mardi 27 septembre 2011

Les sorties ciné de deux jeunes mariés

Ne croyez pas que nous n'allons plus au cinéma, je suis juste un peu lente sur les billets. Mais depuis fin août, nous avons vu quatre films assez variés, chacun dans leur genre. Et nous n'avons pas forcément été conquis par les plus attendus...

Harry Potter, Les reliques de la mort, partie 2 
Bon, j'ai été moins séduite par cet opus que par la première partie de cet épisode 7. Des longueurs, une fin tout aussi ridicule que dans le livre... Néanmoins, ce que l'on ne peut qu'apprécier et souligner, c'est la fidélité de ce film à JK Rowling.
Car tout s'y déroule exactement comme dans le bouquin. A tel point qu'on regrette parfois de n'être pas plus bousculé, dérangé, surpris. Bref, un film pour les fans mais sans grande trouvaille, un peu mou, comme notre Harry.

Mes meilleures amies
L'histoire de deux copines qu'une troisième vient séparer avant le mariage de l'une d'entre elles. La préparation au mariage devient alors une guerre où tous les coups sont permis et dont la future mariée pâtit.

Alors là, franchement mauvais, long et vulgaire selon moi. J'ai eu du mal à rire devant ce drame de nanas, pourtant salué par le public et la critique.

La guerre est déclarée
... Est un film bouleversant. Roméo et Juliette racontent leur vie de jeune couple dont l'enfant est touché par la maladie. 
Heureusement, le rire, le courage et l'espérance qui les animent leur permettent de tenir. Néanmoins, cette irruption de la maladie dans un couple qui a tout pour être heureux, la façon dont les autres vous cataloguent, les épreuves de l’hôpital... Tout cela est décrit avec un réalisme d'autant plus important que les scènes sont celles de la vie quotidienne, dans un Paris sans fards.
Toutefois, la tristesse demeure, l'histoire traumatise tant elle est proche de nos préoccupations ! Je vous le conseille fortement, mais sachez que vous risquez d'en sortir bousculés. On ne peut pas ne pas se demander ce qu'on ferait à leur place... 

Et maintenant on va où ?

Dans un pays déchiré par la guerre, il y a un village qui réunit chrétiens et musulmans. Un cimetière qui les garde séparés. Au milieu, les femmes tentent de les calmer mais c'est chaque jour plus dur dans ce pays. Car dès qu'une altercation éclate quelque part, c'est prétexte à la bagarre. Alors chrétiennes et musulmanes s'unissent pour ne plus perdre, qui son mari, qui son fils. A travers divers stratagèmes, tous plus drôles les uns que les que les autres. 
Un très chouette film, qui nous montre le quotidien d'un petit village isolé tout en y apportant une bonne dose d'humour frais et décalé. J'ai retrouvé avec plaisir la beauté de Caramel (et de Nadine Labaki) ! 


Bref, je vous recommande fortement les deux derniers !

dimanche 25 septembre 2011

Bleu Marine


Marie Pedersen, 14 ans, vit dans un drôle de petit monde. Très proche de sa mère (elle n’a jamais connu son père), elle est entourée de gens et de choses qui paraitraient « bizarres » au commun des mortels. Il y a d’abord toutes les histoires de famille qu’elle trouve dans le grenier ou que sa grand-mère lui raconte, au sujet du grand-oncle Hénoch qui s’est subitement volatilisé à la fin du 19e siècle. Il y a Aaron, un très petit monsieur qui habite dans une cabane  verte en plein dans la ville, qui fait des gâteaux délicieux et tient absolument à lui faire lire l’Ancien Testament.

Et puis il y a Espen, son petit copain farceur, et surtout son père Julien, qui lui parle des étoiles, de l’empereur Tibère qui vivait à l’époque de Jésus, et de mille autres choses qui font rêver.
Et puis l’impensable se produit. En voyage à Capri avec Espen et Julien, alors qu’elle fait tomber l’émeraude de sa bague dans la grotte bleue, Marie se retrouve catapultée dans l’antiquité ! Elle est désormais Julie, servante de Tibère, et se retrouve telle Shéhérazade à lui raconter ce qu’elle connaît de la Bible toutes les nuits, afin d’éviter d’échapper au sort cruel qui lui est réservé…


J’ai passé un très bon moment avec ce livre. D'abord, les personnages sont très attachants : Roar Skolmen nous rappelle que l'adolescence n'est pas juste qu'un long mauvais souvenir. Parfois, on a presque envie d'y retourner ! Et surtout, avec tous ses rebondissements, ce livre initiatique m'a fait voyager dans une époque qui me fascine. Croyant ou non, on découvre la Bible et le contexte historique du Nouveau Testament sous un autre jour. Loin de vouloir convaincre ou endoctriner, l’auteur arrive habilement à expliciter les divergences de points de vue entre chrétiens et juifs, et nous fait vivre à sa manière cette période qui a eu tant d'influence sur notre héritage culturel.

samedi 24 septembre 2011

All about men

Cela faisait un bail que nous n'étions pas passés par le théâtre Marsoulan. Mais ce titre nous a tenté et le descriptif également.

