Affichage des articles dont le libellé est Paris. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Paris. Afficher tous les articles

lundi 2 mai 2022

Dieu à Paris

Virgil Gheorghiu pour moi, c'est La vingt-cinquième heure et le lycée. Ce livre traine dans ma PAL depuis plus de 10 ans. Je ne savais pas à quoi m'attendre. C'est un livre qui se lit un peu comme un polar avec un tueur à gage qui prépare son coup.

Haralamb Baxan vient d'être sollicité pour tuer l'évêque Théodot, un saint homme qui défend l'église roumaine de Paris. Ce lieu résiste à la République socialiste. Alors, le tueur imagine un plan complexe et subtil pour tuer l'évêque sans se faire soupçonner. 

Le lecteur suit donc les préparatifs du meurtre, intrigué par les moyens employés. Il découvre ainsi les ressorts de la guerre froide. Intéressant et se lit bien !

 

samedi 2 avril 2022

Les Plaisirs et les Jours suivi de L'Indifférent

La préface aurait dû m'alerter, qui dit combien ces écrits de jeunesse diffèrent de La Recherche. Certes, on y retrouve les thèmes parisiens, les amours contrariées et les vanités. Mais le style m'en a semblé bien trop précieux et maniéré. 

La première nouvelle nous fait croiser un vicomte malade et son neveu tandis que la seconde s'attarde sur Violante, une vicomtesse qui s'égare dans la vie mondaine, thème qu'on retrouve dans "La Confession d'une jeune fille". S'ensuivent des "Fragments de comédie italienne" qui dressent en quelques paragraphes des portraits d'amis et d'amants malheureux - oui, entre la tristesse et la mort, ce recueil ne respire pas la joie. Je ne garde qu'un souvenir vague de "Mondanité et mélomanie de Bouvard et Pécuchet" qui épinglent leurs contemporains. S'ensuivent plusieurs nouvelles qui parlent d'amour blessé ou non réciproque comme "Mélancolique villégiature de madame de Breyves" ou "L'Indifférent". Les "Portraits de peintres et de musiciens" en vers n'ont pas un intérêt fou. D'autres visions poétiques se poursuivent dans "Les Regrets" où l'on trouve un peu de tout, du descriptif au narratif. "Un diner en ville" porte bien son titre. "La fin de la jalousie" rappelle la brièveté de la vie et les affres de la jalousie.

Snobisme et vie mondaine, plongée dans la Belle Epoque des rentiers en version brève - et répétitive -, je sors déçue. C'est un peu comme si j'avais lu des brouillons non aboutis. 


lundi 21 février 2022

Les Bourgeois

Voici un roman d'Alice Ferney, sur ma PAL depuis des années. Il est un peu trop à l'image de son titre, enfermé dans une société bourgeoise, une famille aisée entre la fin du XIXe siècle et du XXe. 

A l'occasion de la mort de Jérôme, un des plus jeunes frères, on rencontre la fratrie Bourgeois, les enfants de Mathilde et Henri mais aussi leurs cousins, les enfants de Gabrielle.

A total chez les Bourgeois, 10 enfants : Jules, militaire, Jean aussi. Nicolas, André, Louise, Joseph, Jérôme, Claude, Guy et Marie. Ils évoluent dans des milieux d'affaires, des milieux privilégiés, ils sont médecins, avocats, gradés... Enfin, les hommes. Leurs épouses et les femmes en général sont surtout là pour faire des enfants. 

En même temps qu'on découvre le quotidien de cette famille, on suit la grande histoire de France, celle des guerres mondiales et de la guerre d'Algérie. On suite les évolutions sociales, le rapport à la religion qui change, le rôle des femmes qui s'étoffe. C'est amusant cette grande fratrie mais le lecteur s'en fiche un peu. Et surtout, il peut être un peu décoiffé par les propos sur les droits des femmes, sur leur quotidien et la liberté à laquelle elles ont - ou non - accès. 




lundi 31 janvier 2022

Ce monde est tellement beau

C'est le titre et de bons échos sur ce roman de Sébastien Lapaque qui m'ont donné envie de l'emprunter en bibli. "Lazare, viens dehors !" est un possible sous-titre à ce roman. Ou la divine comédie du siècle. Oui, c'est un roman initiatique, le roman d'une conversion. 

