Voilà un joli roman graphique au service d'une association pas comme les autres : Jolokia ! L'idée du fondateur, Pierre Meisel, c'est de former un équipage aux profils divers et de les faire gagner des courses en mer. Et montrer par là combien la diversité, au service d'un but commun, est une force.
Guillaume de Bats, l'auteur de cet ouvrage, s'embarque avec l'équipage. Et il croque avec humour et simplicité les équipiers, le bateau, les courses, les entraînements. Un joli moment de lecture et une belle cause à découvrir :)
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lundi 21 octobre 2019
vendredi 21 juin 2019
Special Branch
Une fois n'est pas coutume, ce sera pour moi la BD qui m’emmène cette année à l'époque victorienne avec trois titres : l'agonie du Léviathan, la course du Léviathan et l'éveil du Léviathan de Pierre-Yves Berhin et Roger Seiter.
De Liverpool à Londres, nous suivons un enquêteur de la Special Branch, Robin, et sa soeur Charlotte, médecin et anthropologue.
Le Great Eastern est à quai pour démantèlement. Ce bateau qui ne semble avoir plus rien à offrir attire pourtant les regards des rôdeurs... et de la police quand une momie est retrouvée à bord. Surtout quand cette momie a en poche la photo du jeune amiral Cavanagh, devenu un politique éminent. Les gardiens du bateau disparaissent. Robin et Charlotte se mettent sur le coup pour découvrir ce qu'il s'est passé dans la traversée de 1867.
Une BD sympa, qui joue un peu trop du flashback pour faire avancer l'enquête à mon goût, mais qui nous plonge dans une belle ambiance avec les bas fonds de Londres et Liverpool - pub, bordels - et ses côtés plus reluisants. Une bonne lecture détente.
vendredi 17 août 2018
Habibi
Je n'ai pas aimé ma première rencontre avec Craig Thompson mais cette nouvelle rencontre m'a scotché. Scotché par la beauté du trait, par l'utilisation de l'écriture comme argument et comme ornement, par les références foisonnantes.
L'histoire d'amour qui sous tend ce roman graphique ? Oui, elle est belle, mais sa force vient surtout du dessin. Car cette histoire de Dodola et Zam, d'innocence souillée, de désir interdit, n'est-ce pas un peu l'origine de tous nos contes ? Moderne (pollution et technologie) ou non (esclavage, scribes, etc) ?
A l'intersection des temps et des cultures, s'inspirant des religions du livre et de l'écriture arabe, ce roman graphique est superbe.
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lundi 23 octobre 2017
Petit manuel du parfait réfugié politique
J'ai croisé cette BD (ou roman graphique comme on dit maintenant) de Mana Neyestani en bibliothèque. Aussitôt empruntée, aussitôt dévorée.
C'est un livre de l'attente que nous offre le dessinateur iranien. Des queues, des papiers, des salles d'attente françaises. Vive l'administration bureaucratique ! Ce parcours du combattant, avec ses confrontations à la Préfecture de Police, l'OFPRA, la Cour nationale du droit d'asile sans parler des problèmes de logement, d'apprentissage du français, du travail. Bref, tout ce labyrinthe de procédures qui perdrait n'importe quelle personne sensée.
Avec humour et un joli coup de crayon, Neyestani nous conte ses situations ubuesques et désespérantes. Il n'hésite pas à se moquer de lui-même, des français, des cours d'éducation civique, des formulaires et des numéros qui nous déshumanisent !
lundi 17 juillet 2017
Les quatre fleuves
J'ai eu la joie de découvrir un Vargas un peu différent de ceux que je connaissais. Ici, il s'agit d'un roman graphique, presque d'une bande dessinée en collaboration avec Edmond Baudoin.
On reste dans l'univers familier du polar et Adamsberg est au rendez-vous. Il ne ressemble pas du tout au Adamsberg de mon imagination. Danglard non plus. Mais tant pis. Par contre, l'enquête est sympa. Plus courte que d'habitude, certainement à cause du format mais pas moins palpitante !
