dimanche 16 mars 2008

Les promenades de la semaine


Comme toujours, je hante les allées du Louvre, c'est mon petit coté Belphégor... ou étudiante à l'école du Louvre. Alors, cette semaine nous avions : Babylone qui fait pétiller mon regard depuis qu'elle est annoncée. Et qui se révèle, hélas, un peu décevante. Il s'agit d'une exposition en deux-trois parties : les objets archéologiques et les empires qui se succèdent dans la ville ; l'image rêvée de l'Orient, la tour de Babel, les jardins suspendus... et la redécouverte de Babylone au XIXe. Dans un premier temps, beaucoup d'objets du Louvre et mille tablettes recouvertes d'écriture cunéiforme. Peu d'objets de Berlin finalement (et hélas, car ce sont quand même les allemands qui ont fouillé la ville). Le deuxième sujet est plus plaisant (enfin, je l'ai préféré), il y a de superbes manuscrits... et en plus, la belle esquisse de Delacroix que je vous présentais plus bas est accrochée, youpi !!!
Toujours au Louvre, les dessins de Gabriel de Saint-Aubin, toute petite expo sur un peintre "raté" ou plutôt jamais reçu à l'académie, mais dessinateur hors pair. C'est simple, il avait toujours un crayon à la main à tel point que Greuze lui prête une étrange maladie "un priapisme de dessin". Ambiance fêtes galantes et Paris XVIIIe, assez agréable.

Et enfin, tour rapide au salon du livre ce samedi... grouillant de monde et de livres. Sympa pour découvrir de petites éditions, de jolis livres édités dans diverses régions, mais c'est comme les expos trop longues ou les supermarchés trop grands, je sature très vite (3 heures sur place et byebye) et j'en viens à ressortir sans rien (enfin si, un petit livre, quelques catalogues pour les raretés et de jolis marque-ta-page). Crevée...

vendredi 14 mars 2008

Mémoires sur Louis XV et Madame de Pompadour


Madame du Hausset, Nicolle de son prénom, était une suivante de la Pompadour. Autant dire que la Cour de Louis XV n'avait pas de secrets pour elle puisqu'elle assistait à tous les entretiens de la marquise et, si elle n'était pas conviée, elle écoutait aux portes. C'est très pratique, ça permet d'apprendre des petites choses sur tous les grands et de s'en resservir au moment opportun.
En vrai, qu'apprend-on ? Louis XV est un coureur mais pas forcément un homme très viril, il aime particulièrement les dames sans titre. Le grand passe temps de Madame de Pompadour est d'abord d'écarter ses rivales puis de donner des conseils au roi en favorisant sa fortune. Dans les appartements de la favorite défilent tous les personnages du royaume (heureusement qu'il y a des notes, malheureusement, elles sont reportées à la fin, c'est un livre à lire avec deux marque-ta-page) et pas mal de sous. Le plus épatant est le Comte de Saint-Germain qui raconte des histoires folles. C'est amusant, ce livre fourmille de petites anecdotes, plus ou moins croustillantes... Les hommes (et les femmes) ne s'ennuyaient pas à Versailles (ou ils trouvaient de bons expédients pour chasser l'ennui) ! Bref, un petit regard contemporain sur les moeurs de la Cour de Louis XV, c'est toujours intéressant et, ma foi, pas mal écrit.

mardi 11 mars 2008

La grosse


Ce livre voyageur de Françoise Lefèvre m'a été prété par Florinette que je remercie beaucoup !

La grosse, c'est Céline, garde barrière dans un petit village bourguignon. Céline qui s'attend à voir Roland de Roncevaux, son preux chevalier, apparaitre à chaque coup de corne... mais ne sait-elle pas que la corne, c'est la mort de Roland ? Elle l'attend parce qu'il a promis qu'il reviendrait, elle l'attend parce que c'est le seul qu'elle peut espérer embrasser après la mort de leur enfant.
Mais Céline a changé depuis leur dernière rencontre. La brillante hôtesse de l'air est devenue une grosse femme, méprisée et haïe des habitants. Ses seuls amis sont Anatolis, son voisin cancéreux et deux enfants qu'elle garde. Toujours plus seule, toujours plus démunie, notre Marie-Madeleine moderne a soif d'amour. Mais c'est encore trop demander.
Un petit livre agréable à lire, une écriture poétique et entrainante malgré une noirceur toujours plus forte.

lundi 10 mars 2008

Ecrits sur l'art


Avant d'être poète, Baudelaire a testé sa plume comme critique d'art. Maniant le stylet de façon plus ou moins acerbe, il donne des compte-rendus des Salons et des ventes pour améliorer son ordinaire.

Si ses premiers écrits sont très scolaires (Baudelaire commente tous les peintres et tableaux qui retiennent son attention), notre poète élabore ensuite une véritable pensée critique sur ce qui fait la valeur de l'art. Fasciné par Delacroix et les Romantiques (dont je vous présente la belle esquisse du Sardanapale, moins connue que le tableau mais si belle), sévère avec Ingres, ami de Courbet et des Impressionnistes, Baudelaire prône un art qui puise à l'imaginaire. Comme en littérature, il choisit la sensation, l'étonnement pour déterminer le poids d'une peinture et son retentissement. Un recueil assez vaste de textes et d'articles qui manque un peu d'illustrations (si beaucoup des tableaux évoqués sont célèbres, d'autres sont totalement oubliés).

Idéal pour saisir les grands débats artistiques du XIXe siècle et l'élaboration du concept de "beauté" pour ce cher Charles !

samedi 8 mars 2008

En cas de bonheur


Jean-Jacques et Claire sont mari et femme depuis sept ans. Si chez Beigbeder l'amour dure trois ans, il n'est guère plus éternel chez Foenkinos. Sept ans... cela crée des habitudes, un doux ronron, un ennui insidieux. Alors Jean-Jacques prend une maitresse, comme ça, parce que la façon qu'a Sonia d'entrer à demi dans une pièce dégage une invitation à l'érotisme. Peu discret, il est immédiatement démasqué par Claire qui engage un timide détective privé afin de découvrir qui est la jeune maitresse. Chassé-croisé du couple, ruptures et nouvelles amours, rendez-vous et nuits en larmes, c'est somme toute un petit manège très banal que nous décrit Foenkinos. Il pimente un peu la sauce avec les parents de Claire, qui contractent d'étonnantes maladies. Bref, un petit roman qui détend, sympathique, avec quelques trouvailles originales. Mais je ne crie pas au super auteur chouchou non plus !

vendredi 7 mars 2008

The Rake's progress

... est un opéra à aller voir et applaudir. Après les déceptions de Cardillac et de la femme sans ombre, voilà de quoi se réconcilier avec la programmation de cette saison. Un petit Stravinsky, ça change ! Inspiré par les gravures terribles d'Hogarth, Stravinsky met en scène un jeune imbécile qui tombe de débauche en péché et de crime en folie. Héritant d'un petit pactole, Tom Rakewell, le bien nommé, dilapide son argent, sa jeunesse et sa morale dans les pires coins de Londres accompagné d'un esprit malin, Shadow. Sa belle, Anna, tente de le sauver de lui même. Anna avait une voix divine et les deux rôles masculins se défendaient vraiment très bien. Passé la première surprise d'écouter un opéra en anglais, on savoure un très beau moment musical et une mise en scène plus qu'hallucinante (à déconseiller aux enfants). Allez-y !

mercredi 5 mars 2008

Passer l'hiver


Recueil de nouvelles reçu lors du dernier diner livre échange, ce livre m'a permis de découvrir l'écriture d'Olivier Adam dont il avait beaucoup été question sur certains blogs avec Je vais bien, ne t'en fais pas.