Tout commence un matin de vacances scolaires. Lazare, professeur - en vacances donc -, seul chez lui, prend conscience que notre monde est devenu un immonde : un monde gouverné par l'argent, un monde sans visage, un monde de superficialité. Alors qu'il se rend compte que sa compagne l'a quitté et que ses dix dernières années se sont écoulées dans l'habitude, de petites et grandes choses changent autour de lui. Il rencontre Lucie, qui étudie la disparition des moineaux et l'invite à lire Shakespeare. Il perd son meilleur ami. Et puis, il fait des tentatives : aller vivre un été dans la Bretagne rurale, travailler la terre, aller à la messe, apprendre le nom des oiseaux... Et il se convertit ou du moins semble trouver du sens dans la foi catholique.

Oui, j'ai pitché tout le bouquin, c'est pas sympa. Mais vous ne le lirez pas pour l'histoire, plutôt pour la façon dont tout cela s'enchaine, pour les analyses - parfois un peu longues - sur l'immonde, pour l'écriture agréable sans être remarquable. C'est assez froid, cérébral mais pas intello pour autant. 



lundi 24 janvier 2022

Paridaiza

Sortie de PAL historique pour ce roman de Luis de Miranda. C'est une histoire d'amour et de monde virtuel, d'ennui et de changer le monde.

Nuno et Clara sont amants mais doucement, l'ennui se glisse dans leur relation. Comment y échapper ? Comment trouver du sens à cette vie ? Sans nouvelle de Clara, Nuno s'inscrit sur Paridaiza, un genre de Second life. Directement lié au cerveau de l'être humain, il lui fait vivre, à travers un ou plusieurs avatars, une expérience complète : il sent, il pense, il aime dans la peau de son ou ses alter-ego. Après une première phase d'exploration, où Nuno est encore présent dans le "vrai monde", commence une addiction plus forte à ce faux monde, où il retrouve Clara. Cherchant à la reconquérir, il entre dans un groupe de rebelles qui veulent pirater le système. 

Un roman sans beaucoup de surprise, dont le thème a pu avoir du succès à sa publication mais qui semble aujourd'hui assez terne. 

lundi 20 décembre 2021

Extérieur monde

Je ne sais pas trop quoi vous dire de ce roman d'Olivier Rolin, offert par une collègue. Si j'ai apprécié quelques passages, je me suis globalement ennuyée. L'écriture est souvent belle, c'est elle qui m'a permis d'arriver au bout de la lecture.

Il ne s'agit pas de mémoires et pourtant ça y ressemble furieusement. L'auteur reprend ses carnets de notes, se souvient de voyages, de femmes, d'aventures dans divers pays du monde. Il parle aussi d'artistes, de littérature, de ses propres livres. Pas de pitch à vous livrer, ça part dans tous les sens, à l'image de cette citation :

"(puisque nous en étions là avant ces digressions qui seront je le pressens la matière même du livre, comme la liberté anarchique, rayonnante des branches, des rameaux, des feuilles, est l'être des arbres, et j'aime concevoir un livre comme un arbre, cette comparaison venant peut-être de Flaubert qui voulait "que les phrases s'agitent dans un livre comme les feuilles dans une forêt, toutes dissemblables en leur ressemblance")


lundi 6 décembre 2021

Brèves de solitude

Un peu déçue par ce roman de Sylvie Germain, mon billet sera court. 