Grégoire et Vincent organisent souvent des vols à la tire et autres magouilles. Mais cette fois-ci, ils s'attaquent à un poisson trop gros pour eux. Dans le sac du vieux qu'ils ont bousculé, il y a pas mal de trucs louches. Astrologie, magie noire et compagnie. Et Vincent se fait descendre. Grégoire tourne un peu trop près de l'immeuble de Vincent, ce n'est pas prudent. Et Adamsberg le repère. Il faut dire que Grégoire ne passe pas inaperçu avec ses rollers et ses cannettes de bière, qu'il ramasse pour son père. Lequel les utilise pour reproduire la fontaine des quatre fleuves du Bernin. Dans son jardin.
Bref, tout le monde est un peu tapé chez Vargas. Surtout les meurtriers. Et celui-là, il est possible que ce ne soit pas un vieux inoffensif mais Le Bélier, tueur en série qui signe ses crimes d'un joli bélier... Bref, ça craint pour Grégoire car Adamsberg a beau sentir les trucs, il n'est toujours pas d'une vivacité qui permette de tout contrer...
Très chouette cette collaboration entre Vargas et Baudoin, une bonne lecture pour se détendre cet été.
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dimanche 22 février 2015
Revoir Paris
Je ne vais pas ici vous parler de la BD de Schuiten et Peeters mais de l'exposition qui se tient à la Cité de l'architecture. S'agit-il d'une volonté marketing de coupler BD et expo ? En tout cas, c'est un exemple amusant qui joue sur différents médias qui s'enrichissent l'un l'autre. Est-ce du transmédia ? Les spécialistes trancheront.
| Rottier, L'idée Halles, 1979 |
Cette exposition de petite taille propose en son centre des planches de la BD de Schuiten et Peeters, Revoir Paris, une histoire de science-fiction qui permet de voyager dans les temps de Paris ("Pâhry" dans la BD) et parmi les différents visages de la ville. Autour de ces planches, des alcôves présentent des dessins, des affiches et des objets sur l'urbanisation de Paris depuis le 19e siècle. On y trouve des projets réalisés, par exemple pendant les expositions universelles, comme des projets utopiques, qui ne sont pas sans interpeller le visiteur. Entre les Halles façon grenouille sur son nénuphar, le Paris dominé par des grattes-ciel sans limites ou le centre Pompidou à tête d’œuf, les architectes ne manquent pas d'imagination. C'en est presque de la SF ! On voyage de façon chronologique dans un Paris toujours plus déconcertant et surprenant, renouvelant notre regard sur une ville jugée parfois trop patrimonialisée.
Enfin, la fin de l'expo permet d'écouter quelques interviews sur Paris : architectes ou philosophes s'expriment sur cette ville. Et un étrange écran permet de voyager dans le temps, le passé comme l'avenir, en voyant évoluer le visage de Paris : fascinant !
vendredi 26 septembre 2014
Chroniques de Jérusalem
Je poursuis ma découverte de l'univers de Guy Delisle avec (enfin !) le titre que l'on m'avait initialement recommandé. Comme dans Chroniques birmanes, le dessinateur suit son épouse. Elle travaille à médecins sans frontières et lui s'occupe des enfants... mais moins qu'en Birmanie.
Difficile d'arriver à Jérusalem sans préjugé. Difficile de comprendre le fonctionnement de ce lieu. L'auteur commence par des promenades, avec ou sans poussette. Il s'étonne des aberrations des bus qui ne desservent que les quartiers arabes ou juifs. Et petit à petit, il s'aventure un peu plus loin dans la ville, découvre les joies des checkpoints et nourrit une fascination pour le mur de séparation...
Avec son coup de crayon toujours simple et clair, son regard naïf et curieux, Guy Delisle nous invite à visiter Jérusalem avec lui. Il nous fait partager son quotidien via ce carnet de voyage pas banal. Et il s'essaie à quelques planches sur la situation historique et géopolitique des lieux. Mais cela ne vous suffira absolument pas pour comprendre le conflit israëlo-palestinien, ne vous emballez pas ! Un roman graphique plein d'humour et de légèreté pour une ville qui en aurait besoin.
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| D.R. |
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lundi 8 septembre 2014
La Nostalgie de Dieu, l'intégrââl
Cette intégrale comporte trois BD de Marc Dubuisson : La nostalgie de Dieu, Le complexe de Dieu et Le Retour de Dieu. Un dessin très simple, en noir et blanc, un décor minimaliste, un personnage schématique et des bulles impertinentes et drôles.
