille se fait vite un ami, Albert, jeune officier tombé amoureux au premier regard. Il apprend que la demoiselle travaille comme vitrière et rentre dans sa ville natale après avoir travaillé dans une région lointaine. Elle doit rejoindre sa maison où sa mère est gravement malade. Albert décide de l'accompagner un bout de chemin, sur mer, puis sur terre. Les deux jeunes gens apprennent à se connaître et à s'apprécier. Sara conte ses espérances : tenir une petite boutique, vendre un mastic très résistant et de sa composition aux autres vitriers. Albert doit contrôler l'état de certains domaines. Le voyage se déroule joyeusement et les discussions vont bon train. Albert découvre que Sara souhaite pourvoir elle-même à ses besoins et s'insurge contre le mariage malgré l'affection qu'elle porte au jeune homme.

Ce roman de 1839 fut, si j'en crois la préface, un petit brûlot féministe très moderne. Je veux bien le croire, les idées de l'héroïne sont trop en avance sur son temps pour plaire à tout le monde. Que dire de plus ? Le style ne m'a pas paru fou, certaines discussions ou descriptions en pâtissaient... ou alors c'est un problème de traduction. Une petite histoire agréable, un narrateur qui s'amuse de ses personnages, un ensemble peut-être un peu superficiel ?

mercredi 30 juillet 2008

La polynésie


Exposition très agréable au musée du quai Branly, La polynésie, art et divinités 1760-1860 mérite un détour. Cette période est celle des échanges intensifs avec les européens qui ramènent de leurs expéditions d'étranges objets. L'exposition est ordonnée autour de grands thèmes comme la mer, la terre, les collectes etc. Si les commentaires sont parfois un peu légers, les objets présentés ne manquent pas de force esthétique et suggestive. On découvre des oeuvres de plumasserie exceptionnelles, qu'il s'agisse de représentations de dieux ou de capes cérémonielles, des sculptures sur bois ou néphrite d'une grande finesse, des insignes de pouvoir ou de divinité remarquables. Même si vous n'y connaissez rien, même si l'Océanie ne vous tente pas, laissez vous séduire par la finesse de ces oeuvres polynésiennes, car ce n'est pas tous les jours qu'elles repasseront par Paris (bon, au pire, la majorité des pièces provient du British, faudra aller les voir à Londres).

mardi 29 juillet 2008

Les huit coups de l'horloge


Dans cette aventure d'Arsène Lupin, Leblanc écrit huit petites affaires résolues par notre charmant (et charmeur) gentleman. En effet, pour séduire et désennuyer Hortense Daniel, Arsène, sous l'identité du prince Rénine, va faire preuve de son immense talent de détective et psychologue. Apportant indépendance et distractions à la demoiselle, il acquiert une grande place dans sa vie (puis dans son coeur, comme c'est mignon).

Les affaires racontées ici sont les suivantes :
Au sommet de la tour ou la vengeance d'un mari jaloux et avare.
La carafe d'eau ou le crime d'un faux-jeton.
Thérèse et Germaine ou le trompeur trompé et le criminel assassiné.
Le film révélateur ou la passion animale qu'inspirent les actrices.
Le cas de Jean-Louis ou la double maternité.
La dame à la hache ou la folie percée à jour.
Des pas sur la neige ou (encore) les mensonges d'un mari possessif.
"Au dieu Mercure" ou le bijou retrouvé.

Huit historiettes qui se lisent bien vite. Un Arsène au mieux de sa forme : tout est résolu en deux coups de cuillère à pot. Parfait pour lui... mais pas pour le lecteur qui se lasse un peu de son coté prestidigitateur.

