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lundi 29 novembre 2021

Le bureau des jardins et des étangs

C'est une copine qui m'avait offert ce roman de Didier Decoin qui se passe dans le Japon du XIIe siècle. J'ai passé un bon moment de lecture même si le roman historique n'est pas mon genre favori.  


Katsuro, pêcheur de carpe et fournisseur du bureau des jardins et des étangs, vient de mourir. Sa veuve, Miyuki, est chargée par le village d'assurer la livraison des précieux poissons à la cité impériale de Heian-kyō. Chargée de 8 carpes, elle entreprend le voyage, toute à sa stupéfaction devant la mort d'un mari aimé. C'est l'occasion de se remémorer les bons moments avec le défunt, notamment ses "fiançailles" ou ses intrusions nocturnes, ainsi que les moments du quotidien. Pourtant, le voyage est loin d'être paisible et l'arrivée à la capitale réserve à la jeune paysanne quelques surprises avec un concours de senteurs, le takimono awase. 

Un roman agréable, bien écrit, bien mené mais qui ne m'a pas beaucoup touchée.



lundi 2 novembre 2020

Jésus le Dieu qui riait

Ce livre de Didier Decoin est une biographie vivante du Christ. A la différence du récent Soif, il s'attarde sur toute la vie publique de Jésus, jusqu'à sa Passion et Résurrection. C'est une version douce et tendre d'épisodes clés de l'Evangile comme la rencontre avec Zachée, avec Marthe et Marie, les guérisons multiples, la multiplication des pains... On y rencontre aussi les disciples avec leurs questions et leurs surprises, on écoute les paraboles que l'auteur imagine bien plus longues et complètes, plus vivantes et plus drôles aussi ! Ce Dieu qui rit, c'est surtout l'humour et le sourire de Jésus, sourire tendre et aimant, non moqueur. 

Une jolie découverte, douce et simple !
"Jésus la dévisage avec amour. Ce n'est pas le premier rire qu'il fait naître, et ce ne sera pas le dernier, mais ce rire de sa mère, un rire émerveillé et confiant, est le plus beau"
"Elle ne peut s'empêcher de penser que Jésus et ces hommes qui le "suivent" ont tout à fait l'air de ces oiseaux captifs qu'on libère par inadvertance. Alors, on les voit quitter leur cage avec une sorte de frénésie qu'on comprend : ils étaient enfermés depuis si longtemps ! On s'imagine qu'ils vont s'élancer vers le ciel, partir très haut, très loin - mais non, pas du tout, ils se contentent de décrire d'interminables cercles au dessus des terrasses, comme désorientés par cette liberté nouvelle"
 

lundi 9 mars 2009

Est-ce ainsi que les femmes meurent ?

Merci encore à Grasset et à InMédiatic pour leur envoi d'un livre choc : celui de Didier Decoin. Comme Malice, j'étais conviée à un petit déj' mais bon... stage oblige, je ne pouvais pas m'y rendre. Mais j'ai lu le livre. En très peu de temps, car on ne peut pas le lâcher. Et cela pose quelques questions... 
Ce roman se présente comme le rapport sur l'assassinat de Kitty Genovese par Winston Moseley. Le narrateur est, curieusement mais vous comprendrez plus loin, l'un des rares habitants du quartier à avoir été absent de chez lui le soir du meurtre. Il s'est déroulé un soir glacial, vers trois heures du matin alors que la jeune femme venait de fermer son bar. Un homme l'a suivie avec une seule intention, la tuer puis la violer. Car Winston est nécrophile. Or, l'attaque a lieu en pleine rue, sous les fenêtres des voisins de Kitty. Et personne n'a réagi. Voire certains semblent avoir observé la scène. On compte une trentaine puis une quinzaine de témoins directs du meurtre. Mais aucun n'a appelé la police ou une ambulance. L'un d'eux observe le déroulement du crime et s'informe auprès d'un proche sur la procédure à suivre. Ce dernier l'encourage à ne rien faire ! C'est cette aberration que pointe du doigt Didier Decoin tout en retraçant l'histoire du procès et des autres crimes de Moseley. Personnage froid et réfléchi, bon travailleur et père parfait, il a l'habitude de cambrioler et tue plusieurs femmes pour assouvir ses désirs. Le monstre ordinaire... Effrayant ! Un roman qui fait froid dans le dos ! Les détails des crimes sont particulièrement atroces. Au fil de la lecture, une question insidieuse pointe son nez : et nous, qu'aurions-nous fait ? C'est une question traditionnelle, genre en 39 en Allemagne, qu'auriez-vous fait ? Mais là c'est d'autant plus intéressant que ce type de crime arrive, hélas, encore, qu'il peut vous frapper ou que vous pouvez en être témoin. Au cours du texte, autre gène : le lecteur n'est-il pas aussi un terrible voyeur ? Décidément, ce texte m'a mis mal à l'aise. Mais c'est tant mieux ! "Tout mais pas l'indifférence"