Soyons clairs, je n'ai pas été particulièrement emballée. Ces neuf nouvelles traitent de sujets quotidiens, souvent tristes, un peu déprimants par ces temps froids. Les personnages sont des ratés, des comme-tout-le-monde, des gens malheureux, avec un passé difficile, un avenir grisâtre et un présent qui les désespère. Quelques petites touches de soleil par-ci, par-là, l'espoir de tout changer, de se changer, illumine un peu ces morceaux de vie.

Dans Pialat est mort, Antoine s'occupe tant bien que mal de ses filles, un verre à la main. Claire travaille de nuit à l'hopital dans A l'usure. La nuit d'un taxi dans Cendres. Le boulot dans une station essence au Nouvel an. Paul et Anna n'arrivent pas à dormir dans Bouche cousue. Lucas est de retour chez lui après trois ans. Dans Lacanau, une maman travaille trop tard le soir de Noel. En douce est une fuite. Sous la neige est la dernière nuit d'un homme.

Pas remarquable, un livre qui ne laisse pas de traces.

mardi 4 mars 2008

L'enfer de la BNF


Je ne vais pas seulement travailler à la BNF, parfois je vais jeter un œil aux expos. La dernière en date est plutôt sympathique. L'enfer de la bibliothèque, entre textes graveleux et illustrations coquines (enfin plutôt choquantes pour la chaste jeune fille que je suis), est présenté dans un grand boudoir rouge et rose, aux formes évocatrices et aux recoins multiples. Du texte à l'image, en passant par des écoutes et des extraits de films, tout nous parle de censure sexuelle. En cette période où les murs de Paris ruissellent de femmes nues, cela peut il encore nous choquer ? Existe-t-il encore une censure pornographique ? Retraçant à la fois l'élaboration d'un département secret et son contenu, cette visite nous fait passer d'un texte égrillard à l'autre, d'un anonyme ou pseudonyme à un marquis de Sade, d'une maquerelle à une religieuse bien peu catholique... Fantasmes et érotisme au rendez-vous.

Très drôle ce sérieux inimitable du parisien qui n'ose rire et fait sa visite, impassible...

samedi 1 mars 2008

Je, François Villon

Jean Teulé avait été une découverte de l'an dernier : son magasin des suicides m'avait bien plu. C'est avec joie que j'avais découvert le vote final pour cette biographie car j'ignorais tout à fait comment il pouvait traiter ce type de sujets. Et puis les poèmes de Villon ont un bon goût de Lagarde et Michard et de vieux françois, tout pour me plaire !

Cette biographie romancée est traitée de façon assez peu originale, de la naissance à la mort (apothéose ?) du poète. Peu de flashback, de sauts en avant, tout est très linéaire mais après tout, c'est encore le plus simple pour ne pas s'y perdre. François Villon survit. Son destin semble être de résister à toutes les condamnations, les coupe-gorges et tortures. Il faut dire que son temps, marqué par l'ombre du gibet, parle de mort, de cruauté et de crudité ; il y a du Rabelais pas loin mais sans Thélèmes et ses douceurs. Villon vit dans la boue, le sang et la puanteur. C'est un aventurier, un petit malin, un amuseur, un ivrogne, un épicurien, un pécheur, un traître, un voleur, un tueur. C'est un personnage qui malgré ses horreurs nous attache et nous traîne sur les chemins écoeurants où ses chausses le mènent. Il a des amis fidèles : Robin, Tabarie et Dimanche... il a des amis cruels, coquillards et autres voyous. Il aime, il brûle ce qu'il adore. Parisien avant tout, il conquiert les cours des princes par sa plume insolente, sa langue sans pareille, étonnante et vivante.
Prince, aux dames parisiennes
De bien parler donnez le prix ;
Quoi que l'on die d'Italiennes,
Il n'est bon bec que de Paris.

Insérées dans le texte, quelques images marquantes mais surtout ses poèmes comme autant de naissances, de refrains, de chapitres dans sa vie palpitante. Une réussite !

jeudi 28 février 2008

Route des Indes

On m'avait vanté les mérites de Forster... peut-être trop. En tout cas, cette première découverte ne m'a pas fait crier au chef-d'œuvre.
L'histoire est la suivante : Miss Quested et Mrs Moore viennent d'arriver en Inde. Mrs Moore est la mère de Ronny, magistrat de Chandrapore, et Miss Quested, sa fiancée. Cette région est sous domination anglaise et il semble difficile aux deux femmes de découvrir "l'Inde authentique" parmi les britanniques. Elles souhaitent donc rencontrer les autochtones. Voilà qui parait être une étrange lubie lorsqu'elle est annoncée au club... En effet, les relations entre les peuples sont réduites au strict minimum, il n'existe pas de curiosité à l'égard des "locaux" et l'amitié apparaît impossible. Quelques personnes cependant, comme Mr Fielding, entretiennent des liens assez lointains avec les colons et frayent volontiers avec les indiens. Il convie donc les nouvelles venues à un petit thé pour qu'elle fassent connaissance d'un professeur, Godbole, et d'un médecin, Aziz. Ce dernier propose aux anglaises d'organiser une petite expédition vers les grottes de Marabar afin de leur faire découvrir le pays. Elles acceptent bien volontiers sans se douter que leur promenade va tourner au drame : Miss Quested accuse Aziz de l'avoir agressée. Procès et tensions s'ensuivent...
Un livre sympathique pour le voyage, les coutumes et le dépaysement. Des personnages bien construits et une plume assez juste. Des reflexions sur le racisme, la communication et les incompréhensions entre les hommes, les différentes cultures... mais tout cela de façon un peu délayée, pas toujours percutante même si l'humour n'est pas absent. Peut-être la traduction ne rend-elle pas justice au livre ? Peut-être avais-je trop d'attentes ? Elles n'ont pas vraiment été satisfaites, j'ai trouvé le début très lent et la fin très expéditive. Pour voyager dans l'Inde coloniale, je vous conseillerais plutôt la série India Dreams, une jolie BD très aquarellée qui m'avait beaucoup plu voilà quelques années.

mercredi 27 février 2008

Petit traité de désinvolture


Denis Grozdanovitch manie bien la raquette mais aussi la plume. Ses petites chroniques de longueurs inégales présentent des univers où l'on ne court pas, où l'on avance doucement en regardant le paysage, et des personnages aux marottes amusantes ou pathétiques. Il y a les tueurs de temps qui jouent, collectionnent, lisent, vont au cinéma, ces rares oisifs qui se consacrent à leurs envies. Il y a Titi, la marionnette d'une grand-mère qui dit tout haut ce qu'elle rumine tout bas. Il y en a tant d'autres. Il y a des voyages, des rencontres étonnantes (un satyre jardinier par exemple), des dîners, de l'art, des lectures, du tennis bien sûr (les vainqueurs, les vaincus, les éternels perfectionnistes, les pathétiques). Les uns croient cultiver l'ennui alors qu'ils le fuient. D'autres se délectent d'évasions réelles ou imaginaires. Et puis, il y a des saisons dans ce livre, de la pluie, des paysages hollandais brumeux, le doux soleil des printemps, la lumière crue de l'Hellade... C'est un livre qui prend son temps, où les chroniques se suivent sans vraiment se ressembler, une petite méditation qui repose, sans pour autant imprimer une marque profonde au lecteur ; les pages le font s'évader puis le laissent regagner son quotidien, l'adoucissant de quelques mots.

mardi 26 février 2008

Au bois dormant

De Boileau-Narcejac, je connaissais Sans-Atout, que j'ai beaucoup lu en primaire. Par contre, je n'ai jamais ouvert un de leurs romans pour adultes. Voilà qui est presque corrigé (c'est une nouvelle). En fait, j'ai acheté ce petit folio à cause du titre qui m'a fait penser à la belle Aurore.

