lundi 31 janvier 2011

Le manifeste CHAP

...a été offert au colloc de l'Amoureux. Intriguée, j'ai découvert dans ce livre une étrange philosophie de vie. 
Sous-titré "savoir vivre révolutionnaire pour gentleman moderne" ce petit livre rouge est une ode au dandysme. L'homme cherche son bon plaisir, prône l'élégance, la courtoisie, boit du gin tonic, fume sa pipe et soigne sa moustache. Il déteste les téléphones portables, le travail et propose l'anarchie comme valeur. 
Décomposé en courts chapitres, ce livre inclassable de Vic Darkwood et Gustav Temple, s'arrête sur d'importantes notions : la politesse, l'hygiène, le tabac ou encore le tweed :) Très british, plein d'humour, ce truc bizarre est un ovni ! Il est abondamment illustré. Il oppose texto et poésie, rapporte les bienfaits de la bouillotte et de la robe de chambre, de la lecture et de la nicotine. Ce livre qui se veut à contre courant illustre une manière de vivre qui fait école outre Manche ! Un petit peu plus d'infos ici !

The Chap Magazine

dimanche 30 janvier 2011

Le roman de la rose

Découvrant que Fashion, Isil, Cryssilda et Yueyin organisaient un challenge rentrée littéraire 1220, j'ai immédiatement pensé au Roman de la rose que j'avais une folle envie de relire. Ce roman allégorique m'avait laissé une impression très forte mais un peu nébuleuse. Bref, il y avait des choses à tirer au clair !
Je me rappelais que ce roman était le fruit de deux auteurs. Et ça ne m'avait pas posé de problème à première lecture. Désormais, je peux l'avouer, je préfère mille fois la prose (en vrai les vers mais ma version est en prose) de Guillaume de Lorris. Dans cette courte première partie, les allégories sont douces, légères et belles. L'amant découvre la beauté de la rose et s'interroge sur les façons de la séduire, découvre les joies et souffrances de l'amour. Descriptions sensibles et délicates donnent un charme fou à ce moment.
Par contre, Jean de Meun arrive avec ses gros sabots et oublie la courtoisie, au coeur du propos de Guillaume. Il n'hésite pas à gauchir l'amant, à se moquer des femmes (surtout avec le discours intéressé de la vieille) et à pervertir la vision courtoise. On passe dans la satire, le bourgeois et le grossier. Les stades de l'amour sont décrits avec moins de finesse, l'amant est presque ridicule et l'assaut du château où la rose est cachée a des allures de film d'aventure !
Une lecture qui retrace avec poésie les moments de l'amour courtois mais n'hésite pas à lui porter quelques accrocs. 


samedi 29 janvier 2011

Intrigue à l'anglaise

J'ai poursuivi la connaissance de Péné avec le premier tome de ses aventures, trouvé en biblio et toujours introuvable chez moi. Fraichement sortie de l'INP, la jeune femme vient d'être nommée à Bayeux où la tapisserie est au centre de bien des enjeux. Loin d'être aussi reposant qu'elle l'imaginait, le musée est riche en évènements : la directrice du musée s'est fait agresser par deux fois, le directeur du Louvre confie une mission de confiance à Péné et une caisse d'objets prémptée pour le musée a été dérobée. 
Là dessous, il y a d'anciennes histoires de famille. Elles remontent à Guillaume le Conquérant et semblent pouvoir menacer la couronne d'Angleterre. D'ailleurs, à ce propos, lady Di et son amant viennent de mourir. Complot historique, faux et copies... Péné va avoir bien des fils à tirer pour dénouer le mystère de la tapisserie de Bayeux et surtout pour comprendre où est passée la partie manquante.
Une enquête amusante d'Adrien Goetz avec Wandrille en enquêteur et brodeur ! Plus sérieusement, je n'ai pas rencontré dans ce tome les problèmes stylistiques du précédent. Ouf !

vendredi 28 janvier 2011

Enchantement

Vous l'avez compris, les contes et moi c'est une histoire d'amour. Et quand un romancier utilise cette clef pour construire son roman, j'applaudis.


Ce livre de Card, c'est chez Fashion que je l'ai repéré. Son évocation d'une Belle au bois dormant m'a plu. C'est mon conte préféré !

Ivan est un jeune homme originaire d'Ukraine qui réalise sa thèse sur la littérature médiévale. Pour la conclure, il doit retourner dans un pays qu'il a fui enfant après avoir vu un spectacle extraordinaire : une jeune fille endormie dans la forêt, surveillée par quelque chose ou quelqu'un. Cette vision ne l'a jamais quitté et il décide d'en avoir le coeur net. Il rejoint la clairière de son enfance. Et le quelqu'un se révèle être un ours. Il vaint l'ours, promet d'épouser la princesse et... les difficultés commencent. Une cour médiévale, c'est franchement pas très agréable à vivre entre rustres et précheurs. Pourtant Ivan doit épouser la princesse afin de contrer le pouvoir de la sorcière, Baba Yaga.

Aventure entre deux époque, découverte et adaptation d'un homme à un milieu opposé au sien, l'analyse de ces phénomènes est bien évoquée, avec beaucoup de finesse psychologique. Le regard féerique et mythologique sur le monde, les traditions qui subsistent, le passage d'une époque à l'autre des contes font de ce roman une véritable réussite !

jeudi 27 janvier 2011

Intrigue à Versailles

Oui je sais, je n'ai pas commencé avec le bon tome d'Adrien Goetz. Mais Intrigue à l'anglaise était porté disparu à la maison. J'ai donc rencontré Pénélope et Wandrille avec le second poste de la conservatrice : Versailles.
Tout commence assez mal puisque dès les premiers jours on trouve respectivement un doigt fraichement coupé dans un meuble qui devrait être exposé outre Manche et un cadavre dans un bassin. Et ça ne s'arrange pas. Il semble y avoir des mouvements et des cérémonies inexpliqués à Versailles ces jours là et les jansénistes semblent de retour sur le devant de la scène pour couler le navire de leur plus grand ennemi, Louis XIV. Alors certes, des siècles après la mort du roi, la tentative semble risible. Et pourtant...
La conservatrice et son journaliste de chéri mènent l'enquête. Et prennent des risques pour sauver Versailles, vieille carlingue qui prend l'eau de toutes parts. 
J'ai aimé : l'évocation des trips des conservateurs (l'horreur du musée Adrien Dubouché, poste placard) et des concours. Peut être parce que j'étais en plein dedans et que ça m'a fait prendre un peu de recul : oui, il y a des dates que l'on retient sans faire attention tellement c'est automatique, oui le tour de France des petits musées est notre odyssée favorite, oui on sait bluffer quand on est devant un je-sais-tout. Bref, il y avait pas mal de vécu dans ce livre et c'était amusant. Par contre, le style était parfois presque limite. Des phrases à la mitraillette qui laissent parfois un doute sur leur origine : attends, c'est Péné qui parle, là ?
Mais sinon, un bon moment et une belle biblio à la fin pour les curieux.