A travers de multiples personnages présents dans un square peu avant le confinement, puis retrouvé chez eux pendant le confinement, l'auteur nous livre des bribes de vies, d'émotions. Il y a quelques interactions, des ruptures, des rapprochements mais finalement rien qui permette d'être avec les personnages. S'il fallait montrer la solitude et l'insaisissable de chacun, c'est gagné. Mais tout m'a paru bien moins profond et plus artificiel que ce à quoi nous a habitué l'auteure.



lundi 8 novembre 2021

Le bal des folles

Ce roman de Victoria Mas a pas mal tourné sur les blogs. Je ne sors pas mécontente de ma lecture mais pas emballée non plus. Le sujet est intéressant, mais finalement assez peu creusé.
C'est un roman féminin, qui tourne autour de plusieurs personnages : Eugenie, une jeune bourgeoise qui voit les morts ; Geneviève, une infirmière de la Salpetrière ; Louise, une adolescente abusée par son oncle. Dans un XIXe siècle à peine évoqué sinon par des références à Zola, on suit le quotidien de l'hôpital psychiatrique et de ses patientes. Sont-elles là pour être soignées ? Pas réellement, dans ce que nous montre l'auteure, elles sont plutôt destinées à faire progresser la science ! Pas de souci pour les soumettre à des expériences et les exhiber.
Avec l'arrivée d'Eugenie, Geneviève, la rigide infirmière change. C'est ce changement sur quelques semaines que nous suivons. On croise Charcot en coup de vent - et on ne l'apprécie pas. Tout reste très féminin et intime, les hommes étant présents pour toutes les décisions et activités sociales.

Roman intéressant pour son contexte mais léger en termes de ressorts narratifs et d'exploration de ce milieu. Dommage.



jeudi 28 octobre 2021

Un afghan à Paris

J'étais heureuse de découvrir ce nouveau texte de Mahmud Nasimi ! Plus question de la route de l'exil dans ce texte mais des difficultés et des surprises d'une nouvelle culture. Par de courts chapitres, l'auteur nous confie ses aventures françaises. Il s'attaque d'abord à la langue, l'un des premiers moyens d'intégration dans un nouveau pays. La langue, elle passe pour lui par la littérature et les chansons : réfugié dans un cimetière, il en vient à s'intéresser aux morts illustres et à leurs textes.

Mais il est aussi question de liens, avec sa famille, notamment sa mère ; puis en France avec des voisins, avec des personnes qui l'ont accueilli, avec des compatriotes. 

C'est écrit joliment, poétiquement, une lecture agréable entre vers et prose !



lundi 18 octobre 2021

L'intimité

J'étais à la fois très tentée et très méfiante par rapport à ce nouveau roman d'Alice Ferney. Méfiante parce que j'ai l'impression que ses romans se concentrent sur un micro milieu, des histoires de familles bourgeoises, toujours un peu les mêmes. Méfiante aussi par rapport au sujet de la sexualité, de la maternité, de l'éthique de la vie, qui sont souvent traités à l'emporte-pièce. Mais aussi tentée de savoir ce qu'elle voulait dire sur ce sujet, si elle pourrait m'y surprendre. Et ça a été le cas. Une lecture intéressante, donc !

Ce roman s'ouvre sur une scène de départ à la maternité. Ada va accoucher de son second enfant, conduite par Alexandre. Elle confie son fils Nicolas à Sandra, une voisine avec qui elle a sympathisé. Sandra a accepté par amitié mais n'aime pas spécialement les enfants et a choisi de ne pas être mère, ni même en couple. Elle préfère garder sa liberté et répondre à ses désirs sans s'engager. Elle découvre toutefois ce soir-là que tous les enfants ne se ressemblent pas et s'attache à Nicolas. Quant à l'accouchement, il s'avère plus compliqué que prévu et Ada ne reviendra pas de la maternité. Alexandre doit alors faire son deuil d'une femme qu'il a poussé à lui faire un enfant, voulant à tout prix être père. Il se console dans une amitié croissante avec Sandra. Et se lance sur des sites de rencontre où il croise Alba, une femme superbe (dans tous les sens du terme), aux idées bien arrêtées, qui souhaite être mère en étant no sex. On découvre avec elle le monde de la gestation pour autrui.

Un roman sur le désir et le pouvoir, le pouvoir d'imposer son désir ou non à l'autre, dans les relations amoureuses et amicales. Des personnages intéressants, notamment Sandra, qui cachent surtout des interrogations sur la vie de couple et la parentalité. Bémol quand même sur la fin, où Sandra semble aller contre ses valeurs - et Alexandre retomber dans le piège de la puissance.


mardi 28 septembre 2021

Quelques sorties avec pass...