Ici pas de princesse mais une belle jeune femme, pas de prince mais un comte de Muzillac... et un château.
Ce récit est un testament, il retrace la vie de Pierre Aurélien de Muzillac de Quilly, élevé en Angleterre depuis 1793 et de retour en France en 1817 pour reprendre possession de son domaine breton. Pendant son absence, le château a été habité par deux hommes, l'un s'est suicidé, l'autre est devenu fou. Malédiction ? Le propriétaire actuel, Herbeau, est issu de la noblesse d'empire et vit reclus avec sa femme et sa fille dans cet édifice, entouré d'un grand parc.
A peine rentré en Bretagne, Muzillac se rend chez le notaire et lui explique qu'il souhaite racheter sa propriété. Une lettre est immédiatement envoyée à Herbeau. Muzillac prend alors le temps de se promener secrètement dans le parc et voit la silhouette d'une jeune fille dont il s'éprend brusquement. Le jour suivant, il la croise et lui parle. Son aimée se prénomme Claire et l'invite à passer afin de rencontrer le baron et de procéder à la vente dès le lendemain. Tout à ses sentiments passionnés, Muzillac ne peut trouver le sommeil et part en ballade vers le chateau. Là, il voit l'ensemble de la famille, assassinée, dans un salon. Effrayé, il fuit. En chemin, il croise une voiture dans laquelle se trouve la famille du baron, bien vivante. Se croyant en proie à une illusion, Muzillac retourne au salon, y trouve les chatelains, toujours cadavériques. N'y comprenant plus rien, Muzillac s'en retourne à l'auberge et attend anxieusement l'aube, pleurant sa jolie Claire perdue. Son notaire passe le chercher pour conclure l'affaire... Qui trouveront-ils au chateau ?

Cette nouvelle tient à la fois au fantastique et au policier, elle comporte un petit suspense pas désagréable et des personnages attachants. Le dénouement laisse pourtant sur sa fin et manque de cohérence. Lecture sympathique.

EDIT : Je veux bien le faire voyager (mais c'est un petit folio à 2E, le mérite-t-il vraiment ?), que les intéressés se manifestent par email et me communiquent leur coordonnées.

Merci Caro[line] ! et merci Stéphanie !

Il y a peu de temps circulait sur les blogs une petite chaîne sans importance, n'est-ce pas ? Caro[line] en avait profité pour faire un petit jeu ; j'avais bien appuyé sur le buzzer et...
Hier, à l'occasion du brunch du lotobook, j'ai été super gâtée :

Une carte trop mimi et très gentille avec la malicieuse Pucca :)

Un superbe carnet (il est magnifique franchement !) au papier tout doux, très agréable et un crayon pour noter tous les titres que je croise ! Alors encore merci Caro[line] :)
Et j'en profite pour souligner que le brunch du lotobook était très sympathique, l'accueil de Stéphanie adorable et les plats... miam !
Mais qui est donc le grand gagnant ?

lundi 25 février 2008

Le nom de la rose


uand, adolescente, j'ai voulu lire ce livre d'Umberto Eco, j'ai fait une erreur et emprunté le Roman de la rose en bibliothèque. Déçue au début puis séduite par ce vieil ouvrage, je l'ai acheté récemment afin de le relire. Quant au nom de la rose, il traînait dans ma pal depuis quelques années mais jamais je n'avais pris le temps de l'ouvrir. C'est donc pour répondre au challenge le nom de la rose et au choix d'une lecture historique pour le club des théières que j'ai dépoussiéré cette œuvre.

Au XIVe siècle, temps de crise pour l'Église, temps difficiles pour les hommes, une abbaye bénédictine résonne de crimes étranges : Adelme d'Otrante a été retrouvé mort. C'est l'ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville, désigné par l'abbé, qui cherche le coupable, accompagné du jeune Adso, simple novice et narrateur de l'histoire (sans parler des précautions d'Eco qui multiplie les intermédiaires entre l'auteur, le traducteur, le copiste et le narrateur du manuscrit "original"). Guillaume est un moine franciscain, acquis aux idées de Bacon, présent dans l'abbaye pour une rencontre entre les partisans des ordres mendiants guidés par Michel de Cézène et la délégation papale comprenant le redoutable Bernard Gui. En réalité, lutte d'influence entre le pape Jean XXII et l'empereur germanique Louis IV. Voilà le fond historique, en gros. En réalité, Eco se réfère en permanence à des événements contemporains, des personnages réels, des opinions, des hérésies et des débats théologiques du moment. C'est une oeuvre érudite et très documentée (latinistes, vous trouverez de quoi vous mettre sous la dent, jubilate et gaudete !). Pour tout dire, la théologie est un peu absconse parfois.

Introduits par des petites phrases annonciatrices comme je les aime, 7 jours d'enquête, de rencontres avec les moines, d'échanges et de morts violentes, rythmés par les services religieux. L'abbaye même est-elle vraiment protégée du péché et de l'hérésie ? rien n'est moins sûr lorsqu'on sait les meurtres qu'elle dissimule... et ses moines restent des hommes, soumis aux tentations et aux péchés tels que l'orgueil, la luxure ou l'envie. Les peurs millénaristes ne sont pas loin et l'abbaye semble être le lieu où s'accomplissent les prédictions de l'apocalypse.


Le point culminant de l'abbaye, lieu gardé secret et interdit aux non-initiés ? la bibliothèque, bien sûr ! Lieu du savoir, orgueil des moines, elle scelle un fond incroyable de livres venus de tout le monde connu, recopiés par les moines dans le scriptorium et consultés sous sévère surveillance. La bibliothèque est le lieu clef de cet endroit : un secret semble y être caché. Nul n'a le droit d'y pénétrer excepté le bibliothécaire, Malachie. Guillaume est donc d'autant plus tenté de la visiter qu'elle est le seul endroit interdit par l'abbé. La bibliothèque est presque un personnage, un monstre vivant, terrifiant et charmeur, labyrinthique, presque une légende. C'est un lieu composé comme un microcosme. On s'y perd beaucoup, on y apprend énormément. Y découvrira-t-on le fin mot de l'histoire et la raison de ces crimes sanglants ? A vous de voir...