Un homme en a marre de la vie et s’apprête à se jeter d'une falaise. Et là, miracle, Dieu lui parle. Enfin, lui demande de se taire. Et c'est ainsi que notre héros déprimé va pouvoir poser toutes les questions qu'il souhaite à Dieu. Des questions sur l'Eglise et la religion mais aussi sur les hommes et la société.
La seconde partie suis Dieu chez son psy. Et ça va plutôt mal. D'abord, il n'a pas de parents. Ensuite, il a fait un transfert sur son fils. Et puis, il est immortel et misanthrope... Pas évident pour lui comme pour son psy.
Dans la dernière partie, Dieu se trouve un nouveau messie. Il s'attache à décrire son message avec lui. Et c'est loin d 'être simple !
Une BD souvent amusante et irrévérencieuse, qui sonne juste. Tout n'est pas de la même qualité et le concept s'épuise à mesure que l'on tourne les pages. Mais l'idée reste sympa, les petits personnages d'une expressivité follement rigolote, les considérations plus ou moins intéressantes... Sympathique sans être dingue.
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lundi 18 août 2014
Chroniques birmanes
Et voici le dernier Guy Delisle lu récemment. Oui, quand j'ai envie de lire un auteur, je n'en reste pas forcément à un seul ouvrage. C'est mon côté boulimique du livre.
Dans cet opus, notre narrateur a quitté le monde de l'animation pour la BD et sa situation familiale a changé. Il est papa d'un petit Louis et marié à Nadège qui travaille pour Médecins sans frontières. Contrairement aux premières BD, celle-ci est découpée en petits chapitres qui se lisent de façon très indépendante. Si cela permet de s'arrêter plus facilement au milieu de la BD, cela lui donne moins de cohérence. On est un peu moins pris par les aventures du jeune père au foyer que celle de l'expat en Corée du Nord, mais peut-être est-ce le pays, moins isolé, qui veut cela ?
Via ses planches, le dessinateur croque la vie en Birmanie : les fêtes comme la fête de l'eau (incroyable ce truc !), les décorations des militaires et leurs décisions absurdes, les journaux censurés, les zones de pauvreté extrême, les moines, internet... Il montre également un peu du travail de MSF et de la vie des expats.
Encore une fois, cette BD est bourrée d'humour, de situations exotiques, improbables ou absurdes. On ressent la présence de la dictature via quelques anecdotes qui prouvent que ce ne sont pas des rigolos dans le coin. Mais cette immersion d'un an permet à l'auteur un regard plus riche et nuancé que dans ses précédents opus.
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lundi 11 août 2014
Pyongyang
Un bonheur n'arrivant jamais seul, j'ai pu lire ce titre en plus de Shenzhen de Guy Delisle. Cela complète un peu la vision que j'avais de son travail dont je ne connaissais auparavant que Le Guide du mauvais père.
Bienvenue en Corée du Nord pour cet épisode. Là, Guy Deslile est en permanence escorté par son traducteur et son guide. Sans parler du chauffeur. Eh oui, il existe des pays encore plus fermés que la Chine... Et on le découvre dès la douane où tout le sac de l'auteur est vidé minutieusement.
Ce qui concerne le studio d'animation ressemble beaucoup à ce que l'on a vu en Chine à l'exception des portraits de Kim Jong-Il qui ornent toutes les salles du pays. Et tous les vestons des travailleurs, grâce à un charmant pin's.
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| DR |
Il montre l'absurdité du système par beaucoup de petites touches : pas d'électricité sauf lorsque des représentants de gouvernements étrangers sont présents, des travailleurs "volontaires" pour peindre la moitié d'un pont, balayer ou couper de l'herbe sur une autoroute, etc. On peut même vous faire visiter le musée de l'impérialisme américain pour vous présenter les massacres qu'ils ont commis !
Le plus hallucinant est certainement le culte du leader. La première chose à faire en arrivant est de déposer des fleurs au pied de sa statue. Le seul musée à visiter est celui des 'cadeaux des pays amis' du leader. Le leader a écrit plus de mille ouvrages et réalisé plusieurs films... Et son peuple meurt de faim. Oui, oui, tout va bien !