lundi 28 juillet 2008

L'échiquier du mal_2


Suite de notre histoire de Talent. La partie d'échecs continue. Après les "accidents" de Philadelphie, Nathalie et Saul choisissent d'élaborer un plan complexe. Réfugiés en Israël, ils tentent d'en apprendre le plus possible sur ces hommes capables de pénétrer les arcanes de l'esprit humain et de diriger ceux-ci comme des marionnettes, les "vampires psychiques" ; ces hommes qui se nourrissent et se repaissent des crimes qu'ils font commettre.
Du coté des "vampires", Will cherche à rejoindre l'Island club, secte très fermée dirigée (plus ou moins) par Barent, ami de tous les grands de ce monde. L'Island club compte désormais Jimmy, célèbre et richissime prêcheur, Tony, créateur de pornos hollywoodiens et incapable d'exercer son Talent sur les hommes, et Joseph Kepler, ex membre de la CIA. Quant à Mélanie, elle est de retour à Charleston avec un pouvoir de plus en plus développé. La partie prend des proportions plus vastes et les "gentils" cessent d'agir à l'aveuglette (ce qui est bien plus intéressant. Franchement, ça ne vous fait pas hurler ces personnages qui se jettent dans la gueule du loup, souvent de façon très irréfléchie voire stupide ?). Tout est pesé, préparé, pensé. Les différentes parties peuvent s'enclencher... jusqu'à un affrontement final aux allures de déjà vu, où à nouveau (mais moins qu'à Philadelphie) la violence est reine.

dimanche 27 juillet 2008

Les grandes eaux de Versailles

Pendant tout l'été, les jardins de Versailles jouent avec les bosquets, l'eau et la musique.

Si vous passez par là un week-end d'été, n'hésitez pas à aller admirer les grandes eaux musicales. A mesure des bosquets et des parterres, l'eau met en scène les statues, la musique de Lully et de Rameau résonne dans ces créations de pierre et de verdure. Dommage toutefois que certains bosquets soient fermés, notamment celui des bains d'Apollon (qui est très différent, car XVIIIe), et qu'il faille passer d'un endroit à l'autre très rapidement si l'on souhaite tout voir (les fontaines ne sont pas allumées très longtemps, canalisations XVIIe et prix des dorures obligent). En passant, ça m'a donné envie de lire ce petit classique Manière de visiter les jardins de Versailles (écrit par Louis XIV lui-même, c'est dire combien cela comptait dans la scénographie royale), mais je ne l'ai pas trouvé à la (si petite) librairie du château.
Mon bosquet préféré ? Difficile à dire. Ne ratez pas le bosquet de la girandole, simple mais efficace. Niveau frissons, il faut voir l'Encelade. Pour le spectacle, la Salle de bal et la colonnade... Bon, je crois qu'il faut tout voir !

samedi 26 juillet 2008

Un artiste du monde flottant


Masuji Ono est un vieil homme. Il a perdu un fils à la guerre. Il a perdu sa femme. Il lui reste ses filles et ses peintures. La cadette est mariée, elle a un fils. L'aînée devrait être mariée.

Ono nous laisse percevoir son existence avec un ton un peu froid, détaché et critique. Une certaine lenteur également, assez propre à son âge. Il s'interroge sur un monde qu'il voit changer très vite, sur le vieil empire japonais, sur l'omniprésence américaine (son petit-fils joue au cow-boy). Dans cette narration, les paysages sont beaux, doux, le regard est un peu nostalgique, porté par une plume nuageuse, pas toujours précise mais assez paisible. Outre l'ambiance, le style est plaisant.

Quant à l'intrigue, elle ne se révèle que par petites touches. Ono a été peintre pendant la guerre. Il semble avoir eu une certaine influence. Il ne parvient pas à marier son aînée. Qu'a-t-il fait qui le met ainsi à l'écart ?

Un doux roman de Kazuo Ishiguro qui manque un peu de peintures... J'attendais des estampes, mais je n'en ai guère vues. Le monde flottant évoque pour moi ces geishas feignant l'ivresse pour faire boire leur compagnon, jouant de la musique ou chantonnant devant un beau japonais... Le monde flottant est quasi absent ici... hélas.

vendredi 25 juillet 2008

La fausse veuve

Ce livre de Florence Ben Sadoun m'a été envoyé par les éditions Denoël et chez les filles que je remercie. Trouvé hier dans ma boite aux lettres, il est déjà fini, un petit voyage en train a suffi.

