lundi 31 décembre 2007

Heureuse année 2008


Bonne année à tous !
Je pars rejoindre des amis à la montagne pour réveillonner (et skier si possible).
Je ne serai pas de retour avant dimanche alors meilleurs voeux à tous :)

Le monde du fleuve

...est un roman de SF de Farmer que l'on m'a conseillé au diner livres échanges. Le héros en est le célèbre aventurier Richard Burton qui est bien étonné de ressuciter sur les bords d'un long fleuve en compagnie de la totalité des êtres humains ayant peuplé la terre. Des mini communautés s'organisent et réapprennent l'usage du silex. Or, ce monde n'est pas la terre : pour se nourir, les hommes déposent leur "graal" (sorte de petit conteneur) dans des tables de pierre et obtiennent ainsi de quoi manger, fumer, boire et "rêver"... Cela pourrait être idyllique si ce n'était ennuyeux et si les hommes ne se battaient pas pour leurs territoires, ne tentaient de soumettre les autres ou de découvrir la raison et les acteurs de cette nouvelle vie. Burton se lance à la recherche des sources du fleuve avec sa fine équipe qui comporte, entre autres, Alice (qui inspira L. Carrol) comme une Néandertalien ou un extraterrestre... Aventure assez palpitante. Il me tarde de découvrir la suite !


vendredi 28 décembre 2007

Libellés

Petits travaux ici pour un peu plus de détails dans les genres des lectures... "mauvais genre" n'est pas une appréciation mais contient les genres mal considérés comme SF et polars. Le reste du tri est géographique (plus ou moins).

Le guide galactique

Ce roman de Douglas Adams est le premier tome de la saga H2G2. Voilà de la SF qui fait rire à chaque ligne et qui joue sur l'improbabilité des événements.

Arthur Accroc vient de voir sa maison se faire démolir quand, quelques minutes plus tard, c'est la terre qui est rasée. Dans les deux cas, celles-ci se trouvaient sur le chemin d'une autoroute. Heureusement pour Arthur, il est accompagné de Ford Escort, citoyen de Betelgeuse et rédacteur du guide galactique. Les voilà donc à bord d'un vaisseau qui les a pris en stop, puis d'un second vaisseau tout à fait fou avec un générateur d'improbabilité. Enfin, ils d'atterrissent sur Mégrathmoilà, planète dévolue à la création de planètes sur mesure.

Aventure délicieusement drôle, le guide galactique m'a donné envie de lire la suite et de découvrir le vaste univers.
Et si certains se posent encore la question : la réponse est 42.

jeudi 27 décembre 2007

Le périple de Baldassare

Ce roman d'Amin Maalouf constituait le dernier titre à lire de mon challenge ABC 2007. Autant le dire tout de suite, je termine sur une note agréable et j'ai bien envie de recommencer un petit challenge pour 2008. La liste en est encore incomplète mais elle sera essentiellement constituée de livres de ma PAL. Concernant le challenge, je suis contente d'y avoir participé parce que 1) ça a (un peu) dépoussiéré ma PAL 2) j'ai découvert les livres de 26 auteurs que je n'avais jamais lus 3) je relirai volontiers Asimov, Berberova, Christensen, Duby, Kipling, Maalouf, Nodier, Osorio, Steinbeck et Tunstrom 4) je donnerai certainement une deuxième chance à Etxebarria, Gracq, Huston, Irving, Vallès et Wharton.

Pour en revenir à ma dernière lecture, Baldassare est un marchand installé en Orient. Peu avant l'année 1666, il part avec ses neveux à la recherche d'un livre mystérieux qui lui permettrait d'échapper à la destruction universelle prévue en cette "année de la bête". Son voyage à Constantinople lui réserve cependant bien des surprises : celles de l'amour et de ses illusions, celles des poursuites, des traitres et des faux prophètes mais aussi des rencontres et des amitiés, des hommes généreux et justes. L'année 1666 va le voir naviguer, marcher, s'enfuir, parcourir les contrées fabuleuses de Smyrne et de Constantinople, passer par Gènes, sa patrie d'origine, visiter Londres, mettre un pied à Lisbonne ou à Amsterdam. Se confiant dans quatre cahier successifs, Baldassare s'interroge sur sa foi et sur les excès qu'il observe. Un roman historique très sympathique.

dimanche 23 décembre 2007

Casse-Noisette


...est certainement l'un des plus beaux ballets que j'aie vus. La scène de l'opéra Bastille accueillait des décors époustouflants, un corps de ballet brillant et scintillant qui enchantait, une ambiance onirique se dégageait.
A Noël, la jeune Clara reçoit un pantin, Casse-Noisette qui l'emmène dans un monde merveilleux, peuplé de jolis flocons, de rats et de chauve-souris menaçants, de danseurs de tous horizons. Clara tourbillonne dans le bal avant de s'éveiller et de serrer son joujou dans ses bras.