Tout en relisant 1984, notre auteur peut expérimenter en temps réel les aberrations d'une dictature féroce.
Une BD étonnante, certainement plus que Shenzhen, avec laquelle elle contraste par l'absence même des coréens (Shenzhen était plutôt du genre blindée). On a l'impression de remonter dans le temps lorsque le narrateur visite le métro qui fait abri anti-aérien ou lorsqu'il se déplace à Pyongyang, encadré par ses gardes, euh pardon, guides !
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lundi 4 août 2014
Shenzhen
Cela fait des mois que je guette les BD de Guy Delisle en bibliothèque mais elles sont toujours prises d'assaut. Le bon côté de rester à Paris pendant les vacances, c'est que certaines deviennent plus disponibles.
J'ai donc enfin découvert les premières créations de cet auteur. Travaillant dans un studio d'animation, il est envoyé à Shenzhen où travaille une armada de chinois. Ils dessinent Papyrus, la BD de notre enfance, qui est ensuite diffusée à la télé. J'ignorais totalement cette sous-traitance de la série télévisée à l'autre bout du monde !
Shenzhen, c'est d'abord une chambre d'hôtel et un vigile qui teste son anglais. C'est la "maison" de l'auteur pendant ces quelques mois en Chine.
Et c'est le studio d'animation avec une traductrice pas très fun. Il y a aussi les week-end en expedition à Hong-Kong et Canton.
Mais l'essentiel se déroule à Shenzhen où notre occidental tente de se faire comprendre. Rien n'est facile lorsqu'on ne parle pas la langue, même commander un repas ! Mais plutôt que de communiquer, l'auteur peut observer. Il note ainsi comment traverser un flot ininterrompu de vélos, comment se faire servir au resto, de combien d'étages grandissent les immeubles en un week-end, etc...
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| DR |
Une BD pleine d'humour et d'autodérision, qui rend bien le malaise et l'ennui de l'auteur paumé dans ce pays.
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mercredi 30 juillet 2014
Maus
C'est ma copine Arsène qui m'a offert cette BD d'Art Spiegelman. Merci Miss !
Cette très épaisse BD (c'est une version intégrale), sombre, en noir et blanc, retrace l'histoire de Vladek Spiegelman pendant les années 1930-1940 et ses relations avec son fils Art, le dessinateur de BD, dans les années 1980. Dans cette bande dessinée, pas de visage humain. Les juifs sont des souris, les polonais des cochons, les allemands des chats, les américains des chiens, etc.
Régulièrement, Art se rend chez Vladek pour en savoir un peu plus sur son passé. De bon gré, son père lui raconte son quotidien dans les années 30 : c'est un jeune homme séduisant et plein d'avenir. Il épouse une riche héritière, Anja, et en a un fils, Richieu. En 1939, il est mobilisé par l'armée polonaise pour lutter contre l'Allemagne, fait prisonnier avant de regagner Sosnowiec. Les règles se durcissent envers les juifs : ils doivent porter l'étoile de David, respecter le couvre-feu, des exécutions sommaires servent d'exemple... Bientôt, les premiers mouvements de déportation et de rassemblement dans des ghettos se font jour. Vladek ne cesse de s'arranger pour faire vivre sa famille. Il éloigne Richieu, croit le mettre à l'abri. Jusqu'en 1944, Vladek se cache et déménage, de cachettes en planques. Mais c'est en essayant de passer en Hongrie qu'il est arrêté avec Anja et conduit à Auschwitz. Là-bas également, il ne cesse de s'adapter pour ne pas mourir. Il cultive le favoritisme des kapo et parvient à garder contact avec sa femme. Vladek survit au camp mais ce n'en est pas terminé pour autant. Commence alors la dispersion des prisonniers, avec les passages d'un camp à l'autre, les risques de croiser la wehrmacht en débâcle...