Ce livre est une lettre d'amour, une lettre de désamour. La narratrice interpelle son amant, celui qui n'est plus, celui dont l'accident a déchiré la vie. Elle raconte ses voyages à Vomi (Berck ?), ses dimanches à l'hôpital, ses instants avec un homme paralysé, qui ne peut plus communiquer sinon par clins d'œil. Elle conte ce qu'était son enfance, par quelques bribes, elle détaille certains rendez-vous avec cet homme si fort, si grand, que rien ne semblait pouvoir réduire. Elle revient sur leurs divorces, sur leur volonté de n'être que l'un pour l'autre, sur les amants qui la consolent, qui la font se sentir vivante. Mais il y a aussi l'épouse, celle dont le deuil compte, celle à qui parlent les médecins, celle à coté de qui notre amoureuse parait transparente, inexistante, éternelle ombre que sont les maîtresses... Ce livre est un petit mot chuchoté à l'oreille, il alterne le "tu", le "vous", il nous effleure mais ne nous touche pas toujours réellement.

Un livre qui me donne envie de lire Le scaphandre et le papillon.

jeudi 24 juillet 2008

L'échiquier du mal_1



Saul est un de ces milliers de juifs qui tente de survivre en camp de concentration. Quand, un soir, il est choisi par les SS pour un voyage dont nul n'est revenu, il refuse et préfère se faire tuer sur place. C'est alors que, contre sa volonté, il se met à suivre les allemands, dirigé mentalement par l'un d'eux.
Ce phénomène, nous allons l'observer pendant tout le récit, du point de vue des victimes et de celui des hommes de Talent qui les manipulent. Le gros de l'histoire se déroule aux Etats-Unis en 1980. Trois vieux amis se réunissent pour exhiber les preuves de leurs crimes. En effet, les hommes (et femmes) qui ont le Talent aiment à maîtriser les hommes pour en faire d'horribles criminels. Pour Nina, Bill et Mélanie, c'est un jeu. L'ironie et la médiatisation de la mort leur rapportent des points. Hélas, le jeu prend une autre tournure quand Nina choisit d'éliminer ses adversaires... Mais est-ce bien Nina qui contrôle tout ça ?

Le Shérif de Charleston, Rob, une photographe dont le père vient d'être assassinée, Nathalie, et un psychiatre juif, Saul, se croisent et se préparent à leur donner la chasse. Voyages guidés par des crimes atroces, des hommes menés à l'état de zombies, un jeu dont les règles les dépassent et dont les protagonistes se découvrent lentement, quand vient leur moment de se déplacer sur l'échiquier... Mais qui déplace les pièces ?

Un livre haletant de Dan Simmons, dont les 700 pages se lisent sans pause. Est-ce de la SF ? Pas sûr, ça touche un peu à l'horreur. Les crimes sont ignobles (et détaillés), je vous aurai prévenus.

mardi 22 juillet 2008

L'Heptaméron


En fait, j'aurais peut-être mieux fait de finir Marguerite de Navarre pour la réunion spéciale galipettes... Non, je plaisante, la sœur de François Ie est une femme sérieuse. Par contre, les récits qu'elle conte sont parfois grivois.
Au retour d'une cure dans les Pyrénées, plusieurs petits groupes se retrouvent bloqués par une crue soudaine. Ils choisissent de se réfugier dans une abbaye voisine le temps que les moyens de reconstruire un pont soient mis en œuvre. Pour se distraire, nobles dames et gentilshommes se réunissent dans une verte prairie où ils racontent des histoires à tour de rôle entre la grand messe et les vêpres. Les moines, intrigués, viennent les écouter sans intervenir. Sur sept jours, à raison de dix nouvelles par jour, les compagnons parlent d'amour, de religion, de mensonges... Et entre chaque récit, chacun y va de son commentaire. Le dernier à avoir argumenté prend souvent la parole pour narrer l'histoire suivante. Tous les caractères sont évoqués, tous les âges sont mis en scène. Le thème récurrent : les rapports des hommes et des femmes. Les tromperies les plus incroyables, les passions les plus folles, la vertu la plus pure sont décrites. Et j'avoue que certaines nouvelles, particulièrement celles qui visent les franciscains, m'ont bien fait rire. La seule difficulté, la langue, à laquelle il faut s'habituer. Un petit aperçu pour la route :
"là où ils feirent semblant d'aller abattre des amendes
(1) à un coing du preau, mais ce fut pour abattre prunes(2). Aussi, Jacques, au lieu de bailler la cotte verte(3) à s'amye, lui bailla la cotte rouge(4)."
Un ensemble assez touffu, dont je retiens quelques nouvelles sans toujours savoir si certaines ne se sont pas mêlées dans mon esprit car beaucoup se ressemblent. Mais un très grand plaisir de lecture.