Education européenne

Romain Gary est décidément un auteur que j'aime et dont je ne me lasse pas. Après son style "Ajar", j'ai eu envie de retrouver le Gary de la guerre et de la résistance. L'intrigue de ce roman se déroule en Pologne entre 1942 et la libération. Janek est un enfant laissé dans une cachette au coeur de la forêt. Son père lui ordonne de s'y dissimuler jusqu'à la chute des Allemands. Mais la forêt est peuplée de maquisards qui ne tardent pas à intégrer Janek dans leur actions. Description des horreurs de la guerre et de la bassesse des hommes, ce livre montre aussi la beauté de la liberté et la grandeur des amitiés, des idées, des relations humaines... Janek va croiser Zosia et découvrir l'amour, Dobranski qui écrit des contes patriotiques, la musique qui émerveille son coeur...
Un roman initiatique où il neige magnifiquement.

Expo parisiennes


Encore une semaine chargée pour ne pas rater toutes les expositions qui terminent début janvier. Biedermeier au Louvre : petite expo de design viennois des années 1830, sympathique mais pas indispensable qui regroupe de jolis meubles et quelques objets.




Le royaume de Bénin au quai Branly nous dévoile les productions artistiques de cet empire qui règne essentiellement entre les XIIIe et XVIIIe siècles. Des oeuvres très sympathique mais des explications très restreintes.



Huysmans au musée Gustave Moreau n'est pas vraiment une expo intéressante. Elle se contente de mettre en parallèle les applaudissements ou les critiques du romancier devant les oeuvres de Moreau et cela est pretexte à montrer quelques dessins. Par contre, il faut y aller pour les peintures de Moreau, dans le simple cadre de cette maison-musée parce qu'elles sont à la fois oniriques et inquiétantes, fascinantes et effrayantes.

Secret de famille

Avant dernier livre de mon challenge ABC. Peut-être parviendrais-je à voir le bout de cette petite liste ?! Ce roman d'Irène Frain n'est pas tout à fait dans mes goûts littéraires mais je me suis laissée prendre au jeu de cette famille. Le pilier de cette histoire est Marthe Monsacré, maîtresse de Rodolphe mais femme d'Hugo, les deux frères aux regards si différents. Marthe est issue de rien et se batit un empire de terres et de moulins à force d'exigence et de rigueur. Femme silencieuse, elle est haïe de ses concitoyens admiratifs. De son mariage naissent Lambert et Elise qui, alliés ou ennemis, héritent du formidable caractère des Monsacré. Histoires familiales tortueuses et haineuses entre le début du siècle et les années cinquante, cette saga est prenante, les personnages en sont nombreux et les cancans du village ajoutent à la fascination qu'exerce les Monsacré.

jeudi 20 décembre 2007

L'angoisse du roi Salomon


Jean est taxi. Un jour, Monsieur Salomon monte dans son véhicule. C'est ainsi que Jean découvre S.O.S. Bénévoles, association qui vient en aide aux désespérés, et propose son aide. Monsieur Salomon, 80 ans et roi du prêt-à-porter, accepte son aide pour les courses urgentes. Jeannot découvre alors un monde de "mouettes engluées dans le mazout". Jean veut rendre le monde plus léger, bricole et se nourrit du dictionnaire. Il vit avec Chuck et Tong, philosopheurs et s'attache à Monsieur Salomon et son fameux humour juif. Lors d'une de ses livraisons, il rencontre une ancienne chanteuse réaliste, Cora Lamenaire. Il tente alors de l'aider pour aider le monde en général...

Roman sur l'âge et la soif de vivre, sur le temps que l'on rattrape, que l'on cherche à gruger. Roman parisien entre aujourd'hui et l'entre deux guerres. Roman aux personnages proches de Piaf et au parler simple, familier, au fil des pensées, parfois déroutant. Ce style si différent des oœuvres signées sous le nom de Gary. Voilà, Emile Ajar, c'est presque fini, il ne me reste que Pseudo... Entre la vie devant soi, Gros-Calin et L'angoisse du roi Salomon, on retrouve cette même ambiance simple, un monde populaire qui va mal mais que le héros transforme.

lundi 17 décembre 2007

Pêcheur d'Islande


Merci à Morwenna qui en a si bien parlé et m'a donné envie d'y plonger. (et là c'est mon bateau qui me manque tant).