mercredi 26 janvier 2011

Les petites filles modèles

La comtesse de Ségur est mise à l'honneur chez Pimprenelle. Voilà pourquoi j'ai replongé dans cette lecture enfantine ! 
J'ai relu un grand classique, voire même le titre auquel on pense lorsqu'il s'agit de la comtesse. Mon favori, plus petite, c'était les malheurs de Sophie. Mais impossible de remettre la main dessus. J'ai donc partagé le quotidien de Madeleine et Camille, les deux charmantes filles de Mme de Fleurville. Très vite, Marguerite de Rosbourg et sa maman viennent vivre avec elles. C'est étonnant de voir comment cette famille s'agrandit par agrégation de petites demoiselles. Sophie, la petite voisine, se retrouve logée aussi au château, délaissée par une belle mère qui la bat sans cesse. 
Tant de petites filles (moins de 10 ans) dans un même lieu, ça devrait faire beaucoup de bêtises. Eh bien Camille et Madeleine sont plutôt ennuyeuses. Elles ne se chamaillent jamais. Marguerite est un peu moins bien élevée et est plus sujette à la jalousie et au défi. Quant à Sophie, elle a beaucoup de défauts. Et heureusement, sinon, comme on s'ennuierait ! Par contre, dès qu'elle fait un faux pas, elle est punie, ou par le bon dieu, ou par elle même, ou par un adulte. Bref, c'est un peu trop moraliste et culpabilisant à mon gout !
Une lecture qui a ravivé de bons souvenirs (fillettes attachantes, aventures amusantes, belles actions, monde de bonté etc) mais qui m'a fait prendre conscience du poids du discours moralisateur qui ne m'avait pas marquée à 7 ans...


Et toujours les livres de ma maman, qui sentent un peu l'ancien et conservent leurs jolies illustrations !

mardi 25 janvier 2011

Mirror mirror

Maguire est un auteur que j'avais envie de lire depuis un bout de temps. Surtout après avoir vu des extraits de la comédie musicale Wicked, tirée d'un de ses romans. L'auteur semble être un spécialiste des exploitations et réécritures de contes, cela suffisait à en faire un homme fréquentable. 
Mirror Mirror est bien entendu une réécriture de Blanche-Neige. Brr, ma princesse la moins aimée chez Disney. Peut être parce que plus jeune on me comparait souvent à elle (le petit bandeau sur les cheveux bruns pas le fait de chanter avec les oiseaux et de faire le ménage pour une famille nombreuse). Ici, Bianca est une fillette attachante, qui grandit avec son père dans des terres isolées, quelque part en Italie. Tout bascule lorsque Cesar et Lucrèce Borgia s'arrêtent chez lui et lui confient une mission : aller chercher la plus belle relique de la chrétienté, les pommes du jardin d'Eden. Sommé d'obéir, Don Vicente ne peut se dérober. Il confie Bianca à Lucrèce qui devient vite jalouse du teint de porcelaine de notre fillette. 

Mais finalement, qu'est ce que ce miroir du titre ? Et à qui appartient-il ? Des êtres étranges semblent vouloir le reprendre car ses capacités sont plus que spéciales.
Ce livre est un conte. Un conte qui cherche à s'enraciner dans un espace historique. Un conte qui fait peur parfois, qui fait intervenir des forces inhumaines. Un conte à la manière du Livre des choses perdues qui est un véritable rite de passage. Un vrai coup de coeur, que je recommande à tous (s'il est traduit) ! 
Et pour ne rien gacher, le livre est un objet superbe, rouge avec un miroir central, encadré de créatures chimériques en ombres chinoises que l'on retrouve scandant les chapitres.

lundi 24 janvier 2011

Deux films...

Suite et fin de cette semaine Télérama. Billet express pour ceux qui voudraient profiter d'une séance ce soir ou demain.
Alors j'ai vu Tournée, film hautement recommandé ici et là. Je me suis ennuyée pendant deux heures. L'évocation de ces femmes qui dansent et font des effeuillages était intéressante. Après tout, le burlesque est à la mode. Eh bien Amalric a réussi à faire d'un sujet sympathique une histoire creuse de looser. Le héros est insupportable, détesté par tous et surtout par le spectateur. La vulgarité est reine. Franchement, je ne comprends pas ce qui a pu combler dans ce film. Seule l'affiche est finalement agréable à regarder. 

Et puis, dans un genre tout différent, Des hommes et des dieux était un régal. Ce film sur cette communauté de l'Atlas, qui vit avec les algériens, les fait vivre, les soigne. Cette communauté où chaque frère est tout de même une entité bien différente de son voisin avec ses doutes, ses capacités, son histoire. Ces paysages. Ces chants. La monté d'une tension. La fraternité, jusqu'au bout. Sublime ! 

dimanche 23 janvier 2011

Poetry

Quelle bonne idée que cette semaine Télérama au cinoche. Perso, ça me permet de voir ces films que j'ai raté pendant l'année.
Poetry est l'un d'eux. L'histoire de cette grand mère coréenne, qui se met à la poésie et qui tente de garder le cap dans sa vie quotidienne me tentait. Et elle est très attachante cette grand mère ! Ce film est d'ailleurs tout en poésie, en finesse. Même si les circonstances de la vie embrument bien souvent les jours de Mija, son regard sur le monde et son oubli progressif des mots ajoutent à la délicatesse de l'ensemble.
Et pourtant le contexte général n'est pas brillant. Une jeune fille s'est suicidée, le petit fils se comporte mal et l'argent est dur à trouver. Pourtant, Mija regarde les arbres, les fruits, les paysages. Elle fait attention à son apparence. Elle assiste aux cours de poésie, elle participe à des récitations et surtout, surtout cherche l'inspiration et le secret de la poésie. 
Magnifique mais un peu déprimant.