notes de mon édition :
(1) faire tomber des amandes pour les ramasser

(2) au sens libre : faire l'amour (c'est sympa comme expression, non ?)
(3) jeter une fille dans l'herbe et folâtrer avec elle

(4) lui ravit sa virginité


lundi 21 juillet 2008

Le degré suprême de la tendresse


Club des théières au thème affriolant (les galipettes) ce dimanche autour d'un barbecue délicieux chez Stéphanie. En fait, beaucoup de fous rires devant certaines proses, quelques regards curieux et des déceptions. Mais reconnaissons que pour une fois, pas trop de mauvaise fois et un désir de bien faire. Jugez plutôt : certaines ont lu jusqu'à quatre livres afin de bien s'imprégner du sujet ;). Nous avons aussi parlé en vrac : pompiers, ascenseurs, Zag etc.
Pour ma part, le livre de Marienské m'a laissée perplexe et déçue. La quatrième de couverture annonçait : "Un menu érotico-littéraire à déguster sans modération". J'ai eu du mal à aller jusqu'au bout du repas. Ce bouquin renferme des petits textes, pastiches des auteurs suivants : Houellebecq, Tallemant des Réaux, Céline, La Fontaine, Angot, Montaigne, Ravalec et Pérec. Plus qu'à la sensualité, ce texte touche à la pornographie, au trash. Un ton souvent féministe, indubitablement castrateur... Bref, rien de plaisant dans ces scènes sans amour, sans sentiment, ce sexe triste... Par contre, on ne peut nier le talent de pasticheuse de l'auteur, chaque style est très aisément reconnaissable. Je regrette juste qu'elle ait pastiché des auteurs qui peuvent m'agacer.
Bref, pour les galipettes, allez voir ailleurs, ici on vous parle plus de viol(ence) et de sang.

samedi 19 juillet 2008

La chambre de sable

J'ai reçu ce livre de Joëlle Wintrebert au dernier dîner livre échange. Il est publié dans une édition très agréable à lire (format assez grand, jolie couverture), les éditions Glyphe. Pour la peine, je vous mets la couverture :
La chambre du titre, c'est celle de Marie, jeune ado de onze ans. Sur le mur de cette chambre, une gigantesque fresque de plage et de mer dessinée par l'amie de sa mère, Nana. Cette dernière, excentrique et attachante parait à Marie la mère idéale, bien moins conventionnelle que la sienne, Sylvana, écrivain raté et frustré. Nana est illustratrice et a un pouvoir bien particulier, celui de dessiner les cauchemars de Marie afin qu'ils la laissent en paix. Et quand Nana ne prend pas la plume, Marie imagine d'autres personnages peuplant ce paysage. Marie n'a pas de père, voudrait une autre mère, a peu d'amis et ne souhaite pas grandir. Les histoires d'adultes ne l'intéressent pas, elle préfère faire de ses journées un jeu de piste. C'est pourquoi elle aime à suivre ses voisins et à deviner leurs motivations secrètes. Un jour, elle espionne le si discret Julien Taillevent. Intriguée par ses manèges, elle arrive à entrer par ruse dans son appartement et noue avec lui une étrange amitié qui déplaît à son entourage.
Roman pour ado ? Roman pour adulte ? Je m'interroge. Je ne suis pas certaine qu'il soit à mettre dans les mains de tout ado... Un livre agréable, parfois onirique, des moments d'une grande poésie, d'autres plus crus et froids.