Voilà bien longtemps que je n'ai pas parlé des sorties théâtre, musée, ciné... Séance de rattrapage !

Dune

Un film qui rend justice au livre, à son ambiance et à ses personnages ! Par contre, on en a pour des années à se faire toute la série au rythme de ce premier opus.


Nomadland

Documentaire sur les dessous du rêve américain, sur les précaires, les retraités qui doivent travailler ou vendre leur maison. On suit l'héroïne à travers ses contrats saisonniers, vivant dans son van, avec une grande liberté mais aussi peu de sécurité. Elle est attachante, traverse des endroits magnifiques et s'interroge sur sa place dans la société.



Le discours

On y est allés parce qu'on aime bien les BD de Fabcaro et son humour. C'était sympa mais sans plus de suivre cet homme qui doit préparer un discours de mariage, coincé dans une réunion de famille, avec son ex qui ne répond pas à ses messages.


Interdiction de fumer

Joué par une troupe d'amateurs, c'est une pièce absurde et drôle qui se joue au Funambule. Fumer est interdit, mais quelques fumeurs se retrouvent sur le toit de l'entreprise pour s'adonner à se péché mignon. Sauf qu'il est tout à fait déconseillé de fumer dans cette drôle de société - et qu'on découvre ainsi des morceaux de vie des personnages (divorce, deuil, ambitions professionnelles, relations amoureuses etc.)


Bio

Ce n'est peut-être pas la première fois que je vous parle des spectacles d'impro de la compagnie Eux. On est allé les revoir et on a encore été bluffés par leur talent ! L'idée est simple : le public propose un nom, une profession et un lieu que les trois comédiens vont utiliser pour nous conter l'histoire d'un héros anonyme. C'est inventif, drôle et mené tambour battant : à ne pas manquer.


Une histoire d'amour

On a renoué avec Michalik avec ce spectacle qui ne manque pas de rythme non plus. Cinq comédiens sur scène nous content une tragique histoire d'amour, une histoire belle, parfois drôle et surtout touchante.


Le petit coiffeur

Une histoire touchante également que ce morceau de la Libération - et pas les moments les plus glorieux. Il est question d'amour, de femmes, de peinture, de collaboration et de résistance.

lundi 30 août 2021

Paris, mille vies

Ce court ouvrage est une traversée de Paris, une traversée de la gare Montparnasse à la gare de l'Est. Interpelé par une ombre qui dit "Qui es-tu ?", le narrateur va la suivre, de loin en loin. Il nous entraîne d'abord au lieu de la chute de son père, puis dans un tourbillon historique, fait parler les rues, les boulevards et les événements. Les temps et les visages se superposent. On vit Paris avec lui, on se perd avec lui, à la recherche de notre identité. Le temps d'une folle nuit de rencontre, où il est question de Libération, de Villon, Hugo, Artaud, Aimé Cesaire et Louise Michel... C'est tout le peuple de Paris, tous ces morts qui revivent pour une danse nocturne pas si macabre. 

Un magnifique retournement des morts auquel nous convie Gaudé par ce texte puissant ! 




jeudi 19 août 2021

French Exit

Sortie de PAL pour ce roman de Patrick deWitt qui suit des riches ruinés entre New York et Paris ! 

Frances et Malcom, un duo mère-fils très fusionnel, sont les attractions des soirées new-yorkaises qui se régalent des excentricités de la veuve sans cœur. Épouse du défunt Franklin, un odieux avocat, elle a choqué toute la bonne société lors du décès de son mari. Dépensant sans compter, vivant dans un luxe inouï, elle n'imagine pas y renoncer alors que la banqueroute est annoncée. Elle décide donc de flamber ses derniers sous dans un magnifique voyage pour Paris avec son chat - Small Frank, réincarnation présumée de Fanklin- et son fils. 