samedi 22 janvier 2011

Les expos au nord de Paris

Pas grand chose cet hiver. S'il fallait trouver un point commun aux deux expositions dont je vais vous parler, sachez que la femme pourrait en être un. 
Dans la première (qui est certainement proche de celle qui va ouvrir au musée du Luxembourg), la femme est souvent vicieuse. Cranach, dont le Louvre vient d'acquérir un bel exemplaire, est présenté à Bozar à Bruxelles. Cette exposition est essentiellement chronologique et n'apporte pas grand chose sur le fond. Par contre, les oeuvres rassemblées sont nombreuses et de qualité. Si l'expo se veut thématique : portraits, image de la femme, tableaux religieux, scènes de la vie courante, le propos annoncé était de lier cela au contexte européen. Mission que je trouve un peu laissée de coté dans les faits. Bref, c'est chouette à admirer mais la réflexion n'est pas menée jusqu'au bout.
A une toute autre époque appartient la seconde exposition que je vous conseille. A la Cité nature à Arras, sont exposés dessins et photos du voyageur Titouan Lamazou. Lorsque ses oeuvres avaient été présentées à Paris, au musée de l'homme, j'avais louppé le coche. J'ai donc été ravie d'apprendre que je pourrais voir l'homme et ses créations chez mes parents. L'expo propose de grands espaces dominés par une ou plusieurs photos que complètent quelques dessins et un texte sur les circonstances de la rencontre. Ce sont plus des tranches de vie dans ces portraits que de simples images. Et c'est très beau que celles-ci portent tant de beauté et de sens.

vendredi 21 janvier 2011

Pearls of wisdom

Et en Inde, il y a le moment où j'en avais un peu marre de Zweig, où j'avais envie de fantasy. J'ai déniché ce roman de Sonja Chandrachud chez un W.H.Smith et il était vivement conseillé par les libraires.
Et bien je ne comprends pas bien pourquoi.
En réalité, il n'y avait rien de bien fou dans ce roman. Et puis c'était un deuxième tome.
C'est une histoire avec des créatures de la nuit, des abysses et plein de bêtes infréquentables. On croise une famille de vampires, magiciens et voyants dont les parents Drunkula (haha) et Sinistra Von D'eth (haha encore) ont fort à faire. Leur fille ainée, Koral, est l’héroïne du récit. C'est elle qui est chargée de retrouver les perles de la sagesse qui constituent la marque de la royauté dans les océans. En gros, de vilains méchants dont une ex-gentille ont décidé de mettre le chaos sous l'eau et de détrôner la reine... le jour même de son couronnement.
Bref, c'est de l'aventure avec une atmosphère de fantasy (les perso) mais dont l'intrigue ne suffit pas à tenir en haleine. Ce qui est amusant par contre, ce sont les créatures en question, qui appartiennent aussi à la mythologie indienne (il y a des naga par exemple). Et l'auteur tente de faire de l'humour et des jeux de mots (cf. les noms des perso). Moyen bof !

jeudi 20 janvier 2011

Le jardin secret


C'est cette chère Casa (dont on regrette la longue hibernation) qui m'a fait noter ce titre. Et puis bon, c'était écrit par la créatrice de Princesse Sarah (tu es bien joliiie !) que j'avais dévoré (en livre et en dessin animé pendant ma lointaine enfance). Frances Hodgson Burnett nous campe une héroïne franchement moche, désagréable et tyrannique. Hélas, comme les mauvaises herbes sont les plus résistantes, elle est la seule à échapper à l'épidémie de choléra qui décime sa famille, expatriée en Inde.
Déjà, à ce niveau, je n'avais qu'une envie, gifler cette sale gosse ! 

Rapatriée en Angleterre auprès d'un oncle inconnu et monstrueux (solitaire, veuf, bossu, à moitié fou), notre petite Mary Lennox continue à faire sa tête de cochon. Une vraie princesse, une vraie râleuse, une fille puissance dix, en gros. 
Sauf que dans la grande maison de son oncle, les domestiques sont moins patients, moins dispo et moins tendance 'je m'écrase' qu'en Inde. Martha, charmante bonne pleine de vie, ne peut s'empêcher de charrier un peu cette gamine incapable de passer un vêtement sans aide. Elle l'encourage à jouer, à sortir, à profiter du jardin. Fameux jardin où Mary rencontre un jardinier aussi mal aimable qu'elle et un adorable rouge gorge. 

Si vous êtes allergiques aux jardins, ne lisez pas ce livre. Il foisonne de descriptions de plantes et fleurs, fait un panégyrique de la nature. Ah oui... J'oublie l'essentiel. Ce jardin secret. Figurez-vous qu'il existerait dans ce jardin un jardin privé, caché, fermé où personne n'a pénétré depuis 10 ans. Et s'il n'y avait que ça. Sachez aussi que la maison gémit. Et qu'elle est labyrinthique. Brr.
Bref, ce petit roman à un coté mystérieux, certainement angoissant pour un petit mais en même temps très bien pensant : ode à la nature, ode à l'Angleterre, merci Jésus et le progrès de la nature humaine...
Soit. 

Agréable à lire mais pas la révélation que j'attendais. Princesse Sarah est bien plus chouette dans mes souvenirs. 

mercredi 19 janvier 2011

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants

C'est l'un des livres que j'avais noté à la rentrée. Son titre me plaisait. Sa consécration par le Goncourt des lycéens a confirmé mon envie de le lire. Beaucoup d'attentes pour ce livre et je ne suis pas trop déçue. Je vous l'assure, c'est bon signe.

J'imagine que tout le monde sait vaguement de quoi il retourne. Bon je vous fais le pitch en bref : Michel Ange supporte mal que Jules II le néglige. Bajazet lui propose de faire un pont à Istanbul. Le sculpteur accepte. Il sort peu. Il prend la température de la ville de temps à autre mais préfère rester dans sa chambre, à dessiner. Il a deux interlocuteurs privilégiés, un poète qui l'aime secrètement, Mesihi, et son interprète, Manuel. Et viennent s'intercaler au récit de l'élaboration du pont (ou plutôt de la recherche d'une idée de pont car de pont lui même, il n'y en a pas) les pages amoureuses d'un être que je ne dévoilerai pas.