C'est une pièce uniquement féminine mais qui parle beaucoup des hommes. C'est une comédie, avec chants, qui ne se prend pas la tête et qui fait sourire.
Si mes amis n'ont pas trop aimé, reprochant à l'une de chanter à peine juste, à l'autre de surjouer, j'ai pour ma part apprécié cette sortie détente.

Polly est un peu l'amie trop parfaite, que tout le monde déteste un peu. Jolie, mère d'une petite fille, riche, aimée d'un gentil mari, tout lui sourit. Même sa bonne est charmante. Alors quand la façade s'effondre et qu'elle apprend que Mr Haines son mari la trompe avec une parfumeuse, Cristal, c'est le drame. 

Commence alors une nouvelle vie pour Polly qui découvre le triste monde des femmes divorcées, enfin triste... Plutôt hilarant parfois. Surtout avec la baronne portée sur la bouteille et la mangeuse d'hommes Myriam Aarons (trop jolie !).

Bref, une bonne sortie détente !

jeudi 22 septembre 2011

Le marchand de biens

Voici un des romans de la rentrée dont on a encore peu entendu parler. Il s’agit pourtant d’un premier roman tout à fait sympathique d’Alice Seelow.

De Max, vous ne connaitrez rien ou presque sinon son obsession pour un appartement.
A la recherche d’un nouveau logement pour sa femme enceinte, Laura, et lui-même, Max, professeur de son état, fait des visites. L’un d’eux, rue de la clef, n’a tout d’abord aucun charme à ses yeux. C’est un endroit comme les autres. A tel point qu’il visite un autre appartement le lendemain. Mais le premier appartement tourne étrangement à l’obsession. Max insiste, pénible, auprès du marchand de biens, M. Delafosse, rode autour de l’immeuble, séduit la fille de l’architecte, squatte… Bref, plus rien n’a d’importance sinon cet appartement parisien sur cour, en haut d’un escalier incommode.

Alice Seelow donne dans ce roman une image d’un Paris sombre, étroit, dédalique. Et cet immeuble convoité devient un havre de paix, à l’écart de tout, aux mystères à percer. Qu’est-ce qui attire autant Max ? Que cache cet appartement ? Pourquoi ce M. Delafosse est-il si odieux ?

Vous n’aurez pas de réponse à toutes ces questions. Mais sachez bien que vous plongerez dans une ambiance un peu sombre, absurde. Et une écriture coupante, phrases courtes, efficaces, sans fioritures. Un roman dont on relit certains passages avec intérêt, une fois la dernière page tournée. Oui, les indices parsèment le livre. Mais ils sont bien cachés et se confondent avec des rêves poétiques du personnage. Tellement inattendus qu’ils restent invisibles avant de prendre un nouveau relief suite aux derniers mots.
Merci à Chroniques de la rentrée littéraire pour ce livre !

A part, envoutant, élégant, étonnant !

mercredi 21 septembre 2011

Famille modèle

Merci à Anne Marie de m'avoir prêté ce livre d'Eric Puchner qui a beaucoup plu en cette rentrée littéraire. Je n'ai pas adoré pour ma part. 
J'ai apprécié l'écriture prenante, pleine d'humour et de réalisme cru. J'ai assisté avec horreur au fossé qui se creusait entre chaque membre d'une famille américaine bien sous tout rapport... en apparence. Mais les coups du sort qui accablent la famille Ziller m'ont un peu lassée. J'attendais la catastrophe à chaque page.


Les Ziller, Warren, Camille, Jonas, Dustin et Lyle. Ils vivent dans un lotissement californien, protégés du monde. Tous ont des problèmes mais ignorent qu'ils sont bénins. Lyle est une ado qui ne bronze pas. Dustin un beau gosse attiré par la soeur de sa copine. Jonas se comporte étrangement (tri des céréales, vêtements d'une seule couleur...). Camille tente de faire passer ses films éducatifs devant sa commission.
Seul Warren comprend qu'il est vraiment dans de sales draps. Il a ruiné sa famille et tente de rattraper le coup. Bien sûr, il ne peut que s'enfoncer. Et sa maison se vide petit à petit de tous ses objets, saisis.