Plein de rebondissements, de bons mots et d’incongruités, ce roman est mené tambour battant par des personnages aussi excentriques que drôles - pour le lecteur, moins pour leurs "amis". Un divertissement agréable et humoristique, pas inoubliable, pour les vacances.

lundi 31 mai 2021

Le manteau de Proust

Je continue d'explorer ma LAL et d'emprunter des bouquins, notés depuis des années, dans les bibliothèques. J'imagine que c'est lors de ma passion Proust que j'ai noté ce titre de Lorenza Foschini. Il s'agit d'un petit livre qui commence et se termine au musée Carnavalet où est exposée une partie du mobilier de l'écrivain. C'est là aussi qu'on trouve, au chaud dans les réserves, son manteau, sa fameuse pelisse qu'il ne quittait jamais. 

L'auteur nous conte comment ces objets sont arrivés au musée. Cela passe par un collectionneur, un bibliophile qui a du nez, Jacques Guérin. Fils naturel d'une femme d'affaires du début du XXe siècle, dont il prendra la suite dans l'industrie du parfum, il est passionné de Proust mais aussi de création littéraire et artistique de son temps. On croise Genet, Picasso, Violette Leduc, Satie et quelques autres... 

C'est une rencontre avec un brocanteur qui lui permet de lancer une formidable collection autour de l'écrivain. Il s'attache aussi à le connaître à travers ses proches, fouinant dans la famille, ne ratant aucun enterrement, serrant photos, lettres, gribouillis de Marcel. Oui, c'est excessif au possible, c'est bien l'"Histoire d'une obsession littéraire" ! Surtout qu'il finit par vendre à prix d'or cette collection.

Qu'est-ce que les objets nous disent de leurs possesseurs ? Que gardent-ils de l'âme de l'écrivain ? Quelle mémoire dans les objets ? C'est une des questions que pose ce livre, on reste dans le fil de la Recherche. C'est aussi beaucoup de détails de la vie de Proust, sur les relations entre les frères, sur les histoires de famille. Et ça, ça m'intéresse nettement moins.

Une lecture agréable, la découverte d'un collectionneur, le culte d'un écrivain... tout cela reste finalement assez superficiel. 



jeudi 15 avril 2021

Un heureux événement

Ce roman d'Eliette Abécassis me laisse perplexe. Est-ce un heureux événement ou pas ?
La narratrice se réveille un matin, énorme et incapable de se mouvoir. À terme, elle sent combien elle est une étrangeté pour elle même, elle ne reconnaît plus la belle et libre jeune femme dans cette femme enceinte. Et de nous conter l'amour, la liberté et la folie de faire un enfant, sa vie d'avant... Puis d'après. Avec l'horreur de l'accouchement, la pesanteur d'être enceinte, le désintérêt pour ce qui faisait sa vie pour se concentrer uniquement sur le bébé. Bébé tyran, qui l'épuise, l'empêche de dormir et avec qui elle passe jour et nuit. Bébé aidant, qui lui donne un but plus grand qu'elle même, qui lui fait découvrir l'attachement, l'amour, et la fatigue extrême ! C'est aussi l'histoire de son couple, qui prend un gros coup avec ce bébé, jusqu'à la séparation.
Portrait sans filtre d'une jeune mère, image des premiers mois dans la violence de la rupture avec la vie sans enfant, c'est à décourager d'avoir des enfants !



mardi 2 février 2021

Tours et détours de la vilaine fille

Je continue à découvrir les œuvres de Vargas Llosa avec ce titre. Moins puissant que son chef d'œuvre La ville et les chiens, il s'agit d'une belle histoire d'amour.


Le narrateur, Ricardo, jeune homme des quartiers aisés de Lima, se souvient de sa première rencontre avec la niña mala, encore jeune fille, lors d'un été de joie. Avec sa sœur, la petite chilienne séduit tous les garçons du quartier Miraflores même si les filles les trouvent trop osées. Pourtant, lors d'une soirée de fin d'été, les deux filles sont démasquées, elles ne sont pas chiliennes mais péruviennes comme tous les autres ; et de plus basse extraction. 