Courts chapitres, phrases sans longueurs mais petite langueur dans l'écriture, livre éclair. Vous ne perdrez pas beaucoup de temps à la lecture. Le style est aussi plaisant, ciselé, presque poétique parfois.

Hélas, les projections gâchent un peu tout. Après tout, c'est au lecteur d'imaginer les influences de ces rencontres, d'oser des parallèles avec les œuvres peintes ou sculptées. Quel dommage que cette liberté soit ôtée ! Et que le livre verse parfois dans une psychologie un peu légère sur l'homosexualité du maître. 


Sinon, belle description d'Istanbul et de ses plaisirs, de ses livres et de ses conteurs... Une petite envie d'exotisme à la lecture du roman de Mathias Enard.

mardi 18 janvier 2011

Les témoins de la mariée

Oui, ça cause beaucoup amour, mariage et tout et tout sur ce blog. Que voulez-vous, c'est un peu le sujet du moment. Et je ne vous raconte même pas la galère que c'est de trouver LA robe... Donc pour rester dans le thème, je lis mariage. 

Cette fois, c'est un roman de Van Cauwelaert qui comble mes angoisses avec une aventure un peu rocambolesque.

Marc et ses amis sont réunis pour un de ses repas dont ils ont l'habitude. Et Marc fait une déclaration fracassante pour un Don Juan, il va se marier. Dans trois jours. Avec une chinoise.
Sauf que dans la nuit qui suit son annonce, il meurt dans un accident de voiture. Sa fiancée est en chemin et il n'existe aucun moyen de la joindre. Les quatre amis inséparables de Marc décident de la mettre au parfum, puis de lui cacher la vérité. Commence un drôle de jeu avec pour but : gagner la chinoise et sauver sa peau.
Il faut dire qu'une fois Marc décédé, c'est son frère qui hérite de tout. Et qui compte bien chasser de ses entreprises les amis d'un frère haï. 
Ambiguïté, séduction amicale, bassesses, tout est permis pour envoûter la nouvelle venue qui sent le nuage. Mais qui manipule l'autre finalement ?

Une bonne lecture détente, assez captivante dans son scénario et qui permet de lire les évènements sous le regard successif de trois amis. 

lundi 17 janvier 2011

Passé sous silence

Sous un air de roman, Alice Ferney retrace un triste évènement de l'histoire de la république. C'est une histoire de deux caractères qui s'opposent, de la soif de pureté d'une âme exaltée, de deux terres qui se séparent dans l'horreur de la guerre civile.
La terre du sud et le vieux pays s'affrontent à travers des hommes. D'un coté ceux qui veulent rester, de l'autre ceux qui veulent leur indépendance. Et au Vieux pays, une majorité d'indifférents. La situation se détériore, s'enlise. De loin, un homme laisse faire le temps, il attend son heure, sûr d'être appelé. C'est Grandberger. Ambigu et fuyant, il intervient comme un sauveur et trahit les espoirs de ses concitoyens (Voilà pour les parties le déchirement et le malentendu). En parallèle, une deuxième voix, un deuxième regard : Donadieu. Pilote et ingénieur, l'homme a des valeurs qu'il place au dessus de tout : Dieu, la patrie, la famille.
Complètement désorienté par les actions et les compromis de Grandberger, il décide de le menacer et prépare un attentat. Puis il est jugé (Conjuration et simulacre).
Ce roman est assez différent de ceux que je connaissais d'Alice Ferney. Il est un peu historique, un peu politique. Mais en même temps, il ne cite ni sources ni noms. Le narrateur inconnu tutoie et interpelle Donadieu mais reste extérieur à Grandberger. Absolument loin d'être neutre, le roman désigne clairement la victime. Bref, cette vision de l'attentat du Petit Clamart se veut partisane, romancée. Elle change des histoires de femmes même si les sages épouses apparaissent auprès de leurs époux.

dimanche 16 janvier 2011

Raiponce

... lance ta chevelure !
Une héroïne qui vit dans quelques mètres carrés depuis sa naissance. Une belle sorcière qui soigne sa source de jouvence. Un brigand qui se la pète. Un caméléon trop mignon... Voilà les ingrédients principaux du dernier Disney.
Pour pimenter le tout, faites grandir la jeune fille en lui interdisant ce qu'elle désire le plus, laissez un peu faire le hasard et les chansons niaises... Et paf, vous avez un film d'aventure, une histoire d'amour pleine d'humour, un royaume onirique.
Que vous dire du dernier dessin animé sinon qu'il m'a terriblement plu, que l'héroïne a un coté schizo un peu flippant, que le héros est assez beau garçon et que le temps file à toute allure dans les Disney. Bon, pour les paroles des chansons, ça passe toujours mieux en VO qu'en VF, je vous aurai prévenus. 

samedi 15 janvier 2011

Rattrapage ou toutes les expos parisiennes vues cet hiver

J'ai un retard de folie du coté de mes billets 'parisiens'. Je préfère donc vous faire une petite synthèse de mes dernières visites avant qu'il ne soit trop tard.
D'or et de feu : L'exposition du musée de Cluny réunissait de magnifiques exemples de sculptures flamboyantes. Originaires de l'Europe de l'est, les retables présentés brillaient de mille feux. Quelques ostensoirs un tantinet trop chargés complétaient ce panorama de la Slovaquie renaissance. Une expo dont j'avais admiré les oeuvres mais regretté l'absence de mise en contexte détaillée.

Non loin de là, au Louvre... Le 18e est à l'honneur ! Outre les musées de papier, le vrai musée, celui du Louvre justement, est raconté. Une exposition sur l'architecture du lieu entre Révolution et Empire exprime bien les usages du lieu, son évolution de squat à musée. 
Et puis on peut encore voir ce qu'évoque l'Antiquité pour le siècle des Lumières. Accueillis par Boucher, le propos se développe jusqu'à la rupture ou continuité du Romantisme et se clôt (à nouveau) sur le néo classicisme. Outre la très belle qualité des oeuvres présentées, le parcours est assez clair et, si quelques passages sont un peu artificiels, l'ensemble est poussé par un bel élan.  
Enfin, vous savez que le Louvre accueille régulièrement des artistes contemporains. Contrepoint Russe faisait la part belle à plusieurs artistes. Il s'agissait de montrer les oeuvres politiques, humoristiques, architecturales et utopistes d'un pays. C'était assez mélangé mais marquant.