Si la première partie m'a fait beaucoup rire, si le désespoir de Warren, ses mensonges, ses attitudes idiotes qui le font passer une nuit en prison, m'ont beaucoup plu, la seconde et troisième parties (1986) m'ont un peu lassée et désespérée. Je n'arrivais plus à rire des malheurs des Ziller, seulement à m'apitoyer devant eux. Heureusement que les aventures de Jonas ont un peu relancé mes rires.

J'ai trouvé dans ce roman la cruauté d'un Irving. J'ai eu beaucoup de mal à prendre mes distances par rapport à cela. Ouf, c'est bien écrit, les pages se tournent vite et certains passages sont hilarants. Mais ça n'a pas suffit pour m'enchanter.

mardi 20 septembre 2011

L'ombre du vent

Voilà un roman de Ruiz Zafon que toute la blogo a lu ou souhaite lire. Et qui recouvre tellement d'attentes qu'il est difficile de passer à la lecture sans craindre la déception. Heureusement, Felina a lancé une lecture commune sur Livraddict. Une bonne raison pour le sortir de la PAL. 

Daniel et son père, libraire à Barcelone, rejoignent un endroit curieux, qui fait rêver tout amoureux des livres : le cimetière des livres oubliés. Un endroit qui m'a rappelé les catacombes de la Cité des livres qui rêvent. Daniel doit y choisir, y adopter un roman. Il emmène L'ombre du vent, de Julian Carax. Très vite, il comprend pourquoi ce livre a été caché. Il est rare et en danger. Les bouquinistes se l'arrachent car toute l'oeuvre de Carax a été brûlée. Un étranger laid comme le diable cherche à terrifier le garçon pour récupérer le livre. Bref, Daniel doit vite renvoyer son trésor d'où il vient tellement il déchaîne les passions. Daniel, marqué par sa lecture, va tenter d'en savoir plus sur l'auteur et son histoire. Fugitif vivant à Paris, il est mort, selon les autorités. Mais plus Daniel met son nez dans ce qui ne le regarde pas, plus il tire des conclusions troublantes. La recherche de Carax constitue un pan de l'histoire mais certes pas la totalité. Car Daniel est un jeune garçon que l'on suit entre enfance et adolescence, de Clara à Béa, de Tomas à Fermin. Ces personnages, je préfère que vous les rencontriez vous-mêmes pendant la lecture, ils ont tant à raconter.


Ce roman est donc particulièrement prenant et la quête de Carax, ardue. L’atmosphère de Barcelone, loin des images ensoleillées que j'en ai, est sombre, brouillardeuse, tendue par les suites de la guerre. Le roman lui-même en tire des teintes gothiques. Car ce n'est pas moins qu'un fantôme que cherche Daniel.

Toutefois, je ne suis pas entièrement amoureuse de cette lecture.
Explications : 
- J'ai regretté qu'un libraire et un passionné de littérature ne parle pas plus de livres que cela. 
- J'avais pressenti cette fin. 
- Le style de l'auteur m'a laissée froide. 
- J'ai trouvé la révélation de Nuria frustrante et facile en tant que procédé narratif. Je n'aime pas ce genre de fin précipitée où un personnage annonce qu'il sait tout depuis le début. 

Mais un sentiment plutôt sympa dans l'ensemble !

lundi 19 septembre 2011

Terrienne


Je mourrais d'envie de lire le dernier Mourlevat. Il faut dire que ses précédents romans plaident pour lui : bien écrits, prenants, imaginatifs... Un vrai plaisir !

Celui-ci n'échappe pas à cette beauté du roman bien ficelé. Avec en plus, des personnages attachants, surtout l'héroïne, une adolescente atypique. Son but dans la vie ? Retrouver sa soeur Gabrielle, disparue depuis son mariage avec un homme plutôt étrange. Disparue qui plus est dans un monde parallèle, lisse, où la mort n'existe pas, où le rire est absent, où respirer est un crime, pleurer impossible. Un monde sans saveur, standardisé. Un monde où les terriennes sont des prostituées pour de riches hommes un peu dégoûtants et déviants.
Anne va se lancer dans ce monde pour sauver sa soeur qu'elle imagine désespérée. Enfin, un appel au secours l'en a convaincue. Et elle entraîne dans ce monde un écrivain, Virgil, un homme âgé ému par sa fraîcheur et intrigué par son comportement. 

Tous deux se lancent dans une aventure qui les dépasse. Heureusement, ils ne seront pas seuls. Car des enfants atypiques peuvent naître d'une terrienne et d'un homme de ce monde. Ceux-ci, engagés dans l'armée, sont mis à l'écart et envoyé en "chasse" sur terre. L'un d'entre eux se souvient d'Anne...