Loti raconte la vie d'une communauté de pêcheurs bretons qui partent chaque été en Islande. Là, ils passent la saison à pêcher. Histoire très touchante, personnages attachants et surtout description d'une Bretagne et de la mer dans leur beauté et leur sauvagerie. Il y a Sylvestre, jeune pecheur recruté par l'armée, Gaud la jeune fille qui attend son époux, Yann le marin massif mais doux qui fait tourner les têtes. Sensible et poétique, ce roman est magnifique. A découvrir.

Mon deuxième diner-livres-échanges

Deuxième diner livres échanges ce jeudi. J'avais amené Tous ces mondes en elle, 53 cm de Bessora, Lady Susan et Un certain sourire de Sagan. Je suis repartie avec Kafka sur le rivage, Passer l'hiver, un Giroud et un Le Clézio.
Diner sympathique même si je n'étais pas très en forme pour apprécier la cuisine (les airs de grippe trainent en ce moment). Toujours cette bonne ambiance et ces partages autour des livres. Vivement le prochain !

84, Charing cross road

J'ai lu beaucoup de critiques sur ce livre d'Hélène Hanff. La plupart étaient élogieuses mais quelques voix clamaient leur ennui. Ce bouquin retrace la correspondance entre une librairie de Londres et un écrivain de New-York entre 1949 et 1969. Helène cherche des éditions particulières ou des auteurs non édités (ou mal édités) aux USA. Elle s'adresse donc à cette librairie et tisse bientot avec les différents membres des relations amicales. Elle leur envoie des colis alimentaires aux périodes de rationnement. Elle reçoit de beaux livres qui ne la satisfont pas toujours. Son interlocuteur privilégié est Frank Doel dont elle découvre peu à peu la famille. Ce livre est plaisant mais pas indispensable. Il fait rêver les livrophiles qui imaginent l'intérieur du 84 charing cross road. L'objet-livre y est bien décrit, apprécié et donne envie de balancer l'édition de poche qui l'édite ;). Helene n'est pas un personnage très agréable, son humour et son snobisme m'ont souvent paru surfaits. Et surtout, cette correspondance est très courte et laisse de grandes zones d'ombre. Cela reste une relation commerciale mais guère amicale... Un peu déçue donc.

dimanche 16 décembre 2007

L'élégance du hérisson

L'élégance du Hérisson de Muriel Barbery m'a énormément agacée. Ce roman, connu de beaucoup, est à deux voix : Paloma 12 ans, petit génie suicidaire et Renée, concierge moche et autodidacte. Le principe était intéressant : dénoncer les idées reçues sur Renée et les habitants de la rue de Grenelle. En réalité, cela tourne vite à la caricature. Les de Broglie catholiques et snob. Les Josse, gauche caviar et freudiens. Les divers voisins se trouvent tous engoncés dans leur rôle social et, selon Paloma, gaspillent leur vie comme des poissons dans un bocal.
Paloma cherche donc à saisir les instants précieux (mouvements du monde et pensées profondes) avant de se tuer, seul moyen pour elle d'échapper à la décadence de l'age adulte. Bref, Paloma n'est finalement qu'une adolescente mal à l'aise dans son environnement.
Renée travaille pour des riches qu'elle méprise, parce que quand on est riche, on se doit d'être cultivé. Alors lorsqu'on fait des fautes de français... Renée est une adepte des bibliothèques, elle lit tout ce qui lui tombe sous la main et voue un culte à Tolstoï (comme je la comprends). Mais Renée cache ses connaissances et demeure pour tous une concierge hébétée (histoire de ne pas choquer les attentes des voisins ?). Et puis Renée est amie avec Manuela, femme de ménage aux doigts de fée et au coeur d'or. Les personnages sont attachants, intéressants mais j'ai vraiment trouvé que la première partie du roman (avant l'arrivée d'un nouvel habitant rue de Grenelle) se complaisait dans les stéréotypes. A vouloir faire une critique en règle d'une société, Barbery tombe dans l'extrème inverse. Ses personnages paraissent frustrés : "personne ne le sait mais moi, je suis bien au dessus des autres" et clichés. Agaçant. Un roman qui aurait mérité une utilisation plus subtile de la nuance. Le manichéisme est un peu pesant parfois... Mais sinon le style est agréable et prenant. Il donne envie de relire... et c'est déjà pas mal !