L'une des premières remarques après ma lecture, c'est que cette bande dessinée ne cherche pas rendre ses héros attachants. Vladek est un personnage tout sauf sympathique. Radin, autoritaire, intolérant, il exaspère son fils par ses nombreux travers (et le lecteur aussi). Peu confiant en la nature humaine, il ne compte que sur lui pour s'en sortir et c'est certainement ainsi qu'il survit. C'est d'ailleurs certainement ce qui m'a le plus gênée pour rentrer véritablement dans cette histoire : je n'aimais pas Vladek. Pas de victimisation ou de manichéisme, mais une vision sombre de l'homme, qui sauvera sa peau avant tout.
L'autre remarque, c'est que le dessin m'a bien plu, contrairement à pas mal de lecteurs. Le noir et blanc, qui permet à l'auteur de jouer uniquement sur les textures, est difficile à apprivoiser. Il donne une côté très sombre à cette histoire. Chaque case mérite que l'on s'y attarde, ou presque, car elle est souvent riche en détails (mimiques des personnages, sens des objets, des architectures).
Quant à la restitution historique, elle est bluffante : la montée des violences envers la communauté juive est bien montrée, reprenant les codes du nazisme et la paranoïa croissante de l'époque. Et la culpabilité des rescapés et de la génération suivante est aussi traitée.
Cette bande dessinée n'est pas un énième récit à partir des drames de la guerre. C'est un témoignage d'inspiration autobiographique sur l'holocauste. Un témoignage de la seconde génération qui voit sa famille complètement décimée.
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dimanche 27 juillet 2014
Le voyage des pères
Voici une BD de David Ratte que j'ai lue depuis plusieurs mois. Je n'avais pas pris le temps de vous en parler. En la recroisant et en la feuilletant à nouveau, j'ai eu envie de vous dire tout le bien que j'en ai pensé.
L'histoire est originale : imaginez trois pères qui partent à la recherche (voire à la poursuite) de leurs fils, devenus les disciples de Jésus. Ces trois pères sont Jonas, père de Pierre et André, Simon, père de Judas et Alphée, père de Matthieu. Perplexes devant cette fuite, ils suivent leurs fils aux miracles que sème le Christ sur son chemin. L'occasion pour ces hommes de papoter voire de philosopher au coin du feu. Et de se remettre en question.
Jonas est particulièrement attachant. Il ne croit pas une seconde aux miracles de Jésus et prend ses fils pour des paresseux illuminés, qui croient ainsi échapper à leur devoir : nourrir la famille. Tout ça pour aller traîner avec un type qui parle d'amour... Et ce Jésus ne doit pas être un type bien : il a guéri la belle mère de Jonas, mourante. Franchement, il y a de quoi être grognon !
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| D.R. |
Bourrée d'humour et de clins d’œil à la Bible, cette BD peut aussi devenir très touchante, surtout à Jérusalem pendant la Passion. Pas besoin de connaitre les Évangiles sur le bout des doigts, cette BD les rend accessible et en retient les moments forts, sans prosélytisme ni iconoclasme. Bref, elle porte un regard assez bienveillant mais plutôt neutre sur tout cela. Elle est pleine de rencontres et d'échanges, et nous permet de jeter un regard sur les coulisses de la grande histoire. Quant aux dessins, ils sont assez classiques mais plaisants.
Lue dans sa version intégrale, ce road-movie biblique est constitué à l'origine de trois tomes.
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mercredi 18 juin 2014
Un petit goût de noisette
Cette BD de Vanyda a eu de belles critiques sur quelques blogs, notamment chez Noukette. Emballée par ma lecture de Valentine, je n'ai pas hésité longtemps devant cet opus.
Cette BD, ce sont des histoires d'amour. Plein d'histoires, dont certains personnages se croisent, d'autres non. Toutes sont des histoires de jeunes adultes. Les uns aiment pour la première fois, d'autres font des rencontres alors qu'ils ne sont pas seuls, d'autres encore se ratent. Parce que l'amour, ça ne marche pas toujours du premier coup.
Cet album est très pudique. Il est peu coloré, une touche vive vient illuminer régulièrement un décor en noir et blanc. Peu de paroles. Des visages. Des gestes. J'aime cette retenue. J'aime la fraîcheur des personnages et des dessins. Je ne suis pas certaine qu'il laisse en moi une trace pérenne car il est très léger. Je ne me suis pas questionnée des heures sur ces histoires d'amour, elles ne m'ont pas spécialement touchée même si j'ai aimé le jeu des personnages qui réapparaissent, d'un récit à l'autre, qui donnent un autre éclairage à la première vision du lecteur.