Encore une fois, bravo à Mourlevat pour la création de ces mondes, si froids, si déshumanisés, si imaginatifs. Bravo pour ces histoires qui ne se finissent pas vraiment bien. Encore une fois, un beau voyage.

dimanche 18 septembre 2011

L’envoûtement de Lily Dahl

Tiens, un second Hustvedt en peu de temps. Il faut dire que les retrouvailles ayant été mitigées, il est d'autant plus facile de les prolonger pour retrouver le coup de foudre initial

Dans une ville américaine, loin de New York, Lily est serveuse au café du coin. Elle est belle. Elle rêve de ressembler à Marilyn. Elle déclenche des passions. Mais elle fait son petit bonhomme de chemin, curieuse, un peu tête en l'air, bohème.

Parmi les clients du bar, les frères Dick et Frank Bodler, dont le père aurait tué son épouse et qui vivent de la vente de vieilleries. Lily y découvrira des chaussures, une paire ancienne, blanche, qui une fois enfilée lui donne des ailes, puis la gène à telle point qu'elle veut s'en débarrasser.
Marty est aussi un habitué, sans surprise dans ses commandes. Il bégaie mais excelle au théâtre. 
Hank, l'ex un peu collant et louche.
Et le peintre de l'hôtel d'en face, Edouard Shapiro, qui couche avec Dolorès, que Lily observe chaque soir de sa fenêtre, anonyme... Jusqu'au strip tease.
Une peinture qui la met mal à l'aise, un homme qui l'impressionne. Et qui peint son amie, la vieille Miss Mabel. Celle qui écrit ses mémoires et déplore la perte de son regretté époux. Qui lui donne des cours de théâtre, qui l'encourage.. La trompe, peut être ?


Lily, au milieu de cette ville plutôt banale, c'est un tourbillon. Par petites touches, elle ose. Elle fréquente la décharge des frères Bolder, Marty, Edouard. Elle semble perdre ses repères, plonger dans des histoires un peu malsaines. 

La narratrice nous confronte aux fantasmes, à la violence, à la folie et au train de vie d'une ville où tout le monde se connaît. Dérangeant, prenant. Un peu à la Kasischke parfois. Original et plaisant. 

vendredi 16 septembre 2011

Mots de tête


Contrairement à Ahmed qui annonce « A force de lire, j’ai les mots de tête », j’aurais bien passé plus de temps avec Dominique Resch. Car plus je le lisais, plus j’appréciais son humour, son écriture fluide et dynamique, rythmée de phrases percutantes. Et son environnement.

Pourtant, ce n’était pas gagné.

Professeur à Marseille, dans des quartiers pas très faciles, notre narrateur montre là une extraordinaire passion pour son métier et ses élèves. Au fil de l’année scolaire, de septembre à juin, avec des effectifs plutôt faibles en ces mois extrêmes ou une classe bien remplie entre deux, nous suivons le professeur. Nous rencontrons ses élèves : Tonio, plutôt bavard, qui découvre les compléments circonstanciels et possède un portable dernière génération, Jérémy, qui se promène armé, Loïc, qui pense beaucoup mais parle peu. Et les autres, présents par petites touches, phrases, attitudes. Le tout, empreint de bienveillance à l’égard de ces jeunes, d’humour sympa, de sourires.

Le corps enseignant est également présent via quelques noms, Emilie, petit bout de femme qui sait se faire respecter, Francis, surveillant costaud mais pas trop, Marc, prof pas toujours dans les clous mais bon dans ce qu’il fait, un inspecteur plus ou moins finaud… Et des profs pas sympas, ceux qui brisent des élans, déclenchent des détestations pérennes. Tout ce petit monde défile dans nos chapitres, qui déroulent les mois et alternent les thèmes.

Je ne sais pas si être prof ça ressemble à ce livre. Je m’en fiche. Je connais par les enseignantes que je fréquente les expériences des unes et des autres, les facilités de l’enseignement dans un collège catho du 3e mais aussi son ennui, les difficultés d’une ZEP, les bonnes surprises d’un cours, l’impossibilité de mener à bout un autre. Après tout, ce qui m’a plu ici, c’est cette joie de vivre et d’enseigner, cette façon d’avoir, en toutes circonstances, du toupet, de l’humour et des ressources. Evidemment ce n’est pas drôle tous les jours mais ce que nous signifie Dominique Resch, c’est une vocation assumée et adorée. Car être archetier finalement, ça doit sembler bien monotone !

Merci à Chroniques de la rentrée littéraire pour ce roman.

mercredi 14 septembre 2011

Palimpseste

Merci à Silvanna et Nouveaux Millénaires pour ce roman de Charles Stross, une belle découverte.

Dans un univers étranger, à moins qu'il ne s'agisse du notre, un homme est formé pour des missions secrètes. Il est amené à voyager dans le temps et dans l'espace, à réécrire le passé, à être confronté à l'histoire, à ses contradictions et à ses propres choix. 