Extrémement fort et incroyablement près

Ce livre de Safran Foer a été lu par beaucoup de blogueurs. J'imagine que c'est pour cela que la couverture m'a tout de suite dit quelque chose. Posé sur une table de la bibliothèque avec d'autres "nouveautés", il a vite rejoint mon sac. Et je ne le regrette pas ! Cela faisait longtemps qu'un livre ne m'avait pas touchée ainsi. Il m'a donné envie de rire, de pleurer. Il m'a rappelé un de mes coups de coeur d'ado : le mystère de la patience de Gaarder (lisez-le ! lisez-le!). Le ton n'est pourtant pas sentimentaliste mais l'histoire d'Oskar ne peut pas laisser indifférent. Son papa, Thomas, est mort dans les tours jumelles, un certain 11 septembre. Depuis, Oskar refuse de faire son deuil et cherche son papa. Il poursuit un jeu de piste initié par Thomas Schell avant sa mort et cherche du sens dans chaque événement quotidien, invente des machines incroyables et correspond avec Stephen Hawking. Oskar erre dans tous les quartiers de New-York pour retrouver une serrure car il a trouvé, dans les affaires de son père, une clef dans une enveloppe marquée "Black".
Parallélement, le grand-père d'Oskar dévoile son passé au travers de lettres écrites à son fils. Thomas Schell, père de Thomas Schell, a fui en apprenant que sa femme attendait un enfant. Scuplteur qui a perdu ses mots, il n'a de relation avec le monde qu'au travers d'un petit cahier où il note ses besoins.
Dévoré le week-end dernier, je n'ai pu en parler sur le coup car le choc était trop fort. Je ne savais pas trouver les mots et encore maintenant je ne sais comment retranscrire la beauté de ce livre, sa force et l'émotion qui s'en dégage. N'hésitez pas à vous faire votre propre idée sur la question si vous croisez ce livre.

Tannhäuser


Tannhauser est un opéra de Wagner que j'ai eu la chance de voir en compagnie d'Ikastor et de Marie. Il conte l'histoire du pauvre Tannhäuser, ensorcelé par Vénus. Après avoir vécu avec elle, il tente de rejoindre le monde humain mais la déesse le maudit et lui jure qu'il ne sera jamais plus accepté. Tannhäuser regagne tout de même la Cour où il était troubadour où il est accueilli avec joie, surtout par Elisabeth. Cette dernière aime et est aimée de Tannhaüser. Lors d'un concours poétique, Wolfram adore l'amour spirituel tandis que Tannhäuser préfère l'amour charnel. D'un geste, il condamne Elisabeth. Il est alors chassé et doit partir en pélerinage à Rome pour expier son séjour avec Vénus. Le pape lui refuse le pardon. Tannhauser revient alors près de la Cour et cherche à retrouver Vénus. Mais Elisabeth expirante fait le voeu qu'il soit pardonné... Tannhauser n'a alors plus de raison de craindre l'enfer. Un bel opéra sur l'amour spirituel et l'amour charnel. Une mise en scène plus que réduite (grèves toujours). Un orchestre formidable et de belles voix. Un beau spectacle.

samedi 15 décembre 2007

Les amis des amis

Dans la même collection que Papini, voici un Henri James qui touche au fantastique. Moins épatant que mon premier emprunt mais chouette aussi. Une collection toujours aussi agréable à lire.
Au menu : Les amis des amis. Une dame et un homme ont tous deux vu un de leurs parents leur apparaître au moment de mourir. Pour cet épisode singulier, ils sont amenés à entendre parler l'un de l'autre mais un mauvais destin les écarte sans cesse. La fiancée du jeune homme, amie de la dame, souhaite les mettre en rapport mais sa jalousie l'emporte. Quand elle annule le rendez-vous, elle est bien loin d'imaginer qu'elle y perdra deux amis.
Owen Wingrave souhaite arrêter sa formation militaire et se déclare pacifiste. Pour écarter l'accusation de lacheté, il se livre à une expérience fantastique.
La vie privée montre un groupe d'amis londoniens à la montagne. Au sein de la joyeuse compagnie, une actrice formidable et son époux, un couple d'aristocrates, un écrivain célèbre et notre narrateur. Mrs Adney, la brillante comédienne découvre que Lord Mellifont a un étonnant secret tandis que le narrateur surprend les mensonges de l'écrivain. Une belle nouvelle sur le thème du double.

vendredi 14 décembre 2007

Il était une fois...