vendredi 18 juillet 2008

Les bûchers de Bocanegra


Voilà la suite des aventures du capitaine Alatriste et de son petit protégé, Inigo. Perez Reverte nous transporte à nouveau dans ce siècle d'or espagnol : or des Amériques, satin des tableaux de Velazquez, richesse des vers de Quevedo, trésor de piété des madrilènes... Mais aussi : crasse des rues et des bordels, putains adossées à chaque carrefour, duels et querelles l'épée à la main, torture dans les cachots de l'inquisition.
Le capitaine se voit offrir une seconde "mission" par son ami Quevedo. Il s'agit de libérer une jeune novice de son couvent où règne la désobéissance aux règles la plus totale. Le plan est assez simple : entrer et sauver la demoiselle, se battre un peu, fuir et laisser la belle à ses parents. L'ensemble parait assez évident mais c'est oublier que violer l'enceinte d'un couvent est un crime qui mène directement au bûcher... Le jeune Inigo, trop curieux, et toujours amoureux de la fourbe Angélica, se retrouve dans une position très délicate malgré son jeune âge. Alatriste parviendra-t-il à sauver le jeune garçon des griffes de ses bourreaux de Tolède ? Qui peut échapper au terrible Bocanegra, qui déteste Alatriste ?
Et bien sur, on retrouve l'ennemi juré du capitaine, Malatesta ; ses amis fidèles et haut placés, Olivares, Guadalmedina... Encore une belle aventure !

mercredi 16 juillet 2008

Un secret


Avec des chapitres très courts, une langue fluide, Grimbert raconte les secrets que garde une famille, ceux qu'elle rumine, qui planent au dessus des repas et qui sont perçus par les enfants sans qu'ils ne puissent les élucider. Le narrateur est un jeune garçon très fragile, presque maladif, né d'une mère très bonne nageuse et d'un père grand lutteur. Couple idéal aux corps parfaits, l'enfant invente leur rencontre, leur histoire et surtout, s'invente un grand frère. Celui-ci est son complice, son confident puis son rival... Le narrateur puise dans ses perceptions pour saisir ce qui lui est dissimulé mais c'est à la faveur d'une longue discussion avec sa voisine et amie, Louise, qu'il va découvrir l'étendue de ce qu'on lui cache.
Un roman dont on avait beaucoup entendu parler, surtout à l'occasion de la sortie du film. Mais j'ai dû étrangement rester imperméable à ces critiques et commentaires car j'ai réellement découvert l'intrigue au fil de ma lecture.

dimanche 13 juillet 2008

Ceux qui vont mourir


Je lisais tranquillement un petit Calvino sur le pont des arts (parce que le midi, je pique-nique sur le pont des arts, c'est un petit luxe agréable quand le soleil daigne se montrer). Un monsieur me demande ce que je lis et me reproche de laisser les auteurs français mourir de faim. Je lui réponds que je lis essentiellement les français morts... Le monsieur me présente une charmante blondinette de six ans (qui lit Martine, comme quoi, il y des vraies traditions littéraires :) ) en me demandant quels droits d'auteur elle percevra... Et me propose de me ramener un livre de sa plume dès le lendemain. Vendredi midi, sur le pont des arts, Paul Marchand m'offre trois de ses livres. Il parle peu de lui. Un simple "j'ai voulu faire mieux que Céline..." auquel je rétorque l'éternel "Chateaubriand ou rien" qui le fait hausser les épaules.
Bref, tout ça pour dire que je viens de lire Ceux qui vont mourir. Pas de gladiateurs ni de lions mais deux guerres apparaissent en toile centrale. Le narrateur (comme l'auteur) est correspondant de guerre au Liban puis en Bosnie. Du Liban, il montre peu les plaies. Il écrit des lettres à son fils et lui conte sa liaison avec sa mère, sa fuite et son désintérêt devant cette femme enceinte, amoureuse. Et ses quelques regrets a posteriori. En Bosnie, c'est aussi son personnage qui est au centre de l'action. Très grièvement blessé, rapatrié et soigné, il revient sur le lieu de son agression pour venger son bras mort. Avec deux compagnons, il débusque le tireur. Deux histoires en une, selon une narration classique ou épistolaire, qui ne montrent pas les plus beaux aspects de l'homme. Et un refrain insupportable, "arrêtez de donner la vie, vous contrerez ainsi la mort". Comme vous l'avez compris, je n'ai vraiment pas adoré. Seul le style permet une lecture plaisante de ces lignes.

samedi 12 juillet 2008

Et ça tag, tag, tag...