Une lecture sympathique, un peu nostalgique, certainement destinée aux adolescents, qui peut plaire aux plus grands. Graphiquement plaisant. Mais qui manque un peu de profondeur.
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mardi 18 mars 2014
Histoire couleur terre
Ce très beau manga manhwa coréen de Kim Dong-Hwa édité en trois tomes m'a souvent attiré l'oeil. Cette fois-ci, j'ai craqué.
Ce livre conte le passage de l'enfance à l'âge adulte d'une jeune coréenne, Ihwa. Celle-ci vit avec sa mère, Namwon, dans une verte campagne. Veuve, Namwon tient la taverne du village. Les admirateurs ne manquent pas cette belle femme. Quant à Ihwa, c'est encore une petite fille, elle découvre que les garçons et les filles ne sont pas semblables. Elle joue avec ses copines.
A mesure que passent les saisons, elle embellit, comparable chaque année à une nouvelle fleur. Elle découvre les premiers appels de l'amour. Dans ce manga, le passage des saisons, l'attente et la patience tissent les amours. Mais le cœur de ce livre, c'est aussi la relation qu'entretiennent Ihwa et sa mère. D'une grande complicité, elles se disent presque tout, Namwon transmet des secrets de beauté à sa fille et l'accompagne dans sa découverte de l'autre.
Par ailleurs, ce manga manhwa est très esthétique. Il dépeint merveilleusement la nature, les plantes, surtout les fleurs, et les animaux. Et les portraits des deux femmes sont bien souvent époustouflants. Un très bel hommage aux femmes et à l'amour.
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| Première participation, catégorie "Amours sans frontières" |
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jeudi 27 février 2014
S.O.S. Bonheur
C'est ma copine Arsène (bon miss, quand est-ce que tu reblogues ?!) qui m'a conseillé cette BD de Griffo et Van Hamme. Et je dois dire qu'elle a bien fait car la couverture ne m'aurait pas forcément donné envie de découvrir l'intérieur.
Cette intégrale propose plusieurs courtes histoires : Plan de carrière, A votre santé, Vive les vacances !, Sécurité publique, Planning familial, Profession protégée, dont tous les personnages se retrouvent dans la dernière partie, Révolution. Chaque récit nous introduit à une facette d'une société où tout est fait pour le bonheur universel. Oui, le thème fait beaucoup penser au Meilleur des mondes.
Pour cela, rien de plus simple. La population est encadrée, n'a pas de liberté. Mais l'on veille de très près à votre hygiène, à votre poids, à votre nourriture, à la destination de vos vacances, aux divertissements autorisés (pas de promenades sur la plage mais les animations sportives des GO). Les artistes doivent créer des œuvres dans domaines autorisés, sans parler de malheur ou de liberté. Bref, le gouvernement encadre les moindres moments de votre vie...
Je ne suis pas dingue du dessin, très réaliste, très brut mais je trouve qu'il colle bien au thème, qu'il le rend encore plus crédible. Quant au sujet, je trouve qu'il est très bien traité, laissant une part de mystère et de cynisme. Merci pour cette belle découverte !
mercredi 22 janvier 2014
Blankets. Manteau de neige
Cette BD à caractère autobiographique de Craig Thompson m'avait été conseillée par un libraire. Hélas, je crois que nous n'avions pas les mêmes goûts.
C'est l'histoire de Craig, qui grandit dans une famille américaine très pieuse et pas très riche. Proche de son frère Phil, avec qui il joue et il dessine, il subit des moqueries et des coups à l'école. En grandissant, il demeure à l'écart des autres, solitaire, plongé dans sa bible. Lors d'une classe de neige paroissiale, il rencontre Raina avec qui se noue une belle amitié... puis un bel amour. Tiraillé entre la foi et le dessin, entre ses désirs et les interdits, Craig se construit.