Comment motiver un jeune homme de 22 ans de sorte qu'il vous accompagne voir le dernier Disney ?
- Ne dites pas "On va voir Il était une fois, dis, dis !?" (façon petite fille) mais plutôt "Enchanted passe au ciné, ça te dit?"
- Evitez de dire que la princesse est trop mimi avec ses yeux de biche et que sa robe est épatante mais focalisez plutot son attention sur la beauté de l'actrice principale.
- Ne vous exclamez pas que vos petites cousines ont adoré mais simplement que les critiques sont unanimes.
- Arrivez légérement en retard, au moment de la fin des bandes annonces, qu'il ne s'étonne pas de l'âge moyen du public ou préférez une séance en semaine, tôt le matin ou tard le soir.
- Enfin, laissez-le râler un peu devant le dessin animé et appréciez quand il éclate de rire devant les performances du petit écureuil.
Bref, Le dernier Disney est sympathique, plein d'humour et d'auto-dérision. Déposez une princesse à Manhattan et elle enchantera vos journées. On retrouve du Blanche-Neigne, Cendrillon, Pretty Woman, du Mucha et des décors art nouveau... C'est un film de midinette très comédie romantique, un dessin animé de petite (et plus grande) princesse qui m'a donné la pêche toute la journée !

mercredi 12 décembre 2007

Lady Susan

Court roman épistolaire, ce Jane Austen se dévore à l'heure du thé avec quelques scones. Personnellement, je l'ai trouvé assez décevant par rapport à Pride and Préjudice mais c'est peut-être la traduction... Ou alors la romancière a donné sa réelle mesure dans le premier roman que j'ai lu d'elle. Bref, Lady Susan est un livre sympathique mais il y manque une touche d'humour, de causticité. Et puis c'est très court donc ça ne permet pas une véritable analyse des personnages ni un attachement à leurs caractères. Ce n'est pas le meilleur Austen, mais ça se lit très bien quand même, je vous rassure !

Lady Susan est une jeune veuve, très jolie et très peu disposée à rester seule. Accompagnée de sa fille, elle cherche à contracter le mariage le plus avantageux possible. Alors, quand elle arrive chez son frère et sa belle soeur, chacun s'inquiète de ce qu'elle pourrait manigancer. Sa grande habileté oratoire et son exquise politesse font vite taire les soupçons... et pourtant...

Semaine d'expositions parisiennes


Depuis le début de la semaine, j'ai couru quelques expos (faut bien bosser de temps à autres) dont voici un rapide compte-rendu. Au Grand Palais, Courbet est toujours à l'affiche. Une rétrospective sur un artiste que j'aime peu, que je trouve trop neutre et trop sombre. L'expo est assez complète mais les commentaires touchent parfois au grandiloquent voire au tautologisme. La muséographie est sympa mais rien de délirant non plus.
Design contre Design est une expo plus ludique à laquelle il manque une problématique. Les rapprochements paraissent parfois aléatoires et ne font pas toujours sens. On note aussi quelques coquilles (dans certaines dates). Toutefois, les objets montrés sont souvent beaux et/ou étonnants. A voir comme une détente mais sans souhaiter se prendre trop la tête.
Puis, je me suis précipitée à Versailles avant que ne se termine "Charles Le Brun, maître d'oeuvre" qui concerne l'élaboration et la restauration de la galerie des glaces. Peu de commentaires, des dessins et des gravures. De belles découvertes sur le cheminement de l'artiste.
J'en ai profité pour faire un saut dans les grands appartements qui contiennent le mobilier d'argent des cours européennes, copié de Versailles. L'ensemble de ces trésors ont été fondus à la fin du règne de Louis XIV pour financer la guerre, il ne nous sont donc plus connus que par des dessins et par les copies des pays étrangers. Le mobilier est mis en situation dans les appartements, dans une atmosphère nocturne qui fait ressortir leur éclat. Belle expo mais très très visitée (en moyenne, deux groupes par salle, argh !). Impressionnant de luxe et de raffinement !
Finalement, de belles expos (sauf Courbet que je n'arrive pas à apprécier) à aller visiter si l'envie vous prend.

Tous ces mondes en elle

Ce livre de Neil Bissoondath provient du dernier diner livres échanges. Je l'ai terminé récemment et je vais l'apporter demain pour le faire tourner car j'ai souvenir que Malice désirait également le lire.