Ce livre est dense et prenant (difficile à résumer ai-je trouvé). C'est à la fois un roman historique qui traduit efficacement et intelligemment les hésitations du XIVe siècle, entre retour à la pureté et à la pauvreté, inquisition et obscurantisme, quête de nouvelles voies, curiosité et soif de compréhension. C'est aussi une quête philosophique et religieuse pour Adso. Voilà un roman qui donne envie de lire Borges (qui inspira le dessein de la bibliothèque) et d'en apprendre un peu plus sur ce siècle.

jeudi 21 février 2008

Mortelle cérémonie


C'est la très gentille Gachucha qui m'a offert ce livre de James Melville dans le cadre du swap Noir c'est Noir. A peine fini, Lény me l'a déjà réclamé et emprunté.
Ce polar est un bouquin fait sur mesure pour les lectrices théophiles : le grand maître de la cérémonie du thé a été abattu devant une respectable assemblée qui comprenait deux ambassadeurs, le gouverneur de la province et l'inspecteur Otani. Qui était réellement visé ?
Otani mène l'enquête avec ses deux compagnons, le très peu recommandable Noguchi et le séduisant Kimura, toujours tiré à quatre épingles. Dans un Japon encore très attaché aux traditions, Otani est confronté aux étranges moeurs anglaises par l'intermédiaire de son hôte dévergondée et de l'ambassadeur britannique. Beaucoup d'humour, un dénouement clair, voilà un polar que je recommande tout comme Flo et Chimère.

Patrick's Books

Vous aimez le vert, les moutons, la guiness, les trèfles à quatre feuilles ?

Le club des théières lance un grand défi : pour le 17 mars, lire un auteur irlandais afin de célébrer la Saint-Patrick en littérature. Pour ma part, j'envisage une pièce d'Oscar Wilde, ou une nouvelle. Il y a aussi Joyce dans ma Pal mais j'ai peur de ne pas avoir le temps de lire Ulysse d'ici cette date. Et puis Wilde m'a souvent fait rire. En plus, il a un sens pratique indéniable, il est toujours de bon conseil : "I never travel without my diary. One should always have something sensational to read in the train".

lundi 18 février 2008

La sorcière rousse

Un second (le premier était ) minuscule Fitzgerald chez Folio. Deux nouvelles assez courtes, un peu étranges, entre la normalité routinière, banale et quotidienne et la superstition, le bizarre voire le paranormal.

La coupe de cristal taillé porte le malheur et la désolation à sa propriétaire, une belle femme ayant éconduit son amant mais accepté cette coupe comme cadeau de noces.

La belle Caroline, une sorcière rousse, surgit dans la vie du pauvre Merlin, jeune libraire bien banal. Il l'observe tous les soirs à la fenêtre puis la croise, réalisant des actes fous, à plusieurs moments clés de son existence.

Deux nouvelles sans grand intérêt, hélas ! Retournons à Gatsby !

A venir dès que j'aurai digéré cette lecture : Le nom de la Rose.

dimanche 17 février 2008

La passion selon Juette

Ce livre avait beaucoup fait parler de lui mais n'était pas sur ma LAL, donc je ne m'attendais pas du tout à ce qu'il soit au pied du sapin... Mais papa a voulu "sortir des sentiers battus". S'il savait que toute la blogosphère bruissait sur lui récemment ! Clara Dupont-Monod raconte la vie d'une jeune fille, Juette, qui laisse parler son coeur et ses aspirations, ses sentiments et ses questionnements. Son adolescence, son mariage, son veuvage en font trois femmes très différentes, pleine d'espoir, remplie de colère, comblée de joie, toujours pures mais troubles parce que libres. Cela n'aurait rien de grave si nous n'étions au XIIe siècle, période médiévale troublée par l'hérésie cathare, les excès de l'Eglise et la violence des hommes. Juette est seule. Elle pense. Parfois elle parle à son ami, un jeune moine, Hugues. Leurs voix s'entrecroisent. Juette est dérangeante, elle ne veut pas grandir, elle aime les histoires et les chevaliers, elle ne comprend pas l'attrait des hommes pour les femmes. Cette incompréhension devient hantise et haine avec le mariage et les grossesses. Elle se met alors volontairement à l'écart de la société après avoir vainement tenté de s'y fondre. Elle prend en main une léproserie, attire des jeunes femmes et finalement est en proie à d'éprouvantes extases (très bien vu au XVIIe mais un peu moins avant, qu'on se le dise !). Sans être révolutionnaire, ce livre se lit bien, le style est concis, limpide comme l'héroïne.

Luisa Miller


Mon plan saint Valentin : un opéra. Rien d'extraordinaire finalement. Mais... l'un de mes plus grands plaisirs opéresque de l'année (pour le moment).

Un petit Verdi c'est quand même génial : la musique est souvent sympa, c'est plein de grands sentiments, de clichés et de princes-charmants-contre-les-très-méchants, mais aussi de belles voix. Et la mise en scène, sans grande originalité, n'en était pas moins agréable : vertes prairies et sombres bois.
L'histoire en très gros : des amoureux, Luisa, pauvre fille de soldat et Rodolfo, fils de comte se marient. Mais le comte voulait que son fils épouse une duchesse. Plans machiavéliques en perspective, sacrifices affreux, fin à la Roméo et Juliette. Allez-y !

samedi 16 février 2008

Servir le peuple

J'ai lu ce court bouquin il y a une semaine et j'ai un peu oublié de vous en parler... Yan Lianke est un écrivain chinois qui n'a pas dû se faire beaucoup d'amis avec ce petit pamphlet. Il met en scène la Chine maoïste, plus particulièrement son armée. Wu Dawang est un soldat modèle. Il regrette simplement de ne pas être gradé assez vite pour offrir à sa femme la vie qu'elle mérite (et qu'il doit lui donner impérativement, conformément à ce qu'il a signé lors de son mariage). Alors qu'il est ordonnance du colonel, il comprend que l'épouse de ce dernier, Liu Lian, souhaite qu'il devienne entièrement à sa disposition. Et voici comment la phrase du grand timonier "servir le peuple" se transforme en servir Liu Lian voire en détruire les symboles de la Chine communiste (superbe aphrodisiaque). Et pour tout dire, on monte plus vite en grade ainsi en deux semaines qu'en se démenant pendant dix ans.

 Critique et drôle, sans surprise, si ce n'est une image qui m'a laissée sceptique de seins qui ressembleraient à des lapins en colère (hilarant). Pas incontournable mais pas désagréable.

mercredi 13 février 2008

Sorties des dernières semaines

Alors, alors, quand on a un bon gros retard de billets, que faire ? Un bon gros billet global ! Au cinéma récemment, il y avait :

Lust and caution. La résistance chinoise face au Japon, le chatiment des collabo, un sujet traité et retraité mille fois dans nos contrées mais que je ne connaissais pas en version asiatique filmée. Un film assez esthétique, des personnages plus ou moins attachants, une lente maturation, une BO sympathique... un film qui se laisse tout à fait voir !


Sweeney Todd. Il était une fois, un barbier très amoureux de sa femme, une jolie famille autour d'un petit bébé. Le juge Turpin épris de le jeune femme jette le barbier en prison. Vingt ans après, il revient se venger sous le nom de Sweeney Todd. Je redoutais le coté gore du film, indéniable. Toutefois, le tout est dédramatisé par un sanglant qui vire au burlesque. Ambiance noire mais pas d'angoisse insupportable. Des chansons (le coté comédie/tragédie musicale ne choque pas). J. Deep toujours aussi époustouflant même avec son faux air de Beetlejuice. Des grands sentiments... Très visible finalement.