Arsène m'a filé la patate chaude : Je ne suis rien sans...
- Un livre dans le sac ou dans la poche (voire deux, selon l'emplacement du marque-ta-page dans le premier livre)
- Mon portable ("Mais t'es où là ? Quoi, peintures espagnoles, mais quelle idée ! ...Oups... oui, je sais, c'est interdit, mais comment voulez-vous qu'on s'y retrouve nous ?!)
- Un papier et un crayon ("attends, je te fais un plan" ou "attendez, je note l'adresse/le numéro/le titre/l'idée....") voire un agenda.
- Un élastique (parce que je casse souvent les miens et que mes cheveux adorent s'emmêler dès qu'ils sont détachés)

Et toi, Laetitia, sans quoi n'es-tu rien ?

vendredi 11 juillet 2008

Le meurtre d'O-Tsuya


Ce court roman de Tanizaki nous plonge dans le Japon du début du siècle. Shinsuke est employé par le père d'O-Tsuya, superbe jeune femme dont il est tombé fou amoureux. Les sentiments de la belle sont réciproques et les jeunes gens projettent de s'enfuir. En effet, un ami leur a proposé d'accueillir leur couple s'ils fuguaient. C'est par une nuit de neige qu'ils arrivent chez Seiji, lequel tente de mettre d'accord les parents des fugueurs pour un mariage. Hélas, c'est sans compter sur les ravages que crée la beauté d'O-Tsuya et les malheurs qui guettent Shin. C'est un peu the Rake's Progress ou the Harlot's Progress version japonaise (j'aurais pu vous mettre un petit Hogarth pour faire bonne mesure). Un roman d'amour, de passion et de mort, que je ne recommande pas forcément... Je ne sais si le problème tient au texte ou à la traduction mais j'ai trouvé le style d'une pesanteur peu commune.

jeudi 10 juillet 2008

Le tango du diable


Suite du quadrille des assassins. Sans spoiler.

Revoilà notre duo de choc imaginé par Jubert : la sorcière Roberta Morgenstern et Clément Martineau enquêtent sur une nouvelle affaire, mais cette fois ne courent pas les villes historiques : c'est Bâle le centre de l'affaire. Le baron des brumes sévit. Etre insaisissable, il se manifeste par des crimes atroces, inspirés de tortures et chatiments médiévaux voire antiques. Et comble d'horreur, les traceurs (bidules volants qui arrêtent les assassins, très pratiques, même s'ils mettent les agents de la sécurité en chômage technique) ne le repèrent pas. Sans compter que la pluie menace Bâle d'une nouvelle grande crue... Heureusement, Fould est là et promet à ses électeurs la tranquilité et le soleil (pourquoi ne nous promet-on jamais ça ? les élus gagneraient certainement des électeurs (surtout maintenant, j'veux du soleil)).

Bref, une histoire d'enquête, de sorciers, de vents, de créatures magiques ou diaboliques... Un second épisode moins fou que le premier mais tout aussi haletant. Les personnages évoluent, d'autres entrent en scène. De la magie, de l'humour... Vivement la suite !