Balloté entre plusieurs vies, plusieurs identités, Pierce, semble victime d'un complot qui le dépasse.

Et en contrepoint, l'histoire de la terre, des conquêtes des mondes, de la création, nous est contée.

Voilà un roman sur le voyage dans le temps des plus étonnants que j'aie lus. Reprenant le principe du texte réécrit sur un précédent, graté, C. Stross nous offre une aventure et un personnage à facettes. 

Un roman étrange, complexe parfois, il est nécessaire de s'accrocher... Et je déconseille de découvrir la SF par ce biais. 

lundi 12 septembre 2011

Le musée de l'innocence

Quand un livre comporte "musée" dans le titre, je me sens presque obligée de sauter dessus. Alors quand il est signé Pamuk, c'est ni une, ni deux !

Ici, le grand écrivain turc signe un véritable chef-d'oeuvre, une histoire d'amour tragique, classique, portée par un style qui l'est tout autant mais dont les ressorts narratifs laissent des surprises.
Le cadre ? Istanbul, 1975. Kemal Bey va se fiancer avec Sibel mais couche avec Fusun, sa jolie cousine (éloignée, je vous rassure, pas d'inceste dans l'histoire). Il ignore qu'il vit là ses meilleurs moments et que sa vie se déroulera à l’affût des signes que voudra bien lui laisser Fusun. Car le riche stambouliote tarde à prendre conscience qu'il n'éprouve pas que du désir envers Fusun mais un véritable amour. Bien entendu, cela complique un peu ses relations avec Sibel... Et avec tout son entourage, d'ailleurs. Mais il est épris, pris au piège. Rien ne la lui fera oublier, surtout pas l'absence. 

Dans ce livre, il est question d'amour, de souvenir, de mémoire, d'êtres chers, d'Istanbul, de révolutions et de coups d'état, de vie quotidienne, de cinéma, de sexe, de mariage, de littérature, d'objets (kitch souvent)... Et de musée. Car notre héros, Kémal, construit à sa belle un véritable sanctuaire dans lequel il conserve tout ce qu'il a pu garder d'elle, virant cleptomane et fétichiste. 
Kémal et Fusun, ce n'est pas qu'une histoire d'amour banale. Ce roman replace les débats sur la virginité et le mariage dans la société turque, les questions de censure, d'occidentalisation, de politique (de loin)... Bref, c'est en arrière-plan une véritable histoire de la Turquie des années 80 qui s'écrit. Sans fioriture, avec lenteur, un rythme propre à ce pays, de façon très picturale, deux héros romantiques prennent corps devant nous.
Superbe, parfois un peu lent mais toujours sensible.

Orhan Pamuk m'avait touchée avec Istanbul
Un livre qui m'a beaucoup rappelé Le musée du silence

dimanche 11 septembre 2011

Journal d'une bipolaire

Voilà une BD assez particulière, du point de vue de l'histoire comme du dessin. Elle retrace l'histoire d'une jeune femme qui est diagnostiquée comme bipolaire. A vrai dire, Maman l'a achetée pour une amie d'Alice, qui, après de longs séjours à la maison de Solenn comme anorexique, a finalement été diagnostiquée bipolaire. Et nous ne savons toujours pas si nous devons la lui offrir ou non. 
C'est délicat car à la fois, ça peut un peu la rassurer, mais en même temps, cela insiste sur sa maladie. Bref, nous hésitons.

L'histoire, c'est celle de Camille, adolescente sage, qui s'engage dans des voies de traverse. Elle remarque ses difficultés à se concentrer, se drogue un peu, a des grosses chutes de moral jusqu'à attenter à ses jours. Bref, c'est pas l'extase. 
Cette BD de Sébastien Samson, Emilie Guillon et Patrice Guillon montre des hauts et des bas, de courtes guérisons, de longues hospitalisations, des espoirs et des rechutes, des colères, un découragement perpétuel, un espoir éphémère...
Bref, toutes les facettes de la maladie comme a pu les éprouver notre héroïne. 

En noir et blanc, le trait plutôt nerveux, j'ai trouvé cette BD esthétiquement sympa mais tristoune.
A recommander aux proches, mais peut être pas aux patients.

vendredi 9 septembre 2011

Haroun et la mer des histoires

Bon, finalement, ce n'était pas si grave de ne pas lire dans l'ordre les deux romans de Rushdie sur les contes. Je viens de finir le premier après avoir lu Luka et le feu de la vie et ça va très bien.