Ce volume assez épais est un roman à plusieurs voix. Shakti, la mère de Yasmin vient de mourir et celle-ci retourne dans l'île des Caraïbes dont sa mère est originaire pour disperser ses cendres. Une première voix raconte donc le voyage depuis le Canada aux Antilles et la rencontre avec son oncle et sa tante (coté paternel). Ceux-ci l'ont connue enfant mais elle n'en a aucun souvenir. Ils parviennent à lui faire découvrir des aspects de son père, décédé également, et de sa mère qu'elle ne connaissait mal : Lui, politique engagé et autoritaire, elle, femme effacée mais fière, leurs voyages, leurs aventures plus ou moins anecdotiques, leurs photos. La deuxième voix est celle de Shakti, la mère de Yasmin. Elle discute avec Mrs Livingston et lui décrit sa vie, ses secrets... même lorsque son interlocutrice sombre dans un profond coma. La dernière voix raconte la vie d'adulte de Yasmin, sa rencontre avec Jim, la naissance de sa fille et les deuils qui émaillent sa vie. Finalement, Yasmin découvre son histoire et se construit à mesure de ces conversations. Elle est destinée à découvrir ce que sa famille lui a caché.

Un livre un peu long à se mettre en route mais intéressant, qui traite de l'identité, des rapports familiaux, de l'indépendance d'un pays... Une écriture qui tisse lentement un désir d'en savoir plus.

dimanche 9 décembre 2007

Noir, c'est noir...

Merci à Fashion et à Stéphanie d'organiser un nouveau swap ! Au programme cette fois, des policiers, du café et... du chocolat !!! Je viens de recevoir mon questionnaire et je me sens déjà toute impatiente. :)
Alors pour la route, je vous file une bonne adresse : Le Chat bleu, rue Saint-Jean au Touquet. Il est aussi présent à Lille où le monsieur est adorable. A Paris, près de Saint-Augustin, mais tous les chocolats de la maison mère n'y sont pas repris. A Quimper (EDIT : 5, Rue Guéodet pour celles qui voudraient y faire un saut) où je n'ai pas encore mis les pieds (mais le monsieur de Lille dit qu'ils sont sympa là bas).
Et pour les chocolats viennois je dis avec Chiffonnette : Vive Angélina ! et dommage qu'ils ferment si tôt (rue de Rivoli, à hauteur des Tuileries). Bonnes dégustations.


Bizarre ! Bizarre !

Ce recueil de nouvelles de Roald Dahl est assez palpitant et - ce qui n'est pas courant dans un recueil - assez homogène. Le ton est humoristique et caustique, l'auteur raconte des événements quotidiens qu'une pointe de fantastique transcende. Je n'ai pas ri à gorge déployée mais souvent souri ou frémi.
Le thème du pari était assez récurrent : Le connaisseur a assuré à son hôte qu'il était capable de deviner quel vin il lui servait. S'il gagne son pari, il recevra la fille de la maison.
Un homme du sud joue une voiture contre le doigt d'un garçon. Tout dépend de la panne d'un briquet.
Plouf ! Les hommes parient sur l'heure d'arrivée du bateau.
Le chien de Claude en quatre actes : Claude rencontre un horrible chasseur de rats, assiste à une macabre découverte, se rend chez son futur beau-père puis fait participer son lévrier à une course.
Après, il y a aussi les histoires de meurtre, de sadisme et de folie (mais tout en légéreté, sans horreur) : Coup de gigot ou comment faire disparaitre l'arme du crime.
Le soldat est un drole d'homme un peu fou.
Venin : Un serpent s'endort sur votre ventre, comment le déloger ?
Cou. Un mari joué peut-il enfin se venger des infidélités de sa femme ?
Nunc dimittis où la vengeance est un plat. Il se déguste froid. Encore un peu de caviar ?
Foxley le galopant. Quand un inconnu deffraie les habitudes d'un groupe de voyageurs.
Le tout peut se passer dans des milieux assez différents mais toujours cernés avec le bon mot, les bonnes expressions... par exemple, cela est très marqué dans Ma blanche colombe. Un couple est invité à jouer au bridge chez des amis. Mais ils ont un truc !
Et puis il y a des inventions géniales, celles qu'on connait un peu comme Peau. Un tatouage d'un grand peintre fait-il d'un corps une oeuvre d'art ?
Jeu. Un tapis devient un parcours du combattant pour les jeunes enfants.
... Et celles qui changent complétement la vie !
La machine à capter les sons permet d'entendre tous les bruits que l'oreille ne peut percevoir.
La grande grammatisatrice automatique remplace tous les écrivains.
Bref, ça m'a donné envie d'aller lire Matilda dans la bibliothèque de ma petite soeur.