Cardillac. Musique étrange à l'opéra Bastille et chanteurs plus ou moins chouettes. Un scénario entre Faust et Arsène Lupin. Mais des décors "art nouveau" très beaux ! Est-ce-que ça suffit vraiment à en faire un monument ?

Giacometti. Le sculpteur et ses oeuvres, des débuts très cubistes puis surréalistes jusqu'à la découverte de son propre style. Peintures, dessins, sculptures en platre, bronze... une expo très complète !

lundi 11 février 2008

Volupté

Ne vous attendez pas à une magnifique lecture érotique, Volupté est tout à fait comme l'auteur le présente : "Les personnes assez scrupuleuses pour s'éloigner sur un titre équivoque perdraient peu, réellement, à ne pas lire un écrit dont la moralité, toute sérieuse qu'elle est, ne s'adresse qu'à des coeurs moins purs et moins précautionnés. Quant à ceux, au contraire, qui seraient attirés précisement par ce qui pourrait éloigner les autres, comme ils n'y trouveront guère ce qu'ils cherchent, le mal n'est pas grand".
Sainte-Beuve n'a pas bonne presse. Ami-amant de madame Hugo, critique plus ou moins éclairé, il était pour moi l'anti-artiste, celui qui se nourrit de la gloire des autres, les fait ou les défait grâce à des mots bien pesés. Eh bien figurez-vous qu'il s'est essayé au roman. Grand succès à l'époque, quasi oublié aujourd'hui, Volupté est un peu L'éducation sentimentale avant l'heure (en bien pire). Je m'explique : un jeune héros en province peu de temps après la Révolution, le consulat et l'empire. Des femmes mariées. Des complots politiques. De tels faits ont pu donner naissance à des oeuvres telles que le rouge et le noir, ce qui est très chouette, mais alors Volupté... Ce livre se traine, le personnage principal est assez inconsistant. Quelques images de la nature romantique valent le détour, et encore. Dans ce roman d'apprentissage, Amaury complote avec Mr de Couaen, tombe amoureux de sa femme, Mme de Couaen, est aimé de Mme R. Mais personne ne se déclare vraiment, tout le monde se tourne plus ou moins autour et le coeur palpite à chaque geste de l'aimé. Amaury finit prêtre, toujours si niais et peu touchant.
Je comprends mal comment la critique a pu accueillir si positivement ce livre, tout y est très fade. Certes, on devine Hugo derrière Couaen mais pour une fois, le personnage réel parait plus passionnant que le fictif. Bref, grosse déception, surtout qu'on ne sent pas du tout la plume (acérée) du critique dans ce style minaudant. Un roman à la Adolphe de Constant, on se prend la tête sur ce qu'on aime, si on aime, et finalement on ne fait jamais rien, on subit...

dimanche 10 février 2008

Ma vie est tout à fait... fascinante

Multitaguée par Anne, Madame Charlotte, Celsmoon et La Nymphette, je me vois dans l'obligation de vous informer de choses capitales sur ma petite vie.
Le règlement est le suivant :

Ecrire le lien de la personne qui vous a taguée
Préciser le règlement son blog
Mentionner six choses sans importance sur soi
Taguer six personnes en mettant leur lien
Prévenir ces six personnes via leurs blogs respectifs

1. Je ne porte pas de montre mais je peux être à l'heure
2. Je déteste les papillons de nuit
3. J'ai une PAL à trois chiffres
4. Je suis souvent en retard dans mes compte-rendus de lectrice
5. J'ai des collants rayés
6. Je me déplace essentiellement à vélo

Je refile la patate chaude à Aelys, Ikastor, Lune de pluie, Malice, Céline et Chimère !

mercredi 6 février 2008

Youpi youpi ! Vive le swap !

Devinez qui a sonné à ma porte ce matin ? Un charmant jeune homme muni d'un volumineux paquet. Attendez, je vous montre tout de suite :

D'où vient-il ? Du sud ouest... Mais bien sûr, il s'agit de mon colis Swap Noir c'est Noir !!
Chimère a reçu mon envoi hier, et voilà qu'à mon tour je suis gatée par Gachucha ! Alors merci merci !

Comment ça ? Vous voulez savoir ce qu'il contient ?! Petits curieux !
Ouvert, ça donne ça :

Héhé, vous trépignez d'impatience ?! Mais vous n'imaginez pas combien ces photos ont été difficiles à prendre, il fallait resister à l'envie terrible de tout déballer. Alors sur le dessus, une petite carte m'indiquait la démarche à suivre. D'abord me précipiter sur les paquets puis dévorer le courrier. Ce que j'ai fait sans hésiter.
A droite, il y avait ça :

Soit : la petite carte qui m'autorisait à tout ouvrir (l'est elle pas mimi ?), trois livres : Un Melville avec un crime pendant la sacro-sainte cérémonie du thé, un Atkinson dont j'avais dévoré la souris bleue (c'est la suite, youpi !) et un Perry que je souhaitais découvrir. Et une suite de marque-page plus charmants les uns que les autres (mes favoris sont déjà les deux extrêmes : le chat sur fond noir et le petit cochon dans les nuages). Alors pour tous ces cadeaux livresques, merci Gachucha !
Mais ce n'est pas tout ! Il y avait aussi de quoi se régaler. Attendez un peu de voir la suite :


Un paquet de thé à la citronelle que je savourerai au gouter dans ma nouvelle tasse ! Du chocolat noir aux éclats d'amande (hum, il en reste déjà beaucoup moins) du patissier de Gachucha et une tablette de noir pistache (que j'adore). Alors un seul mot : Miam. Bon, un deuxième : Merci !!
Et enfin, le petit mot adorable de Gachucha tenait sur ces différentes cartes :


Alors pour tes merveilleux cadeaux, pour ta gentillesse et tout et tout : MERCI Gachucha !!
Et grand merci aux gentilles organisatrices, qui ont eu l'idée géniale de ce swap, Fashion et Stéphanie !

Une dernière photo; parce qu'il le vaut bien !


samedi 2 février 2008

La rêveuse et la dragueuse

Ce cher Xi me rend à nouveau bien service ! Parce que les auteurs en X pour le challenge, ça court pas non plus les rues ou les PAL chez moi...

L'an dernier, j'avais jeté mon dévolu sur ce roman, cette année, j'ai lu son voisin. Et j'ai été bien plus emballée par ce dernier.

La nuit en Chine. Un bar sombre. Deux jeunes femmes dansent, se reflètent ou se copient. Qingyi est la plus belle mais aussi la plus tourmentée, elle connait la souffrance dans l'amour ; après l'amour, la fuite suicidaire. Huadan est plus sensuelle, plus facilement amoureuse, elle sait goûter la douceur des sentiments et des mots
Deux hommes les regardent. Zhangwei est un doux dragueur, il tente de réconforter son ami, Xiao Yu, détruit par son dernier amour. 