On retrouve donc Haroun, jeune garçon qui vit dans une ville triste avec sa mère Soraya et son père Rachid, conteur à la voix d'or. Mais lorsque Soraya quitte la maison avec le fonctionnaire médiocre et sans imagination qui habite au dessus, c'en est fini des histoires. Déprimé, Rachid n'arrive plus à émerveiller son auditoire. Et son fils à se concentrer plus de 11 minutes. 
Le coup fatal, c'est quand Haroun lance à son père : "A quoi servent ces histoires qui ne sont même pas vraies ?"
Peiné, le conteur poursuit ses prestations. Mais ne sait plus raconter. Il faut qu'il emmène Haroun dans la ville de K pour que tous deux vivent une histoire incroyable.

Là, Haroun va rencontrer un génie de l'eau qui coupe l'abonnement de son père à la mer des histoires. Haroun s'y oppose et décide de suivre le petit génie dans un monde de contes et d'aventures, mis à mal par un très méchant.
Princesse à libérer et mer à nettoyer de la pollution des histoires, voilà ce qui va constituer l'aventure d'Haroun. Aventure qui va le sensibiliser, on s'en doute, à la force et à la beauté de l'imaginaire.

Belle histoire sur la force du conte, sur la magie des conteurs et leur langue qui embellit le quotidien. Hymne à l'imaginaire qui me fait apprécier plus encore ce cher Salman Rushdie.

jeudi 8 septembre 2011

Djamilia

Oserez-vous lire un roman dont Aragon déclare qu'il s'agit de la plus belle histoire d'amour ? N'auriez-vous pas peur de ne trouver que fadeur et tristesse dans vos prochaines lectures ? A vrai dire, c'est un peu ce qui me retenait d'ouvrir ce livre d'Aitmatov. Et puis j'ai pris mon courage à deux mains !

Tout commence par un tableau dans un atelier. Un tableau qui rappelle au peintre sa jeunesse. Et qui nous conte presque l'origine de sa vocation.

Notre peintre était le petit dernier d'une famille russe. Cette famille, composée de deux mères, un père et plusieurs enfants, vit dans un kolkhoze. Cette polygamie vous intrigue ? C'est simplement histoire de ne pas laisser une veuve seule. Elle doit alors épouser un homme de la famille. Bref, deux ménages vivent l'un avec l'autre, en bonne harmonie. Sauf qu'il ne reste plus beaucoup d'hommes, les fils de la maison étant partis sur le front. Reste donc, Djamilia, bru de la deuxième épouse. Vive, avec son caractère, elle fait le bonheur de tous ceux qui la croisent.
D'ailleurs, notre petit narrateur, Seït, en est plus ou moins amoureux.

Parmi les joies du kolkhoze, il existe l'impossibilité de refuser un travail pour la collectivité. Djamilia, Seït et un soldat blessé, Danïiar, ont donc pour rôle d'amener les sacs de grain à la gare. Ce n'est pas un travail de femme ou d'enfant mais il n'y a plus d'hommes...
Le soir, sur le chemin du retour, ils chantent. Ou plutôt, Danïiar chante. Et Djamilia change...


Courte histoire que celle-ci, concentrée en quelques mots, quelques situations essentielles. Belle histoire sur la liberté et le choix, l'amour aussi, peut être...

mercredi 7 septembre 2011

Et rester vivant

Jean-Philippe Blondel, c'est une découverte assez récente pour moi. Ce fut aussi une véritable belle rencontre. Cette façon de faire monter l'angoisse, d'exploiter un quotidien pas si simple, bref, cette écriture m'avait charmée. Mais je n'ai pas pour autant poursuivi la lecture de toute son oeuvre, honte sur moi.

Quand Libfly m'a fait parvenir ce livre, j'ai sauté de joie. Je savais que cette écriture me plairait, que l'ambiance serait à la hauteur de mes attentes, que ce livre serait de toute façon bouleversant. Et il le fut. Différemment des précédents.
J'ai du mal à savoir ce qui est du narrateur et ce qui est de l'auteur, à quel point ce roman est autobiographique, s'il ne l'est pas, il fait tout pour sembler l'être. 

Le narrateur doit se faire opérer des dents de sagesse quand son meilleur ami et son ex entrent dans la chambre d'hôpital. Son père est mort. Quelques années après que sa femme et son fils aîné aient été tués dans un accident de voiture. Le narrateur est désormais seul au monde. 

La période de l'enterrement et des premiers jours de l'orphelin passe comme dans un brouillard : les insultes au père mort, la vente des biens, la famille et ses mots atroces. Puis une décision est prise. Le trio va partir, fuir ce malheur pour des rivages plus joyeux ou en tous cas différents, les States.


Inspiré par une chanson de Lloyd Cole, Rich, qui évoque Morro Bay, le narrateur n'a plus qu'un seul désir : voir cette plage. 

Le voyage, les rencontres, les choix, ... Ce départ est une remise en question, une remise en route après ces traumatismes. Un questionnement de la vie, des relations humaines surtout. 