Christian Lacroix. Histoires de mode

Le musée des arts déco présente actuellement une très belle expo. Montée avec Christian Lacroix, elle montre de magnifiques vêtements de tous horizons, rassemblés ici de manière poétique et plaisante. Il y a de superbes créations du couturier mais aussi tout un échantillon d'habits de la fin du dix-neuvième à nos jours. Midinettes ou pas, allez rêver devant les beautés de la mode !

Rebecca

Il y a pas à dire, lire un livre en VO, ça ne manque pas de charme. Je ne le fais pas systématiquement mais ces derniers temps, j'avais envie de m'immerger dans un Austen en VO... et finalement je suis repartie avec Du Maurier parce que ma bibliothèque municipale n'a AUCUN Jane Austen en anglais. Et mes librairies n'ont RIEN non plus de ce style. C'est vraiment très mauvais de s'habituer à tout avoir sans problème à Paris... Bref, je ne vais pas trop raler sur ma biblio qui a quand même le mérite de m'avoir fait découvrir Papini et qui se lance parfois dans des tentatives sympa. Et surtout, Rebecca est un petit plaisir !
La très jeune et très réservée Mrs de Winter arrive à Manderley avec son époux Maxim. La maison et l'accueil sont glaçants car le fantôme de la première femme de Maxim hante les esprits : La belle Rebecca a été retrouvée noyée 10 mois plus tôt. La gouvernante, Mrs Danvers, est tout à fait effrayante, le mari n'est pas rassurant et la maison semble receller de terribles secrets...
Un suspence bien entretenu, une mise en route peut être lente mais qui ne prépare que mieux à la suite ! Bon, maintenant, il faut que je visionne le film.

Une vie parfaite

Vous connaissez Fitzgerald et son fabuleux Tendre est la nuit. Personnellement, je crois que c'est un de mes livres préférés. Ceci dit, il faudrait que je le relise car mes souvenirs datent un peu. Bref, je n'ai pas résisté longtemps à ce petit recueil de (deux) nouvelles. Basil Lee est un garçon populaire dans son lycée depuis qu'il fait partie de l'équipe de foot. En tant que tel, il décide d'être un modèle pour les autres élèves et de les conduire à mener... une vie parfaite. George Dorsey l'invite chez lui pour le réveillon et cette attitude moralisatrice et puritaine lui vaut quelques déconvenues.

Luella Hemple vit une existence divine aux yeux de la bonne société. Mais son mari la lasse, son bébé l'agace et les corvées domestiques lui échappent complètement. Elle décide de quitter son mari mais reste à ses cotés lorsqu'il tombe malade. Aidée par un étrange docteur, l'accordeur, Luella change sa vie.

On retrouve le ton et les thèmes chers à Fitzgerald mais l'on regrette que ces deux textes soient si courts.

samedi 8 décembre 2007

Le rivage des Syrtes

Gracq trainait sur ma PAL depuis la prépa. Il m'attirait beaucoup par son aspect secret, ses pages non coupées... Pourtant, j'en sors un peu désorientée, pas vraiment convaincue. Ce livre a pu m'ennuyer, me passionner, me plaire et m'agacer. Il m'a beaucoup fait penser au désert des Tartares de Buzzati que j'avais adoré. Pour celui-ci, je suis plus modérée.
Aldo est envoyé dans une forteresse, près de la mer des Syrtes de l'autre coté de laquelle s'étend le Farghestan, territoire ennemi depuis des siècles. Pourtant, il n'existe plus aucun contact avec cette contrée. Les hommes attendent en vain. L'ambiance est lourde, l'humidité, l'odeur de moisi imprègne le pays. C'est un lent déclin, la décrépitude totale d'une société. On attend, on guette, on épie mais pourquoi les choses changeraient-elles ?
Des personnages fantomatiques dans un monde de marais, une Venise et ses esprits qui continuerait les fêtes et les carnavals dans une décadence perpétuelle. Aldo, Vanessa, Marino, autant de protagonistes dont on cerne mal les tenants et aboutissants, une psychologie en demi-teinte, un ton descriptif et poétique... A lire pour le style, à lire pour l'atmosphère délétère, peut être moins pour l'histoire en elle-même.