mercredi 9 juillet 2008

Le capitaine Alatriste


Merci à Sandrounette pour cette lecture. Je viens de dévorer la première aventure de ce soldat espagnol au grand courage, rescapé d'une opération suicidaire en Flandres, fine lame comme on en connaît peu. Il a accepté comme compagnon Inigo, le fils d'un de ses amis, mort en Flandres. Au début de cette histoire, le jeune garçon attend Alatriste à la sortie d'une prison. Observateur et narrateur des coutumes du siècle d'or, ce garçon nous raconte le dernier contrat de son maître : celui ci doit tuer deux anglais à la nuit tombée contre une bourse bien remplie. L'ordre émane d'hommes masqués et d'un terrifiant inquisiteur Bocanegra. Et bizarrement l'ordre diffère entre légères blessures et coups mortels. Avec l'aide d'un italien peu causant mais chantonnant, Alatriste s'embusque pour ce triste ouvrage. Une histoire menée à la pointe de l'épée, avec des personnages variés : traîtres, bon roi, mystérieux étrangers, amis de toujours, jeune fille envoûtante... C'est un peu court tout ça, moi je veux la suite !!
Bon, ça se confirme, Perez Reverte et moi, c'est l'amour fou :)

mardi 8 juillet 2008

Main square festival


Pendant que des blogueurs dinaient après un beau jeu de piste, j'attendais avec impatience le début d'un concert. Comme l'an dernier, j'ai assisté à un superbe événement sur la grand place d'Arras (pompeusement nommé Main square festival, mais bon). Je vous donne le programme des festivités : vendredi soir, Marie allait écouter les Chemical Brothers, Justice et Boys Noize. Samedi soir, après le boulot, j'ai couru pour entendre les BB Brunes, the Kooks , et surtout Mika, qui sautillait dans un décor de cartoon ! Et le dimanche soir, c'était The Do, The Wombats, les Sigur Ros, et grand attendu du festival : Radiohead. Je commence ma semaine avec de la musique plein la tête. Merci pour ce superbe choix !

dimanche 6 juillet 2008

Les villes invisibles


Encore une fois, j'ai adoré ce livre de Calvino. Cet écrivain m'enchante ! Ici, les jeux littéraires touchent au conte

Marco Polo et Kublai Khan devisent dans des jardins exotiques. Avec un air de mille et une nuits, les récits du vénitien enchantent et intriguent le puissant empereur. 
Marco Polo décrit des villes comme autant de femmes, faisant ainsi voyager le monarque. Entre ces descriptions, des échanges entre les deux hommes sur la nature imaginaire ou réelle de ces villes voire d'eux-mêmes. 

Les images sont très évocatrices, les villes diverses, regroupées parfois sous une même dénomination (les villes et la mémoire, les villes et le désir, les villes effilées, les villes et le regard, les villes et les morts...) sont autant de paysages oniriques que mon imagination se plaisait à construire. Multiples images de la seule Venise ou discours sur les villages croisés par le voyageur ? 

Villes anciennes ou futuristes, habitées ou désertes, sous terre ou dans le ciel, villes miroirs, doubles qui se confondent, toutes font délicieusement voyager et rappellent étonnamment toutes les cités traversées.

samedi 5 juillet 2008

Paracas ou les beautés du Pérou


J'ai pu admirer cette semaine les magnifiques tissus péruviens de l'antique civilisation de Paracas au musée du quai Branly. Brodés de figures anthropo/zoomorphes, toute une mythologie mystérieuse s'exprime en couleurs vives sur des œuvres très anciennes. Outre ces vêtements et ornements funéraires, des poteries et des bijoux sont présentés. A la suite, on peut admirer les travaux d'Elena Izcue, dessinatrice des années trente qui diffuse les modèles péruviens, notamment dans la haute couture. Dépéchez-vous de visiter cette expo, dans une semaine vous aurez raté des objets rares et somptueux !