Ce qui est remarquable encore une fois, c'est la puissance des émotions qui se dégagent de ce livre. Bien entendu, la situation est extrême qu'il s'agisse de l'atmosphère de mort comme de l'histoire d'amour (décidément, les triangles amoureux, c'est une constante chez lui). Mais le style est plutôt sobre, posé...
Encore une fois, une belle découverte pour cette rentrée littéraire 2011 !

Le roman voyage. Il est déjà passé chez Nina, chez Petite Fleur et chez Achille 49

mardi 6 septembre 2011

Sunset Park


Bon ou mauvais cru ? La question se pose régulièrement pour les productions de mon cher Paul Auster. Sceptique lors de ma lecture de Dans le Scriptorium, un peu déçue par Invisible, je suis très peu convaincue par le dernier opus : Sunset Park.

Prenez une série de personnages qui ont du mal à grandir, des culpabilités, des chocs qui créent autant de traumatismes, pas de psy disponible ; mélangez tout cela dans une ambiance un peu hors du temps ; voilà le dernier Auster. Bon j'exagère un peu, c'est la déception qui parle.


Miles Heller, quand nous le rencontrons, prend des photos. C'est un peu son passe-temps, ces photos d'objets abandonnés par la population américaine trop endettée pour conserver ses logements. Mais sa véritable passion, c'est Pilar, son adorable amoureuse qu'il doit abandonner sous peine d'être accusé de détournement de mineure. Et la littérature. Mais il l'exprime peu. Et les joueurs de base ball, surtout quand ils ont des noms étranges et des destins hors du commun. 
Miles, sous ses airs de normalité, cache une blessure. Il a quitté ses parents depuis sept ans suite à un accident...

Quittant la Floride pour New York, notre héros va devoir renouer avec son passé. Il retrouve tout d'abord Bing, son seul correspondant depuis sept ans, et va cohabiter avec lui dans une maison délaissée. 
Tout est un peu moribond dans ce livre : un lieu où Bing répare les objets que l'on ne fabrique plus, un film sur la guerre, un cimetière, des livres et leurs éditeurs, des maisons et des objets oubliés, des gens cassés...
Heureusement, nous découvrons les filles du squat, Ellen et Alice, qui m'ont plutôt séduite : l'une bosse sur sa thèse comme une forcenée, l'autre dessine des images érotiques. Et puis, il y a les écrivains que fréquente de père de Miles, éditeur.

Mais ces petites touches ne parviennent pas à rendre ce roman incontournable. Pour moi, c'est, hélas, un mauvais cru, qui se complaît dans la culpabilité et les regrets

lundi 5 septembre 2011

Un avenir

Véronique Bizot : cette auteur me disait quelque chose. Je ne sais où j'ai pu lire son nom. Mais je peux d'ores et déjà vous dire que j'aime son écriture. Quant à son Avenir, c’est un autre débat…

Cette invitation, ce n'en est pas vraiment une. C'est le retour au pays d'un homme, Paul, qui vient vérifier que les canalisations ne sautent pas en l'absence de son frère, Odd. Odd, en voilà un qui porte bien son nom. Que peut-il bien faire dans cette énorme maison, seul, à longueur d’année ? Odd, certainement pas le plus bizarre de la fratrie. Odd, dont on ne sait presque rien. Comme du narrateur, du reste. Odd, parti pour combien de temps ? Et pour quel motif futile ? Voilà un scénario qui s'écrit sur de bien maigres prémisses. Et pourtant, ça avance plutôt bien.
Car cette maison, glacée, sans eau, sans trop de conserves, bloquée par la neige, c'est la maison d'une enfance. Celle de trois soeurs et deux frères.
Celle d'une famille pas très normale, comme beaucoup. Et que l’on découvre de façon impressionniste, par touches, par enchaînement d’idées pas toujours limpides. Un décalage entre les tons pastel de la neige, étouffante, et les tons vifs des souvenirs, comme revivifiés par ce retour.
Ce retour au pays, c'est le temps de la nostalgie, un peu. Et finalement, on en apprend moins sur notre narrateur que sur ses sœurs par exemple, femmes d'artiste et d'architecte. Ou internée. Sur leurs balades à cheval avec leur mère. Sur les voisines.

Une action très réduite. Une écriture précise. Un personnage flou. Une atmosphère oppressante.

Lu rapidement parce que court mais qui ne laissera pas un impérissable souvenir car trop nuageux pour moi.

samedi 3 septembre 2011

Contes Myalgiques II. Les atouts du diable


Ce deuxième volume de nouvelles de Nathalie Dau m'a moins touché que le précédent, je dois vous l'avouer. Est-ce le thème ? l'habitude ? Aucune idée mais j'ai été moins réceptive.