Cette belle va hanter notre narrateur toute sa vie. Il la croise d'abord à Paris où elle part rejoindre la révolution à Cuba, puis il la retrouve aux bras d'un diplomate à Paris alors qu'il travaille à l'UNESCO. Puis elle disparaît du jour au lendemain avec les économies de son mari. Ricardo la recroise à Londres, à Tokyo, à Paris et à Madrid, aux bras d'hommes divers, au cours d'une vie qu'elle bouleverse sans cesse. Entichée de vieux riches et puissants, chaque fois sous un nom différent, la belle cherche une vie intense - bien souvent compliquée.
Outre l'amour fou du narrateur, on évolue avec lui dans le Lima des années 50 et 80, le Paris d'après-guerre, dans le Londres des années 70 - la partie que j'ai préféré avec les hippies, la grande amitié et le sida - , puis de passage dans bien d'autres villes et pays où le mène son job d'interprète. Bon bougre, prêt à tout pour elle, il est trop bourgeois, trop rangé pour son aventurière mais reste lié à elle, malgré tous ses efforts pour s'en détacher.

Une histoire d'amour rocambolesque et sado-masochiste, où la niña mala ne cesse de jouer à cache-cache, tentant de conquérir le monde sans jamais fuir complètement ses attaches, son pitchounet, son petit péruvien qui lui conte des cucuteries. Au-delà de l'histoire d'amour, de belles histoires d'amitiés, qui se finissent mal, font aussi vibrer l'honnête, le simple et économe Ricardo. C'est certainement ces histoires-là que j'ai le plus aimées. Sympathique et bien écrit quoi que répétitif et moins captivant que son chef-d'œuvre !



jeudi 24 septembre 2020

Sorties de l'été

On commence par des expos avec une journée au musée de l'Homme ! Oui, c'était pendant l'été, la plupart des expos sont terminées.

Je mange donc je suis

Mangez avant d'aller voir cette expo, elle risque de vous donner faim. On y parle d'alimentation, de cuisine, de nourriture bien entendu. Tout commence avec nos goûts et un rapide retour sur l'alimentation préhistorique puis on découvre des éléments culturels, sociaux et religieux. Car manger nourrit le corps mais aussi l'esprit à travers des rites. C'est aussi un élément social et culturel, de la cuisine à la table, qui parle de nos quotidiens. Enfin, un dernier temps est consacré à la production de la nourriture, challengeant nos perceptions de ce qu'on mange : est-ce que c'est mieux bio, local ou autres ? Est-ce qu'on est prêt à manger des insectes ou de la nourriture lyophilisée ? 

Expo intéressante, partant un peu tous azimuts, à trop embrasser, elle ne saisit pas grand chose. Tout est survolé. C'est une porte d'entrée qui donne envie de développer des dizaines de sous-expos autour de la nourriture-culture, de la nourriture-sociale, de la nourriture-religieuse, de la nourriture-produit, de la nourriture-future... 


Dernier repas à Pompéi

Après "Je mange donc je suis", une expo dédiée à la nourriture à Pompéi, montrant essentiellement des restes d'aliments carbonisés. Organisée comme une domus avec ses pôles liés au repas : taberna, culina et triclinum, l'expo présente des denrées alimentaires avec quelques recettes, laissant entrevoir une partie de la gastronomie romaine. 

 

Etre beau

Expo photo rapide sur la norme, le handicap et l'image de soi par Frédérique Deghelt, écrivaine et Astrid di Crollalanza, photographe. Un peu trop courte !


Puis petit tour à l'ouest avec trois expos bien différentes. 

A Capella 

Etonnant de voir un street artist exposé dans une chapelle ! C'est le cas de Seth à Saint Malo. Photos d'œuvres en Chine, en Inde et ailleurs, toiles, installations, carnets de voyages, tous types de médias sont présentés. J'ai aimé les clins d'yeux constants entre les installations, les photos, les objets, qui permettent d'entrer dans un univers. 


Archipel, Fonds de dotation Jean-Jacques Lebel à Nantes

L'expo du musée des beaux-arts de Nantes est celle d'une collection qui part tous azimuts. Oeuvres du 20e et 21e siècles, regroupées par artiste ou par courant artistique, elles forment des archipels d'art. On part à la découverte d'œuvres du surréalisme, dadaïstes, de Fluxus etc. Rien de bien marquant si ce n'est la richesse de la collection. 