Ces personnages stéréotypés campés comme sur un théâtre, évoluent. Zhangwei se rapproche de Huadan, la séduit par ses gestes caressants et ses paroles légères. Xiao Yu fuit les rencontres mais converse avec la froide Qingyi. Une soirée comme une autre entre bar, hôtel et terrasse.



mercredi 30 janvier 2008

Dojoji

Ah, Mishima... J'ai découvert cet écrivain génial il y a quelques années et j'avais alors dévoré la mer de la fertilité, oeuvre sublime, à lire absolument ! J'ai aussi lu quelques pièces de théâtre, d'autres romans et des nouvelles. C'est donc sans crainte que j'avais mis ce titre sur ma liste du challenge. En effet, ces quatre nouvelles sont vraiment sympathiques, on y retrouve bien la personnalité de Mishima, ses contes doux amers, précis et prenants.
Dojoji : Un antiquaire fait l'article à ses clients "belle armoire, décor sublime etc" mais une superbe jeune fille annonce qu'un crime y a été commis, faisant ainsi fuir les acheteurs. Son amant a vécu et est mort dans ce meuble qu'elle souhaite acheter, mais avant, elle veut se défigurer.
Les sept ponts : Trois amies vont franchir sept ponts, de nuit, en priant pour que leur souhait le plus cher se réalise : l'une veut de l'argent, l'autre un protecteur, la dernière l'amour d'une star. Une servante les accompagne. Que veut-elle ?
Patriotisme : Un couple se suicide. L'homme est un soldat partagé entre son devoir et son affection, la femme le suit dans la mort. Leur mariage et leurs derniers instants ou l'héroïsme selon Mishima (qui s'est suicidé de la même façon que son héros).
La perle : Anniversaire d'une femme. Sa perle glisse hors des griffes de la bague et tombe près du gâteau. Confondue avec les décorations et avalée par un des convives ? Volée ? La perte de ce bijou crée bien des quiproquos !

La peur qui rôde

J'aime beaucoup Lovecraft mais je trouvais ses nouvelles moins terrifiantes que celles de Poe qui ont marqué ma jeunesse. Avec ce recueil, j'ai découvert qu'il savait aussi installer une ambiance très glauque et faire grandir le suspense.
Ces trois nouvelles tournent autour du surnaturel, de l'événement fantastique, inexplicable rationnellement, et souvent d'une force diabolique. Ces monstruosités sont attachées à des lieux : deux maisons et un marais.
Le narrateur est appelé comme spécialiste et cherche à chasser un être malfaisant et anthropophage, qui se manifeste les soirs orageux, dans la peur qui rôde.
La maison maudite
voit un conteur curieux et son oncle s'installer dans une atmosphère délétère voire mortelle, porteuse de cauchemars et de crimes.
La dernière histoire se déroule dans un domaine irlandais, le propriétaire veut faire assécher un marais mais les paysans refusent, alléguant de vieilles légendes. Il emploie donc des travailleurs étrangers, que notre témoin voit en proie à de curieux fantômes dans la tourbière hantée.
Un auteur à ne pas lire trop tardivement si vous voulez profiter d'une nuit sans rêves.

mardi 29 janvier 2008

Des femmes remarquables

J'ai entendu parler de Barbara Pym lors des diners livres échanges mais je ne la connaissais pas. On me l'avait vanté comme la Jane Austen du vingtième siècle. J'ai donc eu envie de me faire ma petite opinion.
Années 40, Mildred est une trentenaire pratiquante et bénévole. Elle s'inquiète de savoir qui va désormais partager son immeuble. Un jeune couple s'installe ; elle est anthropologue, il est officier dans la marine. Tous deux sympathiques et agréables à vivre. Près de Mildred, Julian, le pasteur, et sa soeur, Winifred (ne cherchez pas, ils ont tous des noms affreux). Sans compter les bigotes, les autres anthropologues et amis qui comptent pour Mildred. Bref, cette demoiselle est un peu le réceptacle des confidences des uns et des autres, cherche à réconcilier les fâchés et à tout ordonner pour le mieux. Toujours prête à dégainer sa théière et ses tasses et à écouter les malheurs de son entourage. Elle souhaite aussi se marier avec un garçon, pieux de préférence. Bref, il ne se passe pas grand chose dans ce livre : des cancans, des bons mots, quelques péripéties mais rien de grave.
J'ai apprécié cette lecture mais je n'ai pas adoré non plus... Et je préfère Jane Austen !

dimanche 27 janvier 2008

Windows on the world

Emprunté hier sur un coup de tête à la bibliothèque, fini ce matin. Autant vous le dire tout de suite, je n'avais pas apprécié mes précédentes lectures de Beigbeder. Là, j'ai lu son récit du 9.11 par curiosité et je me sens mal, un peu voyeuse, un peu coupable.

Dans ma courte vie, il s'agit certainement de l'événement le plus marquant. Les générations des années 80-90 n'auront elles comme point commun que cet horrible attentat ? Qui ne se rappelle précisément ce qu'il faisait ce jour là ? (Moi, je sortais d'un cours de grec pour rejoindre l'étude et j'ai cru à une blague de mauvais gout). Les images en boucle, je ne les ai pas vraiment vues en boucle, seulement au journal de vingt heure (stricte la pension). Et si on y pense, on considérait une destruction matérielle, on ne voyait pas l'horreur de la fournaise, la souffrance physique des gens bloqués. Beigdeder essaie de nous la montrer, de faire un compte rendu minute par minute de ce qu'il se passe dans la tour, depuis le petit déjeuner du père de famille et de ses deux fils jusqu'au grand saut. Emaillé de considérations sur sa propre existence, son rapport à New York, la vie des bobos, ce petit livre agace et émeut. Il ne laisse pas indifférent mais je ne peux l'aimer (retourne bosser, toujours traumatisée).

La femme sans ombre


... est un opéra de Strauss qui affiche complet à Bastille. Heureusement qu'Ikastor achète des places en double ;) . Ceci dit, je comprends mal l'engouement pour ce spectacle (ne cherchez pas des places à un prix correct, ça n'existe plus dixit en plus malpoli le monsieur des billets mal luné et très odieux qui est d'habitude charmant). Mise en scène minimaliste et japonisante, OK, pourquoi pas ? Superbe orchestre (fosse archi blindée) et musique assez sympa (plein de violoncelles partout !!), chanteurs ça allait à peu près. Mais alors scénario et histoire complétement pas terrible. Des adages très gentils sur les rôles respectifs de l'homme et de la femme ("fais des bébés et la popote") alors que je vous signale qu'on est début XXe, une impératrice maudite parce qu'elle n'a pas d'ombre, tente d'en piquer une chez les humains avant que son chéri ne soit changé en pierre, laisse l'ombre à sa propriétaire parce que c'est pas gentil gentil de voler. Mais, ouf, le sacrifice est toujours récompensé... Un peu gnangnan, quoi. Le prochain, Cardillac, sera-t-il meilleur ?


samedi 26 janvier 2008

Neige

J'ai dû croiser des critiques de ce livre de Maxence Fermine car il ne m'était pas inconnu quand il m'est tombé dans les mains (n'hésitez pas à vous signaler en dessous).
Ce petit livre très court est un poème, il est léger et doux, il se savoure doucement, loin du métro, dans un petit nuage cotonneux. Le héros est un rebelle, il écrit des haïkus plutôt que de combattre ou de prier. Son sujet de prédilection ? La neige, sa blancheur, sa pureté. Pour donner des couleurs à ses mots, il va rejoindre Sosêki et devenir son élève. Là, il apprend à manier l'arc en ciel et découvre une histoire d'équilibre et de mesure, une femme si belle, un avenir de lumière et de modestie.
Petit roman d'initiation très simple, sans fioriture, une langue précise comme un haïku. A lire !