Si j'ai beaucoup apprécié le dessin de Craig, notamment sa façon de croquer les personnages et leurs attitudes, j'ai eu un peu de mal avec cet adolescent mystique. Très intimiste, voire trop, cette BD montre la difficulté du choix du dessin par l'auteur, le cheminement qui l'a amené à choisir la BD. Néanmoins, j'ai trouvé que le basculement entre mysticisme et rejet ou du moins recul par rapport à la religion était assez peu expliqué. J'aurais aimé lire des doutes, des questionnements. Bref, je suis restée spectatrice et j'ai assez peu été touchée par l'adolescent (alors qu'avec l'enfant, ça s'annonçait bien).
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lundi 20 janvier 2014
Kiki de Montparnasse
Connaissez-vous Kiki ? C'est elle, c'est le violon d'Ingres.
Avant de devenir la muse de Man Ray, Alice Prin est une écolière polissonne, une enfant élevée par sa grand-mère en Bourgogne, loin d'une mère qui la rejette. Devenue jeune-fille, elle monte à Paris. Renvoyée de la boulangerie où elle travaillait, elle commence à poser comme modèle. Entre prostitution et art, la demoiselle fait son chemin et croise à Montparnasse les avant-gardistes des années 1920 : Chaïm Soutine, Modigliani, Utrillo, Mendjisky, Foujita... et surtout Man Ray avec qui vit une folle passion. Danseuse, chanteuse, modèle, peintre, Kiki dévore la vie à pleines dents.
Cette BD de Catel et Bocquet nous raconte la vie de cette joyeuse âme, du succès à la déchéance. Les cases aux personnages dessinés en noir et blanc parviennent à rendre l'ambiance d'une époque et la vivacité de sa muse. Économe en dialogues, le récit est tout autant porté par l'image.
A noter, une chronologie et des biographies des artistes principaux de l'entre-deux-guerres viennent compléter le propos.
Une belle découverte que cette biographie en images, à la fois juste et bien rythmée.
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vendredi 22 novembre 2013
Polina

Je ne parle généralement pas des BD que je lis sur ce blog. La flemme de tout chroniquer. Et l'impression de n'avoir pas grand chose à en dire. Mais avec cette oeuvre de Bastien Vivès, c'était différent. J'ai beaucoup aimé et j'ai envie de vous en dire deux mots.
L'héroïne, Polina, est une danseuse. D'abord petite fille formée par des professeurs exigeants, elle devient une belle et gracieuse danseuse. De formation classique, elle évolue vers des danses plus contemporaines. Outre ses cours et l'accueil que reçoivent ses performances lors des spectacles, on voit sa vie personnelle se construire avec d'autres danseurs. Reste une figure tutélaire, Bojinski, le professeur qui a traumatisé des générations d'élèves mais qui leur a appris la rigueur.
Cette BD, c'est à la fois l'histoire d'une relation, la relation d'un maître et d'un élève et l'histoire d'une construction, de l'enfant à la femme. En quelques traits noirs sur fond gris, Bastien Vivès donne corps et surtout âme à ses personnages.
Une belle histoire, qui permet de voir le monde de la danse de l'intérieur, en évitant les clichés !
vendredi 16 novembre 2012
La page blanche
La dernière bd de Boulet, illustrée par Pénélope Bagieu, est l'histoire d'une jeune fille. Celle-ci ne se souvient de rien. Elle est sur un banc, près d'un métro, et n'a aucune idée de son identité.
Elle fouille dans son sac, trouve des clés, une adresse. Sont-ce ses affaires ? Son chat ? Sa déco ? Elle mène l'enquête mais rien ne lui revient.
J'ai trouvé cette BD sympa mais sans plus. Les dessins sont sympas, le thème est intéressant même s'il laisse un gout d'inachevé.
Le point de vue de l'Amoureux :
J'ai retrouvé avec plaisir la patte de Pénélope Bagieu dans cette BD fort agréable. Les auteurs nous invitent à nous poser une simple question : qu'est-ce qui définit l'identité d'un être humain dans notre société actuelle ? Pas de prise de tête pour autant, le sujet est traité de façon légère, on sourit beaucoup, on rit une ou deux fois.
Une chouette lecture, mais que je n'ai pas trouvé aussi originale et pertinente que certaines frasques de Pénélope Jolicoeur !
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