Raoul Dufy (1877-1953), les années folles

Au musée des beaux arts de Quimper, j'ai pu découvrir des oeuvres de Dufy issues d'une collection particulière. La première partie s'attache surtout à des paysages, bords de mer, scènes parisiennes tandis que la suite tourne autour de la couture et des arts décoratifs. Je me suis régalée de ses motifs, utilisés en couture ! 



Un petit tour au Palais de Tokyo pour découvrir des expos qui m'ont laissée sur ma faim.

Ulla von Brandenburg : Le milieu est bleu

Jeu de rideaux et d'apparence, façon théâtre, de tissus, de couleurs franches, de nasses à poissons géantes, de personnages étranges, jusqu'à un genre d'opéra entre scène et forêt, j'avoue n'y avoir rien compris. Mais j'ai trouvé ça plutôt joli... Ce qui n'est pas assez pour apprécier une expo malheureusement. 

Notre monde brûle

Cela raisonne écologie, non ? Eh bien pas seulement. C'est aussi une réalité politique, celle des printemps arabes, des guerres, des migrations qui est au cœur de cette expo. Oeuvres d'artistes variés, du Moyen Orient et d'Afrique, dialoguent. Il y est question de perte, deuil, pillage et déplacement, de colonisation et d'influence. Seul regret, assez peu de dialogue entre certaines œuvres. 

Après les musées, passons aux salles obscures...

Tenet

Tout le monde a déjà parlé du film de Nolan, non ? J'ai aimé les jeux sur le temps et l'entropie, ça fait un peu mal à la tête mais c'est bien pensé. Et c'est un bon film d'action. Mais beaucoup moins bluffant qu'un Inception pour moi. 


Le capital au XXIe siècle

Je n'ai toujours pas lu la somme de Piketty, qui reste sagement sur ma PAL, mais j'ai vu le film. C'est un documentaire agréable à regarder, facile d'accès et qui investit sur la culture pop et ciné pour faire comprendre les inégalités. Des paroles d'experts viennent étayer tout cela, historiquement et économiquement. Malheureusement, il manque d'éléments économiques et de propositions concrètes à mes yeux. Disons que c'est un bon appetiser !


En Avant

Sympathique petit dernier de Disney qui met en scène un monde où la magie disparait. Deux frères se mettent en quête de cette magie pour retrouver leur père. Touchant et drôle, un bon mélange !


Adolescentes

Emma et Anaïs sont deux adolescentes de 13 ans. Amies, elles vont au même collège à Brive. Elles seront suivies par le réalisateur jusqu'à leurs 18 ans. Au-delà de la vie personnelle des deux jeunes filles, ce sont leurs familles et leurs milieux sociaux qui transparaissent à l'écran. J'avoue m'être plutôt ennuyée devant ce documentaire, malgré quelques rires. Les garçons qui m'accompagnaient ont bien aimé.


West Side Story de l’Amazing Keystone Big Band au Bal Blomet

Premier concert depuis le confinement. Que ça fait du bien ! Surtout quand l’Amazing Keystone Big Band propose une réécriture de West Side Story. Un ensemble de 17 musiciens, tous meilleurs les uns que les autres, qui rajeunit et jazzifie la comédie musicale avec trois chanteurs épatants et un conteur. Voilà qui donne envie d'aller plus souvent dans cette magnifique salle !

jeudi 10 septembre 2020

L'homme qui pleure de rire

On m'a prêté ce bouquin en me demandant s'il n'y avait pas quelque chose d'incroyable, d'étonnant, à sauver dans ce roman de Beigbeder. Personne n'avait trop envie de le lire autour de moi. Et finalement, comme souvent, j'ai tenté. Et j'ai regretté. Car je crois que je n'apprécie ni l'écriture ni les thèmes abordés par cet auteur.