jeudi 3 juillet 2008

Ces petites choses


Le livre de poche m'a envoyé cet ouvrage très sympathique de Deborah Moggach, je tiens tout d'abord à remercier cette édition pour cet envoi. Mais entrons dans le vif du sujet :
Ravi est un des nombreux indiens vivant en Grande-Bretagne. Ce médecin quinquagénaire est loin d'être aussi réjoui que son nom le laisse entendre. Il a épousé Pauline et se voit désormais obligé de supporter son beau-père, Norman, vieillard chassé de toutes les maisons de retraite d'Albion pour son incurable obscénité. Ajoutons les vieilles anglaises racistes qu'il soigne tous les jours à l'hôpital et vous comprendrez pourquoi il investit son énergie dans un étrange projet : monter une maison de retraite en Inde pour les britanniques. Avec son cousin Sonny, il lance l'affaire à Bangalore.
Dans la première partie, les différents personnages sont présentés, ces vieillards attachants dans leur quotidien, ceux qui n'ont plus de quoi se payer de vraies maisons en Europe, ceux qui partent à l'aventure, ceux qui fuient leur entourage hostile. Puis toutes ces personnalités s'épanouissent et changent sous le climat indien. Outre ces septua/octogénaires, leurs enfants et petits enfants entrent en scène, le temps d'une apparition, parfois anodine, souvent bouleversante... Décidément, l'Inde ne laisse pas les étrangers indifférents ! Loin des velléités indépendantistes et des incompréhensions entre les peuples que nous conte Forster, il existe ici un respect mutuel, une légère nostalgie de l'Empire britannique.
Outre Ravi, j'ai rencontré Evelyn, charmante dame très british, femme fragile, aimante et attentive ; Dorothy, ancienne journaliste qui semble perdre la tête ; Muriel, qui cherche désespérément son fiston ; Madge, rêvant d'épouser un vieux maharajah ; Douglas, l'éternel randonneur ; et du coté des indiens, la jolie Surinda, curieuse d'Europe ; Minoo, gérant de l'hôtel si attaché à une étrange paire de chaussures et bien d'autres encore...
Avec un style alerte, non dénué d'ironie et de douceur, l'auteur nous fait voyager à l'autre bout du monde, dans ce pays que je rêve de connaître. Un roman tout léger, très agréable, qui donne envie de vacances.

mercredi 2 juillet 2008

Cape et épée

Hier matin, le gentil facteur a déposé un jolis colis argenté :
Celui-ci contenait un nombre impressionnant de paquets emballés.
Suivant les instructions de ma charmante expéditrice, Sandrounette, j'ai ouvert les différents présents. Chaque paquet cadeau comportait un nom de livre de cape et d'épée et la carte proposait des devinettes dont ces titres étaient la réponse. J'ai donc ouvert tout ça :
Soit les quatre tomes des aventures du Capitaine Alatriste,deux jolies cartes, un cahier d'idées folles et saugrenues, des amandines (miam) et du chocolat en poudre à la noisette. Merci encore Sandrounette !
Merci à ma co-organisatrice Arsène, et à Emmanuel pour le choix de nos deux swappeuses.

mardi 1 juillet 2008

Un été prodigue


Lecture commune du mois : un livre de Barbara Kingsolver. Je dois avouer que cette lecture ne m'a pas enchantée. Il m'a fallu au moins cent pages pour commencer à rentrer dans le roman.
L'action se situe en Amérique du nord, entre la montagne et la vallée. Il s'agit d'un roman à trois voix, dont les chapitres se répondent (leurs trois titres reviennent et distinguent les personnages concernés). Dans une forêt qu'elle est chargée de préserver, Deanna veille sur les bêtes sauvages, et plus spécialement sur les coyotes. Lorsqu'un jeune chasseur s'aventure sur ses terres et la poursuit de ses assiduités, Deanna va en être bouleversée. Lusa, trop jeune veuve, tente de survivre à la mort de son époux. Sa famille, qu'elle croit hostile, va se dévoiler dans ses aspects les plus riants et les plus tragiques. Par dessus tout, Lusa souhaite continuer à faire vivre la ferme de son mari et à conserver les gentils fantômes qui l'habitent. Garnett a pour voisine une vieille femme (de son âge) très dynamique. Tout est objet de querelle entre ces deux-là : les pesticides, les tortues, les petits canards, les shorts... Conversations acides et lettres amères que Nannie tente de modérer à coup de tourtes. Un roman de la nature, un peu long, à l'ambiance souvent pesante (genre soir d'orage) et aux développements assez lents. Moins d'ennui vers la page 150 mais rien de très étonnant non plus. Pour les romans qui jettent le lecteur dans la diversité du monde animal et végétal, je préfère mille fois les aventures d'un Jack London. Mais c'est un choix tout personnel.