jeudi 24 janvier 2008

La demoiselle aux yeux verts


...est une aventure du merveilleux héros de Leblanc, le magnifique gentleman cambrioleur, le chevalier servant et sauveur de ces dames, le prince de la logique et du raisonnement, l'insaisissable... Arsène Lupin, bien sûr !
J'ai lu un bon nombre de ses aventures à mes heures perdues de collégienne (entre deux classiques) mais voilà bien longtemps que je n'en avais croisées. C'est mon amie Clémence qui, en plus d'une tonne de mangas, m'a prêté quelques exemplaires de policiers. Parmi eux, ces petits Lupin ! Le problème de cette "série", c'est que je n'ai plus vraiment en tête les titres que j'ai lus et ceux qui me restent à découvrir. Je suis seulement certaine d'avoir lu l'Aiguille creuse, les dents du tigre, 813... Et pour le reste, terrible mémoire gruyère, tous les titres me disent plus ou moins quelque chose. J'étais donc agréablement surprise de voir que celui-ci m'était inconnu.
Raoul de Limézy (notre cher Arsène) suit une jeune femme blonde aux superbes yeux bleus jusque dans un salon de thé où il découvre... une charmante blonde aux yeux verts. Suivant son instinct, il prend la première en filature mais ne tarde pas à revoir la seconde. Un crime est commis. Des personnages apparaissent, disparaissent, se déguisent, se poursuivent dans tout le sud de la France et à Paris. Arsène poursuit et sauve la mystérieuse demoiselle aux yeux verts, s'en éprend follement. Héritage, meurtres et cambriolages, voilà bien des crimes et des secrets que notre héros va avoir à coeur d'élucider pour gagner sa belle dulcinée.
Entre polar et roman d'aventure, les histoires du charmant Lupin me plaisent toujours autant. Le personnage est fascinant et l'auteur découvre des trésors improbables dans tous les coins de France et de Navarre !

Un remède à la mélancolie

Ce recueil de nouvelles m'a permis de renouer avec Bradbury, découvert il y a quelques années avec Chroniques martiennes et Fahrenheit 451.

Je connaissais donc l'auteur de SF, moins le conteur qui sommeillait en lui. A travers une vingtaine de nouvelles, Bradbury décrit des situations improbables, de nouveaux espaces à habiter, des populations différentes ; il oscille entre situations presque réalistes, fantastiques ou imaginaires. Sans entrer dans le détail de chaque nouvelle, voilà ma petite sélection :
Le dragon où deux chevaliers attendent, angoissés, l'arrivée d'un monstre.
Le costume glace à la vanille est acheté par six amis, il passe entre chaque main et, porté, réalise les rêves.
Le rêve de fièvre raconte la conquête d'un corps humain.
Ils avaient la peau brune et les yeux dorés montre que le colonisateur est aussi colonisé.
Et l'été ne dura qu'un jour insiste sur le miracle qu'est le soleil sur Vénus et combien certains enfants l'attendent patiemment.

Une belle façon de renouer avec cet auteur, merci le challenge !!




samedi 19 janvier 2008

Dans les coulisses du musée


Ruby Lennox est bien bavarde ! Pensez-vous qu'à peine conçue, la voilà prenant la parole et nous racontant avec une folle lucidité ce qui compose sa vie. Née dans une famille du Yorkshire, petite dernière d'une famille banale mais pas facile à vivre, Ruby tente de faire entendre sa voix. Autour d'elle, une mère malheureuse, un père qui oscille entre tromperies et alcoolisme, et deux soeurs...
Et des ancêtres dont l'histoire nous apparait un chapitre sur deux, évoqués par un petit objet, un souvenir, une photographie. Construction plaisante, personnages décrits avec humour, parfois un ton cynique, cette aventure m'a emballée dans ses premiers moments puis vite lassée. Certes, une part de mystère nous tient en haleine mais la petite Ruby tend à nous agacer (à moins qu'il ne s'agisse de sa famille ?).

Désolée de ne pas être très présente en ce moment. J'accumule les retards dans mes billets...
A venir : Une aventure d'Arsène Lupin et un recueil de nouvelles !

mardi 15 janvier 2008

Si par une nuit d'hiver un voyageur

...est mon dernier livre lu pour la réunion du Club des théières. Le thème de cette rencontre était l'Italie et Tamara et moi avions choisi Calvino pour coller au sujet. Nos deux dissertations furent dithyrambiques et nous avons hésité entre mention très bien et félicitations du jury pour cet auteur.

lectrice

Ce livre n'est pas ordinaire. C'est un livre qui interpelle son lecteur : "Tu vas commencer le nouveau roman d'Italo Calvino, Si par une nuit d'hiver un voyageur. Détends-toi. Concentre-toi. Écarte de toi tout autre pensée. Laisse le monde qui t'entoure s'estomper dans le vague." Et puis c'est un livre aux multiples facettes : pas moins de dix romans (en fait onze ou plus) en un seul. Je ne suis pas claire ? Attendez, je m'explique. Le Lecteur, protagoniste de ce roman, vient d'acheter un livre. Or, après la page 32, il trouve la page 17. Erreur d'impression, tout le livre est un aller-retour entre ces pages. Furieux, il retourne à la librairie où il rencontre la lectrice, Ludmilla et se retrouve avec un roman qu'on lui a donné pour le même mais qui s'avère complètement différent. Et Calvino s'amuse à passer de livre en livre, à croiser l'éditeur, le traducteur, l'auteur, bref à balader son Lecteur dans les arcanes du livre. Il finit par le faire voyager jusqu'aux pays où l'on censure les livres, à faire de son roman un manifeste sur la lecture et un roman d'aventure. La scène finale se place dans une bibliothèque où les lecteurs partagent ce qui les touche dans les livres et c'est un peu moi (nous ?) dans chacun. Je ne résiste pas à un autre extrait : "Le moment le plus important, à mes yeux, est celui qui précède la lecture. Parfois le titre suffit pour allumer en moi le désir d'un livre qui n'existe peut-être pas. Parfois c'est l'incipit du livre, ses premières phrases... En somme : s'il vous suffit de peu pour mettre en route votre imagination, moi, il m'en faut encore moins : rien que la promesse d'une lecture".

Le fil rouge ? L'histoire du lecteur... et de la lectrice, celle qui se laisse porter par les mots et par l'imaginaire, qui ne crée pas une analyse sémantique de chaque chapitre mais lit de façon totale. L'autre lectrice, Lotaria, découpe les livres, les offre à un ordinateur pour en extraire le sens, comptabilise chaque terme et l'interprète. 

Personnages multiples, jeu sur le faux, Calvino s'amuse dans ce texte à contrainte à faire découvrir de nombreux incipit de romans (polar, aventure, érotique...). Hélas, cela est particulièrement frustrant car chaque livre entamé n'est jamais terminé. Seul le fil rouge aboutit quelque part. Un jeu particulièrement brillant même si la répétition du principe peut lasser au milieu du livre. L'auteur sait, fort heureusement, donner un second souffle à son roman et se sort de l'exercice de façon émérite.

Marilyn dernières séances
















Difficile de résumer ce livre de Schneider. Fini depuis une bonne semaine, je repousse l'exercice. Les moments de ma lecture : un soir, une journée de voiture, un matin. L'impression : une tristesse prenante, une envie de solitude... et maintenant ? Je clame que j'ai adoré ! Avant ? J'avais vu Marilyn dans quelques films et je chantonnais avec mon ipod My heart belongs to daddy ou Diamonds are a girl's best friends. Depuis ? J'ai regardé Seven year itch, je l'ai trouvée belle, drole, touchante. Elle ne remplace pas Audrey dans mon coeur mais l'accompagne.