Octave Parango est au centre de cet ouvrage. Il est chroniqueur dans une radio publique dont il se fait virer pour être arrivé sans chronique - et avec une belle gueule de bois. C'est un choc. Et l'occasion de s'interroger sur l'humour omniprésent, notamment sous forme d'ironie, dans notre société. 
C'est aussi l'occasion d'un regard en arrière, les lieux qui ne sont plus à la mode, les nouvelles façons de sortir, de draguer. Le fêtard qu'est Octave continue à picoler, se droguer et à plus de mal à choper qu'avant. 
Ça sent un peu le règlement de compte, la nostalgie à peu de frais, la philosophie à la petite semaine. Cet anti héros, souvent pathétique, campé par l'auteur agace ou fatigue.

"L'humour est une dictature parce qu'il n'autorise jamais de droit de réponse. C'est son apparente légèreté qui le rend si implacable. Si tu te plains, tu passes pour quelqu'un de chiant, lourd et susceptible. L'humour est une fake news avec un éclat de rire derrière et Octave était complice de ce système"


Pour vous interroger sur la place du rire, préférez Homo Comicus.

mardi 24 mars 2020

Le Prince à la petite tasse

Ouvrage d'Emilie de Turckheim prêté par une collègue, il se lit vite et il est plein de bons sentiments. 

La poétesse raconte l'accueil de Reza, réfugié afghan, dans sa famille. Fabrice, Emilie, Noé et Marius font de la place pour laisser une chambre à Reza dans leur appartement parisien. C'est la découverte de la vie ensemble : on s'amuse de la quantité d'huile et de sel dans les repas, du peu de bruit en se levant le matin, de qui est un maniaque du ménage... On assiste aussi à des confidences, entre deux poèmes, sur une vie jeune et déjà blessée ; aux crises de générosité de Reza, qui distribue son salaire en tentes pour les migrants. Et on suit la routine de l'écrivain, qui se raconte à mi-mot. 

C'est plein d'émotions, de belles émotions. C'est une expérience d'accueil réussie, dans un milieu aisé, où tout le monde se réjouit autour de Reza, qui a très envie de s'intégrer.

C'est plutôt chouette en cette période de repli de partager une expérience d'hospitalité, mais j'ai trouvé que tout été trop facile, que les difficultés étaient gommées. Peut-être pour encourager d'autres à faire de même - ce qui part d'une bonne intention - mais peut engendrer des frustrations. Il n'y est pas question des difficultés et de l'attente pour obtenir des papiers (normal, Reza est déjà réfugié), un logement (voilà, il vit chez Emilie), apprendre la langue dans une capitale inhospitalière (Heureusement, là aussi, il y a Emilie et sa famille). Il n'y est pas question du racisme ordinaire entre ethnies afghanes, voire entre migrants, voire avec les français. C'est un peu trop parfait à mon goût, un peu de nuance n'aurait pas fait de mal... Si c'est un conte, pourquoi pas, si ce n'en est pas un, c'est trop manichéen et moralisateur ! 


lundi 16 mars 2020

Les voleurs de beauté

C'est un drôle de roman que je sors de ma PAL. Ecrit par Pascal Bruckner, il campe l'histoire d'un homme singulier, qui, durant trois jours de canicule à Paris, se confie à une psychiatre. 
Contrastant avec la chaleur de la capitale, son histoire commence sous une tempête de neige, entre la France et la Suisse. Au retour d'un séjour au ski, Hélène et Benjamin se retrouvent en rade. Ils avisent une maison isolée dont les habitants les hébergent. Mais l'ambiance est bizarre entre ce vieux beau et son serviteur hideux. 
Au fil des pages, on découvre Benjamin, plagiaire sauvé par sa riche maîtresse. Anti-héros tout sauf attachant, Benjamin nous dégoûte par tant de lâcheté et d'égoïsme. Et l'on comprend un peux mieux qui sont les hôtes-geôliers, irrités par tant de jeunesse et de beauté. Personnages, caricaturaux également, ils ne nous intéressent guère. Et encore moins la psychiatre qui reçoit le témoignage de Benjamin, tout en faisant n'importe quoi à l’hôpital. 
Ce qui retient le lecteur, c'est l'intrigue, entre le thriller et le roman fantastique... qui tourne en eau de boudin. Quant au sujet de la beauté et du vieillissement, il tourne vite à la leçon de morale. Dommage car il est plutôt riche à exploiter.


Un roman que je ne conseillerai pas !