mardi 4 décembre 2007

Alcina

Je me disais bien que j'avais encore des messages en retard ! Lorsque vous avez un opéra prévu au plus fort de la grève, qu'un ami vous informe que Casse-noisette est annulé et que vous n'aurez droit ni aux décors ni aux lumières pour Alcina, vous faites une drole de tête. Pourquoi pas sans musique aussi ?! Vous y allez quand même parce que vous vous êtes littéralement battue pour avoir les places et qu'il n'y a plus de possibilités aux dates suivantes. Bref, vous arrivez de mauvaise humeur. Et bien, vous avez tort ! Car en plus d'avoir la totalité des décors (ou presque), les jeux de lumière et les chanteurs, vous avez devant vous un charmant orchestre baroque ; et le chef d'orchestre fait un solo de violon plus qu'hallucinant !! Ce qui change énormément des opéras que vous avez l'habitude d'entendre. De même, les voix sont très étonnantes et inhabituelles. Il faut dire qu'il s'agit d'un opéra d'Haendel (j'ignorais, à ma grande honte, qu'il avait composé un opéra) qui raconte comment une magicienne, Alcina, sorte de Circé XVIIe, fait des hommes qui échouent sur son île des esclaves et ses amants. Quand Bradamante arrive sur l'île, elle espère bien sauver Ruggiero de ses griffes !
Allez-y, c'est vraiment bien ! (Certains disent "oui, mais un peu long")

lundi 3 décembre 2007

Satsuma, de l'exotisme au japonisme

Outre le service de l'empereur (en haut), le musée de Sèvres consacre actuellement une exposition à la céramique de Satsuma, création japonaise des XVIIe-XVIIIe siècles fort appréciées des occidentaux. Ceux-ci en deviennent friands suite aux premières expos universelles. Des originaux aux copies européennes, les oeuvres exposées sont intéressantes et belles quoi que fort peu commentées. A considérer si vous passez par la manufacture mais ne vaut pas un déplacement.

Chefs d'oeuvres islamique de l'Aga Khan Museum


Cette courte exposition se tient actuellement au Louvre et regroupe quelques belles pièces. Bien sûr, il faut d'abord courir admirer l'expo d'art safavide mais s'il reste un peu de temps et d'envie après une visite au musée, pourquoi ne pas faire un petit détour par ces salles ? Au programme, quelques belles pages de manuscrits, de la céramique et surtout une esthétique de l'écriture bien mise en valeur. Parmi les curiosités, un coran qui tient sur une page, des prières sur des supports aussi étonnants qu'un coquillage.

samedi 1 décembre 2007

Le miroir qui fuit

Au hasard de mes recherches dans ma merveilleuse bibliothèque, j'ai déniché un livre qui m'a attiré l'oeil. Sa taille entre livre de poche et grand format, ses couleurs bleues et vertes... Puis j'ai ouvert le livre, intriguée, le papier en était doux, chaud, épais... Enfin, j'ai jeté un regard au titre et à la quatrième de couverture : Il s'agit d'une édition de la Bibliothèque de Babel dévolue à la littérature fantastique. En fait, c'est une réédition d'une collection dirigée par Borges et c'est vraiment un objet agréable.
Pour ce qui est du texte, il s'agissait ici de nouvelles de Papini (inconnu à mon répertoire) auteur italien du début XXe. Celles ci sont très axées sur les problèmes d'être, de distinction entre rêve et réalité. Un très bon ouvrage !
Le miroir qui fuit place deux hommes dans une gare. Que se passerait-il si l'humanité était pétrifiée ? Vanitas vanitatis, voilà notre existence.
Deux images dans une conque raconte comment un homme cohabite avec son reflet, oublié dans une fontaine quelques années auparavant.
Histoire totalement absurde montre le lecteur qui se reconnait dans un manuscrit et tue son... créateur ?
Une mort mentale est un mode d'emploi du suicide.
Dernière visite du gentleman malade imagine un personnage créé par un rêveur, prisonnier du rêve.
Je ne veux plus être ce que je suis : comment échapper à soi-même ?
Qui es-tu ? Lorsqu'un homme devient étranger à tous ceux qu'il connaissait.
Le mendiant d'âmes recherche un homme "normal" pour en faire une histoire. Mais la normalité est si effroyable...
Suicidé en lieu et place décrit un homme qui choisit de se tuer parce qu'il n'a pas accompli de grandes choses avant 33 ans. Il laisse cette charge à son ami.
La journée non rendue voit une princesse qui a offert sa vingt-troisième année et peut en exploiter les 365 jours aussi longtemps qu'ils durent (très très chouette celle-ci).
Bref, une belle trouvaille !