Ce livre est un roman mais il ressemble à un film : très courts chapitres, flashbacks, quelques paroles percutantes. Ce serait un film en noir et blanc, lent, sans action mais avec une star magnifique, fascinante mais désespérément seule. Une star presque schizophrène, entre la poupée voluptueuse qui cultive le faux et l'intello qui se néglige. Et puis, un personnage secondaire prendrait peu à peu le pas sur elle, un homme de l'ombre qui briguerait la faveur des projecteurs, un homme qui saurait se montrer irremplaçable... son psychanalyste. Liens étranges, presque amoureux ou filiaux unissent Marilyn et Greenson, reine et cavalier sur le même échiquier. Tous deux partagent un faux nom, une fausse indépendance.
Ce n'est pas vraiment une enquête sur la mort de Marilyn, ce n'est pas non plus un compte rendu des séances de psychanalyse, c'est un peu des deux et rien de tout ça. C'est l'ambiance d'un Hollywood aux étoiles qui s'éteignent, perdent leurs repères... Un superbe roman, une histoire de la solitude, une fausse enquête, une fausse biographie qui néglige les paillettes et cherche la femme derrière l'écran.

Seul reproche, cette phrase : "Mais Hollywood avait une autre conception de l'héroïne du roman et opta pour la brune, sage et aucunement sensuelle Audrey Hepburn" concernant le choix de cette actrice pour le tournage du roman de Capote, Breakfast at Tiffany's. Audrey peut être sensuelle, non mais !

Il n'empêche que j'ai beaucoup aimé ce livre, que la femme m'interesse et me touche, que je vais regarder de plus près sa filmographie et ses biographies romancées. Des conseils ? Des incontournables ?

mercredi 9 janvier 2008

Un second challenge

Tout est bon pour faire baisser la PAL ! Importé par Grominou, voici un nouveau challenge, plus court et accessible que le challenge ABC. N'est-ce-pas les récalcitrants ?! ;)
Et puis il porte un joli nom, celui de mon premier choix ! Trève de commentaires, voici ma liste.






1. Un livre avec une couleur dans le titre : Le nom de la rose de Eco

2. Un livre avec un nom d'animal dans le titre : Les taches du léopard de Giroud

3. Un livre avec un prénom dans le titre : Dominique de Fromentin

4. Un livre avec un nom de lieu géographique dans le titre : Route des Indes de Forster

5. Un livre avec un phénomène météorologique dans le titre (vent, nuage, ouragan, etc) : La tempête de Prada

6. Un livre avec un nom de plante dans le titre : La harpe d'herbes de Capote

Challenge ABC 2008

Ma liste est publiée depuis deux semaines sur le blog du challenge mais j'avais omi de vous la présenter chez moi... quelle tête en l'air ! Cette année, je fais baisser ma PAL de recueils de nouvelles et de textes courts. Je compléterai les trous avec des romans de ma PAL et j'aménagerai l'alphabet s'il le faut.

A Adam Passer l'hiver
B Bradbury Un remède à la mélancolie
C Cervantès Nouvelles exemplaires
D Dick Ce que disent les morts
E Eco Six promenades dans les bois du roman et d'ailleurs
F Fitzgerald La sorcière rousse
G Gary Une page d'histoire
H Hawthorne The scarlet letter and other tales
I Saga Islandaise (une ou deux, on verra)
J Ji Yun Des nouvelles de l'au-delà
K Kierkegaard Le journal du seducteur
L Lovecraft La peur qui rode ET/OU Le Clézio Mondo et autres histoires
M Mishima Dojoji
N Navarre L'Heptameron
O Ormesson Odeur du temps
P Perkins Gilman The yellow wallpaper
Q Quiroga Contes d'amour, de folie et de mort
R Riel La vierge froide et autres racontards ET/OU Roth L'habit ne fait pas le moine
S Simmons Les orphelins de l'hélice
T Tanizaki Le meurtre d'O-Tsuya
U Pas de U dans ma PAL, alors on verra si j'en croise sinon je lirai un auteur mystère
V Vargas Dans les bois éternels (ou un autre)
W Wilde Le prince heureux et autres contes
X Xi La rêveuse et la dragueuse
Y Yourcenar Nouvelles orientales
Z Zweig Nouvelles

Terre des oublis

Ce livre de Duong Thu Huong m'a accompagnée pendant une partie de mon voyage et de mon séjour montagneux. A la lecture de ce pavé, j'ai oscillé entre lassitude et désir d'en savoir plus. En effet, comment ne pas soupirer devant les tentatives de Bôn pour reconquérir sa femme, comment ne pas regretter que celle-ci, Bien, nous demeure si secrète ? Avec un scénario assez banal, l'auteur nous fait découvrir trois personnages superbes dans ce Vietnam d'après guerre. Bien a épousé Hoan en secondes noces, plusieurs années après que son mari a été déclaré mort. Lorsque celui-ci revient, la communauté silencieuse la pousse à revenir vers lui et à abandonner Hoan et son fils. Bien retourne vivre avec Bôn, dans une maison misérable, très différente du confort auquel elle était habituée et surtout sans autre sentiment que le dégout. L'homme qu'elle avait épousé si jeune ne représente plus rien pour elle, toute à son amour pour Hoan. Derrière la détresse de Bôn qui veut dominer et soumettre sa femme par tous les moyens (surtout en lui faisant un fils), celle de Bien qui remplit son devoir en martyre et celle de Hoan qui tente d'oublier son amour entre ses affaires et les femmes de la ville, il y a aussi l'histoire personnelle de chacun qui se dessine : les combats de Bôn, la première femme de Hoan... On regrette simplement que Bien soit toute abnégation et que ses passions nous demeurent vraiment scellées. Un très beau livre sur l'amour, le devoir et la guerre.


lundi 7 janvier 2008

La vierge froide et autres racontars

Dans le cadre du club de lecture des blogueuses, nous lisions ce mois ci un livre de Riel sur le thème de l'hiver. Il était constitué de dix petits récits, dix racontars ou courtes nouvelles comme on préfère les appeler. L'action se déroule au Groenland, dans les glaces et le froid. Quelques hommes vivent seuls dans ces contrées désertiques, balayées par les vents et peuplées d'ours. Ces hommes se croisent et deviennent tour à tour personnages principaux ou secondaires de petites intrigues. La vie décrite est dure et il faut se réconforter à coups d'alcool et d'histoires plus ou moins folles ! On adopte des animaux, on rend visite aux copains, on disserte sur l'art, on clame son pacifisme, bref, on agit pour ne pas laisser le froid engourdir les membres et la tête. Souvent burlesque et amusant.
Personnellement, j'ai eu du mal à accrocher à ce bouquin. Je l'ai lu rapidement dans un train (en retard, forcément) avec plus ou moins de plaisir. Alexandre et Entrer dans l'histoire m'ont le plus touchée mais je ne retiens pas grand chose de cet auteur. Ah si , j'ai beaucoup aimé les petites introductions à chaque histoire qui ne manquaient pas d'humour et constituaient presque un second titre à la nouvelle. Sympathique mais sans plus.