Pour rester sur le thème russe (année de la Russie oblige), on pouvait aussi aller prendre l'air au musée de la vie romantique. L'art russe romantique y était assez ennuyeux, se rengorgeant de paysages clichés, de scènes d'intérieur ultra précises et de portraits sans qualité. Bref, une sortie très décevante.

Galerie Colbert, les fêtes et fastes du 17e étaient présentés à travers dessins et gravures des architectures éphémères qui transformaient Paris et ses monuments lors des célébrations royales. Étonnant et superbe !

En face, à la BNF, ce sont les débuts de la photographie qui occupent les murs avec une mise en lumière d'une technique éphémère : le callotype. Tous les genres sont abordés, professionnels et amateurs se partagent les cimaises pour faire le point sur l'apport de ce matériau.

A quelques minutes de marche, au centre Georges Pompidou, on croisait des voitures en kit, des déchets dans de la résine et des meubles calcinés. Arman, dont les héritiers ont d'ailleurs beaucoup fait parler d'eux, était décortiqué, à son tour. Ses différentes périodes examinées. Mais ça me fait toujours mal de le voir désosser un instrument de musique, déglinguer un piano ou scier un violon... Brr

Avant de retourner rive gauche, un détour par le Grand Palais. Alors, ce fameux Monet ? Encore une fois, et ça devient habituel, n'y allez pas pour l'aspect scientifique. Le sujet touche à la rétrospective pure et simple, sans trop de mise en perspective. Par contre, c'est visuellement très plaisant de comparer des oeuvres d'une même période sans avoir à traverser l'atlantique et à utiliser la reproduction. Bon, bien sûr, il faut pouvoir faire abstraction de la foule ou visiter en période creuse (si cela existe).
Tout au contraire, France 1500 avait le mérite de présenter un embryon de réflexion sur la notion de Renaissance, sur les inspirations médiévales et antiques qui se retrouvent sur une même oeuvre, bref sur le fait que la Renaissance n'est pas née toute armée. La première partie, dense, sur les arts dans les différentes provinces de France est aussi un régal. Que de différences pour un même territoire !

Presque en face du Grand Palais, Branly et Orsay. A Orsay, le cher Gérome est l'objet d'une rétrospective en forme de questionnement : était-il si ringard d'être ultra naturaliste et précis à l'époque de Monet ? Cet académique n'était-il pas lui aussi révolutionnaire ? Et l'expo répond plutôt bien à la question et aux attentes du visiteurs. Si on se croit parfois dans un musée du kitsch, on ne peut s'empêcher d'être fasciné par ces images si bien léchées, d'une précision photographique et d'une invention remarquable. La corinthienne et la Tanagra sont épatantes ! 

Et à Branly, on restait dans le kitsch avec l'expo Baba Bling. Les riches immigrés installés à Singapour ont créé une culture et une décoration tout à fait à part. Si vous aimez le rose, les perles, les intérieurs chargés, cette expo est pour vous ! Sans rire, elle est plutôt bien pensée et muséographiquement réussie. 

On est aussi un peu dans le kitsch ou du moins dans l'ostentation avec les objets de la collection Médicis à Maillol. On admire la constitution d'une collection unique et son rôle dans une politique familiale. On regrette toutefois des salles trop peu liées entre elles, qui scandent des noms et des périodes qui se suivent sans faire corps. Et il vaut mieux ne pas être allé à Florence récemment car la majorité des oeuvres présentées en proviennent. 

vendredi 14 janvier 2011

Les enfants de l'aube

Merci à audiolib pour ce joli roman. Et désolée pour ce retard dans son écoute et dans sa critique : le pauvre petit était bloqué à Roissy dans ma valise indienne qui n'est revenue que récemment (avec tous les cadeaux de Noël des uns et des autres mais c'est un autre problème).
Le second souci a été de l'écouter... mon lecteur CD de voiture a dû rendre l'âme car pas moyen d'en tirer un son. Bref, l'écoute s'est finalement faite sur mon portable puis sur mon ipod, comme une pause musicale ou pendant des déplacements. Passées ces premières difficultés, l'écoute s'est révélée agréable. PPDA est un bon conteur.
De quoi cela parle-t-il ? 
D'un amour tragique à la Tristan et Yseult. Tristan justement est un garçon de faible constitution. Son séjour dans un sanatorium lui permet de rencontrer Camille qui devient l'amour de sa vie. Le voyeur, celui qui nous rapporte cette histoire, c'est Alexis. Et je ne vous dirai pas de qui il s'agit.
Découpée en saisons, cette histoire d'amour, pleine de passion, de pureté, de jalousie a finalement la brièveté des drames. Je n'ai pas été touchée plus que cela par cette histoire. J'ai trouvé cela très extrême, très adolescent, mais pas si révolté que cela pour autant. 
Bref, ce ne sera pas mon PPDA favori. Et l'expérience de la lecture audio est sympathique mais laisse plus de part à la distraction ou au sommeil. Je ne suis donc qu'à demi convaincue pour un usage en transports en commun mais le favoriserai si mon lecteur CD de voiture est réparable !

lundi 10 janvier 2011

Prunelle

La fille du cyclope, c'est Prunelle. Née de Melpomène, muse de la tragédie complètement fofolle et starlette, et d'Argès, forgeur d'éclairs, Prunelle rentre à l'école. Ses amis de l'Olympe, Héraclès et le minotaure, sont plutôt remuants. Lorsqu'ils jouent avec les éclairs de Zeus, c'est un peu mal pris !
 (DR)
Ils vont donc devoir remplir une mission à savoir trois quêtes pour regagner les faveurs de dieux. Le petit groupe va donc parcourir la Grèce antique et mythologique et croiser des créatures et des divinités plus ou moins recommandables ! La perfide Héra ne manquera pas de leur mettre des batons dans les roues, soyez en assurés !
Dessinés par Cedric Kernel, les créatures mythologiques et les héros ont une bouille plus que sympathique, qui m'a rappelé certains dessins de Sfar. On est toutefois dans une gamme plus pastelle et plus enfantine. Quant au scénario de Vicky Portail Kernel, il reprend le thème de la quête héroïque mais l'adapte à un large public notamment adolescent. Plein d'humour, de clins d'oeils et de décors magnifiques, cette BD m'a réellement fait passer un bon moment. Et je ne doute pas qu'elle puisse être une bonne entrée dans une mythologie grecque foisonnante ! Bref, je recommande absolument et je remercie mille fois les éditions Ankama pour ce très beau livre.

