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jeudi 3 mars 2022

Klara and the sun

Bienvenue dans un magasin qui vend des AF (artificial friend). Klara est l'une d'elle et se charge au soleil. Elle est aussi douée d'une capacité d'apprentissage et d'observation qui lui permet d'interpréter - parfois de comprendre - le monde. Choisie par Josie, une adolescente malade, elle découvre le monde à travers ses yeux. Vivant dans une belle maison isolée, elle interagit principalement avec la mère de Josie, une gouvernante, Rick (un ami de Josie) et Josie elle-même. Elle va surtout tout mettre en œuvre pour la sauver, en ayant recours à un culte étrange, sans imaginer qu'elle n'est guère qu'un jouet pour la jeune fille. 

Sympathique histoire du point de vue de ce robot, avec ses pixels dans la vue. Dommage que certains aspects de cette société futuriste n'aient pas été plus développés comme les "lifted children", la place des robots et des êtres humains ou certains personnages.



jeudi 30 octobre 2008

Auprès de moi toujours

Encore un livre de Ishiguro que toute la blogosphère a lu. Les avis qui m'avaient encouragés à trouver ce titre se trouvent chez Fashion et chez Lisa. Petit résumé (inutile, puisque tout le monde connait) :

Kath, Ruth et Tommy sont trois enfants puis adultes pas tout à fait comme les autres. Les trois parties du roman voient grandir ces personnages, de l'enfance à Hailsham, l'adolescence au Cottage puis l'age adulte en tant que donneur et accompagnant. L'atmosphère est très mystérieuse, on sent derrière ces personnages des secrets à découvrir, des vides à combler. Ils vivent en internat. Ils ont des professeurs et des gardiens. Ils réalisent des œuvres. Celles-ci peuvent être emportées par Madame (qui est-elle ? Pourquoi met-elle les œuvres dans une galerie, mystère) ou se retrouvent dans les ventes. Et puis surtout il y a des discussions entre amis, des hypothèses et des rêves d'avenir. Et une passivité révoltante amplifiée par le ton détaché de Kath (mais ça c'est mon humble ressenti). Kath est la narratrice et l'héroïne que nous suivons de plus près. Elle s'interroge sur son petit monde et rapporte plus ou moins les turpitudes de son existence alors qu'elle effectue ses déplacements en voiture...

Un petit roman qui a envoûté beaucoup de monde, qui m'a plu mais sans déchaîner un enthousiasme délirant. Pas de suspense véritable mais une atmosphère très angoissante.

C'est amusant cette couverture : Elle me fait beaucoup penser à celle-ci. Curieux, non ? Hasard ? A quoi de telles images vous font-elles penser ?

samedi 26 juillet 2008

Un artiste du monde flottant


Masuji Ono est un vieil homme. Il a perdu un fils à la guerre. Il a perdu sa femme. Il lui reste ses filles et ses peintures. La cadette est mariée, elle a un fils. L'aînée devrait être mariée.

Ono nous laisse percevoir son existence avec un ton un peu froid, détaché et critique. Une certaine lenteur également, assez propre à son âge. Il s'interroge sur un monde qu'il voit changer très vite, sur le vieil empire japonais, sur l'omniprésence américaine (son petit-fils joue au cow-boy). Dans cette narration, les paysages sont beaux, doux, le regard est un peu nostalgique, porté par une plume nuageuse, pas toujours précise mais assez paisible. Outre l'ambiance, le style est plaisant.

Quant à l'intrigue, elle ne se révèle que par petites touches. Ono a été peintre pendant la guerre. Il semble avoir eu une certaine influence. Il ne parvient pas à marier son aînée. Qu'a-t-il fait qui le met ainsi à l'écart ?

Un doux roman de Kazuo Ishiguro qui manque un peu de peintures... J'attendais des estampes, mais je n'en ai guère vues. Le monde flottant évoque pour moi ces geishas feignant l'ivresse pour faire boire leur compagnon, jouant de la musique ou chantonnant devant un beau japonais... Le monde flottant est quasi absent ici... hélas.