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mercredi 28 novembre 2012

Parfums

D'autres rencontres avec Philippe Claudel ont été plus heureuses. J'avoue que ce titre ne m'a que peu enthousiasmée.

Le principe du livre est simple. Une odeur, un ou des souvenirs, de quelques lignes ou quelques pages. Classés par ordre alphabétique, ils retracent des moments de la vie de l'auteur, de l'enfance, de l'adolescence ou de l'âge adulte. 
Avec une forte dimension autobiographique, ce roman explore une histoire des parfums et de ceux qu'ils font renaître dans une mémoire. 
La cannelle de Noël, le chou des pauvres qu'apprécie l'enfant, l'après-rasage ou le munster de papa comme ces senteurs moins habituelles : le brouillard, le voyage, les rivières, le grès rose etc. 

Des moments de vie plein d'émotion certainement, plein de jolies images et de mots poétiques. Auxquels je suis hélas restée insensible. Dommage.

lundi 2 août 2010

La petite fille de Mr. Linh

Mr Linh vient d'arriver dans un nouveau pays. Après un voyage avec d'autres réfugiés qui fuient leur pays en guerre, après avoir perdu sa famille et son pays, n'ayant pour tout bagage qu'une photographie et une maigre valise, Mr Linh échoue dans un camp d'accueil. Heureusement, il a avec lui sa jolie petite fille, Sang Diu.
Au début, Mr Linh ne sort pas, il a peur. Puis il se décide à parcourir cette ville inconnue. Il fait le tour du paté de maisons, plusieurs fois. Fatigué, il s'assoit sur un banc. Un gros monsieur s'y repose également, Mr Bark. Bavard, ce dernier commence une longue discussion avec ce voisin qui n'y comprend rien. Une étrange amitié, faite de mots incompris et de sensations nait.
Ce court roman se déroule en quelques semaines, on suit Mr Linh dans ses découvertes et on partage ses tristes souvenirs. Un ton simple, quelques mots et beaucoup de pudeur. Voilà ce que je retiendrai de cet exilé. Et le choc des dernières pages. Le bouleversement total de ma compréhension du roman. Mais ça, je vous en laisse la surprise.
En bref, un roman qui m'a beaucoup plu en compagnie d'un vieillard sans repères. Bravo à Mr Claudel pour ce magnifique roman et merci au livre de poche pour cet envoi.

lundi 20 avril 2009

Le rapport de Brodeck

Depuis sa sortie, j'ai ce livre de Claudel dans ma PAL. Et puis tout le monde en a dit beaucoup de bien. On me poussait à le lire sans plus attendre. Alors avec mon esprit de contradiction habituel, j'ai laissé le livre de coté. Jusqu'à hier. J'ai tourné les premières pages... puis les dernières, quelques heures plus tard. Avalé. D'un coup. Parce que ce livre est un coup, un choc, de chaque chapitre. Brodeck est désigné par le village pour écrire un rapport. C'est la personne tout désignée car il écrit régulièrement des rapports sur l'état de la nature pour une administration invisible. Mais c'est un rapport bien différent cette fois car il concerne "l'événement". On ne sais pas bien comment, pourquoi, ni où, mais dans l'auberge du village, un soir, l'Anderer (l'étranger) est tué. Par la communauté - sauf Brodeck, qui arrive comme un cheveu sur la soupe, après le drame. En rédigeant ce rapport, Brodeck écrit plus. Il écrit sa jeunesse d'orphelin de la grande guerre, ses études à la capitale, les camps, le retour dans son village où rien n'a changé. En apparence. Tout se découvre lentement, partiellement, les effets d'annonce sont nombreux, et les réponses souvents évasives. Le tout se dessine par petites touches. Du crime récent, on remonte toute une série de malveillances, de lachetés de fuites. Le visage humain n'est pas beau sous la plume de Claudel, il est hypocrite, il est bas. Dans ce village d'Europe centrale dont on ne connaitra jamais le nom, dans une zone qui semble sous domination soviétique (mais on n'en sait rien, peu d'indices vous disais-je), Brodeck tape son rapport. Bien entendu... je vous le conseille ! Mais pas trop non plus, parce que ça agace les esprits de contradiction !