samedi 8 janvier 2011

Les soliloques de Mariette

Vous connaissez mon amour pour Belle du seigneur. L'Amoureux également. Alors quand il a appris qu'une pièce en était tirée, il n'a guère hésité à prendre des places. 
Nous voilà arrivés dans le théâtre du Petit Montparnasse, près de la scène. Celle-ci n'est pas très chargée : des tables, des chaises, quelques objets utilitaires. Nous sommes dans la cuisine de Mariette. Mais qui est Mariette ? Vous rappelez-vous de ces chapitres mythiques du roman de Cohen, sans ponctuation aucune, où les expressions ont un air champêtre et où l'oralité est reine ? Voilà Mariette, bonne dans la maison d'Ariane. Mère adoptive presque, puisqu'elle l'a vue grandir. 
Et au théâtre, qu'est-ce que ça donne ? Et bien c'est une réussite ! L'actrice, seule, nous conte les aventures d'Ariane et les siennes pendant une bonne heure et demi, sans nous lasser. Elle est à la fois poétique et vulgaire (de vulgus) cette langue de Mariette, elle en devient drôle et c'est un plaisir de finesse et de jeux sur les mots. Mariette peut aussi chanter. Des vieux tubes des années 40. Et elle le fait bien. Mais surtout, elle porte sur Ariane ce regard tendre et soucieux, protecteur et jaloux d'une vieille parente. Tout en astiquant l'argenterie, elle campe les héros et les croque sans concession. 
Une pièce que je vous invite à aller voir si vous le pouvez, plus à Paris puisque c'est hélas terminé... Une pièce qui donne envie de lire et relire le chef-d'oeuvre de Cohen !

vendredi 7 janvier 2011

La carte et le territoire

Voilà des mois que j'ai lu ce roman, avant qu'il ne gagne le Goncourt... Et puis je n'ai jamais pris le temps de faire un billet. J'avais l'impression que ce prix n'était qu'un prétexte, que ce roman n'était qu'un pale reflet des précédents Houellebecq. Bref, je n'ai pas trouvé grand intérêt à relater cette lecture. Et puis finalement après quelques débats avec des amis, je me suis dit qu'il serait sympathique d'en parler.
Pourquoi ? Mais parce que la vision de l'avenir de la France selon Houellebecq vaut à elle seule la lecture. Pour le reste, ce roman n'a rien d'exceptionnel. Il se lit facilement, comme souvent, mais est bien moins corrosif que les précédents. Heureusement, on garde une bonne dose d'humour et de second degrés.  
Le personnage principal, Jed Martin, est un artiste un peu étrange, un humain hors du monde, un collectionneur... Lorsqu'il se lance dans un sujet, il l'exploite à fond avant de connaitre un long moment de vide. Après la photographie, il revient à l'huile puis aborde la vidéo. C'est aussi un artiste dans le temps, un contemporain de Koons. Un ami de Houellebecq, personnage solitaire, misanthrope et alcoolique. Lequel est assassiné, lequel est enterré. C'est assez malsain quand on lit l'état dans lequel le cadavre est découvert. Et l'enquête qui fait suite. Brr, j'en ai froid dans le dos à l'évoquer. 
Bref, c'est un roman contemporain dans lequel on croise pas mal de people. Un roman de notre société : argent, mal être, ultra consumérisme, on garde tous les thèmes chers à l'écrivain. On zappe un peu le sexe cette fois et c'est tant mieux. Et puis l'on voit éclore une France de la carte postale, des villages typiques, des traditions adorables, de la gastronomie, une France dont tous les éléments auraient été labellisés par l'UNESCO, qui ne pourrait plus évoluer mais ne vivrait que de la vente des souvenirs aux touristes. Assez frappant ! Une France pour les Américains et les Chinois. 
Bref, cette lecture n'est pas la meilleure de la rentrée littéraire. Ni le meilleur des Goncourt.


jeudi 6 janvier 2011

L’atelier rouge

Sylvia Tabet réunit dans ce très beau livre édité par les Editions-dialogues (que je remercie vivement) trois êtres chers à mon cœur : Gary comme spectateur narrateur, Rothko comme fraîchement suicidé et Stael dans l’attente de ce dernier.

Entre Rothko et Stael s’engage alors un dialogue, un règlement de comptes qui se mue en discussion puis en confidences. C'est Gary l'indiscret, le voyeur, le fictif, puisque lui est censé être toujours vivant. A moins que ce ne soient les peintres... Bref, on baigne dans un huis clos artistique qui mêle joyeusement fiction et réalité, biographie et imaginaire

Univers de désespérés (tous se sont suicidés, même si le doute subsiste pour Staël), d'exilés, de perfectionnistes, d'hommes hypersensibles, de philosophes. Personnages en quête, malgré la mort.

Ce qui est fascinant dans ce livre, c'est la facilité avec laquelle se construit le discours. Ce dialogue presque théâtral entre les peintres, espionnés par Gary à qui cela donne aussi du grain à moudre, glisse irrémédiablement du général à l'intime. Suite à une discussion sur les influences, les peintres reviennent à leur formation et à leur culture, leur histoire initiale, presque commune tant elle est proche. D'une description de tableau, on s'attache à parler de vie et de mort. Et tout est très fluide, aucun sujet ne semble prétexte, c'est véritablement un dialogue avec ses coq à l'âne et ses idées poursuivies jusqu'au bout. Il n'y a rien de posé, tout est naturel et j'avoue que c'est un véritable tour de force dans une situation comme celle-ci : tout est fictif mais rien n'est plus évident que ce trio ! Bravo !

Et les dernières pages sur la création de ce roman sont véritablement éclairantes et donnent envie de lire sur le sujet.