Bon, je vais tout de même vous signaler ma favorite : Knock, knock, knocking on Hell's door. Elle concerne un jeune garçon, envoyé à la mine pour faire vivre sa famille. Pas de sentimentalisme, c'est son boulot, c'est son destin. Mais il se méfie car à creuser la terre, on est bien vite sur les domaines du diable... Une très belle interprétation des contes et rumeurs du monde minier.
Raven Party était assez prévisible mais sympa dans le genre 'j'ai un accident au milieu de nulle part".
J'ai aimé la tristesse de Pour Camille et cette ambiance de Noël.
Celle qui demeurait a aussi fait résonner des sons et des images en moi de même que Pour qui sonne Clochette ?
Et Le saut de l'ange devrait plaire à qui aime la compagnie des chats.

Bien sûr, il y a encore bien des nouvelles dans ce recueil, toutes portées par cette jolie plume et cette pertinence des sensations, des mots et des images. Les inspirations sont multiples, contemporaines ou historiques, européennes et africaines, amazoniennes et légendaires...
Bref, il y en a pour tous et toutes et chacun peut y trouver son bonheur !

vendredi 2 septembre 2011

Rom@


Je ne connaissais Stéphane Audéguy que de nom. Jamais je n'ai ouvert un de ses livres et je ne savais pas trop ce que j'y trouverai. J'avais toutefois un a priori positif de par le titre de ce livre. Car il est question de Rome, de la belle ville éternelle. Et Rome nous apparaît sous toutes ses coutures, ses quartiers, ses époques, ses figures. Car Rome, c'est les vacances romaines, c'est un Goethe curieux, ce sont des armées, des souverains pontifes, des esclaves, des sectes religieuses...

Ce livre m'a beaucoup plu mais je ne suis pas sûre qu'il plaira à tous. Amateur d'intrigues linéaires et de clarté narrative, passez votre chemin car ce livre tient du dédale. L'exploration de ses voies est assez obscure et la cohérence générale m'échappe encore un peu. 

Différents personnages devant nos yeux. Un garçon, élevé à la force des jeux vidéo. Un créateur de jeux qui rêve Rome plus belle qu'elle n'a jamais été. Des célébrités : Audrey Hepburn, Goethe...
Et la ville même prend vie et parole. Elle est fatiguée de porter des hommes, elle se remémore les instants anciens. Etonnante cette ville lasse des humains.

Et puis, il y a Rom@, le jeu vidéo du titre. Ce jeu presque réel. 
Car si les temps se mélangent dans la ville, si les mythes fondateurs cotoient les récits historiques, n'est-ce pas que Rome perd un peu pied ?

Entre la Rome de Mussolini et celle de Romulus, quelle différence ? Un grand palais plutôt qu'un marécage ?
D'étranges phénomènes assaillent la ville, drôles de vortex, que je ne dévoilerais pas sous peine de déflorer votre découverte de lecteur.



Lecture complétement étrange, qui me laisse une impression d'onirisme et de brouillon. Ce jeu sur les temps, sur les narrations, m'a parfois un peu perdue mais mon sentiment final est celui d'une belle écriture et d'une narration foisonnante. Merci à Libfly pour cet envoi.


jeudi 1 septembre 2011

J'ai déserté le pays de l'enfance

Merci à Chroniques de la rentrée littéraire pour cette découverte !


Sigolène Vinson ne m'a pas spécialement convaincue. Elle conte comment une avocate craque un matin, lors d'une dernière audition. Elle conte son repos dans une maison de fous, ses rencontres dans ce lieu, les absurdités de celui-ci, la fuite en avant de ces fous, plus ou moins furieux. Elle conte surtout la petite mort de chaque matin, en metro, loin de l'Afrique, sa terre natale.
Ce roman, c'est une façon de renouer avec son passé, ses aspiration de petite fille, ses jeux. C'est une dévorante nostalgie. C'est imaginer un présent plus joyeux, figé par les souvenirs. C'est accepter que l'enfance est loin, que les choses changent, que l'on grandit. C'est confronter son job d'avocate, ses études, à un quotidien de petites guerres, à une clientèle en déshérence. C'est prendre conscience.
Et dans l’enfance, il y a toujours les rapports aux parents. Mère protectrice, envahissante, fière de sa fille. Père discret mais figure forte, dominante, qui scande les moments forts du livre : la vie d’avocate, l’entrée chez les fous, le séjour à Djibouti. Un père qui donne le La en matière de politique aussi. Mais je ne développerai pas cet aspect, omniprésent pourtant. Je préfère vous laisser le découvrir.

Ce livre, c'est véritablement l'histoire d'une renaissance, d'un burn out.

Une écriture fluide, un style agréable, le roman se lit bien. Mais le fonds n'est pas des plus palpitants ou remarquable selon moi.