Thomas Drimm : La guerre des arbres commence le 13

Merci aux éditions Albin Michel pour cette suite très attendue des aventures de Thomas Drimm
Je ne sais pas si vous vous rappelez de la terrible fin du précédent tome mais ça donnait franchement envie de lire la suite. Le monde était dans de sales draps, c'est le moins qu'on puisse dire. Et ça ne va pas en s'arrangeant dans ce tome ! 

Thomas a repris une vie normale. Sauf qu'une nouvelle menace plane sur les Etats Uniques : une guerre végétale. Les arbres semblent vouloir éradiquer les humains, surtout les jeunes d'ailleurs. Lesquels sont colonisés par une sève toxique... Jennifer la première !
Thomas trouve ça louche, bien entendu. Et nous aussi. Et puis il se passe des trucs pas nets entre son père, Brenda, Lily... Bref, il y a encore anguille sous roche et il n'est pas dit que les choix a priori justes mènent à des résultats bénéfiques. Le coté jeu de hasard est encore bien prononcé. Le passé est aussi entièrement recomposé. Il n'y a aucun repère fiable pour Thomas et ses choix semblent de plus en plus aléatoires tout comme le déroulement de l'histoire... qui se perd un peu dans des errances que je comprends mal. J'imagine que cela servira le tome suivant...
Point positif : le coté écolo permet des références aux textes antiques et ça, c'est toujours un plus pour moi.

Vous l'avez compris, ce tome m'a moins emballée que le précédent et je me demande ce que Mr Van Cauwelaert va nous sortir de son chapeau pour la suite !


mercredi 5 janvier 2011

Au bord de la tombe

Sous titré "Chasseuse de la nuit-tome 1", ce roman de Jeaniene Frost avait tout pour m'inquiéter : une couverture racoleuse, un titre vampiresque et une quatrième de couv' un peu clichée. Ensuite, dès les premiers dialogues, j'ai su que j'allais le finir par curiosité plus que par intérêt ou goût particulier. 
Cat est une mutante. Elle est née d'une humaine violée par un vampire. Son occupation favorite ? Draguer en boite et occire les vampires qui, naïvement, la suivent. Il faut dire qu'elle voue une haine implacable aux créatures de la nuit. Sa maman a bien réussi en terme de persuasion. 
Bien entendu, elle tombe un jour sur un os (haha, c'est hilarant !). Bones, le bien nommé, la séquestre et tente de lui soutirer des infos. Il imagine qu'elle bosse pour un groupe opposé au sien. Quand il découvre qu'ils peuvent faire cause commune, il l’entraîne (endurance, combats, drague, putasserie), la forme et la transforme. Et elle devient un délicieux mais dangereux appas. 
Bien sûr, et je ne pense pas qu'il s'agisse d'un spoiler, l'ambiance est électrique entre le vampire ultra sexy et la mutante supra mignonne qui s'ignore.
Une histoire que j'aurais adoré ado mais dont le style et le scénario ont eu du mal à me tenir en haleine. Dommage !

mardi 4 janvier 2011

The social network


De temps à autre, il m’arrive de tomber sur un film que mes amis, la presse, tout le monde en fait, trouvera objectivement bien, mais qui aura un effet tout à fait différent sur moi. Je n’ai pas réellement su trouver de mot pour décrire ce phénomène, mais j’espère que vous verrez de quoi je parle.
Tout cela pour vous dire que the social network a été un réel raz-de-marée pour moi !
Mais parlons un peu de l’histoire, avant tout. Mark Zuckerberg, vous connaissez ? C’est le fondateur de facebook : un développeur de génie, doté de la dose suffisante d’ambition et de clairvoyance pour que le succès lui sourie. Loin d’être une simple biographie du personnage, the social network retrace la genèse du site web qu’il va créer, sur lequel nous passons tant d’heures et qui a radicalement changé nos habitudes, notre façon d’interagir ou de penser…
Tout commence à Harvard, en 2003 : Mark veut impressionner, faire un coup d’éclat, après s’être fait larguer par une fille bien, pour de bonnes raisons mais sans qu’il ne comprend pas lui-même. Le soir même, il crée facemash, un site web ô combien pendable qui permet aux étudiants de noter les filles d’Harvard à leur photo de trombino. Facebook viendra plus tard, mais la messe est dite, tout ou presque est en place. L’une des plus grosses révolutions de la décennie va avoir lieu, parce qu’un génie mal dégrossi mais pas méchant s’est fait plaquer par sa copine.
A partir de là, on suit l’odyssée, la montée inexorable de Mark, avec toutes les difficultés, tous les coups bas, les éclats de rire et les sanglots que ce voyage va engendrer. Mais au fil de l’aventure, on sent que le héros se retrouve de plus en plus seul, en haut de sa pyramide. Ce que le réalisateur nous montre, c’est le côté humain, douloureux de ce voyage solitaire. Que ces visionnaires, ces destins hors du commun ne naissent pas d’eux-mêmes, mais des mêmes raisons qui nous font prendre les décisions qui nous animent tous les jours. Peut-être envie-t-on les milliards ou le statut de Mark Zuckerberg : loin de l’ériger au range de divinité ou de le peindre en démon, ce fil nous rappelle qu’il est, avant tout, un homme.
The social network est, je pense, objectivement un bon film. L’acteur principal est excellent dans son rôle d’anti-héros, et Mark Flincher a gagné sa place dans mon cœur en signant ce film humain, émouvant, un peu effrayant au final… Et le pari était risqué : tout le monde connaît plus ou moins facebook, et faire un si grand film de cette non-intrigue est un exploit. Pour moi, the social network restera un OVNI hollywoodien, un film qui raconte de façon très terre à terre, presque trop, une histoire qui en aurait fait rêver plus d’un…

Achille au pied léger

Stefano Benni m’était entièrement inconnu. Il semble pourtant avoir un certain succès en Italie. Mais ce n’est pas pour l’auteur que j’ai choisi le livre, c’est pour le titre et la couverture, étonnante…


Le héros, c’est Ulysse. Il y a aussi Pénélope-Pilar, Achille, Vulcano des éditions des forges, Phébus et j’en passe. Sous ces noms antiques, des personnages entre mythologie et réalité, science fiction et normalité. Bon, l’univers est complètement déconnant, à la Boris Vian. Les choses normales prennent des noms improbables : scriptodale pour les manuscrits, les véhicules frayent avec chenilles et dragons. Bref, la réalité est distordue. C’est assez bizarre et j’ai eu beaucoup de mal à m’y habituer (si toutefois j’y suis parvenue).

Quant à l’histoire, elle est aussi étrange. Elle est assez simple en soi et traite de soucis de nos jours : le chômage, l’insomnie, le combat des maisons d’édition, les manifestations, le handicap, etc. Ce qui change tout, c’est quand Ulysse reçoit un mot d’Achille et qu’il tache d’en faire son ami. Je ne décrirais pas le cas médical et social d’Achille mais il est tout simplement hideux et malade. Mais il a une plume d’or, ce à quoi un éditeur et écrivain comme Ulysse ne peut rester indifférent.

Histoire sur l’écriture, les écrivains, les transformations d’un monde pré ou post apocalyptique (proche du notre, il faut le dire), ce petit roman a des cotés très étonnants et d’autres complètement fascinants mais aussi inquiétants. Une lecture hors du commun, qui ne ressemble à aucune autre, mais n’est pas pour autant indispensable. Faut aimer le genre, quoi ! Moi, je reste partagée.

Concours : le résultat !

Bonjour à tous ! 
Merci pour votre participation à mon concours d'anniversaire. Voici les lauréats désignés par la fonction ALEA d'excel :)
Sous vos applaudissements :

Félicitations à Ame(thyst) qui a gagné un livre !

Bravo aussi à Joëlle et Kathel qui ont gagné un petit souvenir indien !

N'oubliez pas de m'envoyer vos adresses.

Et pour tous les participants, quelques images de mon voyage.

lundi 3 janvier 2011

Les bonnes manières


Sous-titré « l’art du chic selon Lady Cartland », ce livre est un véritable manuel. Tout y est décrit pour qu’en toutes circonstances, vous ne fassiez pas de faux pas.

J’adore les manuels de bonnes manières, je trouve cela toujours délicieusement désuet et en même temps fort utile. Souvenez-vous de la charmante Suzette ou de ce manuel. Ce livre-ci date des années soixante et le ton comme le contenu sont effectivement datés. Si beaucoup de principes sont toujours en usage, il est bien rare que la mise à disposition du papier à lettre soit votre première préoccupation lorsque vous recevez quelqu’un pour quelques jours. De plus, si vous êtes français, il y a peu de chance pour que vous invitiez la famille royale britannique à votre réception. Bref, c’est aussi délicieusement décalé et plaisamment british. Vintage en fait ! Et si c’est vintage, c’est mode ! La politesse, la courtoisie et les bonnes manières, c’est tout à fait dans l’air du temps, vous savez. Il existe même des cours ! Pour moi, c’est tout de même le rôle des parents tout ça... mais depuis 68, tout part à vau l’eau mes petits chats ;) !

Et bien entendu, l’ensemble est retro jusqu’au bout : une femme ne doit pas travailler si cela doit nuire à sa vie de famille. Je conçois que cela choque aujourd’hui, même si cela était plus naturel dans les milieux bourgeois d’il y a cinquante ans. Ce qui m’inquiète plus, c’est que certain(e)s pensent toujours ainsi, et pourtant pas les plus idiots ou les plus tradi…
Trèves de divagations ! Le contenu en lui-même est varié. Les situations les plus diverses sont envisagées (à la maison, au théâtre, chez des amis, en famille, entre époux…) et toujours avec calme et sobriété. A retenir : soyez naturel(le)s et ne vous faites pas remarquer. Et évitez de la jouer gros lourd, Monsieur ! ou hystérique chiante, Madame !

Petit bonus : l’apparence du livre. Il est cartonné, deux demoiselles très « Sandy dans Grease » illustrent la couverture et de charmants dessins agrémentent la lecture. Si cela ne m’a pas spécialement donné envie de lire les romans de l’auteur, cela a confirmé mon amour pour ces petits manuels surannés, un peu rose pastel, un peu boudoir, un peu douceur feutrée ! Merci à Livraddict et à J’ai lu pour ce partenariat et bravo pour cette bonne idée de la réédition !


Ce livre voyage ! Inscriptions en commentaire ou en MP :)
Avant de passer chez Liliba, ce livre passe chez Fanny.

dimanche 2 janvier 2011

No problem !

Durant notre voyage en Inde, l’amoureux et moi avons eu l’occasion d’aller au cinéma à Jaipur et de découvrir ainsi le mythique Raj Mandir !
La comédie qui passait ce soir-là reste encore une énigme pour nous… Ne pratiquant pas l’hindi couramment, nous avons du nous contenter de quelques « please », « sorry » et « oh god ! » parsemés dans les dialogues en langue locale.
Nous avons été à la fois surpris par les réactions de certains personnages, en particulier une épouse charmante qui semble avoir des crises de folie durant lesquelles elle cherche à tout prix à assassiner son mari (nous avons assimilé ceci à de la jalousie). Le tape-à-l’œil  comme preuve de richesse était aussi assez étonnant : rassembler des blanches en mini-short et bikini semble être un but à accomplir, à tel point qu’on se croirait par moments dans un clip de rap américain…  En fait, la vulgarité était assez présente dans tout le film.
La première scène d’action caricaturait malgré elle de façon hilarante n’importe quel James Bond ou Mission Impossible : on découvrait là un gang de 6 voleurs à la recherche de diamants. Ces types-là tuent n’importe qui en un seul coup, ils ont bien sûr avec eux une bombe super sexy en cuir ou en mini-jupe, et même un gars qui peut électrocuter par un simple contact de la main !
La deuxième équipe est constituée de deux ou trois personnes (leur « boss » semble osciller entre soutien et trahison…) Ceux-là sont plutôt des amateurs : le premier est le blagueur et la tête pensante, le second le charmeur. C’est d’ailleurs lui qui va tomber amoureux d’une jolie fille apparentée à un inspecteur de police…
C’est à peu près là, après 1h20 que nous avons perdu le fil de l’histoire… Sans avoir tout compris au scénario, nous avons passé un super moment. D’une part parce que le public indien ne cesse d’applaudir, de siffler ou de rire à l’apparition des personnages. Ensuite grâce aux trois scènes de danse façon Bollywood… Et enfin parce que nous avons beaucoup ri à certains excès dans les mises en scène, ou dans la façon de filmer.